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00:34 Bonsoir. Les banquets somptueux et somptuaires donnés par les administrations publiques et privées le 1er mai dernier
00:42 donnent à ceux demandés ce que nous fêtions réellement.
00:46 Oui, que fêtions-nous cette semaine alors que la cinquième enquête camerounaise auprès des ménages,
00:53 commise par l'Institut National de la Statistique, nous renvoie tous au travail,
00:59 car le pays produit très peu, voire de moins en moins.
01:03 Conséquence, 10 millions de Camerounais vivent avec moins de 850 francs CFA par jour,
01:09 ce qui veut dire, en mots simples, en dessous du seuil de pauvreté selon l'INS.
01:15 Voilà qui nous oblige à revisiter les sermons pontificaux de Mgr Jean Zoua.
01:20 L'archevêque de Yaouné, dont la théologie en son temps était un traité de lutte contre la pauvreté,
01:28 disait ceci dans son homélie du 25 décembre 1995, et je cite
01:34 « Pour avoir, il faut produire abondamment, pour produire abondamment, il faut travailler rationnellement,
01:41 pour travailler rationnellement, il faut s'organiser solidairement ».
01:46 Le Cameroun a donc, plus que par le passé, besoin de travail et de solidarité.
01:53 Fleurons de ce travail, par ses performances qui inspirent et instrumentent la politique de sécurité sociale du chef de l'État,
02:00 Paul Billat, basée justement sur la solidarité, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale est le lieu de convergence
02:07 des attentes et des espoirs des travailleurs et retraités d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
02:14 Réflexions sur le travail et travail de réflexion ce dimanche,
02:19 accompagné de celui qui est présenté par ses collaborateurs comme un bourreau du travail
02:24 et dont le nom est long, comme ses jours et même ses nuits de labeur, à l'immeuble CNPS, ici à Yaoundé.
02:33 Noël Alain-Olivier Mokouloum Vondouakam est justement, depuis le décret du 7 avril 2008,
02:40 directeur général de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, et c'est notre invité ce dimanche.
02:47 Noël Alain-Olivier Mokouloum Vondouakam, bonsoir et bienvenue.
02:50 Bonsoir, merci.
02:52 Grand amateur de football, est-ce que vous avez trouvé à la fois le temps, l'énergie de jouer ce week-end encore ?
03:00 Oui, parmi d'autres activités, j'ai eu grand plaisir à m'amuser sur un terrain de football avec mes camarades.
03:08 Et c'est ainsi tous les week-ends.
03:12 Vous étiez également, me semble-t-il, avec vos anciens camarades du Collège Sacré-Cœur de Macac, et vous étiez justement à Macac.
03:20 Cette génération-là, la vôtre, conserve quand même quelque chose qui nous fait défaut aujourd'hui, c'est la solidarité.
03:28 Oui, la solidarité, l'éthique, surtout, c'est des choses, des valeurs, qui ne sont plus très partagées, hélas, aujourd'hui,
03:39 mais qui sont vivaces, aussi bien dans nos esprits que dans nos réactions quotidiennes.
03:44 Et je crois que, je ne dirais pas que c'est la recette de la performance, mais ça fait partie de la performance.
03:52 Et des retrouvailles comme celle de ce week-end, c'est pourquoi ? C'est une tradition ?
03:59 C'est pour ressasser les vieux souvenirs ?
04:03 Ou est-ce qu'il y a quelque chose de plus structurant, concernant par exemple la vie et l'animation de cet établissement ?
04:10 Oui, c'est un peu plus que cela. Vous savez, le Collège Sacré-Cœur, qui a été l'un des meilleurs jusqu'aux années 2000 par là,
04:23 a un peu piqué du nez. Et face à cette situation alarmante, l'association des anciens élèves du Collège Sacré-Cœur a décidé,
04:33 en consultation avec les vachers des ECA, de reprendre la gestion du Collège.
04:39 L'association l'a mis au saco, qui gère désormais le Collège Sacré-Cœur de Macac pour le réhabiliter,
04:49 pour mettre en première loge l'éducation au Cameroun, l'instruction aussi.
04:55 Et c'est dans ce cadre que nous sommes allés faire de l'investissement humain, nettoyer, entretenir, faire de la peinture, jouer,
05:05 entretenir nos jeunes frères qui y sont. Et nous avons fait un concert de karaoké aussi.
05:12 Vous avez chanté ?
05:15 Quels sont les noms qui sont sortis de cette promotion-là, et qui pourraient inspirer les jeunes qui regardent cette émission ?
05:25 Écoutez, il y a beaucoup de noms, sans faire de jaloux. Je citerai tous ceux qui me sont proches.
05:35 Marie-Claire Manin, la vignette de Général Assopé-Kam, qui est ma camarade de classe.
05:42 Le ministre Serafin Fouda, le docteur Thomas Félicien, qui est diététiste général du CHU,
05:50 l'ancien diététiste général qui était très loin devant nous.
05:57 Le professeur Mendozé.
05:59 Le professeur Mendozé. Il y a très nombreux. Le ministre Bibé, des Transports.
06:06 Galet-Bibé.
06:09 Il y a très nombreux. Le professeur Cassia, et bien d'autres.
06:12 Très bien. Nous allons parler du travail dans un instant, mais je dois rappeler peut-être que, justement, en récompense de votre travail,
06:20 vous avez récemment été décoré d'une médaille attribuée par le chef de l'État, Chevalier de l'Ordre National de la Valeur, c'est bien cela ?
06:29 Tout à fait.
06:31 Est-ce que vous avez, comme disent les Camerounais, arrosé ?
06:35 Ce ne sont pas mes habitudes, malheureusement, mais cela ne signifie pas que je n'ai pas apprécié la décoration.
06:46 C'est une distinction horrifique.
06:49 Est-ce que vous présentez quoi pour vous ?
