00:016h43, votre tablée du petit matin. On commence avec vous, Thomas Despréhens.
00:05Point, c'est tout. Thomas, vous avez décidé de vous arrêter sur la croisade d'un sénateur LR contre Sciences Po.
00:11Dans un message publié mercredi sur le réseau social X, cet élu de droite menace carrément de ne plus embaucher
00:18aucun diplômé d'établissement qui l'accuse d'effondrement intellectuel et moral.
00:24Oui, je vous présente Roger Carucci, 73 ans, vice-président du Sénat et surtout, ça a son importance,
00:31ancien étudiant de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, plus communément appelé Sciences Po Aix, en 1974.
00:39Voilà ce qu'il écrit Roger Carucci.
00:40Franchement, si les Sciences Po de Paris et de Provence continuent leur dérive sans réagir,
00:46nous ne prendrons plus de collaborateurs issus de ces formations déformées.
00:50Un tel effondrement tue ces écoles, autrefois considérées comme des références, fin de citation.
00:55Oui, constat assez fort. De quoi il parle exactement ?
00:58Eh bien d'un abaissement supposé du niveau des étudiants, provoqué selon lui par des effets de mode.
01:04Le wokisme, le militantisme qui influencerait le contenu des cours et donc la qualité des diplômés.
01:10On a confondu l'ouverture avec l'absence d'excellence, explique Roger Carucci à notre collègue Julien Fautrat.
01:16Il a raison ce sénateur, Thomas, le niveau a vraiment chuté ?
01:19Eh bien non. En tout cas, rien ne le prouve.
01:21Sciences Po figure toujours dans les cinq meilleures universités du monde en sciences politiques.
01:26Première université au niveau européen.
01:28Et tous les enseignants avec qui j'ai pu échanger hier sont formels.
01:31La baisse du niveau, c'est une idée toute faite, un fantasme, une projection politicienne.
01:37Même si tout le monde reconnaît des excès, des dérapages,
01:40notamment autour des manifestations pro-palestiniennes depuis quelques mois.
01:43D'ailleurs, le nouveau directeur, Louis Vassy, a décidé d'exclure certains étudiants.
01:48Mais tout cela reste très minoritaire.
01:50Une cinquantaine d'étudiants seulement, selon un décompte interne.
01:54Bruyant, certes, mais très minoritaire.
01:56Dites-moi, un politique qui s'en prend à une université, forcément, ça vous a rappelé quelque chose ?
02:00Oui, un certain Donald Trump.
02:01Lui, il n'est pas contre Sciences Po, mais contre Harvard, accusé d'antisémitisme.
02:07Là encore, suite à des manifestations pro-Gaza,
02:10il a décidé de leur retirer 2 milliards d'euros de subventions étalées sur quelques années.
02:15L'université a saisi le tribunal.
02:17Alors, on n'en est pas encore là chez nous.
02:19Mais quoi qu'il en soit, quand les politiques veulent jouer les censeurs,
02:22ce n'est jamais très bon pour la démocratie.
02:24Ça vaut pour les Etats-Unis, mais aussi pour la France.
02:26Un point, c'est tout, signé ce matin.
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