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  • il y a 9 mois
Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Mardi 17 juin 2025 : l'humoriste et comédien Redouane Bougheraba. Il joue dans le film "Sur la route de Papa" de Nabil Aitakkaouali et d'Olivier Dacourt.

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Transcription
00:00Bonjour Edouane Bouguerraba.
00:02Bonjour.
00:02Vous êtes cet humoriste téméraire car le premier qui a rempli le stade Vélodrome de Marseille en chambrant le public et notamment les premiers rangs.
00:08En résumé, des spectateurs ont donc payé leur place pour venir se faire clasher, pour reprendre les termes des journalistes de l'époque.
00:14Et c'est bien là où se trouve votre force.
00:16A la question peut-on rire de tout ? On ne peut répondre que oui.
00:19Et de rajouter parfois avec n'importe qui.
00:21Depuis votre plus jeune âge, vous êtes attiré par la scène, les rires, mais finalement toujours dans le plus grand respect.
00:25Celui inculqué par vos parents d'origine algérienne, mais aussi par l'école catholique dans laquelle vous avez appris beaucoup sur l'acceptation et le respect des autres.
00:33Un choix qui en dit long sur l'ouverture d'esprit de votre famille musulmane et à la fierté qu'elle a d'être marseillaise, enfin française, enfin française et marseillaise.
00:41Vous avez longtemps eu du mal à joindre les deux bouts jusqu'à ce rôle offert par un grand corps malade dans le film La vie scolaire.
00:46C'est à ce moment précis que votre vie a basculé du bon côté et que les planètes se sont alignées.
00:50Alors oui, Redouane, vous avez mis du temps à y arriver, mais force est de constater que vous avez bien fait de vous accrocher et d'y croire.
00:56Aujourd'hui, vous êtes à l'affiche du film Sur la route de papa de Nabil Aitaka-Wali, aux côtés de Caroline Anglade et Farida Oushani.
01:04Vous êtes Kamel, un père et fils.
01:05Et d'Olivier Daco, deux co-réalisateurs.
01:09Un père et fils balancés entre deux cultures, la France et le Maroc.
01:12Mais depuis votre mariage avec votre épouse Sophie, écrivaine, vous avez pris vos distances avec vos parents, vos soeurs, vos cousins,
01:17rejetant votre vie d'avant qui a été marquée au fer rouge.
01:20Et à la suite de la disparition de votre père en tant que fils aîné de la famille,
01:24vous vous retrouvez sur la route du bled avec vos deux enfants, votre épouse, votre maman,
01:28au volant de la Renault 21 familiale.
01:31Un long périple qui fait ressurgir les souvenirs, les bons et les mauvais,
01:34mais qui va surtout finalement renforcer les liens de la famille.
01:38Est-ce que ce n'est pas ça la symbolique du film ?
01:40C'est exactement ça la symbolique du film.
01:42C'est quelqu'un qui voulait couper ce lien qu'il avait avec le bled.
01:49D'ailleurs, ses enfants ne savent même pas ce que c'est le bled.
01:52Ils ont grandi en France.
01:54Et tout au long du film, on découvre en introspection ce retour aux sources,
01:59ce retour à la famille, ce retour aux origines.
02:03Donc c'est un retour vers le futur, mais moins sans les époux spéciaux et sans le doc.
02:08Mais non, non, c'est un film avec beaucoup d'émotions, avec beaucoup de messages en filigrane.
02:14Et ça ne touche pas que les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, les Espagnols,
02:18les Italiens, les Portugais, les Belges, les Allemands, les Serbes.
02:23Mais ça touche tout le monde parce que sur la route de papa, c'est aussi sur la route des vacances.
02:27Tout le monde est parti en vacances avec ses parents, dans la voiture, confinés, sans climatisation, avec le post-autoradiocassette.
02:37C'est aussi la route de tous les gens qui ont quitté leur bled pour travailler sur Paris ou dans les grandes villes
02:44et qui retournent de temps en temps l'été.
02:48Donc ça touche énormément de gens.
02:50Et ça touche aussi tous ces gens qui ont vu partir ces gens, tous ceux qui sont restés dans leur cité
02:56et qui ont vu ces voitures avec ces toits énormes, avec des frigos, des bagages.
03:05Et tout le monde se posait la question, mais partout, ils font quoi ? Comment ça se passe ?
03:09Donc ce film explique un peu tout ça.
03:11Les réalisateurs n'ont pas manqué de souligner aussi les sujets douloureux.
03:16Par exemple, le sujet de l'intégration.
03:18Il y a un moment donné, un dialogue qui est assez fort entre la maman et ce fils.
03:21La maman dit « Mais nous, on a vécu dans ce pays, on a toujours été français ».
03:29Et lui, il dit « Mais moi, je ne me suis jamais senti réellement français, ni au bled, je ne me suis pas senti algérien ».
03:35Il y a un espèce de rapport très difficile.
03:37– Je pense que les nouvelles générations, même les anciennes générations l'ont vécu,
03:41que ce soit en France ou partout dans le monde, on n'est jamais, on est toujours l'étranger de quelqu'un.
03:48On est toujours l'étranger de quelqu'un.
03:50Oui, mais vous êtes de telle origine, alors vous n'êtes pas d'ici.
03:54Quand tu rentres dans ton pays d'origine, mais vous n'êtes pas d'ici, vous êtes français.
03:59On est toujours l'étranger.
04:01Donc il y a un problème d'identité et de positionnement,
04:05parce que tout le monde nous fait sentir comme un étranger.
04:07Donc il y a ce truc, c'est pour ça qu'il y a beaucoup de problèmes.
04:11Et on a essayé de le souligner et d'en parler dans le film.
04:15– Est-ce que vous-même, vous vous êtes senti plus jeune, ado, rejeté, ou justement entre deux cultures ?
