- il y a 11 mois
À LA UNE / Lecornu II : un gouvernement en sursis ?
La France Insoumise, le Parti Communiste, les Ecologistes, le Rassemblement national et L'Union des droites pour la République n'ont pas attendu la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu pour promettre la censure de son deuxième gouvernement. Comme le Premier ministre a décidé de suspendre la réforme des retraites et confirmé son refus d'utiliser le 49.3, les socialistes - à quelques rares exceptions près - ne voteront pas la motion de censure. « Il y a eu une première victoire hier », saluait mercredi 15 octobre le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. Jeudi 16 octobre 2025, les motions de censure déposées par La France Insoumise et le Rassemblement National ne devraient donc pas obtenir la majorité absolue requise pour faire tomber le gouvernement de Sébastien Lecornu. Mais jusqu'à quand tiendra ce sursis ? Le Parti à la rose n'a pas caché que cette non-censure n'était pas un chèque en blanc : ses députés comptent bien amender le Projet de Loi de Finances 2026. Combien de temps le huitième gouvernement du second mandat d'Emmanuel Macron pourra-t-il tenir ?
Invités :
- Benjamin Morel, constitutionnaliste, maitre de conférences en droit public à l'université Paris Panthéon-Assas
- Bénédicte Foucher, rédactrice en chef chez « AEF Info »
- Frédéric Dabi, Directeur général Opinion de l'institut de sondage IFOP
Chroniques :
« Les off de Lou » : frondes, exclusions... la maison LR en feu ! par Lou Fritel
« Quelle histoire ! » : Lecornu II : la rentrée des « petits nouveaux » par Laurent Guimier
LA QUESTION QUI FÂCHE / Les députés sont-ils prêts à adopter la méthode proposée par Sébastien Lecornu ?
Mardi 14 octobre 2025, Sébastien Lecornu a prononcé sa déclaration de politique générale pour exposer une sortie de crise aux députés. Il propose une nouvelle méthode, avec au coeur, le Parlement. « Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez », résume par une formule répétée à sept reprises le Premier ministre. Il promet de ne plus utiliser l'article 49.3 de la Constitution et de mener tous les débats à leur terme. « Le gouvernement propose le budget qu'il estime souhaitable, le Parlement aura le dernier mot. C'est sa responsabilité, nous devons lui faire confiance, nous ne devons pas en avoir peur », a-t-il assuré, ce qui permettra de « montrer à toutes et tous que la démocratie représentative n'est pas morte ». Après son discours, 56% des Français se sont prononcés contre la censure, selon un sondage Elabe. « La plus grande richesse pour notre pays, c'est la stabilité », a appuyé Sébastien Lecornu. Le nouveau Premier ministre sera-t-il suivi par l'Assemblée nationale ?
Invités :
- Thibault Bazin, député « droite républicaine » de Meurthe-et-Moselle
- Anaïs Belouassa-Cherifi, députée « La France Insoumise » du Rhône
- Harold Huwart, député LIOT d'Eure-et-Loir
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société
La France Insoumise, le Parti Communiste, les Ecologistes, le Rassemblement national et L'Union des droites pour la République n'ont pas attendu la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu pour promettre la censure de son deuxième gouvernement. Comme le Premier ministre a décidé de suspendre la réforme des retraites et confirmé son refus d'utiliser le 49.3, les socialistes - à quelques rares exceptions près - ne voteront pas la motion de censure. « Il y a eu une première victoire hier », saluait mercredi 15 octobre le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. Jeudi 16 octobre 2025, les motions de censure déposées par La France Insoumise et le Rassemblement National ne devraient donc pas obtenir la majorité absolue requise pour faire tomber le gouvernement de Sébastien Lecornu. Mais jusqu'à quand tiendra ce sursis ? Le Parti à la rose n'a pas caché que cette non-censure n'était pas un chèque en blanc : ses députés comptent bien amender le Projet de Loi de Finances 2026. Combien de temps le huitième gouvernement du second mandat d'Emmanuel Macron pourra-t-il tenir ?
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Mardi 14 octobre 2025, Sébastien Lecornu a prononcé sa déclaration de politique générale pour exposer une sortie de crise aux députés. Il propose une nouvelle méthode, avec au coeur, le Parlement. « Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez », résume par une formule répétée à sept reprises le Premier ministre. Il promet de ne plus utiliser l'article 49.3 de la Constitution et de mener tous les débats à leur terme. « Le gouvernement propose le budget qu'il estime souhaitable, le Parlement aura le dernier mot. C'est sa responsabilité, nous devons lui faire confiance, nous ne devons pas en avoir peur », a-t-il assuré, ce qui permettra de « montrer à toutes et tous que la démocratie représentative n'est pas morte ». Après son discours, 56% des Français se sont prononcés contre la censure, selon un sondage Elabe. « La plus grande richesse pour notre pays, c'est la stabilité », a appuyé Sébastien Lecornu. Le nouveau Premier ministre sera-t-il suivi par l'Assemblée nationale ?
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- Anaïs Belouassa-Cherifi, députée « La France Insoumise » du Rhône
- Harold Huwart, député LIOT d'Eure-et-Loir
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société
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00:00:00Musique
00:00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:27Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage et de débat en direct de l'Assemblée Nationale
00:00:32avec à mes côtés ce soir Lou Frittel, journaliste à Paris Match.
00:00:36Bonsoir Lou.
00:00:36Bonsoir.
00:00:37Et Laurent Guignet est là aussi.
00:00:38Bonsoir Laurent.
00:00:39Bonsoir Adelie.
00:00:40Vous allez bien tous les deux ?
00:00:41Ça va parfait.
00:00:41Très très bien.
00:00:42Tant mieux, c'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir l'Assemblée Nationale
00:00:46qui reprend donc le cours normal de sa vie.
00:00:48Séance de questions au gouvernement cet après-midi, la première depuis le 8 juillet.
00:00:53Mais tout peut s'arrêter dès demain.
00:00:55Deux motions de censure RN et LFI sont examinées à 9h demain matin.
00:01:00Le gouvernement Lecornu est de toute façon en sursis.
00:01:03S'il échappe à la censure demain, quelles sont ses chances de passer Noël ?
00:01:07Eh bien on va en parler ce soir avec Benjamin Morel, constitutionnaliste.
00:01:10Bonsoir.
00:01:11Et merci d'être là aux côtés de Bénédicte Fouché, rédactrice en chef chez AEF Info, spécialiste des questions de retraite.
00:01:17Bonsoir Bénédicte.
00:01:18Bonsoir.
00:01:19Et Frédéric Dhabi, directeur du pôle opinion à l'Institut IFOP.
00:01:22Bonsoir.
00:01:23Bonsoir.
00:01:23Et merci d'être là, nous en parlerons aussi dans les Offs de Lou avec Lou Frittel.
00:01:29Ah bah c'est encore le cirque chez LR et la ligne devient de plus en plus illisible.
00:01:33Et puis à 20h, ce sera quelle histoire avec Laurent Guignet ?
00:01:35Oui, j'ai passé aux pleines fins les premiers pas des petits nouveaux du gouvernement, ceux de la société civile.
00:01:40Et comme à chaque fois, c'est pas évident de devenir une femme ou un homme politique du jour au lendemain.
00:01:44C'est sûr.
00:01:44On poursuivra la discussion dans la deuxième partie de chaque voix compte avec la question qui fâche.
00:01:49Êtes-vous prêt à parlementer le gouvernement Lecornu s'il échappe à la censure ?
00:01:53Va-t-il engendrer enfin un budget ?
00:01:56Eh bien on en débattra avec trois députés.
00:01:58Anaïs Belouassa-Scherifi, députée LFI.
00:02:00Harold Duvart, député Liotte.
00:02:02Et Thibaut Bazin, député LR.
00:02:04Et puis ensuite à 20h30, ce sera Bourbon Express avec Marco Pommier, le journal de l'Assemblée nationale.
00:02:09Vous allez voir, ça a été chaud bouillant aujourd'hui.
00:02:11On attend évidemment vos questions ou vos réflexions.
00:02:14Vous pouvez flasher le QR code qui s'affiche ici.
00:02:17Ça c'est le menu du soir.
00:02:18Installez-vous confortablement.
00:02:20Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:29Ils ne le savent sans doute pas, mais les 577 députés et le gouvernement,
00:02:34ne parlent que de notre émission depuis hier.
00:02:37Si, si, écoutez bien.
00:02:39Dans une situation politique que vous décrivez vous-même comme fragile,
00:02:43chaque voix compte.
00:02:45À partir d'aujourd'hui, chaque vote va compter.
00:02:47Chaque parlementaire se prononcera.
00:02:50Chaque vote sera un acte.
00:02:52Chaque groupe va être mis devant sa responsabilité.
00:02:54On va être dans un moment où chaque voix, chaque vote va compter.
00:02:59Chaque voix compte.
00:03:01Et je vois les invités hocher de la tête ce soir.
00:03:03Ils ont bien raison parce que chaque voix va compter demain matin à 9h
00:03:07lors de l'examen de ces deux motions de censure déposées par la France insoumise
00:03:11et par le Rassemblement national.
00:03:13Et Emmanuel Macron a prévenu hier.
00:03:15Une motion de censure est une motion de dissolution.
00:03:17Le gouvernement Lecornu va-t-il tomber demain matin ?
00:03:21On va d'abord voir où on est la jauge de la censure ce soir avec Thibaut Henoch.
00:03:25– Aucun relèvement de l'âge n'interviendra à partir de maintenant jusqu'à janvier 2028.
00:03:37– Une annonce de suspension et des applaudissements socialistes.
00:03:40– En complément.
00:03:42– En quelques mots, des claquements de main et un satisfait site.
00:03:45– C'est une victoire assurément.
00:03:48– La perspective de la censure s'est éloignée hier pour Sébastien Lecornu.
00:03:52Le PS ne la votera pas.
00:03:53– Nous avons accepté l'idée de commencer à travailler sur le budget,
00:03:57de le faire donc sans voter la censure demain.
00:04:00Pour une raison simple, c'est que nous avons besoin d'un budget
00:04:03et que nous avons un gage donné par le Premier ministre de sa bonne foi.
00:04:07– Un gage selon les socialistes, un leurre selon ceux qui voteront la censure malgré tout, le RN en tête.
00:04:14– Vous croyez que nous on est comme le PS, on court après la baballe qu'on nous lance ?
00:04:18Mais on ne court pas après la baballe.
00:04:19Cette fois-ci, nous censurons.
00:04:20– Parce que nous voyons bien que toutes les manœuvres consistent encore une fois
00:04:23à essayer d'échapper à l'élection.
00:04:25– Retourner à l'élection via la dissolution, c'est le but des motions de censure qui seront examinées demain.
00:04:32La première déposée par le Rassemblement national, la seconde par la France insoumise,
00:04:37soutenue par les communistes et les écologistes.
00:04:39– Nous refusons cette mascarade qui consiste à dire qu'on a tout changé pour rien changer.
00:04:43– Des motions qui, sans les voix du PS, n'ont quasiment plus aucune chance d'être adoptées.
00:04:48Elles totaliseraient 265 voix sur les 289 nécessaires.
00:04:5324 voix seraient ainsi manquantes.
00:04:55Seul espoir des censeurs dans ces conditions, être rejoints par des frondeurs.
00:05:00– Moi, j'invite ce matin les députés socialistes à désobéir.
00:05:05– Des désobéissants qui devraient se compter sur les doigts des deux mains.
00:05:08Au PS, 5 députés maximum pourraient voter la censure, 2 chez les Républicains,
00:05:13à quoi s'ajouterait 3 députés non inscrits.
00:05:16Un total loin des 24 voix manquantes pour faire tomber Sébastien Lecornu.
00:05:22– Alors, vous êtes tous les trois de fins observateurs de la vie politique.
00:05:26Je vous pose la question à tous les trois.
00:05:27Ça passe ou ça casse demain matin, Benjamin Morel ?
00:05:30– Alors, a priori, c'est toujours difficile en ce moment.
00:05:32C'est-à-dire qu'il peut se passer quelque chose pendant la nuit,
00:05:33un tweet d'un ou un d'autre, et ça peut ne pas passer.
00:05:36Mais a priori, en effet, votre sujet est parfait.
00:05:39Il y a de très grandes chances que ça passe.
00:05:41Mais en revanche, pas parce que ça passe demain,
00:05:43enfin, c'est pas parce que le gouvernement survit à demain
00:05:46qu'on est sorti de la crise politique.
00:05:48On va sans doute y revenir.
00:05:49Il y a très, très, très, très, très, très loin
00:05:50de la fin de cette séquence au vote d'un budget.
00:05:55Aujourd'hui, on n'a jamais été aussi loin de trouver un compromis
00:05:58sur un PLF et un PLFSS.
00:06:00Donc, on peut toujours avoir un gouvernement.
00:06:02Ça n'assure pas un budget.
00:06:03– Vendré Dhabi, vous dites quoi ?
00:06:04Ça passe ou ça casse ?
00:06:05– Je n'aime pas ce type de politique,
00:06:07mais comme Benjamin Morel, s'il le dit,
00:06:09je vais dire également que ça passe.
00:06:10Qu'est-ce qui va se passer demain ?
00:06:12Ce n'est pas une élection comme auprès d'une circonscription
00:06:17de Français ou d'un pays où il y a une campagne électorale,
00:06:20il y a eu des dynamiques et il y a des surprises.
00:06:23– Et il y a des sondages.
00:06:24– Et il y a des sondages en plus.
00:06:25Là, on est sur une logique complètement arithmétique.
00:06:27Et effectivement, votre reportage est extrêmement clair.
00:06:3024 voix à trouver, ça voudrait dire,
00:06:32des méga frondeurs quantitativement dans le groupe LR,
00:06:36dans le groupe PS.
00:06:37Alors, c'est du côté de LR qu'on sent,
00:06:39et je pense que Lou Frittel va en parler,
00:06:40que c'est particulièrement liquide,
00:06:42qu'il y a une perte de clarté, de cohérence.
00:06:44Mais l'impact est plus sur les électeurs peut-être
00:06:46que sur les députés,
00:06:48même si chaque député est allé en circonscription
00:06:51depuis quelques jours.
00:06:52Et il ne s'est peut-être pas fait engueuler,
00:06:54mais il a peut-être senti l'incompréhension de ses électeurs.
00:06:58Je te le répète, ça devrait passer,
00:06:59mais on se réjouit d'un gouvernement
00:07:02qui va dépasser trois ou quatre jours.
00:07:04On en est là aujourd'hui.
00:07:05– Bénédicte Fouché ?
00:07:06– Je dirais à peu près la même chose.
00:07:08Il faut quand même dire que les socialistes
00:07:10ont obtenu une avancée assez significative.
00:07:12C'est quand même la première fois
00:07:14qu'on revient sur une mesure d'âge
00:07:16en matière de retraite.
00:07:17On n'a jamais vu ça.
00:07:19Donc même si c'est une suspension,
00:07:21un gel, on l'appelle comme on veut,
00:07:22c'est quand même quelque chose,
00:07:25c'est la réforme un peu totem
00:07:27du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron.
00:07:29Donc ce n'est pas rien en termes de poids.
00:07:31Et donc ça devrait effectivement
00:07:33faire bouger les votes demain.
00:07:36– Alors le vote, c'est demain matin à 9h.
00:07:38Benjamin Morel, vous voulez bien nous rappeler
00:07:39d'abord comment se déroule le vote ?
00:07:40– Dans un premier temps,
00:07:42vous allez avoir les motions de censure
00:07:44qui vont être présentées.
