- il y a 7 mois
Les clefs d'une vie avec Frédéric Vitoux, écrivain et critique littéraire français, membre de l'Académie française.
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-06-25##
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00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Académicien français, vous défendez sous la coupole la sauvegarde de la langue française.
00:12Romancier, vous menez d'autres combats, à commencer par le retour sous les projecteurs d'un homme qui a mis bien des écrivains en lumière.
00:19Bonjour Frédéric Vitoux.
00:21Bonjour.
00:21Alors, on va vous redécouvrir, car vous étiez déjà venu dans les clés d'une vie, mais au début.
00:26Donc là, j'ai trouvé d'autres dates sur votre parcours d'écrivain et d'académicien.
00:31Et on évoquera aussi la mort du procureur impérial, votre dernier livre chez Grasset, qui est un livre historique, ancien et moderne.
00:39On expliquera pourquoi.
00:40Alors, le principe des clés d'une vie, vous le savez, c'est d'évoquer des dates clés d'un invité.
00:44La première date que j'ai trouvée, c'est le 25 septembre 1988, un prix à Nancy, le Livre de la Place, qui sont des journées littéraires.
00:54Cette année-là, en plus, l'Académie Goncourt est présente, car elle confie à la ville de Nancy toutes ses archives, y compris celles des académiciens.
01:03Et vous, vous vous êtes récompensé pour un livre. Vous vous en souvenez ?
01:05Très bien. Je crois que c'était le grand prix de la biographie pour mon ouvrage « La vie de Céline ».
01:13Exactement. Et c'est un prix prestigieux. C'était un moment émouvant.
01:17C'était un moment très émouvant pour un livre important pour moi, parce que c'était, au fond, la conclusion, je dirais, de 15 à 20 ans de travaux sur Céline,
01:30à commencer d'abord par une thèse de doctorat. Et c'était un livre auquel je tenais beaucoup à cœur.
01:34Et la critique de ce livre et public m'a comblé, puisque j'ai eu, en effet, le concours de la biographie,
01:41après le Fumina Essay, après le Grand Prix de la Critique de l'Académie française, pour le même livre, qui était exceptionnel, je n'en revenais pas.
01:47Et je me souviens très bien d'un déjeuner, d'un déjeuner avec les membres de l'Académie Goncourt.
01:52Et je crois que c'était François Nourissier qui m'avait dit, je dois vous dire, Frédéric Vitou, que ce prix vous a été remis à l'unanimité.
02:01Et j'étais surpris, parce qu'en face de moi, il y avait un homme tout à fait remarquable, qui était André Stille, enfin tout à fait important,
02:07qui était directeur de l'humanité. Et je lui dis, mais vous avez voté pour moi ? Un peu surpris.
02:12Et il me dit, oui, entre nous, Céline, c'est le plus grand.
02:15Alors que j'avais eu pour mes premiers livres sur celui-là des insultes de l'humanité,
02:19que l'humanité avait, pour des raisons qu'on peut comprendre, bien sûr,
02:24mais avait cessé d'insulter Céline, même jusqu'à sa mort, où il avait demandé le renvoi d'un journaliste
02:29de la télévision française qui avait osé dire que Céline était mort la veille.
02:34Donc c'est un souvenir très important pour moi.
02:36Alors, il se trouve que Voyage au bout de la nuit s'est paru le 15 octobre 1932.
02:41Le livre a manqué de deux voix le Goncourt, qu'il a été traduit en 37 langues,
02:46et que vous, ça a été la grande découverte de vos jeunes années, Frédéric Bithout.
02:50Je pense que oui. Il y a beaucoup de livres qui vous marquent, et qui vous frappent, et qui vous émerveillent.
02:56Je crois qu'il y a très peu de livres dont on peut dire qu'on n'est pas le même avant et après la lecture.
03:03Et le choc que j'ai éprouvé à 17 ans et demi, je ne sais plus exactement le mois près, bien sûr,
03:10la lecture de Voyage au bout de la nuit, ça m'a mis un tel coup que ça m'a fait voir un peu après le monde différemment.
03:18La littérature différemment, bien entendu, mais plus encore une sorte de vision crépusculaire, tragique du monde,
03:24traversée par des éclairs de tendresse parfois.
03:28Ça a été, pour moi, peut-être avec Guerre et Paix de Tolstoy, ou Crime et Châtiment de Dostoyevski, pour d'autres raisons,
03:35l'un des chocs littéraires qui m'a profondément ébranlé.
03:39Oui, ce livre, vous l'avez découvert dans la bibliothèque familiale ?
03:42Oui, je l'avais découvert dans la bibliothèque familiale.
03:44C'est très curieux, parce que deux ans avant, j'avais ouvert par hasard un livre qui s'appelait
03:47« D'un château à l'autre » de Céline.
03:50Je l'avais lu, enfin plutôt, j'avais commencé à le lire et je n'y comprenais rien.
03:55Rien à cette écriture, complètement éclatée, morcelée, en schrapnel d'émotion, si je puis dire,
04:00en éclat d'émotion, un sujet que j'ignorais, je trouvais tomber sur des mots comme Sigmaringen,
04:06je ne savais même pas ce que ça voulait dire, et j'ai arrêté complètement la lecture.
04:10Ma bibliothèque familiale, c'était la bibliothèque de mon grand-père d'abord, puis de mon père,
04:15et mon père était âgé, fatigué, ne me donnait pas de conseils.
04:18Je prenais au hasard, comme ça, les livres.
04:20Et ensuite, la lecture de Voyages au bout de la nuit, le choc.
04:23Alors, il se trouve en plus que vous avez décidé de faire votre thèse de doctorat de troisième cycle,
04:28mais trouver un professeur qui accepte ce genre de sujet, à l'époque, ce n'était pas simple.
04:33Ce n'était pas simple du tout, et je vais vous dire, ça va être amusant d'ailleurs,
04:36c'est que quand j'ai pensé qu'il ne serait pas mal de faire un doctorat de troisième cycle pour Céline,
04:43tout simplement parce que Céline était morte 6-7 ans avant,
04:47et il restait encore le grand maudit, le grand interdit, en tout cas de l'université.
04:53Et finalement, j'ai déniché un professeur par un ami qui m'a dit, va le voir,
04:58il s'appelait Jean Levaillant, et il enseignait à Nanterre.
05:01Et c'était en mars 1968, ce qui était amusant, un mois ou deux avant l'éclatement des événements de mai 68.
05:08Et cet homme était tout à fait charmant, il m'a dit, écoutez, je ne connais rien Céline,
05:12je n'ai jamais travaillé Céline, aucun de mes confrères n'a travaillé sur Céline,
05:15je veux bien que vous fassiez une thèse, ne comptez pas sur moi pour vous aider,
05:19simplement tenez-moi au courant de quelle orientation vous vous faites.
05:22Il ne m'a donné qu'un seul conseil, mais qui était assez pressant celui-là,
05:26il m'a dit, vous voyez, Céline a écrit deux grands romans,
05:30il le savait, Voyage au bout de la nuit en 1932, vous venez de le rappeler,
05:34et Mort à crédit en 1936, après il y a les fameux pamphlets antisémites
05:39très violents et très insoutenables, et puis la guerre,
05:44allez, n'en parlons pas, restons-en au bon Céline d'avant l'antisémitisme,
05:51si je puis dire, donc travailler essentiellement sur les deux premiers romans,
05:54c'est ce que j'ai fait.
05:55Il se trouve aussi que ce livre, cette thèse, vous l'avez écrite dans un appartement
06:00qui est dans un quartier de Paris, que Léo Ferré a chanté.
06:13Léo Ferré qui hurlait contre tout, il parle de l'île Saint-Louis
06:16alors qu'il a vécu pendant des années dans un fort en Bretagne, sur une autre île,
06:20et c'est vrai que ce quartier, c'est celui où vous avez grandi,
06:24quelques jours après votre naissance, car vous n'êtes pas né à Paris, Frédéric Vitoux.
06:27Non, les hasards de l'histoire, c'était, moi je suis né le 19 août 1944,
06:35à l'époque une personne un peu inquiète, on se demandait Paris allait-il brûler, etc.
06:39Et ma mère, avec mes deux frères aînés, nous a accepté l'invitation d'amis
06:45qui habitaient dans la forêt d'Orléans, un petit rendez-vous de chasse,
06:48pensant que ce serait plus calme.
06:50Et là je suis né, et c'est curieux, parce que je suis né un 19 août à 2h du matin,
06:565h avant l'armée allemande évacuait, je suis né dans la nuit,
07:00le matin les troupes de Patton américaines arrivaient,
07:03et je suis né là, mais je suis arrivé à Paris en fait 10 jours après.
07:06Voilà, et il se trouve que vous êtes dans un quartier où Georges Moustaki a vécu,
07:10il a eu le coup de foot pour ce quartier, il connaissait tout le monde,
07:13il avait un appartement, il y a une plaque devant l'immeuble aujourd'hui,
07:17avec des guitares par dizaines, c'était assez étonnant.
07:20Oui, oui, vous parlez, ça m'émeut que vous parliez de Moustaki,
07:23parce que c'était un ami intime, presque un frère,
07:27et dans l'appartement que j'occupe où mon père a vécu,
07:30et où mon père est né en 1906, dans cet appartement,
07:34je me souviens, dimanche, vous parlez de Moustaki,
07:37il était au piano, il a commencé à travailler des accords
07:40d'une chanson qu'il a créée là, en partie,
07:43qui s'appelait Les Mères Juives, qui est une de ses dernières chansons,
07:45donc Moustaki, comme Henri Dutilleux, le grand compositeur classique,
07:50c'était des amis très proches.
