- il y a 9 mois
Invité à réagir ce 13 mai au Sénat au sujet des appels d’Emmanuel Macron à « suspendre » temporairement les investissements français aux États-Unis, le PDG du groupe de luxe Kering a indiqué au Sénat que les délocalisations n’étaient « pas un sujet » pour son secteur d’activité.
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NewsTranscription
00:00On est dans un secteur où l'effet de richesse a un impact direct sur notre activité.
00:07On l'a vu, nous avions des signons très positifs de consommation aux Etats-Unis sur les produits de luxe au fin du quatrième trimestre.
00:13L'élection de M. Trump avait manifestement eu un effet positif sur le moral des ménages, et pas uniquement des ménages modestes, mais aussi des gens plus fortunés.
00:23Ça s'est retourné complètement depuis deux mois.
00:26Les Etats-Unis ont ceci de particulier que les cours de bourse sont intimement corrélés au niveau de consommation dans toutes les classes sociales aux Etats-Unis.
00:39Et on a une chute de la consommation aux Etats-Unis depuis quelques semaines qui est assez importante liée à ça.
00:45Donc on est plus inquiet, au-delà des tarifs, de l'impact des tarifs sur la consommation américaine.
00:53Et c'est ce qu'on vit en ce moment.
00:56Vous me parliez, madame, sur les comparatifs entre pays.
01:00Alors, pour revenir à notre spécificité, Kering a ceci de particulier, ça répond en partie aussi à une question qui a été posée.
01:09On est très italiens.
01:10Nos grandes marques sont italiennes.
01:12On a des grandes marques françaises, Saint-Laurent, Balenciaga, Boucheron.
01:15Mais en termes de taille et de production, nos grandes marques sont italiennes.
01:21Et donc c'est vrai qu'on fait travailler en Italie, si je prends directement et indirectement au travers de la sous-traitante, plus de 100 000 personnes en Italie.
01:28Donc on a un impact économique en Italie qui est très très fort.
01:33Et on a évidemment, donc en Italie, accès à des aides aussi spécifiques italiennes.
01:38Alors le crédit d'impôt recherche ne concerne que les activités françaises, ne concerne pas des activités de recherche qu'on peut faire en Italie.
01:45En revanche, on bénéficie par exemple, l'Italie a une aide spécifique au métier du design et de la création, dont on bénéficie.
01:54Alors c'est limité à 2 millions d'euros par an et on est à peu près à ce niveau-là chaque année.
01:59On a bénéficié d'une aide, ce qui s'appelle la pattern box, qui était une aide au développement de la propriété intellectuelle
02:06et au revenu issu de la propriété intellectuelle pour relocaliser les propriétés intellectuelles en Italie.
02:12Donc ça a donné lieu à des aides relativement importantes, ce qu'on a bénéficié jusqu'à 20 millions par an, 19 millions en 2023, il me semble.
02:21En revanche, ont été exclus récemment, l'Italie ayant les mêmes problématiques d'aide, je suppose, que les pouvoirs publics français,
02:30ont été exclus tout ce qui touche aux marques et à la création.
02:36Et donc aujourd'hui, la pattern box ne concerne que les brevets dits industriels et non plus tout ce qui touche à la partie créativité,
02:45studio de design dont on pouvait bénéficier.
02:48Donc les 19 millions vont retomber autour d'un ou deux millions par an à partir de 2024, depuis l'année dernière.
02:55Donc ça, ça baisse beaucoup.
02:56C'était essentiellement les deux niveaux d'aide dont nous bénéficions en Italie.
02:59Je rajouterais quelques subventions d'investissement dont on a pu bénéficier quand on a ouvert de nouvelles usines
03:07ou sur des ouvertures aussi de centres de recherche, ce qui a donné lieu à peu près à 12 millions d'aides sur la période 2020-2025,
03:1612 millions nets, puisque nets d'impôts, sur des...
03:20Non, non, italiens.
03:22C'est de l'aide sur des projets industriels, d'usines ou de centres logistiques qu'on a.
03:29Il y a trois projets, oui.
03:36Alors, vous parlez de la délocalisation.