06:53 Pour moi, je ne le prends pas à titre personnel. Je le prends comme quelque chose qui récompense, un porte-parole de tout son personnel, de son entreprise.
07:09 Parce que je crois que cela récompense le travail d'une institution.
07:15 Je représente cette institution, donc j'ai eu la chance de recevoir cette distinction à titre personnel.
07:22 Mais, comme je l'ai dit, je porte sur tous les efforts le travail de mes collaborateurs qui permet d'arriver à cette récompense.
07:32 Aujourd'hui, je l'apprécie avec beaucoup de fierté.
07:35 Donc cela ne vous a pas donné la grosse tête ?
07:38 Non, comme je n'ai pas l'habitude de célébrer.
07:44 Parlons à présent de la fête du travail.
07:47 D'abord, comment a-t-elle été vécue à la CNPS ? Quels sont les accomplissements que vous fêtiez là-bas, le 1er mai ?
07:57 Écoutez, nous avons fait comme tout le monde.
08:02 Nous avons participé au grand défilé Boulevard du 20 mai, puis nous avons festoyé un peu avec les collaborateurs.
08:15 Je crois qu'ils ont apprécié les commodités qui leur ont été réservées.
08:22 Mais je voudrais dire que, lorsque j'ai pris la parole, je n'ai pas manqué de leur dire qu'il faudrait qu'ils commencent un peu à nourrir une pensée autonome par rapport au narratif que nous recevons souvent,
08:41 et qui fait référence à d'autres, mais nous n'avons pas nécessairement les mêmes références.
08:49 Je souhaitais justement vous entendre sur ce caractère, disons, folklorique que prend le 1er mai au Cameroun.
08:55 On a le sentiment et l'impression que c'est devenu une occasion pour les entreprises de démontrer leur capacité à organiser des fêtes où l'on danse plus qu'on ne pense,
09:08 pour reprendre une de ces formules dont le chef de l'État, Paul Billet, a seul le secret.
09:14 Peut-être que les travailleurs aiment fêter, peut-être qu'ils aiment danser, peut-être qu'ils aiment chanter,
09:21 mais à côté de cela, il faut naturellement approfondir la réflexion et je demande de le répéter.
09:30 Si nous ne réfléchissons pas suffisamment, si nous ne nous autogénérons pas une pensée africaine,
09:40 nous aurons du mal à compétir, parce qu'on ne peut compéter qu'en vertu de ces avantages comparatifs.
09:48 Donc l'avantage comparatif, c'est nos cultures, c'est notre histoire qui peuvent être suffisamment percutantes pour nous permettre de nous élever.
09:59 Mais si nous nous alignions systématiquement et sans revisiter tous les éléments du narratif des autres,
10:09 nous aurons du mal à être compétitifs et à nous imposer.
10:13 Cela signifie que même dans le mode de production économique, nous devons revoir la question.
10:22 Si vous rentrez dans l'histoire de l'Afrique ancienne notamment, nous avons fait de grandes réalisations,
10:29 nos ancêtres ont construit des pyramides, ont fait de grandes découvertes scientifiques, médicales, physiques, chimiques et autres.
10:38 Le mode d'organisation sur l'économie n'était pas le même que celui que les occidentaux ont porté au Pinac et nous ont imposé à travers la colonisation.
10:51 Le mode de production n'est pas nécessairement collectiviste mais au moins communautaire, le président de la République l'a dit.
10:58 Donc l'investissement était un investissement d'utilité socio-économique et non un investissement de pure rentabilité financière.
11:08 Ce sont deux paradigmes totalement différents et nous avons été, je pense, à reprendre cette pensée à la profondé au bout du jour.
11:19 D'où le libéralisme communautaire préconisé par le président de la République.
11:22 Ce qui est plus que jamais d'actualité, ce n'est pas un slogan. Nous avons intérêt à approfondir cette notion et à la mettre en pratique.
11:31 D'ailleurs au-delà de ce que le président arrive plus vite que lui-même a indiqué, parce qu'il a indiqué le chemin, mais il n'a pas figé.
11:40 Il nous appartient à nous d'aller un peu plus loin à la lumière de ce concept-là et c'est faisable.
11:47 Surtout si on se réfère à notre histoire qui a été très glorieuse.
11:53 Du point de vue strictement des progrès, des avancées, des performances qui pourraient donner lieu effectivement à une célébration un jour comme celui-là,
12:06 quels sont ces points de satisfaction notables dans le cadre de l'évolution de la CNPS ?
12:13 Oui, c'est parfois l'occasion pour nous d'indiquer, de revoir un peu le chemin parcouru depuis quelques années, surtout dans l'année qui s'est écoulée.
12:28 Nous avons notamment cette année réalisé de meilleurs résultats financiers, nous avons amélioré la qualité des services,
12:37 nous avons davantage digitalisé nos services, notamment pour les rendre plus performants, plus accessibles, plus simplifiés.
12:46 Je vous donnerai l'exemple, aujourd'hui nous sommes quasiment à plus de 25% de taux de digitalisation de nos services,
12:57 ce qui fait que très peu de nos assurés sociaux sont obligés de venir à nos services.
13:05 Ils peuvent accéder au CV de la CNPS depuis leur bureau, depuis leur domicile, s'ils ont une connexion internet,
13:14 même s'ils voyagent, ils peuvent accéder à nos services à tout point de vue.
13:20 Nous avons enregistré beaucoup de satisfaction, naturellement ce n'est jamais suffisant, nous entendons amplifier cela,
13:27 chaque jour aller plus loin, innover, et nous avons des innovations qui sont dans le pipe.
13:37 Quel est votre regard justement sur la relation des Camerounais au travail de façon globale,
13:43 surtout à la lumière de la cinquième enquête camerounaise auprès des ménages réalisée par l'INS,
13:48 et qui conclut sur une évolution galopante, disons de la pauvreté ?
