00:00...libre 40-60 mm, catégorie 1, différentes variétés.
00:03RTL Matin, Olivier Bois.
00:06L'invité d'RTL Matin est Stéphane Ganser,
00:08chef de la sécurité du canton de Valais en Suisse,
00:10où se situe cette station de ski de Cran-Montana,
00:13dans laquelle s'est déroulé le terrible incendie dans ce bar.
00:16Bonjour M. Ganser.
00:18Bonjour.
00:19Alors, pourquoi le feu s'est-il propagé aussi vite ?
00:21Est-ce que le bar, le Constellation était aux normes ?
00:24On va en parler avec vous, d'autant que vous étiez avant pompier, M. Ganser.
00:28Mais d'abord, effectivement, vous êtes arrivé très tôt sur place
00:31dans la nuit de la Saint-Sylvestre.
00:32Et je lis ce matin, par exemple, qu'un secouriste a eu cette phrase
00:35pour dire le choc et l'effroi que vous vivez actuellement en Suisse.
00:39C'était le Bataclan sans les armes.
00:41C'est vraiment ce que vous avez vécu quand vous êtes arrivé la nuit de ce drame,
00:46quand vous avez vu tous les blessés sortir comme ils le pouvaient de ce brasier ?
00:50C'est vrai, j'ai également lu cette citation ce matin dans la presse
00:54et ça y ressemblait méchamment, j'ai envie de vous dire.
00:56Lorsqu'on arrive dans une scène comme ça, il faut imaginer qu'il y a une espèce de paradoxe.
01:01Il y a des centaines de jeunes dans la rue lorsqu'on s'approche du site
01:04qui n'ont pas forcément conscience et connaissance de l'accident qui est en train de se dérouler.
01:08Puis à mesure qu'on s'approche, on voit que la joie fait place à la tristesse,
01:12voire même à l'effroi.
01:13Et lorsqu'on arrive devant le bar, effectivement, c'est des scènes de chaos,
01:16c'est des scènes de guerre avec des jeunes gens qui sont là pour s'amuser
01:20et qui se retrouvent à devenir secouristes, improvisés, à devoir pratiquer des massages cardiaques
01:24ou aider des gens qui sont complètement brûlés.
01:28C'est vraiment très impressionnant.
01:30Vous donnez depuis hier matin des conférences de presse
01:33pour tenir au courant de l'évolution de la situation.
01:35Quel est le dernier bilan que vous avez ?
01:38J'ai lu pareil que l'ambassadeur d'Italie en Suisse.
01:42Parlez-lui de 47 personnes décédées.
01:44Vous avez dit une quarantaine.
01:45Est-ce que vous avez un bilan qui est ce matin à 8h07 plus précis ?
01:50Alors non, c'est vrai que ça m'a un petit peu surpris, ce chiffre de 47,
01:53parce que ce n'est pas les mêmes chiffres que nous avons nous.
01:54Alors c'est souvent le cas dans les premières heures qui suivent un événement comme ça.
01:58Il faut savoir que les blessés sont plus d'une centaine, à peu près 115 à 120,
02:03qui partent dans tous les hôpitaux de Suisse puis ensuite d'Europe.
02:05Et je remercie d'ailleurs la France, votre gouvernement, votre président,
02:08qui nous a spontanément offert son aide.
02:10Il y a déjà beaucoup de vos compatriotes blessés qui sont soignés déjà chez vous,
02:13sur Paris notamment et Lyon.
02:15Mais c'est vrai que c'est très dur d'avoir un bilan tout de suite,
02:17parce qu'en plus les personnes souvent ne peuvent pas parler,
02:20ne peuvent pas s'identifier, n'ont pas de papiers d'identité sur elles.
02:22Mais pour l'instant, on reste à une quarantaine de personnes considérées comme décédées.
02:27Et sur les 115 ou 120 blessés dont vous parlez,
02:30on précise que ce sont des blessures qui sont extrêmement graves.
02:34Est-ce que vous savez combien, par exemple, sont en risque vital ?
02:38Je pense qu'une grande partie d'entre eux sont en...
02:42Je pense qu'une centaine d'entre eux, entre 80 et 100 d'entre eux,
02:45sont vraiment en urgence absolue.
02:46Donc le bilan peut être beaucoup plus lourd.
02:51Il est effarant ce bilan que peut-être sera à la fin cet incendie dans ce bar.
02:56C'est exact. Le bilan est évolutif, sans doute,
03:00puisqu'on sait que les personnes qui sont blessées, qui sont grand brûlées,
03:04vous savez qu'une personne adulte, lorsqu'elle a à peu près 15% de la surface de son corps
03:07qui est brûlée au troisième degré,
03:09il y a un risque dans les heures et les jours qui suivent de mort,
03:13puisque la septicémie peut gagner l'ensemble de l'organisme.
