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  • il y a 2 ans

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00:00Gawanderi, capitale de la région Château-d'Eau-du-Campon.
00:28Nous sommes ici au quartier Jolissoir.
00:31Et ici, vit paisiblement et en continu, depuis 15 ans aujourd'hui, un fonctionnaire de gendarmerie rétrété.
00:38Lui, c'est un patriage de la communauté dit.
00:42Je suis Zewa Alexandre, né en 1951 à Taboum.
00:49Mais, je suis adjudant-chef rétrété.
00:55J'étais d'abord à Gawanderi, après j'ai fait beaucoup d'unités départementales, territoriales.
01:17Et pourtant, ce gendarme rétrété a connu une carrière riche.
01:21Une carrière qui commence par l'obtention du diplôme du CPE, entendu certificat d'études primaires élémentaires.
01:29Et dès lors, Alexandre Zewa avait entamé ce que ses proches qualifient aujourd'hui de carrière de rêve,
01:35pour ce fils du village de Taboum, dans l'arrondissement de Mbé.
01:39J'avais l'âge avancé, on m'a dit que je ne pouvais pas continuer.
01:43J'ai donc cessé l'école en 1967.
01:49J'étais d'abord metteur bénévole à la mission de procession à la station Gawanderi.
01:56Les blancs m'avaient cherché parce que j'étais meilleur dans notre établissement.
02:02Zewa qui venait d'obtenir son CPE là-haut, il faut qu'il vienne quand même nous aider.
02:07C'est ainsi qu'on m'a recruté.
02:09Le 12 décembre 1969, le recrutement a été lancé.
02:16J'ai été postulé et admis.
02:19Le même jour, on a rejoint le SIAT.
02:22C'était le SIAT.
02:23En ce temps, c'était commandé par le capitaine Aso Eman Benoît.
02:29Le général P à son nom.
02:31Pendant la formation, nous avons eu la chance
02:35que le président, Son Excellence Aïdjo, venait visiter notre formation,
02:43c'est-à-dire notre stage.
02:45Alors, moi, j'ai présenté trois ateliers.
02:50Il y avait skier, lancer des grenades,
02:54et puis le parcours combattant.
02:56Il était meilleur partout.
02:58J'avais profité de le saluer.
03:00Je pense que ce n'était pas facile de toucher la main d'une autre autorité comme ça.
03:05Donc on vient de nous trouver là.
03:08Nous avons composé.
03:10Mes chefs ne voulaient pas.
03:12Parce qu'ils voulaient m'envoyer directement à Kutabagou, faire le 7-1, 7-2,
03:15sortir sous officier et continuer ma carrière.
03:18Est-ce que j'ai regardé ça ?
03:19Moi, j'ai regardé le béret rouge avec le pistolet.
03:22J'ai dit non, je veux aller là-bas.
03:24C'est ainsi que je suis parti à la gendarmerie.
03:33Ses séjours dans les Andes Éwa, dans la gendarmerie nationale,
03:37a été d'autant plus riche qu'il lui a permis, pendant plusieurs années,
03:42d'être au contact d'un haut commis de l'État
03:45qui deviendra le 6 novembre 1982 président de la République.
03:50Et ce sont des souvenirs inoubliables
03:54que notre ajout d'un chef retraité égrène encore avec beaucoup d'aisance.
03:59Après quelques mois que j'ai passé à l'honneur, au platoon d'honneur,
04:04on nous a fêté à la présidence.
04:07C'était un jour de fête, 11 février 1972.
04:14On a donc décidé de désigner les meilleurs tireurs
04:20et donner à chaque autorité administrative.
04:25C'est là où j'ai été désigné pour aller travailler avec son excellence Paul Pia.
04:32Il était secrétaire général à la présidence.
04:36Ministre secrétaire général à la présidence.
04:39Ministre d'État secrétaire général à la présidence.
04:43Premier ministre en 115.
04:46Nous étions au nombre de 4.
04:50Notamment le marshal de l'OGIE, Mahamat Ramadang.
04:56Un gars d'extrême non ? Qui était le marshal de l'OGIE.
05:00Il avait le rôle de la sécurité du cabinet.
05:06Premier ministre.
05:08Il y avait Yaoba Souley qui était chargé de sa sécurité
05:15pour l'accompagnement du bureau au domicile, à la résidence
05:21et pendant les heures ouvrables.