07:52Alors il se trouve que cet appartement,
07:54votre père y est revenu 4 ans après votre naissance.
07:57Oui, parce que mon père avait été, dès son mariage d'ailleurs,
08:03en 1933-1934, il a travaillé au Petit Parisien,
08:08qui était un grand quotidien populaire de la presse,
08:11et après la débatte, l'armistice, après qu'il était démobilisé,
08:15pour avoir fait la guerre, il a continué à travailler au Petit Parisien,
08:18qui était un journal qui de facto,
08:19était un journal qui travaillait sous le contrôle de la censure allemande,
08:23puisque c'était en zone occupée,
08:25et mon père a été arrêté à la libération.
08:32Et un peu, je ne dirais pas par ma faute, mais un peu.
08:34Pourquoi ? Simplement parce que mon père était resté à Paris,
08:36nous pensons que rien ne lui arriverait,
08:38parce que son dossier était pratiquement inexistant,
08:41à part le fait qu'il ait travaillé dans un journal
08:43qui travaillait sous le contrôle de la censure allemande,
08:45et il a voulu me voir dans ce petit village.
08:48On lui a dit, n'y allez pas, parce que le curé était plutôt du village,
08:51j'étais dans la résistance, le maire était FTP,
08:54donc résistance communiste, vous risquez d'être dénoncé,
08:58il a voulu quand même faire le voyage pour voir le petit garçon,
09:02tout petit, le bébé que j'étais, qui avait 3-4 jours,
09:05et là, aussitôt qu'il est arrivé, il y a eu des indiscrétions,
09:07et le lendemain, il est arrivé un soir, le lendemain matin, il a été arrêté.
09:10Et il a été arrêté, bon, et puis il a été libéré en 47.
09:14Oui, il a dit qu'il avait passé 4 ans en pension, au frais de l'État.
09:18Exactement, vous savez, vraiment, marreau pour être si bien renseigné,
09:21mon père, qui était un homme pudique, n'a jamais voulu évoquer
09:24ses années de détention, personnellement, jamais se plaindre,
09:29simplement, c'était sa boutade.
09:30Quand j'étais en pension, au frais de gouvernement,
09:32c'était sa manière à lui d'éviter le sujet,
09:35et de ne surtout pas l'armoyer sur son sort.
09:37Il se trouve que le petit Parisien, c'est l'ancêtre du Parisien d'aujourd'hui,
09:40et la plus grosse vente de son histoire, on ne le sait pas, c'est une idée géniale,
09:44ils ont publié le plan du parcours à suivre, le jour des obsèques de Victor Hugo.
09:48Ah oui ?
09:49Mais toute la France a acheté le petit Parisien.
09:54Ah, bravo, je l'ignorais, merci.
09:56Alors, il se trouve aussi que quand vous avez décidé de devenir écrivain,
09:58vos parents ont dit, oui, mais tu vas raconter notre vie.
10:01Ils ont eu peur.
10:02Ils ne me l'ont jamais dit explicitement,
10:05mais mes parents étaient des gens très pudiques, très réservés.
10:09Et quand j'ai commencé à écrire, mon père, d'abord, m'a dit une chose
10:15qui m'a profondément agacé à ce moment-là,
10:17parce qu'il ne cessait de le répéter, mon père qui avait un côté rêveur,
10:21château en Espagne et tout.
10:23Dès mon premier livre, il m'a dit,
10:25quand tu seras à l'Académie française,
10:27ce qui ne saurait tarder,
10:28et je trouvais ça pas drôle du tout, parce que c'était,
10:31voilà, c'est comme on dit à un gamin qui s'engage dans l'armée
10:33quand tu seras maréchal de France.
10:35Ça revenait à peu près à ça, à mes yeux.
10:37Et mon père et ma mère,
10:39en effet, étant des gens pudiques,
10:41je me suis dit que
10:42aucun livre, même s'il est nécessaire,
10:46ne justifie de faire de la peine à quelqu'un,
10:48surtout à des gens que nous aiment que jamais,
10:49comme mes parents.
10:51Donc, en effet, pour écrire des livres plus personnels,
10:54j'ai attendu la mort de mes parents.
10:56Mon père est mort en 1995,
10:58ma mère en mine, trois ans plus tard.
11:00Et j'ai attendu l'année 2000
11:02pour publier le premier livre assez personnel
11:05qui évoquait mon père aussi,
11:06et ses années de détention,
11:08qui est un livre qui s'appelait
11:09« La mine, mon père ».
11:10Et puis, vous avez eu d'autres activités entre-temps,
11:13et on va les évoquer à travers une autre date,
11:15le 9 mai 1966.
11:18A tout de suite sur Sud Radio,
11:19avec Frédéric Vitoux.
11:21Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:24Sud Radio, les clés d'une vie,
11:25mon invité Frédéric Vitoux,
11:27nous parlerons tout à l'heure
11:28de la mort du procureur impérial,
11:30un livre étonnant que vous publiez chez Grasset.
11:33On en revient à votre parcours
11:35de romancier, d'académicien.
11:37Et pas seulement,
11:38car le 9 mai 1966
11:40est projeté au Festival de Cannes,
11:42dans l'Ancien Palais,
11:44des extraits d'un film
11:45qui s'appelle « Massacre pour une orgie »,
11:47réalisé par Jean-Pierre Bastide.
11:49Et je crois que vous êtes l'assistant
11:50de ce film sur le générique.
11:51Oui, enfin, si on peut dire,
11:55je cherchais absolument
11:56à trouver des petits boulots
11:58pour gagner un peu d'argent.
11:59Et ma femme,
12:01qui n'était pas encore ma femme,
12:02d'ailleurs,
12:02qui était son fiancé,
12:04enfin, on était assez proches
12:05l'un de l'autre,
12:06avait un ami
12:07qui s'appelait Henri Lange,
12:08dont la sœur,
12:08Monique Lange,
12:09était elle-même un auteur
12:11chez Gallimard,
12:12dont la fille avait comme parrain
12:15Faulkner,
12:15ce qui me semblait remarquable.
12:16Et Henri Lange
12:17était une sorte
12:17d'aventurier du cinéma
12:19et il s'était mis à faire
12:20des...
12:21à produire
12:22et à...
12:22des films pornographiques
12:24hallucinants,
12:25bricolés comme ça.
12:26Il m'avait dit
12:27« Est-ce que tu veux être assistant ? »
12:29Alors, je ne sais pas
12:29si j'étais le premier assistant
12:30ou le deuxième assistant,
12:31mais en effet,
12:32je m'étais retrouvé
12:33dans le tournage
12:35de ce film extravagant.
12:37Vraiment, voilà.
12:38Donc, je n'ai pas eu lieu
12:38d'en être fier,
12:39mais en même temps,
12:40ça m'a...
12:40Moi, qui avais une passion
12:41pour le cinéma,
12:42vraiment une passion
12:42pour le cinéma,
12:43qui avait préparé
12:45l'école des idées,
12:47que j'avais travaillé
12:49sur ce film
12:49avec des acteurs
12:50même assez connus
12:51à l'époque.
12:52Enfin, je ne citerai pas
12:52les noms,
12:53mais peu importe.
12:54Oui, c'était un souvenir
12:55amusé.
12:56Voilà.
12:56En fait, c'était un film
12:57qui était un film
12:58policier érotique
12:59et je crois que
13:00sur les marches de Cannes,
13:01ils ont fait scandale
13:02parce qu'ils ont simulé
13:03un meurtre
13:04avec un homme
13:05qui s'enfonçait des aiguilles
13:06à tricoter dans le bras.
13:08Écoutez, je ne me souviens pas...
13:09Je n'étais pas à Cannes,
13:10donc je ne me souviens absolument pas.
13:11Je crois qu'il avait été signé
13:12par un garçon
13:13où vous avez cité
13:13ce nom, Jean-Pierre Bastide,
13:14mais je crois qu'il avait signé
13:16le film
13:16sous le nom de
13:17Jean-Luc Grodard.
13:18Exactement.
13:19C'est à ça que je me souviens.
13:20C'est ça.
13:20On pensait à Jean-Luc Grodard,
13:22bien entendu,
13:23mais pas seulement.
13:24Mais c'est vrai que le cinéma...
13:26Et d'ailleurs,
13:26le film avait tourné
13:26au Luxembourg
13:27pour échapper
13:28aux lois françaises
13:30de la France.
13:31En fait, il avait été
13:31tourné à Paris.
13:32Je me souviens très bien
13:33d'une scène comme ça
13:34un peu érotique
13:35qui avait été tournée
13:36au Georges V.
13:37Vous avez loué
13:37trois chambres du Georges V
13:38pour tourner ces trucs.
13:40C'était hallucinant
13:41d'amateurisme.
13:43Les gens ne se prenaient
13:44pas au sérieux
13:45et s'amusaient assez
13:47dans ce film.
13:48Voilà.
13:49Mais je n'en ai pas gardé
13:50de grands souvenirs.
13:51Sinon,
13:51quelques vagues réminissantes.
13:55Je me souviens
13:56qu'une fois,
13:56le metteur en scène
13:57était souffrant.
13:58Il n'a pas pu venir.
13:59J'avais donc dirigé
14:00trois plans du film
14:01en choisissant langue
14:03de caméra.
14:05C'est un souvenir.
