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  • il y a 1 an

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Musique
Transcription
00:00Au départ, vous avez tenté d'éviter le soleil pour ne pas vous brûler les ailes semble-t-il
00:05avec votre groupe Daron à les chaises, un nom de groupe énigmatique autant qu'évocateur
00:10qui invitait donc à nous asseoir et contempler le panel des sentiments doux ou tranchants
00:14mais en tout point salvateurs.
00:16Le point de rencontre avec le public nous poussait à dormir dehors, la nuque inclinée
00:20vers le ciel sans doute pour mieux contempler les étoiles et rêver un peu plus.
00:23C'était il y a presque trente ans, trois décennies plus tard, vous sortez votre douzième
00:27album Grand Hôtel Apocalypse et force est de constater qu'il s'en passe des choses
00:31dans cet hôtel.
00:32Vous chantez une apocalypse à la destinée du monde sans fin réelle, c'est ça qui
00:36soulage.
00:37Il y a effectivement question d'amour, de planète, de rêve aussi, le rocker a décidé
00:42de s'ouvrir, de livrer ce qu'il traverse, c'est ça le but ?
00:46Alors si on s'en rend compte c'est intéressant parce que je ne suis pas vraiment le champion
00:54du monde de la chanson d'amour, mais là j'ai mis un peu de côté le volet social
01:02de l'histoire pour essayer de faire un album plus proche de moi.
01:09En même temps vous nous regardez les yeux dans les yeux, c'est d'ailleurs vraiment
01:13la pochette de cet album, on vous voit petit garçon, quand on retourne la pochette on
01:18vous voit un peu plus âgé, il n'y a pas grand chose qui a changé, en tout cas les
01:22yeux sont les mêmes, le regard lui, est-ce qu'il a changé d'Aran au fil du temps ?
01:27Précisément j'essaie de me lever tous les matins avec le regard de la face A du petit
01:32garçon.
01:33Je crois que dans le travail qu'on fait, l'expérience est notre pire ennemi, je crois,
01:41c'est un truc que j'essaie de tuer tous les matins, c'est un truc qu'on acquiert malgré
01:43soi.
01:44En tout cas il faut chaque fois exercer une espèce de judo pour que l'expérience serve
01:52le propos et qu'elle serve à être encore plus à la découverte.
02:01C'est vrai que la musique est arrivée très vite dans votre vie, il y avait votre grand-mère
02:05qui jouait du piano, votre mère aussi, vous avez été bercé par ça finalement, c'est
02:10un peu une logique de jouer des instruments dans la famille et c'est un peu une logique
02:13de chanter.
02:14Ce qui n'est pas forcément un atout, parce que j'étais totalement indétecté, j'étais
02:18juste un peu plus doué que les autres, mais voilà, tout le monde du côté de ma mère
02:22ils chantent tous, ils savent tous faire des tierces, des quintes, ils jouent tous d'un
02:26ou deux instruments, ils ont tous de l'oreille, donc voilà, on disait ah le petit, il est
02:31doué.
02:32Mais c'est marrant parce que ça reste une énigme pour moi, il y a tellement de parents
02:36qui cherchent à faire des Mozart et mes parents avaient un gamin qui fait 4 heures de guitare
02:44par jour à l'âge de 7 ans, ça ne leur est jamais venu à l'esprit de me mettre dans
02:48une quelconque institution.
02:50Vous l'avez regretté ça ?
02:51À l'arrivée, non, si ça se trouve j'aurais été abîmé par une institution, je ne sais
03:00pas, je suis un autodidacte complet, j'ai fait mon chemin avec ça, à l'époque où
03:09il n'y avait pas internet et donc très peu de ressources pour se renseigner, donc
03:17vraiment autodidacte, le long chemin pireux de l'autodidacte.
03:20Je crois qu'on parle d'Aran et les chaises, ça a été votre premier groupe, c'est comme
03:26ça que vous avez rencontré le public avec la chanson Dormir dehors, où vous racontiez
03:30déjà effectivement à quel point certains peuvent briser les rêves, comment vous avez
03:35vécu le succès de Dormir dehors ?
03:36Le succès médiatique c'est marrant à un moment, mais effectivement ça s'use assez
03:45vite.
03:46Par contre le succès de Dormir dehors, de cette chanson, je lui dois tout en quelque
03:50sorte, parce que c'est ce qui m'a permis de faire mon métier avec des moyens, de meilleurs
03:55moyens, c'est ce qui m'a permis, je suis peut-être toujours en vie aujourd'hui grâce
04:00à cette chanson.
04:01Donc j'aime la reprendre sur scène, je lui dois beaucoup de choses.
04:05Il y a un moment donné, vous avez douté, ce qui est incroyable c'est que le métier
04:09n'a jamais douté de vous, d'ailleurs vous avez toujours énormément accompagné les
04:12gens du métier, je pense à Florent Pagny, Johnny Hallyday, Morane, avec qui vous avez
04:17chanté aussi, Morane qui nous a malheureusement quitté il n'y a pas si longtemps que ça,
04:22mais ça commence à faire et son absence pèse à tout le monde.
04:26Vous avez toujours été aussi là pour les autres, c'est une façon aussi de continuer
04:31à vivre de votre passion, à profiter de ce que vous avez envie de faire en restant
04:34un peu dans l'ombre et de vous protéger ?
04:36Même si j'ai toujours considéré que c'était presque un autre métier, c'est assez amusant.
04:42Je trouve qu'écrire pour les autres, composer pour les autres, arranger pour les autres,
04:48produire pour les autres, c'est fabriquer le meilleur écrin possible, c'est faire
04:53du sur-mesure pour quelqu'un.
04:54Donc en fait je m'absente de ça, je ne fais pas du daron quand je fais pour les autres.
05:00Je me mets à la place d'eux, à tel point que, et comme j'ai une petite tendance à
05:11imiter les gens, par exemple quand je faisais des chansons pour Alizé, je me mettais tellement
05:19dans sa peau qu'à la fin je refaisais une voix plus neutre pour pas qu'il pense que
05:23je me foutais de sa gueule sur la démo.
05:27Je ne suis pas un compositeur, je ne me lève pas le matin en faisant des chansons.
05:33Au contraire, je laisse le réservoir se remplir jusqu'à ce qu'on me demande des chansons.
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