05:24Moi j'étais responsable de la sécurité dès lors que Yaoba partait.
05:30Il était prêt à prendre la relève.
05:32Soit pour aller rendre visite à ses proches.
05:39Soit dans la soirée on allait au film avec le premier ministre.
05:46Soit le week-end ou même le grand matin on partait faire le sport avec lui.
05:52Un très grand sportif.
05:55Il faisait notamment la natation, le golf, la marche à pied, le tennis, le cyclisme.
06:09Le cyclisme, je vais vous parler un peu de ça.
06:15Quand j'arrivais chez lui, il m'a demandé M. Zewa.
06:18C'est un message qu'il ne me disait jamais.
06:20Il m'a dit M. Zewa à tout moment.
06:23Il n'a jamais dit toi, jamais.
06:25Il m'a dit M. Zewa, est-ce que vous pouvez m'aider un peu, m'accompagner un peu à vélo.
06:33Il m'a dit non, mais je connais aller à vélo.
06:37Il a dit M. Zewa, comme nous allons nous déplacer là, allez acheter un vélo.
06:43Il m'a donné l'argent.
06:46Je suis allé acheter le vélo dans la maison Torbay Barbar, qui était en face du cinéma Capitole.
06:55Ce que les anciens doivent connaître ces lieux.
06:59Je pensais que c'était son vélo.
07:01Il ne m'a pas dit que je devais aller acheter mon vélo.
07:04J'ai donné son nom, Paul Bia.
07:07La facture portait son nom.
07:10C'est ainsi que j'ai pris le vélo.
07:12Nous sommes arrivés à la maison.
07:14Il m'a dit demain, nous allons nous déplacer pour Gawdere, pour un congé.
07:20On est venus à Gawdere.
07:22Il logeait dans le Transgram Hotel.
07:25C'est ainsi qu'un matin, nous avons pris le vélo ici, à Gawdere.
07:30Jusqu'à Ouak.
07:32Il traversait la falaise là.
07:34Jusqu'à Ouak, lui-même.
07:36Devant moi, je le suivais.
07:39Là où il est là.
07:42C'est un grand tireur.
07:44Comme moi.
07:46Un jour, il m'a dit, M. Zewa.
07:49Je veux aussi essayer de tirer.
07:53Je lui ai dit, il n'y a pas de problème, Excellence.
07:57Demandez à la Sûreté Nationale de nous donner les cartouches.
08:03C'est ainsi que la police nous a donné une boîte de cartouches.
08:09Il y avait donc un gros arbre qui était dans son champ là.
08:16J'ai pris la machette pour enlever l'écorce de l'arbre là.
08:22Pour me permettre de former un cercle de 0 à 10.
08:27J'ai formé un cercle de 0 à 10.
08:31Pour le tir de précision.
08:34Au début, il a touché le 10.
08:38Mais la balle n'était pas l'objectif qu'il devait réaliser.
08:45Jusqu'à la fin, il s'est retrouvé agroupé les balles dans le 10.
08:53Donc quelquefois, il a 98.
08:58Quand il mord un peu le 9.
09:03C'est à dire un pied dans le 10, un pied dans le 9.
09:06Là c'est 9 fois. On prend 9.
09:09Il est devenu un grand tireur.
09:11Un jour alors, il m'a dit.
09:13Monsieur Zewa, comme je suis bon, on va faire le tir croisé.
09:16Voilà le mot qui m'avait beaucoup avisé.
09:18Toutefois qu'on va nous attaquer, je ferai le tir croisé.
09:27A la fin de son séjour auprès de Paul Biya,
09:30Alessandre Zewa fut muté à la brigade de gendarmerie de Saint-Medima.
09:35Dans le département du Ndiaye-le-Beau, région du Sud.
09:42Puis à son âme, son gardien de corps, Moutazé, m'a reconnu au contrôle.
09:49Il a pensé que j'étais là.
09:53Il a arrêté le convoi.
09:55Le scott quoi.
09:57Les camarades gouris, tout ça sortait de gauche à droite.
10:01Ils pensaient qu'il y avait quelque chose qui se passait.
10:05On a balancé la main.
10:07J'ai enlevé mon pistolet et remettre à mon élément qui était avec moi.
10:11Je lui ai salué.
