00:00Allez les grands débats, Etienne Gernel, Bruno Jeudy, Rocaïa Diallo autour de la table.
00:10Est-ce qu'il faut cacher Emmanuel Macron ? C'est notre deuxième grand débat ce soir.
00:15Le président qui veut apparaître en première ligne dans cette campagne, il est d'ailleurs
00:17en train de s'exprimer depuis le G7 en Italie, à 17 jours de ces législatives qu'il a donc
00:22lui-même provoquées, seulement voilà, dans la majorité, sa présence semble quelque
00:27peu dérangée.
00:28Edouard Philippe déjà estimait cette semaine qu'il n'était pas sain de voir le président
00:32mener la bataille.
00:33Et alors maintenant, hasard ou non, puisqu'on voit sur les affiches de campagne qui sortent
00:36des imprimeries, souvent les candidats de la majorité oublient le président sur ces
00:40affiches.
00:41Par exemple, il n'y a pas d'Emmanuel Macron sur l'affiche d'un certain Karl-Olive, député
00:44pourtant proche du chef de l'État.
00:45Sur le trac de renaissance sorti des imprimeries, c'est le visage plutôt de Gabriel Attal qui
00:49est présent.
00:50Et horizon, le parti d'Edouard Philippe va défendre cette fois ses propres couleurs
00:52et non plus celles de la bannière commune avec la Macronie.
00:55Etienne Gernel montrait le président, ça fait perdre des points ?
00:58Oui, c'est normal, il y a l'usure du pouvoir et puis là, on ne peut pas dire qu'il était
01:02brillant sur ce coup, parce que finalement, c'est de sa faute, pas de la faute là d'avoir
01:07dit cela à l'Assemblée, c'est d'avoir refusé le jeu démocratique en 2022 quand il n'y avait
01:12pas une majorité absolue à l'Assemblée et pas voulu le faire d'alliance.
01:15Donc il a été lamentable.
01:16C'est une logique que les gens lui enveuillent, qu'ils n'ont pas envie d'y aller avec lui.
01:21Il y a manifestement un vote sanction parmi les raisons du vote, il y en a plein des raisons
01:25du vote, toujours plein, mais il y a quand même une hostilité envers sa personne.
01:29Ils ont raison, ce n'est pas la première fois que ça se produit dans l'histoire politique,
01:32mais ils ont raison évidemment de se cacher derrière.
01:34Je pense qu'Attal représente quelque chose, qu'Édouard Philippe plus ou moins, mais oui,
01:39sans doute quelque chose, que d'autres représentent quelque chose dans la vie politique.
01:43Je pense que ce n'est pas un atout d'avoir Macron.
01:44Peut-être que ça changera, peut-être qu'il va être très brillant, mais je pense qu'il
01:47se surestime un peu Macron, à force d'avoir été très bon quand même dans des débats.
01:51Vous savez, il aimait bien, il était en bras de chemise comme ça, le grand débat.
01:54Il faisait le numéro, il était trop sûr de son charme.
01:56Il y a un moment, le charme n'opère plus, il faut s'en rendre compte.
01:59Tout le monde le sait, on l'a tous vécu individuellement.
02:01La question c'est, est-ce qu'il va rester discret Emmanuel Macron ?
02:06Il a tenu sa grande conférence de presse hier.
02:09Là, depuis le G7, il est en train, devant les caméras et les micros, de réexpliquer
02:14la dissolution.
02:16Bruno Jeudy, il ne va pas se cacher Emmanuel Macron, il ne va pas rester discret, ce n'est
02:19pas dans son caractère.
02:20Si on est précis, d'abord, au G7, il y a une conférence de presse, elle est statutaire,
02:24c'est comme ça, c'est obligé, et quand il va à Bruxelles, il y a la conférence
02:29de presse de fin de sommet, c'est statutaire, c'est obligé.
02:31On l'a déjà entendu dire, je ne parle pas des affaires françaises quand je suis étranger.
02:34Il n'a jamais fait, mais il le dit parfois.
02:36Bien sûr, on verra ce qu'il va se dire, mais de toute façon, il ne va pas se cacher,
02:39ou à tous les cas, on va l'entendre, c'est évident, cette campagne va être courte,
02:43mais on va entendre Emmanuel Macron, même si la plupart, et beaucoup de ses ministres,
02:48et beaucoup des leaders de cette majorité, nous disent qu'il faudrait qu'il se taise,
02:52et ça n'a pas commencé cette semaine, c'était déjà le cas sur la fin de la campagne des
02:56européens.