14:07J'avoue,
14:07je n'en suis pas fier,
14:08mais je n'en ai pas honte
14:09non plus.
14:09C'est la partie de ma carrière
14:10même si ça ne figure pas.
14:12Il faut bien que vous soyez
14:13à ce point curieux
14:14et j'allais dire
14:15dans le bon sens du terme
14:16fouineur
14:17pour dénicher
14:18ce film
14:19dont je ne me souvenais
14:20même plus de la date.
14:21Voilà.
14:21Alors,
14:22il se trouve aussi
14:22que vous avez failli
14:24faire l'IDEC
14:25à l'école du cinéma.
14:26C'est assez étonnant
14:27parce que ce n'était
14:28pas votre parcours
14:29au départ.
14:30J'ai eu toujours...
14:32Enfin,
14:32mon parcours
14:32il était très zigzagant
14:33parce que
14:34quand j'étais lycéen,
14:37mon père s'était mis
14:37dans la tête
14:38que j'étais le matheux
14:39de la famille
14:39donc j'ai fait ma TLM
14:41j'ai été en préparation
14:42d'une classe
14:43de mathématiques supérieure
14:45puis à un moment donné
14:46un jour
14:46au bout de 3 mois
14:48ou 6 mois
14:48je ne me souviens plus
14:49de cours
14:50je ne me suis pas réveillé
14:50un matin
14:51et j'ai dit
14:51si c'est un signe
14:52je laisse tomber
14:53je ne suis pas assez bon
14:54en maths
14:54même si je suis plutôt
14:55bon en physique
14:56j'arrête
14:57je veux faire du cinéma
14:58et j'ai dit à mon père
15:00j'étais sûr
15:01qu'ils allaient hurler
15:02ben non
15:03j'ai arrêté maths sup
15:04et je veux faire du cinéma
15:05et à ce moment-là
15:06j'ai pensé préparer
15:08une classe préparatoire
15:09au lycée Voltaire
15:11qui était une classe formidable
15:12pour préparer
15:13le concours de l'IDEC
15:14et le professeur
15:15que mes parents avaient vu
15:16a dit
15:16mais qu'il faisait d'abord
15:17en même temps
15:18une licence de lettres
15:20et voilà
15:20alors c'est ce que j'ai fait
15:22et
15:22pour rentrer
15:26en classe
15:27de réalisation
15:29il n'y avait que 5 places
15:31et je me souviens
15:31on était au moins 300
15:32à concourir
15:33il y a eu un écrit
15:34et il n'y en restait
15:35plus que 10
15:36ce qui était
15:36un énorme écrémage
15:37j'avais été admissible
15:39à l'oral
15:40et je me souviendrai
15:41toute ma vie
15:41parce que
15:43à l'oral
15:44je tire une feuille
15:46au papier
15:46on avait 5 minutes
15:47pour répondre à une question
15:48pour préparer la réponse
15:50c'était
15:51la question c'était
15:52si Gutenberg avait trouvé
15:53le cinéma
15:54au lieu de l'imprimerie
15:55qu'est-ce qu'il y aurait eu ?
15:56alors j'ai eu une première réponse
15:57immédiate
15:58et je ne l'ai pas dit
15:59et j'ai eu tort
15:59parce que c'est ça
16:00qu'ils attendaient
16:01alors je me suis embarqué
16:02dans des trucs théoriques
16:05sur la peinture
16:06sur ce qu'il n'y aurait pas eu
16:07ce qu'il n'y aurait pas eu
16:07et en fait
16:08la première réponse
16:09que j'avais eu envie de dire
16:11et c'était probablement
16:11celle-là
16:12qu'ils attendaient
16:12c'était
16:13aucune importance
16:14si Gutenberg avait trouvé le cinéma
16:16à ce moment-là
16:17Louis Lumière
16:18trouvait l'imprimerie
16:19et tout serait rentré dans l'ordre
16:21c'était une réponse
16:22comme ça
16:22qu'ils attendaient
16:23et pour voir
16:24au fond
16:25peut-être pour voir
16:26la manière
16:27dans un cas
16:28d'improbable
16:30comment on peut réagir
16:31très vite
16:31voilà
16:31réagir très vite
16:32et je n'ai pas été reçu
16:35et ça vaut mieux
16:36parce qu'au fond
16:37au fond de moi-même
16:38j'étais trop
16:39trop solitaire
16:41trop individualiste
16:42trop anxieux
16:43pour pouvoir
16:44probablement
16:45assumer
16:45un rôle
16:47de metteur en scène
16:47avec tous les aléas
16:48que suppose
16:49un tournage
16:50mais vous avez quand même
16:53écrit
16:53non pas pour le cinéma
16:55mais pour la télévision
16:56notamment
16:56avec ce feuilleton
16:57Sans Famille
17:04en deux épisodes
17:05réalisés par
17:06Jean-Daniel Vérag
17:07et vous êtes l'auteur
17:08du scénario
17:08et des dialogues
17:09une adaptation libre
17:10je crois
17:11c'est une adaptation
17:14très libre
17:14en effet
17:15parce que
17:15le rôle principal
17:17était tenu
17:18par Pierre Richard
17:20qui faisait le rôle
17:21du vagabond
17:21qui emmène
17:22le petit garçon
17:22sur les routes
17:23mais quand j'ai lu
17:24le livre
17:24je me suis rendu compte
17:25qu'en fond
17:25cet épisode-là
17:26ne fait qu'à peine
17:27un tiers du livre
17:28un quart du livre
17:29qu'il y avait plein
17:30d'autres choses
17:30et ça n'allait pas du tout
17:31parce qu'il fallait
17:32tenir sur l'écran
17:33pendant trois heures
17:35deux fois une heure et demie
17:35avec le héros
17:37et le petit garçon
17:39dont tout le monde
17:40se souvenait
17:40les rangs
17:40avec le chien
17:41le petit garçon
17:42le battleur
17:44et donc j'ai complètement
17:47dû réécrire
17:48inventer une histoire
17:50quasiment
17:50en gardant quelques éléments
17:51de base
17:52et en me souvenant aussi
17:54d'une phrase
17:55de Hitchcock
17:56parce que j'étais quand même
17:57très cinéphile
17:57travaillé dans des revues
17:58de cinéma
17:59etc
17:59qui était plus réussi
18:00les méchants
18:01meilleur le film
18:02disait Hitchcock
18:03et donc j'ai créé
18:04des méchants
18:04des méchants
18:05qui poursuivent
18:06pour essayer
18:07de prendre le garçon
18:08le petit garçon
18:09le tuer
18:09pour des questions
18:10d'héritage
18:10donc j'ai essayé
18:12de meubler
18:14de densifier
18:16de rendre plus dramatique
18:17le film
18:18et bien m'en a pris
18:19parce que le film
18:20a été un énorme succès
18:22c'est une des rares fois
18:23où Antenne 2
18:25a pulvarisé TF1
18:26sur l'audimat
18:27si bien que le film
18:28est passé, repassé, repassé
18:29repassé sur partout
18:30partout
18:31non seulement en France
18:32bien entendu
18:33mais aussi en Belgique
18:34en Suisse
18:35au Canada
18:35partout
18:36en Espagne
18:36ça a été un énorme succès
18:38oui et le jeune comédien
18:39c'était Jules Citruc
18:40que vous aviez trouvé
18:40qui a débuté
18:41et Gérard Juniot
18:42l'a repéré
18:43et l'a engagé
18:44l'année suivante
18:44dans son film
18:45Monsieur Batignolle
18:46je me souviens très bien
18:47parce qu'on cherchait
18:49d'abord on cherchait
18:49un personnage
18:50pour faire le rémi
18:51les héros
18:52et on avait regardé
18:54avec Jean-Daniel Vérag
18:55on visionnait
18:56et on tombe sur
18:57ce petit garçon
18:57qui devait être
18:58l'ami de Rémi
18:59et on le trouve
19:01tellement formidable
19:02Vérag et moi
19:03que je lui dis
19:05mais ce serait
19:05au fond c'est lui
19:06qui devrait jouer
19:07le rôle de Rémi
19:08et Jean-Daniel Vérag
19:09qui décidait
19:09qui était le metteur en scène
19:10pas moi bien sûr
19:11a été entièrement
19:13de cet avis
19:13et on l'a engagé
19:15il était inconnu
19:15mais il était tellement
19:17émouvant
19:17spontané
19:18une sorte d'ingénuité
19:20innocente
19:20qu'il a fait
19:23pas mal de carrières
19:24dont avec
19:25Jean-Yves Gérard Juniot
19:26en effet après
19:26Oui il a tourné
19:27même un film en Angleterre
19:28il fait beaucoup
19:28de doublages
19:29et vous avez récidivé
19:30avec une version aussi
19:31très particulière
19:32de Robinson Crusoe
19:33Alors oui
19:35c'était toujours
19:36les producteurs
19:38c'était
19:39chez MT Productions
19:41Jean-Pierre Guérin
19:43voilà
19:43avec Jean-Pierre Guérin
19:44et
19:45comme on dit en sport
19:46on ne change pas
19:47une équipe qui gagne
19:48donc avec le producteur
19:50Jean-Pierre Guérin
19:51avec
19:52Pierre Richard
19:53avec moi
19:53aller pour l'écriture
19:54on s'est dit
19:55qu'est-ce qu'on pourrait
19:56trouver d'autre
19:56et finalement
19:57est arrivée l'idée
19:58de Robinson Crusoe
20:00alors là
20:01ça a été un peu compliqué
20:02parce que
20:03bon
20:05enfin je
20:05peu importe
20:06mais Jean-Daniel Vérague
20:07avait dit qu'il le ferait
20:08puis il y avait