10:12Il m'a dit, vous êtes ici depuis quand monsieur Zewa ?
10:15Je lui ai dit, ça fait environ trois mois.
10:18Il m'a dit, mais trois mois, je ne suis pas au courant.
10:21En tout cas, vous venez me trouver à mon égard.
10:24Alors c'était en ce moment là, que vraiment mon cœur palpitait.
10:28Parce que je savais que tout Sang-Mélema était au courant
10:32que le président s'est arrêté pour saluer un gendarme.
10:35J'étais devenu un star.
10:38Lorsque j'ai rentré à Sang-Mélema,
10:41c'est tout le monde qui montait les doigts.
10:43Il dit, le voilà, le voilà, le voilà.
10:45J'ai fait quoi ?
10:46On dit non, c'est parce que le président t'a salué.
10:55Plusieurs décennies après,
10:57l'ancien garde du corps de Paul Biya n'a rien oublié
11:00de son ancien patron.
11:02Et des anecdotes, il en égraine à tour et bras.
11:05Et surtout se souvient des dimensions intellectuelles,
11:09humanistes et visionnaires de l'homme d'ici novembre 1982.
11:15Monsieur le président,
11:17moi qui s'occupais des intérêts,
11:22il avait vraiment un cœur.
11:27Il voulait bien le travailler.
11:29Il aimait bien son travail.
11:32Quelquefois même,
11:34son excellence, je l'appelais même,
11:36à une heure, deux heures, n'importe quelle heure,
11:40il me réveillait, on partait là-bas travailler à la présidence.
11:45Il sortait, il dit bon monsieur Zewa, on peut rentrer.
11:49Ça c'était régulier.
11:51C'était régulièrement.
11:54Le monsieur, disons que...
12:04Mon patron, c'était un homme qui avait l'avenir.
12:10Qui avait l'avenir, ce n'est pas au hasard.
12:13Nous le trouvons...
12:17Déjà sous de l'état.
12:23L'autre ne savait pas qu'il était vraiment très prêt, très docile.
12:29Il suivait très bien les instructions de son chef.
12:33Ce qui lui a prévalu, n'est-ce pas ?
12:35La position où il est devenu chef de l'état.
12:38Ce n'est pas au hasard.
12:41Un homme qui a un cœur d'amour.
12:53Depuis le 1er janvier 2006,
12:55l'adjudant-chef de gendarmerie à l'aisance de Zewa est à la retraite.
13:00Dans cette autre vie qu'il mène avec sa famille et ses amis,
13:04l'ancien garde du corps de Paul Pia s'est dit avoir été un privilégié dans sa carrière.
13:10Je finis avec le drapeau en 2005, décembre.
13:18J'étais parti au village pour entreprendre des activités de culture.
13:23J'avais le champ de manioc, le champ de maïs, le champ de liam.
13:30C'était pour mes divertissements.
13:33Je ne pouvais pas faire d'une façon industrielle.
13:36Je faisais juste la quantité qu'il fallait pour moi
13:39et pour l'autre camarade à qui je pouvais aider.
13:43Je crois que c'est tout dernièrement, quand j'avais perdu ma femme,
13:47que j'ai décidé de rester au quartier de Zewa.
13:51Au quartier de Zewa, j'ai laissé le champ,
13:54mais je suis tout de même le président départemental des droits de l'homme et des libéraux.
14:07Président départemental des droits de l'homme et des libertés.
14:11Commandant Zewa, comme une grande frère,
14:14il est un grand notable du village d'Etabon.
14:18C'est lui qui a apporté le développement à notre village.
14:23Quand il était gendarme, en retraitant, il est venu dans le village.
14:29Il a appelé tous les notables du village.
14:32Il a appelé tous les notables du village.
14:35Il dit que mes frères, j'ai amené quelque chose de sud,
14:38que ça peut nous faire unir.
14:40C'est là alors qu'il nous a fait apprendre l'association.
14:46Nous, on ne connaissait pas.
14:48Non seulement qu'il est rassembleur,
14:53c'est un monsieur qui travaille.
14:56C'est un monsieur qui aime les gens.
14:59Premier garçon d'une famille.
15:02L'éducation était entièrement focalisée sur moi.
15:07Ça n'a pas du tout été facile pour moi
15:09parce que mon père me suivait au pas à pas.
15:14C'est-à-dire, il veillait à ce que je sois un exemple pour la famille.
