00:00Dans Smartimo, on va arriver un petit peu en s'intéressant aux biens de prestige ou de luxe
00:09avec notre invité, c'est Richard Tsipine. Bonjour Richard.
00:12Bonjour Fabrice.
00:13Vous êtes directeur général de Barthes, une enseigne bien connue justement sur ces biens qui nous font rêver.
00:18On va se focaliser, je le dis, sur Paris notamment.
00:21Est-ce qu'il y a un bouleversement dans les arrondissements ou est-ce que c'est toujours les mêmes qui sont les plus prisés ?
00:25On va voir ça dans un instant.
00:27Mais tout de suite, Richard, déjà un aperçu sur ce qu'on vient de vivre, cette crise immobilière.
00:32Alors on se dit, les plus fortineux ne sont peut-être pas touchés.
00:35Et pourtant, vous avez vu quand même une baisse significative ces deux dernières années sur les gens qui ont des moyens
00:40mais qui ont quand même été impactés par cette hausse des taux d'intérêt.
00:44Oui, en fait, on a vécu la crise la plus longue depuis au moins 25 ans.
00:48C'est une crise qui a duré presque deux ans, de janvier 2023 à septembre 2024.
00:53Et tout le monde a été, presque tout le monde a été concerné.
00:57Je ne parle pas des ultra, ce qu'on appelle les ultra high natuels individuals.
01:00Donc ceux qui ont beaucoup d'argent, cela a été.
01:02Mais le segment le plus marqué chez nous, qui a baissé le plus en 2023-2024,
01:07c'est le segment entre 1 et 3 millions d'euros.
01:10En réalité, c'est un segment qui concerne les foyers, les familles avec enfants,
01:14de gens aisés, qui gagnent très bien leur vie, mais qui sont dans leur cycle de vie
01:19où vous avez toutes les dépenses qui s'accumulent.
01:22C'est-à-dire que vous avez les écoles, pour ceux qui mettent les enfants dans les écoles privées,
01:25vous avez les vacances et vous avez évidemment l'immobilier.
01:28Donc ce sont des foyers qui sont très sensibles au taux d'intérêt.
01:31Et comme les taux d'intérêt en début 2023 sont passés de moins de 20% à 4,5 en quelques mois,
01:36l'impact a été incroyable sur ce segment-là.
01:40Et donc il s'est, j'irais presque arrêté, il s'est gelé en tous les cas.
01:43Et ça a été très compliqué.
01:44En revanche, sous 1 million, qui sont beaucoup de pieds à terre,
01:47et au-dessus de 3 millions, qui concernent des gens qui ont des gros moyens,
01:51on n'a quasiment pas été vraiment impacté.
01:54Alors justement, on s'intéresse à ce qui se passe sur Paris.
01:57Les arrondissements les plus prisés, on voit souvent dans les classements,
02:01Richard, 6e, 7e, 8e aussi avec ce fameux triangle d'or.
02:06Est-ce que ça bouge un petit peu ? Quelle est la dynamique ?
02:09Oui, ça bouge.
02:10Le 6e et 7e, ça reste vraiment les arrondissements les plus recherchés à la fois par la clientèle française,
02:16très aisée, qui cherche les bonnes écoles, qui cherche les endroits charmants,
02:21mais aussi la clientèle étrangère.
02:24Au point même que certains Français sont prêts à faire des efforts,
02:28à concéder des surfaces, des moindres surfaces, pour rester dans ces quartiers.
02:33Et puis vous avez l'autre côté, le 8e, Rive droite,
02:36qui souffre d'une petite désaffection,
02:40qui a sans doute été marquée depuis quelques années par des images à la télé,
02:45de manifestations.
02:47Et puis surtout aussi, ce sont des secteurs, le 8e, un secteur, un quartier, un arrondissement,
02:52où vous n'avez pas cette vie de quartier qui fait rêver, qui attire, qui séduit,
02:56comme vous pouvez le trouver dans le 6e, dans le 7e, le Marais,
02:59ou des quartiers bobos qui sont beaucoup plus gais.
03:03Donc 6e, 7e, le 8e un petit peu en retrait, et le Marais, donc 3e, 4e, qui ont le vent en poupe également ?
03:08Oui, du côté de la rive droite, c'est vraiment les quartiers qui ont le vent en poupe.
03:11Si vous allez vous promener le week-end, c'est beau et le monde.
03:15Alors c'est parfois trop de monde, trop de touristes qui peuvent aussi gêner certains résidents.
03:20Mais en tous les cas, vous avez des petits restaurants, tout à pied, c'est très important.
03:25Vous allez au théâtre facilement, vous traversez la Seine, vous allez à Notre-Dame.
03:31Enfin, vous avez vraiment des endroits très sympas, très dynamiques.
03:38Et puis je crois aussi qu'on peut dire que les Jeux Olympiques ont vraiment été un moment
03:43qui a mis focus sur Paris pour le monde entier.
03:47Donc ça a beaucoup joué.
03:48Oui, vous avez vu un avant, un après, parce que c'est vrai que Paris s'était vidé en prévision de ses Jeux.
03:55Finalement, effectivement, franc succès, vitrine extraordinaire avec tous nos beaux monuments mis en valeur.
03:58Est-ce qu'il y a eu un effet rebond quelque part, peut-être une affluence ?
04:02Et surtout, je voudrais savoir, est-ce que ce sont des Français qui passent vos portes ou est-ce que ce sont des étrangers ?
04:09Alors, les étrangers sont toujours là et je dirais peut-être un petit peu plus.
