00:00RTL midi, pour tout comprendre de l'actualité.
00:04Une image choc, mesdames, messieurs, à la une d'un grand quotidien régional, l'Union.
00:09Ce matin, hier, des éleveurs ont déposé des cadavres de moutons devant la préfecture des Ardennes,
00:15Charleville-Mézières, des animaux morts de la fièvre catarale ovine.
00:20Ce sont des éleveurs désespérés qui tentent de se faire entendre,
00:24des éleveurs dont vous faites partie, Johan Sommet, bonjour.
00:28Bonjour.
00:28Vous êtes président de la FEMA, Fédération d'élevage de moutons des Ardennes.
00:33Vous êtes éleveur de brebis, principalement de race Texel, et de vaches alétantes, des limousines.
00:39Expliquez-nous d'abord cette action coup de poing, hier, devant la préfecture.
00:44Alors, ce que nous avons voulu montrer hier, c'est avant tout la dépresse dans laquelle se trouvent les éleveurs et leurs troupeaux,
00:49que les gens le sachent et comprennent.
00:52Nous sommes complètement en puissance face à cette maladie,
00:54car elle est causée par un virus contre lequel aucun médicament n'existe.
01:00Et ce qu'on a voulu montrer également, c'est que tout le travail des éleveurs,
01:06toujours un travail de plusieurs générations, auquel on consacre tout pour nos animaux,
01:10on sacrifie nos moments en famille.
01:12Chez nous, il n'y a pas d'week-end, il n'y a pas de jour férié, il n'y a même pas toujours de vacances.
01:17C'est nos animaux qui passent toujours avant le reste.
01:21On se bat pour les mettre au monde, les mois d'annulage, c'est 16 heures par jour dans un bergerie,
01:25on dort très peu, on ne voit pas nos proches.
01:27Et tous ces sacrifices, tout ce travail aujourd'hui, il est anéanti.
01:30Il est anéanti parce que cette situation dramatique, elle a une cause qui est clairement identifiée, malheureusement.
01:38L'État ne nous a pas autorisés à utiliser les vaccins au moment où on aurait pu protéger nos animaux.
01:43Depuis plusieurs semaines, nous parlons de cette épidémie sur RTL,
01:48une épidémie d'ailleurs qui semble être partie des Pays-Bas.
01:52Mais ce que vous dites là, c'est que les choses n'ont pas été prises à temps, c'est ça ?
01:57Vous dites qu'il n'y a pas de médicaments contre cette maladie, très bien.
02:00Mais il y a un vaccin, on aurait pu la prévenir ?
02:05Oui, alors la maladie elle est apparue au mois de septembre 2023 dans les Pays-Bas.
02:09A partir du mois d'octobre, elle a touché le nord de la Belgique et l'ouest de l'Allemagne.
02:14Donc on savait, les épidémiologistes nous avaient dit que la maladie arriverait.
02:18C'est une maladie vectorielle, donc elle est transmise par un moucheron-piqueur qui contamine nos animaux.
02:23Elle est transmise, vous dites, par un moucheron ?
02:26Oui, par un vecteur, un moucheron-piqueur.
02:30Et donc on savait que le mois de juillet serait déterminant dans la transmission de la maladie,
02:34on savait que ça allait arriver.
02:35Alors les Pays-Bas, effectivement il existe des vaccins qui sont très efficaces,
02:39qui ont été mis au point rapidement, qui empêchent la mortalité des animaux.
02:44Les Pays-Bas les ont autorisés dès le 26 avril.
02:47Pour la Belgique, ça a été le 8 mai.
02:49Et l'État français les a seulement autorisés le 27 juillet.
02:52Vous voulez dire que, souvent on critique la lenteur bureaucratique dans les ministères, etc.
02:58Je ne sais pas si on est là-dedans là,
03:00mais vous voulez dire que c'est la lenteur de l'administration française,
03:04le ministère de l'Agriculture, pour autoriser ce vaccin,
03:07qui serait responsable du déploiement, du développement de cette maladie,
03:12qui tue aujourd'hui des milliers d'animaux, de moutons, c'est ça ?