00:07:45Il y en a deux, la FI et RN.
00:07:46Donc pourquoi est-ce que cette motion de censure
00:07:48est présentée ?
00:07:50Les différents groupes l'exposent.
00:07:51Ensuite, vous allez avoir un gouvernement
00:07:53qui va essayer de se débattre.
00:07:55Sébastien Lecornu qui va expliquer
00:07:56pourquoi il ne faut pas la voter,
00:07:57cette motion de censure.
00:07:58Une fois que c'est fait,
00:07:59les différents groupes vont présenter
00:08:01la position qui est la leur
00:08:02sur la motion de censure.
00:08:04Ensuite, on vote.
00:08:04Ce qui est intéressant et important
00:08:05dans une motion de censure,
00:08:07c'est que chacun va voter
00:08:10lorsqu'il souhaite censurer le gouvernement.
00:08:11On dit beaucoup,
00:08:12je m'abstiens sur une motion de censure.
00:08:14Il n'y a personne qui s'abstient
00:08:15et il n'y a personne qui vote contre.
00:08:17Soit on vote la motion de censure,
00:08:19soit on ne va pas à l'urne.
00:08:20Et donc, si le total des personnes
00:08:22qui arrivent à l'urne
00:08:22fait 289 ou plus,
00:08:25eh bien, on censure
00:08:26et on attendra le Cornu 3,
00:08:28le Cornu 4,
00:08:29quelqu'un d'autre.
00:08:30– C'est nominatif.
00:08:31Ce n'est pas un vote à bulletin secret.
00:08:32On va savoir qui…
00:08:33– On va savoir exactement ce qu'il y a.
00:08:35– S'il y a des frondeurs,
00:08:36on aura les noms.
00:08:37– On aura les noms de ceux
00:08:38qui éventuellement, en effet,
00:08:39auront voté contre le gouvernement.
00:08:41– Ah tiens, question téléspectateur
00:08:42de Geneviève à Vénitieux.
00:08:44Pourquoi deux motions de censure ?
00:08:46Pourquoi ne pas les avoir fusionnées
00:08:48en une seule ?
00:08:49– Parce que le Rassemblement national
00:08:51s'entend assez mal
00:08:52avec la France insoumise.
00:08:53– Ce n'est pas faux.
00:08:53– Et que faire un exposé
00:08:54des motifs communs
00:08:55et s'allier ensemble officiellement
00:08:57sur une telle motion de censure
00:08:58aurait été politiquement délicat.
00:09:00– On se souvient d'un exposé
00:09:02des motifs de la France insoumise
00:09:04particulièrement musclé
00:09:05et qui, pour autant,
00:09:07avait conduit à un vote
00:09:08du Rassemblement national
00:09:09pour la motion de censure.
00:09:10Mais c'est vrai que
00:09:11les exposés des motifs
00:09:12peuvent être une sorte de vision
00:09:14de la France, d'état du pays
00:09:15et quoi de plus antithétique
00:09:17entre celle du RN
00:09:18et celle de la France insoumise ?
00:09:19– C'est la motion du RN
00:09:20qui sera présentée en premier
00:09:22et donc votée en premier aussi ?
00:09:24– Oui, parce qu'ils sont plus nombreux.
00:09:25Et donc, quand la gauche s'unit
00:09:27derrière une motion de censure,
00:09:28c'est sa motion de censure
00:09:29qu'à la primeur,
00:09:29quand c'est le RN,
00:09:30eh bien c'est le RN
00:09:31qui a plus de troupes
00:09:34que la FI
00:09:34qui passe en premier.
00:09:35La motion de censure du RN
00:09:37aura sans doute moins de voix
00:09:38par contre,
00:09:39parce que les insoumis
00:09:39la voteront probablement pas.
00:09:41En revanche,
00:09:42la motion de censure des insoumis…
00:09:43– On aura une députée LFI
00:09:43tout à l'heure en plateau,
00:09:44on lui demandera,
00:09:45parce que ça, c'est évident ou pas ?
00:09:47– Jusqu'à présent,
00:09:47ils ne l'ont pas fait.
00:09:48En revanche, le RN,
00:09:49lui, vote les motions de censure,
00:09:51y compris de la France insoumise
00:09:52et donc celle qui a
00:09:53peut-être éventuellement,
00:09:55dans tous les cas
00:09:55qu'on a évoqué,
00:09:59la motion du RN échoue,
00:10:02ça ne préfigure pas
00:10:03du résultat
00:10:04de la motion de censure du LFI.
00:10:05– Exactement.
00:10:06– Ce que vous nous dites ce soir.
00:10:07Admettons maintenant,
00:10:08je vous suis dans votre raisonnement,
00:10:10que les deux motions de censure échouent.
00:10:12Il se passe quoi ensuite ?
00:10:14– Eh bien ensuite,
00:10:15il se passe qu'on n'a toujours
00:10:16pas de budget.
00:10:16– Bah oui.
00:10:17– Et donc à partir de là,
00:10:18on va avoir un texte
00:10:19et ce texte,
00:10:19il va être examiné
00:10:20à l'Assemblée nationale.
00:10:21Étant donné que Sébastien Lecornu
00:10:23a renoncé à la demande du PES
00:10:24au 49 à l'INA3
00:10:26pour que le budget passe,
00:10:27là, il ne faut pas
00:10:28qu'il y ait 289 députés
00:10:29qui votent contre le budget.
00:10:30Il faut qu'il y ait plus de députés
00:10:31qui votent pour le budget
00:10:32que de députés qui votent contre.
00:10:33Donc faites le total RN,
00:10:35l'AFI, ELV, PC
00:10:37qui voteront contre.
00:10:38Eh bien ça fait que
00:10:39si les socialistes
00:10:39ne votent pas pour le budget,
00:10:42autrement dit,
00:10:42s'ils s'abstiennent,
00:10:43le budget ne passe pas.
00:10:44Or le problème,
00:10:45si on prend uniquement
00:10:46le PLFSS,
00:10:47c'est qu'il n'y a pas
00:10:47que la suspension
00:10:48de la réforme des retraites.
00:10:49Il y a aussi plein d'autres trucs,
00:10:50par exemple,
00:10:51le haut des franchises médicales.
00:10:52Et donc c'est tout,
00:10:53tout rien.
00:10:53Et en la matière,
00:10:55ça va être extrêmement compliqué.
00:10:56Si jamais ça passe,
00:10:57ça repart au Sénat
00:10:58qui va pondre un budget
00:11:00plutôt de droite,
00:11:02a priori.
00:11:03On va avoir
00:11:03une commission mixte paritaire,
00:11:04ensuite,
00:11:05cette députée,
00:11:05cette sénateur
00:11:06qui se réunissent en conclave.
00:11:07Le texte revient à l'Assemblée.
00:11:09Si on oublie les apports du Sénat,
00:11:11Laurent Wauquiez
00:11:12risque d'être assez mécontent.
00:11:13Et donc à partir de là,
00:11:14adieu probablement les LR.
00:11:16Et s'il n'y a pas de LR,
00:11:17pareil,
00:11:17il n'y a pas de budget.
00:11:18Donc il va falloir
00:11:19que le budget d'accord
00:11:20avec le Sénat
00:11:21soit avalable
00:11:22et par les socialistes
00:11:23et par les LR.
00:11:24Autant vous dire
00:11:25qu'on n'a pas encore
00:11:26tout à fait fini cette séquence.
00:11:27Parce qu'on a tous en tête
00:11:28les 70 jours.
00:11:30Alors les 70 jours...
00:11:31Ils ont commencé déjà
00:11:32les 70 jours ?
00:11:33Le compte à rebours a commencé ?
00:11:34Dès le moment
00:11:34où on a déposé le texte,
00:11:35tic-tac, tic-tac, tic-tac,
00:11:37les 70 jours ont commencé.
00:11:37Donc il a été déposé ?
00:11:38C'est 70 jours pour le PLF,
00:11:40le budget,
00:11:41c'est 50 jours pour le PLFSS.
00:11:43Mais in fine,
00:11:44on peut les déclencher
00:11:44les deux en même temps
00:11:45si on le souhaite.
00:11:46Il faut voir que
00:11:47ces 70 jours
00:11:48ou ces 50 jours,
00:11:49ce n'est pas un délai
00:11:50qui ferait que
00:11:50si on ne les respectait pas,
00:11:51le Conseil censurerait.
00:11:53Ça, ce n'est pas vrai.
00:11:54En fait, c'est un délai
00:11:55pour permettre ensuite
00:11:56de déclencher le budget
00:11:56par voie d'ordonnance.
00:11:58Autrement dit,
00:11:58le Parlement ne s'est pas prononcé.
00:12:00Ok, très bien.
00:12:00Qu'est-ce qu'on fait ?
00:12:01Eh bien, on déclenche
00:12:02le budget par voie d'ordonnance.
00:12:03La question, c'est quel budget ?
00:12:05Et quelles ordonnances ?
00:12:06Les ordonnances, en fait,
00:12:07ce ne sont pas des ordonnances classiques
00:12:08où il faut habiliter le Parlement
00:12:10à prendre ces ordonnances.
00:12:11Dès le moment
00:12:12où vous épuisez le temps,
00:12:1470 jours en l'occurrence
00:12:15pour le PLF,
00:12:16vous pouvez dire
00:12:16en tant que gouvernement
00:12:17écoutez, vous n'êtes pas mis d'accord,
00:12:19donc j'applique mon budget
00:12:20directement par voie d'ordonnance.
00:12:22Le problème, c'est
00:12:22on parle de quel texte ?
00:12:24En fait, on a deux options.
00:12:26Il n'y a jamais eu de précédent
00:12:27sur les ordonnances.
00:12:28Donc, on ne sait pas,
00:12:28on est dans l'inconnu.
00:12:29Exactement.
00:12:30Mais on a deux options.
00:12:31Soit, a priori,
00:12:33le budget déposé
00:12:34à l'Assemblée nationale,
00:12:35le budget Bayrou.
00:12:37Il n'y a pas de suspension
00:12:38de la réforme de retraite.
00:12:39Ou bien la dernière version
00:12:40du budget qui a été voté.
00:12:41Il commence sa vie à l'Assemblée.
00:12:42Qui a été voté
00:12:43à l'Assemblée nationale ?
00:12:45Si on commence
00:12:46à l'Assemblée nationale,
00:12:47et on commence toujours
00:12:47par l'Assemblée nationale
00:12:48pour un budget,
00:12:48c'est la version du Sénat.
00:12:50Et donc, soit on a
00:12:51un budget Retailleau,
00:12:53soit on a un budget Bayrou.
00:12:54Dans les deux cas,
00:12:55il est assez peu probable,
00:12:56on ne connaît pas le budget
00:12:57qui sortira du Sénat,
00:12:58que vous ayez la suspension
00:12:59de la réforme des retraites.
00:13:00Voyez combien politiquement
00:13:01ça peut peser.
00:13:01Oui, Frédéric Daly.
00:13:02C'est extrêmement intéressant.
00:13:04Je pense que ça passera
00:13:05au-dessus de la tête
00:13:06de beaucoup de Français
00:13:08qui vont voir
00:13:08qu'on échappe,
00:13:10qu'ils échappent
00:13:11à une dissolution
00:13:11qui, entre parenthèses,
00:13:12ils le souhaitaient.
00:13:13Sondage IFOP-NCID
00:13:14il y a quelques jours
00:13:15où d'autres tiers des Français
00:13:16voulaient une dissolution,
00:13:17pas pour aller furieusement
00:13:19aller voter une troisième fois
00:13:20en 16 mois,
00:13:21mais parce que c'était vu
00:13:22comme le meilleur moyen
00:13:23de trancher le neugordien
00:13:24de cette crise parlementaire
00:13:25et de cette crise politique.
00:13:27Le gouvernement reste.
00:13:28Il va y avoir une sorte de,
00:13:30peut-être,
00:13:30je fais une hypothèse,
00:13:31de réflexe
00:13:32qui avait, entre guillemets,
00:13:33sauvé François Bayrou.
00:13:35On se souvient
00:13:36du slogan présidentiel
00:13:37de Giscard d'Estaing en 1981.
00:13:39Il faut un président à la France.
00:13:40Les Français, peut-être,
00:13:41vont se dire,
00:13:42voilà, le gouvernement
00:13:43est en place.
00:13:44Il y a une espérance de vie
00:13:45plus longue que ce qui était prévu.
00:13:46Il faut un budget à la France.
00:13:48Il y aura peut-être
00:13:49une pression
00:13:49sur les députés d'opposition
00:13:51qui sera plus ou moins efficace
00:13:53sur le mode
00:13:54on ne peut pas revenir
00:13:55à une incertitude,
00:13:57à une forme de chienlit,
00:13:58dans un contexte
00:13:59où il y a des forces,
00:13:59pas seulement citoyennes.
00:14:01Je pense beaucoup
00:14:01aux forces économiques.
00:14:03On est dans un contexte
00:14:04où jamais
00:14:05les dirigeants d'entreprises,
00:14:06dont beaucoup sont au gouvernement,
00:14:08n'ont été autant,
00:14:10ont autant bénéficié
00:14:11de la confiance des Français.
00:14:13Donc, il va y avoir
00:14:13cette bataille parlementaire
00:14:15que Benjamin Moral
00:14:16a très bien décrite,
00:14:18avec toutes ces règles,
00:14:19mais aussi une influence
00:14:20de l'opinion publique,
00:14:21avec peut-être l'image
00:14:22qui va sortir
00:14:23dans les prochaines enquêtes
00:14:24d'un Sébastien Cornu,
00:14:27le Cornu Louis XI,
00:14:28c'est-à-dire particulièrement
00:14:30habile,
00:14:31rusé,
00:14:32qui est revenu
00:14:32du diable Vauvert
00:14:33pour pouvoir rester
00:14:34alors que beaucoup
00:14:35avaient anticipé
00:14:37une chute très rapide
00:14:38dans les jours qui viennent.
00:14:39Alors,
00:14:39qu'en disent
00:14:40les électeurs de gauche
00:14:41ce soir ?
00:14:41Avant de continuer
00:14:42à vous écouter,
00:14:43nous sommes allés
00:14:43les interroger,
00:14:44ces électeurs de gauche
00:14:45à Montreuil,
00:14:45en Seine-Saint-Denis.
00:14:46Vox Pop,
00:14:47signé Clément Perrault
00:14:48et Eva Billion
00:14:48ce soir.
00:14:49Pardonnez-moi.
00:14:55Montreuil,
00:14:56la Rouge,
00:14:57à l'est de Paris,
00:14:58c'est la ville de gauche
00:14:59par excellence.
00:15:01La mairie
00:15:01est communiste,
00:15:03aux dernières législatives,
00:15:04la gauche a dépassé
00:15:05les 75%
00:15:06au premier tour.
00:15:08Ici,
00:15:09la suspension
00:15:09de la réforme
00:15:10des retraites
00:15:11arrachée
00:15:11par les députés socialistes
00:15:13est bien sûr
00:15:14très commentée.
00:15:15Alors,
00:15:16belle victoire
00:15:16ou trahison.
00:15:18Les socialistes
00:15:19étaient un grand
00:15:20parti du gouvernement
00:15:21autrefois
00:15:22et que
00:15:22je me réjouis
00:15:25plutôt de voir
00:15:26qu'ils sont capables
00:15:27de faire un pas
00:15:29vers le centre
00:15:30plutôt que
00:15:31d'être dans la rupture
00:15:33sans arrêt,
00:15:34dans la radicalisation.