03:38Là, effectivement, nos métiers ne sont pas ou peu délocalisables.
03:43Donc ça ne se pose pas dans ces termes.
03:47Ça se pose plus dans l'arbitrage qu'on est dans les deux pays, entre la France et l'Italie.
03:53Et c'est vrai que, par exemple, le CIR, faire les activités de recherche et les volants près des unités de production,
03:59c'est une logique assez implacable.
04:01Le fait que, parce qu'on avait des difficultés aussi à la tannerie de Perrier et qu'on avait besoin de donner de la charge de travail à la tannerie,
04:11et qu'il y avait cette dispositif d'aide en plus, c'est pas pour ça qu'on ne l'aurait pas fait,
04:15nous a incité à le faire à la tannerie de Perrier plutôt que de le faire près de nos unités de production italiennes, par exemple.
04:22Donc ça a eu quand même un impact à ce titre-là.
04:25Sur les activités de mécénat, alors effectivement, c'est l'essentiel des aides, c'est 75% de nos aides.
04:33Et là, je crois que vous avez raison, madame, c'est que c'est Marie-Claire qui gère notamment tout ce qui touche à la fondation Kering,
04:39qui lutte sur les violences faites aux femmes.
04:42Chaque fois qu'on prête de l'argent, enfin qu'on ne prête pas parce qu'il n'y a pas de retour à meilleure fortune,
04:45chaque fois qu'on donne de l'argent à une organisation, c'est sûr, en général, trois ans.
04:50Et il y a un suivi, un contrôle de gestion très précis qui est fait de chacun des projets,
04:53avec une partie des équipes de Marie-Claire qui vont sur le terrain vérifier l'utilisation des fonds que nous donnons à ces associations.
05:01Et on fait un état des lieux tous les deux ou trois ans pour ou continuer ou arrêter les aides en fonction de leur efficacité.
05:09Donc effectivement, on est très vigilants là-dessus parce qu'on fait ça pour avoir des résultats.
05:12On ne fait pas ça pour distribuer l'argent, on fait vraiment ça par conviction et on veut mesurer l'efficacité de ce qu'on fait.
05:19Et donc on est effectivement assez précis sur l'efficacité des aides que l'on donne dans ce domaine.
05:29Alors l'ancrage territorial, j'ai répondu un petit peu par notre tropisme italien, malheureusement,
05:36mais il n'est pas exclu que le développement de nos maisons puisse se faire un jour à compétitivité identique avec l'Italie.
05:43Il y a des savoir-faire en France sur la marocchinole prêt-à-porter, tout à fait au niveau de ce qu'on peut trouver en Italie.
05:49La vraie différence est un coût du travail qui est assez différent.
05:53J'ai cité 20%, mais on vous donnera des détails plus précis là-dessus,
05:56qui fait que des choix sont faits entre les deux pays, mais pas avec d'autres pays.
06:00Dans le luxe, le problème ne se pose pas délocalisé en Asie ou ailleurs.
06:07Sur les partenariats publics-privés, alors c'est vrai qu'on fait beaucoup de mécénats,
06:11en réalité c'est déjà le cas.
06:13Mais c'est vrai, c'est le complément de réponse que je faisais à madame,
06:17au travers nous, l'État démultiplie ce qu'on fait.
06:20Quand on décide d'une enveloppe, parce qu'il y a les 40 ou 60% de déduction fiscale sur le mécénat,
06:29on prête plus.
06:31On redonne ça, on ne le fait pas pour nous, ça ne va rien changer dans notre compte d'exploitation.
06:35Donc parce qu'on a cette aide-là, on en donne un peu plus,
06:38mais on est très très vigilant et très exigeant sur l'efficacité de ces aides.
06:43Parce qu'on a tellement de demandes, il y a tellement d'organismes.
06:47Donc on a sans doute, et au travers des entreprises privées,
06:50la possibilité pour l'État d'atteindre cette efficacité qui est recherchée.
07:01L'autre élément, c'est que même s'il n'y avait pas ces déductions, on ferait ces aides.
07:09Il faut être très clair.
07:09Comme disait M. le Président, on ferait de l'apprentissage,
07:13on continuera à faire du mécénat.
