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  • il y a 2 ans
Le journaliste scientifique CNEWS, Michel Chevalet, était sur le plateau de La Matinale, ce mercredi 22 mai. Il est revenu sur la mort d'un passager lors d'un vol Londres-Singapour sur un avion Boeing.

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Transcription
00:00 6h17, merci Michel Chevalet d'être là, on a besoin de vos lumières, vos explications, votre expertise.
00:06 80 passagers du vol de l'horreur sont encore à Bangkok, les autres ont pu redécoller pour Singapour.
00:11 Bangkok où l'avion de Singapour Airlines, donc le Boeing 777, a dû atterrir en urgence.
00:17 Les très puissantes turbulences ont provoqué la mort d'un passager de 73 ans, victime d'une crise cardiaque.
00:23 Bon, donc le reste des passagers a pu redécoller.
00:27 Michel, déjà petit 1, comment l'avion a-t-il pu rentrer dans ces très fortes turbulences ?
00:34 Ça ne se voit pas, il n'y a pas des radars pour ça ?
00:36 Attendez, on ne sait pas tout, on ne sait pas tout.
00:37 Mais on commence à avoir les données techniques de Flightradar, des enregistrements techniques à Cars, à bord.
00:43 Il y a eu deux niveaux.
00:44 Le premier niveau, il y a eu des turbulences.
00:45 Comme disent les pilotes, attention ça va taper.
00:47 Ça tape, ça secoue, ça secoue, ça secoue.
00:50 On a connu ça.
00:51 Sauf que là, visiblement, ils ont été surpris.
00:52 Au début, au début, j'arrive.
00:54 Et puis d'un seul coup, il y en a eu une sévère.
00:57 Et là, sévère, tout a volé.
00:59 Vous avez vu les dégâts à l'intérieur, le plafond qui s'est effondré, les masques, etc.
01:04 Et on était malheureusement au service du petit déjeuner.
01:08 C'est-à-dire qu'il y avait des gens qui n'étaient pas attachés, le personnel, les PNC étaient debout.
01:11 Et puis il y avait évidemment les plateaux repas en giclée.
01:14 Et puis la troisième chose, après, les pilotes ont bien réagi.
01:18 Ça, ça a duré, disons même pas une minute.
01:21 Et c'est après, les pilotes, immédiatement, ont eu un réflexe de dire "on descend".
01:24 Et donc, quand on dit "il est tombé de 2000 mètres l'avion", non.
01:27 C'est ordre des pilotes de descente, de réduire la vitesse.
01:30 – Procédure totalement maîtrisée.
01:32 – Voilà, donc du côté des pilotes.
01:34 Alors reste la grande question, comment se fait-il qu'ils soient surpris ?
01:38 C'est-à-dire que le commandant de bord aurait dû dire "attention, ça va taper fort,
01:42 attachez vos ceintures et PNC, pas de service".
01:45 Or là, c'était pas la situation.
01:47 Ce qui a aggravé donc la situation, voilà.
01:50 Alors, des conditions sévères, il y en a 5-6 par an, pas plus,
01:55 sur 10 000 avions qui volent par jour.
01:57 Donc vous voyez, c'est très rare.
01:59 Mais des fois, ça peut être très très très dur.
02:02 – Quels sont les consignes qu'on donne aux pilotes pour éviter ce genre de mésengerie ?
02:04 – Ben ils sont, un, les pilotes sont formés.
02:06 Deux, les avions doivent résister aux contraintes les plus fortes,
02:08 à une fois et demie les contraintes.
02:11 Les avions évolus ont des ailes beaucoup plus souples, en composite.
02:14 Trois, on va commencer à mettre de nouveaux radars.
02:17 Les radars ne détectent pas les turbulences.
02:20 Ils détectent les masses orageuses, mais ne détectent pas les turbulences.
02:23 Et donc, il y a de nouveaux radars, les LIDER, qui vont permettre de détecter.
02:26 Mais surtout, les pilotes ont les informations, il y a la météo.
02:30 Et le dernier point, n'oubliez pas que les pilotes se parlent entre eux,
02:33 dans la zone, et demandent, disent "Est-ce que ça tape dans le coin ?
02:37 Est-ce que tu as des turbulences ?"
02:39 Donc vous voyez, ils ne sont pas seuls à bord.
02:41 – Un rapport anglais, Michel, indique une hausse de la fréquence des turbulences,
02:45 tout ça lié au réchauffement climatique.
02:47 Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
02:48 – Alors, vrai et faux.
02:50 Quand on regarde statistiquement parlant, on s'aperçoit que l'air est beaucoup plus agité
02:56 en fonction du contraste de température, mais il n'y a pas plus de tornades,
03:00 il n'y a pas plus de cyclones qu'avant.
03:01 Donc il faut être très prudent sur l'utilisation de cet acétique.
03:04 Mais c'est surtout ce que l'on redoute, c'est les phénomènes extrêmes,
03:09 comme les cyclones, comme les grosses tempêtes,
03:11 et puis, bien autre du, ce qu'on appelle des turbulences.
03:14 C'est ce qu'on appelle, nous, évidemment, les trous d'air.
03:17 – Merci beaucoup, Michel.
03:18 Michel Chevalet, voilà, pour nous expliquer ce qui s'est passé.
03:21 Qui a peur en avion, tiens, autour de la table ?
03:23 – J'avais très peur, et maintenant ça va.
03:25 – Ah bon ? Vous avez fait une thérapie ?
03:27 – Non, mais c'est de prendre l'avion pour le travail, en fait, ça aide à cesser sa peur.
03:31 – Alexandre ?
03:32 – Non, pas du tout.
03:33 – Si il avait peur en avion, ce serait un problème.
03:35 – Oui, oui, oui.
03:37 – Michel, non plus ?
03:38 – Non, non, non, non, je n'ai pas peur, mais je suis en éveil.
03:41 Si vous voyez quand ça commence à taper fort…
03:44 – Vous dites, il y a une petite alerte qui se met en route.
03:47 [Musique]
03:50 [SILENCE]
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