13:53 Si nous suivons, je vais faire ici, nous singeons ce que les autres nous indiquent comme orientation,
14:05 nous aurons du mal à créer beaucoup d'emplois, parce que l'organisation socio-économique mondiale est faite
14:13 de telle sorte qu'une industrie est d'un côté la matière première et la main d'oeuvre basique de l'autre.
14:22 On ne pourrait pas créer suffisamment de valeurs ajoutées, suffisamment d'emplois de qualité,
14:31 si nous n'intégrons pas la valeur de création, j'allais dire de valeur, c'est-à-dire la transformation par l'industrie
14:41 de nos matières premières. J'ai failli dire que ce pourrait être porté même comme principe constitutionnel de dire
14:54 nous devons avoir l'obligation de transformer nous-mêmes nos matières premières.
15:01 Lorsqu'on recevait nos premières leçons d'économie à l'université, on nous disait
15:08 c'est le chemin le plus court qui permet de créer les plus grandes valeurs ajoutées.
15:15 Alors d'où vient-il que les gens prennent nos matières premières, les transportent chez eux,
15:23 les transforment et les ramènent chez vous et ils ont un gain extraordinaire alors qu'ils en prennent le plus long chemin.
15:32 Et nous les vendent à prix d'or.
15:35 Et nous les vendons à prix d'or. Si nous appliquons cette règle qui nous offre si bien la prise,
15:40 il suffit que nous transformions nous-mêmes chez nous pour créer la valeur, la richesse et réduire très substantiellement la pauvreté.
15:50 Partons tout de suite au boulevard du 20 mai 1972, monsieur le directeur général,
15:55 pour revivre le déroulement du défilé du 1er mai 2024 auquel la CNPS a participé.
16:03 Un événement présidé évidemment par le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Grégoire Orona.
16:10 Voici le récit d'Elvire Angeline Hébalet.
16:14 Le boulevard du 20 mai s'est transformé en un plateau de tournage à ciel ouvert pour immortaliser la 138e édition de la fête internationale du travail.
16:24 Un film en trois actes où chaque scène met en lumière l'importance du travail et des travailleurs.
16:30 Premier acte, les syndicalistes entrent en scène sous les projecteurs.
16:36 Nous avons toujours à l'esprit que notre engagement pour la promotion et le respect des droits des travailleurs ne se mesure pas au volume de nos paroles,
16:46 mais s'apprécie et s'évalue par la pertinence des idées et des actes qui en découlent ainsi que des résultats que nous obtenons.
17:01 Deuxième acte, la parade, point d'orgue de la célébration. 73 carrés, plus de 3600 participants défilent fièrement, témoignant de la vitalité du monde du travail.
17:11 Leur présence massive reflète la baisse du chômage, passant de 3,7% à 3,8%.
17:18 Au rythme des fanfares, vêtus de leurs plus beaux atouts, ils foulent le pavé sous les applaudissements nourris des authorities,
17:26 aux syndicalistes, aux entreprises et dépensiers d'assurance, tous les secteurs d'activité sont représentés.
17:31 Et parce que l'information est essentielle au monde du travail, le cœur de la nation, la Cameroun Radio-Télévision, a également marqué sa présence.
17:39 Troisième acte, la scène se tourne vers les distinctions honorifiques, rendant hommage à ceux qui se sont illustrés par leur excellence dans leur domaine au cours de l'année.
17:50 Monsieur le directeur général, lorsqu'on prend en considération ce niveau de pauvreté relevé par l'INS, mais aussi le niveau des emplois d'une façon globale,
18:06 est-ce que ce n'est pas indécent de parler du travail décent ? D'ailleurs, à quoi cela renvoie, le travail décent ?
18:14 Le travail décent fait l'objet des documents internationaux, des instruments juridiques internationaux, que nous sommes tenus de respecter,
18:25 parce que nous sommes partis de ces documents, nous sommes censés y avoir contribué et donc y adhérer.
18:37 Mais quand je dis cela, évidemment, pour le commun, les Camerounais, y compris les travailleurs, je crains que cette notion ne soit pas très bien appréhendée ou comprise
18:50 dans le sens d'un poste de travail ou d'une activité qui est censée non seulement apporter la valeur ajoutée pour eux, pour l'entreprise, pour le pays,
19:06 mais aussi comporter un certain nombre de commodités, d'usages, en tout cas un minimum. C'est ce que cela signifie en fait.
19:13 Mais en réalité, sans rien remettre en cause, et naturellement nous avons adhéré à cela, il faut y aller,
19:25 mais nous devons adhérer à certains concepts internationaux, du droit international même en général, pour nous permettre d'avoir un peu plus de marge d'activité.
19:37 Je ne citerai pas certains pays, mais vous savez que dans ces pays-là, le commun n'est pas concerné. Dans ces pays-là, on fait travailler les enfants dans les mines,
19:54 et on exporte les matières premières en Occident, mais là on ne parle jamais de travail.
20:03 Tout en condamnant le travail des enfants, tout en parlant à eux et à DIA de travail décent,
20:12 et nous, nous sommes parfois très élevés à appliquer la réglementation internationale sans l'adapter à nos contextes.
20:22 Lorsqu'un enfant est séparé pendant les vacances avant les arachides poursuivis, je ne crois pas que ce soit un problème fondamental, mais on nous le reprochera.
20:35 Alors qu'à côté, vous avez des enfants qui vont à 1000 mètres sous terre à 12 ans, vous avez des enfants qui ont un rôle dans les groupes armés pour faire les guerres,
20:49 et si ça profite à certains groupes de pression ou à certains pays, on n'en fait pas cas.
20:55 Face à tout cela, le gouvernement préconise et prône le dialogue social. Est-ce que le dialogue social peut résoudre le problème lorsque le travail, disons, n'est pas décent ?