00:15:36En prenant
00:15:36cette position,
00:15:38ils vont à l'encontre
00:15:38de tous ceux
00:15:40qui ont voté
00:15:40pour eux
00:15:41sur le projet
00:15:43du nouveau Front Populaire.
00:15:45Je pense que
00:15:45c'est une trahison,
00:15:46bien sûr.
00:15:46Oui, je n'aurais pas dû
00:15:47rentrer là-dedans.
00:15:48Là,
00:15:49ils se sont tirés
00:15:50une balle dans le pied
00:15:51en faisant ça,
00:15:51à mon avis,
00:15:52pour les prochaines élections.
00:15:53Non, je ne pense pas
00:15:54qu'il ait trahi,
00:15:55je pense que c'était
00:15:55intelligent de le faire.
00:15:57Maintenant,
00:15:57je ne sais pas
00:15:58si la solution proposée
00:15:59est réellement efficace.
00:16:01Je ne suis pas sûre.
00:16:02C'est déjà bien,
00:16:03c'est déjà avoir posé
00:16:04des graines,
00:16:05mais bon,
00:16:06il faudrait que ça puisse
00:16:07changer les choses.
00:16:08Pour l'instant,
00:16:09la bataille,
00:16:09elle ne fait que commencer,
00:16:10je crois.
00:16:12Et la bataille
00:16:13porte un nom,
00:16:14le budget.
00:16:15L'heure est à son examen
00:16:17et sur la place
00:16:18Jean Jaurès,
00:16:19les premières pistes
00:16:20dévoilées par le gouvernement
00:16:22sont loin de séduire.
00:16:24C'est un objet
00:16:24austéritaire.
00:16:25L'idée,
00:16:26c'est d'épargner
00:16:26les gens
00:16:27qui ont de l'argent.
00:16:30J'ai la dépressation sociale,
00:16:33les médicaments.
00:16:34Moi, je ne suis pas du tout
00:16:34d'accord avec le budget actuel.
00:16:37Rien ne me convient.
00:16:38Je trouve qu'on devrait taxer
00:16:39plus les riches,
00:16:40en l'occurrence.
00:16:41Il faut réduire le déficit
00:16:43de 1 000 milliards
00:16:44qui a augmenté considérablement.
00:16:47Mais je pense que l'argent,
00:16:48on ne va pas le chercher
00:16:48au bon endroit.
00:16:50Ceux qui sont les perdants,
00:16:51ce sont les travailleurs,
00:16:52la classe ouvrière,
00:16:53la classe moyenne surtout,
00:16:55qui va payer le plus.
00:16:56La gauche parviendra-t-elle
00:16:58a pesé sur ce budget ?
00:16:59C'est ce qu'attendent
00:17:00désormais ses électeurs
00:17:01et particulièrement
00:17:02sur la taxation
00:17:03des plus riches.
00:17:06Bénédicte Fouché,
00:17:07elle a raison,
00:17:07la dame du reportage
00:17:08qui dit qu'on ne va pas
00:17:08chercher l'argent
00:17:09au bon endroit ?
00:17:10Ce qu'on peut dire,
00:17:11c'est qu'on a certes
00:17:12obtenu,
00:17:13le Parti socialiste,
00:17:14une suspension
00:17:15de la réforme des retraites.
00:17:16Mais il y a en face
00:17:17un budget qui est très dur.
00:17:20Je pense notamment
00:17:21au budget de la sécurité sociale
00:17:22qui prévoit des économies
00:17:24massives sur le budget
00:17:25de la santé notamment,
00:17:26avec tout un tas
00:17:28de dispositions
00:17:29qui pèseront
00:17:29effectivement sur les ménages.
00:17:30Quelles sont les mesures
00:17:31les plus urtiquantes,
00:17:33j'allais dire,
00:17:33dans le projet de loi
00:17:34de la Sécu
00:17:35que vous avez identifié ?
00:17:37Alors vous avez
00:17:37le doublement
00:17:38des franchises médicales,
00:17:39vous avez une taxe
00:17:40par exemple
00:17:41sur les contrats santé
00:17:42qui certainement
00:17:44aura des répercussions
00:17:45sur les cotisations
00:17:48que devront payer
00:17:48les personnes
00:17:49sur leur mutuelle.
00:17:51Vous avez des petites mesures
00:17:52qui n'ont pas encore
00:17:52été très commentées,
00:17:53mais par exemple
00:17:54la fin de la majoration
00:17:55des allocations familiales
00:17:56à partir de 14 ans,
00:17:58elle passera à partir
00:17:58de 18 ans.
00:18:00Vous avez
00:18:01dans le budget de l'État,
00:18:04vous avez la fiscalisation
00:18:05des indemnités journalières
00:18:07pour les personnes
00:18:07qui sont en maladie
00:18:08de longue durée.
00:18:09Enfin,
00:18:09vous avez énormément
00:18:10de mesures comme ça
00:18:11qui sont faites
00:18:13pour faire,
00:18:14qui risquent
00:18:15petit à petit
00:18:16au fur et à mesure
00:18:17des débats
00:18:17d'émerger,
00:18:18de peser
00:18:19sur le moral
00:18:20des personnes.
00:18:21et j'imagine
00:18:23que les députés
00:18:24socialistes
00:18:25vont être assez embêtés
00:18:26puisque,
00:18:28après avoir obtenu
00:18:29effectivement
00:18:29une avancée
00:18:30assez symbolique,
00:18:30ils vont devoir,
00:18:31ils vont se retrouver
00:18:32à enteriner
00:18:33ou pas
00:18:34des mesures
00:18:36compliquées
00:18:37à faire avaler
00:18:38aux Français.
00:18:40Alors,
00:18:40on avait un petit doute
00:18:41sur la façon
00:18:42dont ça allait être présenté,
00:18:44Benjamin Morel,
00:18:45sur la réforme
00:18:46des retraites,
00:18:47la suspension,
00:18:47on ignorait
00:18:49de quelle façon,
00:18:50enfin,
00:18:50beaucoup de députés
00:18:51s'interrogeaient
00:18:52sur le véhicule législatif,
00:18:54comme on dit,
00:18:54c'est la façon
00:18:55dont cette suspension
00:18:56des retraites
00:18:56allait être présentée.
00:18:58Je ne sais pas
00:18:58si on peut réentendre
00:18:59Sébastien Lecornu
00:19:00qui a apporté
00:19:00cette précision
00:19:01cet après-midi
00:19:02lors des questions
00:19:02au gouvernement.
00:19:04Si on veut aller
00:19:05le plus vite possible
00:19:06avec des délais
00:19:08qui sont tenus
00:19:09et un débat
00:19:10de qualité et loyale,
00:19:12je pense qu'il faut
00:19:13que le gouvernement
00:19:14dépose un amendement
00:19:15au projet de la finance
00:19:16pour la sécurité sociale
00:19:17dès le mois de novembre.
00:19:18Dès le début
00:19:19de la discussion
00:19:20du PLFSS,
00:19:21comme chaque année
00:19:22depuis des décennies.
00:19:23Si le gouvernement
00:19:24dépose cet amendement,
00:19:26je l'ai suffisamment dit hier
00:19:28pendant la déclaration
00:19:28de politique générale,
00:19:30ça sera au Parlement
00:19:30de le décider.
00:19:32Donc Benjamin Morel,
00:19:33ce sera un amendement
00:19:34au projet de loi
00:19:34de financement
00:19:35de la sécurité sociale.
00:19:37C'est technique,
00:19:37mais c'est important.
00:19:38Cet amendement
00:19:39est-il un cavalier législatif
00:19:41comme le dit
00:19:42le Rassemblement national ?
00:19:43Probablement pas,
00:19:44tout bêtement,
00:19:44parce qu'en matière
00:19:45de PLFSS,
00:19:46projet de loi
00:19:47de financement
00:19:47de la sécurité sociale,
00:19:48on parle de cavalier social.
00:19:50Qu'est-ce qu'un cavalier social ?
00:19:51C'est un amendement
00:19:52qui n'impacte pas
00:19:53le budget de la sécurité sociale.
00:19:55Je parle sur le contrôle
00:19:56de ma voisine.
00:19:57Qui n'a pas de rapport
00:19:57et qui n'a pas d'impact financier.
00:19:59Je tiens à préciser
00:20:00que la réforme des retraites
00:20:01était une loi de financement
00:20:03de la sécurité sociale
00:20:04rectificative.
00:20:05Donc, quelque part...
00:20:07On est dans le véhicule
00:20:09qui est le véhicule
00:20:10à Céidoine.
00:20:10Et comme, a priori,
00:20:11cet amendement
00:20:12va avoir un coût
00:20:14pour les finances
00:20:14de la sécurité sociale.
00:20:16Je ne vois pas en quoi
00:20:16ça peut être un cavalier social.
00:20:18Donc, ce ne sera pas
00:20:19anti-constitutionnel ?
00:20:20A priori, non.
00:20:21Et si ça l'est,
00:20:23ça viendrait
00:20:23d'une jurisprudence
00:20:24du Conseil constitutionnel
00:20:25que je ne vois pas encore.
00:20:26Je ne vois pas
00:20:27le Conseil constitutionnel
00:20:27être créatif au point
00:20:29de censurer ce type
00:20:30de dispositions
00:20:30contre toute sa jurisprudence
00:20:32en mettant le feu au pays.
00:20:34Donc, non.
00:20:34Encore faut-il,
00:20:35et on y revient,
00:20:36mais que le projet de loi
00:20:37soit voté
00:20:37avant que le Conseil
00:20:38se prononce.
00:20:39Et là, il y a loin
00:20:39de la coupe aux lèvres.
00:20:40Bénédicte Fouché,
00:20:41on parlait des mesures
00:20:43de ce projet de loi
00:20:44de financement
00:20:45de la sécurité sociale.
00:20:46Il faut aussi parler
00:20:46des grandes mesures
00:20:47du projet de financement
00:20:48de 2026.
00:20:49Le budget,
00:20:51Roland Lescure a confirmé
00:20:52ce matin qu'il y aurait
00:20:53une hausse des impôts
00:20:54pour 2026.
00:20:54Il n'a pas donné le détail
00:20:55de cette hausse des impôts,
00:20:57mais il a promis,
00:20:59par exemple,
00:20:59de s'attaquer
00:21:00à des niches fiscales,
00:21:01à une vingtaine
00:21:01de niches fiscales
00:21:02sur les 474
00:21:04qu'il y a aujourd'hui.
00:21:06Est-ce que vous avez
00:21:06identifié certaines niches
00:21:08qui peuvent faire bondir
00:21:09ou la gauche,
00:21:10ou la droite,
00:21:11ou les Français ?
00:21:12Ou tout le monde ?
00:21:13Il y a effectivement
00:21:14tout un tas
00:21:15de petites niches
00:21:16qui sont évoquées.
00:21:17J'ai évoqué
00:21:17l'histoire de la fiscalisation
00:21:20des indemnités journalières.
00:21:22Vous avez aussi,
00:21:22par exemple,
00:21:23la suppression
00:21:23de la réduction d'impôts
00:21:25pour les frais de scolarité
00:21:26des études supérieures.
00:21:28Il propose aussi
00:21:29de tailler dans les avantages
00:21:30fiscaux sur les biocarburants.
00:21:33Vous avez tout un tas
00:21:35de petites mesures
00:21:36comme ça.
00:21:37Il y a des petites taxes.
00:21:38Des petites taxes.
00:21:39On a vu
00:21:39les petits colis.
00:21:41Exactement.
00:21:42Qui vont potentiellement
00:21:44peser sur les ménages.
00:21:48Vous avez aussi
00:21:49cette fameuse histoire
00:21:50du barème.
00:21:51Le gel du barème.
00:21:52Exactement.
00:21:52Le gel du barème.
00:21:54C'est 200 000 Français
00:21:55qui vont payer l'impôt.
00:21:56Des plafonds d'impôt sur le revenu.
00:21:57Exactement.
00:21:57Qui avait fait déjà
00:21:58couler de l'encre
00:22:00l'année dernière,
00:22:01en 2025.
00:22:02Finalement,
00:22:03le gouvernement
00:22:03était revenu
00:22:04sur cette disposition.
00:22:07Il est possible
00:22:08de ne pas vous faire
00:22:08ça.
00:22:08Ça, c'est urtiquant.
00:22:10Le gel du barème
00:22:11de l'impôt fait que
00:22:12200 000 nouveaux ménages
00:22:13vont entrer dans l'impôt
00:22:14en 2026.
00:22:15Alors oui, c'est vrai.
00:22:16Quand j'entends
00:22:17ce que dit Mme Fouché,
00:22:19je me dis qu'une logique
00:22:20d'opinion qui s'était
00:22:21mise en place,
00:22:22mais immédiatement
00:22:23au moment du budget Bayrou,
00:22:25des annonces du 15 juillet,
00:22:26à savoir,
00:22:27ça s'était focalisé,
00:22:28ça avait été cannibalisé
00:22:29par les fameux
00:22:30deux jours fériés
00:22:31sur Climé,
00:22:32mais il y avait l'idée,
00:22:33et c'est une logique
00:22:34d'opinion toujours
00:22:35très dangereuse
00:22:36pour un pouvoir,
00:22:37Nicolas Sarkozy
00:22:38l'a connu
00:22:38avec le bouclier fiscal,
00:22:41c'est ce que j'appelle
00:22:41le clivage gros-petit.
00:22:43C'est-à-dire
00:22:43que toute mesure,
00:22:45toute décision,
00:22:46tout budget d'un pouvoir
00:22:47est vu comme un cadeau
00:22:48au gros,
00:22:49et le gros,
00:22:50de manière très large,
00:22:51c'est un dirigeant
00:22:52d'entreprise
00:22:52qui n'est pas touché,
00:22:54un restaurateur
00:22:55qui échappe à la TVA,
00:22:56etc.
00:22:57Et c'est vrai que
00:22:58c'est une logique
00:22:58d'opinion dévastatrice
00:22:59parce que ce qui va être
00:23:01sans doute quelque chose
00:23:02qui va être compliqué
00:23:03pour le gouvernement
00:23:04à, je dirais,
00:23:05déconstruire,
00:23:06c'est l'idée que
00:23:06les efforts ne sont pas
00:23:08équitablement répartis.
00:23:09C'était très fortement
00:23:11la justice sociale et fiscale.
00:23:11Il ne faut pas oublier
00:23:12les annonces de François Bayrou
00:23:14avaient été jugées
00:23:15courageuses sur les constats,
00:23:17réalistes par rapport
00:23:18à notre situation
00:23:19en termes de dette.
00:23:19On ferait la même enquête
00:23:20pour Sébastien Lecornu
00:23:21qui a sans doute
00:23:22une meilleure image,
00:23:23ça c'est encore plus fort,
00:23:23mais injuste
00:23:25et avec l'idée
00:23:26que les efforts
00:23:26sont mal répartis
00:23:27avec cet imaginaire.
00:23:28On l'a vu dans une enquête
00:23:29IFOP pour l'EPS
00:23:31sur 80% des gens,
00:23:32je n'ai plus le chiffre en tête,
00:23:33mais dans ces zones-là,
00:23:34favorables à cette taxe Zuckmann,
00:23:36pas en tant que telle,
00:23:37mais avec l'idée
00:23:38qu'il fallait mieux répartir
00:23:39les efforts.
00:23:40La litanie que vous avez égrenée,
00:23:42si je puis dire,
00:23:43va apporter
00:23:44pas beaucoup d'eau,
00:23:45mais des petites carafes,
00:23:46si je puis dire,
00:23:47des petites rivières
00:23:48à cette logique d'opinion
00:23:49qui peut être dévastatrice.
