00:00Allez, les grands débats avec l'ex-ministre Roselyne Bachelot, Pablo Piovivian à gauche,
00:09Tuck Duhaldeni à droite.
00:10Nouveau grand débat maintenant à douze jours des législatives, est-ce que la majorité
00:14doit cacher Emmanuel Macron ?
00:16Deux éléments tiens pour entamer le débat.
00:18D'abord, cet extrait d'une conversation hier au PO sur Marne près de Paris.
00:22Tendez l'oreille, le Premier ministre Gabriel Attal est interpellé sur le terrain par un habitant.
00:27Vous, vous êtes bien, mais il faudra dire au président qu'il ferme sa gueule, c'est tout.
00:32Vous avez compris ? Vous savez, là, c'est une élection législative, on vote pour le Premier ministre.
00:37Non, comprenez-moi, vous, vous êtes bien, vous étiez même très bien dans l'éducation nationale,
00:42pour l'instant, ça va bien, mais alors, le président, c'est lui qui nous fout dans la merde, c'est tout.
00:47Bon courage, d'accord ? Mais c'est une élection législative.
00:50Autre extrait maintenant, c'était hier soir dans cette émission, Greg Monetti, c'est le candidat de la majorité.
00:57Face à Éric Ciotti, à Nice, écoutez-le.
00:59Est-ce que vous allez afficher, sur votre acte de campagne, le visage d'Emmanuel Macron ?
01:04Parce qu'on sait que certains candidats le refusent et ils nous expliquent en offre que cela risque de leur faire perdre leur voix.
01:08Là, d'abord, j'essaie de trouver un imprimeur disponible à Nice qui a la capacité de bien vouloir imprimer des grands volumes.
01:17Après, on tranchera cette question.
01:19Mais ce qui est certain aujourd'hui, c'est qu'il faut entendre cette colère des Françaises et des Français.
01:24Envers la personne d'Emmanuel Macron ?
01:25Absolument, et que l'exécutif doit totalement se remettre en question de A à Z.
01:29Et qu'en conséquence de quoi, il faut tirer les enseignements, parce que l'heure est grave.
01:33Alors, effectivement, on note sur les affiches de campagne de beaucoup de candidats un peu partout, l'absence, souvent, d'Emmanuel Macron.
01:38Roselyne Bachelot, j'en reviens sur le cri du cœur de cet habitant du Val-de-Marne.
01:41Dite au président qu'il l'affirme, est-ce que ça veut dire quelque chose ?
01:45Est-ce que c'est révélateur de l'état d'esprit d'une partie des électeurs d'Emmanuel Macron ?
01:49Les interpellations contre, etc. c'est un classique des élections.
01:55Et on ne fait pas une étude d'opinion à partir du cri de qui que ce soit.
02:00Enfin, ce monsieur, il a eu son quart d'heure warholien.
02:04Parce qu'on l'a passé, repassé, il a même l'endemain.
02:07Ensuite, moi j'ai fait cinq campagnes législatives, gagnantes.
02:12Je n'ai jamais mis la photo d'un président, d'un premier ministre.
02:16Alors, laissez-moi aller jusqu'au bout, moi je trouve que c'est anormal
02:20de mettre la photo de qui que ce soit, autre que la photo d'un candidat.
02:24Même vos premières élections ?
02:25Ah, même mes premières élections ?
02:26Avant d'être connu, quoi.
02:27Et quand, hier, un de vos collègues journalistes en doutait,
02:33il était donc allé chercher sur internet ma première photo,
02:36au conseil général de Manélois, en 82, je suis toute seule sur la photo.
02:41Et je dois dire, dans un secteur où Mitterrand avait fait 58% l'année auparavant,
02:47c'est moi qui les ai fait les 58%, j'avais besoin de personne pour les faire.
02:51Et j'avais toujours au moins 10 à 15 points de plus que les grands chapeaux à plumes.
02:56Moi, j'ai été aimé dans ma circonscription, c'est comme ça qu'on bâtit une élection législative.
03:02Et puis d'abord, l'article 27 est clair, tout mandat impératif est nul,
03:06donc je n'ai pas à me mettre sous la férule de qui que ce soit quand j'étais candidate.
03:10C'est ça, la bonne démocratie.
03:12Bon, alors, effectivement...
03:14Mais c'est la question de la personnalité d'Emmanuel Macron.
03:16Alors, c'est autre chose, mais franchement, moi, je conseille aux gens,
03:21surtout aux députés sortants, parce qu'ils ont créé des réseaux, des amitiés,
03:26ils connaissent les gens, ils habitent la circonscription, ils font le marché, ils voient les gens.
03:32On est élu aussi à cause de ça.
03:34Moi, il y a plein de socialistes qui votaient pour moi et qui ne votaient pas pour mon candidat aux élections.
03:40À l'élection présidentielle.
03:42Maintenant, il y a des jeunes candidats qui, sans doute, mettront la photo de leur mentor.
03:47Moi, je ne sais pas, mais quand on regarde le score aux élections européennes,
03:52je pense que le score d'Emmanuel Macron est évidemment...
03:58Ce n'est pas la majorité, mais il tourne autour de 25%.
