00:00Bienvenue dans les 4V, Olivier Faure, l'Elysée l'a donc annoncé hier soir,
00:06le président de la République écarte tout gouvernement du nouveau Front populaire
00:11au nom, dit-il, de la stabilité institutionnelle,
00:13puisqu'il juge qu'au vu des consultations qu'il a eues ces derniers jours,
00:16un tel type de gouvernement serait immédiatement renversé par une motion de censure.
00:20Comment vous réagissez à cette décision du chef de l'État ?
00:26Guillaume Darré, ce communiqué du président de la République était proprement lunaire,
00:31hallucinant.
00:33Repousser le vote des Français, expliquer qu'il n'est pas légitime,
00:38faire en sorte de dire qu'il va proposer un gouvernement débattu,
00:43puisqu'il propose d'appuyer le prochain Premier ministre,
00:46celui qu'il nommera, sur une coalition qui est précisément
00:50celle qui a gouverné depuis 7 ans.
00:52Expliquer qu'on va donc continuer à faire avec les mêmes.
00:56Comment peut-on en arriver à un tel déni démocratique ?
01:01Il y a ce matin, je pense, dans le pays, une colère froide,
01:04une colère de celles et ceux qui ne comprennent pas ce que fait le président de la République.
01:08Il est garant des institutions, il n'est pas garant de sa propre stabilité.
01:13Il y a là un problème qui est évident,
01:15et donc il va falloir aujourd'hui qu'il réalise que ce qu'il est en train de faire,
01:20c'est de semer le chaos.
01:22Il est l'instabilité, il est celui qui l'a provoqué par la décision prise d'une dissolution.
01:28Il n'en tire aucune conclusion.
01:30Il y a aujourd'hui un vrai problème démocratique en France.
01:32Il y a un problème démocratique, c'est ce que vous dites ?
01:33Oui, je le dis, il y a un problème démocratique.
01:35Hier, vous avez tweeté « La République est née du refus du pouvoir personnel ».
01:39Ça veut dire quoi ? Qu'à vos yeux, la démocratie, la République est en danger aujourd'hui ?
01:43Ça veut dire que la République, historiquement, est née contre le pouvoir monarchique,
01:48et qu'elle est née contre la volonté d'un seul.
01:52Et aujourd'hui, ce qu'on observe, c'est qu'on a un président qui se considère
01:56comme celui qui est au-dessus de tout, y compris au-dessus du vote des Français.
02:01Et c'est ce qui ne peut pas être accepté.
02:03Alors, de nouvelles consultations vont être entamées aujourd'hui.
02:06Le PS a été invité.
02:08Ce n'est pas le cas de la France insoumise, par exemple, tout comme le Rassemblement national.
02:11Est-ce que vous allez vous rendre à nouveau à l'Élysée
02:14pour échanger avec le président de la République ?
02:16Non. Non, je refuse de me porter complice d'une parodie de démocratie.
02:22Que va-t-il nous dire ?
02:23Il va nous répéter ce qu'il a écrit en se rencommuniquant ?
02:25Nous proposer un Premier ministre ?
02:27Peut-être, parce que, quand même, au bout de plus de 40 jours,
02:30on a un président qui, c'est un record absolu sous l'insécurité publique,
02:35un président qui nous dit « Moi, je n'ai pas de solution à vous proposer.
02:38En fait, vous avez, vous, une solution, vous avez, vous, un projet,
02:42mais je refuse de l'appliquer et je refuse même de donner ma solution. »
02:46Ce qu'il se passe, en réalité, et on l'a lu dans la presse ce matin,
02:50c'est que ce qui le gêne, ce n'est pas tellement de savoir qui ira à Matignon,
02:55c'est qu'il ne veut pas, en réalité, de l'application du programme du Front populaire.
03:00Il ne veut pas que nous revenions sur la réforme des retraites.
03:03Pourtant, cette réforme a été rejetée par 93% des actifs
03:08et n'a même pas été adoptée par l'Assemblée,
03:10puisque c'est le 49-3 qui l'a mis en adoption.
