Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Dans la nuit de mercredi a jeudi, une explosion est survenue dans un bar à Crans-Montana, une station de ski du sud de la Suisse. Des dizaines de personnes sont présumées mortes et une centaine de personnes sont blessées, dont une majorité grièvement. Stéphane Ganzer, conseiller d'Etat du valais et chef du département de la sécurité, des institutions et du sport, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité de RTL Matin avec Olivier Boy du 02 janvier 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00...libre 40-60 mm, catégorie 1, différentes variétés.
00:03RTL Matin, Olivier Bois.
00:06L'invité d'RTL Matin est Stéphane Ganser,
00:08chef de la sécurité du canton de Valais en Suisse,
00:10où se situe cette station de ski de Cran-Montana,
00:13dans laquelle s'est déroulé le terrible incendie dans ce bar.
00:16Bonjour M. Ganser.
00:18Bonjour.
00:19Alors, pourquoi le feu s'est-il propagé aussi vite ?
00:21Est-ce que le bar, le Constellation était aux normes ?
00:24On va en parler avec vous, d'autant que vous étiez avant pompier, M. Ganser.
00:28Mais d'abord, effectivement, vous êtes arrivé très tôt sur place
00:31dans la nuit de la Saint-Sylvestre.
00:32Et je lis ce matin, par exemple, qu'un secouriste a eu cette phrase
00:35pour dire le choc et l'effroi que vous vivez actuellement en Suisse.
00:39C'était le Bataclan sans les armes.
00:41C'est vraiment ce que vous avez vécu quand vous êtes arrivé la nuit de ce drame,
00:46quand vous avez vu tous les blessés sortir comme ils le pouvaient de ce brasier ?
00:50C'est vrai, j'ai également lu cette citation ce matin dans la presse
00:54et ça y ressemblait méchamment, j'ai envie de vous dire.
00:56Lorsqu'on arrive dans une scène comme ça, il faut imaginer qu'il y a une espèce de paradoxe.
01:01Il y a des centaines de jeunes dans la rue lorsqu'on s'approche du site
01:04qui n'ont pas forcément conscience et connaissance de l'accident qui est en train de se dérouler.
01:08Puis à mesure qu'on s'approche, on voit que la joie fait place à la tristesse,
01:12voire même à l'effroi.
01:13Et lorsqu'on arrive devant le bar, effectivement, c'est des scènes de chaos,
01:16c'est des scènes de guerre avec des jeunes gens qui sont là pour s'amuser
01:20et qui se retrouvent à devenir secouristes, improvisés, à devoir pratiquer des massages cardiaques
01:24ou aider des gens qui sont complètement brûlés.
01:28C'est vraiment très impressionnant.
01:30Vous donnez depuis hier matin des conférences de presse
01:33pour tenir au courant de l'évolution de la situation.
01:35Quel est le dernier bilan que vous avez ?
01:38J'ai lu pareil que l'ambassadeur d'Italie en Suisse.
01:42Parlez-lui de 47 personnes décédées.
01:44Vous avez dit une quarantaine.
01:45Est-ce que vous avez un bilan qui est ce matin à 8h07 plus précis ?
01:50Alors non, c'est vrai que ça m'a un petit peu surpris, ce chiffre de 47,
01:53parce que ce n'est pas les mêmes chiffres que nous avons nous.
01:54Alors c'est souvent le cas dans les premières heures qui suivent un événement comme ça.
01:58Il faut savoir que les blessés sont plus d'une centaine, à peu près 115 à 120,
02:03qui partent dans tous les hôpitaux de Suisse puis ensuite d'Europe.
02:05Et je remercie d'ailleurs la France, votre gouvernement, votre président,
02:08qui nous a spontanément offert son aide.
02:10Il y a déjà beaucoup de vos compatriotes blessés qui sont soignés déjà chez vous,
02:13sur Paris notamment et Lyon.
02:15Mais c'est vrai que c'est très dur d'avoir un bilan tout de suite,
02:17parce qu'en plus les personnes souvent ne peuvent pas parler,
02:20ne peuvent pas s'identifier, n'ont pas de papiers d'identité sur elles.
02:22Mais pour l'instant, on reste à une quarantaine de personnes considérées comme décédées.
02:27Et sur les 115 ou 120 blessés dont vous parlez,
02:30on précise que ce sont des blessures qui sont extrêmement graves.
02:34Est-ce que vous savez combien, par exemple, sont en risque vital ?
02:38Je pense qu'une grande partie d'entre eux sont en...
02:42Je pense qu'une centaine d'entre eux, entre 80 et 100 d'entre eux,
02:45sont vraiment en urgence absolue.
02:46Donc le bilan peut être beaucoup plus lourd.
02:51Il est effarant ce bilan que peut-être sera à la fin cet incendie dans ce bar.
