00:00Éric Brunet, le grand invité d'RTL Midi.
00:03On en sait un peu plus sur les retraites, ni suspension, ni abrogation de la réforme des retraites.
00:10François Bayrou l'a dit ce matin face au chef du socle gouvernemental réuni à Matignon.
00:15À un peu plus de 2h et un peu moins de 3h de sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée,
00:23le Premier ministre semble donc avoir tranché.
00:25Il devrait proposer cet après-midi aux partenaires sociaux de rouvrir les discussions sur le sujet d'ici l'automne.
00:31Bonjour Philippe Juvin.
00:33Bonjour.
00:33Vous êtes député Les Républicains des Hauts-de-Seine, ni suspension, ni abrogation.
00:39Vous saluez la décision, c'est une victoire de la droite ?
00:42D'abord c'est une victoire du bon sens parce que abroger l'actuelle réforme des retraites,
00:47même si elle est très imparfaite et il faudra de toute façon y revenir, je vais moi-même y revenir dans deux secondes,
00:52ça aurait coûté quelque chose comme 10 milliards par an en 2027.
00:56Autant vous dire qu'on n'a pas les moyens et ça aurait été un très mauvais signal.
00:59Et moi ce que j'attends du gouvernement Beyrou, c'est qu'il nous mette sur la table un budget qui nous évite de finir comme la Grèce il y a 15 ans.
01:06Quand même, ça m'étonne un peu Philippe Juvin politiquement parce que les socialistes semblent très optimistes ce matin.
01:12Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, affirmait être à quelques encablures d'un accord possible.
01:19Ça veut dire qu'il va y avoir des concessions quelque part ? Apparemment elles ne sont pas sur les retraites, elles sont sans doute ailleurs.
01:26Est-ce que vous avez, vous Philippe Juvin, député LR, donc disait tout à l'heure notre amie Céline Landreau, est-ce que vous, vous avez des infos ?
01:35Non, je n'ai pas d'infos. En tout cas, moi ça ne me choque pas que le Premier ministre discute avec tout le monde, y compris les socialistes
01:41puisque comme il n'y a pas de majorité absolue personne de là, il faut évidemment bâtir une coalition.
01:46Donc il est normal de discuter avec les uns et les autres. Mais ce que je sais, c'est que si nous avions cédé à des exigences d'APS
01:53qui voulaient revoir la réforme des retraites dans un sens retour à 62 ou 60 ans, là ça aurait été un impossible accord de notre part.
02:01On ne peut pas se le payer tout simplement.
02:03Pardon, je rappelle que les retraites, ça coûte, c'est un élément très important.
02:09Il n'y aura pas de rétablissement des finances publiques si on ne remet pas d'équerre les questions des retraites.
02:15Les retraites, ça coûte aujourd'hui, malgré la réforme d'il y a un an qui est contestée, environ 60 milliards, ça dépend comment on compte,
02:22au budget de l'État qu'on finance uniquement pas de l'emprunt.
02:24Donc il faut de toute façon rouvrir la réforme des retraites puisqu'aujourd'hui elles ne sont pas financées.
02:28Mais les concessions qui pourraient être faites par le Premier ministre, d'après les informations d'Hertel, elles ont aussi un coût.
02:34Un coût, on parle de l'abandon de la suppression des 4000 postes à l'éducation nationale, l'abandon aussi du déremboursement de certains médicaments.
02:41Ça, la droite y est prête ? Dans une logique de non-censure ?
02:44Écoutez, nous, nous voulons premièrement que la France ait un budget.
02:48Deuxièmement, nous comprenons que nous sommes en coalition, donc par définition en coalition, chacun fait un pas vers l'autre.
02:55Mais ce que nous ne voulons pas, c'est augmenter les impôts et revenir à 62 ou pire à 60 ans.
03:03Encore une fois, je suis frappé par le fait qu'il y a une classe politique qui ne voit pas ce que tout le monde voit,
03:09à savoir qu'il est écrit partout, on sait, on a les chiffres, que la situation est d'une gravité extrême.
03:15La semaine dernière, je vous rappelle, la semaine dernière que pour la première fois dans l'histoire de France, la France a emprunté à 10 ans un détaux supérieur à la Grèce.
03:24Ça signifie que le risque de demain, c'est de voir les prêteurs vous dire, ah ben finalement on ne vous prête plus.
03:30Et dans ces cas-là, vous ne pouvez plus payer les fonctionnaires, vous ne pouvez plus payer les retraités.
03:34Donc nous devons absolument commencer, commencer à être vertueux et c'est sûrement pas en touchant retraite.
03:40En tout cas, pas comme ils voulaient le faire.