20:09un peu d'étiraillement
20:10on n'était pas d'accord
20:11avec lui
20:11finalement j'ai écrit
20:13le scénario
20:14il a été tourné
20:15au dernier moment
20:16un autre metteur en scène
20:17est venu
20:18ils ont tourné
20:19en partie à Cuba
20:20alors c'était
20:21quasiment dingue
20:22parce qu'ils tournaient
20:23à Cuba
20:23les extérieurs
20:24dans soi-disant une île
20:25et puis l'intérieur
20:26de la grotte
20:27où habitait d'abord
20:28c'était tourné
20:30au Canada
20:30qui était coproducteur
20:31donc les rapports
20:33comme ça
20:34de champ contre champ
20:35la grotte
20:35c'était entre
20:36le Canada
20:37et Cuba
20:38voilà
20:38et puis il y a eu
20:39je crois qu'il s'est cassé
20:41quelque chose
20:41voilà
20:42Pierre Richard
20:44il a fallu
20:44j'étais à Paris
20:45je réécrivais le scénario
20:47peut-être du jour au lendemain
20:48pour réécrire des scènes
20:49c'était assez amusant
20:51je pense qu'il était
20:52un peu moins bien réussi
20:54parce qu'à cause de tous
20:55ces aléas du tournage
20:56mais c'était
20:56quand même une belle expérience
20:57et un beau succès
20:58et puis Pierre Richard
21:00qu'on n'a pas vu à l'époque
21:01dans ce genre de rôle
21:02il avait fait bien sûr
21:03d'autres films
21:04vous savez qu'il a commencé
21:05dans les cabarets
21:06avec Victor Lanoue
21:07il faisait des sketchs
21:09notamment
21:09il faisait du golf
21:10sans canne
21:11il faisait celui
21:12qui se noyait
21:12avec la mer démontée
21:14c'est un véritable mime
21:15Pierre Richard
21:16ah oui
21:16oui oui c'est un mime
21:18et même si lui
21:19n'a pas travaillé au scénario
21:20il n'a pas écrit
21:21mais je me souviens
21:22que quand j'écrivais
21:23au fur et à mesure
21:23en la maison de production
21:25bon j'arrivais
21:27que chaque semaine
21:28avec je ne sais pas
21:293-4 séquences
21:30et il les lisait
21:31et il mimait la scène
21:34et en les mimant
21:36des idées lui arrivaient
21:37et à mesure que
21:38les idées arrivaient
21:39je disais
21:39ah ça c'est très bon
21:40ou on disait
21:40c'est très bon
21:41et je réécrivais
21:42non pas avec ce qu'il avait écrit
21:44lui-même
21:44il n'écrivait
21:44il n'avait pas écrit
21:45mais avec des idées
21:47de situation
21:47grâce à cette
21:49cette souplesse expressive
21:51exceptionnelle
21:52qu'il avait
21:52et ça a été un très bon souvenir
21:53ces deux films
21:54à ce sujet
21:55alors ça c'est la partie cinéma
21:56il y en a une autre
21:57qu'on va évoquer
21:58à travers une autre date
21:59le 12 mars 2009
22:01à tout de suite
22:01sur Sud Radio
22:02avec Frédéric Vitoux
22:03Sud Radio
22:05les clés d'une vie
22:05Jacques Pessy
22:06Sud Radio
22:07les clés d'une vie
22:08mon invité Frédéric Vitoux
22:10nous parlerons tout à l'heure
22:11de votre nouveau roman
22:12La mort du procureur impérial
22:13chez Grasset
22:14on en revient
22:15à votre parcours
22:16assez étonnant
22:16puisque vous avez commencé
22:18avec Céline
22:18vous avez continué
22:19avec Pierre Richard
22:20et Sans Famille
22:21avec le cinéma
22:22et puis
22:23si j'ai choisi
22:24le 12 mars 2009
22:26c'est par rapport
22:27à celui
22:28dont vous allez reconnaître
22:29la voix
22:29c'est vrai que
22:30on m'avait fait
22:32ce petit honneur
22:32d'en parler
22:33j'étais encore
22:34facilement
22:35ce jour là
22:35vous recevez
22:36Frédéric
22:36Jean-Loup Dabadi
22:38à l'Académie française
22:39car il est académicien
22:41et il m'a dit un jour
22:42d'ailleurs que
22:42le jour où il a appris
22:43qu'il était académicien
22:44il était dans sa piscine
22:45il sautait dans la piscine
22:47de joie
22:47car il avait été élu
22:48et c'est vous
22:49qui êtes chargé
22:50d'accueillir ?
22:51je me souviens très bien
22:52de Jean-Loup
22:53qui est devenu
22:54un ami très proche
22:55en fait tout avait commencé
22:57je me souviens
22:57c'était un soir
22:58j'allais voir
22:59Félicien Marceau
23:00qui est un de mes confrères
23:01de l'Académie
23:02illusse plus âgé que moi
23:03qui était fatigué
23:05qui ne pouvait plus
23:05se déplacer
23:06j'allais ça souvent
23:07lui rendre visite
23:08parce qu'il était trop isolé
23:10et un jour
23:11Félicien me dit
23:12mais Frédéric
23:13qu'est-ce que vous pensez
23:14ce serait bien
23:15c'est quelqu'un comme
23:16Dabadi
23:16à l'Académie française
23:17je lui dis
23:17c'est une idée formidable
23:18c'est tout à fait ça
23:19parce que c'est un homme
23:20qui après tout
23:21a toujours vécu
23:22de sa plume
23:23des sketchs
23:24des paroles de chansons
23:26parmi les plus belles
23:27de son temps
23:27des scénarios
23:29des adaptations théâtrales
23:30tout
23:30il n'a pas écrit
23:32à part deux livres
23:33de jeunesse
23:33pas des romans
23:34proprement dit
23:35à part quelques essais
23:36très jeunes
23:37mais ce serait
23:37une très bonne idée
23:38il m'a dit
23:39je vais l'appeler
23:39pour lui poser la question
23:40je lui dis
23:41je pense ça pourrait marcher
23:42il faut arrêter le terrain
23:43d'abord
23:44mais il m'a dit
23:45on va l'appeler
23:45et puis il était trop fatigué
23:46il n'arrivait pas
23:47à trouver les notes
23:48à faire le
23:48composer sur son clavier
23:50de son appareil
23:51de téléphone
23:52Félicien
23:53et donc j'appelle
23:54pour lui
23:54avec lui à côté
23:55et je tombe
23:56sur son répondeur
23:57et j'ai dit
23:57bonjour
23:58je me présente
23:59je suis avec Félicien Marceau
24:00et nous pensons
24:01que ce serait peut-être
24:01une bonne idée
24:02est-ce que vous seriez
24:03éventuellement intéressé
24:04par l'académie française
24:05et puis je lui laisse
24:06mon numéro de téléphone
24:07Félicien habitait
24:09à Neuilly
24:09moi j'habitais
24:10à l'autre bout de Paris
24:11dans l'île Saint-Louis
24:12donc
24:13et à peine rentré
24:15je vois ma femme au téléphone
24:17qui était-ce au téléphone
24:18c'était Jean-Loup
24:18qui avait déjà rappelé
24:20et on s'est rencontré
24:21j'ai essayé
24:23pour voir
24:24s'il y avait vraiment
24:25une chance
24:25parce que je ne voulais pas
24:26l'envoyer
24:26comme on dit familièrement
24:28au casse-pipe
24:29et oui
24:30les planètes étaient bonnes
24:32la conjoncture était bonne
24:33et j'ai aidé sa candidature
24:36en le présentant
24:36à des académiciens
24:37pour qu'il y ait
24:38un contact
24:39pour expliquer
24:39le son de cette candidature
24:40ça s'est très très bien passé
24:42et tout naturellement
24:43tout naturellement
24:44évidemment
24:44quand il a été élu
24:46Hélène Caradanko
24:49et puis
24:49avec l'accord
24:50bien entendu
24:50de Jean-Loup
24:52c'est moi
24:53qui l'ai reçu
24:53sous la coupole
24:54et pour lui
24:55c'était une joie incroyable
24:57d'être à l'Académie française
24:58parce qu'au fond
24:59il a eu beaucoup
24:59de consécrations
25:00mais d'un seul coup
25:01d'être reconnu
25:02je dirais parmi ses pairs
25:03les écrivains
25:05les intellectuels
25:07les professeurs
25:07au collège de France
25:08je ne sais pas
25:09et d'un seul coup
25:10il se sentait
25:11aussi reconnu
25:12je dirais parmi
25:13les intellectuels
25:15ou les grands écrivains
25:16alors que lui
25:18était dans un domaine
25:18de battleur
25:20si je puis dire
25:20mais dans le meilleur sens du terme
25:22et ça a été pour lui
25:23une grande grande joie
25:24et voilà
25:25et on est devenu
25:26inséparable depuis
25:27il se trouve en plus
25:28que vous débutez
25:29ce discours de réception
25:31en évoquant
25:32un saltimbanque
25:32à l'Académie
25:33ce qui n'est pas si fréquent
25:34Frédéric Viteau
25:34oui absolument
25:35et d'ailleurs
25:36il était à peine
25:38il était tellement complexé
25:40Jean-Loup
25:40peur d'être abaissé
25:43en quelque sorte
25:44que le mot
25:45lui plaisait qu'à moitié
25:46mais je lui dis
25:47mais non
25:47pas du tout
25:48au contraire
25:48c'est noble
25:49après c'est formidable
25:50et puis après
25:52je rehaussais
