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  • il y a 5 mois
"L'objectif est de pouvoir fixer" le feu dans la journée, a annoncé ce matin le colonel Christophe Magny, chef des pompiers de l'Aude. Qu'en est-il à midi ? Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique est notre invitée.
Regardez L'invité de RTL Midi avec Pierre Herbulot du 07 août 2025.

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Transcription
00:00Pierre Herbulot, le grand invité d'RTL Midi.
00:04On revient sur cet incendie qui ravage le département de l'Aude depuis avant-hier.
00:0917 000 hectares brûlés, même si la progression ralentit.
00:12Le plus gros feu de l'année n'est toujours pas fixé.
00:14On en parle avec la première invitée de RTL Midi, Agnès Pannier-Runacher.
00:18Bonjour.
00:19Bonjour.
00:19Vous êtes la ministre de la Transition écologique.
00:22La nuit a été plus fraîche, le feu progresse moins vite.
00:25C'est ce que vous avez dit ce matin.
00:27Est-ce que vous avez les dernières informations ?
00:29Qu'en est-il à cette heure-là ?
00:31Est-ce que les pompiers vous ont donné des nouvelles ?
00:33Écoutez, pas beaucoup d'avancées depuis le bilan de ce matin.
00:37Si ce n'est que nous avons la confirmation que les trois personnes qui étaient portées disparues ont été retrouvées.
00:41Ce qui est une très bonne nouvelle.
00:44Et que les pompiers travaillent à essayer de fixer le feu.
00:48Ce qui permettra de le circonscrire.
00:50Ce qu'on connaît dans l'Aude depuis deux jours, c'est le pire incendie depuis plus de 70 ans.
00:55Alors, 16 000 hectares brûlés déjà en 36 heures, c'est pire que toute l'année dernière.
01:01Est-ce qu'il faut s'habituer, Madame la Ministre, à voir la France brûlée ?
01:0516 000 hectares parcourus, pas brûlés à ce stade.
01:08Mais c'est la métrique que l'on utilise pour comparer les différents incendies.
01:12Effectivement, c'est le plus important depuis 1949.
01:15C'est-à-dire depuis qu'on tient des statistiques en la matière.
01:18Alors d'abord, je veux dire une chose.
01:19C'est que depuis les années 80, on a divisé par 3 le nombre d'hectares brûlés en France.
01:25Parce que nous avons énormément amélioré notre capacité à lutter contre les incendies.
01:29En particulier, ces dernières années.
01:31Ça, c'est assez ignoré.
01:33Dans les années 70-80, début des années 80, on avait à peu près 30 000 hectares en moyenne brûlés chaque année.
01:39Là, on est plutôt du côté de 10 000 hectares.
01:41Mais oui, effectivement, le risque augmente avec le dérèglement climatique.
01:45Et c'est pour ça qu'avec le ministre de l'Intérieur, j'ai mis à jour notre stratégie incendie.
01:51C'est pour ça que nous investissons, j'investis massivement dans Météo France
01:54pour améliorer notre modélisation des risques pour mieux les prévenir.
01:59Et vous avez pu constater que dans le cas de l'Aude, nous avions placé le département en rouge
02:04et nous avions prépositionné des moyens pour intervenir en cas d'incendie.
02:10Mais oui, le risque augmente avec le dérèglement climatique.
02:13Je rappelle également que 9 feux sur 10 sont d'origine humaine.
02:18Parfois la malveillance, souvent la négligence.
02:21Et il y a absolument un enjeu de développer une culture de risque en la matière.
02:25Et c'est la pédagogie et l'accompagnement du débroussaillage.
02:29Et c'est surtout aussi aider les mères à faire respecter ces obligations de débroussaillage.
02:35Elles sont clés.
02:35Une grosse partie des incendies démarrent à l'interface entre les maisons habitées et la forêt.
02:43C'est-à-dire que ça ne débarre pas directement en forêt.
02:46C'est un des enjeux sur lesquels nous devons absolument travailler.
02:49C'est-à-dire lorsque une zone devient vulnérable,
02:53que les messages soient repassés avec beaucoup de force
02:56par tous les supports de communication dont nous disposons.
02:59Après les flammes, la chaleur, la canicule fait son retour en France demain
03:03avec 5 départements du Sud-Ouest et de la région Rhône-Alpes en vigilance orange.
03:07C'est le changement climatique que l'on vit concrètement cet été ?
