- il y a 6 semaines
François-Xavier Bellamy, vice-président LR et député européen, était l'invité de BFMTV de ce jeudi 28 mai. Il a été notamment interrogé sur la guerre au Moyen-Orient, la vague de chaleur et la présidentielle 2027.
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00:00On va accueillir maintenant François-Xavier Bellamy, qui est le numéro 2 des Républicains,
00:04qui est aussi le bras droit de Bruno Rotaillot dans la course à l'Elysée.
00:08François-Xavier Bellamy, qui nous rejoint et qui était d'ailleurs ces derniers jours au Liban,
00:13je le sais, pour apporter son soutien à la population.
00:15Sur place, si vous le permettez, bonsoir, M. Bellamy.
00:18Je voudrais d'abord qu'on aborde une actualité plus franco-française,
00:21qui est la canicule dont souffrent des millions de personnes ce soir en France.
00:25Vous avez sans doute entendu des critiques sur le manque d'anticipation,
00:30le manque de préparation réelle ou supposée du gouvernement face à cet épisode.
00:34Est-ce que, pour vous, il y a matière à polémique ou pas ?
00:36Ou est-ce que vous dites qu'on ferait la même chose si on était au pouvoir ?
00:39Il n'y a pas matière à polémique, il y a matière à réflexion,
00:42pour qu'en effet, notre pays puisse se préparer pour l'avenir.
00:45Parce que la réalité du changement climatique, elle est là, personne ne peut la nier,
00:48et donc il faut s'adapter à ce changement climatique.
00:50Le paradoxe de cette histoire, c'est que...
00:52Vous vous considérez comme un écolo ?
00:53Bien sûr, mais je l'ai toujours dit.
00:55Qu'est-ce que vous avez d'écolo ?
00:56Vous savez, on nous traite parfois à droite de conservateurs.
00:59Je pense que l'écologie est conservatrice.
01:01Vous aviez dit il y a deux ans, la seule vraie écologie, c'est celle de la droite.
01:05Ça veut dire quoi ? Au-delà des mots et des postures, ça veut dire quoi ?
01:08Je suis écolo aujourd'hui. Qu'est-ce que vous avez d'écolo ?
01:10Ça veut dire très concrètement que la droite, c'est la famille politique qui se préoccupe de la transmission,
01:15transmettre à nos enfants ce que nous avons reçu.
01:17Ça veut dire notre culture, notre pays, mais aussi transmettre à la nature.
01:21Et ça, ça suppose de s'en donner les moyens.
01:22Et je le dis d'une manière très paradoxale, aujourd'hui, l'écologie politique qui a confisqué à gauche la
01:28cause de cette préservation de l'environnement,
01:31elle a d'une certaine manière désarmé nos pays pour affronter la réalité de la crise environnementale qui est pourtant
01:38devant nous.
01:39L'écologie politique nous a interdit de nous adapter.
01:41Et moi, je pense très concrètement, soyons extrêmement concrets, au combat que nous avons mené pendant des années,
01:46seuls contre tous, pour défendre l'énergie nucléaire, qui est l'énergie la plus décarbonée.
01:50Mais par exemple, quand on détricote la plupart des lois sur les passoires thermiques, les ZF,
01:56est-ce que c'est compatible avec le fait de se revendiquer écologiste ?
01:59Mais bien sûr, les passoires thermiques, c'est très intéressant.
02:01La France a investi des dizaines...
02:02Vous pourriez me dire, parfois, l'écologie, il faut la mettre de côté, parce qu'il faut aider les Français
02:06qui souffrent.
02:06Non, l'écologie, ça suppose d'aller à la plus grande des urgences.
02:11Et ça ne consiste pas à pourrir la vie des Français, parce que ça, ça n'apporte rien.
02:15Typiquement, les passoires thermiques.
02:16Je me suis battu au Parlement européen contre un règlement qui voulait interdire la possibilité de vivre dans un bâtiment
02:23qui ne serait pas classé dans les décennies qui viendront.
02:28Ça va imposer des chantiers colossaux en Europe, ce règlement, pour la performance énergétique des bâtiments.