03:17Donc c'est vrai que c'est un bilan qui est terrible et qui peut être en train de s'aggraver.
03:21Neuf Français sont blessés.
03:23Et je voulais vous demander une précision sur les huit autres Français
03:26dont on dit qu'ils n'ont pas encore été localisés.
03:29Ce sont des Français qui étaient dans la station de Cran-Montana
03:32ou dont on sait qu'ils étaient dans le bar, le Constellation ?
03:36Ça, je ne peux pas vous le dire.
03:37À mon avis, s'ils ne sont pas localisés, c'est qu'évidemment,
03:39ils étaient proches de l'événement.
03:42Il faut savoir que sur la centaine de personnes qui sont hospitalisées,
03:45beaucoup d'entre elles ne sont pas identifiées.
03:47C'est ce que je dis à toutes les familles pour tenter peut-être de les rassurer
03:49ou leur donner de l'espoir sans leur créer de faux espoirs.
03:52Il faut savoir qu'un jeune de 16, 17 ans, 18 ans qui est dans un bar,
03:55il n'a pas forcément cette pape d'identité sur lui.
03:58En plus, avec l'incendie, bien évidemment,
04:00les petits événements sont brûlés et les pièces d'identité avec aussi.
04:03Donc, ça explique aussi qu'on a la peine à les localiser
04:06et qu'il va falloir sans doute encore une bonne journée pour pouvoir le faire.
04:10Et puis, les victimes sont parfois très jeunes.
04:11On a diffusé ce matin des reportages sur RTL
04:13où on parlait de groupes d'amis qui avaient entre 14 et 18 ans.
04:16Vous avez beaucoup de mineurs qui font partie des victimes, des blessés.
04:21Ces jeunes qui faisaient la fête, évidemment.
04:23Il semblerait, ce que j'ai vu sur place, c'est vrai que c'était des gens assez jeunes.
04:26Alors, je n'arrive pas à identifier de l'homme.
04:28Mais c'est vrai que c'était des gens qui m'avaient l'air d'entre 15 et 20 ans,
04:30qui faisaient la fête.
04:33Certains qui sortaient pour la première fois.
04:35J'ai aussi des gens de mon village qui sont là.
04:38Donc, c'est compliqué.
04:38On va parler maintenant des causes de l'incendie.
04:41Est-ce que le scénario, pour vous, se précise ?
04:43Là encore, vous avez été très prudent dans vos premières prises de parole.
04:46Le fait est que tous les témoins qui sont interrogés depuis hier,
04:49il y a les vidéos qui circulent.
04:50On voit très clairement la mousse sans braser
04:52au passage d'une jeune femme qui tient ses bouteilles de champagne
04:57avec les bougies étincelles.
04:58Est-ce que c'est la piste qui ne fait guère de doute ce matin pour vous ?
05:01Oui, c'est vrai que les images semblent assez claires.
05:05Dans un premier temps, on a vraiment créé un attentat.
05:07Je me suis dit, en partant de chez moi avec les policiers,
05:10je me suis dit, voilà, je pense qu'on est frappé par un attentat
05:12ou quelque chose comme ça.
05:13Rapidement, les témoignages sur place nous ont confirmé
05:16qu'il s'agissait d'un incendie
05:17avec un ombroisement généralisé très rapide.
05:20Et c'est vrai que les vidéos qu'on voit là...
05:22Alors, ces scènes ne me surprennent pas dans un bar.
05:24On le voit dans toutes les discothèques de France, de Suisse ou d'Europe.
05:27Ces bouteilles de champagne avec un peu de pyrotechnie dessus.
05:30Là, c'est vrai que les vidéos semblent assez claires
05:33et on voit ensemble voir que c'est l'enquête qui devrait déterminer
05:36les matériaux, est-ce qu'ils étaient adaptés à ça ?
05:38Voilà, parce que ce qui étonne plus, pour le coup,
05:40plus que la bouteille de champagne,
05:41c'est plutôt cette mousse, cette couche de mousse
05:43sur le plafond qui, visiblement, s'embrase très rapidement.
05:47Ça n'est pas le matériel qu'on voit d'habitude
05:49dans les établissements de nuit.
05:51On entend beaucoup de témoignages là-dessus.
05:53Pour poser la question clairement,
05:55est-ce que vous, en tant que chef de sécurité du canton de Volet,
05:57vous avez un registre qui dit que le bar,
05:59le Constellation a été contrôlé et était aux normes ?
06:03Alors, on va aller, évidemment, comme en France ou ailleurs.
06:05Tous les établissements publics sont soumis à des contrôles.
06:07Il y a une législation qui précise.
06:09Moi, j'avais toujours à cœur de dire que ces catastrophes
06:11qu'on voit dans d'autres pays, d'Amérique latine ou autre,
06:14qui frappent des discothèques,
06:15elles sont dues à un manque de contrôle.