04:14En tous les cas, il est clair que les Jeux Olympiques ont été extrêmement positifs.
04:18Quelle nationalité en particulier ? On parle beaucoup des Américains.
04:20Le numéro un, c'est l'Américain.
04:22Alors on a toutes les nationalités, évidemment, parce que dès lors que vous êtes étranger
04:26et que vous avez envie d'investir dans la pierre, qui est souvent une valeur refuge,
04:31vous avez de l'argent, vous avez les moyens,
04:33vous êtes parfois issu d'un pays un peu déstabilisé, politiquement ou économiquement.
04:41Paris, en l'occurrence, c'est vraiment l'endroit, la France, mais Paris en particulier,
04:45c'est un endroit très sécurisant pour investir.
04:47Donc vous avez tout type de clair étranger.
04:49Mais le numéro un, c'est vraiment l'Américain.
04:50Donc les Américains, est-ce qu'il y a des transactions quand même qui se font entre Français ?
04:57Vous le disiez, donc c'est les fameux ménages, entre 1 et 3 millions d'euros qui sont en train de revenir.
05:02Là, on est sur du franco-français ?
05:04Oui, entre 1 et 3.
05:05Alors, non, ça dépend.
05:07L'étranger n'est pas du tout majoritaire.
05:09Il est plus ou moins majoritaire, ou en tous les cas, dans des très grandes proportions,
05:14sur des arrondissements spécifiques et des segments spécifiques.
05:19C'est-à-dire qu'au-dessus de 4 millions, c'est vrai que l'étranger représente une partie importante,
05:23dans le 8e certainement, mais évidemment au rive gauche.
05:26Mais globalement, c'est quand même une grande majorité des Français
05:28qui sont clients acheteurs et vendeurs à Paris.
05:32Voilà, des biens exceptionnels.
05:33Après, c'est vrai que ça peut atteindre des sommes considérables,
05:37plusieurs millions, on le disait, même plusieurs dizaines de millions
05:40sur certains hôtels particuliers.
05:42Là aussi, il va y avoir une bataille finalement de multimillionnaires.
05:46Quels sont les profils que vous avez ?
05:49Parce qu'il faut les avoir aussi, ces profils en base.
05:52Oui, absolument.
05:52À partir du moment où vous avez les biens, vous avez les acquéreurs.
05:56Parce qu'ils ne sont pas très compliqués à toucher.
05:58D'autant plus que maintenant, avec ces nouveaux réseaux sociaux
06:01qui sont extrêmement utilisés, voire sans doute trop aujourd'hui,
06:06mais ça va sans doute aussi se structurer, s'organiser, se professionnaliser,
06:10on séduit assez facilement des étrangers qui viennent de très loin.
06:16Nous avons quelqu'un qui travaille chez Barnes,
06:19qui est un spécialiste des réseaux sociaux
06:21et qui est présent très souvent sur Instagram
06:24en présentant les plus beaux biens qu'on peut proposer,
06:28mais aussi bien à Paris qu'à l'étranger.
06:29On voit justement, effectivement, qu'il y a de plus en plus d'émissions de télé
06:34également sur des biens qui font rêver, que ce soit en France ou à l'étranger.
06:38Vous voyez justement une nouvelle vague un peu médiatique,
06:41vous parliez des réseaux sociaux,
06:43de présenter ces biens qui nous attirent, qui font rêver
06:46et qui font venir justement ces investisseurs ou ces particuliers.
06:51Oui, c'est une nouvelle forme de communication
06:52qui est très sympa, qui touche très facilement des cibles qui nous intéressent.
06:55Et en l'occurrence, quand cette personne dont je vous parle fait un film,
07:00il y a plusieurs centaines de milliers de followers qui vont le regarder.
07:05C'est le numéro un dans le monde, celui qui travaille pour Barnes.
07:08Et sur ces centaines de milliers, vous avez tout de suite 50, 80, 100 clients potentiels
07:14qui contactent Barnes.
07:16Et sur ces clients, vous avez à peu près 70 à 80 % d'étrangers.
07:20Donc c'est une façon beaucoup plus efficace.
07:22Vous touchez le monde entier finalement.
07:23Le monde entier est beaucoup plus efficace que les portails traditionnels.
07:25Oui, ça vous permet également de recruter, parce que vous disiez finalement
07:28l'offre crée la demande.
07:30Ça vous permet de recruter aussi des clients qui se disent
07:32« Tiens, voilà une agence capable de vendre mon bien d'exception ».
07:34Absolument.
07:35On a vraiment des clients qui viennent d'Amérique du Sud, évidemment,
07:39du Moyen-Orient, des États-Unis en premier lieu,
07:42et qui nous contactent directement.
07:44Du coup, on est vraiment là.
07:45C'est une façon incroyable de pouvoir rentrer en contact
07:47avec cette clientèle très haut de gamme et très motivée.
07:50Eh bien voilà, les nouveaux moyens pour promouvoir ces biens d'exception.
07:54Alors s'il fallait le faire, évidemment, on voit qu'en tout cas,
07:57Paris attire toujours autant, notamment après cet effet JO.
08:01Et bien sûr, constat également que les Français sont bien présents
08:04et que le dynamisme de ce marché haut de gamme,
08:07eh bien voilà, subit un effet un peu coup de boost.
08:09Merci Richard Sipin, je rappelle que vous êtes directeur général de Barnes.
08:12Et à très bientôt sur Smartimo.
08:13Merci Fabrice.
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