02:56C'est exact. Le bilan est évolutif, sans doute,
03:00puisqu'on sait que les personnes qui sont blessées, qui sont grand brûlées,
03:04vous savez qu'une personne adulte, lorsqu'elle a à peu près 15% de la surface de son corps
03:07qui est brûlée au troisième degré,
03:09il y a un risque dans les heures et les jours qui suivent de mort,
03:13puisque la septicémie peut gagner l'ensemble de l'organisme.
03:17Donc c'est vrai que c'est un bilan qui est terrible et qui peut être en train de s'aggraver.
03:21Neuf Français sont blessés.
03:23Et je voulais vous demander une précision sur les huit autres Français
03:26dont on dit qu'ils n'ont pas encore été localisés.
03:29Ce sont des Français qui étaient dans la station de Cran-Montana
03:32ou dont on sait qu'ils étaient dans le bar, le Constellation ?
03:36Ça, je ne peux pas vous le dire.
03:37À mon avis, s'ils ne sont pas localisés, c'est qu'évidemment,
03:39ils étaient proches de l'événement.
03:42Il faut savoir que sur la centaine de personnes qui sont hospitalisées,
03:45beaucoup d'entre elles ne sont pas identifiées.
03:47C'est ce que je dis à toutes les familles pour tenter peut-être de les rassurer
03:49ou leur donner de l'espoir sans leur créer de faux espoirs.
03:52Il faut savoir qu'un jeune de 16, 17 ans, 18 ans qui est dans un bar,
03:55il n'a pas forcément cette pape d'identité sur lui.
03:58En plus, avec l'incendie, bien évidemment,
04:00les petits événements sont brûlés et les pièces d'identité avec aussi.
04:03Donc, ça explique aussi qu'on a la peine à les localiser
04:06et qu'il va falloir sans doute encore une bonne journée pour pouvoir le faire.
04:10Et puis, les victimes sont parfois très jeunes.
04:11On a diffusé ce matin des reportages sur RTL
04:13où on parlait de groupes d'amis qui avaient entre 14 et 18 ans.
04:16Vous avez beaucoup de mineurs qui font partie des victimes, des blessés.
04:21Ces jeunes qui faisaient la fête, évidemment.
04:23Il semblerait, ce que j'ai vu sur place, c'est vrai que c'était des gens assez jeunes.
04:26Alors, je n'arrive pas à identifier de l'homme.
04:28Mais c'est vrai que c'était des gens qui m'avaient l'air d'entre 15 et 20 ans,
04:30qui faisaient la fête.
04:33Certains qui sortaient pour la première fois.
04:35J'ai aussi des gens de mon village qui sont là.
04:38Donc, c'est compliqué.
04:38On va parler maintenant des causes de l'incendie.
04:41Est-ce que le scénario, pour vous, se précise ?
04:43Là encore, vous avez été très prudent dans vos premières prises de parole.
04:46Le fait est que tous les témoins qui sont interrogés depuis hier,
04:49il y a les vidéos qui circulent.
04:50On voit très clairement la mousse sans braser
04:52au passage d'une jeune femme qui tient ses bouteilles de champagne
04:57avec les bougies étincelles.
04:58Est-ce que c'est la piste qui ne fait guère de doute ce matin pour vous ?
05:01Oui, c'est vrai que les images semblent assez claires.
05:05Dans un premier temps, on a vraiment créé un attentat.
05:07Je me suis dit, en partant de chez moi avec les policiers,
05:10je me suis dit, voilà, je pense qu'on est frappé par un attentat
05:12ou quelque chose comme ça.
05:13Rapidement, les témoignages sur place nous ont confirmé
05:16qu'il s'agissait d'un incendie
05:17avec un ombroisement généralisé très rapide.
05:20Et c'est vrai que les vidéos qu'on voit là...
05:22Alors, ces scènes ne me surprennent pas dans un bar.
05:24On le voit dans toutes les discothèques de France, de Suisse ou d'Europe.
05:27Ces bouteilles de champagne avec un peu de pyrotechnie dessus.
05:30Là, c'est vrai que les vidéos semblent assez claires
05:33et on voit ensemble voir que c'est l'enquête qui devrait déterminer
05:36les matériaux, est-ce qu'ils étaient adaptés à ça ?
05:38Voilà, parce que ce qui étonne plus, pour le coup,
05:40plus que la bouteille de champagne,
05:41c'est plutôt cette mousse, cette couche de mousse
05:43sur le plafond qui, visiblement, s'embrase très rapidement.
05:47Ça n'est pas le matériel qu'on voit d'habitude
05:49dans les établissements de nuit.
05:51On entend beaucoup de témoignages là-dessus.
05:53Pour poser la question clairement,
05:55est-ce que vous, en tant que chef de sécurité du canton de Volet,
05:57vous avez un registre qui dit que le bar,
05:59le Constellation a été contrôlé et était aux normes ?
06:03Alors, on va aller, évidemment, comme en France ou ailleurs.
06:05Tous les établissements publics sont soumis à des contrôles.
06:07Il y a une législation qui précise.