02:33Le paradoxe absolu, c'est qu'on a mis des dizaines de milliards d'euros dans l'isolation.
02:37Parfois, il le faut, bien sûr.
02:39Mais on a mis beaucoup trop d'argent, là où, en fait, il faudrait d'abord insister sur, par exemple,
02:44la climatisation.
02:44Avec de l'électricité décarbonée, de l'électricité nucléaire, la climatisation, c'est le meilleur moyen d'offrir aux Français
02:50qui souffrent de la chaleur aujourd'hui
02:51la possibilité d'accéder à la fraîcheur, plutôt que de tout mettre en chantier avec une espèce de pure idéologie
02:58dans une écologie.
02:59Vous avez le sentiment que c'est de droite, la clim ?
03:02Je ne sais pas si c'est de droite, mais c'est pragmatique.
03:04Mettre des dizaines de milliards d'euros dans le fait de conduire tous les bâtiments en Europe à une isolation
03:12absolue,
03:12c'est une aberration économique, sociale et écologique.
03:17Et ça, c'est pour le coup l'écologie pragmatique que nous avons défendue.
03:20Je voudrais qu'on parle ce soir d'immigration, puisque vous venez de porter, même de faire adopter par le
03:24Parlement européen,
03:25un texte sur l'immigration qui est une petite révolution si la France décide de l'adapter et de le
03:33mettre en place.
03:34Mais d'abord, question toute simple, Gérald Darmanin a fait beaucoup parler ces derniers jours en disant
03:37« je vois un moratoire de trois ans sur l'immigration légale ».
03:40Qu'est-ce que vous lui dites au ministre de la Justice ?
03:42« Rejoins-nous, Gérald, nous aussi on fera ça ».
03:45Ça vous a surpris ou pas ?
03:47D'abord, je pense qu'il a raison de parler de l'immigration légale,
03:50parce que le règlement que nous portons au Parlement européen, il conserve l'immigration illégale.
03:54Sur le fond, un moratoire, il dit la même chose que vous ?
03:57Mais le sujet important dans notre pays, c'est aussi l'immigration légale,
04:00parce qu'elle a atteint ces dernières années des chiffres qui sont sans précédent
04:05et qui sont très dangereux pour la cohésion nationale.
04:07Donc vous considérez par exemple que les 4,5 millions d'étrangers qui sont en France légalement sont trop nombreux
04:13?
04:13Non, en tous les cas…
04:15C'est un peu la même chose, dire…
04:16Oui, oui, mais très simplement…
04:17Il y a trop d'étrangers en France aujourd'hui en situation légale.
04:20En tous les cas, qu'il y ait chaque année 400 000 étrangers qui rentrent légalement dans notre pays,
04:24c'est une folie.
04:25400 000 étrangers de plus chaque année.
04:28C'est les niveaux d'immigration légale qui ont été atteints sous Emmanuel Macron.
04:32Et on voit bien le problème immense que ça pose pour l'unité d'un pays
04:36qui a d'abord besoin de retrouver ce qui le relie, ce qui le lit, ce qui fait son commun.
04:41Alors, il y a ceux qui rentrent et il y a ceux qui sortent ou qui devraient sortir.
04:45Et vous avez donc fait voter au Parlement européen un plan choc pour relancer les expulsions
04:51de ceux que l'Europe ne veut plus sur son sol.
04:55Vous avez porté ce texte au Parlement européen.
04:56Il a été adopté par les députés.
04:59C'est ce qu'on appelle le règlement retour.
05:00C'est un peu technique.
05:01Mais Raphaël Grabli nous a rejoint.
05:03Bonsoir, Raphaël.
05:03Bonsoir.
05:03Vous allez nous expliquer.
05:04Bonsoir, Jébéco.
05:05Parce que ça changerait quand même beaucoup de choses, ce texte qui a des partisans,
05:09mais aussi pas mal d'adversaires.
05:10Je vais vous montrer déjà une carte pour que les choses soient claires et le plus claires
05:13possible.
05:14avec une dizaine de pays qui vont apparaître, ceux qui apparaissent en rouge.