21:08 Est-ce que ça ne va pas être un dialogue de sourds ?
21:14 Le dialogue social peut s'exercer avec mise en œuvre dans toutes les conditions, que le travail soit difficile ou pas, que les conditions soient favorables ou pas, il faut un dialogue social.
21:29 Il faut qu'on s'installe en collaboration entre l'employeur et les employés, tenir compte des désidératas, des doléances, et essayer dans la mesure de ces moyens de les régler, d'y satisfaire.
21:47 Maintenant, ce n'est pas non plus un dogme absolu, mesurable ou trébuchet, c'est des éléments d'appréciation qui permettent simplement d'entretenir une bonne relation sociale, une bonne ambiance du travail,
22:02 et de booster la productivité des travailleurs sans que ce soit quelque chose qu'on doit réaliser fusillé sur la tempe. Non, c'est quelque chose qui doit être spontané.
22:18 En ce qui concerne l'Afrique, ce n'est pas quelque chose de nouveau en réalité. Si vous revisitez l'histoire de l'Afrique, vous verrez que ce qu'on appelle aujourd'hui le dialogue social, c'est quelque chose qui a été pas seulement pratiqué, mais même théorisé dans l'Afrique ancienne.
22:37 A l'époque, il n'y avait pas d'employés, il n'y avait pas de syndicats, de patronat. On fait référence à nouveau au libéralisme communautaire. C'était un mode de production communautaire, étatique, principalement,
22:58 et dans la collaboration avec les acteurs, il y avait un niveau de productivité qui n'a jamais été égalé dans toute l'histoire de l'humanité. Ça signifie qu'à nouveau, nous devons replonger dans nos racines et voir ce qui a fait notre succès par le passé et qui peut être récupéré, amélioré, adapté à la source d'irège d'aujourd'hui.
23:23 La journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail vient d'être célébrée. Dans beaucoup de nos entreprises, la santé et la sécurité demeurent un luxe réservé parfois au seul patron. Est-ce que notre système social est trop faible ou alors il n'est pas suffisamment encadré ?
23:45 Le système social en Afrique, au Cameroun, est face à une double réalité, non accordée. Il y a eu la solidarité clanique, familiale, tribale, nationale aussi, qui est spontanée, qui est intuitive.
24:13 Les faillites qui relèvent de l'ADN du Camerounais, de l'Africain. Et vous avez cette solidarité induite par le modernisme qui veut que parfois des gens se retrouvent plus ou moins isolés, pris dans un univers de compétition où parfois il n'est pas aisé ni de s'en sortir, ni même de s'en firmer.
24:40 Donc face à cette double réalité, je crois qu'il faut encourager la solidarité et les faillites ontologiques, que nous assumons tous, mais mieux encadrer la solidarité moderne qui peut acclarer par exemple un système de santé ou de solidarité sociale bien encadré, bien formalisé.
25:09 Permettre une jonction entre le modernisme et ce qu'on appelle le traditionalisme jeunassé pour en faire un seul système qui s'est original, d'efficacité et socio-économique, pour moi, j'en suis convaincu, avéré.
25:31 Il y a également la journée africaine de la prévention des risques professionnels. Elle a donné lieu à un concours de l'entreprise ayant le meilleur comité d'hygiène et de sécurité organisé par la CNPS. Cette initiative-là, elle est porteuse de quelles visions ?
25:49 Poérance dans le cadre du travail décent, voir les employeurs, encourager les employeurs à accorder les meilleures conditions de travail possibles à leurs employés, mais surtout à prévenir les accidents du travail.
26:05 Si vous avez un travail très productif qui est handicapé du fait d'un accident banal, mais avec des conséquences graves, c'est l'entreprise qui en pâtit. Donc c'est des mesures normales qu'il faut amplifier. Nous avons un budget bon d'encourager les entreprises à les adopter et les récompenses que nous avons accordées possèdent cette vision-là.
26:32 Le chef de l'État a signé le mercredi 21 février 2024 le décret qui revalorise le montant des allocations familiales à 4 500 francs CFA par enfant à charge et par mois. Est-ce que cette mesure est effective et avez-vous trouvé les moyens de payer ?
26:54 Oui, elle est effective. Vous savez, quand le président public signe un décret, il n'est point question de tergiverser. Nous l'avons appliqué dès le 1er mars, c'est-à-dire deux ou trois semaines après.
27:11 Oui, nous en avons les moyens parce que nous avons pu faire des réserves, parce que c'est des réserves qui nous permettent d'être garant de l'effectivité, la pérennité des prestations sociales. Nous sommes suffisamment outillés.
27:31 Nous avons une trésorerie suffisamment aisée pour nous permettre d'y faire face, bien que ce soit... et d'ailleurs c'est tout à l'avantage, j'ai failli dire à l'honneur du président républicain d'avoir accordé une montantation aussi substantielle de plus de 60%.
27:51 C'est suffisamment important pour le souligner, mais nous avons une trésorerie qui nous permet d'y faire face sans la moindre difficulté.
28:03 Dans le cadre des prestations familiales prévues dans vos missions, il y a les allocations prénatales et le paiement des congés de maternité qui cause parfois, peut-être même souvent, des grincements de dents. La CNPS paye-t-elle systématiquement et à quelles conditions ?
28:23 Oui, je dirais, sans en bas, nous payons systématiquement, mais tous les dossiers complets. Et pour tous les employeurs, en règle. Dès lors que vous avez un dossier complet et que votre employeur est en règle, au bout d'une heure maximum, sinon quelques minutes, vous avez vos allocations.
28:49 Maintenant, il se trouve qu'il y a un certain nombre d'employés qui ne sont pas en règle, paiement des cotisations sociales. Et pour eux, il est parfois difficile et pour nous pénibles de ne pas être en mesure de payer, pour ne pas faire un appel d'air à tous ceux qui doivent souscrire à cette obligation, c'est-à-dire qu'il faut qu'ils payent tous les mois les cotisations sociales.
