00:00Après avoir quasiment disparu des préoccupations des Français, la crainte du chômage refait
00:15brutalement surface, atteignant son plus haut niveau depuis mai 2015, hors parenthèse Covid.
00:20Elle dépasse aujourd'hui largement sa moyenne de long terme. A juste titre, car incontestablement,
00:26le nombre de chômeurs est en rose. En valeur absolue, comme en tôt, la décrue est stoppée,
00:32le point bas passé, la remontée est engagée, malgré encore quelques soubresauts. Pas pour tous,
00:37pas au même rythme. Comme toujours, lorsque la conjoncture se dégrade, les jeunes sont en première
00:43ligne. Parce que la baisse des embauches frappe d'abord les nouveaux-entends. Parce que les
00:47salariés en poste, eux, s'accrochent à leur emploi. La mobilité recule et avec elle, la chance d'insertion
00:53des plus jeunes. Souvent cantonnés aux contats précaires, CDD intérim, ils sont aussi les
00:58premiers sacrifiés. Enfin, en contexte tendu, les entreprises privilégient des profils expérimentés,
01:04plus vite opérationnels. Résultat, le chômage des moins de 25 ans est reparti à la hausse depuis
01:10deux ans. Et près d'un sur cinq se retrouve sans emploi. Ce chiffre masque en outre la dureté réelle du
01:17marché pour les jeunes. Beaucoup préfèrent prolonger leurs études plutôt que d'affronter un marché
01:22dégradé où les chances de s'insérer sont minces. Les disparités sont de surcroît immenses selon le
01:29niveau de formation. Parmi les jeunes sortis d'études depuis un à quatre ans, plus de 42% des non-diplômés
01:37sont au chômage, contre moins de 7% pour les Bac plus 5. À l'autre bout du spectre, et c'est une surprise,
01:44le chômage recule chez les seniors alors qu'historiquement ils sont les plus impactés après les jeunes
01:49lorsque l'activité se retourne. Pourquoi en effet conserver un employé dont la durée de vie en
01:55entreprise est réduite ? Mieux vaut le licencier et s'épargner un coût de recherche lorsque l'activité
02:01repartira. Mais cette fois, c'est différent. Trois éléments l'expliquent. Le report de l'âge de la
02:08retraite, le fameux effet horizon, plus la distance à l'âge de la retraite est lointaine, plus le
02:14retour sur investissement des entreprises sur les seniors est important, plus le senior a intérêt à
02:20conserver son emploi, les indemnités chômage ne permettant plus de faire le pont jusqu'à la
02:25pension. S'y ajoute le durcissement de l'assurance chômage afin d'encourager un retour à l'emploi plus
02:31rapide des quinquagénaires et la mise en place d'un système d'incitation destiné aux entreprises pour
02:37maintenir l'emploi des plus âgés. Les 25-49 ans sont entre deux eaux. Le chômage ne baisse plus et
02:45s'est stabilisé à un peu plus de 6% avec toujours cette permanence. Parmi les salariés, les ouvriers et
02:51les employés sont les plus touchés. Pour le moment, car le spectre d'une disparition massive d'emplois dans
02:57les métiers intellectuels, créatifs et scientifiques à cause de l'intelligence artificielle est à prendre au
03:03sérieux. Les cabinets d'avocats sous-traitent déjà à des IA la rédaction d'actes juridiques.
03:08Duolingo a remplacé 10% de ses traducteurs. Chegg, une plateforme d'aide aux devoirs,
03:14s'est séparée de 22% de ses employés. Une raréfaction nette du travail s'annonce avec
03:19une polarisation extrême, une poignée d'emplois très qualifiée d'un côté et de l'autre, la disparition
03:24progressive de tâches routinières. Les jeunes sont aujourd'hui les plus exposés au chômage.
03:29Leur diplôme, un bouclier moins protecteur avec la montée de l'IA. Mais si le chômage de masse
03:35s'installe, de nouveau aucune classe d'âge ne sera épargnée.
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