05:17Alors, je ne vais pas tous les citer.
05:18L'Ouzbékistan, le Rwanda, l'Égypte, la Mauritanie ou par exemple la Libye.
05:22C'est là que des pays européens pourraient bientôt expulser les migrants irréguliers.
05:27Évidemment, on précise qu'ils interpellent sur leur sol des gens qui ne viennent pourtant
05:32pas de ces pays.
05:33C'est l'esprit de ce règlement européen que vous portez, François-Xavier Bellamy, qui doit
05:38effectivement encore être définitivement adopté et qui permettrait donc à des pays
05:42de l'Union européenne de nouer des accords avec des pays partenaires pour qu'ils sous-traitent
05:47en quelque sorte la rétention de migrants dans ce qu'on appelle des centres de retour.
05:53Alors, un retour dans un pays où ils n'ont quand même jamais mis les pieds.
05:56Le but est clair, accélérer l'expulsion.
05:59Des expulsions donc, mais qui serait concerné par ces expulsions ?
06:02Déjà, on le disait, les migrants qui sont dans l'illégalité, qui doivent quitter le
06:07territoire, mais aussi et surtout des migrants que le pays d'origine ne veut pas récupérer.
06:12Vous mentionnez souvent François-Xavier Bellamy dans l'Algérie, l'exemple de l'Algérie.
06:16Seule exception, les mineurs non accompagnés, ils ne pourront pas être renvoyés seuls
06:21dans ces différents centres de rétention.
06:24En revanche, les familles avec enfants seront bien concernées, en tout cas, si le texte
06:29est définitivement adopté en l'État.
06:31Je voudrais qu'on soit très concret sur ce plan.
06:33Évidemment, chaque pays ensuite va voir s'il l'adapte ou pas, mais ça veut dire
06:38qu'on va payer ces pays.
06:40Ils ne vont pas le faire gratuitement, ils ne vont pas récupérer.
06:42Il faut forcément leur donner quelque chose.
06:44Bien sûr, il faut leur donner quelque chose.
06:46Il faut que les pays qui ne coopèrent pas soient sanctionnés, et c'est ce que prévoit
06:50aussi le règlement retour.
06:51Il faut que les pays qui ne coopèrent pas avec l'Europe ne reçoivent plus de visa.
06:55Je reprends sur la liste des dix pays qu'on voit en rouge sur cette carte.
06:58Mais que les pays qui coopèrent, eux, pour le coup, soient récompensés d'une certaine
07:01manière.
07:02Pour accueillir ceux qui seraient expulsés d'Europe, le pays comme le Rwanda, on les paye
07:08pour ça.
07:09On peut leur proposer des avantages commerciaux, on peut les soutenir dans l'aide au développement
07:13d'une manière encore renforcée.
07:15On peut aussi coopérer de manière plus efficace avec eux sur le plan migratoire pour leurs
07:19propres ressortissants.
07:20Un pays qui coopère, il faut inciter à la coopération, il faut sanctionner la non-coopération.
07:26Et ces centres de retour, ils ont un but très simple.
07:28C'est ce que je vais vous demander.
07:28Centres de retour, c'est quoi ? C'est une prison ?
07:31Non, ce n'est pas des centres de rétention d'ailleurs.
07:34Ils ne seront pas en liberté ?
07:35Les centres de rétention, c'est pour des personnes qui, aujourd'hui, sur notre sol,
07:39sont retenues avant d'être expulsées.
07:41Mais le grand problème de nos pays, c'est qu'aujourd'hui, en Europe, vous avez 20% seulement
07:45des décisions d'expulsion qui sont réellement exécutées.
07:48En France, c'est même moins que ça.
07:49C'est moins que 10%.
07:50Donc là, ça veut dire, pour reprendre un exemple très concret et qui est un petit
07:52peu dans l'actualité de ces derniers mois, un Algérien sous OQTF que l'Algérie
07:57ne veut pas reprendre sur son sol, vous l'envoyez, par exemple, au Rwanda.
08:02Par exemple.
08:03Et cette personne-là, vous savez, le plus important, c'est que cette personne-là,
08:06aujourd'hui, en France, elle est de fait, même si elle est dans l'illégalité,
08:10inexpulsable.
