00:00RTL, Julien Cellier et Cyprien Cygne.
00:05Allez, 19h32, les grands débats avec l'ex-ministre Jean-Baptiste Djebari,
00:09à droite Thuc du Haldenie, à gauche Pablo Piovivien,
00:11et non pas l'inverse, l'autre temps fort de cette journée,
00:14c'était la conférence de presse d'Emmanuel Macron.
00:16Le Président justifie la dissolution de l'Assemblée
00:19et lance la campagne de son camp à 18 jours des législatives.
00:23Si le Rassemblement national venait aux responsabilités,
00:26alors que deviendraient vos retraites ?
00:28Ils ne sauraient pas les financer.
00:30Que deviendraient vos prêts immobiliers ?
00:31Ils vont flamber.
00:32Qu'est-ce qui se passerait pour nos valeurs,
00:33pour nos compatriotes,
00:35binationaux, d'origines diverses, vivant dans les quartiers ?
00:38C'est ça la question d'aujourd'hui.
00:39Le sursaut, c'est maintenant à répéter Emmanuel Macron.
00:44Du coup, première question ce soir.
00:45Quelle note vous donnez autour de la table au Président ?
00:48Est-ce qu'il a réussi à redonner du souffle à son camp,
00:50largement battu et désarçonné dimanche dernier aux Européennes ?
00:54D'abord juste la note sur 20 et une ligne d'appréciation,
00:57et ensuite on aura l'occasion d'en discuter.
00:59Jean-Baptiste, vous l'axe-ministre.
01:00Allez, 15 sur 20 et lucidité et volonté de mobiliser.
01:04Puck Dual.
01:05Dans ma grande mensuitude, 9 sur 20,
01:08parce qu'il n'est jamais vraiment nul, Emmanuel Macron,
01:10mais en même temps parce qu'il y a énormément de choses à dire sur sa conférence de presse.
01:13Pablo.
01:13Moi je ne peux pas le noter, il est hors sujet, il est complètement...
01:16Je suis désolé, il n'a pas pris la parole comme un chef de parti
01:21ou comme quelqu'un qui avait donné un cap.
01:23Il est porte-parole de l'Elysée.
01:24C'est super, il a défendu son bilan.
01:26Jean-Baptiste, 15 sur 20, ça veut dire qu'il vous a convaincu,
01:29notamment de la nécessité d'une clarification.
01:31Éric Dupond-Moretti, à votre place, il y a une heure,
01:33était parfaitement convaincu par cette nécessité de clarification.
01:37Parmi vos anciens collègues du gouvernement, en off,
01:40on ne va pas se mentir, depuis dimanche, tout le monde n'est pas convaincu
01:42et certains sont même un peu catastrophés.
01:44C'est parce qu'ils sont concernés au premier titre,
01:46sur leur propre survie politique,
01:48et ce qui est parfaitement légitime d'ailleurs.
01:49Je pense que ce qu'il a réussi à faire,
01:51il a peut-être réussi à faire la campagne qu'il n'a pas complètement fait en 2022.
01:55Et tant sur le fond que sur la méthode.
01:56Sur le fond, il a assumé son bilan économique,
01:58il a rappelé les 2 millions d'emplois créés.
02:00Il a aussi fait état des colères qui s'étaient exprimées
02:03sur la sécurité, sur l'immigration, sur la précarité des jeunes.
02:05Je pense qu'il a fait une forme aussi de mea culpa
02:07et il a souhaité accélérer sur ces sujets.
02:09Sur la forme, il a dit ce qu'il cherchait,
02:11une forme de coalition, ou une coalition.
02:13Il a même, je pense, assez bien ciblé quelques Glucksmanniens déçus,
02:17les LR non-fongibles avec le Rassemblement national.
02:20Donc ça, ça me parait assez clair.
02:22Et je pense que pour lui, le sujet, ce sera de mobiliser.
02:25Il reste 18 jours là.
02:27Mais surtout, mobiliser au premier tour.
02:29Parce que le sujet, c'est de ne pas se faire éliminer
02:31des triangulaires.
02:33Et on voit bien qu'avec 12,5% de nos affaires,
02:35le mode de scrutin est ainsi fait
02:37qu'il faut faire des scores qui sont relativement élevés
02:39en moyenne pour être qualifié au deuxième tour.