07:15Mais c'est une démultiplication du travail de l'entreprise.
07:18Parce qu'il y a ces aides, on en fait plus.
07:20En tout cas, c'est la vision qui a toujours été la nôtre.
07:23Et à ce titre-là, ces partenariats-là sont très très efficaces.
07:29Je ne sais pas si j'ai répondu à toutes vos questions.
07:31Est-ce qu'on a fait le tour des questions par les différents membres de la Commission ?
07:42Merci beaucoup.
07:43Merci, M. le Président d'électeur général.
07:46Je crois qu'il y a...
07:46Ah non, non, mais je ne vais pas annuler notre tradition de la dernière petite question du rapporteur.
07:53Moi, je reprends une dernière question technique, mais très rapide.
07:56Bon, j'hésite, parce que j'en ai tellement.
08:01Ce n'est pas vous, c'est pas vous.
08:03Non, non, mais j'en aurais beaucoup à vous poser.
08:05Je vais me concentrer sur peut-être une question d'actualité, enfin peut-être deux, allez.
08:11Est-ce que dans la guerre commerciale qui nous oppose aux Etats-Unis et à la Chine,
08:19est-ce que vous êtes plutôt d'accord avec le Président Macron lorsqu'il parle de patriotisme économique
08:26et de fait que de grandes entreprises ne doivent pas céder aux sirènes de Donald Trump ?
08:35Et la deuxième, c'est complètement quelque chose de différent,
08:40mais c'est parce que j'ai lu un article du Monde hier soir
08:42qui parlait, rien à voir avec vous, qui parlait de notre commission d'enquête
08:47et qui rappelait, je ne me rappelais pas, que vous avez été un des grands patrons
08:54à soutenir Mittal pour acheter Arcelor, notamment ici même Anne Méo,
09:03célèbre agence de communication, qui d'ailleurs, il paraît qu'elle prépare aussi
09:06aux auditions de cette commission d'enquête.
09:08Je ne sais pas si elle vous a préparé pour cette commission d'enquête.
09:13Vous me répondrez.
09:16Pas que, à l'Assemblée Générale du groupe,
09:19l'image 7 fait partie de nos fournisseurs de services.
09:23Très bon fournisseur de services.
09:24Et qui expliquait d'ailleurs à l'époque, Mittal ne fermerait jamais d'usine.
09:28Bon, Mittal, lorsqu'il a pris Arcelor, il y avait 22 hauts fourneaux en Europe.
09:33Aujourd'hui, il n'y a plus cause.
09:34Il n'a pas tenu et il a trahi ses engagements à Florange, d'ailleurs aidé par le président
09:42de la République à l'époque, qui a laissé les bras ballants.
09:46Et je pense qu'il ne tiendra pas ses engagements de décarboner les deux hauts fourneaux.
09:52Et donc l'engagement qu'il a signé avec Bruno Le Maire de l'an dernier ne tient que ceux
09:59qui croient à cet engagement.
10:02Donc, est-ce que vous révisez votre jugement ?
10:04Et on peut se tromper, ça arrive à tout le monde.
10:07Évidemment, moi, ça m'arrive tous les jours.
10:09Ça peut arriver à tout le monde.
10:11Est-ce que vous révisez votre jugement quand vous voyez cela ?
10:14Et est-ce que vous pensez, comme un certain nombre,
10:18je pense que l'acier est stratégique pour la réindustrialisation du pays ?
10:23Et on a auditionné et M. Montebourg et M. Le Maire.
10:27Alors, chacun avait des styles différents.
10:29M. Montebourg, lui, s'est déclaré très favorable à la nationalisation.
10:35M. Le Maire, en me disant, en dernier recours.
10:39Mais déjà, pour lui, c'était une grande étape.
10:42Donc, je veux saluer ce...
10:44Donc, est-ce que vous, vous pensez, là aussi, que si Mittal ne veut pas décarboner
10:50les deux hauts fourneaux, il faut potentiellement, en dernier recours,
10:54là aussi nationaliser, parce que c'est une question stratégique pour le pays.
11:01Ce n'est pas la question la plus simple de l'après-midi.