00:23:50On a une autre question,
00:23:52téléspectateurs,
00:23:52qui nous vient de Charlotte
00:23:53de Strasbourg,
00:23:54pour Bénédicte.
00:23:55Y a-t-il des mesures
00:23:56en faveur du pouvoir d'achat
00:23:57dans ce projet de budget ?
00:23:59Alors, il y a quelques mesures
00:24:01en faveur du pouvoir d'achat,
00:24:03mais qui ne sont pas forcément
00:24:04applicables immédiatement.
00:24:06On a par exemple,
00:24:07alors c'est une mesure sociale
00:24:08plus qu'une mesure
00:24:09en faveur du pouvoir d'achat,
00:24:10c'est par exemple
00:24:11la mise en place
00:24:11d'un congé de naissance.
00:24:12Bon, mais c'est qu'à partir
00:24:13de 2027.
00:24:15On a aussi les mesures
00:24:17issues du concours.
00:24:17Oui, donc pour les bébés
00:24:18qui naissent maintenant,
00:24:19on peut oublier.
00:24:19Voilà.
00:24:19la relance nataliste
00:24:23par le président,
00:24:24voilà, je cherchais l'expression.
00:24:26Effectivement,
00:24:27ce n'est pas pour tout de suite.
00:24:28On a également des mesures
00:24:31sur les retraites
00:24:33qui étaient issues du conclave
00:24:35en faveur des dépensions
00:24:37des femmes,
00:24:38donc qui doivent être mises en oeuvre.
00:24:40D'ailleurs, reste à savoir
00:24:41comment elles vont s'articuler
00:24:42exactement avec la suspension.
00:24:45Tout ça, c'est des sujets
00:24:46qui vont se poser
00:24:47au fur et à mesure
00:24:48du débat parlementaire.
00:24:50Débat parlementaire,
00:24:51si et seulement si,
00:24:52le gouvernement,
00:24:53le corps nus d'eux,
00:24:54n'est pas censuré
00:24:55demain matin.
00:24:56Et on a beaucoup parlé
00:24:57des inconnus du soir
00:24:59avant ces deux motions
00:25:00de censure.
00:25:01Parmi les inconnus,
00:25:02il y a ce que vont faire
00:25:03les LR
00:25:03qui sont en pleine implosion.
00:25:05C'est les hoffes de loups.
00:25:06Tout de suite.
00:25:11Mais loups,
00:25:12c'est encore le psychodrame
00:25:14chez les Républicains ?
00:25:15Ah bah oui,
00:25:15un de plus.
00:25:16Écoutez, chez LR,
00:25:17à chaque jour suffit sa peine,
00:25:19les crises s'accumulent.
00:25:19La dernière en date,
00:25:21on la doit au mot
00:25:21de Laurent Wauquiez,
00:25:23hier à la tribune de l'Assemblée.
00:25:24Je vous propose de l'écouter.
00:25:26Nous nous engageons
00:25:27conscients des compromis
00:25:29nécessaires
00:25:30pour que des lois indispensables
00:25:33soient adoptées.
00:25:35Cette position,
00:25:37nous l'avons définie
00:25:38collectivement
00:25:38avec nos députés
00:25:40et nos sénateurs.
00:25:42Nous ne censurerons pas
00:25:43un gouvernement a priori
00:25:45et nous ne ferons pas partie
00:25:47de ceux qui feront tomber
00:25:49les premiers ministres.
00:25:51Nous ne ferons pas partie
00:25:53de ceux qui font tomber
00:25:54les premiers ministres.
00:25:55Bon, on imagine bien
00:25:56que la pique est directement
00:25:57adressée à Bruno Retailleau.
00:26:00Ce que dit Laurent Wauquiez,
00:26:00c'est qu'il n'y aura pas
00:26:01de censure chez LR,
00:26:02malgré,
00:26:03et c'est là le cœur du litige,
00:26:05la suspension de la réforme
00:26:07des retraites annoncée
00:26:08par Sébastien Lecornu,
00:26:09promise au PS
00:26:10pour réussir à avoir
00:26:10une non-censure.
00:26:11Et là,
00:26:12chez LR,
00:26:13c'est le drame.
00:26:14Mais pardon,
00:26:15pourquoi, Lou ?
00:26:1619 députés LR,
00:26:18on rappelle,
00:26:18avaient voté
00:26:19contre la réforme
00:26:20et même tenté
00:26:20de censurer Elisabeth Borne
00:26:22en 2023.
00:26:23Ils devraient être contents,
00:26:24non ?
00:26:25Ah bah,
00:26:25les députés,
00:26:26oui.
00:26:26Sur le terrain,
00:26:2764 ans,
00:26:28ça passe pas très bien.
00:26:29Surtout quand votre adversaire
00:26:30est estampillé
00:26:31Rassemblement National.
00:26:32Mais chez les sénateurs,
00:26:34c'est pas tout à fait pareil.
00:26:35Ils n'entendent pas
00:26:35de cette oreille
00:26:36parce que, eux,
00:26:36à la loi,
00:26:37il y a deux ans,
00:26:38ils l'ont voté.
00:26:39Et qui était le patron
00:26:40des sénateurs LR,
00:26:41il y a deux ans ?
00:26:42Laissez-moi réfléchir
00:26:43avant des 1.
00:26:43Bruno Retailleau ?
00:26:44Ah, tout à fait,
00:26:45bingo !
00:26:46Et en soi,
00:26:46c'est le meilleur ennemi
00:26:47depuis la campagne interne
00:26:48de Laurent Wauquiez.
00:26:50Et son avis,
00:26:50il diverge un petit peu.
00:26:52Contrairement à ce que dit
00:26:53Laurent Wauquiez,
00:26:54il ne s'est pas fait attendre
00:26:54et dans un communiqué
00:26:55publié deux heures plus tard,
00:26:57il indique
00:26:58la suspension
00:26:59de la réforme des retraites
00:27:00et le silence
00:27:00du Premier ministre
00:27:01sur l'immigration
00:27:02prouvent que ce gouvernement
00:27:03est l'otage des socialistes.
00:27:05Pour éviter la censure,
00:27:06le gouvernement fait payer
00:27:07aux Français
00:27:08à un prix considérable.
00:27:09Il a réitéré aujourd'hui,
00:27:10il a dénoncé
00:27:11donc un revirement
00:27:12historique sur les retraites.
00:27:14Aucune des exigences
00:27:15de la droite
00:27:15que la droite avait formulée
00:27:17à Sébastien Lecornu
00:27:18n'a été respectée.
00:27:20Bon, lui,
00:27:21c'est encore soft,
00:27:21mais quand on va
00:27:22chez ses lieutenants,
00:27:23notamment le premier d'entre eux,
00:27:24François-Xavier Bellamy,
00:27:25là, ça tire de façon
00:27:26plus franche.
00:27:27Je ne suis pas député
00:27:28à l'Assemblée nationale,
00:27:29mais si je l'étais aujourd'hui,
00:27:31je voterais pour la censure.
00:27:32Ça, c'était dans le Figaro.
00:27:33Pas la peine de préciser
00:27:34que pour les députés,
00:27:36ils sont furaxes.
00:27:39Et ça creuse
00:27:39d'autant plus
00:27:40le fossé
00:27:42qui existe aujourd'hui
00:27:43entre Bruno Retailleau
00:27:44et ses députés.
00:27:45Mais sauf que Bruno Retailleau,
00:27:46il a quand même été élu
00:27:47avec 74% des voix
00:27:50lors de la primaire interne
00:27:51au LR.
00:27:51C'est un score écrasant.
00:27:53Vous ne pouvez pas me dire
00:27:54que personne ne censurera demain
00:27:55alors que c'est lui
00:27:56le patron,
00:27:57c'est lui le chef.
00:27:58Ah ben franchement,
00:27:59très à la marge
00:27:59parce que plus que la légitimité,
00:28:01le principal moteur
00:28:02chez LR en ce moment,
00:28:03c'est la trouille.
00:28:04La trouille de la dissolution.
00:28:05En même temps,
00:28:06quand vous écoutez
00:28:07le président de la République
00:28:08en Conseil des ministres,
00:28:09voilà ce qu'a rapporté
00:28:10Maude Bréjean
00:28:10qui est porte-parole
00:28:11du gouvernement.
00:28:12Les motions de censure
00:28:13déposées contre le gouvernement
00:28:14et discutées jeudi
00:28:15sont des motions de dissolution.
00:28:17Elles doivent être vues
00:28:18comme telles.
00:28:19Donc autant vous dire
00:28:19que chez les députés LR,
00:28:20ça ne se bouscule pas
00:28:21aux portillons pour les voter.
00:28:23Résultat,
00:28:24les retaillistes
00:28:24ne prennent même pas la peine
00:28:25d'essayer de temporiser.
00:28:27Au contraire,
00:28:27ils se bunkerisent,
00:28:29me disait un député LR
00:28:30ce matin au téléphone.
00:28:31Je continue.
00:28:33Certains disent même
00:28:33qu'ils sont dans une dynamique
00:28:35d'union des droites
00:28:36avec le RN.
00:28:37J'ai peur que nous soyons
00:28:37pris dans une spirale
00:28:38de radicalisation
00:28:39de Bruno Rotaillot.
00:28:41Mais un petit instant,
00:28:42juste une petite devinette
00:28:43comme ça pour vous.
00:28:44Un président de LR
00:28:45qui se claque mur,
00:28:47qui a une fibre régalienne,
00:28:49refuse de s'allier
00:28:50avec les macronistes,
00:28:51semble donner des signes
00:28:52positifs sur sa droite
00:28:53contre les socialistes,
00:28:55ça ne vous rappelle pas
00:28:55grand-chose ?
00:28:56Alors là, tout de suite,
00:28:56j'ai l'image d'Éric Ciotti
00:28:58qui s'était enfermé
00:28:59dans le bureau des Républicains
00:29:00au siège en juin 2024.
00:29:02Eh bien, vous êtes fortiche.
00:29:03Oui, c'est ça.
00:29:04Mais ça va finir
00:29:05de la même façon ?
00:29:06Écoutez, là, moi,
00:29:07j'ai du mal à voir clair
00:29:07sur la situation.
00:29:08Alors, il se dit que
00:29:09Gérard Larcher a été mandaté
00:29:11pour calmer Bruno Rotaillot.
00:29:13Mais si ce n'est pas le cas,
00:29:14eh bien, on peut se poser
00:29:15la question de comment
00:29:16finir à ce parti.
00:29:17Comment ça va finir ?
00:29:18Frédéric Dhabi,
00:29:19il se trouve que l'IFOP
00:29:20a publié ce matin
00:29:21son tableau de bord mensuel
00:29:22des personnalités politiques.
00:29:23Alors, on ne va pas dire
00:29:24préférés des Français,
00:29:25on va dire les moins mal aimés.
00:29:27On est bien d'accord.
00:29:28Quels enseignements tirez-vous
00:29:29de ce nouveau baromètre ?
00:29:30Eh bien, c'est ce baromètre
00:29:32IFOP Fiduissal
00:29:32pour Paris Match
00:29:33et Sud Radio.
00:29:34C'est le spectacle
00:29:35de la défiance.
00:29:37Il n'y a aucune personnalité
00:29:39qui dépasse 42%
00:29:41de bonnes opinions.
00:29:42En 2012,
00:29:42ce n'est pas il y a
00:29:43si longtemps que cela,
00:29:44on avait 22 personnalités
00:29:46qui avaient une majorité
00:29:47de bonnes opinions.
00:29:48Au-dessus de 50%.
00:29:49Au-dessus de 50%.
00:29:49Puis la question posée,
00:29:51c'est bonnes,
00:29:51mauvaises opinions.
00:29:52Ce n'est pas la code d'avenir,
00:29:54ce n'est pas la confiance
00:29:55pour régler tous les problèmes
00:29:56du pays
00:29:56et qu'on soit tous heureux.
00:29:58C'est la question
00:29:58d'opinion la plus simple.
00:30:00En 2017,
00:30:01on en avait 8.
00:30:02On en avait après 2 ou 3.
00:30:04Et maintenant,
00:30:04il n'y en a plus aucune.
00:30:05Et c'est Jean-Louis Barlot
00:30:06qui est retiré
00:30:07d'allées politiques
00:30:07qui arrive en tête.
00:30:09Avec Dominique de Villepin
00:30:11à égalité.
00:30:11On a un duo de personnalités.
00:30:13Dominique de Villepin
00:30:14a fait plus de pas
00:30:15peut-être vers une candidature.
00:30:16Mais surtout,
00:30:17ce baromètre montre
00:30:18que pour qui sonne le glas,
00:30:19le glas sonne pour tout le monde.
00:30:21Pour Emmanuel Macron
00:30:22qui sort du classement,
00:30:23qui est 51ème.
00:30:24Alors, oui, c'est ça.
00:30:25Il n'est plus dans le top 50.
00:30:26C'est la première fois que ça arrive.
00:30:27Ce n'est jamais arrivé
00:30:28depuis que ce baromètre
00:30:29a été créé par image
00:30:30chez l'IFOP en 2003.
00:30:32Ça fait quand même
00:30:32un petit moment.
00:30:33On a toutes les personnalités
00:30:35du Bloc central
00:30:35qui s'effondrent
00:30:36chez LR
00:30:37dans l'électorat
00:30:38d'Emmanuel Macron.
00:30:39La plupart des ministres
00:30:41qui chutent également.
00:30:42Une gauche qui s'en tira
00:30:43un petit peu mieux.
00:30:44Mais on voit très bien
00:30:44que ce baromètre
00:30:46reflète
00:30:46cette éclipse
00:30:47du politique à l'échelle nationale,
00:30:49le sentiment pour les Français
00:30:50que le politique dysfonctionne,
00:30:52qu'il ne joue plus son rôle,
00:30:53à savoir le résultat,
00:30:54agir pour le bien
00:30:55des Français.
00:30:57Et puis, surtout,
00:30:58ce qu'on vit en ce moment,
00:30:59c'est la crise de l'écoute
00:31:00où les Français
00:31:01ont l'impression
00:31:01que le monde politique
00:31:02se parle à lui-même
00:31:04pour monter
00:31:04des mécanos budgétaires,
00:31:06des mécanos électoraux,
00:31:08éviter une motion de censure.
00:31:09On ne parle plus.
00:31:10Le dialogue représentant...
00:31:11Mais en même temps,
00:31:12Frédéric Dhabi,
00:31:13on entend tout
00:31:14et son contraire
00:31:15dans la bouche
00:31:15des députés,
00:31:17notamment des hommes
00:31:18et des femmes politiques
00:31:18en général.
00:31:19On entend
00:31:19les Français veulent revenir
00:31:21aux urnes,
00:31:21c'est ce qu'ils me disent
00:31:22quand je vais dans ma circonscription.
00:31:23On entend
00:31:23les Français nous demandent
00:31:25de nous entendre.
00:31:26Les Français,
00:31:27vous voulez sonder.
00:31:29Oui.
00:31:30Comment on bat leur cœur ?
00:31:31Sur le terrain,
00:31:32le souhait de dissolution
00:31:33était absolument massif
00:31:35parce que c'était
00:31:35pour trancher cette crise.
00:31:38Maintenant,
00:31:38si Sébastien Lecornu reste,
00:31:40si on a le sentiment
00:31:41qu'on revient
00:31:42un petit peu à la normale,
00:31:44sans doute,
00:31:45ce souhait va dégonfier.