02:57Et ses conseillers, qu'est-ce qu'ils lui disent ? Est-ce qu'on sait ce que ses conseillers
02:59lui disent ? Parce que beaucoup de ministres disent aujourd'hui qu'il est dans une bulle,
03:01Emmanuel Macron.
03:02En gros, le coâteur de conseillers qu'il y a autour de lui, qui a beaucoup activé
03:07autour de cette idée de dissolution, pensent qu'ils accompagnent le mouvement.
03:13Au fond, Emmanuel Macron se surestime et tient à raison, il pensait encore en Allemagne
03:18dix jours avant les européennes, qu'il a dit à un ancien ministre qui me l'a répété
03:23qu'il ferait plus de 20, qu'il était pessimiste.
03:25Bon ben non, il s'est trompé, voilà, il se trompe, et ses conseillers ne lui disent
03:30pas le contraire.
03:31– Ce sont des miroirs qui lui disent qu'il est beau.
03:33– Mais ça c'est toujours comme ça, vous savez, moi j'ai vécu la dissolution de
03:36Jacques Chirac.
03:37– Je suis toujours le plus beau.
03:38– Franchement, c'est la même chose, pour le coup, c'est la même chose, personne
03:42n'arrête la voiture qui est lancée, et puis au bout d'un moment, c'est, j'ai
03:46fait une connerie.
03:48Ce qui va se passer, et donc voilà, on voit bien d'ailleurs que Gabriel Attal a été
03:55obligé de dire devant les députés, il a été obligé, a dit devant les députés
03:58en réunion de groupe mardi, il leur a dit, vous pouvez utiliser ma photo.
04:01Résultat des courses, ils vont utiliser massivement la photo de Gabriel Attal plutôt que celle
04:05d'Emmanuel Macron.
04:06Quant aux députés horizon, alors en 2022, ils n'utilisaient déjà plus la photo d'Emmanuel
04:10Macron, ils étaient déjà passés à celle d'Edouard Philippe.
04:13– Roccaia Diallo, est-ce qu'il est en train de se couper de sa majorité, de ses
04:17hommes, de ses femmes qui ont porté le projet macroniste depuis maintenant 7 ans ? Parce
04:21qu'on a souvent dit pendant ces temps que les députés macronistes étaient très obéissants,
04:25là on sent une amertume.
04:27RTL révélait par exemple cette semaine qu'il y avait eu des pleurs lors du bureau exécutif
04:30du Modem après la dissolution.
04:32Il y a quelque chose qui s'est cassé entre la majorité et le Président ?
04:36– Oui, là c'est une immense trahison pour des personnes qui étaient engagées parfois
04:39corps et âme dans le projet d'Emmanuel Macron malgré son impopularité qui est quand même
04:44assez conséquente dans une certaine frange de la population française.
04:47C'est vraiment un coup de massue extrêmement violent pour des personnes qui ne s'y attendaient
04:53pas avec une implication très importante pour eux.
04:57C'est-à-dire qu'imaginez que vous avez été élue députée avec le projet de rester
04:59un certain temps et qu'au bout de 2 ans vous vous rendez compte que non seulement vous
05:02retournez en campagne mais en plus sur un terrain où les personnes sont en très très
05:06grand rejet de ce que vous incarnez, c'est tout un projet quand on est engagé politiquement,
05:13un projet politique qui s'effondre mais aussi un projet de vie.
05:17Donc oui, et de manière évidente l'image d'Emmanuel Macron est complètement démonétisée
05:23et elle ne fait pas vendre, bien au contraire, elle peut faire office de repoussoir pour
05:27de nombreuses personnes.
05:28Et là, de voir que notre Président est entouré de quelques personnes, quelques hommes, je
05:32note qu'Emmanuel Macron a quand même tendance à ne pas vraiment faire confiance aux femmes
05:36quand il s'agit d'être conseillé de resserrer le cercle, on l'a vu pendant le Covid et
05:40on le voit encore aujourd'hui, et ce n'est pas toujours très heureux, et bien ça pose
05:45aussi un problème de démocratie, je trouve que d'avoir ce petit cercle de personnes
05:48qui sont un peu béni-oui-oui autour de lui et qui lui donnent manifestement des conseils
05:52vraiment qu'ils auraient pu éviter de lui donner, c'est problématique.
05:56Le fait que sa personne cristallise les tensions, qu'il y ait une forme de rejet chez une
06:00partie des électeurs, il en est conscient Emmanuel Macron, Etienne Gernel ?
