00:00RTL midi, pour tout comprendre de l'actualité.
00:04Je vous rappelle, on est ici en direct de la foire de Châlons en Champagne,
00:08c'est le deuxième plus grand rendez-vous agricole en France,
00:11après évidemment le salon de l'agriculture.
00:13De nombreux agriculteurs ici, évidemment, une profession inquiète et impatiente.
00:19Oui, sept mois après une grande mobilisation, rappelez-vous,
00:22ces files de tracteurs sur les routes et autoroutes du pays,
00:25et alors que la fièvre catarale, qu'on appelle aussi la maladie de la langue bleue,
00:29décime des élevages aux vins et bovins du nord-est du pays.
00:33Bonjour Samuel Goldschmidt.
00:34Bonjour.
00:35Alors RTL, vous le révélez ce matin, le ministre démissionnaire de l'agriculture,
00:38Marc Fesneau, va annoncer dans la journée que la couverture vaccinale
00:42contre cette fièvre catarale sera étendue.
00:45Mais pour les éleveurs que vous avez rencontrés dans les Ardennes,
00:48c'est déjà trop tard.
00:49Oui, parce que la dernière épidémie, on dit épisodie, pour les animaux,
00:52datait de 2007.
00:53Cette fois, le premier cas positif a été détecté aux Pays-Bas
00:56en septembre 2023, il y a 11 mois.
00:58C'est un moucheron qui propage ce virus qui s'est répandu en Belgique
01:01et désormais dans le nord de la France.
01:03Victor-Henri a vite appris à reconnaître ces moutons malades.
01:06On les voit abattus.
01:07Ils ont la tête basse, les oreilles qui tombent, etc.
01:10Et puis au bout d'un moment, ils ne se lèvent plus.
01:13Donc on leur admise de l'anti-inflammatoire.
01:15C'est le seul remède qu'on peut avoir actuellement.
01:17Et en gros, le lendemain, c'est soit ils repartent,
01:19on voit qu'ils remontent la pente, soit ils meurent.
01:21Nous, on doit approcher la trentaine d'auvins morts sur 500 brebis à peu près.
01:26Les éleveurs des Ardennes sont très en colère
01:28parce qu'un vaccin a été mis au point rapidement.
01:30Mais les pouvoirs publics n'ont pas réagi assez vite pour Bruno Mizer,
01:33vice-président de la Fédération des éleveurs de moutons des Ardennes.
01:36Il suffisait de vacciner au mois de juin.
01:37Je ne peux pas comprendre qu'un Etat puisse être aussi incompétent.
01:40Je ne peux pas comprendre.
01:41On nous a donné le vaccin que la maladie était là.
01:43Alors qu'il était disponible.
01:44Il était disponible depuis le mois de mai.
01:46Mais je pense qu'au mois d'août et au mois de juillet en France,
01:48on est en vacances, que la personne qui devait être délibérée n'était pas là.
01:51Je ne sais même plus quoi penser.
01:54Tout ce que je sais, c'est que nous aujourd'hui, les éleveurs ardennais,
01:56tous les Lennes, le Nord, tous ceux qui étaient en frontière,
01:59on est tous morts.
02:00Il ne restera pas un.
02:02Hier, le camion d'écarissage a cherché 19 brebis mortes dans sa ferme
02:05et l'épizocyte continue d'avancer vers le sud.
02:07Explication signée.
02:08Samuel Goldschmidt qui est avec nous ici à Châlons-en-Champagne.
02:12Bonjour Fabrice Couturier.
02:13Bonjour.
02:14Vous êtes président de la FRSEA, donc du Grand Est,
02:17et de la FDSEA de Moselle.
02:19Ce sentiment de désarroi, d'impatience, voire de colère de ces éleveurs ardennais,
02:24vous le partagez ?
02:25Oui, bien sûr.
02:26On est très inquiet face au contexte sanitaire,
02:29à l'évolution possible et attendue de ces maladies.
02:33On a des pertes directes, vous l'avez évoqué,
02:36qui concernent surtout les ovins, donc les moutons,
02:40mais tous les élevages sont concernés.
02:43Et on a, dans le pire des cas, des mortalités importantes
02:46ou sinon des pertes de performance également très préjudiciables.
02:50Et ça veut dire que c'est déjà trop tard ?
02:52Alors, c'est trop tard pour les gens chez qui la maladie est déclarée, bien sûr.
02:55Par contre, le vaccin, s'il est disponible, il doit être refait.
02:59L'éleveur peut le pratiquer lui-même dans les plus brefs délais.
