00:00 -M. L'Onfray ? -Peut-être déjà une question de méthode.
00:01 Je comprends pas que... Enfin, je comprends,
00:04 c'est une façon de dire, mais...
00:05 Normalement, les pères n'existent pas,
00:07 un père peut être une mère, une mère peut être un père,
00:09 on nous fait savoir qu'une grand-mère peut être un père si elle le veut,
00:11 c'est le discours dominant.
00:13 -C'est dans l'idéologie, le dominant, c'est ça ?
00:14 -Oui, absolument. Il y a les théories du genre, etc.
00:16 Et là, d'un seul coup, on dit le père, le père, le père, le père.
00:19 Formidable. Moi, je suis pour le père.
00:21 -Je crois qu'on oublie le père.
00:23 -Il a raison, simplement.
00:25 On aimerait bien qu'il puisse comprendre aussi que la GPA de deux femmes sans père,
00:30 c'est aussi un être à qui on dit "tu n'auras jamais de père".
00:32 -Il est interdit en France. -Il est interdit en France.
00:34 -On va pas recommencer sur la GPA. -Quand elle est autorisée ailleurs,
00:37 elle est tolérée en France.
00:39 C'est une façon macronienne de dire "vous n'avez pas le droit,
00:41 "mais vous avez tout de même le droit en même temps".
00:43 Si les pères sont majeurs, essentiels, etc.,
00:46 quand je dis "majeurs", qu'ils jouent un rôle de père,
00:48 alors oui, il a raison, mais qu'ils le disent vraiment,
00:51 concrètement, là, on dit "devoir d'aimer".
00:54 -Devoir de visite, en fait. -Oui, mais ça veut dire quoi ?
00:56 -Il y a combien de pères qui, une fois le divorce,
00:58 vont lancer ce carapace ? -Vous avez raison.
01:00 -Et plus de nouvelles, plus de sons, plus d'images.
01:02 -Il peut s'agir de faire quelque chose de très rapide
01:03 et qui consiste à dire "tous les pères qui ne paieront pas
01:05 "les pensions alimentaires iront en prison".
01:07 -Ah, mais il y a plus de places en prison.
01:09 -Non, mais justement, on fait des trucs en disant...
01:12 Parce que ça, c'est très facile à faire,
01:14 les pères qui organisent leur insolvabilité,
01:15 les pères qui ne paient pas, et puis vous vous plaignez en disant
01:18 "ça n'arrive pas à la maison", etc.
01:20 -Le gouvernement met en place un prélèvement automatique
01:22 pour les salariés. -C'est ça.
01:23 Vous auriez un endroit où vous auriez huit jours
01:25 à réfléchir sur ces questions-là.
01:27 Je vous assure que peut-être ça ferait réfléchir
01:28 un certain nombre d'hommes qui s'en vont
01:30 et qui, une fois qu'ils ont trouvé, préfèrent deux femmes de 30 ans
01:33 plutôt qu'une de 60, donc effectivement,
01:34 ils refont des foyers, et puis ils ont une nouvelle famille,
01:38 ils ont des enfants qui ont l'âge de leurs petits-enfants,
01:41 éventuellement, etc.
01:42 Et là, on dit "on va décréter le devoir de père".
01:44 -Mais la prison, ça ne rangerait pas le lien familial.
01:46 -Je vous assure que... Non, mais il y a pas mal de pères de famille
01:49 qui voudraient pas partir huit jours.
01:50 Je veux pas deux ans de prison, mais des pères de famille
01:53 à qui on dirait "si vous ne payez pas,
01:55 "vous ferez un petit séjour de huit jours en prison",
01:57 je vous assure que les pensions alimentaires seraient versées.
02:00 Et là, ce serait bien plus concret que de décréter le devoir d'aimer.
02:03 On décrète pas le devoir d'aimer, d'autant qu'aujourd'hui,
02:05 on délègue l'amour. On délègue l'amour, par exemple,
02:07 avec les personnes âgées, qu'on envoie dans des EHPAD.
02:10 On veut plus d'hospices, donc on change tout ça.
02:12 On dit "les vieux, on s'en débarrasse".
02:13 L'affection, c'est des gens qui vont s'en occuper,
02:16 je voudrais qu'il ait raison de mettre un peu d'humanité,
02:18 mais qu'il n'ajoute pas en même temps de l'inhumanité
02:20 dans un certain nombre d'autres endroits.
02:22 [Musique]
02:25 [SILENCE]
Commentaires