00:31:46Mais la crise de l'écoute,
00:31:48la crise de la considération
00:31:49qui date
00:31:50d'il y a des années,
00:31:51des années,
00:31:51on peut citer
00:31:51le référendum du 29 mai 2005,
00:31:54les Gilets jaunes,
00:31:54le Covid,
00:31:55la réforme des retraites
00:31:56rejetée par deux tiers
00:31:57des Français
00:31:57et trois quarts
00:31:58des personnes actives.
00:31:59Alors,
00:31:59c'est en ça
00:32:00qu'il y a eu un bouger,
00:32:01je n'aime pas ce terme très...
00:32:02Vous savez qu'on fait
00:32:04un bingo du bouger.
00:32:05À chaque fois qu'il est prononcé
00:32:06sur ce plateau,
00:32:07on fait un...
00:32:07Cette évolution,
00:32:09cette rupture
00:32:10avec le macronisme
00:32:11du second mandat
00:32:11va peut-être
00:32:12donner le sentiment
00:32:13d'être plus écouté,
00:32:15mais il n'y a quasiment
00:32:16pas un parti
00:32:16qui échappe
00:32:17à un mouvement,
00:32:18qui échappe
00:32:19à cette défiance,
00:32:20un peu moins l'URN
00:32:21qui joue la carte
00:32:21de l'alternative
00:32:22et encore.
00:32:24Bon,
00:32:24c'est parti
00:32:25pour le parlementarisme,
00:32:26Benjamin Morel.
00:32:27La France est prête ?
00:32:28En fait,
00:32:29le parlementarisme,
00:32:30si vous voulez,
00:32:31ça implique d'abord,
00:32:32et désolé d'y revenir,
00:32:33mais des majorités.
00:32:34Ces majorités,
00:32:35elles peuvent être composées
00:32:36à la suite d'une délibération
00:32:37en mode Troisième République,
00:32:38elles peuvent être construites
00:32:39entre des partis,
00:32:40mais ça implique
00:32:41des majorités.
00:32:43Quand on dit
00:32:43le pouvoir est revenu
00:32:43au Parlement,
00:32:44je ne devrais pas dire ça
00:32:45sur cette chaîne,
00:32:45mais ce n'est pas
00:32:46nécessairement vrai.
00:32:47Celui qui tient le pouvoir
00:32:48sous la Ve République,
00:32:49c'est celui qui dispose
00:32:49d'une majorité.
00:32:50C'est le président,
00:32:51et bien on a cette présidence impériale
00:32:52qu'on a connue
00:32:53sous les précédents quinquennats.
00:32:54Si c'est le gouvernement
00:32:55et qu'il n'est pas
00:32:56de la couleur politique
00:32:56du président,
00:32:57et bien c'est ce qu'on appelle
00:32:58une cohabitation.
00:32:59Quand il n'y a pas de majorité,
00:33:01ce n'est pas que le pouvoir
00:33:01revient à l'Assemblée,
00:33:03c'est que le pouvoir s'évapore.
00:33:04Et là, actuellement,
00:33:05on n'arrive même pas
00:33:05à faire passer un budget,
00:33:07ce qui montre que ce pouvoir
00:33:08aujourd'hui,
00:33:08il est évanescent,
00:33:09et là, en effet,
00:33:10ça crée une crise de confiance
00:33:11parce que dans la crise
00:33:12de représentation,
00:33:13il n'y a pas seulement
00:33:14ressembler à,
00:33:15il y a également agir,
00:33:17agir au nom d'eux
00:33:17et agir efficacement,
00:33:19et là,
00:33:19on est en pleine d'action.
00:33:21Eh bien, c'est une formidable transition
00:33:22pour la question qui fâche
00:33:23qui viendra dans un instant
00:33:24sur, justement,
00:33:25le parlementarisme.
00:33:26Êtes-vous prêts
00:33:27à parlementer,
00:33:28mesdames et messieurs les députés ?
00:33:29On va leur poser la question.
00:33:30Il y a trois députés
00:33:31qui sont en coulisses,
00:33:32qui vous ont écouté religieusement
00:33:33parler du parlementarisme.
00:33:35On va attendre leur réponse.
00:33:36Mais avant cela,
00:33:37c'est quelle histoire ?
00:33:39Et c'est Laurent Guimier.
00:33:47Et ce soir, Laurent,
00:33:49vous vouliez nous parler
00:33:50d'un mot d'excuse,
00:33:51un mot d'excuse
00:33:52d'un des petits nouveaux
00:33:53du gouvernement ?
00:33:54Eh oui,
00:33:54c'est le message
00:33:55que le nouveau ministre
00:33:56du Travail et des Solidarités
00:33:57a dû publier
00:33:58très tard hier soir,
00:33:59vers 23h20,
00:34:01sur les réseaux sociaux,
00:34:02après son passage aux 20h.
00:34:03Je le lis,
00:34:04vous le voyez sur l'écran,
00:34:05je cite,
00:34:06« En utilisant le terme d'autiste,
00:34:07mes propos ont blessé
00:34:08et ce n'était pas mon intention,
00:34:10j'en suis sincèrement désolé
00:34:11et je présente mes excuses. »
00:34:13Alors,
00:34:13au moment où il écrit ce message,
00:34:15Jean-Pierre Farandou,
00:34:16c'est le ministre,
00:34:17est pris au piège
00:34:17dans un énorme incendie médiatique,
00:34:20des milliers de critiques
00:34:21après cette réponse
00:34:21à Léa Salamé,
00:34:22aux 20h,
00:34:23qui lui demandait tout simplement
00:34:24pourquoi la réforme
00:34:26des retraites est suspendue.
00:34:27Regardez.
00:34:28« La réforme,
00:34:29après,
00:34:30je crois que le Premier ministre
00:34:31l'a dit,
00:34:31on n'est pas sourds,
00:34:32on n'est pas autistes,
00:34:32on voit bien qu'elle passe mal,
00:34:34cette réforme,
00:34:35il y a des réactions,
00:34:36il y a des inquiétudes,
00:34:38il y a des mécontentements
00:34:39qui s'expriment,
00:34:39on le voit bien,
00:34:40c'est un sujet central. »
00:34:41Alors,
00:34:41on n'est pas autistes,
00:34:44cela ne se dit pas en 2025,
00:34:46des milliers de réactions,
00:34:47de réactions indignées,
00:34:48sur X notamment,
00:34:49de familles qui estiment
00:34:50qu'on stigmatise leurs enfants
00:34:52qui présentent ce trouble
00:34:53du comportement.
00:34:54Vous voyez,
00:34:55il y a beaucoup d'associations
00:34:56qui ont réclamé des excuses.
00:34:56« L'autisme est un trouble
00:34:57du développement cérébral. »
00:34:59Exactement.
00:34:59« En revanche,
00:35:00je n'ai pas relevé
00:35:01beaucoup d'appels
00:35:01à la démission,
00:35:02purement et simplement,
00:35:03en provenance
00:35:04de la classe politique.
00:35:05N'empêche,
00:35:06Jean-Pierre Farandou
00:35:06a dû choisir
00:35:08de faire amende honorable
00:35:09sur son compte X
00:35:10très rapidement. »
00:35:11Mais alors,
00:35:11des excuses sur les réseaux sociaux
00:35:13après une bourde
00:35:14dans un journal de 20h,
00:35:15c'est la bonne posture, Laurent ?
00:35:16En fait,
00:35:16c'est la seule.
00:35:17Dans la France de 2025,
00:35:19et j'ajoute,
00:35:19dans un gouvernement,
00:35:20le cornu,
00:35:20on va en reparler,
00:35:21ne rien faire,
00:35:22c'était prendre
00:35:22un double pari
00:35:23extrêmement risqué.
00:35:24D'abord,
00:35:25un pari numéro un,
00:35:26un sujet chasse l'autre,
00:35:28ça va se tasser.
00:35:28Vous savez,
00:35:29on entend ça de temps en temps.
00:35:30Alors ça,
00:35:30c'était la contamination assurée
00:35:32et le risque
00:35:32d'une question au gouvernement
00:35:33cet après-midi
00:35:35qui aurait sans doute
00:35:36enflammé les choses.
00:35:37D'ailleurs,
00:35:38Jean-Pierre Farandou
00:35:38a répondu à une question
00:35:39et ça s'est plutôt bien passé.
00:35:42Pari numéro deux,
00:35:44c'est ce que j'appelle
00:35:44le pari du mépris antinumérique.
00:35:47Dire en gros,
00:35:49c'est sur les réseaux sociaux,
00:35:50cette polygmique
00:35:51n'existe pas dans la vraie vie.
00:35:53Et ça,
00:35:53c'est plus possible aujourd'hui,
00:35:55notamment dans un gouvernement
00:35:56d'un premier ministre,
00:35:57Sébastien Lecornu,
00:35:58qui a fait lui-même
00:35:59beaucoup d'annonces politiques
00:36:01directement sur les réseaux sociaux.
00:36:02On l'a vu il y a quelques jours.
00:36:04Il y a quelques jours encore,
00:36:05Jean-Pierre Farandou
00:36:06était le patron de la SNCF.
00:36:08Il est donc issu
00:36:08de ce qu'on appelle
00:36:09la société civile.
00:36:10Est-ce que ça,
00:36:11ça entre en ligne
00:36:12de compte ?
00:36:12Alors,
00:36:13pas forcément sur le fond,
00:36:14à ce stade.
00:36:15Je pense que la phrase
00:36:16« on n'est pas des autistes »
00:36:17dans la bouche
00:36:18de Jean-Pierre Farandou,
00:36:19PDG de la SNCF,
00:36:20aurait provoqué
00:36:21également une polémique.
00:36:22Sur la forme,
00:36:23je pense que c'est
00:36:24plutôt un avantage pour lui
00:36:25parce qu'en fait,
00:36:25il vient d'un job
00:36:26et d'une entreprise
00:36:27qui sait ce que c'est
00:36:28que la com' de crise.
00:36:29D'où,
00:36:29je pense,
00:36:30sa réaction très rapide
00:36:31hier soir.
00:36:32En revanche,
00:36:34pour nos autres ministres
00:36:35issus de la société civile,
00:36:36comme on dit,
00:36:37je crois que certains
00:36:38ne sont pas totalement entrés
00:36:39dans l'atmosphère politique,
00:36:41comme on dit
00:36:41dans les phrases à la mode.
00:36:42On va les citer,
00:36:43il y a Monique Barbu
00:36:43qui est devenue ministre
00:36:44de la Transition écologique
00:36:45et l'ancien patron de Système,
00:36:47Serge Papin,
00:36:48qui est maintenant au PME.
00:36:49Qu'est-ce qui se passe avec eux ?
00:36:50À ce stade,
00:36:51je reste sur le champ numérique.
00:36:54Leur profil,
00:36:54leur double digital
00:36:55est soit en sommeil,
00:36:57soit resté
00:36:58complètement coincé
00:36:59dans la vie d'avant.
00:37:00Regardez Serge Papin,
00:37:00par exemple,
00:37:01regardez son compte X,
00:37:03laissé à l'abandon
00:37:04en 2019,
00:37:04avec pour dernier poste
00:37:05cet article
00:37:06où notre nouveau ministre
00:37:07des PME clame
00:37:09que l'avenir se joue
00:37:10chez les cavistes
00:37:10des grandes villes.
00:37:12Sur LinkedIn maintenant,
00:37:13vous le voyez,
00:37:14M. Papin est toujours
00:37:15conseil en leadership,
00:37:17conférencier et auteur.
00:37:18Autre exemple,
00:37:19la ministre de la Transition écologique
00:37:20n'est pas sur X.
00:37:21Quant au nouveau ministre
00:37:22de l'Éducation nationale,
00:37:23M. Geffray,
00:37:24un haut fonctionnaire,
00:37:25son compte X à lui
00:37:27est purement et simplement
00:37:28interdit au grand public.
00:37:30Ses tweets sont protégés,
00:37:31comme on dit.
00:37:32C'est un compte privé.
00:37:32C'est un compte privé.
00:37:33Alors j'imagine
00:37:34que tout ça va se mettre en ordre.
00:37:35Les cabinets
00:37:36de ces ministres
00:37:37vont mettre les choses à jour.
00:37:39Mais je me permets
00:37:39un conseil gratuit.
00:37:41Gratuit.
00:37:41En cas de pépins.
00:37:42Profitez-en, c'est gratuit.
00:37:43Comme celui qu'a vécu
00:37:44Jean-Pierre Farandou
00:37:45hier soir.
00:37:47Ceux qui ne seront pas
00:37:47rapidement d'attaque
00:37:48sur le champ de bataille numérique
00:37:50vont rester des amateurs
00:37:51en politique
00:37:52pour un bout de temps.
00:37:53C'est important.
00:37:53Oui, c'est très important.
00:37:54C'est cardinal aujourd'hui.
00:37:56Merci beaucoup.
00:37:57Laurent,
00:37:58on passe à la question
00:37:59qui fâche.
00:37:59C'est une séquence
00:38:09totalement inédite
00:38:10sous la Vème République.
00:38:12Une Assemblée nationale
00:38:13qui redevient
00:38:13le centre de gravité politique
00:38:15du pays
00:38:16et qui va devoir
00:38:17s'entendre
00:38:17pour voter
00:38:18un budget
00:38:19avant le 31 décembre.
00:38:20Les députés
00:38:21sont-ils prêts
00:38:22à cette
00:38:22reparlementarisation ?
00:38:25Eh bien,
00:38:25j'accueille sur le plateau
00:38:26de chaque voix-compte
00:38:27Anaïs Belouassa-Scherifi.
00:38:28Bonsoir.
00:38:29Bonsoir.
00:38:29Vous êtes député
00:38:30de la France Insoumise
00:38:31du Rhône.
00:38:32Harold Duvard,
00:38:33député Lyot de Réloir.
00:38:34Bonsoir.
00:38:35Et Thibaut Bazin,
00:38:36député Les Républicains
00:38:37de Meurthe-et-Moselle.
00:38:39Bonsoir.
00:38:39Merci d'être là.
00:38:40On a du mal
00:38:41à inviter des députés
00:38:42droite républicaine
00:38:43ces derniers temps.
00:38:44Je vous remercie
00:38:45en particulier.
00:38:46Moins de 48 heures
00:38:47après sa déclaration
00:38:48de politique générale,
00:38:49Sébastien Lecornu
00:38:50va donc affronter
00:38:50demain matin
00:38:51deux motions de censure
00:38:52déposées par LFI
00:38:53et par l'ERN.
00:38:55Anaïs Belouassa-Scherifi.
00:38:58Au compteur ce soir,
00:38:59il y a bien 71 députés insoumis
00:39:01qui voteront la censure
00:39:02demain matin ?
00:39:03Oui, tout à fait.
00:39:04Nous voterons tous ensemble
00:39:05la censure demain
00:39:06avec notamment
00:39:07des écologistes
00:39:08et le groupe GDR aussi.
00:39:10Et j'ai entendu
00:39:11tout à l'heure
00:39:11sur votre antenne
00:39:12que vous évoquiez
00:39:13le fait que ce soit
00:39:14le RN
00:39:15qui soit en première lecture
00:39:17de cette motion de censure.
00:39:19Et donc,
00:39:20pour vous dire
00:39:20que les dernières informations
00:39:22que nous avons
00:39:22y compris sur la feuille verte
00:39:24et que c'est bien
00:39:25la motion de censure
00:39:26de la France Insoumise
00:39:27des écologistes
00:39:28et des communistes
00:39:29qui sera examinée
00:39:30en premier.
00:39:31En premier, finalement.