03:04C'est un petit peu comme le Covid.
03:05En fait, les services sanitaires vétérinaires nous expliquent qu'une bête vaccinée va tomber malade.
03:10Mais en fait, ça sera beaucoup moins grave et préjudiciable.
03:13Est-ce qu'il n'y a pas eu un manque d'anticipation sur ce dossier-là ?
03:16Parce qu'on précise que ce virus est apparu la première fois en Europe aux Pays-Bas.
03:21Mais c'était en septembre 2023, ça fait presque un an.
03:24On l'a vu venir ?
03:25Oui, on pense qu'il y a un certain manque d'anticipation.
03:28Il y a des choses, on sait très bien qu'elles vont se produire.
03:32Là, vous l'avez expliqué tout à l'heure, le virus est propagé par un moucheron.
03:35Ça n'arrête pas à la frontière ?
03:37Mais bien sûr que non, on n'a pas de barrière.
03:39Donc, il y a des mesures de prophylaxie qu'on peut mettre en place.
03:42Et puis ensuite, il nous faut évidemment un système vaccinal qui fonctionne, qui soit efficace.
03:46Mais c'est quoi ? C'est la situation politique qui est en cause ?
03:48On sait que Marc Fesneau, le ministre démissionnaire de l'Agriculture,
03:52va annoncer aujourd'hui une extension de la vaccination.
03:56Mais c'est quoi ? C'est l'absence de gouvernement qui a posé problème sur ce dossier ?
04:00Non, je ne vais pas dire que les services de l'État ne nous soutiennent pas.
04:04Bien sûr, on travaille avec eux sur de nombreux dossiers.
04:07On fait avancer les dossiers, on est efficace.
04:10Mais on a quand même une inertie du système qui nous est préjudiciable,
04:14sur ce dossier comme sur d'autres.
04:16Donc, évidemment, il y a des dossiers sur lesquels il faut aller très vite.
04:19Très très vite.
04:20Sur les autres dossiers, justement, on le rappelait,
04:23il y a sept mois, votre profession se mobilisait en masse
04:26pour dénoncer à la fois un trop-plein de normes, des revenus insuffisants.
04:30Tous les Français ont encore en tête ces images de tracteurs,
04:33notamment sur les autoroutes.
04:34Est-ce que les choses ont suffisamment avancé depuis en sept mois ?
04:38Non, bien évidemment non.
04:39On a obtenu un certain nombre de mesures.
04:42Mais enfin, ça reste très peu par rapport à ce dont on a besoin.
04:46Et aujourd'hui, dans le contexte politique dans lequel nous sommes,
04:49on a besoin déjà de visibilité et de retrouver la confiance.
04:53C'est ça le moteur de tout.
04:54On a besoin de confiance.
04:55Donc, on a besoin d'interlocuteurs, on a besoin de lignes directrices,
04:58on a besoin d'être entendus.
04:59On a besoin de soutien, en plus dans une année culturelle qui, honnêtement, est calamiteuse.
05:04Ça veut dire que si rien ne bouge, que si vous n'avez pas rapidement ces interlocuteurs,
05:09vous êtes prêts, de nouveau, à vous faire entendre, à sortir les tracteurs ?
05:13Bien sûr, on se fera entendre.
05:15Mais ce qui me fait le plus peur et le plus de peine,
05:17c'est qu'on risque de perdre de nombreuses exploitations
05:20qui n'auront pas les moyens financiers d'attendre que les problèmes se règlent.
05:24Ce n'est pas possible.
05:25C'est une course contre la montre.
05:26Merci.
05:27Merci de l'avoir dit ici, sur le studio d'RTL,
05:30installé à la foire de Chalon-en-Champagne.
05:33On est très heureux d'être ici, à l'occasion de ce grand rendez-vous,
05:36et notamment des agriculteurs.
05:38Merci beaucoup d'être venus.
05:40Dans un instant, ce sera RTL midi, votre vie, Céline.
05:43Et on va parler agriculture.
05:45Toujours, mais une agriculture qui pétille, puisqu'il sera question de champagne.
05:49A tout de suite.
05:50Bonjour.
05:51Henri, éleveur de Brebis en Charente.
05:53Les seules choses qui ont changé pour moi depuis que le Président a parlé,
05:56c'est l'augmentation d'à peu près tout, donc le carburant, l'aliment.
06:01Au niveau de l'administratif, c'est pareil.
06:04Il n'y a aucune information, aucune aide.
06:08On est un peu laissé à l'abandon.
06:10Donc, ça devient vraiment compliqué.
06:12Il est vraiment temps que ça change.
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