03:42Avec une première tentative, celle de Michel Barnier de gouverner à droite, on a le sentiment désormais que le François Bayrou a plutôt envie de se tourner vers la gauche.
03:52Vous qui êtes très regardant sur la question des finances publiques, ça devrait quand même vous inquiéter.
03:57Je me trouve assez cool, entre guillemets, Philippe Juvin, parce que vous dites, bon c'est un peu normal, on est dans une réalité de coalition, il est logique qu'il aille à gauche, à droite.
04:05Mais si effectivement il concède à la gauche, on peut imaginer que ça ne va pas être très salutaire sur les questions budgétaires.
04:13Vous avez raison, vous me trouvez cool, peut-être je le suis naturellement.
04:17Mais ce que je veux dire simplement, c'est que nous n'accepterons pas n'importe quoi.
04:21Et si on arrive à un budget qui n'est plus un budget mais une entreprise de démolition, il est très clair que nous ne pouvons pas continuer à participer au gouvernement.
04:31Donc il y a un sujet majeur.
04:33Et en plus, vous me connaissez, je suis le député LR qui depuis deux ans dit qu'il faut une coalition.
04:38Donc je suis très à l'aise pour vous dire que nous n'accepterons pas la coalition à n'importe quel prix.
04:43En Grèce, il y a 15 ans, quand on n'a plus voulu prêter aux Grecs à un taux normal, le FMI est arrivé à Athènes et a dit c'est bien simple, il y a une solution, on ne paye pas le 12ème mois des retraités.
04:54Donc à force de dire on va faire n'importe quoi, c'est ça qui peut nous arriver.
04:58Je mets en garde tout le monde, ne faisons pas n'importe quoi.
05:03Maintenant sur les retraites, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut réformer les retraites puisqu'elles sont déficitaires.
05:08Je vous ai dit que ça coûtait 60 milliards d'emprunts tous les ans.
05:11Donc ça veut dire que la grande réforme des retraites de l'année dernière n'a servi à rien ?
05:16Absolument, c'était une petite réformette, je l'ai votée à l'époque parce que c'était mieux que rien,
05:20mais tout en disant que c'était une réformette qui ne résout pas le problème.
05:23On a un défi, ça nous coûte, que les Français comprennent qu'aujourd'hui, tous les ans, nous empruntons 60 milliards que vos arrières petits-enfants paieront un jour peut-être,
05:31pour payer les retraites d'aujourd'hui, tous les ans.
05:34Donc c'est pas tenable en l'état pour vous et pour réformer, on l'entend.
05:38Comment on fait ? On revient probablement sur les 64 ans identiques pour tous,
05:42parce que pardon, mais le patron d'une grande entreprise ou un journaliste de RTL,
05:46il a un travail moins fatigant que quelqu'un qui est sur un toit ou un maçon dehors,
05:50et puis on met de la capitalisation collective obligatoire, on provisionne les retraites des fonctionnaires, il y a beaucoup de choses à faire.
05:55Je vous ai entendu tout à l'heure, Philippe Juvin, dire en clair notre ligne rouge à nous, c'est pas de nouvelles hausses d'impôts.
06:02Est-ce que vous avez eu des garanties sur ce point, à deux heures maintenant de la déclaration de politique générale de François Bayrou ?
06:08En tout cas, on l'a dit très clairement au ministre des Finances, il y a une semaine, on a été reçu avec les patrons de groupe parlementaires.
06:15Oui, ils le savent, bien sûr.
06:17D'ailleurs, je vous rappelle que Michel Barnier avait dit, je vais faire un budget avec beaucoup de baisse de dépenses et un peu d'impôts.
06:24Il a fait le contraire.
06:25Ça a été en plus aggravé par la folie du NFP, et moi, en tant que député LR, j'ai voté contre.
06:32Je n'ai pas voté la censure, bien sûr, mais j'ai voté contre le budget.
06:34Donc, ce que nous voulons, c'est simple.
06:36Premièrement, un budget. Deuxièmement, dépensez moins. Troisièmement, dépensez mieux. Quatrièmement, travaillez plus.
06:42Il faut travailler plus. La France, c'est le pays où on travaille le moins.
06:46Et c'est curieux, il y a 5 millions de chômeurs, et je ne connais pas une seule entreprise qui vous dit, j'ai du mal, je n'arrive pas à embaucher.
06:52Donc, il faut travailler plus.
06:54Merci beaucoup à vous, Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine.
06:59Merci d'avoir passé ces quelques instants avec nous sur RTL, dans une poignée de secondes.
07:03Pensez-vous que François Bayrou va tirer son épingle du jeu ?
07:07Il s'exprime dans deux heures, maintenant. A tout de suite.
Commentaires