02:41Et au deuxième tour, évidemment,
02:43il faut avoir du report de voix, des alliés.
02:45Donc je pense qu'il fait cet effort-là.
02:47Le défi est important, évidemment.
02:51Tuck Dual, je vous ai senti un poil sceptique.
02:54Qu'est-ce qui vous gêne ? L'impression d'avoir un président
02:56qui, justement, fait la campagne qu'il n'a pas fait en 2022,
02:58déroule un programme de campagne
03:00alors même qu'il est au pouvoir depuis 7 ans ?
03:02C'est vrai que l'exercice est quand même assez inédit et étonnant ?
03:04Alors oui, évidemment, pour ce que vous venez de dire.
03:06Par ailleurs, une petite remarque.
03:08Pour commencer, vous avez diffusé
03:10dans votre extrait un propos du président de la République
03:12qui alerte sur le fait que
03:14des gens dans les quartiers
03:16d'origines diverses pourraient
03:18mal vivre le résultat d'une élection démocratique.
03:21Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Il admet que
03:23il y a des gens au bord de la sécession en France
03:25qui a du séparatisme, pour reprendre
03:27le mot de François Hollande.
03:28Non, non, il admet que le RN est raciste.
03:30Alors qu'on nous a toujours vendu
03:33que tout allait bien et qu'il y avait
03:35une assimilation réussie dans ce pays.
03:37La trame stratégique de sa conférence de presse,
03:40je veux dire, il file le monde, plein de journaux,
03:42pas juste Valère Actuel pour aller dire ça,
03:44c'est qu'il a essayé d'avoir des accents droitiers.
03:46Alors, moi, ça me fait quand même doucement sourire,
03:48quelqu'un qui a des accents droitiers,
03:50après avoir fait exploser
03:52le nombre de naturalisations,
03:54après avoir transformé
03:56la France dans un enfer
03:58sécuritaire, et après avoir
04:00rien fait de fondamental en 8 ans,
04:02malgré toute l'énergie de Gérald Darmanin,
04:04pour enrayer ce problème.
04:07Et en plus, sur le plan stratégique,
04:09ce que je comprends encore moins,
04:11c'est qu'il nous refait le coup de la droitisation
04:13opportune, et tout en disant
04:15le RN c'est extrême droite,
04:17il répète le mot 50 fois,
04:19il n'y a pas un électeur RN qui est content
04:21de se faire traiter d'extrême droite, et or,
04:23il y a 34% des gens dans ce pays qui votent
04:25RN.
04:27Je suis désolé,
04:29j'entends beaucoup moins souvent
04:31la France insoumise être taxée
04:33d'extrême gauche que le RN
04:35être taxé d'extrême droite.
04:37Je suis prêt à faire des comptes.
04:39Vous avez mal écouté le Président de la République.
04:41Ah bah d'accord.
04:43Pendant cette conférence de presse, il a répété
04:45les extrêmes.
04:47Il a confondu les deux extrêmes
04:49en expliquant que ça faisait à peu près 50%
04:51des votes dimanche dernier.
04:53Il a accusé les insoumis d'antisémitisme.
04:57Et quand on lui a demandé d'ailleurs
04:59quelle attitude il adopterait en cas de duel
05:01RN-gauche-unie au second tour
05:03dans une circonscription, il est resté
05:05très évasif. Ça, Pablo, j'imagine
05:07que vous connaissant, ça vous a un poil
05:09décontencé. Bien sûr,
05:11l'histoire jugera, mais
05:13le RN est véritablement aux portes
05:15du pouvoir, et vous avez un Président de la République
05:17qui, soi-disant, devait subsumer la gauche
05:19et la droite, et qui ne voit plus
05:21la différence entre l'extrême-droite
05:23et la gauche, et qui les renvoie
05:25dos à dos. C'est excessivement dangereux.
05:27Il joue avec
05:29genre des... Il met pas toutes les gauches dans le même
05:31panier, Emmanuel Macron.
05:33Aujourd'hui, il y a un truc qui s'appelle
05:35le Front Populaire,
05:37qui réunit la gauche de
05:39Caravaglia jusqu'à
05:41Philippe Poutou.