00:39:32Donc la feuille verte,
00:39:33c'est l'ordre du jour
00:39:33de l'Assemblée nationale.
00:39:34C'est ça.
00:39:35Il avait été question
00:39:35que ce soit celle du RN
00:39:36qui soit examinée en premier.
00:39:38Alors, nous l'avons déposée
00:39:39très tôt lundi matin.
00:39:41Ça s'est joué à quelques heures.
00:39:42Ça s'est joué à quelques heures,
00:39:43effectivement,
00:39:44mais nous avons déjà entamé
00:39:45le travail dans le week-end
00:39:46pour aller chercher
00:39:47des signataires.
00:39:48Et donc, c'est la raison
00:39:48pour laquelle nous avons déposé
00:39:50en premier
00:39:50cette motion de censure.
00:39:52Est-ce que vous voterez
00:39:53les deux motions ?
00:39:54Vous ?
00:39:55Personnellement,
00:39:56je pense que la question
00:39:57est plutôt
00:39:58ce que contient
00:39:59ces motions de censure.
00:40:00Vous savez,
00:40:01avant les motions de censure,
00:40:02il y a l'exposé des motifs
00:40:03avec lequel on est en accord
00:40:05ou en désaccord.
00:40:07Malheureusement,
00:40:07ça ne doit pas vous échapper
00:40:08que nous ne sommes pas
00:40:09en accord
00:40:10avec l'exposé des motifs
00:40:11du RN
00:40:12et ce qu'il évoque
00:40:14dans ces exposés des motifs.
00:40:16Donc, vous ne voterez pas
00:40:17la motion de censure
00:40:18du RN.
00:40:19Tout à fait.
00:40:20Est-ce que vous espérez
00:40:21que le RN vote
00:40:22votre motion de censure ?
00:40:24– J'espère rien
00:40:25du RN.
00:40:25– Chaque voix compte,
00:40:26c'est le nom de l'émission.
00:40:26– Je pense que s'ils l'ont déjà fait
00:40:30auparavant,
00:40:31donc je ne vois pas
00:40:32pourquoi ils ne le feraient pas.
00:40:33Nous, on le fait
00:40:34pour des raisons idéologiques
00:40:35et parce qu'il y a des choses
00:40:36qui sont marquées
00:40:37dans l'exposé des motifs
00:40:38avec lesquelles
00:40:39nous ne sommes pas d'accord.
00:40:40– Dans nos derniers décomptes,
00:40:42dans notre jauge
00:40:43du vote de la motion de censure,
00:40:45il manque 24 voix.
00:40:47Thibaut Bazin,
00:40:48vous voterez
00:40:49ou vous ne voterez pas
00:40:50la censure demain matin ?
00:40:51– Je ne voterai pas
00:40:52la censure demain matin.
00:40:54J'ai bien réfléchi,
00:40:56j'appartiens au groupe
00:40:56de la droite républicaine,
00:40:58on a fondé un nouveau groupe,
00:40:59des nouveaux statuts.
00:41:00Dans les statuts,
00:41:01il y a la liberté de vote,
00:41:02on est très enraciné
00:41:04dans nos territoires
00:41:04et on votera chacun
00:41:06en liberté.
00:41:07Mais l'immense majorité
00:41:08du groupe,
00:41:08on s'est beaucoup,
00:41:09beaucoup parlé.
00:41:11Et on veut revenir au fond
00:41:13et à notre boulot de député.
00:41:15Notre boulot,
00:41:15c'est de discuter
00:41:16et de travailler
00:41:16et de travailler le fond.
00:41:18– La question est très claire.
00:41:20Si on censure
00:41:21le gouvernement demain,
00:41:22il n'y a plus de gouvernement.
00:41:23S'il n'y a plus de gouvernement,
00:41:24on ne peut plus discuter
00:41:25du budget puisqu'on ne peut
00:41:26pas se réunir
00:41:27pour discuter du budget
00:41:28s'il n'y a pas de gouvernement.
00:41:29Et on ne peut pas
00:41:30donner à la France
00:41:31un budget pour l'année prochaine.
00:41:33Et les conséquences
00:41:34de l'absence de budget,
00:41:36pour nous,
00:41:36seraient pires
00:41:37que des mesures
00:41:40qui font aujourd'hui débat
00:41:41et qui peut-être,
00:41:42pour certaines,
00:41:43seront atténuées
00:41:44si on a ce travail parlementaire.
00:41:46Et donc,
00:41:47par responsabilité,
00:41:48mais aussi par conscience
00:41:49du pire,
00:41:50on veut apporter
00:41:52une stabilité gouvernementale
00:41:54et surtout donner
00:41:55un budget à la France.
00:41:57Et ce budget,
00:41:57il va falloir le travailler
00:41:58pour qu'il soit
00:41:59le plus juste possible,
00:42:00le plus efficient possible
00:42:03et essayer de protéger
00:42:04les Français.
00:42:05Voilà ce qui nous anime
00:42:06comme État d'Etat.
00:42:06– Lou,
00:42:07alors deux questions,
00:42:08une très simple.
00:42:09Vous êtes un parti légitimiste.
00:42:12Chez LR,
00:42:12c'est un parti légitimiste.
00:42:13– J'appartiens au groupe
00:42:14de la droite républicaine.
00:42:15– Vous êtes sorti d'LR.
00:42:17– Je ne sais pas,
00:42:17ce n'est pas ce qui intéresse
00:42:18mes concitoyens.
00:42:18Il n'y en a aucun
00:42:19qui me pose cette question.
00:42:20Je comprends que les journalistes
00:42:21s'intéressent aux politiques policiennes.
00:42:23– La question,
00:42:23c'est Bruno Retailleau,
00:42:24lui, en tout cas,
00:42:25envoie ses principaux lieutenants
00:42:26défendre une censure.
00:42:28Pourquoi ce qui est demandé
00:42:31par Bruno Retailleau
00:42:31n'est pas respecté ?
00:42:33– Vous savez,
00:42:34moi, j'ai été élu
00:42:35par des électeurs
00:42:35et ces électeurs,
00:42:37c'est à eux
00:42:38à qui je rendais compte.
00:42:39Sur mes tracts,
00:42:41sur mes bulletins,
00:42:42sur mes affiches,
00:42:43il n'y avait pas
00:42:43le logo LR.
00:42:44tout le monde sait
00:42:45que j'appartiens
00:42:45à la droite républicaine.
00:42:47Et l'immense majorité
00:42:49des députés
00:42:50n'avaient pas le logo LR.
00:42:52On est très clair
00:42:54sur notre positionnement politique.
00:42:56On n'est pas Le Pen,
00:42:57on n'est pas Macron,
00:42:58on n'est pas Mélenchon.
00:42:59on est d'une famille politique,
00:43:03on a légitimité...
00:43:04– Thibault Bajin,
00:43:05est-ce que dans votre groupe
00:43:06droite républicaine,
00:43:07vous avez quand même
00:43:08identifié des membres
00:43:09qui ont, eux,
00:43:10choisi de voter la censure
00:43:12demain matin ?
00:43:12– À ce jour, non.
00:43:14Mais vous savez,
00:43:15on respecte la liberté de chacun
00:43:16et on ne sait jamais
00:43:17autant parler.
00:43:18Et donc,
00:43:18est-ce que je suis légitimiste ?
00:43:19Oui,
00:43:21mais j'appartiens à un groupe
00:43:23où on a une liberté de vote
00:43:24dans ses statuts.
00:43:25et les consignes de ceux
00:43:27qui voudraient qu'on censure,
00:43:29à un moment,
00:43:29on le fait aussi
00:43:30par rapport à l'intérêt général.
00:43:32– Vous l'avez mal pris
00:43:33que François-Xavier Bellamy
00:43:34ou David Lissnard
00:43:35vous donnent des conseils de vote
00:43:36alors qu'ils ne sont pas députés ?
00:43:38– Moi, ce qui m'intéresse,
00:43:38c'est ce que me disent mes électeurs.
00:43:39Et aujourd'hui,
00:43:40j'ai une grande inquiétude.
00:43:41Ils me disent,
00:43:41c'est le bazar,
00:43:42faites votre boulot,
00:43:43entendez-vous
00:43:43et travaillez
00:43:45pour que ce soit le budget
00:43:46le moins pire possible
00:43:47mais donnez un budget à la France.
00:43:48Et c'est ce pourquoi
00:43:49je veux me battre aujourd'hui.
00:43:51Donc, je n'ai pas peur
00:43:51d'aller de nouveau
00:43:53devant des élections
00:43:53parce que des élections,
00:43:55on y a été
00:43:55dans des contextes pourris
00:43:57pour notre famille politique
00:43:58en 2017,
00:43:59en 2022,
00:44:00en 2024
00:44:01et pour autant,
00:44:02on est là.
00:44:03Et on veut rester
00:44:04et incarner
00:44:05notre famille
00:44:07avec une pensée
00:44:09qui est cohérente
00:44:09avec tout ce qu'on a pu porter.
00:44:11Ça ne veut pas dire
00:44:11qu'on n'est pas prêt
00:44:12à des compromis,
00:44:12à des concessions
00:44:13mais toujours dans le sens
00:44:15de l'intérêt général.
00:44:15– Vous aviez voté
00:44:16la motion de censure
00:44:17à Elisabeth Borne en 2023 ?
00:44:18– Non.
00:44:18– Ah, la suspension
00:44:21des retraites,
00:44:22ce n'est pas un casus belli ?
00:44:24– La suspension
00:44:25des retraites,
00:44:25déjà aujourd'hui,
00:44:26elle a été annoncée
00:44:27par le Premier ministre,
00:44:27elle n'a pas encore été débattue.
00:44:29En commission,
00:44:30on se retrouvera
00:44:30pour discuter
00:44:31de comment ça va être amené,
00:44:34comment ça va se traduire.
00:44:35On est très soucieux
00:44:36de l'équilibre
00:44:37de notre système de retraite
00:44:38parce que derrière,
00:44:38il y a la question
00:44:39du pouvoir d'achat
00:44:39des retraités
00:44:40et des actifs.
00:44:41– On va y revenir.
00:44:42On va revenir dans un instant
00:44:43sur la question de...
00:44:43– Mais je vais répondre
00:44:44sur la question de ce gel
00:44:46pendant 15 mois.
00:44:47– Je viens à vous,
00:44:48Harold Duvard.
00:44:48– Je pense que le gel
00:44:49de 15 mois,
00:44:50c'est moins pire
00:44:51que l'absence de budget
00:44:52et que le coût
00:44:53pour les Français
00:44:53serait terrible.
00:44:54– Bon, je me tourne
00:44:55vers les députés,
00:44:56Lyot, si vous voulez bien.
00:44:57Harold Duvard,
00:44:58finalement, vous avez aussi,
00:45:00vous, un peu la clé
00:45:00de la censure demain
00:45:01chez Lyot.
00:45:02Vous-même,
00:45:02vous la voterez ou non ?
00:45:04– Non, non,
00:45:04je ne la voterai pas.
00:45:06À ma connaissance,
00:45:07aucun de mes collègues
00:45:08ne la votera.
00:45:10– Vous vous parlez,
00:45:11même si vous êtes indépendant.
00:45:12– J'ai quelques incertitudes
00:45:13encore sur quelques-uns.
00:45:15– Combien ?
00:45:16– Non, mais je pense
00:45:18qu'il n'y aura pas
00:45:18à la fin de la discussion
00:45:20de députés
00:45:21qui votera la censure.
00:45:22Nous, on est un groupe
00:45:22d'indépendants,
00:45:23chacun vote en conscience
00:45:24en fonction de ce qu'il estime
00:45:25être l'intérêt du pays
00:45:27et globalement,
00:45:28qu'il y ait des députés
00:45:29de sensibilité de gauche
00:45:30ou de droite
00:45:30ou dans notre groupe,
00:45:32il y a une
00:45:33comme une acceptation
00:45:35du fait que,
00:45:36bon,
00:45:37la nomination de Sébastien Lecornu
00:45:38et le choix
00:45:39de Sébastien Lecornu
00:45:40comme Premier ministre
00:45:41étaient quand même,
00:45:42sans doute,
00:45:43en tout cas,
00:45:43c'est bon choix,
00:45:44mon opinion personnelle,
00:45:44une forme d'erreur
00:45:45de la part du président
00:45:47de la République
00:45:47et procède,
00:45:49à mon sens,
00:45:49d'une forme d'obstination
00:45:50qui est inquiétante
00:45:52vis-à-vis de nos institutions
00:45:53démocratiques.
00:45:54En revanche,
00:45:55comme ça a été dit précédemment,
00:45:56nous avons tous
00:45:57la responsabilité
00:45:58de devoir mesurer
00:45:59nos actes
00:45:59par rapport aux conséquences
00:46:00de nos votes.
00:46:02Je pense que le blocage
00:46:03qui précipiterait
00:46:05l'absence de budget
00:46:06aurait un coût exorbitant
00:46:08pour nos finances publiques,
00:46:09que par ailleurs,
00:46:09il y a vraiment
00:46:11à la fois un intérêt
00:46:13à garder de la stabilité
00:46:14dans nos institutions
00:46:15et que dans les conditions
00:46:16où le Premier ministre
00:46:17s'est exprimé,
00:46:18nous aurons toute l'attitude
00:46:19pour faire l'essai loyal
00:46:21d'un débat parlementaire
00:46:22dans lequel le rapport
00:46:23des forces démocratiques
00:46:24s'imposera.
00:46:24Il se trouve aussi
00:46:25que le chef du groupe Liot,
00:46:26Laurent Panifous,
00:46:27est parti au gouvernement.
00:46:28Il est ministre
00:46:29des relations avec le Parlement.
00:46:32Du coup,
00:46:32vous avez déjà désigné
00:46:33votre nouveau chef ?
00:46:34C'est un groupe d'opposition
00:46:35et d'opposition constructive
00:46:37et d'opposition quand même.
00:46:38Absolument.
00:46:39Je crois qu'on lui souhaite
00:46:41bonne chance
00:46:41dans la voie qu'il a choisie.
00:46:43En revanche,
00:46:44le positionnement...
00:46:45Ce n'est pas une peau de banane.
00:46:47Non, non, mais je mesure mes mots.
00:46:50J'ai de l'amitié pour lui.
00:46:52Mais ce qui se joue en ce moment
00:46:54dépasse largement
00:46:55ses sujets personnels.
00:46:58Donc, vous restez dans l'opposition.
00:47:00Vous, vous êtes désigné
00:47:00un nouveau chef peut-être ?
00:47:01Ça viendra.
00:47:02Ça viendra ?
00:47:03Il y a un mois, je crois.
00:47:03C'est ça ?
00:47:04Non, non, non.
00:47:05Pas un mois, bien avant.
00:47:06Mais, comment dire ?
00:47:07Dans les priorités
00:47:09qu'on se fixe
00:47:09à l'intérieur de notre groupe,
00:47:11il y a d'abord
00:47:11trouver des solutions politiques
00:47:12à la situation.
00:47:13Et je pense qu'aujourd'hui,
00:47:15tout le monde est plutôt soulagé
00:47:18que le Premier ministre
00:47:18se soit montré ouvert,
00:47:20ouvert à la discussion
00:47:21et qu'il ait fait des gestes
00:47:22qui sont entendables,
00:47:23y compris par les Français.
00:47:25Après, à titre personnel,
00:47:26je conserve une forme d'inquiétude
00:47:28sur le fait que
00:47:29la renonciation au 49-3,
00:47:31dont tout le monde
00:47:33se gargarise et se félicite,
00:47:34est quand même un risque aussi
00:47:38et nécessite de la part
00:47:39des parlementaires
00:47:40un niveau d'engagement
00:47:41qui est exceptionnellement exigeant.
