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  • il y a 2 ans
Xavier Unkovic, directeur général du groupe Bonduelle, spécialiste des légumes en conserves et surgelés est l'invité éco de franceinfo vendredi 18 octobre.

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Transcription
00:00Bonsoir à toutes et à tous, quels sont les goûts d'aujourd'hui et de demain dans
00:07nos assiettes et dans les rayons des supermarchés ? C'est tout l'enjeu du Salon international
00:12de l'alimentation, le Cial, qui se tient à partir de demain à Villepinte, au nord
00:16de Paris.
00:17Pour en parler ce soir, je reçois Xavier Hunkovic, directeur général du groupe Bonduelle.
00:21Bonsoir.
00:22Bonsoir Isabelle.
00:23Invité Echo de France Info ce soir, Bonduelle, spécialiste de légumes en conserve et surgelés
00:28notamment.
00:29Parlons du prix tout d'abord, si vous le voulez bien, les chiffres définitifs de l'inflation
00:33pour le mois de septembre sont tombés cette semaine et les prix des légumes frais restent
00:37plus élevés que le reste de l'alimentation, quasiment plus 3% sur un an.
00:42Est-ce que vos conserves de petits pois, vos carottes râpées, vos haricots verts surgelés
00:46empathisent de cette hausse des prix ?
00:48Bien sûr Isabelle, néanmoins, notre objectif à Bonduelle, et depuis toujours, c'est de
00:53rendre nos produits très accessibles à l'ensemble des consommateurs.
00:56Donc demain, si vous voulez une boîte de petits pois et carottes qui apporte tous ces
01:00bienfaits santé aux personnes autour de 250 grammes, vous payerez entre 1,59 et 2,29 euros
01:10en fonction de qui les distribue.
01:13Donc ça veut dire que c'est vous qui avez réussi à absorber la hausse des prix des légumes ?
01:19C'est-à-dire qu'effectivement, on a dû payer nos légumes plus chers, c'est clair,
01:25mais néanmoins, nos légumes restent accessibles.
01:27C'est ça ce qui nous importe, de faire en sorte que l'accessibilité aux consommateurs
01:32soit préservée et que le consommateur, bien qu'il voie ses prix augmenter, ses prix restent
01:39très accessibles néanmoins.
01:40Donc c'est notre objectif premier.
01:42Et ça veut dire que vos prix, pardon, ils ont augmenté de combien ?
01:45Oh, nos prix d'achat des légumes ont augmenté entre 20 et 30% en fonction des années, donc
01:50c'était significatif.
01:51Et vos boîtes de conserves ?
01:53Et nos boîtes ont fait des augmentations qui sont très similaires puisqu'on a suivi
01:57ce qu'on appelle la loi Egalim, qui est une loi auquel Bonduelle est très attachée,
02:03eu égard à la protection du pouvoir d'achat de nos agriculteurs, comme vous le savez.
02:08Nous, on a des liens très très forts chez Bonduelle, de génération en génération
02:13avec nos agriculteurs, on souhaite les protéger, c'est très important.
02:17Ça veut dire que le prix de vos boîtes de conserves a augmenté de 20% ?
02:21Ils ont augmenté au cours du temps, au cours des trois dernières années, tout à fait,
02:25de 20% pour certains, et donc oui, c'est un fait, néanmoins, on reste toujours très
02:31accessibles, 1,59€, un repas complet à travers nos nouveaux produits Lunchbowl à moins
02:37de 3€.
02:38Donc à midi, vous voulez vous rassasier, vous achetez un produit Bonduelle à 3,50€,
02:45je vous mets au défi, à Paris ou ailleurs, dans un café ou un restaurant, de trouver
02:50un repas complet, sain, bien équilibré en termes de protéines et de légumes, à 3€.
02:56Donc, certes, nous sommes là pour préserver le pouvoir d'achat de nos agriculteurs,
03:03nous sommes là pour faire en sorte que nos produits soient accessibles, et c'est toute
03:06la logique d'une marque qui se veut être pérenne dans le temps.
03:10Alors, il y a quelques jours, je recevais à votre place le patron de Coopérative U,
03:14Dominique Schellcher, qui propose la mise en place d'un chèque alimentaire de 30€
03:18par mois, pour les 4 millions de Français les plus modestes, mais seulement pour acheter
03:23des fruits et des légumes frais.
03:24Est-ce que c'est une bonne idée ou est-ce que ça créerait une forme de concurrence
03:28déloyale vis-à-vis de vos produits ?