29:18 C'est ces cotisations sociales qui nous permettent de payer les prestations sociales. Donc, ces différentes allocations, il suffit que l'employeur soit en règle, nous payons rubis sur oncle.
29:34 Mais étant donné que vous avez des réserves financières importantes, est-ce que vous ne pouvez pas payer pour résoudre un problème social et procéder peut-être par la suite au recouvrement auprès de l'employeur ?
29:51 Si nous en arrivons à cette décision, cela signifie qu'un certain temps est passé, diverses mesures, y compris le recouvrement forcé, ont été engagées en vain. Et le seul élément ultime que nous avons, c'est le suspendre, hélas, le paiement des prestations.
30:13 Cela nous est pénible, mais en fait, vous comprenez que si nous payons tous les immutes à tout le monde sans qu'il y ait des recettes en retour, cela met très fortement en péril, pas seulement la trésorerie immédiate, mais même la pérennité de la CNPS, ce que nous ne pouvons pas nous permettre.
30:33 Cette semaine également était célébrée la 31e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Placée sous le thème "La presse pour la planète, crise environnementale et urgence du journalisme", les hommes politiques et les décideurs comme vous pensent souvent, pour certains, peut-être même la plupart, que les journalistes utilisent la liberté de la presse contre eux.
31:01 Est-ce que c'est votre sentiment quand vous observez le travail de la presse cambronaise ?
31:08 Pour moi, même en avoir été victime, je peux témoigner qu'un certain nombre de journalistes usent la plume ou le clavier pour nuire, pour nuire simplement, ou alors ils ont les chevaux légers d'intérêt cachés dans l'homme, divers, pour essayer de déstabiliser les responsables, les ménages.
31:37 Les responsables, les membres du gouvernement, les dirigeants d'entreprises, tous les réseaux, parfois, qu'on a du mal à imaginer.
31:49 Je vous propose maintenant d'entendre un extrait de la déclaration du ministre de la Communication René Manuel Sadi à l'occasion de cette 31e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse, un extrait sélectionné par Daoud Mouliam.
32:09 Pour cette année, l'UNESCO a choisi de placer la 33e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse sous le thème suivant "La presse au service de la planète, crise environnementale et urgence du journalisme".
32:31 En faisant ce choix, les Nations Unies veulent sans doute engager la presse à une prise de conscience de sa responsabilité et du rôle qu'elle peut et doit jouer face à un enjeu crucial de la planète tout entière,
32:51 à savoir la crise environnementale et ses conséquences sur l'évolution du monde et, singulièrement, sur la vie des populations.
33:02 Les effets de la crise environnementale peuvent aussi se traduire par des crises sociales et économiques, à l'instar des mouvements migratoires de masse, des pénuries agricoles et alimentaires, des catastrophes naturelles.
33:21 Il s'agit ici de parvenir à un niveau d'engagement significatif à travers lequel les journalistes traiteront de manière objective les questions environnementales et leurs conséquences,
33:37 dans le but d'informer, d'éduquer et de sensibiliser les différentes parties prenantes à l'exploitation rationnelle et responsable des ressources naturelles.
33:51 Un mot sur les pensions retraites. Certaines entreprises ne reversent pas systématiquement leurs cotisations à la CNPS et cela pénalise leurs employés.
34:03 Est-ce que vous avez les moyens d'exiger le paiement, même en régularisation, de ces cotisations ?
34:10 Oui, la loi nous donne ces moyens et nous y avons recours très souvent lorsque l'employeur est débiteur.
34:21 Mais il faut dire que parfois il y a un tuss entre la loi, les dispositions légales et la réalité socio-économique.
34:32 Quelle est cette réalité ?
34:34 La réalité est que beaucoup d'entreprises sont parfois en difficulté, soit conjoncturelles, soit vont vers la faillite.
34:44 Elles essaient car un cas de tenir dans l'intervalle, ont des difficultés à s'acquitter des cotisations sociales.
34:55 Tout cela nous en tenons compte parce que l'impossible nous l'est tenu. Nous leur accordons des moratoires, des réchèvrements de dettes.
35:04 Nous faisons des remises grâce aux majorations de retard pour leur donner un peu plus d'air afin de leur permettre de s'acquitter de ces obligations.
35:16 Et là, il y en a qui fatalement rentrent dans la faillite et ferment leur entreprise.
35:25 Là, il y a un problème effectivement. Lorsqu'il y a une dette qu'on a tenue sur plusieurs mois, sur plusieurs années, il n'y a plus personne pour payer.
35:37 Nous travaillons à trouver une solution collective, peut-être sous forme de fonds communs, en attendant que des solutions plus justes, plus pérennes soient trouvées.
35:52 Également, nous avons les moyens de recouvrir, pas la force, mais nous relativisons.
36:01 Je le répète toujours, notre objectif n'est pas de fermer les entreprises, parce que nous pouvons fermer, nous pouvons sceller.
36:10 Si nous fermons toutes les entreprises, il n'y aura plus de production, il n'y aura même plus d'emploi.
36:17 Alors, ce n'est pas notre objectif. Nous travaillons à essayer de soutenir un peu, d'atténuer la lourdeur de la dette et les contraintes de trésorerie.
36:30 Nous essayons d'accompagner les entreprises.
36:33 On dit de la CNPS qu'elle a mis au point des innovations technologiques qui ont révolutionné la qualité des prestations sociales et même la gouvernance.
36:45 Quelles sont ces innovations ?
36:47 Nous nous sommes inscrits dans une logique d'innovation continue.
36:52 Cela signifie qu'on ne peut pas vous énumérer quelques innovations, nous en faisons systématiquement.
37:03 Il ne se passe pas d'année sans que nous innovions.