03:11Oui, tout à fait.
03:12Là aussi, on sait que nous allons devoir faire face à des épisodes de forte chaleur
03:16qui seront plus longs, plus intenses,
03:19qui démarreront plus tôt dans la saison
03:20et pourront se terminer plus tard dans la saison.
03:23Donc c'est exactement ce qui est en train de se passer.
03:26Là encore, il faut travailler à notre adaptation à ces nouveaux épisodes,
03:31en particulier en ville,
03:33où l'effet îlot de chaleur rend ces canicules beaucoup plus difficiles à supporter
03:38parce que lorsque vous êtes dans un lieu qui est très bétonné,
03:42la température est supérieure à celle au sol dans un endroit plus naturel.
03:47Ça peut augmenter de 5, 6, 7 degrés la température.
03:50Et face à cela, il y a aussi des solutions.
03:52La désimperméabilisation, le changement de manière de construire.
03:57Évidemment, il faut aussi poser la question de la climatisation,
04:01tout en ayant en tête que l'enjeu avec la climatisation,
04:04c'est aussi la question de la facture d'énergie.
04:07Il ne faut pas faire exploser les factures d'énergie des Français,
04:12mais bien équipés sur tout notre territoire pour faire face à ces épisodes de chaleur
04:17et bien prendre la mesure aussi des enjeux sanitaires.
04:20Les périodes de canicules sont des périodes de vulnérabilité.
04:24Dernière question, Madame la Ministre, sur l'autre sujet d'actualité du moment,
04:27la loi Duplomb qui autorise le retour de certains pesticides controversés.
04:31Le Conseil constitutionnel doit donner son avis ce soir.
04:34Qu'en attendez-vous ?
04:35Vous le savez, moi je suis contre la réintroduction de ces pesticides
04:40et je rappelle d'ailleurs que le gouvernement avait porté un amendement de suppression de cette mesure.
04:45Nous avons été battus au Sénat
04:47parce qu'une majorité de sénateurs souhaitaient réintroduire ces molécules.
04:52Et au fil de la discussion,
04:54on a pu mettre en place un certain nombre de restrictions à l'utilisation de cette molécule.
05:00et donc j'attends cette décision
05:03puisqu'en tant que ministre,
05:06il m'appartiendra d'en tirer les conséquences avec mes collègues.
05:09Et si la loi doit être changée,
05:12nous travaillerons avec les parlementaires
05:16en fonction du Conseil constitutionnel s'il y a besoin.
05:19Merci Agnès Pannier-Runacher,
05:21ministre de la Transition écologique d'avoir été avec nous.
05:25On revient évidemment sur cet incendie dans le journal de 13h.
05:29Dans une lettre adressée au Premier ministre et publiée dans le Figaro,
05:38Emmanuel Macron demande à François Bayrou de durcir le ton avec l'Algérie.
05:43On en parle avec le deuxième invité de RTL Midi,
05:46Jean Garrigue, bonjour.
05:47Bonjour.
05:48Vous êtes historien et spécialiste de la vie politique française.
05:52Première question,
05:53comment expliquer ce durcissement de ton du président de la République ?
05:58C'est vrai qu'il y a une évolution qui est très nette.
06:01Si on parle des débuts de la présidence d'Emmanuel Macron
06:04lorsqu'il parlait des crimes contre l'humanité
06:07commis par la colonisation en Algérie,
06:10jusqu'à aujourd'hui,
06:11on voit très bien une évolution très sensible
06:14qui est quand même passée par la reconnaissance
06:17de la souveraineté marocaine sur le Sahara,
06:20qui était déjà, il y a quelques mois,
06:22une offense au gouvernement algérien.
06:25Mais il est vrai qu'aujourd'hui,
06:27ce qui se passe,
06:29c'est que c'est la stratégie de Bruno Retailleau,
06:32finalement, qui l'emporte.
06:34Je pense que la diplomatie française,
06:37Jean-Noël Barraud,
06:38soutenue par Emmanuel Macron,
06:40ont essayé d'autres méthodes
06:42pour influencer le gouvernement algérien.
06:46Mais là, la coupe est pleine.
06:48Et puis, la cote de popularité des Macron
06:51est quand même très très basse.
06:53Donc, je pense qu'il a compris
06:55qu'il y avait une attente,
06:57une attente, je crois,
06:58partagée par une grande partie des Français,
07:01de durcir, justement,
07:02la politique vis-à-vis du président Tebboune.