06:05Non mais vous savez, la déconnexion c'est toujours intéressant parce qu'elle est toujours
06:08moindre, les gens lisent quand même ce qu'on dit d'eux, savent ce qu'on dit d'eux, d'ailleurs
06:12et s'il fait la gueule à tant de gens, c'est parce qu'il sait très bien et les gens...
06:16Dimanche, je l'ai pris pour moi, c'est ce qu'il vient de dire aux journalistes en Italie.
06:19Oui, donc il sait, il sait, il sait tout ça, après il pense qu'il va y arriver, il fait
06:25confiance à son charme, à sa capacité, son capacité à redresser les situations, à convaincre,
06:32sans comprendre qu'il y a une usure du temps.
06:34Moi qui suis un défenseur de la 5ème, Etienne, ce qui est fou, on voit bien, c'est qu'il
06:38y a ce côté superman des présidents de la République, c'est-à-dire que tant qu'ils
06:42n'ont pas à un moment pris l'échec, ils continuent à penser qu'ils vont retourner
06:48les cartes, qu'ils vont renverser la table, qu'ils vont passer par-dessus la tête de
06:54leurs élus, qu'ils ne comprennent rien, donc il y a un côté fou, parce que c'est vrai
07:00que ces décisions en plus qui sont cachées, elle les a cachées jusqu'à son premier ministre.
07:04Là c'est un problème démocratique, un majeur quand même, moi je trouve que ça pose vraiment
07:09une question.
07:10Nous en tant que Français, on n'a pas voté pour ça en fait.
07:11Il y a juste un truc, moi je vais quand même le défendre sur ce point-là, c'est qu'on
07:15ne pourra jamais reprocher un président de la République de retourner devant le peuple
07:17quand il a pris une claque comme une dimension, c'est que les ministres qui étaient sur
07:21les plateaux de télé-radio le soir de l'élection, ils ont découvert en même temps que nous
07:26les solutions.
07:27Simplement, on peut se dire aussi que peut-être qu'aujourd'hui, on commenterait encore
07:31les Européennes catastrophiques pour le pouvoir, et beaucoup diraient, ben franchement il serait
07:36peut-être temps de penser à la dissolution ou je ne sais pas quoi.
07:38Et on y allait, c'est ce que dit Emmanuel Macron, de toute façon.
07:42Le gouvernement ne dirige pas en fonction des commentaires, et donc il devait se préoccuper
07:46des choses.
07:47Et là c'est très curieux d'ailleurs, quand même dans sa conférence de presse, où il
07:50dit mais qu'auriez-vous dit si et que ça, ça veut dire qu'il accorde quand même paradoxalement
07:53beaucoup trop d'importance aux commentaires qui sont faits.
07:56Il lit trop les journaux, il écoute trop la radio, il regarde trop la télé.
08:00Alors il n'est pas déconnecté.
08:01Les journaux et la radio, ce n'est pas le quotidien des Français.
08:04C'est pas pareil, pour y ajouter, qu'il regarde trop la télé, notamment les conseillers,
08:07parce qu'ils n'ont plus que la fièvre à la bouche.
08:10C'est d'ailleurs cette série, un carton, qui regarde moins la télé et qui écoute
08:15plus les Français.
08:16On est en plein dedans.
08:17Une série de télé que tous nos auditeurs n'ont pas forcément regardé, mais qui montre
08:21comment on peut parfois tenter de manipuler l'opinion, et notamment via les réseaux sociaux.
08:25Il écoute aussi trop, c'est-à-dire qu'il faut avoir une direction quand on dirige.
08:28Et je pense que la fièvre démagogique qui est la nôtre en France aujourd'hui, elle
08:33tient aussi du fait qu'il n'a jamais été capable de dire à la France des réalités,
08:37notamment des réalités économiques, qui sont intangibles.
08:39Etienne Gernel Bruno, jeudi, Rocadialo, on va se pencher sur l'Union à gauche.
08:43Maintenant, on attend la fumée blanche, l'insoumise Manon Aubry nous disait que ça allait être
08:48une question de minutes ou d'heures.
08:49C'est plus des heures là pour l'instant.
08:50Parce qu'elle était avec nous il y a une heure, donc oui déjà ce n'est plus une question
08:53de minutes.
08:54On va se demander si la gauche est devenue raisonnable.
08:56Parce que ça, je vous sens bon dire, ça va être formidable ce débat.
09:01On a quand même l'impression que c'est un peu devenu le monde des bisounours, la gauche
09:03depuis 72 heures.
09:04Et je sais que ça, ça vous étonne Etienne Gernel.
09:07Allez, gardez vos forces, on revient juste après ça.
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