03:15Oui, alors je ne vais pas faire de procès d'intention,
03:17mais clairement ce qui s'est passé, c'est qu'on n'a pas eu les vaccins à temps,
03:22et on aurait dû les avoir, et on pouvait les avoir, nos voisins l'ont fait.
03:27Le règlement européen qui permet aux États de décider d'utiliser un médicament
03:33sans qu'il ait terminé l'autorisation de mise sur le marché, il est commun à tous.
03:37Donc c'est ce règlement qu'ont activé les Pays-Bas et la Belgique.
03:42Et au final la France, mais avec deux mois de retard.
03:46Oui, justement, alors Yoann Sommet, restez avec nous,
03:49je me tourne juste vers Pierre Herbulot qui est avec nous en studio.
03:52Pierre, on pensait que les choses allaient dans le bon sens avec cette vaccination élargie,
03:57et entendre Yoann, visiblement, ce n'est absolument pas le cas.
03:59Oui, c'est ça, et pour plusieurs raisons.
04:01Alors d'abord, c'est ce qu'il disait, parce que la vaccination,
04:04l'arrivée des vaccins a pris et prend toujours du temps.
04:07Alors, moi j'ai eu le ministère de l'Agriculture au téléphone il y a deux semaines,
04:11ils nous ont dit des choses un tout petit peu différentes.
04:13Ils nous ont dit, nous, on était prêt à temps,
04:15puisque les autorisations ont été données le 5 juillet.
04:18Ce qui a pris du temps, c'est la production des vaccins,
04:21et surtout la distribution ensuite.
04:23Le 5 juillet, c'est plus d'un mois avant les premiers cas en France.
04:26Mais derrière, effectivement, ça a traîné.
04:28Ensuite, deuxième raison, c'est que...
04:29Mais 5 juillet, pardon de vous interrompre,
04:315 juillet, c'est déjà un peu tard l'autorisation,
04:34puisqu'en avril, c'est-à-dire pays frontalier, la maladie est en Belgique.
04:38C'est sûr que, effectivement, c'est plus long en France.
04:41Alors, ce n'est pas du ressort du ministère de l'Agriculture,
04:43mais c'est plutôt les autorités de santé.
04:45On a beaucoup de validations pour valider un vaccin en France.
04:48C'est sûr que c'est long.
04:49Ensuite, deuxième problème, c'est que le vaccin met du temps à faire effet.
04:52Trois semaines pour une immunité totale.
04:55C'est-à-dire que, pendant ce laps de temps,
04:57la maladie peut continuer de progresser.
04:59C'est ce que me disait un éleveur, c'est une course contre la montre.
05:02Vaccin, virus.
05:03D'autant que là, je vous parle uniquement de la fièvre catarhal-ovine 3,
05:07celle qui arrive par le nord et l'est.
05:09Il y a un deuxième variant qui arrive par le sud, la fièvre catarhal-ovine 8,
05:14et elle progresse.
05:15Les deux virus sont en train de se croiser.
05:17Enfin, il y a une troisième maladie qui circule en ce moment, la MHE,
05:21la maladie hémorragique épiséotique.
05:23Elle se développe aussi, elle est plus virulente pour les bovins.
05:27Donc, c'est vrai que ça fait beaucoup.
05:28Il y a des vaccins, mais ça prend du temps.
05:30Et les maladies, comme ça, qui se propagent, c'est difficile à indiquer.
05:33Ça fait beaucoup.
05:34Et d'où la détresse des éleveurs, dont vous, Johan Sommet.
05:38Merci beaucoup.
05:39C'est bien qu'on l'ait eu, Johan.
05:40Parce que si on n'avait entendu que la voix du ministère de l'Agriculture,
05:44l'information aurait été incomplète.
05:46Donc, c'est intéressant d'avoir entendu Johan Sommet.
05:49Merci beaucoup à vous de nous avoir parlé au 3210.
05:53Mesdames, Messieurs, dans un instant, on va parler d'un vrai succès français
05:58de la fin du printemps et de l'été.
06:00Montécristo, à tout de suite.
06:03Les auditeurs ont la parole.
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