03:13Il y a là une forme de forfaiture.
03:17– Il vous exhorte, ainsi que les écologistes et le Parti communiste,
03:20à coopérer avec les autres forces politiques.
03:22Vous nous dites ce matin que non,
03:23vous ne vous dissocierez pas de la France insoumise.
03:26– Mais je rappelle que la France insoumise a elle-même dit
03:30qu'elle était prête à ne pas participer à un gouvernement
03:33si c'était la condition pour que le Front populaire puisse accéder au pouvoir.
03:37Cette ouverture qui a été faite par la France insoumise
03:40aurait dû être entendue,
03:42puisque c'était la condition fixée par les différents partis de la droite.
03:46Mais c'est là qu'on comprend que leur problème
03:48n'est pas seulement la France insoumise.
03:50Leur problème, c'est la gauche.
03:51Leur problème, c'est les Français.
03:53Leur problème, c'est le vote, parce qu'ils ne peuvent pas accepter
03:57qu'un vote ne leur donne pas, en fait, la responsabilité.
04:00Donc, en fait, c'est pile, je gagne, face, tu perds.
04:04C'est ça la démocratie, selon Emmanuel Macron et selon ses propres amis.
04:08Olivier Faure, si demain, le camp présidentiel, les Républicains
04:11vous appellent, vous, socialistes, à participer à une coalition gouvernementale
04:14où chacun fait des concessions, qu'est-ce que vous répondrez ?
04:17Mais je ne suis pas d'accord pour…
04:21De quoi parlons-nous ?
04:21Nous parlons, en fait, vous demandez aux socialistes
04:24de devenir les supplétifs d'une Macronie finissante.
04:27La réponse, pour moi, elle est simple, elle est claire, c'est non.
04:30Et nous censurerons toute prolongation du Macronisme.
04:34Entendez-moi, il n'est pas question, un seul instant,
04:37de devenir les supplétifs du Macronisme et de faire en sorte
04:40que nous prolongions ce qui s'est fait depuis sept ans.
04:43Les Français ont appelé à un changement.
04:46Le chef de l'État avait semblé y compris l'entendre et le comprendre
04:49dans la discussion l'autre jour avec nous.
04:51Olivier Faure, ce que vous nous dites, c'est que les députés socialistes
04:53voteront une motion de censure contre tout autre gouvernement
04:56qu'un gouvernement du Nouveau Front Populaire ?
04:57Oui, je dis que toute prolongation du Macronisme est insupportable
05:01et il n'est pas imaginable, alors que trois tours de scrutin
05:06européennes et législatives ont confirmé le souhait des Français
05:09d'un changement, que nous soyons demain ceux qui permettons
05:13au pouvoir actuel de se prolonger.
05:15Quel type de réponse, politique ou encore dans la rue ?
05:18Fabien Roussel, par exemple, Jean-Luc Mélenchon,
05:20ont appelé à des mobilisations populaires.
05:22Est-ce que ce matin, vous appelez les Français, les électeurs de gauche
05:26à descendre dans la rue, vous aussi ?
05:28Je crois que, quels que soient les mots d'ordre que nous lançons,
05:32il y a des Françaises et des Français qui vont commencer à s'agacer
05:36pour ne pas dire davantage.
05:37Et c'est en réalité le risque que prend le chef de l'État,
05:41parce que la colère, elle ne va pas s'interrompre.
05:43Et il ne faut pas croire que, parce qu'il y a eu une séquence heureuse,
05:49très heureuse, celle des Jeux Olympiques,
05:51les Français ont oublié le rapport qu'ils ont.
05:54Mais je participerai s'il y a des manifestations,
05:57je participerai à ces manifestations.
05:59Je ne suis pas en train de dire qu'il faut d'un seul coup
06:02mettre le pays à feu et à sang.
06:04Je ne cherche pas le chaos.
06:05Je dis que le chaos, c'est précisément le chef de l'État
06:08qui est en train de l'installer.