15:19J'ai été moulé par rapport à une éducation suivie.
15:26En fait, c'était un peu une formation militaire.
15:29Dès lors, il nous avait encadrés dans ce sens-là.
15:34On était obligés de se suivre.
15:37Certes, il n'était pas toujours avec nous,
15:40mais le peu de temps qu'il passait avec nous,
15:44il globalisait tout.
15:46Quand on entendait gonfler son véhicule au coin du quartier,
15:51chacun cherchait à se mettre à sa place
15:54parce qu'il n'aimait pas les erreurs.
15:57Vous savez, papa, il parlait beaucoup avec nous
16:00quand il avait l'occasion.
16:02C'était la référence
16:04quand il fallait parler de son excellence au président de la République.
16:09En grandissant déjà à la maison,
16:12nous avions certains objets qui étaient comme des monuments pour nous.
16:19A dire, des raquettes de tennis,
16:23des vélos de course,
16:25qui étaient jalousement gardés à un coin de la maison.
16:29Ils ne nous étaient pas permis de toucher
16:32parce qu'à chaque fois, il nous disait que ça,
16:35c'est le président de la République qui l'a acheté pour moi.
16:40Et tel que j'étais en train de dire au départ,
16:43il aimait l'excellence.
16:45J'ai pu toucher à ce vélo
16:48rien que lorsque j'ai passé mon seul peu.
16:51C'était comme un cadeau.
16:53Alors c'est sur ce vélo que j'ai appris à pédaler
16:57et aller même à l'école.
17:01À Gidane, à l'époque,
17:03il a tout ratôt servi dans la République.
17:06Plus précisément à Ngamder où il a fini sa carrière.
17:11Après avoir fini sa carrière,
17:13il s'est rabattu dans son village natal à Taboum.
17:18Il a séjourné de longues années
17:23et s'est occupé de l'agriculture,
17:26de l'encadrement des jeunes, des vieillards
17:30et puis il a rassemblé les partis politiques.
17:33Plus précisément le RDPC dont il fait actuellement partie.
17:39Il nous a vraiment séduit dans sa manière de faire des choses,
17:44de vivre avec la population.
17:46Puis celui étant rassembleur,
17:49on venait vers lui.
17:51C'est lui qui nous donnait des conseils,
17:53il nous disait ce qu'il fallait faire dans un village,
17:57comment côtoyer les vieux,
18:01comment côtoyer les femmes à cette époque-là.
18:09Âgé aujourd'hui de 70 ans,
18:11l'ajudant-chef de gendarmerie
18:13retraité à les Andesihua marche sur ses deux pieds.
18:16Il n'oublie pas régulièrement de faire du vélo
18:19comme il faisait avec son ancien patron Paul Pia.
18:22Je fais comme ça presque jusqu'à tout le matin
18:26et puis quelques fois même,
18:29je mets beaucoup plus de temps.
18:31Donc c'est ça.
18:35Pas le soir que je fais, c'est le soir.
18:40Reçoit ses amis et encadre sa famille.
18:44Et pourtant, de cœur,
18:46il reste lié à cette haute personnalité
18:49qui lui a permis d'arpenter souvent le tapis rouge.
18:53Si maintenant je suis devant le chef de l'État,
18:56son Excellence Maud Pia,
18:59je verrai d'abord dans ma tête
19:02les souvenirs du temps que j'avais passé avec lui.
19:07Les souvenirs des choses qu'il a faites pour moi,
19:11pour ma famille.
19:14D'abord, les bonnes relations qu'il avait avec moi
19:19qui est actuellement même dans mes livres.
19:22Vous allez voir là, on a précisé que
19:25les bonnes collaborations avec son Excellence Paul Pia
19:30qui est venu dire à mes chefs que j'étais un bon élément.
19:34Je vais lui dire que, Excellence,
19:37que Dieu vous garde,
19:39que Dieu prolonge votre vie à la tête de cette République
19:46pour que nous bénéficions tous de votre clémence,
19:52je peux appeler ça clémence.
19:54Je remercie son Excellence Paul Pia,
19:58je garde de bons souvenirs de lui
20:01Je garde de bons souvenirs de lui
20:04pour tout le temps que nous avons ensemble passé à Yaoundé
20:09dans les années où il était encore Premier ministre.
20:31Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org