07:06Est-ce que vous diriez
07:07que le président Emmanuel Macron
07:08droitise sa ligne avec l'Algérie ?
07:12Écoutez, je ne sais pas
07:13si on peut parler de droite et de gauche
07:15lorsqu'on soutient,
07:17on défend à la fois
07:19la souveraineté nationale.
07:21Et puis, surtout,
07:23en ce qui concerne la détention
07:25de Boilem Sansal
07:26et du journaliste Christophe Gleize,
07:29on défend tout simplement
07:30la liberté d'expression.
07:31Est-ce que ce sont des valeurs
07:33de droite ou de gauche ?
07:34Moi, je laisse à chacun
07:36le soin d'en juger.
07:37Moi, je vois tout simplement
07:39une démocratie,
07:41qui est la France,
07:41malgré tout,
07:42malgré toutes les critiques
07:43qu'on peut faire,
07:44qui est confrontée
07:46à un pays qui n'est pas
07:48une réelle démocratie,
07:49où la liberté de presse
07:51n'existe pas,
07:52où les opposants politiques
07:55sont emprisonnés.
07:56Et donc, tout simplement,
07:57je pense que par rapport
07:59à une puissance
08:00qui ne répond pas,
08:02je dirais,
08:02aux mêmes critères que nous,
08:04il faut employer parfois
08:05des moyens
08:06qui ne correspondent peut-être pas
08:09à ce qu'était originellement
08:11l'intention d'Emmanuel Macron.
08:13Alors, Emmanuel Macron
08:14a l'habitude,
08:15depuis quelques années
08:16et notamment depuis
08:16le début de son second mandat
08:18de s'occuper lui-même
08:19des questions de diplomatie.
08:20Là, on a l'impression
08:21qu'il rejette cette responsabilité
08:23sur son gouvernement
08:24en demandant de la fermeté.
08:25Que peut faire François Bayrou
08:27et Bruno Retailleau ?
08:30C'est vrai que vous avez raison.
08:32D'ordinaire et a priori,
08:34et c'était un peu le cas jusque-là,
08:36la politique extérieure
08:38relève de ce qu'on appelle
08:39le domaine réservé
08:40du président de la République.
08:42Et là, c'est vrai
08:43qu'il se défausse un peu
08:44sur François Bayrou
08:46et sur Bruno Retailleau.
08:49Je suppose,
08:50c'est qu'il a compris
08:51que, je le répète,
08:53c'était quand même,
08:54malgré tout,
08:55la stratégie
08:56de durcissement
08:57de Bruno Retailleau
08:58qui, quelque part,
09:00l'emportait.
09:00Aujourd'hui,
09:01on sait bien
09:02les représailles
09:04que Bruno Retailleau
09:05a exercées
09:06à l'encontre
09:06de 40 dignitaires algériens.
09:10et on voit bien
09:10que c'est un peu
09:11dans cet esprit
09:12qu'Emmanuel Macron,
09:13dans son interview
09:14au Figaro,
09:16demande au Premier ministre
09:18de prendre
09:19un certain nombre
09:20de mesures.
09:22Il demande aussi,
09:23c'est intéressant,
09:24d'avoir une initiative
09:25européenne
09:26vis-à-vis de l'Algérie
09:27parce qu'on voit très bien
09:29que, finalement,
09:31ce qui relève
09:32de la tension
09:32entre la France
09:33et l'Algérie
09:34peut, au contraire,
09:36renforcer
09:38la présence
09:39et l'influence
09:41d'autres pays
09:41et je pense bien sûr
09:42à l'Italie
09:43vis-à-vis de l'Algérie.
09:45Donc, il y a
09:45à la fois
09:46cette pression
09:47que le Premier ministre
09:49et le ministre
09:50d'Intérieur
09:51parce qu'on voit très bien
09:52que c'est cette ligne-là
09:53qui prévaut
09:54doivent exercer
09:56et puis
09:56une pression
09:57que Macron souhaite
09:59internationale
10:00en fait
10:01vis-à-vis de l'Algérie.
10:03Pour que la France
10:03ait plus de poids,
10:04on l'a bien compris.
10:05Merci beaucoup
10:05Jean Garrigue
10:07d'avoir été l'invité
10:08d'RTL Midi.
10:09Je rappelle que
10:09vous êtes historien.
10:10Merci.
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