25:53si je puis dire
25:53le saltimbanque
25:54c'est au fond
25:55au sens littéral du terme
25:56celui qui saute sur l'estrade
25:57pour faire son numéro
25:58et voilà
26:01et tout s'est bien passé
26:02et en effet
26:02je savais qu'aux yeux
26:04de certains
26:04il pouvait paraître
26:06comme un saltimbanque
26:06il me racontait
26:07avec beaucoup d'humour
26:08que le jour
26:09où il avait rencontré
26:09dans les visites académiques
26:11Valéry Giscard d'Estaing
26:12il lui a demandé
26:14mais qu'est-ce que vous avez fait
26:15alors il racontait
26:16qu'il avait travaillé
26:17avec Claude Sautet
26:17avec Yves Robert
26:18alors Giscard
26:20oui mais qu'est-ce que vous avez écrit
26:22il dit
26:23j'ai écrit des chansons
26:23pour Michel Polnard
26:24et pour Serge Régiani
26:26oui mais qu'est-ce que vous avez écrit
26:28il ne arrivait pas
26:30à comprendre
26:30Giscard
26:31jusqu'au moment
26:32où il a prononcé
26:33le mot d'Isabelle Aljani
26:34et là
26:35Giscard
26:36transfiguré
26:37parlez-moi
26:39d'Isabelle Aljani
26:40et j'ai tout lieu de croire
26:41que Giscard
26:42a soutenu
26:43Jean-Luc Dabadi
26:44peut-être à cause
26:45de son intimité
26:45enfin son intimité
26:46toute
26:47pas amoureuse
26:49je ne crois pas
26:50mais avec Isabelle Aljani
26:52moi je me souviens
26:53avoir été contacté
26:54pour l'adaptation
26:55de son roman
26:56Le Passage
26:57à la télévision
26:57dont je le rencontre
26:58on fait quelques séances
26:59de travail
27:00qui n'ont pas abouti
27:00un moment il me dit
27:01vous savez j'ai une idée
27:02je voudrais jouer le rôle
27:03du garde-chasse
27:04j'ai le costume adéquat
27:05donc finalement
27:06il aurait pu être
27:07l'inverse de Reagan
27:08si ce téléfilm
27:09avait été fait
27:10alors vous évoquez aussi
27:12le cinéma
27:12puisque vous le connaissez bien
27:13et notamment César et Rosalie
27:15qui est un film
27:16très particulier
27:17parce qu'en fait
27:18Claude Sautet l'a écrit
27:19en 64
27:20et pendant 8 ans
27:20personne n'en a voulu
27:21oui
27:22bah oui
27:23je suis heureux
27:24que vous prononciez
27:25le mot de Claude Sautet
27:26car c'était aussi
27:26un ami assez proche
27:27j'avais une grande tendresse
27:29et une grande admiration
27:30pour Claude
27:32et c'était un sujet difficile
27:34mais un sujet intéressant
27:37je ne veux pas vous parler
27:37trop de cinéma
27:38mais sur le thème
27:39de deux hommes
27:41amoureux de la même femme
27:42qui aiment les deux
27:42et qui hésitent
27:43entre les deux
27:43il y avait eu plusieurs films
27:45qui avaient été faits
27:46il y avait Julie Jim
27:47d'abord
27:47et puis un autre film
27:49qui s'appelait
27:49un film de Lubitsch
27:51qui s'appelait
27:52Design for Living
27:53Serenade à Troyes
27:54qui était formidable
27:56avec Gary Cooper
27:56Frédéric March
27:57et l'actrice
27:59Carole Lombard
28:00je crois
28:00et sur ce thème
28:02celui qui allait le plus loin
28:04quand même
28:04c'est Lubitsch
28:05parce qu'à la fin
28:05la femme ne sait pas
28:07comment choisir
28:08elle se marie
28:09avec un troisième
28:09les autres
28:10l'arrachent du mariage
28:11et elles partent en taxi
28:13ils sont tous les trois
28:14dans l'arrière du taxi
28:15il y a l'actrice
28:17qui est là
28:18puis qui enlace
28:19les deux hommes
28:20elle dit
28:21bon réconcilions-nous
28:21mais alors
28:22no sexe
28:23et tout le monde
28:24éclate de rire
28:24et le film se termine
28:26sur l'éclat de rire
28:26alors que voilà
28:27sur que
28:29la fin est plus compliquée
28:31de César et Rosalie
28:32le fameux regard
28:33de Romy Schneider
28:35il se trouve aussi
28:36que finalement
28:37la place de Damadi
28:38à l'académie
28:39se justifie
28:40par son amour
28:40à la langue française
28:41il raturait
28:42avec des stylos
28:43de couleurs différentes
28:44chacun de ses textes
28:45et c'est vrai
28:45que votre point commun
28:46c'est la défense
28:47de la langue française
28:48qui est très importante
28:49pour vous Frédéric Vitoux
28:50oui oui
28:51pour ce que vous dites
28:52sur Jean-Loup
28:52et c'était vraiment
28:53c'était un styliste
28:54un perfectionniste
28:55incroyable
28:56moi ça me passionne
28:57en effet
28:57parce que
28:59voilà
29:00un écrivain
29:01il s'intéresse
29:02à la langue
29:04comme un peintre
29:05aux couleurs
29:05je ne sais pas
29:06c'est pour ça aussi
29:07que j'avais été nommé
29:09par le biais de l'académie
29:10mais enfin
29:11il n'y a rien à voir
29:11que l'académie
29:12comme président
29:13de la commission
29:13d'enrichissement
29:14de la langue française
29:15qui dépend du premier ministre
29:17et qui consiste
29:18à vérifier
29:19qu'un mot
29:21peut être admis
29:22dans la langue française
29:23c'est-à-dire
29:24l'enrichissement
29:24de la langue française
29:24ça veut dire
29:25c'est un mot
29:25qui consiste
29:25à trouver
29:26les mots nouveaux
29:26correspondant
29:27à toutes les avancées
29:28du savoir
29:29dans tous les domaines
29:29scientifiques
29:30culturels
29:31les arts
29:34le sport
29:35tout ce que vous voulez
29:35comment on va traduire
29:36fake news
29:37en français
29:37il y a du boulot
29:39on a beaucoup travaillé
29:41j'ai réussi à imposer
29:41un mot
29:42qui est quand même
29:43pas mal passé
29:44c'est le mot infox
29:45maintenant il y a
29:46une grande chaîne
29:46de télévision
29:47qui a une rubrique
29:48info infox
29:48pratiquement chaque jour
29:49à la télévision
29:51ou bien comment
29:52traduire cold case
29:53des choses comme ça
29:54à faire geler
29:55ou à faire dormant
29:56selon les cas
29:56et c'est vraiment passionnant
29:59quand on s'intéresse
30:00à la langue
30:00non seulement
30:01de trouver
30:03les meilleures définitions
30:04possibles
30:05dans le dictionnaire
30:06de l'académie
30:07dans la neuvième édition
30:08que nous venons de terminer
30:09mais aussi
30:10qu'une langue est vivante
30:12si elle dit le monde
30:13d'aujourd'hui
30:13une langue morte
30:15c'est celle
30:15qu'on ne peut pas dire
30:16en latin
30:16on ne peut pas traduire
30:17en latin
30:17une équation
30:18ou parler
30:19de la mécanique quantique
30:20alors que
30:21la langue française
30:23est vivante
30:23parce qu'on enrichit
30:24la langue
30:25avec les mots nouveaux
30:26correspondant
30:26à toutes les avancées
30:27de la connaissance
30:28il se trouve que
30:29ce dictionnaire
30:29de l'académie
30:30est une tradition
30:31sauf qu'aujourd'hui
30:33il est disponible
30:33sur internet
30:34c'est quand même
30:34un progrès technologique
30:36alors c'est un progrès
30:37plus que technologique
30:38parce que
30:38jusqu'à présent
30:39le dictionnaire
30:41de la langue française
30:41c'était un peu
30:42comme on dirait-je
30:43le maître étalon
30:44de la langue
30:44mais personne
30:45n'en avait
30:45l'usage
30:46ou très peu de gens
30:47qui achetaient
30:47l'édition de l'académie
30:48d'un seul coup
30:49là maintenant
30:50on peut le télécharger
30:51gratuitement
30:52sur son portable
30:53et non seulement
30:54on a la neuvième édition
30:55mais on a aussi
30:56en ligne
30:56toutes les huit
30:58premières éditions
30:59depuis la fin
31:00du XVIIème siècle
31:01si vous prenez
31:01par exemple
31:02le taper sur le mot
31:03femme
31:04vous avez une définition
31:06aujourd'hui
31:06très scientifique
31:08rigoureuse
31:08biologique
31:09de la femme
31:11et vous tapez
31:12sur la première édition
31:13fin du XVIIème
31:14vous cherchez
31:15femme
31:15premier mot
31:16femelle de l'homme
31:17donc il y a quand même
31:18du chemin
31:19qui a été parcouru
31:20heureusement
31:20d'ailleurs
31:21depuis la fin
31:23du XVIIème
31:23jusqu'à aujourd'hui
31:24donc on a un outil
31:25de travail prodigieux
31:26qui a maintenant
31:26des milliers
31:27des dizaines
31:27des dizaines
31:28de milliers
31:29de connexions
31:30quotidiennes
31:30dans le monde entier