03:29Pas du tout, s'il parle de chèques alimentaires pour que le consommateur soit décideur d'un
03:35type de produit dans lequel il achète, y compris des produits de marque, c'est toujours
03:39une très bonne idée.
03:40Moi, ce que j'ai compris, c'est que c'était seulement pour des fruits et des légumes
03:45frais, donc pas pour des conserves.
03:47Alors Isabelle, je vais vous dire quelque chose, parce que c'est assez formidable.
03:51En fait, personnellement, je ne suis pas un fan de ce qu'on appelle la conserve, je suis
03:57un fan de ce qu'on appelle la préserve, entre guillemets, alors je sais, c'est un peu audacieux
04:01ce que je vous dis, mais en fait, nos conserves portent un très mauvais nom.
04:05Il n'y a pas de conservateurs dans nos conserves.
04:07Nos conserves sont là, sont un emballage pour préserver un aliment, et cette préservation
04:13de l'aliment fait que cet aliment que le consommateur achète est constamment disponible
04:17à tout moment de la journée.
04:18Et donc, ça veut dire que vous pourriez bénéficier de ce chèque alimentaire ?
04:21J'espère qu'il en fera bénéficier, parce qu'on est très bons partenaires avec eux.
04:24Alors pour l'instant, il n'existe pas, mais…
04:26Mais je ne vois pas pourquoi il ne le ferait que sur des produits frais, parce que nos
04:29produits sont très accessibles et disponibles à tout moment.
04:31Il faut savoir qu'il n'y a que…
04:32Et vous avez d'autant plus raison que dans ce groupe de travail, il y avait aussi un
04:36de vos concurrents, donc on imagine que ce chèque alimentaire pourrait…
04:39Mais Isabelle, vous savez qu'on…
04:41Effectivement, bénéficier également…
04:43Exactement, on ne récolte que des petits pois et des carottes qu'à un certain moment
04:45de l'année, et donc il va bien falloir les conserver, on les préserve dans ce réceptacle
04:51qui les conserve.
04:52Alors parlons recettes, pour attirer le consommateur, est-ce qu'il faut des produits plus simples
04:57ou est-ce qu'il faut des produits de plus en plus sophistiqués ? Qu'est-ce qui marche
05:00le mieux en ce moment dans votre gamme de produits mondiaux ?
05:02C'est une très bonne question.
05:04Ça dépend.
05:05Ça dépend des consommateurs.
05:06Vous savez qu'il y a des consommateurs, notamment en France, il y a un Français sur
05:09cinq aujourd'hui qui cuisine moins d'une heure par semaine.
05:13Donc on a ce type de consommateur qui, lui, souhaite se voir offrir des types de solutions
05:19de repas.
05:20La fameuse à 3 euros dont vous m'avez parlé tout à l'heure.
05:22Le fameux lunch bowl ou le fameux produit surgelé ou qui va…
05:26Votre produit phare aujourd'hui, celui qui se vend le mieux en France ?
05:28Alors celui qui se vend, la marque qui se vend le mieux, c'est nos produits casse-grains
05:32qui sont des légumes et des légumineuses qui sont préparés, qui sont cuisinés et
05:38qui ont un goût extraordinaire.
05:40Donc ça, ce sont nos produits phares.
05:41Est-ce que c'est les évolutions de consommation ?
05:44Est-ce que la consommation a évolué depuis le Covid ?
05:47Est-ce que vous voyez des changements dans la consommation des Français ?
05:50Depuis le Covid, on a eu un fait très, très marquant en termes d'instabilité.
05:55C'est le pouvoir d'achat des consommateurs qui s'est considérablement dégradé.
06:00Vous l'avez constaté.
06:02Oui, tout à fait.
06:03C'est qu'ils ont mis beaucoup de pression sur les marques.
06:06Il faut en savoir.
06:07Et quelque part, c'est une pression qui est, entre guillemets, qu'on prend avec
06:12beaucoup d'humilité.
06:13C'est-à-dire qu'il faut savoir répondre à cette pression.
06:16Et donc, quelque part, ça nous force à être meilleurs à ce qu'on fait.
06:19C'est pour ça que vous êtes en poste chez Bonduelle.
06:23Vous avez été recruté il n'y a pas si longtemps que ça.
06:26Vous venez quand même de grandes entreprises.
06:27Oui, oui.
06:28Etant Mars notamment.
06:29Oui, je ne sais pas si c'est pour ça.
06:30Moi, je suis aussi végétarien, fan des légumes et des légumineuses.
06:33Je crois énormément à l'impact que ça a sur la santé des personnes et la santé
06:37sur le monde.