11:04C'est pour ça qu'elle arrive en dernier.
11:06D'autant plus que j'étais pas tout à fait au début de ma carrière, mais pas loin.
11:09Donc, ce n'est pas tout à fait moi dont vous parlez.
11:12Mais j'assume, mais je vais assumer.
11:14Mais vous savez, c'était plus le respect d'un entrepreneur vis-à-vis d'un autre entrepreneur
11:20qui avait donné lieu à ce soutien de M. Lachemimittal par mon père, pour être très clair.
11:28Après, on est tellement loin des métiers qui sont ceux du groupe Mittal
11:32que je ne peux pas me permettre de vous donner un avis sur la décarbonation par la décarbonation.
11:37Plus généralement, quand on bénéficie d'une aide-projet spécifique
11:43avec des critères d'attribution, avec des obligations de moyens, comme je l'ai cité,
11:50moi, je serais d'avis à ce qu'il y ait, quand l'entreprise réussit ce projet-là,
11:55qu'il y ait des retours à meilleure fortune.
11:56Je ne vois pas en quoi, si les résultats sont bons et si c'est pérenne dans le temps, évidemment.
12:01Mais là, je parle en général des aides-projet, parce que celles-là, elles sont très ciblées, très mesurables.
12:10Et encore une fois, je ne vois pas pourquoi une aide qui aurait réussi sur un projet
12:15ne devrait pas donner lieu à des retours sur investissement pour l'État aussi.
12:21Mais je ne peux pas vous donner d'avis sur le métier spécifique de l'acier.
12:27Et sur la gare commerciale ?
12:30Alors, comme je l'ai dit à madame tout à l'heure, la délocalisation, pour moi, n'est pas un sujet.
12:35Non, mais c'est plus les déclarations du président Macron,
12:38qui appellent dans plusieurs discours à du patriotisme économique...
12:42Oui, à ne pas investir, encore une fois, des projets...
12:46Ce qu'on fait à l'étranger, c'est des ouvertures de magasins.
12:49Compte tenu de l'environnement économique aujourd'hui,
12:52on est plutôt en train de rationaliser nos réseaux de distribution que les étendre aujourd'hui.
12:57Donc, on n'est pas face à des problématiques d'investissement, ni aux États-Unis, ni en Chine.
13:01On est plutôt en train de rationaliser tout ça.
13:05Par ailleurs, entre le champ des sirènes pour délocaliser de la production aux États-Unis ou en Chine,
13:11on vend de la culture française, on vend de la culture italienne.
13:16Ça n'aurait pas de sens pour moi d'avoir des sacs Gucci italiens fabriqués au Texas.
13:23Ça n'a pas de sens pour mes clients, je ne peux pas expliquer ça.
13:27En revanche, de mettre en avant le niveau d'artisanat, qu'il soit français ou italien,
13:32dans mes produits Saint-Laurent ou dans mes produits Gucci, ça, ça fait du sens.
13:37Donc, cette problématique, pour moi, n'est pas franchement une réalité pour l'industrie du luxe.
13:41Merci, M. le Président, Directeur Général.
13:45Après, on peut quand même rajouter une chose, c'est que le monde des affaires n'est pas le monde de la politique.
13:53Et dire aujourd'hui à des chefs d'entreprise, n'investissez pas aux États-Unis, faites du patriotisme politique.
13:59Je suis désolé, on n'est pas en guerre contre les États-Unis.
14:02On est en concurrence forte économique, concurrence commerciale très forte,
14:07voulue notamment exacerber par le président des États-Unis.
14:09Mais on ne peut quand même pas comparer une situation.
14:12On a demandé, on a obligé les entreprises à ne plus investir en Russie,
14:15à retirer leurs avoirs en Russie et faire la même chose aux États-Unis.
14:18D'un côté, on a un agresseur qui a déclaré une guerre.
14:20De l'autre côté, c'est de la guerre commerciale.
14:22Mais ça reste de la guerre commerciale.
14:24Ça reste commerciale.
14:25Donc, voilà, moi, je préfère attention à la communication,
14:31même si elle a une vocation politique.
14:33– Sous-titrage Société Radio-Canada
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