31:31et c'est le seul
31:33grand dictionnaire
31:34d'usage
31:35gratuit
31:35naturellement
31:36disponible
31:38de manière
31:38je crois
31:41c'est une révolution
31:42cette 9ème édition
31:43numérisée
31:44est disponible
31:45par une application
31:46sur tous les portables
31:47ce qui est formidable
31:48aussi c'est
31:48l'intérêt
31:50la passion
31:50que vous avez
31:50pour la langue française
31:51parce qu'il y a des mots
31:52d'aujourd'hui
31:53que les jeunes emploient
31:54ouais je te kiffe
31:55etc
31:55faites bien attention
31:57parce qu'il y a la mode
31:58et il y a la durée
31:59alors c'est toujours
32:00la grande question
32:01des dictionnaires
32:02d'usage important
32:03c'est qu'on doit épouser
32:06bien sûr
32:06la langue évolue
32:07sinon il n'y aurait pas
32:08eu 9 éditions
32:09depuis la fin du 17ème
32:10jusqu'à aujourd'hui
32:10mais il y a des mots
32:11qui sont des mots
32:12je dirais
32:13qui vont
32:14des mots de mode
32:15ou des mots d'argot
32:16de la jeunesse
32:16ou de ce que vous voulez
32:17qui vont tenir
32:18un mois
32:18six mois
32:19un an
32:19deux ans
32:20mais qui n'ont pas
32:20vocation à tenir
32:21il y a des mots d'argot
32:23qui vont tenir
32:24si vous voulez
32:25après la première guerre mondiale
32:27un mot d'argot
32:27des tranchées
32:28c'est le mot pinard
32:29l'académie l'a mis
32:31dans sa 8ème édition
32:32les autres dictionnaires
32:33disent
32:34ça ne va pas tenir
32:34c'est un mot de l'argot
32:35des tranchées
32:36pour dire le 20
32:36on a dit
32:37non je pense
32:38qu'il va tenir
32:38et il a tenu
32:39donc on peut se tromper
32:41mais maintenant
32:42la grande avancée
32:43de cette 9ème édition
32:45c'est de dire
32:46si on a un doute
32:48peut-être mettons-le
32:49de toute façon
32:50avec la souplesse
32:51de l'internet
32:52on peut jouer
32:53de manière
32:53beaucoup plus souple
32:54mais ne tombons pas
32:56dans le piège
32:56des petits mots
32:57branchés
32:59par exemple
33:00il y a eu
33:01à un moment donné
33:02je crois que c'est un peu
33:03en recul
33:03me semble-t-il
33:04chez les jeunes
33:05non pas d'invention
33:06lexicale
33:07comme on l'aime
33:07dans l'argot
33:08quand c'est des inventions
33:10mais un truc
33:12était le verlan
33:12maintenant le verlan
33:14est un peu tombé
33:15on n'allait pas
33:15mettre meuf
33:16dans le dictionnaire
33:17meuf c'est le verlan
33:19de femme
33:19qui contient le mot femme
33:21ça n'a aucun sens
33:22surtout que le verlan
33:22c'est Auguste Breton
33:23dans ses romans
33:24qui était le premier
33:25à l'introduire
33:25avec du rififi
33:27chez les hommes
33:27par exemple
33:28bien sûr
33:28alors il y a aussi
33:29l'appauvrissement
33:30de la langue française
33:31et ça on le voit
33:31dans les écoles
33:33et la télévision
33:33et ça c'est aussi
33:34l'un de vos combats
33:35Frédéric Vitoum
33:36moi c'est pas
33:37le combat
33:38que je peux mener
33:39directement
33:39parce que l'appauvrissement
33:40de la langue française
33:41qui est en effet désolant
33:42ce qui est désolant
33:43d'abord c'est la grammaire
33:44qui est malmenée
33:46massacrée
33:46et pas seulement
33:47dans les écoles
33:48mais même
33:49dans les pouvoirs institutionnels
33:51Sorbonne Université
33:52ça m'énerve
33:53c'est l'université
33:54de la Sorbonne
33:55l'aéroport de Metz
33:57au lieu de l'appeler
33:58l'aéroport de Metz
33:59c'est Lorraine Airport
34:01enfin c'est quand même
34:02délirant
34:02mais en effet
34:03le drame aujourd'hui
34:05c'est l'appauvrissement
34:06de la langue
34:07donc l'appauvrissement
34:08de la pensée
34:08donc l'appauvrissement
34:09de tout
34:10ce qui nous permet
34:11de nuancer
34:12la réalité
34:13si on dit
34:14en effet
34:15je kiffe
34:15pour dire j'aime
34:16mais qu'on oublie
34:17je t'aime
34:18je t'apprécie
34:19je l'attendrai
34:20toutes les possibilités
34:21infiniment subtils
34:24de la langue
34:25c'est absolument
34:26désolant
34:27donc effectivement
34:29il faut se battre
34:31pour enrichir la langue
34:32récemment
34:33il y a quelques jours
34:34un professeur de mathématiques
34:35m'avait dit
34:36j'étais désolé
34:37parce que j'avais demandé
34:37un devoir
34:38puis vous écrivez
34:39dans la marge
34:39ceci
34:40personne ne connaissait
34:42le mot marge
34:43je vous promets
34:44c'est fou
34:44ah mais c'est hallucinant
34:46mais c'est hallucinant
34:47donc il y a vraiment
34:49un gros problème
34:50alors pour ça
34:52c'est évidemment
34:52le problème d'éducation
34:53et aussi
34:55et aussi évidemment
34:56le problème de la lecture
34:57c'est que moins
34:59on lit de livres
35:00moins on s'enrichit
35:02avec des mots
35:02qui apparaissent
35:03qu'on ne connait pas
35:04forcément
35:04et moins aussi
35:05incidemment d'ailleurs
35:06on apprend l'orthographe
35:08puisqu'on voit
35:08quand on lit
35:09parce que je ne suis pas sûr
35:11que dans les écrans
35:13l'image d'un texte
35:14soit un texte
35:15c'est autre chose
35:16tout à fait
35:17et bien les livres
35:18justement
35:19on va en conseiller
35:20un immédiatement
35:21à celles et ceux
35:22qui nous écoutent
35:22et on va l'évoquer
35:23dans quelques instants
35:24à travers la date
35:25de sa sortie
35:26le 2 avril 2025
35:27à tout de suite
35:28sur Sud Radio
35:29avec Frédéric Vitou
35:30Sud Radio
35:31les clés d'une vie
35:32Jacques Pessis
35:33Sud Radio
35:34les clés d'une vie
35:35mon invité
35:35Frédéric Vitou
35:36on a évoqué
35:37votre parcours
35:38votre passion pour le cinéma
35:39votre parcours
35:40d'écrivain
35:40d'académicien
35:41et un nouveau roman
35:43est sorti
35:43le 2 avril 2025
35:45la mort du procureur
35:46impérial
35:47chez Grasset
35:47et ce livre
35:48s'est inspiré
35:49d'une histoire vraie
35:50qui a touché
35:51les médias
35:52il y a vraiment
35:53très longtemps
35:53je crois que
35:56la mort du procureur
35:59impérial
35:59c'est en fait
35:59un crime
36:00un crime
36:00qui s'était passé
36:01en mars 1817
36:03donc 2 ans
36:04après la restauration
36:05le retour
36:06des bourbons
36:07sur le trône
36:07après l'Empire
36:09après Napoléon
36:10et ce crime
36:11a été probablement
36:13pour la première fois
36:16un crime
36:17qu'on dirait
36:17aujourd'hui
36:18totalement médiatisé
36:19et devenant
36:20un événement
36:20non seulement
36:22à Rodez
36:23où le crime
36:24s'était passé
36:24mais dans l'Aveyron
36:25et même en France
36:26et même au-delà de la France
36:28dans l'Europe entière
36:29pour la première fois
36:31il y a non seulement
36:31la presse écrite
36:32mais aussi
36:33il y a eu des estampes
36:34il y a eu des gravures
36:35des dessins
36:37il y a eu des
36:38des chansons populaires
36:40qui ont été créées
36:41des petites pièces de théâtre
36:42qui ont été créées
36:43ça a été
36:44un crime
36:47qui a frappé
36:48les imaginations
36:49et inspiré aussi
36:51beaucoup de
36:52beaucoup de textes
36:54et de représentations
36:56dans tous les sens
36:57donc ça
36:57c'est ça qui m'avait frappé
36:58plus
36:59plus
37:00un angle
37:01vous savez
37:01quand on fait de la presse
37:02vous le savez
37:03aussi bien que moi même
37:04sinon plus que moi
37:05Jacques Pessy
37:06quand on y a un sujet
37:08on dit
37:08mais quel angle
37:09on va prendre
37:09comment on va aborder
37:11ce sujet
37:11et sur ce crime
37:13célébrissime
37:14j'ai pensé
37:15qu'il y avait
37:16une bonne approche
37:17qui n'avait jamais été tentée
37:18sur ce crime
37:19qui avait fait couler
37:20tant d'encre
37:21c'était un homme
37:23qui s'appelait
37:23Henri de Latouche
37:24alors ce crime d'abord
37:25il faut savoir
37:26que ce procureur impérial
37:28donc dévoué à Bonaparte
37:29avait notamment défendu
37:30Charlotte Corday
37:31entre autres
37:32et puis il a été assassiné
37:34sans doute une vengeance
37:35on n'a jamais su
37:36parce qu'il était bonapartiste
37:37après le départ de Napoléon
