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  • il y a 2 semaines
Michel Onfray sur le séjour en prison de Nicolas Sarkozy : «Je fustige l’interdiction du droit à l’appel». 

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Transcription
00:00Le sujet c'est la façon qu'on a de le traiter, lui parce qu'il est Nicolas Sarkozy.
00:04Donc on voit bien qu'il y a un schéma qui est celui du tribunal révolutionnaire.
00:11Sur plein de sujets, sur la fiscalité, sur ce qui se passe actuellement avec le budget,
00:14enfin sur toutes ces choses-là, sur la question de la propriété,
00:17l'idée qu'on pourrait aller chercher votre bien, l'idée qu'on pourrait vous piquer de l'argent,
00:20votre épargne, etc.
00:23Tout ça, c'est une espèce de révolution jacobine à bas bruit.
00:26Et là, il y a quelque chose qui me déplaît souverainement dans ce qu'on inflige à Nicolas Sarkozy,
00:31c'est le fait qu'on dit, oui vous avez le droit à l'appel bien sûr, mais vous allez tout de même en prison.
00:36C'est-à-dire, l'appel vous permet de dire, non je ne suis pas d'accord,
00:39je voudrais pouvoir défendre mon dossier différemment, autrement,
00:42et tant que l'appel n'a pas eu lieu, vous êtes considéré comme innocent.
00:47Et si l'appel fait qu'il y a confirmation de la peine, alors la peine doit être effectuée, point la ligne.
00:52Là pour Nicolas Sarkozy, on dit, oui bien sûr vous avez le droit à l'appel, mais vous allez quand même en prison.
00:55On dit, mais c'est la destruction du droit.
00:58C'est le retour du droit révolutionnaire de 1793 qui dit, mais de toute façon, vous, vous êtes un suspect.
01:03Il y avait une loi sur les suspects de la Révolution française.
01:05Si vous étiez noble, aristocrate, si vous étiez prêtre, si vous étiez évêque, si vous étiez dans le clergé, etc.
01:10Si vous étiez éventuellement même au service d'un noble, ça suffisait, femme de chambre, dans un château.
01:15Si vous n'étiez pas assez zélé dans la Révolution, c'est-à-dire on pouvait dire, mais ce citoyen, il est révolutionnaire, c'est un Girondin.
01:22Oui, mais les Girondins, ils ne sont pas assez zélés.
01:24Donc lui aussi, on l'envoie au tribunal et pas de droit d'appel.
01:29Et là, je me dis, c'est très exactement ça qui revient.
01:32C'est le retour de la terreur qui revient, bien habillé, bien poudré.
01:34Et on dit, ah mais vous, on ne vous aime pas, vous êtes Nicolas Sarkozy, vous avez dit sur les magistrats des choses qu'on n'a pas digérées.
01:40Et donc les magistrats aujourd'hui vont vous faire payer ces choses-là.
01:43Alors il aura droit à un appel, bien sûr, qui arrive au printemps prochain.
01:45Oui, mais il a fait de la prison. Il a juste fait de la prison.
01:47Ma question, c'est pas ça. S'il y a un appel et qu'il est condamné, il y aura un appel, il sera condamné.
01:51Je dis juste qu'on n'envoie pas en prison quelqu'un à qui on a dit, vous n'aurez pas droit à l'appel.
01:55Ce que je fustige dans cette séquence, c'est l'interdiction du droit à l'appel parce qu'on est en train d'avancer.
02:04On a toujours su que le droit était l'exercice d'un rapport de force.
02:08Et que le rapport de force, il est entre les mains d'un certain type de magistrats aujourd'hui.
02:12Et que certains en font les frais, d'autres pas.
02:14Je ne sache pas, par exemple, que sur à peu près la même affaire, François Bayrou ait eu les mêmes problèmes.
02:20Je suis quasi sûr qu'avec les mêmes problèmes, Marine Le Pen aura, elle, des ennuis.
02:25Je crois savoir également qu'il y a des affaires en cours sur Jean-Luc Mélenchon.
02:29Où ça ? Qui ça ? Jean-Luc qui ?
02:31Et oui, oui, il y a un dossier comme ça.
02:32Et le dossier de Jean-Luc Mélenchon, il a été mis ici.
02:35Donc c'est prévu.
02:36En 2500, on en parlera.
02:39Mais on se dit, mais pourquoi ?
02:40Est-ce que pour certains, ça va très vite et c'est très expéditif.
02:43Et pour d'autres, ça n'apparaît jamais.
02:45Ça ne surgit jamais.
02:46Si vous êtes un homme politique du bon camp et qu'on retrouve des liasses de billets liquides de chez vous,
02:52à l'heure du passage du laitier, etc., ça, ce n'est pas un problème.
02:56Si vous avez utilisé des voitures de fonction quand vous n'étiez plus conseiller général de tel député,
03:01je ne veux pas donner de nom pour éviter qu'on les reconnaisse,
03:03eh bien on dit ça, ce n'est pas un problème, vous pouvez continuer et donner des leçons.
03:06Et puis, exceptuagénaire, dire que, des dégagistes quand même,
03:10un vieux blanc, un vieux mâle blanc socialiste qui est là et qui nous dit,
03:13vive les jeunes créolisés, on se dit, ben commence par toi, va-t'en, laisse la place à Mme Rima Hassan.
03:18Et donc, là, on se dit, non, non, ça c'est bien, c'est le côté du bien.
03:21Le côté du mal, Nicolas Sarkozy, je crains, enfin, je ne veux pas dire un avenir terrible,
03:27mais je veux dire que ce n'est pas impossible qu'avec l'appel, on lui dise,
03:31mais monsieur, monsieur, nous allons confirmer, vous allez pouvoir repartir et pour plus longtemps.
03:34– Sous-titrage Société Radio-Canada
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