06:17Et qu'en Suisse, on est très pointilleux, très organisé,
06:19très ordonné, qu'on échappe à ça.
06:21Visiblement, ce n'est pas le cas.
06:22Il va falloir qu'on enquête davantage.
06:24Mais c'est vrai que ce revêtement...
06:26Il faut savoir que dans une discothèque,
06:27dans une salle de cancer, il y a du revêtement inifuge.
06:29Il y a des tissus, il y a des tentures, il y a des choses comme ça.
06:32Là, il semblerait que ce soit un matériau d'isolation phonique,
06:36visiblement, à voir s'il était inifuge ou pas.
06:39Mais c'est vrai que cette pratique dans les discothèques,
06:42elle touche...
06:43Ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel,
06:44mais il faudra voir maintenant ces matériaux dans le détail.
06:47Là encore, les témoins disent tous
06:48qu'ils n'ont pas trouvé les issues de secours
06:50ou peut-être qu'elles n'étaient pas assez nombreuses.
06:52Ils ont tous voulu passer par, visiblement,
06:54cet escalier pour monter du sous-sol.
06:56Qu'est-ce que vous savez là-dessus ?
06:57Est-ce qu'il y avait assez d'issues de secours dans ce bar ?
07:01Écoutez, je me suis rendu dans ce bar.
07:03À la suite de l'incendie, j'ai pu le constater de mes yeux.
07:06J'ai vu des scènes apocalyptiques là-dedans.
07:08J'ai une image de ce bar qui ne me semblait pas différente d'un autre.
07:12Après, je n'ai pas les plans sous les yeux.
07:14Mais il faut imaginer une chose.
07:15Lorsqu'un incendie tel que celui-là survient,
07:17il y a rapidement de la fumée qui descend.
07:19Donc l'incendie commence au plafond,
07:21ensuite la fumée descend.
07:22Les gens sont vite désorientés.
07:25Quand vous avez des centaines de personnes
07:26qui tout d'un coup comprennent
07:27que la gravité des faits les pousse à sortir,
07:29forcément, tout paraît petit,
07:31tout paraît désorganisé.
07:34Parce qu'on n'y voit plus rien,
07:35on est complètement perdus.
07:36Donc ça peut expliquer aussi.
07:37Mais je n'ai pas l'impression, sur place, a priori,
07:40que la structure n'était pas adaptée.
07:43Les propriétaires sont des Français.
07:46Est-ce que vous avez, vous,
07:48aux fonctions qui sont les vôtres,
07:49eu été en contact avec eux ?
07:51Non, pas du tout.
07:53Non, j'étais hier plutôt avec les forces de secours.
07:56Mais effectivement, il s'agit de ressortissants français.
08:00Et je l'ai dit hier en interview,
08:01ce n'est pas parce qu'on est français
08:02qu'on est coupable, loin de là.
08:03Et j'ai été surpris par la question
08:05de beaucoup de journalistes qui nous disaient
08:06« Mais ce sont des Français, etc. »
08:07Oui, évidemment, ils sont là,
08:08ils exploitent différents établissements sur la station.
08:10Ils étaient connus dans la station ?
08:11Ils avaient deux autres établissements, c'est ça ?
08:13En tout cas, plusieurs, oui.
08:15Je sais qu'ils en ont plusieurs,
08:16mais je ne les connais pas personnellement.
08:17Mais oui, ils sont établis ici.
08:19Ce sont des professionnels.
08:20Est-ce qu'ils ont déjà été interrogés
08:21par les enquêteurs, à votre connaissance ?
08:23Pas à ma connaissance, mais sans doute.
08:26Un dernier mot, je vais citer la phrase
08:29de votre président de la Confédération suisse,
08:32Guy Parmelin, qui a qualifié
08:33d'une des pires tragédies que le pays ait déjà connue.
08:37C'est vraiment le sentiment qu'il y a aujourd'hui en Suisse.
08:41Un effarement, un effroi.
08:44C'est juste une quarantaine de morts,
08:45une centaine de blessés.
08:46C'est des choses auxquelles on n'est pas habitué.
08:48On a eu des pressions dans le rame en Valais,
08:49comme l'accident de quart des petits Belges
08:51il y a une dizaine d'années maintenant.
08:52Mais effectivement, la quarantaine de morts,
08:55pour nous, c'est un événement tragique et massif.
08:59Merci beaucoup Stéphane Ganser
09:01d'avoir été avec nous sur RTL,
09:03l'invité ce matin à RTL pour faire le point
09:05sur toutes les questions qu'on avait à vous poser.
09:07Je rappelle que vous êtes le chef de la sécurité
09:08du canton de Valais, où se situe la station de...
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