37:39alors
37:39il y a eu
37:40toutes les rumeurs possibles
37:42curieusement
37:42c'est un crime
37:43on a retrouvé
37:45le corps
37:45de cet ancien magistrat
37:47en effet impérial
37:48qui dérivait
37:49le long de l'Aveyron
37:51au pied de la ville
37:51de Rodez
37:52et
37:53dans des conditions
37:55très mystérieuses
37:56sans vraiment
37:58de témoins
37:58et la rumeur
37:59s'est emparée
38:00de l'affaire
38:01et
38:01l'une des rumeurs
38:03principales
38:03c'était un règlement
38:04de compte
38:05des
38:05royalistes
38:08contre un ancien procureur
38:09qui s'était illustré
38:11sous l'Empire
38:11et aussi sous la Révolution
38:12mais rien n'est apparu
38:16mais cette rumeur
38:16empoisonnait
38:18le pouvoir public
38:19et donc
38:20il y a eu peu à peu
38:21des rumeurs
38:21qu'ont désigné
38:22des hommes de mauvaise vie
38:24dans une maison
38:25qui s'appelle
38:26la maison bancale
38:27c'est ce qui ne s'invente pas
38:28où on pense
38:29que le crime
38:29aurait été commis
38:30avec un imaginaire
38:31qui se développe
38:32on a égorgé
38:33le malheureux procureur
38:35dans la salle principale
38:37de cette fameuse maison
38:38le sang ruisselait
38:39ils tombaient dans un bassin
38:40les cochons
38:41buvaient le sang
38:43pour évacuer
38:44les traces
38:46trop visibles
38:47du crime
38:47et puis
38:48la rumeur publique
38:50a désigné
38:51deux hommes
38:51qui étaient
38:52plus ou moins
38:52apparentés
38:54à Fualdès
38:55qui étaient
38:56des notables
38:57eux
38:57l'un qui s'appelait
38:58Bastide
38:59et l'autre
38:59s'appelait Josillon
39:00et au fond
39:01quand l'enquête
39:02a été faite
39:03elle s'est
39:04elle l'a dit
39:05même ça a été dit
39:06par les magistrats
39:07instructeurs
39:07on a suivi
39:08l'opinion publique
39:09l'enquête a été
39:10bâclée
39:10on n'a jamais su
39:11finalement
39:12qui était l'assassin
39:13de Joseph Fualdès
39:14et on a décapité
39:16presque des innocents
39:16exactement
39:17alors voilà
39:18donc
39:18il n'y avait pas
39:22de traces
39:22on a arrêté
39:23les deux notables
39:24on a arrêté
39:25quelques personnes
39:26des contrebandiers
39:27des gens assez douteux
39:28qui étaient liés
39:29plus ou moins
39:30à cette fameuse
39:30maison bocale
39:31des témoins
39:33par milliers
39:33qui n'avaient rien vu
39:34on a vu un tel
39:35qui me dit
39:36qu'il y a vu un tel
39:36qui a vu un tel
39:37mais rien
39:38jusqu'au jour
39:39apparaît une femme
39:40qui va devenir
39:42au fond
39:43l'héroïne
39:44de cette affaire
39:46c'est une femme
39:47qui est la fille
39:47elle-même
39:48d'un procureur
39:49de la restauration
39:51un procureur
39:53donc
39:53à féodé
39:55à Louis XVIII
39:56et qui
39:57va prétendre
39:59parce qu'elle est
39:59manifestement
40:00un peu
40:00mythomane
40:02avide de publicité
40:04cliniquement
40:05on dirait
40:06que c'est une personnalité
40:07histrionique
40:07donc quasiment
40:08une hystérique
40:09elle va dire
40:10qu'elle était là
40:11et du coup
40:12ça va être
40:13le témoin
40:13miraculeux
40:14au moment du premier procès
40:16qui a lieu à Rhodes
40:17très vite
40:17le crime a lieu en mars
40:19et le jugement
40:21a lieu en août
40:22l'été
40:24à Rhodes
40:25même le président
40:26du tribunal
40:27lui dit
40:27madame
40:27vous êtes l'ange
40:28de la providence
40:29chargée d'éclairer
40:30ce mystère horrible
40:31donc il reconnaît
40:32implicitement
40:33qu'elle seule
40:33prétendant
40:35être dans la maison
40:36pourrait
40:37en effet
40:38désigner
40:38de manière
40:39irréfutable
40:39et décisive
40:40les coupables
40:43et puis comme
40:44c'est une hystérique
40:45qui n'a sans doute
40:45rien vu
40:46qui n'a jamais été là
40:46elle tombe évanouie
40:48mais elle devient
40:49la star du procès
40:50et d'autant plus
40:51que ce roman
40:52quand on lit ce roman
40:53on se rend compte
40:53que finalement
40:54cette histoire
40:55ça a été la base
40:55de ce qu'est aujourd'hui
40:56l'information en continu
40:57à la télévision
40:58Frédéric Viteau
40:59exactement
40:59alors ce fameux
41:00Henri de Latouche
41:01dont j'ai évoqué
41:02tout à l'heure
41:02qui est un homme
41:03qui a une double caractéristique
41:04c'est un écrivain
41:04c'est un journaliste
41:06il est libéral
41:06donc plutôt hostile
41:08à la restauration
41:09et il comprend
41:12qu'il y a un sujet
41:13formidable
41:13il pense peut-être
41:14que c'est une affaire
41:15contre les royalistes
41:18contre le régime
41:20en place
41:20et donc il va
41:22s'y intéresser de près
41:23comme Géricault
41:24le grand peintre Géricault
41:25pense que c'est une affaire
41:27aussi qui va incriminer
41:28le pouvoir en place
41:29et il imagine
41:30qu'il pourrait faire
41:31un grand tableau
41:32là-dessus
41:32finalement il va y renoncer
41:33et comme rien n'apparaît
41:36de manière tangible
41:38qui incriminerait
41:40des royalistes
41:41et laisserait de côté
41:41la rumeur publique
41:43Latouche a une idée
41:44très simple
41:45et formidable
41:46il dit
41:46mais voilà
41:47je vais publier
41:49en fascicule
41:50à Paris
41:51au moment du procès
41:53avec peut-être
41:53à peine une semaine
41:55de retard
41:55l'intégralité
41:57du procès
41:58l'intégralité
41:58enfin un peu remontée
42:00pour remis en scène
42:01mais c'est-à-dire
42:02à raison de 3-4 livraisons
42:03par semaine
42:04c'est comme l'information
42:06en continu
42:06d'un procès
42:07qui est filmé en direct
42:08sauf qu'il est filmé
42:09qu'il est donné à lire
42:10avec 4 jours
42:11et c'est fascicule
42:13où pour la première fois
42:15les parisiens
42:16et partant
42:17la France
42:19un peu plus tard
42:19va suivre
42:21quasiment en direct
42:22l'intégralité
42:24du procès
42:24où on est dans
42:26la plus grande confusion
42:27et là
42:27ce Latouche
42:28est fasciné
42:30par cette femme
42:30et comme lui
42:32c'est quelqu'un
42:33qui va jouer un rôle
42:34déterminant
42:35par la suite
42:35dans l'invention
42:37de la sensibilité romantique
42:39il dit
42:40non seulement
42:41il ne signe pas
42:43c'est un homme
42:44de l'ombre
42:45ce Henri de Latouche
42:46c'est un homme de l'ombre
42:46jamais il n'apparaît
42:48ou alors
42:48sous des pseudonymes
42:50ou pas
42:51voilà
42:51il dit
42:52je vais aller à Rodej
42:54je vais rencontrer
42:54cette femme
42:55après le premier procès
42:57parce qu'à force
42:58de dire oui et non
42:59agacer le pouvoir
43:00plus ils l'ont arrêté
43:01ils l'ont mis en prison
43:01pour dire
43:02bon allez maintenant
43:03vous allez dire la vérité
43:03dites que vous y êtes
43:04bon en gros
43:05et il va la voir
43:06il va s'entretenir avec elle
43:08il va écrire ses mémoires
43:09qu'elle signe
43:10mais qu'il écrit
43:11en fait de facto
43:11et il va faire de cette femme
43:13c'est ça qui est très important
43:15la première grande héroïne
43:17romantique française
43:18dans l'esprit
43:19de ce qu'on appelait
43:19le roman gothique
43:20les romans anglais
43:22de la fin du 18ème siècle
43:23où il y a des héroïnes
43:25qui sont malmenées
43:26emprisonniers
43:27des ruines
43:28des personnages diaboliques
43:30qui rôdent dans l'ombre
43:32toute une sorte de fantastique
43:33sociale
43:33et tragique
43:35et il va publier ses mémoires
43:37et là
43:37le succès
43:38incroyable
43:39édition
43:41édition
43:41édition
43:42édition
43:42réimpression
43:43traduction
43:43en Russie
43:45en Italie
43:46en Angleterre
43:47partout
43:47même Louis XVIII
43:49même Louis XVIII
43:50quand le préfet
43:51de l'Aveyron
43:52va le voir
43:53il lui dit
43:54alors cette fameuse femme
43:55elle s'appelle
43:55Clarisse Manzon
43:56alors elle était dans la maison
43:58bancale
43:58oui ou non
43:59et là
43:59Louis XVIII ne parle pas
44:01comme un homme d'état
44:02qui veut s'assurer
44:03qu'on règle le problème
44:04non
44:04il est comme une mininette
44:05oui
44:06mais en plus