06:09Moi, j'avais toujours à cœur de dire que ces catastrophes
06:11qu'on voit dans d'autres pays, d'Amérique latine ou autre,
06:14qui frappent des discothèques,
06:15elles sont dues à un manque de contrôle.
06:17Et qu'en Suisse, on est très pointilleux, très organisé,
06:19très ordonné, qu'on échappe à ça.
06:21Visiblement, ce n'est pas le cas.
06:22Il va falloir qu'on enquête davantage.
06:24Mais c'est vrai que ce revêtement...
06:26Il faut savoir que dans une discothèque,
06:27dans une salle de cancer, il y a du revêtement inifuge.
06:29Il y a des tissus, il y a des tentures, il y a des choses comme ça.
06:32Là, il semblerait que ce soit un matériau d'isolation phonique,
06:36visiblement, à voir s'il était inifuge ou pas.
06:39Mais c'est vrai que cette pratique dans les discothèques,
06:42elle touche...
06:43Ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel,
06:44mais il faudra voir maintenant ces matériaux dans le détail.
06:47Là encore, les témoins disent tous
06:48qu'ils n'ont pas trouvé les issues de secours
06:50ou peut-être qu'elles n'étaient pas assez nombreuses.
06:52Ils ont tous voulu passer par, visiblement,
06:54cet escalier pour monter du sous-sol.
06:56Qu'est-ce que vous savez là-dessus ?
06:57Est-ce qu'il y avait assez d'issues de secours dans ce bar ?
07:01Écoutez, je me suis rendu dans ce bar.
07:03À la suite de l'incendie, j'ai pu le constater de mes yeux.
07:06J'ai vu des scènes apocalyptiques là-dedans.
07:08J'ai une image de ce bar qui ne me semblait pas différente d'un autre.
07:12Après, je n'ai pas les plans sous les yeux.
07:14Mais il faut imaginer une chose.
07:15Lorsqu'un incendie tel que celui-là survient,
07:17il y a rapidement de la fumée qui descend.
07:19Donc l'incendie commence au plafond,
07:21ensuite la fumée descend.
07:22Les gens sont vite désorientés.
07:25Quand vous avez des centaines de personnes
07:26qui tout d'un coup comprennent
07:27que la gravité des faits les pousse à sortir,
07:29forcément, tout paraît petit,
07:31tout paraît désorganisé.
07:34Parce qu'on n'y voit plus rien,
07:35on est complètement perdus.
07:36Donc ça peut expliquer aussi.
07:37Mais je n'ai pas l'impression, sur place, a priori,
07:40que la structure n'était pas adaptée.
07:43Les propriétaires sont des Français.
07:46Est-ce que vous avez, vous,
07:48aux fonctions qui sont les vôtres,
07:49eu été en contact avec eux ?
07:51Non, pas du tout.
07:53Non, j'étais hier plutôt avec les forces de secours.
07:56Mais effectivement, il s'agit de ressortissants français.
08:00Et je l'ai dit hier en interview,
08:01ce n'est pas parce qu'on est français
08:02qu'on est coupable, loin de là.
08:03Et j'ai été surpris par la question
08:05de beaucoup de journalistes qui nous disaient
08:06« Mais ce sont des Français, etc. »
08:07Oui, évidemment, ils sont là,
08:08ils exploitent différents établissements sur la station.
08:10Ils étaient connus dans la station ?
08:11Ils avaient deux autres établissements, c'est ça ?
08:13En tout cas, plusieurs, oui.
08:15Je sais qu'ils en ont plusieurs,
08:16mais je ne les connais pas personnellement.
08:17Mais oui, ils sont établis ici.
08:19Ce sont des professionnels.
08:20Est-ce qu'ils ont déjà été interrogés
08:21par les enquêteurs, à votre connaissance ?
08:23Pas à ma connaissance, mais sans doute.
08:26Un dernier mot, je vais citer la phrase
08:29de votre président de la Confédération suisse,
08:32Guy Parmelin, qui a qualifié
08:33d'une des pires tragédies que le pays ait déjà connue.
08:37C'est vraiment le sentiment qu'il y a aujourd'hui en Suisse.
08:41Un effarement, un effroi.
08:44C'est juste une quarantaine de morts,
08:45une centaine de blessés.
08:46C'est des choses auxquelles on n'est pas habitué.
08:48On a eu des pressions dans le rame en Valais,
08:49comme l'accident de quart des petits Belges
08:51il y a une dizaine d'années maintenant.
08:52Mais effectivement, la quarantaine de morts,
08:55pour nous, c'est un événement tragique et massif.
08:59Merci beaucoup Stéphane Ganser
09:01d'avoir été avec nous sur RTL,
09:03l'invité ce matin à RTL pour faire le point
09:05sur toutes les questions qu'on avait à vous poser.
09:07Je rappelle que vous êtes le chef de la sécurité
09:08du canton de Valais, où se situe la station de...
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations