00:00Autre gros dossier de l'actualité, évidemment, Mathieu, l'Algérie.
00:02L'Algérie qui a rejeté hier la liste d'une soixantaine d'Algériens
00:06que la France souhaitait expulser.
00:08Le ministre de l'Intérieur, du coup, a promis hier soir,
00:11ce qu'il avait d'ailleurs annoncé il y a quelques jours,
00:13une riposte graduée.
00:14Ça va ressembler à quoi ?
00:15Alors, dans un premier temps, on va restreindre les facilités
00:17qui étaient accordées depuis un accord de 2007
00:19aux détenteurs de passeports diplomatiques et à leurs familles
00:23qui étaient exemptés de visa, en gros, quand ils viennent en France.
00:26C'est une façon de cibler la nomenclatura algérienne.
00:28Ça, c'est la première étape.
00:29Mais selon nos confrères de la Tribune Dimanche
00:31qu'il avait révélée début mars,
00:33les services de Bruno Retailleau ont planché
00:35sur toute une batterie de mesures de restauration
00:37comme élargir, par exemple, la liste de ses dignitaires
00:41au cercle militaire, au cercle économique,
00:44mais aussi des mesures patrimoniales à l'endroit de cette nomenclatura
00:48ou encore une suspension, par exemple, de l'activité
00:50des compagnies aériennes et maritimes algériennes dans l'Hexagone,
00:52des contrôles renforcés à l'arrivée des ferries
00:54et même une convocation des consuls généraux algériens
00:57pour leur rappeler les termes de l'accord de 94
01:00qui fixe le retour des expulsions.
01:02Mais pas de remise en cause du fameux accord de 68
01:04qui régit l'entrée et l'installation des Algériens en France.
01:07Non, parce qu'il n'a rien à voir avec la question des ressortissants expulsés
01:10qui, eux, font l'objet d'un autre accord.
01:11C'est François Bayrou qui s'était encore une fois
01:13emmêlé les pinceaux lors de sa conférence de presse le 26 février
01:17à l'issue de ce comité interministériel sur le contrôle de l'immigration.
01:20Il avait lancé, vous vous souvenez, un ultimatum
01:22de 4 à 6 semaines avant de dénoncer cet accord de 68
01:25dont personne ne veut la dénonciation.
01:27Il s'était fait recadrer deux jours après par Emmanuel Macron, d'ailleurs.
01:29Alors, cette riposte graduée, est-ce que ça peut être efficace ?
01:32Parce qu'on se dit aussi que l'Algérie va sans doute riposter à cette riposte.
01:35Alors, c'est un problème de l'échelle de perroquet.
01:36Ça durcit le ton, ça engage un rapport de force.
01:38Mais la diplomatie, ce n'est pas qu'un rapport de force.
01:40Il faut aussi imaginer des points de sortie
01:42parce que sinon, on est tout à fait bloqué.
01:44D'autant que quand vous faites ce type de mesures,
01:46c'est parfois que vous êtes tenté de le faire pour des raisons de politique intérieure
01:49et pas forcément de politique étrangère au détriment de l'efficacité.
01:52La ligne dure avec l'Algérie.
01:53On l'a déjà tenté en 2020 et 2021.
01:55On avait restreint considérablement le nombre de visas.
01:58On avait obtenu à l'époque que 800 reconduites à la frontière.
02:02Et depuis, on avait changé d'approche et leur nombre avait triplé.
02:05Le dossier algérien, ça peut menacer la présence de Bruno Retailleau dans le gouvernement ?
02:08C'est ce qu'espère le Rassemblement national qui lui intime d'agir ou de partir,
02:11a dit Jordan Bardella.
02:12Ce week-end, Bruno Retailleau avait expliqué aux Parisiens qu'en gros,
02:16pour l'instant, il restait parce que les moyens lui étaient accordés.
02:19Mais que si jamais il n'avait plus les moyens,
02:21évidemment, il refuserait que ses fans se rassurent.
02:24Bruno Retailleau, c'est tout l'intérêt qu'il a à rester à un poste qui lui a donné de la visibilité,
02:28de la popularité et une singularité vis-à-vis de Laurent Wauquiez
02:31avec qui il dispute la course pour les LR.
02:33Il est donc à près de démissionner.
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