04:03Il y a des gens qui pensent, des gens pas connus, qui pensent qu'ils peuvent profiter de cela.
04:08Aux élections européennes, il n'a pas fait 25%.
04:10Non, mais justement, c'est pour ça.
04:12Il ne faut pas tenir compte du résultat de Mme Hayé aux élections européennes.
04:16Vous pensez qu'il pèse plus que le score de Mme Hayé ?
04:18Je pense qu'il pèse plus que le score de Mme Hayé, oui.
04:22Non, écoutez, ce qui est paradoxal dans cette situation, c'est que la normalité,
04:27ce serait qu'Emmanuel Macron puisse quand même s'engager dans cette campagne.
04:30Oui, là, on fait campagne pour les environs et les pouvoirs.
04:32C'est lui qui a dit sous l'Assemblée nationale,
04:34c'est lui qui a orienté stratégiquement les décisions de sa majorité.
04:39Mais la vérité nous oblige à dire aussi que c'est son propre entourage
04:43qui lui a demandé de rester le plus silencieux possible.
04:47Je me souviens que déjà, ses conseillers étaient extrêmement mal à l'aise
04:51quand dans l'avion qui ramenait Emmanuel Macron de Nouvelle-Calédonie,
04:54il avait accordé aux Parisiens quelques convidences,
04:57dont celle qu'il relançait l'idée d'un débat contre Marine Le Pen,
05:00avant même le dimanche 9 juin des élections européennes.
05:03Et pour en avoir côtoyé quelques-uns à l'époque,
05:06ses conseillers étaient catastrophés en disant « mais c'est pas vrai quoi,
05:08il peut pas de temps en temps se mettre un peu en retrait
05:11et mesurer la détestation profonde que cet homme engendre dans le pays ».
05:16Et la conférence de presse qu'il a faite au début de cette campagne législative éclaire
05:22a été la confirmation qu'il n'était pas une plus-value pour son camp
05:26et elle a été son lendemain finalement.
05:28Pablo Piovivian, c'est quand même particulier,
05:29une campagne où Emmanuel Macron souhaite retrouver de l'air
05:33et en quelque sorte avoir les mains libres et du pouvoir avec sa majorité.
05:37Donc la campagne est lancée et en même temps on le cache,
05:41ses conseillers lui disent « reste discret », c'est quand même très très particulier.
05:45Oui parce que le cœur de la crise politique que l'on est en train de traverser aujourd'hui
05:50a un nom et il s'appelle Emmanuel Macron.
05:53C'est ça le problème, c'est-à-dire que comme vous l'avez très bien dit,
05:56c'est Emmanuel Macron qui a dissous l'Assemblée Nationale,
05:59donc il est l'auteur de ce dernier soubresaut finalement
06:03dans cette crise politique qu'on est en train de traverser.
06:05Mais en vérité, depuis 7 ans, c'est lui qui a mis par terre le clivage,
06:09enfin qui a terminé de mettre par terre plutôt le clivage gauche-droite.
06:13Ça vient de loin.
06:13Oui ça vient de plus loin, mais on va dire qu'il a accéléré l'histoire en la matière.
06:18C'est lui qui a assumé une présidence jupitérienne,
06:24comme on le disait et comme on devrait le dire encore,
06:27c'est-à-dire en prenant énormément de décisions,
06:29c'est lui qui a acté le fait que le Parlement
06:32n'était qu'une caisse d'enregistrement de ses désidératats,
06:36c'est lui qui a complètement mis de côté son gouvernement
06:39et il a été dans à peu près tous les ministres,
06:42Premier ministre compris.
06:43Donc il est tributaire, enfin il a un bilan,
06:46et ce bilan d'ultra-président,
06:48aujourd'hui forcément il n'en paye les pots cassés.
06:50Après moi je suis complètement d'accord avec Roselyne,
06:53les députés, et c'est un peu le problème aujourd'hui d'ailleurs
06:55de nos assemblées nationales, de nos députés même sortants,
06:58c'est-à-dire que personne ne les connaît,
07:00ils ne sont jamais sur le terrain,
07:01ils n'ont pas été élus,
07:02et là le problème c'est qu'il y a trois semaines pour faire une campagne,
07:05c'est un peu compliqué quand vous n'avez jamais fait de politique.
07:07Parce qu'on a enlevé les députés maires ça.
07:09Je ne dis pas, les députés maires en permettaient,
07:13permettaient en fait une assiste au terrain politique.
07:17Je ne dis pas que c'était mieux parce que je ne suis pas pour le cumul des mandats,
07:19mais ça permettait l'assiste politique.
07:20Aujourd'hui il faut que les députés retrouvent une assiste politique.
07:24Pablo Piovivien, Roselyne Bachelot,
07:27on vous garde tous en soutien,
07:28parce que le grand quiz arrive,
07:30et vous allez faire équipe.
07:31Vous avez encore ce...
07:33Mais non, vous allez voir.
07:34Vous allez faire équipe,
07:35Roselyne Bachelot avec Pablo et Tuck Duel,
07:37tout est possible pour aider un auditeur ou une auditrice
07:40à gagner un week-end au Futuroscope.
07:42A tout de suite.
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