06:38Donc, quelque part, je me sens bien chez Bonduelle.
06:40Et Bonduelle ne va pas si bien dernièrement avec des ventes qui ont diminué de 3,5% en
06:47volume sur un an.
06:49Est-ce que ça veut dire que le marché s'essouffle ? Qu'est-ce que vous devez faire ? Est-ce
06:55que c'est la stratégie qui n'est pas bonne ou est-ce que c'est le marché qui, en gros,
06:58est arrivé à saturation ?
06:59Alors, moi, je ne crois pas à des marchés qui s'essoufflent, Isabelle.
07:03Je pense que, quelque part, les entreprises doivent apprendre de ce qui se passe sur le
07:07marché, de ces perturbations et doivent développer des réponses aux besoins et aux attentes
07:12des consommateurs.
07:13Aujourd'hui...
07:14Donc, vous avez changé la stratégie de Bonduelle, un groupe familial fondé à Villeneuve-Dasque,
07:19fin du XIXe, Côte d'Imbourse, depuis 1998.
07:21Alors, ces fondations que vous citez, elles sont très solides et on ne les change pas.
07:24Ce qu'on va changer, c'est la façon dans laquelle on va développer nos stratégies.
07:30C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on va faire ?
07:31Alors, qu'est-ce que vous allez faire, justement, Xavier Nkovic ?
07:34Un des points majeurs, c'est de se rapprocher.
07:38C'est pour ça que le Cial est un événement extraordinaire, pour se rapprocher de plus
07:42en plus du besoin du consommateur et de ses attentes, de ses modes de consommation.
07:46Et Bonduelle se doit d'être beaucoup plus proche de son consommateur et que ses marques
07:51soient de plus en plus proches de ses consommateurs.
07:53Mais tout le monde connaît Bonduelle, tout le monde connaît les produits Bonduelle.
07:56Oui, mais Bonduelle commence un tout petit peu à avoir un besoin de se moderniser, d'être
08:00beaucoup plus présent sur des moments de consommation des consommateurs sur lesquels
08:05nous ne le sommes pas.
08:06Par exemple ?
08:07Le snacking, comme on parle, alors c'est peut-être un angoissisme.
08:11Les encas ?
08:12Voilà, les encas.
08:13Merci Isabelle.
08:14Les encas, c'est des moments de consommation sur lesquels nous ne sommes pas.
08:18Nous y allons, à travers nos produits frais, et nous allons accélérer cette tendance
08:24qui est très très forte au niveau du consommateur.
08:26Les repas complets préparés, frais ou de longue conservation, ce sont des moments essentiels
08:32pour les consommateurs.
08:33Et vous allez vous séparer de votre activité Salade en sachet en France, avec à la clé
08:38la fermeture du site de Saint-Miguel-dans-la-Meuse qui emploie 159 personnes, 80% de femmes.
08:45Il n'y a donc pas d'alternative.
08:46Non, malheureusement, on est très tristes.
08:48C'est une grosse tristesse pour l'entreprise.
08:51C'est une activité, comme vous le savez, alors d'abord c'est un projet de session.
08:55La session n'a pas été approuvée.
08:58En attendant, l'accord des autorités de la concurrence sur la session de notre entreprise,
09:05sachet Salade, et fermeture d'un site, parce qu'aujourd'hui l'entreprise est extrêmement
09:09déficitaire, on a publié le déficit qu'on avait, donc si on veut qu'une entreprise
09:14survive dans le long terme, il faut absolument que l'entreprise soit rentable pour investir
09:18et se développer.
09:19On a un peu plus de 11 000 employés chez Bonduelle dans le monde, et ces 11 000 personnes,
09:26eux, ont besoin de continuer à travailler au quotidien, et les activités dans lesquelles
09:31nous sommes, où nous avons une certaine capacité à nous développer, ce n'est plus malheureusement
09:37les salades en sachet, telles qu'elles le sont aujourd'hui.
09:40Le consommateur ne souhaite plus avoir un produit en marque, il est de plus en plus
09:45à la demande d'un produit de marque distributeur.
09:48L'engouement de la salade en sachet n'est plus là, c'est malheureux, c'est très triste,
09:53je suis très triste pour les personnes, à Samiel, malheureusement, vous ne pouvez pas
09:58vous investir.
09:59Il n'y a pas d'alternative.
10:00Il n'y a pas d'alternative, malheureusement.
10:01Merci beaucoup Xavier Hunkovic, directeur général de Bonduelle, vous étiez l'invité
10:05Echo de France Info ce soir.

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