06:09Mais ce que je dis, c'est que cette colère, elle existe
06:11et qu'elle s'exprimera.
06:13Et malheureusement, je souhaite que le chef de l'État
06:16revienne à la raison et qu'au lieu de faire ce que personne
06:20ne fait dans n'importe quel pays européen,
06:23c'est la coalition arrivée en tête qui est chargée
06:25de trouver sa propre majorité.
06:27Majorité unique ou majorité par texte.
06:30Et le seul pays où on a un chef de l'État qui s'y refuse,
06:35qui se refuse au choix des électrices et des électeurs,
06:37c'est en France et c'est Emmanuel Macron.
06:39Olivier Faure, la France insoumise a annoncé dès hier soir
06:41qu'elle déposera à l'Assemblée nationale une motion
06:44pour destituer le président de la République.
06:46Vous vous étiez montré très réservé il y a quelques semaines
06:49quand cette possibilité avait été mise sur la table.
06:51Est-ce que désormais, après ce qui s'est passé hier,
06:53vous allez, oui ou non, soutenir cette motion
06:56pour destituer le président de la République ?
06:58Je suis encore sceptique.
07:00Pour une raison qui est assez simple,
07:01c'est que vous le savez très bien,
07:02il faut deux tiers à l'Assemblée et deux tiers au Sénat
07:06pour obtenir cette destitution.
07:07Si c'est simplement pour aller dire qu'on a déposé une motion
07:11et qu'ensuite on s'aperçoit qu'elle est rejetée,
07:14qu'aurons-nous en fait obtenu ?
07:16Obtenu la démonstration exactement inverse
07:17que celle qu'il faut fournir.
07:19C'est qu'il faut effectivement, aujourd'hui, du changement
07:22et il faut qu'il y ait la nomination d'un gouvernement
07:24qui soit celui du Front Populaire.
07:25On a l'impression qu'on est dans une situation de blocage absolu
07:28ce matin pour vous, quel est l'issue de cette situation ?
07:31Mais l'issue, elle est assez simple en réalité.
07:34Respecter les urnes, respecter les Françaises et les Français,
07:37respecter un vote qui est intervenu après une dissolution
07:41que le chef de l'État a lui-même souhaitée.
07:43Mais le chef de l'État, qui a le pouvoir de nomination
07:45du Premier ministre, dit hier soir, ce matin,
07:47je ne nommerai pas un gouvernement du nouveau Front Populaire.
07:49Oui, mais il n'en a pas...
07:51Ce n'est pas son rôle que de choisir les majorités.
07:54Lucie Castex a été très claire.
07:56Elle a dit, moi ce que je ferai, c'est si je suis nommé,
07:58il y aura un gouvernement qui défendra les options du Front Populaire.
08:02C'est pour ça même qu'il a été élu.
08:04Mais ensuite, j'irai devant le Parlement chercher des compromis
08:08ou des consensus texte par texte.
08:10Ça veut dire quoi ?
08:11Ça veut dire qu'il ne s'agit pas de dire que nous allons faire
08:14en fait les bulldozers et que nous allons imposer quoi que ce soit.
08:17Nous n'en avons pas la capacité ni le pouvoir.
08:20Donc, ce que nous ferons, c'est que nous chercherons
08:22texte par texte les majorités qui permettront d'avancer
08:26et qui permettront de servir le pays.
08:28Et nous commencerons effectivement par ce qui est l'attente forte
08:32des Français, c'est-à-dire leur salaire, leur pouvoir d'achat.
08:35Faire en sorte que les gens puissent à nouveau vivre mieux.
08:38Et c'est ce qui est aujourd'hui bloqué par le chef de l'État.
08:40Merci beaucoup Olivier Faure pour cette toute première réaction
08:43après la décision du président de l'Armée publique
08:44d'écarter tout nouveau gouvernement,
08:47tout gouvernement qui serait issu du nouveau Front Populaire.
08:49C'est à vous Samuel et Louise.
08:51Merci Guillaume Darré.
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