44:06ce qui est extraordinaire
44:07c'est que cette femme
44:07ensuite a dit
44:08qu'elle avait menti
44:09sur tout ça
44:09bien sûr
44:10alors bien sûr
44:11alors le livre
44:12connaît un tel succès
44:14que le procès
44:16est annulé
44:16pour des vices de forme
44:17donc on va rejuger
44:19mais là
44:20en le dépaysant
44:21comme on dirait aujourd'hui
44:22à Albi
44:24et là
44:25le pouvoir public
44:27dit à cette femme
44:28Madame Manzon
44:29Clarisse Manzon
44:29maintenant vous allez dire
44:31que vous aviez bien vu
44:33que les criminels
44:34ce sont eux
44:35sinon
44:36vous resterez en prison
44:37et si on vous libère un jour
44:39vous ne reverrez jamais
44:40votre fils
44:40donc on lui fait
44:41parce qu'elle a eu un fils
44:42d'un mariage
44:43où les époux étaient séparés
44:46donc elle cède
44:47évidemment elle cède
44:48plus ou moins
44:49plus ou moins
44:50parce que comme en même temps
44:51elle ment
44:51parfois elle a à nouveau
44:53des crises d'évanouissement
44:55mais elle est complètement mythomane
44:56pour expliquer ça
44:57elle s'écrit à elle-même
44:58de fausses lettres
44:59de menaces de mort
45:01c'est elle qui l'écrit contre elle
45:02et qu'elle fait semblant
45:03de découvrir par hasard
45:04c'est une femme
45:06complètement
45:06et naturellement
45:08elle va donc
45:10en quelque sorte
45:11désavouer totalement
45:14ses mémoires
45:14où elle disait en substance
45:15qu'elle était innocente
45:16et en effet
45:18après le deuxième procès
45:20trois innocents
45:21vont périr
45:21sous la guillotine
45:22voilà
45:23et elle a inventé aussi
45:24le faux roman
45:25la fausse biographie
45:26exactement
45:27elle a tout inventé
45:28et ce qui est très étonnant
45:29c'est que
45:30tous ceux
45:31qui ont été plus ou moins
45:32à charge
45:33tous se sont désavoués
45:34sur leur ligne mort
45:35par exemple
45:35pour le deuxième procès
45:36il y avait un brave garçon
45:38apprenti meunier
45:40qui pêchait dans l'Aveyron
45:42la nuit du crime
45:43qui n'avait jamais témoigné
45:45de quoi que ce soit
45:45au premier procès
45:46mais qui est découvert
45:47par l'accusation
45:48et on lui dit
45:49mais vous avez vu
45:50le cortège des assassins
45:51qui descendait le cadavre
45:52alors dites que vous l'avez vu
45:54et il dit
45:56oui oui je l'ai vu
45:56parce que
45:58en étant témoin à charge
45:59on va lui payer le voyage
46:00de Rodèze à Albi
46:02ce garçon
46:02qui n'a jamais voyagé
46:03de sa vie
46:04ce grand voyage
46:05qui consiste à aller
46:06de Rodèze à Albi
46:08au frais de la princesse
46:09ou au frais du roi
46:10pour témoigner là
46:12il va dire n'importe quoi
46:13en disant
46:13oui je l'ai vu
46:14le cortège des assassins
46:15oui je les ai reconnus
46:16dans la nuit noire
46:16oui tout ce que vous voulez
46:18et naturellement
46:19quelques années plus tard
46:20il va se confesser
46:21en disant
46:21je n'ai rien vu
46:22c'était uniquement
46:23pour faire le voyage
46:23de Rodèze à Albi
46:24on est dans un déni
46:26de justice hallucinant
46:28où le pouvoir
46:29je ne sais pas
46:30si le pouvoir
46:31veut couvrir sciemment
46:33des assassins royalistes
46:34mais je crois
46:35qu'il veut
46:36en finir
46:37une fois pour toutes
46:38avec cette affaire
46:39qui empoisonne
46:40l'opinion publique
46:41et donc
46:41en exécutant
46:43des condamnés
46:44qui n'ont rien à voir
46:44avec la politique
46:45et rien à voir
46:46avec le royalisme
46:47ou pas
46:47on règle
46:48soi-disant
46:49le problème
46:49il n'empêche
46:50que
46:50ce crime
46:52va empoisonner
46:53tout le 19ème siècle
46:54il se trouve aussi
46:55que vous en profitez
46:56pour évoquer
46:57le parcours
46:57d'Henri de Latouche
46:58qu'on a un peu oublié
46:59et notamment
47:00Balzac
47:00puisque sans de Latouche
47:02il n'y aurait peut-être
47:02pas eu Balzac
47:03vous avez tout à fait raison
47:04dans un premier temps
47:05juste après le procès
47:06à peine
47:07le procès fini
47:09il tombe sur des manuscrits
47:11qu'il donne un libraire
47:12c'est des poèmes
47:12qui sont
47:13bon achetés
47:15et que le libraire
47:17a jeté un coup d'œil dessus
47:18c'est les deux frères
47:19survivants
47:20d'une fratrie
47:20de quatre enfants
47:21qui voudraient savoir
47:22quoi en faire
47:23à mon avis rien
47:25dit le libraire
47:26il regarde
47:26il dit
47:26mais c'est formidable
47:27il y a d'autres textes
47:29de lui
47:29peut-être
47:30oui les frères
47:30en ont quelques textes
47:31et il découvre
47:32un poète
47:33inconnu
47:33André Chénier
47:34André Chénier
47:36et Latouche
47:37va être le premier
47:38au moment de l'affaire
47:40Valdès
47:40un mois après
47:41ou deux mois après
47:42à lancer
47:44la première édition
47:46des œuvres
47:46d'André Chénier
47:47c'est une découverte
47:48qu'il a aussi
47:49à guillotiner
47:50innocent
47:50bien entendu
47:51et ça va
47:52créer ce côté
47:54crépusculaire
47:54du romantisme français
47:56et peu de temps après
47:57ça va continuer
47:58les découvertes
47:58Balzac
47:59justement
48:00d'abord
48:01Alfred de Vigny
48:03il découvre
48:04un poète
48:05il le signale
48:06à Vigny
48:07ça s'appelle
48:07Chatterton
48:08et Vigny
48:09va avoir le grand
48:09succès de Chatterton
48:10mais Balzac
48:11il avait écrit
48:12l'art de mettre
48:12la cravate
48:13parce qu'il avait besoin
48:13d'argent
48:14parce que ses parents
48:14ne lui en avaient pas
48:15et là il tombe
48:16sur Balzac
48:17et son premier roman
48:18Balzac lui doit beaucoup
48:19bien sûr
48:20il découvre le premier roman
48:21de Balzac
48:21il en dit du bien
48:22en même temps
48:23qu'il avait découvert
48:24Marceline Desbordes-Valmore
48:25une poétesse
48:26un peu oubliée
48:27mais peut-être
48:27que certains
48:28de vos auditeurs
48:29se souviennent
48:30de Marceline Desbordes-Valmore
48:30et Balzac
48:32il va l'aider
48:34il va mettre de l'argent
48:35lui
48:35il n'y a pas beaucoup d'argent
48:36pour sauver
48:37son imprimerie
48:38et il va surtout
48:39l'encourager
48:40à écrire son premier
48:41grand roman
48:41qui sera
48:42la première pierre
48:44de la condition humaine
48:45c'est
48:46de la comédie humaine
48:48pardon
48:48c'est les choix
48:49voilà
48:50et je pourrais en citer
48:51encore bien d'autres
48:52mais il y a aussi
48:53Georges Sand
48:54qui l'a soutenu
48:54évidemment
48:55alors Georges Sand
48:56lui-même
48:57se la touche
48:58et Berichon
48:58il est de la Châtre
48:59et un jour
49:00il voit arriver
49:01une petite jeune fille
49:02jeune femme
49:03qui est mariée
49:03qui se sépare
49:04et son mari
49:05et qui gagne sa vie
49:06en faisant des peintures
49:07à l'aquarelle
49:07sur des abat-jour
49:08et lui
49:10à l'époque
49:10il dirige un tout petit journal
49:12de quelques centaines
49:13d'exemplaires
49:13de lecteurs
49:14peut-être même pas mille
49:15je crois pas
49:16qui s'appelle
49:16Le Fiyaro
49:17et il lui dit
49:18mais non mais écoutez
49:19écrivez
49:19écrivez
49:20et il l'a fait travailler
49:21d'arrache-pied
49:22et elle va écrire
49:23son premier roman
49:24naturellement
49:25il la lise
49:27oh mon enfant
49:28comme je suis content de vous
49:30c'est Indiana
49:30et c'est lui
49:31qui va vraiment lancer
49:33Georges Sand
49:33dans la carrière des lettres
49:34c'est dire
49:35le nombre de sujets
49:36qu'on apprend
49:36dans ce roman
49:38la mort du procureur impérial
49:39basée sur des histoires vraies
49:40merci Frédéric Vidoux
49:42de l'avoir écrit
49:42et je le conseille
49:43à celles et ceux
49:44qui nous écoutent
49:44parce que c'est un pan
49:45de l'histoire
49:46qui mérite d'être reconnu
49:47et puis continue comme ça
49:49et bien j'espère
49:51et bien alors à très bientôt
49:52l'écoute d'une vie
49:53c'est terminé pour aujourd'hui
49:54on se retrouve bientôt
49:55restez fidèles
49:56à l'écoute de Sud Radio
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