00:007h46, nous sommes donc avec Frédéric Valtoux, ministre démissionnaire, délégué à la santé.
00:09Vous avez remarqué, ça fait 5 jours qu'on n'entend pas les politiques se disputer et le pays n'a jamais eu l'air aussi heureux.
00:15Alors effectivement, je crois que ces Jeux Olympiques déjà sont marquants pour un fait, c'est qu'il y a de la bonne humeur partout, dans les enceintes, autour des enceintes.
00:25Et surtout, un pays qui maintenant suit ses athlètes, suit les athlètes en général, suit les équipes de France,
00:32et dans un engouement qui est au-delà de ce qu'on pouvait imaginer, et loin des polémiques qui ont précédé parfois ses JO, et tant mieux.
00:41Pour l'instant, nos athlètes sont à la hauteur, est-ce que nos soignants le sont aussi, le dispositif JO mis en place avec les hôpitaux de Paris,
00:48est-ce qu'il est suffisamment solide, est-ce qu'il est mis à rude épreuve avec l'arrivée de touristes notamment ?
00:54Alors pour l'instant, il donne pleine satisfaction, au sens où il répond aux besoins, et on voit bien d'ailleurs qu'on a un dispositif qui pourrait, sur le papier en tout cas, faire plus.
01:05On a 3200 interventions depuis mercredi dernier, mercredi c'est vraiment le moment où toutes les délégations étaient présentes au village olympique,
01:13donc 3200 interventions dans le dispositif qui a été mis en place autour des enceintes sportives, ce qui est vraiment plutôt assez faible,
01:25on est sur des niveaux, on a 200 consultations par jour en moyenne à la polyclinique et au village olympique, je rappelle qu'elle avait été formatée pour recevoir 300-400 consultations par jour,
01:36donc on voit bien qu'on a encore de la marge, tant mieux, ça veut dire qu'il y a...
01:40Vous n'allez pas nous dire qu'il y a trop de soignants mobilisés pour sa JO ?
01:42Il n'y a jamais trop, parce que voilà, les conditions climatiques, même s'il a fait chaud pendant deux jours, faisaient que finalement tout ça n'a pas provoqué de tensions particulières,
01:52donc on a un dispositif qui est efficace, qu'on suit matin, midi et soir, le centre de crise du ministère de la Santé est actif 24h sur 24.
02:01C'est quoi, c'est des bobos, c'est des coups de chaud, on reste sur des petites choses ?
02:04Oui, c'est des petites choses, il y a finalement très peu d'hospitalisation, on a un passage et un renvoi vers le système hospitalier,
02:11parce que vous savez qu'on a mis en place un système gradué depuis les enceintes qui sont de l'intervention immédiate, prise en charge immédiate,
02:17jusqu'à effectivement la possibilité d'aller vers des prises en charge hospitalières pour ce qui est nécessaire, finalement qui sont très faibles, et tant mieux.
02:24On a un dispositif qui implique 13 hôpitaux en Ile-de-France, c'est là que se concentrent 80% des épreuves,
02:29autour de l'APHP, mais pas seulement, il y a 12 hôpitaux, public et privé d'ailleurs, dans ce dispositif,
02:34donc tout est gradué, tout est préparé, l'équipe de France des soignants était prête,
02:39et elle montre depuis le début des JO que ça fonctionne.
02:43Est-ce que le Covid est un sujet pour vous ? La résurgence du Covid pour les athlètes, pour les délégations, ou pour le public qui vient du monde entier ?
02:50Alors, le Covid a toujours été présent dans notre pays, et notamment on avait vu un pic Covid fin mai, début juin,
02:57depuis une décélération, ça ne veut pas dire qu'il a disparu, attention, mais quand on regarde les chiffres, c'est très faible.
03:02Le Covid, c'est à peine 2 000 passages aux urgences par semaine, c'est-à-dire c'est 0,5% des passages aux urgences aujourd'hui,
03:10et encore moins d'hospitalisation. Donc on voit que le Covid est toujours là, il faut faire attention,
03:15il faut effectivement, lorsqu'on est touché, remettre le masque, être vigilant sur la contamination,
03:22mais on n'est pas du tout, du tout, dans un moment de redémarrage d'un pic épidémique.
03:27Frédéric Valtoux, la France a très chaud depuis 3 jours, un numéro vert a été mis en place, 0800 06 66 66,
03:35d'abord, est-ce qu'il est toujours en place, et puis à quoi ça sert un numéro vert ? C'est pour nous dire de boire de l'eau ?
03:39Non, ça permettrait... Non, c'est pas... Il y a des questions qui sont plus précises, puis il y a des gens qui sont un peu perdus,
03:45qui sont seuls chez eux, qui se posent des questions, combien de temps ça va durer, qu'est-ce qu'il faut que je fasse,
03:49comment je peux me prémunir, je suis malade de ça et ça, et donc, comment je m'adapte, enfin voilà,
03:54il y a des questions très pratiques, je ne dis pas que ce numéro vert sonne par milliers de coups de fil toute la journée,
04:00je n'ai pas les chiffres, mais en tout cas, il fonctionne, il sonne, et des gens trouvent des réponses tout à fait concrètes.
04:05Voilà, il est mis en place à chaque pic de chaleur, ce n'est pas spécifiquement pour les JO,
04:09c'est un numéro vert qui est réactivé à chaque pic de chaleur, donc ça rend des services.