00:47:41De quel risque vous parlez, vous ?
00:47:43Simplement, le fait que
00:47:44pour avoir une majorité
00:47:45et pour voter un budget à la fin,
00:47:47voter un budget,
00:47:48ça consiste quand même
00:47:48à formuler une forme
00:47:50de soutien au gouvernement,
00:47:52même si on ne sait pas
00:47:53quel sera le budget à la fin
00:47:54dans les équilibres
00:47:55dans lesquels il aura été voté,
00:47:57ça demande une forme
00:47:59de courage politique,
00:48:00ça demande une forme
00:48:01de capacité à voter
00:48:02pour des choses
00:48:03avec lesquelles on n'est pas d'accord,
00:48:04qui n'est pas totalement
00:48:05dans l'usage
00:48:06de cet hémicycle
00:48:08depuis quelques années.
00:48:10Et donc, nécessairement,
00:48:12ce que je voudrais éviter,
00:48:13c'est qu'à la fin,
00:48:15tout cela ne soit
00:48:16qu'un calcul cynique
00:48:17du président de la République
00:48:19ou de l'exécutif
00:48:21pour organiser le blocage
00:48:23et finalement,
00:48:24gouverner par ordonnance,
00:48:25renoncer au 49-3
00:48:26pour finalement gouverner
00:48:27par ordonnance,
00:48:28ce serait quand même
00:48:29le comble de l'aberration.
00:48:30Mais ça voudrait dire
00:48:30que pendant 70 jours,
00:48:32le Parlement n'aura pas réussi
00:48:33à s'entendre.
00:48:34Oui, mais je le dis
00:48:34parce qu'il y a un risque
00:48:35d'obstruction,
00:48:36il y a effectivement
00:48:36le risque que le Parlement
00:48:37de s'entendre.
00:48:38Je le dis simplement
00:48:39parce que derrière
00:48:40les scènes pathétiques
00:48:42auxquelles nous assistons,
00:48:43il y a quand même
00:48:44le discrédit
00:48:45et la décrédibilisation
00:48:47du Parlement.
00:48:47Alors, j'aime bien
00:48:47parce que tout le monde
00:48:48dit ça.
00:48:48L'émergence,
00:48:49je le vois chez mes électeurs,
00:48:53l'émergence quand même
00:48:53la tentation d'un réflexe autoritaire
00:48:55qui est profondément inquiétant
00:48:57pour la suite.
00:48:58Anaïs Béloissa-Scherifi,
00:48:59imaginons que les motions
00:49:00de censure demain
00:49:01soient rejetées.
00:49:03Quelle sera la ligne
00:49:04des insoumis
00:49:05dans l'hémicycle ?
00:49:07Eh bien, c'est bien évidemment
00:49:08combattre ce budget
00:49:10austéritaire et délétère
00:49:12pour les Français et les Françaises.
00:49:13Vous accepterez de mener
00:49:14la bataille du budget
00:49:15à l'Assemblée ?
00:49:15Nous l'avons déjà menée
00:49:16la bataille l'année dernière.
00:49:17Je vous le rappelle,
00:49:18nous étions bien seuls
00:49:19sur ces bancs
00:49:20de l'Assemblée nationale
00:49:21lorsque les macronistes
00:49:22avaient peut-être
00:49:23piscine ou à quoi ponner.
00:49:25Nous étions là
00:49:26pour batailler
00:49:26et par ailleurs,
00:49:27nous avons réussi
00:49:28à avoir un budget
00:49:29à l'équilibre
00:49:30bien au-delà
00:49:31du déficit annoncé
00:49:32ce jour par M. Leclerc.
00:49:33Donc allons-y,
00:49:34vous vous battrez
00:49:35sur quoi en particulier ?
00:49:36Je veux dire,
00:49:37il y a quand même
00:49:37énormément de choses
00:49:38qui sont délétères
00:49:39dans ce budget.
00:49:40Si on prend juste
00:49:41le budget
00:49:41de la sécurité sociale
00:49:42puisque ça nous concerne
00:49:43avec M. Bazin,
00:49:44nous sommes en commission
00:49:45des affaires sociales
00:49:46et par ailleurs,
00:49:47permettez-moi de vous dire
00:49:48que votre argument
00:49:49sur la censure
00:49:50en disant
00:49:52que l'absence de budget
00:49:53serait délétère,
00:49:55il y a une loi spéciale
00:49:56qui serait prévue
00:49:56en cas de non-budget,
00:49:58en cas de non-censure.
00:49:59Et me semble-t-il,
00:50:00déjà l'année dernière,
00:50:01vous étiez rapporteur général
00:50:02du budget
00:50:03de la sécurité sociale
00:50:04et donc vous avez contribué
00:50:05à ce budget.
00:50:06Et vous savez,
00:50:07la loi spéciale,
00:50:08c'est juste la continuité
00:50:09du budget.
00:50:10La reconduction
00:50:10du budget précédent.
00:50:12Exactement.
00:50:12Donc cet argument
00:50:13sur la censure,
00:50:14ce n'est pas trop entendable.
00:50:16Maintenant,
00:50:16moi ce qui m'intéresse,
00:50:17c'est de savoir
00:50:18comment le budget
00:50:19arrête
00:50:21de faire opposer
00:50:22l'effort
00:50:23sur nos concitoyens.
00:50:25Donc vous allez déposer
00:50:26des amendements ?
00:50:27Bien sûr,
00:50:27c'est notre travail parlementaire.
00:50:29Je veux dire,
00:50:29aujourd'hui...
00:50:30Est-ce que vous êtes déjà
00:50:31en train de travailler
00:50:32à ces amendements ?
00:50:32Bien sûr,
00:50:33bien sûr que nous travaillons...
00:50:34Par exemple,
00:50:36Olivier Faure a dit
00:50:37dès ce matin,
00:50:38oui,
00:50:38on prépare un amendement
00:50:39en taxes Zuckman.
00:50:41En tout cas,
00:50:41nous,
00:50:42on a des amendements
00:50:43qui sont déjà prêts
00:50:43parce que la date limite
00:50:45de dépôt d'amendement
00:50:46est bientôt.
00:50:47Donc bien sûr
00:50:48que nous sommes sérieux
00:50:49et que nous anticipons
00:50:50le travail budgétaire
00:50:52parce que c'est un travail
00:50:53qui est central
00:50:54dans toute l'année
00:50:54qui va se découler
00:50:56et nous allons bien sûr
00:50:57combattre ce budget.
00:50:58Vous savez,
00:50:59en termes de pauvreté
00:51:01dans notre pays,
00:51:02cette année,
00:51:02c'est l'année record.
00:51:04Plus de 15% de personnes
00:51:05vivent avec
00:51:06moins de 1200 euros par mois.
00:51:08Comment on fait en sorte
00:51:09que ce budget,
00:51:10il doit améliorer
00:51:11la vie des gens
00:51:12et arrêter de faire reposer
00:51:13les recettes de l'État
00:51:16sur les plus précaires,
00:51:17sur les plus en difficulté,
00:51:18sur nos aînés
00:51:19qui choisissent
00:51:19entre se soigner
00:51:20ou augmenter le chauffage
00:51:22chez eux ?
00:51:22C'est ça la réalité
00:51:23aujourd'hui
00:51:24de notre travail
00:51:25en tant que parlementaire.
00:51:26Thibaut Bazin,
00:51:28vous vous battrez sur quoi ?
00:51:31Alors, non.
00:51:32Dans ce débat
00:51:33qui s'ouvrira peut-être
00:51:35si la censure
00:51:36est rejetée demain,
00:51:38sur la réforme des retraites,
00:51:41sur le budget,
00:51:42on a parlé tout à l'heure
00:51:43dans la première partie
00:51:44de l'émission
00:51:44du gel,
00:51:45du barème de l'impôt.
00:51:47Est-ce que vous aurez
00:51:48des totems ?
00:51:50Vous savez,
00:51:51moi,
00:51:51je ne suis pas dogmatique,
00:51:53je suis pragmatique.
00:51:53si on n'a pas de budget,
00:51:57on n'aura pas
00:51:58d'investissement,
00:51:58de subvention à l'investissement
00:51:59pour nos collectivités,
00:52:01pour les hôpitaux,
00:52:02pour les maisons de retraite.
00:52:03Les taux de reconduction,
00:52:04ce qu'on dit
00:52:05à travers l'ONDAM,
00:52:06s'il n'y a pas de budget,
00:52:08il n'y a pas de croissance
00:52:09des moyens.
00:52:09On pourrait toujours avoir plus,
00:52:11mais en tout cas,
00:52:11ce qui est prévu
00:52:12et qui fait débat,
00:52:14c'est mieux
00:52:15que la reconduction
00:52:16des moyens.
00:52:17C'est la réalité.
00:52:18Et donc,
00:52:18quelles sont nos priorités
00:52:19pour nous ?
00:52:20La revalorisation du travail
00:52:21par rapport à l'assistanat.
00:52:23C'est la lutte contre les fraudes.
00:52:24C'est la baisse
00:52:25des dépenses inutiles.
00:52:26C'est le dérefournement
00:52:27des médicaments,
00:52:27monsieur Badin.
00:52:28C'est le doublement
00:52:29de la franchise médicale.
00:52:29C'est ça la réalité.
00:52:32Par exemple,
00:52:33prenons l'exemple
00:52:33de la franchise médicale,
00:52:35monsieur Bazin.
00:52:36Ce n'est pas dans le PLFSS
00:52:37directement,
00:52:38il n'y aura pas
00:52:38de mesures directes
00:52:39puisque c'est des mesures
00:52:40réglementaires
00:52:41qui font débat,
00:52:42y compris au sein
00:52:44de ceux qui soutiennent
00:52:45la stabilité.
00:52:46On a un certain nombre
00:52:48de mesures dans le PLFSS
00:52:49pour lesquelles
00:52:50nous sommes en désaccord,
00:52:51comme sur le budget de l'État.
00:52:52On souhaite préserver
00:52:53le pouvoir d'achat.
00:52:54On est plutôt frileux
00:52:56sur tout ce qui va être
00:52:57augmentation de taxes
00:52:58et cotisations.
00:52:59Mais on est beaucoup plus allant
00:53:00sur la question
00:53:01de la revalorisation du travail.
00:53:03Donc, on pense qu'il faut avoir
00:53:04un point de vigilance
00:53:05sur chacun.
00:53:05Et sur la notion
00:53:06d'effort juste,
00:53:07oui, je crois que c'est
00:53:08la demande de justice sociale
00:53:10qu'on entend dans nos territoires
00:53:11que vous soyez plus efficace
00:53:12qu'au dernier kilomètre
00:53:14dans nos territoires,
00:53:15on n'ait pas d'abandon
00:53:16en termes d'investissement,
00:53:18mais que ce qui est dépensé
00:53:19parfois inutilement
00:53:20sur des missions redondantes
00:53:21dans des agences,
00:53:23on puisse enfin s'y attaquer.
00:53:24Quand vous avez une fraude
00:53:25qui est détectée
00:53:26par l'assurance maladie,
00:53:27que les complémentaires
00:53:28puissent être prévenus,
00:53:29quand les complémentaires
00:53:30détectent une fraude,
00:53:30qu'elles puissent prévenir
00:53:31l'assurance maladie,
00:53:32voilà des éléments
00:53:33très concrets
00:53:33qu'on veut porter.
00:53:34Nous, on va essayer
00:53:35pas à pas d'améliorer
00:53:36ce budget,
00:53:36de le corriger
00:53:37pour qu'il soit
00:53:38le meilleur possible.
00:53:39Harold Duvart,
00:53:40vous, vous voterez
00:53:40la suppression
00:53:41de la réforme des retraites ?
00:53:42La suspension,
00:53:43pardonnez-moi.
00:53:44Oui, tout à fait.
00:53:45Je pense que
00:53:46qu'il faille travailler plus
00:53:48compte tenu de l'allongement
00:53:49de la durée de la vie,
00:53:49de l'équilibre démographique,
00:53:50c'est une évidence.
00:53:51Après, le coup près
00:53:53à 64 ans
00:53:53est créateur
00:53:54d'injustices profondes
00:53:55et il y a d'autres façons
00:53:57d'envisager l'allongement
00:53:59de la durée de cotisation,
00:54:00la nécessité de travailler plus
00:54:01sans forcément pénaliser
00:54:02ceux qui sont déjà
00:54:03les plus fragiles.
00:54:04Et donc, je pense que
00:54:05sur ce sujet-là
00:54:06comme sur le budget,
00:54:07on ne peut pas
00:54:09faire peser
00:54:10en permanence
00:54:11l'effort de redressement
00:54:12de nos finances publiques
00:54:13toujours sur les travailleurs,
00:54:14les classes moyennes
00:54:15et les retraités
00:54:16les plus modestes.
00:54:17Je pense qu'il y a
00:54:18un besoin de justice
00:54:18qui a été largement oublié
00:54:20au fil des années
00:54:20et que,
00:54:21à ce que ce soit
00:54:22sur les niches fiscales,
00:54:23sur les plus grandes fortunes
00:54:25ou sur un certain nombre
00:54:26de dépenses,
00:54:28il y a un débat
00:54:29de fonds à avoir
00:54:30et 70 jours
00:54:31ne seront pas de trop
00:54:32pour l'aborder.
00:54:33On l'a appris
00:54:34juste avant cette émission,
00:54:35le début de la discussion
00:54:36budgétaire,
00:54:37ce sera lundi en commission
00:54:39et dans l'hémicycle
00:54:41à partir de vendredi prochain.
00:54:42Vous avez prévu
00:54:43quelque chose pour Noël ?
00:54:45Non, rien.
00:54:45Vous êtes prêts
00:54:46à ne pas repartir
00:54:47dans vos circonscriptions
00:54:48jusqu'à Noël ?
00:54:49Parce que ça veut dire
00:54:49un débat budgétaire
00:54:51jour et nuit
00:54:52jusqu'à la fin de semaine.
00:54:55Madame, on l'a déjà fait,
00:54:56en tout cas,
00:54:57nous, nous l'avons fait
00:54:58l'année dernière.
00:54:59Nous avons été présents
00:55:00dans l'hémicycle
00:55:01pour justement
00:55:02faire passer
00:55:03ces amendements.
00:55:05Et justement,
00:55:06là, il va falloir
00:55:06tous y être.
00:55:07Monsieur Bazin,
00:55:08il n'est pas d'accord ?
00:55:09Non, ce n'est pas
00:55:09que je ne suis pas d'accord,
00:55:10c'est qu'il ne faut pas caricaturer.
00:55:11Ça sera avant Noël,
00:55:12c'est autour du 23 décembre,
00:55:14puisque après,
00:55:15on a eu...
00:55:15Ça peut aller jusqu'au 31 décembre.
00:55:16On a eu les huit jours
00:55:17d'examen par le Conseil constitutionnel
00:55:20pour la recevabilité des mesures.
00:55:23Le budget de la Sécurité sociale,
00:55:25on le commencera jeudi de la semaine prochaine
00:55:27et en séance le 4 novembre.
00:55:29On est prêts.
00:55:30Enfin, je crois que ma collègue
00:55:31peut en témoigner.
00:55:32Quand il s'agit d'être du matin au soir,
00:55:34du lundi au dimanche,
00:55:35on est prêts et on le fera.
00:55:37Avec beaucoup...
00:55:37Moi, j'ai rarement loupé
00:55:39des séances et des examens.