37:08 Le paradigme que nous avons bien adopté est que sans innovation, on entend un entropie, c'est-à-dire on tourne en rond et on s'écroule.
37:17 Et cela apporte quoi ? Cela a apporté quoi à la CNPS ?
37:21 Cela apporte trois choses. La première, la plus grande, pour résumer, c'est la pérennité.
37:28 Nous garantissons la pérennité de l'entreprise par l'innovation continue.
37:35 Mais de manière plus prosaïque et pratique, cela apporte l'amélioration continue dans la qualité des services.
37:43 Tous les jours, nous améliorons, nous devons, c'est une obligation chez nous, nous devons améliorer la qualité des services.
37:52 Pas dans l'accès aux services, mais faciliter l'accès, simplifier l'accès, le rendre universel et efficient surtout.
38:05 Le temps de réaction chez nous doit être extrêmement rapide.
38:10 Vous arrivez dans un centre classé CNPS, vous avez par exemple des arrières d'allocation familiales, vous les payez en 15-20 minutes maximum.
38:21 Si vous avez des arrières de pension, on peut vous les libérer dans le même temps, en tout cas pas plus d'un mois.
38:29 Lorsque vous avez une pension, à percevoir, le mois d'après, vous l'avez.
38:35 Et je valide que nous sommes quasiment les seuls en Afrique, et même au-delà, le faire.
38:40 L'innovation en matière de numérisation, en matière d'organisation du service.
38:47 Nous avons par exemple créé ce qu'on appelle le bureau total.
38:51 Nous avons dans chaque centre un bureau qui s'occupe de tout.
38:55 C'est-à-dire qu'on vous renvoie par un autre service, ce service, quel que soit, ce que vous attendez, la CNPS est en mesure de vous réformer et d'apporter le service que vous souhaitez, le bureau total.
39:09 Sans vous renvoyer ailleurs.
39:12 Nous avons été les premiers au Cameroun, en Afrique d'ailleurs, à introduire la télé-déclaration.
39:26 Nous le faisons depuis une dizaine d'années, un peu plus, pour les employeurs.
39:33 Vous pouvez vous immatriculer de chez vous, comme employé, vous pouvez dénoncer votre employeur s'il n'a pas payé les cotisations sociales.
39:46 Vous pouvez faire une requête à travers la nouvelle application que nous avons mise en oeuvre, la CNPS à moi.
39:56 Vous ouvrez avec votre téléphone, vous accédez à tous les services, vous recevez tous les services, y compris les permis, à travers votre téléphone sans bouger de votre siège.
40:07 Ces évolutions que vous présentez là, M. le directeur général, m'amène à vous demander si, de votre point de vue, et de façon globale, le Cameroun investit suffisamment sur le numérique et la transformation digitale des services publics.
40:25 Écoutez, je ne vais pas marcher sur les plate-bans du mouvement. Je crois qu'il y a cette volonté.
40:32 Lorsque je suis le ministre chargé de la question des postes de télécommunications, qui est en charge du côté numérique ou numérisation des services publics,
40:48 la volonté existe, il y a un certain nombre d'instruments en place, comme la fibre optique.
40:56 Je crois que si nous en faisons un meilleur usage, on y arrivera. Mais en fait, il faut plus que la volonté.
41:06 Il faut une forme d'organisation, il faut une implication, il faut...
41:12 C'est pourquoi Parfourage est critiqué, et souvent sans aller plus loin, pour des obligations de réserve oblige.
41:20 Les organigrammes stéréotypés dans tous les ministères, les mêmes organigrammes, ça ne marche pas.
41:26 Les organigrammes doivent être faits en fonction des missions, du secteur, des défis, des niveaux d'équipement.
41:37 Donc tel ministère peut avoir tel type d'organisation, un autre, un autre type d'organisation, selon ce qu'on recherche et les moyens dont on dispose.
41:47 Ça signifie que, d'un, nous devons obligatoirement et pas nécessairement, non numériser, c'est faisable.
41:58 De deux, tirer tout le forfait de cette numérisation, c'est tellement important.
42:05 Un phénomène un fléau comme la corruption, par exemple, qui mine l'administration et de façon globale la société camerounaise,
42:13 eh bien, qu'il pourrait être réglé au travers de la digitalisation.
42:18 J'en suis convaincu, moi aussi, pas seulement convaincu, nous l'avons pratiqué à la CNPS,
42:23 le fait d'avoir une forme de transparence, c'est-à-dire que l'usager et le client puissent, dès chez lui, suivre le cheminement de son dossier,
42:34 savoir que le dossier a passé plus d'une, deux, trois journées au même endroit,
42:41 l'amène éventuellement à d'objets, une dénonciation, réclamation, en tout cas protester.
42:48 De deux, lorsqu'il sait le temps réglementaire pour traiter un dossier, si c'est 30 minutes,
42:54 quand ça va au-delà, il peut le savoir et il peut réclamer.
43:00 Lorsque le service est quasi-automatique, c'est-à-dire à travers la numérisation de chez vous, vous accédez au service.
43:09 Les attestations pour soumission, par exemple, pour les fournisseurs et les prestataires de l'État qui veulent réaliser un service public,
43:18 il n'y a pas de relation directe avec un travailleur à la CNPS, il n'y a pas de corruption.
43:26 Personne à qui s'adresser, puisque vous avez le document de chez vous, vous avez vos quittances,
43:32 vous avez votre attestation pour soumission, donc c'est la moitié du chemin au moins qui est parcouru.
43:38 La lutte contre la corruption, qui est un combat noble, peut être, peut connaître des bons très importants à travers la numérisation.
43:52 Ça permet non seulement de vaincre en partie, tout au moins, la corruption, mais d'améliorer la qualité de service et d'économiser de l'argent.