08:10Parce qu'elle sait que l'Algérie ne la reprendra pas.
08:12Une fois que vous l'avez expulsée...
08:14Justement, une fois que vous l'avez expulsée...
08:15Pardon, je termine juste ma phrase.
08:16Pourquoi partirait-elle, du coup ?
08:18Alors que si demain, cette personne sait qu'elle pourrait être expulsée dans un pays
08:22avec lequel, comme on le disait à l'instant, elle n'a pas forcément de lien, il y a beaucoup
08:26de chances qu'elle reparte d'elle-même dans son pays d'origine.
08:28C'est ça, le but.
08:28Parce que l'Algérie, s'il refuse de le reprendre depuis la France, il ne reprendra pas plus
08:33cette personne depuis le Rwanda, qui restera donc, ad vitam aeternam, dans un centre au Rwanda.
08:38Non, parce que cette personne pourra rentrer chez elle.
08:40Le problème, aujourd'hui, c'est que beaucoup de personnes qui savent qu'elles ne seront
08:44jamais expulsées, même quand elles reçoivent une obligation de quitter le territoire,
08:47une OQTF, ne repartent pas.
08:49Et on les comprend d'une certaine manière.
08:51Je me mets à leur place.
08:52Je suis ici, je n'ai pas envie de partir.
08:54Je sais que je ne serai jamais reconduit.
08:55Pourquoi le frais-je de moi-même ?
08:57Mais si demain, je sais que le risque, pour moi, si je reste dans l'illégalité,
09:01c'est d'être reconduit dans l'un de ces centres de retour,
09:03alors il y a des chances que je reparte de moi-même dans mon pays d'origine.
09:06Et c'est ça, le but.
09:07Le but, c'est qu'on sorte de cette situation qui fait qu'il y a, chaque année, dans notre
09:11pays,
09:12des centaines de milliers de personnes qui, ayant pourtant un jour reçu une obligation
09:16de quitter le territoire, pourtant ne repartent jamais.
09:18C'est ça que les Français ne tolèrent plus.
09:19On ne parle pas des gens qui demandent l'asile.
09:21On ne parle pas des gens qui sont éligibles à un titre de séjour.
09:24On parle de gens qui ont été déboutés du droit d'asile.
09:26Il est parfois même deux fois, trois fois, quatre fois,
09:28et qui pourtant reste toujours là.
09:30C'est de cette impuissance qu'il faut sortir.
09:31Cette question, elle sera sans doute abordée par le candidat que vous soutenez,
09:35qui est Bruno Rotailleux.
09:36Il se trouve qu'aujourd'hui, le candidat de droite le mieux placé dans les sondages,
09:42ça n'est pas le vôtre.
09:43C'est Édouard Philippe.
09:44Est-ce que vous lui reconnaissez ça aujourd'hui ?
09:46Est-ce que vous reconnaissez qu'aujourd'hui, celui qui fait la course en tête,
09:49même s'il a un peu perdu dans les sondages, mais on est loin,
09:52ça n'est pas le vôtre ?
09:52Et donc, c'est les sondages qui font l'élection, Marc Fouvel ?
09:56Du coup, on annule le débat, on n'a même pas besoin d'attendre un an.
09:58Ça, c'est un argument qu'on sort quand on n'est pas dans les premiers, généralement.
10:01Mais pas du tout, mais c'est un argument qui s'impose.
10:04Je ne voudrais pas d'ailleurs, aujourd'hui, même si mon candidat était en tête dans les sondages,
10:07qu'on annule le débat qui s'ouvre pour l'élection présidentielle.
10:09Mais si vous étiez en tête, si votre candidat était en tête,
10:12vous diriez que c'est celui qui sera en tête qui représenterait notre famille.
10:16Mais je vais vous dire une chose,
10:17quand on regarde la vie politique française avec un peu de recul,
10:20on voit qu'il n'est quasiment jamais arrivé que dans des élections aussi ouvertes,
10:24comme les celles de l'année prochaine,
10:26le candidat qui était en tête dans les sondages un an avant
10:28soit celui qui se retrouve à l'Élysée un an après.