05:43C'est quand même pas trop un Front Populaire,
05:45un peu plus de 200.
05:47Et c'est un Front Populaire, il y a un accord
05:49qui a été signé. Donc, lorsque
05:51Emmanuel Macron renvoie
05:53dos à dos l'extrême-gauche, c'est-à-dire
05:55le Front Populaire et l'extrême-droite,
05:57je pense qu'il est complètement à côté de ses ponts
05:59et que c'est excessivement dangereux. J'aimerais rajouter quand même
06:01une autre chose, parce que Tuque du Haldenis
06:03a parlé des accents droitiers
06:05d'Emmanuel Macron. C'est vrai que c'est à peu près...
06:07Qui cite le monde,
06:09donc le monde a parlé d'accents droitiers. Je suis d'accord avec ça.
06:11Effectivement, il y avait énormément
06:13d'appels du pied qui étaient faits
06:15à la droite, voire à l'extrême-droite, sur les questions
06:17d'immigration, de sécurité, etc.
06:19Qu'est-ce qu'il pense, Emmanuel Macron ? Il pense qu'en
06:21déroulant le programme du Rassemblement
06:23National, en allant
06:25sur leurs terres, il va récupérer
06:27leurs voix, il va récupérer leurs électeurs.
06:29Mais c'est absolument absurde. Et c'est pour ça que j'ai dit
06:31que c'était un hors-sujet tout à l'heure. C'est parce que
06:33ce qu'on attend d'Emmanuel Macron
06:35en tant que Président de la République, et là,
06:37chef de parti, chef de
06:39son camp pour les législatives, c'est qu'il nous fasse
06:41un projet. C'est qu'il nous donne un projet pour la France
06:43qui est différent du Rassemblement National.
06:45Et il n'y arrive pas. Il n'y arrive pas.
06:47En un mot, Jean-Baptiste Djébari,
06:49il apparaît en première ligne.
06:51On ne sait pas si ça va durer. On a entendu qu'il voulait intervenir
06:53plusieurs fois par semaine, même si aujourd'hui, il a dit
06:55qu'il ne mènerait pas à la campagne. Tout ça est un peu flou,
06:57mais on a l'impression qu'il va s'investir dans la campagne
06:59dans ses 18 jours, Emmanuel Macron. Est-ce que c'est son rôle ?
07:01Hier, Édouard Philippe en doutait. Il disait que ce n'est pas forcément
07:03ça, un Président
07:05en campagne des législatives, pour la donner.
07:07Je pense que c'est sa nature.
07:09Et que c'est la façon dont il va le faire.
07:11Il va s'investir. Il pense que
07:13c'est lui qui défendra certainement
07:15le mieux son projet. Il a posé
07:17les cadres de l'action avec
07:19le Premier ministre Gabriel Attal et quelques
07:21responsables de la majorité. Mais je pense qu'évidemment, il sera présent.
07:23Et qu'il est attendu, d'ailleurs.
07:25Déjà, je suis sûr
07:27que son plus proche entourage
07:29essaye plutôt de
07:31prener des cas de fer en disant « c'est bon, on t'a parlé là-haut ».
07:33En off, certains députés sortants nous disent
07:35qu'ils ne veulent pas forcément afficher le visage
07:37d'Emmanuel Macron sur leurs affiches.
07:39Et micro-anecdote, j'avais vu Marine Le Pen
07:41quelques jours avant le
07:43dimanche 9 juin, et elle m'avait dit
07:45« Non mais génial, qu'il parle au JT de France 2,
07:47de TF1, qu'il parle de nouveau
07:49cérémonie d'ébarquement, il n'y a pas de soucis. Plus il parle, plus on monte. »
07:51Tuck du Haldoni, Jean-Baptiste Djébari,
07:53Pablo Piovi vient vous rester en studio.
07:55On s'intéresse à la gauche dans un instant.
07:57Dans la discrétion, elle a tenté
07:59de s'unir. On n'entendait pas Jean-Luc
08:01Mélenchon et ça avait l'air de convenir à tout le monde
08:05ce soir au JT de France 2.
08:07Est-ce qu'il a du mal à rester caché Jean-Luc Mélenchon ?
08:09On va se poser la question.
08:11RTL, bonsoir.
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