44:02 Nous économisons beaucoup d'argent par la numérisation, et pas seulement au regard du nombre de personnes employées,
44:12 mais surtout au regard des équipements, du papier, de l'encre, des procédures multiples, des bureaux successifs qui sont éliminés.
44:26 La numérisation est d'un avantage, j'ai failli dire, primordial. Il faut y aller.
44:34 Votre politique d'investissement, la politique de la CNPS, donne le sentiment que vous primez plaisir à théoriser,
44:43 et je n'en veux pas preuve que le fait, ces dernières années, pour la CNPS, d'être en surliquidité,
44:51 pourquoi ne pas privilégier des investissements, disons, sociaux, plus cohérents avec vos missions, en lieu et place des placements de fonds ?
45:01 Écoutez, nous avons une politique de placement des fonds, que nous avons proposée au Conseil de l'administration, qui l'a adoptée,
45:09 et qui nous permet d'arrêter la ventilation de nos placements, de nos investissements, en fonction, pas seulement du taux de rentabilité, mais aussi de l'utilité sociale.
45:24 Nous investissons dans des véhicules, des outils financiers, qui nous permettent de gagner de l'argent, mais nous placons aussi dans le logement,
45:36 nous faisons du logement, nous investissons, nous soutenons certains employeurs qui ont des projets intéressants,
45:45 pas seulement les startups, mais même les entreprises établies, nous prenons des participations, nous faisons parfois des prêts en concourant associés pour soutenir l'activité.
45:57 Il faut avouer aussi que ce n'est pas toujours avec un succès fracassant, vous savez, les Camerounais, hélas, n'ont pas toujours la rigueur, la discipline, la réserve nécessaire pour bien gérer les fonds mis à disposition.
46:18 Vous avez soutenu des employeurs pour un bon projet, utile, rentable, économique, mais aussitôt l'argent dans leur compte bancaire, ils en font une usage non prévue et non destinée à cela.
46:41 Malheureusement, ce n'est pas seulement dans le secteur public, c'est partout, même dans le privé, nous essayons nous aussi d'affiner les mesures de suivi dans le cadre de nos déplacements,
46:54 mais il faut retenir que nos investissements sont diversifiés et tiennent compte à la fois de la rentabilité, mais aussi de la sécurité et de l'utilité socio-économique.
47:09 Je vous propose maintenant de prendre la chronique sociale, l'air du temps de cette émission, et nous parlons ce dimanche de pauvreté, à la suite de la publication de l'étude camerounaise des ménages,
47:23 la cinquième étude conduite par l'INS, l'Institut National de la Statistique, et qui nous fait savoir que 10 millions de Camerounais vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
47:38 Ayes Olanja Bessou.
47:39 Plus de 37% de Camerounais vivent dans des conditions précaires en 2022. Ils représentent 10 millions sur les 27 millions d'âmes que compte le pays actuellement.
47:51 Chacun individuellement n'arrive pas à débourser plus de 813 francs CFA par jour, donc moins de 1000 francs CFA.
48:00 Ils peuvent avoir un revenu qui est assez élevé, mais parfois, il peut arriver qu'ils n'arrivent même pas à se déplacer, parce qu'ils n'ont pas de revenu pour se déplacer.
48:07 Ceux qui se nourrissent avec n'excèdent pas la dépense de 813 francs.
48:12 Le taux global reste donc très au-dessus de la moyenne fixée par la Stratégie Nationale de Développement, soit 30,8%.
48:20 La cinquième enquête camerounaise menée auprès des ménages révèle aussi que parmi les 10 régions que compte le pays, 5 sont très touchées par la pauvreté.
48:29 Il s'agit de l'extrême nord, le nord-ouest, le nord, la Damaoua et l'est.
48:34 Le milieu rural reste le plus touché par la pauvreté au Cameroun, plus de 56%.
48:40 Des résultats que l'Institut National de la Stratégie repose sur plusieurs facteurs aggravants.
48:46 Avec les multiples chocs que le monde a connus, comment y remédier ? L'efficacité des politiques publiques.
48:51 Booster davantage la production nationale. L'État camerounais doit renforcer la désaccentralisation, le développement local.
48:59 En dehors des politiques publiques, le rapport 2022 de l'INS propose une accélération des projets structurants qui restent à tout le moins des pôles d'action pour l'émergence au Cameroun.
49:11 On a déjà suivi votre réflexion sur cette question, donc nous continuons rapidement.
49:18 Deux ou trois considérations périphériques, mais au bon sens du mot.
49:23 En dehors de vos charges à la CNPS, vous organisez des cafés littéraires, vous animez même, me semblait-il, un cercle de réflexion à travers une fondation dénommée Bibeme Ela.
49:35 Tout cela donne le sentiment d'un activisme, disons, débordant, alors que vous avez déjà vos charges de directeur général.
49:44 Vous cherchez encore quoi ? Vous cherchez quoi exactement à travers ces initiatives ?
49:50 Non, écoutez, cela procède surtout de ma propre perception de ce que nous sommes, de ce que nous faisons et de ce que nous sommes capables de faire.
50:07 Loin d'un activiste, parce que l'activiste est celui qui apparaît sur la place publique, nous essayons de mener réflexion, en tout cas de susciter une pensée autonome.
50:24 Nous sommes partis du constat navrant que la philosophie et la pensée africaine étaient très influencées par la pensée et la vision des autres.
50:41 Or nous avons une profonde et large richesse culturelle inégalée sur la planète et qu'il suffit d'aller creuser, regarder ce qui a été fait,
50:57 comment nos ancêtres, nos devanciers ont pensé, comment ils ont élaboré l'organisation sociale pour avoir quelque peu, bon, le moindre proportion de regarder,
51:14 pour avoir la révélation de choses qui sont à notre disposition et dont nous ne nous sommes pas.
51:20 Au-delà de cela, en ce qui concerne la CNPS, le Café littéraire, c'est pour encourager les auteurs camerounais,
51:28 parce que malheureusement la littérature camerounaise n'est pas très souvent valorisée.