04:23– Moi, je viens de Marseille.
04:24Marseille, c'est différent, c'est très cosmopolite.
04:26Je l'ai senti en arrivant à Paris, il y a un ostracisme qui se fait par rapport aux Marseillais.
04:31Mais Marseille, c'est une ville cosmopolite.
04:35Il y a des Italiens, des Corses, des Espagnols, des Comoriens, des Algériens,
04:38des Marocains, des Tunisiens, des Sénégalais.
04:40C'est une ville, tout le monde vit ensemble.
04:43On est tous un peu réunis par le football.
04:48Mais c'est ça, on va voir un match de foot, on est tous frères.
04:52On pleure ensemble, on rit ensemble.
04:54Et je ne l'ai pas trop vécu jeune.
04:56Mais je sais que plus tard, quand tu arrives sur la capitale,
05:01on te fait sentir que tu n'es pas étranger, tu es Marseillais.
05:04Il dit, oui, vous les Marseillez, les étrangers.
05:06– Quand on vous regarde, Redouane, et qu'on regarde ce parcours,
05:09on a l'impression que tout a toujours été facile.
05:11Que c'est arrivé vite, etc. Et pas du tout.
05:14– C'est la partie visible de l'iceberg.
05:15– Voilà, vous avez vraiment mangé votre pain noir,
05:17vous l'avez raconté plusieurs fois.
05:19– Oui, oui, je l'ai dégusté, je l'ai dévoré.
05:21– Et puis il y a cette bascule avec Grand Corps Malade
05:23qui vous fait confiance sur la vie scolaire.
05:25Là, vous dites d'ailleurs vous-même que les étoiles se sont alignées,
05:28toutes les planètes se sont alignées.
05:29– Pas que la vie scolaire, il m'a fait faire
05:31toutes ses premières parties en concert.
05:34Il m'a amené avec lui, je suis dans tous ses films.
05:38C'est un peu le mentor, le grand frère, le frère.
05:42Il a plusieurs casquettes.
05:44Il m'a toujours bien conseillé.
05:46– Ce qu'ils vous ont transmis, vos parents,
05:48c'est l'humour, le rire.
05:50Même ils vous chambraient quand vous étiez enfant
05:52avec vos frères, c'était assez fou d'ailleurs.
05:55Mais ils ne vous ont jamais transmis d'angoisse.
05:57Ça, c'est assez fort quand même.
05:58Alors qu'ils ont traversé des moments très difficiles,
06:01ils ne sont toujours transmis que de l'espoir.
06:03– Je ne sais pas si c'est l'enfance qui fait ça,
06:04mais je pense que c'est les parents.
06:08Avec le recul, on le voit.
06:09Moi, je parle avec beaucoup de potes.
06:11C'est vrai qu'il y a des parents qui transmettent la peur, l'angoisse.
06:15Nous, on n'a jamais eu cette transmission de peur, l'angoisse.
06:17Tout allait bien.
06:18Même quand tout allait mal, on ne le voyait pas que tout allait mal.
06:21C'est avec le recul.
06:22En fait, elle n'avait pas suffisamment d'argent
06:24pour élever cinq, six enfants et un chat.
06:29Tu vois ?
06:29Et avec le recul, je me dis, ah ouais, c'est vrai qu'ils ont toujours masqué ça.
06:35On n'a jamais eu l'angoisse.
06:36Et j'essaie de transmettre la même chose à mes enfants.
06:39Ils n'ont vraiment pas d'angoisse à se faire.
06:42Mais quand même, il y a des gens qui sont angoissés.
06:46Même quand tout va bien, ils se disent, non, mais il va y avoir un truc,
06:50ça s'angoisse.
06:51Et c'est vrai que tu as les enfants angoissés.
06:53L'angoisse se transmet.
06:54– Est-ce que justement, cette vie-là, l'improvisation,
06:58vous avez travaillé avec vos frères,
06:59parce que l'improvisation, elle est quand même très très jeune.
07:01L'humour dans la famille, ça ne vous a pas rendu plus fort ?
07:03Le fait de connaître des salles vides,
07:04d'aller chercher un public,
07:06de devoir convaincre un public parfois inexistant ?
07:09– J'ai toujours joué devant un public qui n'était pas le mien,
07:12comme je faisais des premières parties.
07:13Donc je me suis toujours adapté.
07:16Tu joues devant un artiste, son public, c'est que des vieilles.
07:18Donc tu te dises, il faut que je fasse rire des vieilles.
07:21Tu joues devant un artiste où c'est que des jeunes,
07:24il faut faire rire que des jeunes.
07:25Donc moi, quand j'ai commencé ma carrière,
07:27je n'avais pas trop le choix.
07:28Je me retrouvais à jouer dans des salles des fêtes,
07:31dans des restos, dans des bars, dans des chichas,
07:33dans des endroits qui ne sont pas adaptés à l'humour.
07:36Mais je me suis adapté parce que je me suis dit,
07:38si on a un public, on a un micro,
07:40on a cette chance-là de les faire rire.
07:43C'est formateur dans sa carrière.
07:45Et c'est comme ça que je me suis formé.
07:47– Fier de ce parcours que vous avez déjà effectué,
07:49d'avoir rempli le Stade Vélodrome.
07:52– Comme dit Thierry Hollande, je peux mourir tranquille.
07:55Le plus tard possible, mais tranquille.
07:57– Fier de ce parcours.
07:58– Merci.
07:58– Sous-titrage ST' 501,
07:59le plus tard possible.
08:00– Absolutely.
08:00– Sous-titrage ST' 501,
08:02– Sous-titrage ST' 501,
08:04– Sous-titrage ST' 501,
08:05– Sous-titrage ST' 501,
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