10:31Donc, ça ne m'inquiète pas beaucoup, si vous voulez.
10:33En 2016, à la même époque, Emmanuel Macron n'était même pas testé dans les sondages d'opinion.
10:38Donc, on a encore du temps.
10:40Et le temps, il doit être mis à profit, parce que c'est ça le plus important,
10:42pas de parler des sondages, mais de parler de la France.
10:44Il doit être mis à profit pour parler des problèmes des Français.
10:47Si celui qui arrive à l'Élysée dans 11 mois, c'est Édouard Philippe et pas Bruno Retailleau.
10:50Mais moi, je crois que celui qui arrivera à l'Élysée dans 11 mois
10:52n'est pas Édouard Philippe pour une raison assez simple.
10:54C'est que je pense qu'en 2027, les Français ne vont pas chercher à continuer le macronisme.
10:59Ce n'est pas une question de personne.
11:01Et je n'ai aucune animosité personnelle.
11:03Il a rompu de manière assez forte, on pourrait estimer,
11:07en disant à la place d'Emmanuel Macron, j'aurais démissionné.
11:10Oui, parce que même les enfants du macronisme
11:11savent que le macronisme n'est plus tellement en vogue aujourd'hui.
11:14Et donc, ils essayent par tous les moyens possibles...
11:16Je suis droite, c'est quoi ? C'est Brutus ?
11:18Ils essayent par tous les moyens possibles de prendre leur distance,
11:20Édouard Philippe, Gabriel Attal.
11:21Mais moi, je sais que Bruno Retailleau, comme moi-même...
11:23Qui a été ministre d'Emmanuel Macron.
11:25Qui a été ministre dans un gouvernement qui n'existait que parce qu'il fallait
11:29empêcher la gauche et l'extrême gauche d'arriver au pouvoir.
11:32Nous n'avons pas soutenu Emmanuel Macron,
11:33ni en 2017, ni en 2022.
11:35Nous n'avons pas fait partie des gouvernements d'Emmanuel Macron
11:38quand il avait la majorité absolue.
11:39Nous n'avons pas fait partie du macronisme.
11:41Nous avons été dans l'opposition depuis le début.
11:43On parlait du nucléaire, on pourrait parler d'immigration.
11:45Elle va vous coller à la peau ?
11:46Elle vous colle à la peau déjà aujourd'hui ?
11:48Non, bien sûr.
11:48Dans la bouche, par exemple, de Marine Le Pen,
11:50qui dit qu'on sait très bien à la fin qu'Édouard Philippe et Bruno Retailleau,
11:53il y en a un des deux qui va rejoindre l'autre.
11:55Mais je comprends la facilité,
11:57et je vois bien que Marine Le Pen et Édouard Philippe ont un même intérêt.
12:00C'est de faire croire qu'à la fin,
12:02Bruno Retailleau va se dissoudre dans le macronisme
12:06au moment de sa disparition.
12:07Mais moi, je sais l'inverse.
12:09Et encore une fois,
12:10je n'ai pas été dans l'opposition avec Bruno Retailleau
12:12pendant dix ans au macronisme.
12:14Et d'ailleurs, j'ajouterais même encore plus,
12:16pendant quinze ans,
12:17parce qu'Emmanuel Macron, comme Gabriel Attal,
12:19ils ont commencé leur chemin
12:20dès l'élection de François Hollande.
12:22Et ça fait maintenant quinze ans
12:23qu'ils sont dans les allées du pouvoir.
12:25On n'a pas été dans l'opposition pendant tout ce temps-là
12:27pour se ranger au moment où tout le monde constate enfin
12:30la faillite du macronisme et du socialisme qui continuait.
12:33Si au mois de février ou mars de l'année prochaine,
12:35Edouard Philippe et Bruno Retailleau sont au coude à coude
12:38dans les sondages que vous regarderez sûrement à ce moment-là,
12:41il se passera quoi ?
12:42Les deux resteront jusqu'au bout ou pas ?
12:45On peut faire des scies indéfiniment.