04:12Vous parliez du passage aux urgences en région parisienne, avec une situation spéciale liée aux Jeux Olympiques,
04:19mais si on tape urgence sur son téléphone, sur son moteur de recherche, comme je l'ai fait avant de vous recevoir,
04:24voilà ce qu'on lit. En Vendée, des services d'urgence ferment à répétition.
04:28Les urgences de Saint-Nazaire, saturées. Au Yona, les urgences fermées plusieurs nuits, etc., etc.
04:34Ça veut dire que rien ne change d'un été à l'autre en France ?
04:37Non, l'été le plus difficile, ça avait été il y a deux ans, c'était en 2021-2022.
04:46Effectivement, depuis, des mesures ont été prises, notamment pour augmenter les heures de garde et de nuit
04:52pour les personnels qui font des gardes à l'hôpital, et on voit que ça a fonctionné.
04:58Maintenant, il y a une tension d'urgence qui est liée au nombre de médecins, qui parfois est insuffisant,
05:03et effectivement qui nous conduit à parfois fermer des urgences de nuit.
05:06Mais c'est devenu la norme maintenant, on a l'impression que des services ne peuvent plus assurer la continuité.
05:11Il y a aussi une autre question qu'on peut se poser, c'est qu'il n'y a jamais de territoires qui sont abandonnés.
05:15C'est-à-dire qu'il y a toujours des solutions avec un hôpital qui est à quelques kilomètres
05:19et qui prend en charge ou vers lequel sont orientées les urgences de nuit.
05:23Après, la question c'est, voilà, est-ce qu'on a un dispositif aujourd'hui d'urgence qui nécessite
05:27qu'on ait autant de services d'urgence qui soient ouverts, par exemple, en nuit profonde ?
05:31Il y a des endroits, il faut le dire, où on a très, très peu de fréquentations en nuit profonde,
05:36parce qu'il y a très peu de besoins, donc il faudra sans doute, et ce sera l'affaire du futur ou du prochain gouvernement,
05:41réfléchir aussi à ajuster cette carte, mais ça ne veut pas dire pour autant, et je ne nie pas les problèmes,
05:45il y a effectivement des sujets de tension démographique, de la démographie médicale aux urgences,
05:51au manque de médecins, au manque de personnel soignant.
05:53C'est tout l'effort qu'a fait le gouvernement de supprimer le virus Closus.
05:575% aujourd'hui d'étudiants en plus en deuxième année de médecine, ça veut dire qu'on forme chaque année plus de médecins,
06:02simplement il faut 10 ans pour former un médecin, 15 ans en spécialiste.
06:05Mais vous n'avez plus tout à fait la main pour la suite des opérations.
06:08On l'entendait sur RTL ce matin, les ventes de tabac en France ont baissé moins 25% en un an,
06:15c'est absolument énorme, avec des paquets à 12 euros et qui doivent encore monter,
06:19mais est-ce que ça veut dire que la consommation aussi a baissé, ou bien que les fumeurs se fournissent ailleurs ?
06:24Ça veut dire qu'il faut lutter contre le marché parallèle qui prend de plus en plus de place.
06:29Le marché parallèle c'est à la fois évidemment la contrebande, mais c'est aussi les achats transfrontaliers.
06:34Aujourd'hui on a des stratégies d'industriels qui livrent moins dans les pays où effectivement le prix du tabac est fort et élevé,
06:41comme en France qui depuis 20 ans suit une politique de prix qui est assez ambitieuse,
06:47pour aller livrer et surapprovisionner des marchés comme dans les pays proches de la France,
06:54je pense au Luxembourg, Andorre, Espagne, Allemagne, tous les pays transfrontaliers.
06:58Je voudrais vous donner juste un chiffre, les cigarettiers livrent 31 milliards de cigarettes en France,
07:05là où la consommation c'est 49 milliards, donc on voit bien qu'il y a un gap et que l'approvisionnement se fait ailleurs
07:10et on pousse les consommateurs à aller chercher dans les pays où les prix sont moins élevés.
07:15La solution c'est qu'effectivement il y a une politique de meilleure traçabilité des approvisionnements et d'obligation
07:22qu'on fournisse dans chaque pays autant de cigarettes que l'on consomme.
07:26On livre 5 fois plus de cigarettes à Andorre ou Luxembourg que la population de ces pays en consomme
07:32et ça c'est un fléau, c'est au niveau européen que ça doit se décider.
07:35Vous avez rendez-vous monsieur le ministre des missionnaires à Matignon à 14h30 pour une réunion de travail avec Gabriel Attal,
07:42à quoi bon une réunion de travail dans cette ambiance ?
07:45Et puis est-ce que vous avez hâte que ça se termine ce feuilleton qu'on a laissé juste avant la cérémonie d'ouverture et cet entre-deux ?
07:51Là on se voit pour parler des JO et du fonctionnement des JO dans les différentes dimensions,
07:57la sécurité, l'accueil, le fonctionnement des transports, l'accueil des touristes et de ceux qui participent aux épreuves,
08:07la question justement de la réponse sanitaire.
08:10Donc c'est vraiment un point de situation, c'est important, on reste quand même sur un événement qui est le plus regardé au monde
08:16et qui en ce moment est regardé par des milliards de personnes très régulièrement.
08:19Donc de ce point de vue là, il faut qu'on soit parfait dans l'organisation, elle est jusqu'à présent parfaite, il faut qu'on continue.
08:25Les JO ça se termine en tout cas avant les paralympiques qui démarreront fin août, ça termine le 12 août.
08:32Merci beaucoup.
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