00:55:40Ah, mais on est très heureux
00:55:41de vous l'entendre dire.
00:55:42Et sur les mesures qui seront prises,
00:55:44il faut qu'on soit, point par point,
00:55:47très concret aussi sur ce dont on parle.
00:55:50Parce que derrière,
00:55:51s'il n'y a pas de budget,
00:55:53on n'a pas de visibilité
00:55:54et le chaos,
00:55:55les pertes de points de croissance,
00:55:56ça coûterait plus cher à notre pays.
00:55:59Mais je vous pose la question
00:56:00parce qu'il y a une image
00:56:02qui est souvent délétère dans l'opinion.
00:56:03C'est de voir un hémicycle vide
00:56:05en pleine nuit
00:56:05quand des amendements importants
00:56:07sont examinés.
00:56:08Oui, mais on a,
00:56:09par exemple,
00:56:10vous allez voir
00:56:10quand on sera en train d'étudier
00:56:12en commission des affaires sociales
00:56:13le budget de la sécurité sociale,
00:56:15en même temps,
00:56:15dans l'hémicycle,
00:56:17on a la partie recette
00:56:18du budget de l'État.
00:56:19Et en même temps,
00:56:19dans un certain nombre de commissions,
00:56:21on examine les parties dépenses.
00:56:23Vous prenez la commission de la défense,
00:56:24ils auditionnent
00:56:24les chefs d'État-major dessus.
00:56:26Donc à un moment,
00:56:27il faut aussi que vous,
00:56:27les journalistes,
00:56:28vous puissiez dire
00:56:29que c'est comme si au collège,
00:56:30on avait maths français
00:56:31et sport en même temps.
00:56:33Mais dans ces cas-là,
00:56:33moi, je vais voir l'improviseur
00:56:34et je lui dis Calmos.
00:56:36Donc est-ce qu'à un moment,
00:56:37il me semble qu'il y a eu
00:56:37des réunions aujourd'hui
00:56:38autour de Yael Brunpivet.
00:56:39Non, mais je vois Laurent
00:56:40qui se moque de moi.
00:56:41Mais c'est vrai,
00:56:42quand on ne peut pas être
00:56:43dans deux cours à la fois,
00:56:44Yael Brunpivet,
00:56:45elle a mené, je crois,
00:56:45des réunions dès ce matin
00:56:46sur justement la façon
00:56:48d'orchestrer le travail parlementaire
00:56:49dans les prochaines semaines.
00:56:50Bon, qu'est-ce que vous dites ?
00:56:52Vous dites, à un moment,
00:56:53on ne peut pas être
00:56:53au fourré au moulin
00:56:54et on donne l'impression
00:56:55de ne pas être dans l'hémicycle
00:56:55parce qu'en fait,
00:56:56on est en commission.
00:56:57Donc on fait comment ?
00:57:05L'Assemblée nationale
00:57:06est très contraignant.
00:57:07Mais il faut aussi analyser
00:57:10que le gouvernement
00:57:11et la présidence
00:57:12de l'Assemblée nationale
00:57:13ne facilitent pas les choses
00:57:15et créent aussi les conditions
00:57:17d'un débat sous pression
00:57:17qui n'est pas forcément propice
00:57:19à la clarté du résultat des votes.
00:57:22Eh bien, on va en parler
00:57:22à l'approviseur.
00:57:23Merci en tout cas à tous les trois
00:57:25d'avoir été ce soir
00:57:25sur le plateau de chaque voix-compte.
00:57:27Motion de censure demain matin
00:57:28à 9h.
00:57:29Et ça commencera par la motion
00:57:30de la France insoumise.
00:57:32Merci encore.
00:57:33Vous pouvez rester là tout de suite.
00:57:34C'est Bourbon Express,
00:57:35le journal de l'Assemblée nationale
00:57:36avec Marco Pommier.
00:57:43Bonsoir Marco.
00:57:45Ce soir dans Bourbon Express,
00:57:47le retour d'une série
00:57:48qui nous avait manqué
00:57:49depuis le 8 juillet,
00:57:50le dernier épisode daté.
00:57:51C'est les questions au gouvernement ?
00:57:52Les fameuses CAG
00:57:53sont de retour.
00:57:55Les premières du gouvernement
00:57:57de Sébastien Lecornu.
00:57:58Épisode 1.
00:57:59Aujourd'hui à 14h
00:58:01depuis l'hémicycle de l'Assemblée.
00:58:02Vous l'avez peut-être suivi
00:58:03sur LCP.
00:58:04Évidemment.
00:58:04Et ça a commencé très fort
00:58:06avec un procès
00:58:07en illégitimité.
00:58:09Monsieur le Premier ministre,
00:58:11votre présence sur ces bancs
00:58:12est une anomalie démocratique
00:58:14car vous êtes illégitime.
00:58:16Vous perdez les élections
00:58:17mais vous continuez
00:58:18à confisquer le pouvoir.
00:58:20Nous vous ferons partir
00:58:21comme vos prédécesseurs
00:58:22jusqu'à ce qu'Emmanuel Macron
00:58:23parte car le problème
00:58:24c'est bien lui.
00:58:25Nous, on propose le débat.
00:58:27Vous, vous voulez le désordre.
00:58:29Vous, vous voulez le désordre.
00:58:30Il n'y a, madame la députée,
00:58:33aucun coup de force.
00:58:34Il n'y a que le respect
00:58:35de la Constitution.
00:58:37Et pendant la séance,
00:58:38j'avais l'œil sur un petit nouveau,
00:58:40enfin petit nouveau,
00:58:41façon de parler.
00:58:42Michel Barnier,
00:58:43ça vous dit quelque chose ?
00:58:44L'ancien Premier ministre,
00:58:45élu député de Paris fin septembre
00:58:47et visiblement,
00:58:48il avait zappé
00:58:49certaines règles de la maison
00:58:50au point de se faire couper la parole.
00:58:542023, avec...
00:58:55Merci beaucoup,
00:58:55pour le seul trimestre.
00:58:57Donc ma question est...
00:58:59Non, je suis désolée,
00:59:01monsieur le député.
00:59:02La parole est à monsieur
00:59:04le Premier ministre.
00:59:05Je rappelle que le temps de parole
00:59:06est de deux minutes
00:59:07sauf pour le Premier ministre.
00:59:09Donc il avait oublié
00:59:10qu'il n'était plus Premier ministre.
00:59:11Il n'a même pas pu poser
00:59:13sa question, Michel Barnier.
00:59:14Il n'a pas posé sa question.
00:59:15Enfin, il a posé sa question,
00:59:17mais il a été coupé.
00:59:19Sur le fond, maintenant,
00:59:20on a beaucoup parlé
00:59:20de budget 2026.
00:59:22Jean-Philippe Tanguy,
00:59:23du RN,
00:59:24a dénoncé les mensonges
00:59:25du Premier ministre
00:59:26avec, selon lui,
00:59:2719 milliards d'euros
00:59:29d'impôts nouveaux
00:59:29l'année prochaine.
00:59:30Pour la députée communiste
00:59:32Elsa Faucillon,
00:59:33le gouvernement vise
00:59:34les plus modestes.
00:59:35Deux groupes qui appellent
00:59:36à la censure.
00:59:37Réponse cache de la ministre.
00:59:40J'entends que dans quelques heures,
00:59:41certains d'entre vous
00:59:42veulent nous censurer.
00:59:44Eh bien,
00:59:45si vous nous censurez,
00:59:46il n'y aura plus de gouvernement
00:59:46et je peux vous dire,
00:59:48il n'y aura pas de débat.
00:59:49Le seul débat qu'on aura,
00:59:52ce sera un débat
00:59:52sur l'incertitude économique,
00:59:55sur le désordre économique.
00:59:57Et demain, sur LCP,
00:59:59vous pourrez suivre l'examen
01:00:00des deux motions de censure
01:00:01contre le gouvernement,
01:00:03motion déposée par les Insoumis
01:00:04et par le Rassemblement National,
01:00:06à suivre dès 8h50 sur LCP,
01:00:08bien sûr.
01:00:08Dès 8h50,
01:00:09pour suivre en intégralité
01:00:10et en direct
01:00:11ces deux motions de censure,
01:00:12leur examen et le vote.
01:00:14On poursuit, Marco,
01:00:15avec ce rapport parlementaire
01:00:16qui préconise de dénoncer
01:00:18l'accord franco-algérien
01:00:20de 1968,
01:00:21l'accord migratoire.
01:00:22Oui, voilà qui pourrait raviver
01:00:23les tensions entre Paris et Alger.
01:00:25C'est Charles Rodouel,
01:00:26député macroniste,
01:00:27qui tape du poing sur la table.
01:00:29Pourquoi ?
01:00:29Eh bien parce que cet accord,
01:00:31cet accord coûte trop cher,
01:00:33selon lui,
01:00:332 milliards d'euros.
01:00:35Alors, il veut remettre en cause
01:00:36les dérogations accordées
01:00:37aux Algériens pour s'installer
01:00:39et se maintenir en France.
01:00:40C'est l'une des conclusions
01:00:41de son rapport parlementaire,
01:00:43adopté aujourd'hui
01:00:44en commission des finances.
01:00:45Mais 2 milliards d'euros,
01:00:46vraiment ?
01:00:47La gauche émet quelques doutes.
01:00:49On a donc l'impression,
01:00:50finalement,
01:00:50que ce rapport n'est pas
01:00:51financier,
01:00:52davantage finalement
01:00:53un rapport de commande politique,
01:00:55avec à la fin un chiffre
01:00:56qui est fait
01:00:56pour faire la une de CNews.
01:00:58Mais on se demande bien
01:00:59d'où il vient.
01:01:00Et de son côté,
01:01:01Charles Rodouel assume
01:01:02même le flou
01:01:03autour des 2 milliards.
01:01:05Nous assumons
01:01:06que ce chiffre
01:01:07n'est qu'une estimation.
01:01:09Pourquoi une estimation ?
01:01:10Tout simplement
01:01:11parce que
01:01:12l'État
01:01:13n'est pas outillé,
01:01:15n'a pas
01:01:15les données disponibles,
01:01:17factuelles,
01:01:18à nous donner
01:01:18lors de ce rapport-là.
01:01:19Donc nous nous assumons,
01:01:20un,
01:01:20d'avoir
01:01:21défini le chiffre
01:01:22le plus strict possible
01:01:23et deux,
01:01:25d'assumer que ce chiffre
01:01:26n'est qu'une estimation
01:01:27très probablement
01:01:28au rabais.
01:01:29Et le débat
01:01:30devrait revenir
01:01:31à l'Assemblée
01:01:32le 30 octobre prochain
01:01:33dans la niche parlementaire
01:01:35du RN
01:01:35avec une proposition de loi
01:01:37pour dénoncer
01:01:38cet accord franco-algérien
01:01:39de 68.
01:01:40Et Marco,
01:01:40on reste en commission
01:01:41des finances
01:01:41où l'on va examiner
01:01:42le budget 2026
01:01:43et examiner le budget,
01:01:45ça creuse.
01:01:46Oui,
01:01:47ambiance pique-nique
01:01:48hier pour l'audition
01:01:49des ministres de l'économie
01:01:51et des comptes publics.
01:01:52Ils sont venus
01:01:53les bras chargés
01:01:54de douceur.
01:01:54Ah bon ?
01:01:55Oui.
01:01:55Pour décontracter le débat,
01:01:57la ministre nous a amenés
01:01:59à ces quoi ?
01:02:00Alors,
01:02:00je crois de tradition.
01:02:02Il fut un temps
01:02:03où les ministres du budget
01:02:03apportaient une douceur
01:02:05de leur contrée.
01:02:06Ils se trouvent
01:02:07que ma contrée
01:02:07était estonienne
01:02:08et c'était un petit plateau
01:02:10de charcuterie et fromage
01:02:11de la ferme
01:02:12qui est la ferme familiale
01:02:13du plateau de Saclay
01:02:15où mon oncle
01:02:16a préparé ça pour vous
01:02:18dans la journée.
01:02:20Et le ministre Roland Lescure,
01:02:21lui,
01:02:21il avait apporté
01:02:22du sirop d'érable.
01:02:23Alors,
01:02:23pas suffisant.
01:02:24Pas suffisant
01:02:25pour amadouer
01:02:25les députés de l'opposition
01:02:27qui critiquent plutôt
01:02:28le pain sec budgétaire
01:02:29et les agents de l'Assemblée,
01:02:30eux,
01:02:31ils ont tiqué
01:02:31parce que normalement,
01:02:33manger en salle de commission,
01:02:34eh bien,
01:02:35c'est interdit.
01:02:36Vous pouvez peut-être
01:02:36en témoigner,
01:02:37vous êtes d'accord ?
01:02:38C'est interdit.
01:02:39Même un café,
01:02:39c'est interdit.
01:02:40Même un café.
01:02:40On a le droit
01:02:41de boire que de l'eau.
01:02:42Alors,
01:02:42on a enquêté
01:02:43parce que l'an dernier,
01:02:44figurez-vous
01:02:45que les ministres
01:02:45ont apporté des macarons
01:02:47l'année d'avant,
01:02:48des cannelés.
01:02:49Ah donc,
01:02:49c'est bien une tradition.
01:02:50Donc c'est une tradition.
01:02:51C'est une tradition.
01:02:52Même si c'est interdit
01:02:53de manger en salle de commission.
01:02:55Chacun sa spécialité,
01:02:56je le disais.
01:02:57Et vous, Aline,
01:02:57je crois que c'est
01:02:57la pâte de coin.
01:02:58Mais oui.
01:02:59Vous l'avez ?
01:02:59Mais oui, bien sûr.
01:03:00Je fais de la pâte de coin.
01:03:01Et elle est délicieuse.
01:03:03Je la porte au plateau.
01:03:04Et elle est délicieuse
01:03:04parce que je l'ai goûtée.
01:03:05Mais oui,
01:03:06voilà,
01:03:06c'est ma pâte de coin.
01:03:08Merci beaucoup,
01:03:09Marco Pommier.
01:03:10Et merci à vous trois
01:03:12d'être venus ce soir
01:03:13sur le plateau
01:03:13de Chaque Voix Compte.
01:03:15On vous donne rendez-vous
01:03:17demain à 19h30
01:03:18pour Chaque Voix Compte.
01:03:19On vous rappelle que demain,
01:03:20vous avez rendez-vous
01:03:21à 8h50 sur LCP Canal 8
01:03:22pour suivre l'examen
01:03:24des deux motions de censure
01:03:25déposées par LFI
01:03:26et par le RN.
01:03:28Nous, donc,
01:03:28on se retrouve à 19h30 demain.
01:03:30Cette émission est rediffusée
01:03:31tout à l'heure à 23h30
01:03:32et elle est disponible aussi
01:03:34en replay sur lcp.fr.
01:03:36Merci à Laurent.
01:03:36Merci à Lou
01:03:37que l'on peut lire
01:03:38dans Paris Match,
01:03:38la une de Paris Match demain.
01:03:40C'est un jeune actif
01:03:41qui n'a toujours pas décidé
01:03:42de prendre sa retraite.
01:03:43Hugo Fray.
01:03:44Ah oui, c'est pas à 60 ans,
01:03:45lui, à la retraite.
01:03:46Non, c'est pas à 60 ans.
01:03:47Nous, on n'a pas d'âge.
01:03:49Merci à vous
01:03:50de nous avoir suivis
01:03:51dans un instant.
01:03:51C'est Débat Doc
01:03:52avec Jean-Pierre Grassien.
01:03:53Passez une très belle soirée.
01:03:54À demain.
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