51:36 Nous pensons que par ce Café littéraire, nous pourrons d'abord permettre à nos travailleurs d'être mieux imprégnés de la littérature camerounaise
51:46 et surtout donner à voir aux autres camerounais ce qui est produit à la matière.
51:54 Pour le siècle, appelons-le le siècle des réflexions, c'est pour aller puiser dans la culture africaine,
52:01 la richesse de nos langues, quelle qu'elle soit, la richesse de nos rites, la richesse de la philosophie africaine,
52:10 pour induire une réflexion moderne. Et on se rend compte chaque fois qu'on creuse que, en réalité,
52:20 nos ancêtres étaient ou sont plus modernes que jamais.
52:24 L'opposition qui a souvent été faite entre tradition et modernisme, en réalité, il faut inverser les choses.
52:32 La vraie modernité c'est celle de nos traditions, parce qu'elles sont pérennes, elles sont d'une réalité éclatante et au-delà des temps.
52:43 Il suffit de remonter à plusieurs milliers d'années, vous verrez qu'aujourd'hui et demain, c'est des choses actuelles.
52:51 Prenons l'exemple de la physique antique, qui est aujourd'hui à la mode en Europe, en Occident en tout cas,
52:59 qui fait l'objet de mille colloques de papiers scientifiques.
53:04 Figurez-vous qu'il y a plus de 4000 ans, nos ancêtres avaient déjà composé les éléments et figé,
53:15 sur document, les éléments de la physique antique, et dans nos traditions, dans nos rites.
53:20 Moi j'invite, ce faisant, nos intellectuels à rentrer dans nos traditions, dans nos rites, dans nos philosophies anciennes,
53:30 pour promouvoir une pensée moderne et futuriste.
53:35 Ou peut-être à vous rejoindre dans cette fondation.
53:37 Oui, nous avons la chance d'en recevoir certains à l'esprit ouvert,
53:43 et la particularité c'est un mélange que nous réussissons entre des intellectuels de revol,
53:50 des traditionnalistes, des philosophes, des "villageois",
53:54 c'est-à-dire, quand on est basique du village, et dans la pensée et les échanges,
54:01 on en arrive à avoir des éléments d'une richesse parfois surprenante.
54:07 Pour nous, qui sommes une réelle culture occidentale,
54:15 et nous voyons bien que si nous rentrons dedans, nous serions inégalables.
54:22 Noël, Alain, Olivier, Mokoulon, Wondowakam,
54:25 de votre immeuble, vous avez un regard sur Yaoundé,
54:30 que vous regardez d'en haut, mais pas de haut.
54:35 À cette distance-là, et à cette altitude, l'imagination s'envole,
54:40 on voit plus loin, et on s'élève.
54:43 Est-ce que votre élévation et votre imagination vont jusqu'à vos prédécesseurs,
54:50 anciens directeurs généraux de la CNPS, qui ont fini ministre,
54:54 au point de vous amener à vous dire, je partirai d'ici un jour,
54:59 c'est-à-dire de votre immeuble, avec des sirènes et un gendarme
55:04 comme garde du corps, pour entrer au gouvernement ?
55:08 Ce n'est pas ma préoccupation.
55:11 Premièrement, vous devez vous en douter.
55:14 D'abord, le désir sain d'un homme tel qu'on ne peut pas anticiper son avenir.
55:24 Ensuite, il faut avouer que ce n'est pas ma préoccupation première.
55:30 Ma préoccupation première, c'est de rendre service.
55:34 C'est de rendre service d'où je me trouve, parce que le potentiel est énorme.
55:41 On en a déjà fait beaucoup, on peut faire beaucoup mieux,
55:44 mais quel que soit le lieu où on se trouve,
55:47 on doit être en capacité de produire le meilleur.
55:51 C'est ma posture, la question est celle de la posture,
55:55 et non de la position, où on se trouverait.
55:59 Et puis, chacun à sa place, et les vaches seront mieux gardées.
56:05 Et quand vous vous projetez, parce que cela arrive forcément à tout le monde,
56:10 lorsque vous vous projetez, vous vous voyez où, demain ?
56:18 Vous savez, j'ai souvent dit que, d'ailleurs je viens de l'énoncer aussi,
56:24 l'avenir d'un homme tient tellement le facteur,
56:30 et l'un de ceux-là, c'est ce qu'on appelle le destin.
56:36 Et le destin, vous n'en savez rien, sauf avoir une capacité de projection
56:42 psychologique, ou quantique, extraordinaire.
56:47 Donc, je ne saurais dire quel serait mon avenir, mais,
56:52 une seule chose est certaine,
56:57 tant que j'aurai un souffle plus de vie, je continuerai de servir,
57:03 je continuerai de nourrir ma propre réflexion sur nos pays, sur l'Afrique,
57:12 et je continuerai à m'accueillir sur la culture africaine,
57:19 sur la culture de nos traditions, sur nos coutumes, sur nos langues,
57:26 sur cet envivier inépuisable, qui dépasserait ma propre, ma simple vie.
57:35 Puisque vous croyez au destin, nous vous souhaitons donc un destin encore et toujours plus éclatant.
57:41 Je vous remercie.
57:44 Je ne m'interdis pas de vous souhaiter pareil.
57:48 Merci.
57:49 Noël Alain Olivier Mokouloun Vondrakam, directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale.
57:56 Merci d'avoir accepté, encore une fois, l'invitation d'Actualité Hebdo.
58:00 Je vous remercie de m'avoir invité.
58:02 Tout passe, et nous passons tous, mesdames et messieurs, mais le Cameroun restera.
58:08 Prenons donc grand soin de notre chère patrie et de notre terre chérie, le Cameroun.
58:13 Bonsoir.
58:16 [Musique]
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