12:47Avoue que c'est une hypothèse.
12:49Je suis sûr qu'en vous rasant le matin,
12:51vous y pensez forcément un peu à cette hypothèse-là.
12:53C'est-à-dire que si les deux se maintiennent,
12:55c'est l'assurance ou la quasi-assurance
12:57d'avoir soit leur Assemblement national,
12:59soit la France insoumise,
13:00dans l'état actuel, des forces en présence.
13:01Encore une fois, parlons du fond.
13:02C'est la seule chose qui compte.
13:04Ma conviction, c'est que la proposition que Bruno Retailleau porte,
13:06et il est le seul en ce moment,
13:07à dévoiler son projet de manière claire, étape par étape,
13:10cette proposition-là, elle n'est pas soluble.
13:12Dans même le projet que nous percevons,
13:15parce qu'encore une fois, pour l'instant,
13:17il n'est pas encore très clair,
13:18du côté d'Edouard Philippe.
13:19Parlons justement des questions migratoires.
13:24Les députés d'Edouard Philippe
13:25ont refusé de voter le règlement retour.
13:27Bruno Retailleau l'a porté.
13:28Au Parlement européen.
13:29On va avoir un problème.
13:30Bruno Retailleau et moi-même,
13:31nous disons depuis très longtemps
13:32qu'il y a un problème avec le volume,
13:34le nombre de l'immigration légale en France.
13:36Gérald Darmanin même dit la même chose.
13:38Edouard Philippe nous explique
13:39qu'il faut augmenter l'immigration de travail.
13:40Donc il y a un problème,
13:41on ne porte pas la même chose.
13:43Je ne dis pas ça parce que je voudrais expliquer
13:45qu'il y a une forme d'animosité irrécupérable.
13:48Ce n'est pas une question de personne,
13:49c'est une question de fond,
13:49c'est une question de ligne.
13:51Et si on ne parle que de sondage,
13:52on va finir par désespérer les Français de la démocratie.
13:54Une minute à peine.
13:55Si vous aviez face à vous ce soir Patrick Bruel,
13:57vous lui diriez quoi ?
13:59Mettez votre carrière.
14:00Elle est, je vous entends soupirer,
14:04cette affaire, il y a à la fois la parole des femmes
14:06et il y a à la fois la présomption d'innocence.
14:08Est-ce qu'il doit se mettre en retrait de lui-même ?
14:11Hier, une de ses représentations a été perturbée par des féministes.
14:13Je sais, si j'étais Patrick Bruel,
14:15je le dis en un mot, si j'étais Patrick Bruel.
14:17Je ne vous ai pas dit si vous étiez Patrick Bruel,
14:18je ne me serais pas permis.
14:19J'ai dit si vous l'aviez face à vous.
14:20Si je l'avais face à moi, je croyais que vous disiez que si j'étais...
14:21Ah non, non, non, c'est pour ça que vous avez respiré.
14:23Si j'avais Patrick Bruel face à moi.
14:25Pas à ce point-là quand même.
14:26Non, mais je crois que c'est très dangereux
14:28qu'on rentre dans un monde où la justice se fait
14:30dans le tribunal de l'opinion
14:31plutôt que dans les tribunaux qui ont pour mission de la rendre
14:34avec toutes les procédures que ça implique.
14:38Maintenant, si je l'avais en face de moi,
14:39je lui conseillerais sans doute de s'effacer
14:42par respect, par décence aussi,
14:44le temps au moins que la justice a son terme.
14:46Mais ça me désole que notre débat se concentre sur ça.
14:49J'ai atterri ce matin de Beyrouth.
14:51Hier, j'étais dans le sud du Liban
14:53où la guerre frappe,
14:54où des enfants sont aujourd'hui en train d'étudier sous les bombes.
14:57Je pense que le devoir de la France est de les soutenir.
14:59Je pense que notre rôle aujourd'hui dans le monde
15:01si dangereux dans lequel nous vivons,
15:03c'est de reconstruire une France
15:04qui soit capable de maîtriser son destin
15:06et d'honorer ses engagements.
15:06C'est tellement important de parler de tout ça.
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