00:00 Bonjour Dominique Havard. Alors est-ce qu'on peut dire que vous êtes un peu le passe-partout du château de Versailles ?
00:05 Vous connaissez vraiment chaque recoin de ce château ?
00:08 Écoutez, au moins j'en ai les clés. Je les passe.
00:11 Le maître des clés.
00:12 Oui, je connais pratiquement chaque recoin du château.
00:15 Vous imaginez quand ? 34 ans, bientôt 35 ans, j'ai pu largement arpenter ces lieux, les apprécier, les admirer.
00:22 Et je suis toujours un amoureux inconditionnel de Versailles.
00:25 Alors on se demande s'il y a beaucoup de passages secrets dans le château de Versailles ?
00:30 Non.
00:31 Non ?
00:32 Non, il y a des passages discrets.
00:34 Discrets, pour faire des entrées et des sorties ?
00:36 Oui, des entrées et des sorties, et puis tout simplement pour jouer sur l'esthétisme du lieu.
00:40 Pour éviter, je dirais, que les portes soient trop visibles.
00:46 Ces portes viennent s'insérer dans l'élambrie et on est dans un espace avant tout esthétique.
00:52 Vous, vous êtes ce qu'on appelle le responsable du protocole. Qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
00:57 Eh bien, ça veut dire que j'organise avec la présidence, lorsque le président reçoit une demande d'une visite ou une visite officielle,
01:06 je suis là pour organiser la visite officielle, l'orchestrer, et puis quelquefois la commenter.
01:12 Vous en faites beaucoup chaque année, des visites protocolaires ?
01:15 Écoutez, je crois que sur une année, on est à peu près à Versailles, entre 100 et 150 visites officielles.
01:22 Et donc, vous avez reçu beaucoup de personnalités très prestigieuses.
01:26 Très prestigieuses.
01:27 On peut avoir quelques noms ?
01:28 Oui, écoutez, le panel est très large, puisque j'ai reçu des personnalités du monde du showbiz,
01:35 des grands acteurs nationaux et internationaux, évidemment, des hommes politiques, des grands scientifiques, vous voyez, c'est très très large.
01:44 Alors, on va décerner des récompenses, on va jouer à un petit jeu ce matin, des récompenses avec vous.
01:49 Alors, la courante de la personnalité la plus studieuse.
01:53 La plus studieuse ?
01:55 C'est pour qui ?
01:56 Je me souviens d'une personne extrêmement studieuse, extrêmement attentive aux commentaires, ce fut Jean Guitton,
02:03 grand philosophe et chrétien français.
02:06 Et la personne la plus intéressée par cette visite privée ?
02:09 Ce serait très difficile.
02:10 Quelques noms ?
02:11 Lorsqu'on rentre à Versailles, on ne peut être qu'intéressé.
02:14 Et émerveillé en images.
02:15 Et émerveillé, oui, oui.
02:16 Alors, quelques noms, des noms qui peuvent peut-être surprendre, parce qu'on ne le verrait pas forcément dans ce cas de figure.
02:25 J'ai par exemple Jane Birkin, j'en parle souvent, c'est une personne qui était extrêmement intéressée,
02:31 extrêmement... qui a posé plusieurs questions, des questions totalement inattendues.
02:36 Mais elle était déjà venue, Jane Birkin.
02:38 Je crois que c'est en 1973 pour une soirée de gala.
02:41 Donc elle est revenue après tant d'années.
02:43 Et la personne la moins concernée ?
02:45 Vous parlez notamment dans le livre, je ne vais pas donner le nom tout de suite, mais d'une actrice américaine.
02:49 Oui, oui, oui.
02:50 C'est une question un peu piège, mais non, je vais y répondre tout de suite.
02:53 Moins concernée, je pense qu'elle l'était à la base concernée, c'était Cameron Diaz.
02:58 Elle était concernée, mais...
02:59 Qu'est-ce qui s'est passé quand elle est venue ?
03:01 Ce qui s'est passé quand elle est venue, ce sont les hordes de paparazzis qui l'ont plus qu'accompagnée,
03:06 je dirais qu'ils l'ont plutôt harcelée.
03:08 Et pendant tout le reste de la visite, elle n'arrivait plus à se décrocher de ce moment qui avait été presque terrifiant pour elle.
03:15 Et son portable n'arrêtait pas de sonner, je crois, toutes les 4, 5, 6 minutes.
03:19 C'était insupportable pour elle et pour moi qui l'accompagnait.
03:22 C'est une situation plutôt délicate, oui.
03:24 On imagine que c'est difficile de se concentrer dans ces conditions.
03:27 Alors, il y a eu également les Didi, Karl Lagerfeld, Prince, Simone Veil.
03:31 Qui vous a le plus marqué ?
03:33 Peut-être même hypnotisé parce que vous parlez quand même d'une personnalité qui vous a émerveillé quand même,
03:39 qui est venue visiter le château de Versailles.
03:41 Oui, alors ils m'ont tous marqué de manière différente en fonction des époques,
03:45 en fonction aussi de l'interaction qu'on a eue les uns avec les autres.
03:49 Mais Simone Veil a été un moment fort, un moment très fort.
03:53 Surtout, j'allais vous dire, lorsqu'on s'est quitté, puisque je l'ai réinvitée au nom du président en place,
04:00 je crois que c'était Catherine Pégard, j'ai réinvité effectivement Simone Veil.
04:04 On a dit qu'il fallait revenir parce qu'on avait vu qu'un pourcentage faible.
04:07 Et elle m'a dit "je pense que ce sera ma dernière visite".
04:10 Et elle avait déjà beaucoup de difficultés à marcher et c'était là sa dernière visite.
04:13 Et donc c'est assez émouvant.
04:14 Et ça, vous ne l'oublierez jamais.
04:15 Non.
04:16 Alors, on imagine que vous avez déjà eu des demandes surprenantes, extravagantes.
04:20 Par exemple, faire visiter le château de Versailles à l'ancien dirigeant libyen Muammar Kadhafi, c'était comment ?
04:29 Est-ce qu'on est un peu dans ses petits chaussons dans ces moments-là ?
04:32 C'était atypique, c'était évidemment surprenant, mais nous devions organiser la visite dans les meilleures conditions,
04:38 à la fois, je dirais, pour l'image de Versailles et puis bien évidemment pour que ça se passe bien au niveau sécurité.
04:45 Ça s'est d'ailleurs très bien passé.
04:47 Mais atypique parce qu'on recevait quand même un dictateur.
04:50 Maintenant, on nous l'avait demandé, on s'est exécuté et nous l'avons fait.
04:55 Et il est resté un peu plus longtemps que prévu d'ailleurs.
04:58 Je crois qu'il devait rester une heure, une heure et un quart.
05:00 Il a dû rester entre une heure et demie et deux heures dans Versailles.
05:03 Il a particulièrement apprécié Versailles.
05:04 Vous aviez quelques craintes lors de la visite ?
05:07 Oui, nous avions quelques craintes lors de la visite.
05:10 Je vois que vous avez lu le livre et à quoi vous faites référence.
05:15 Nous avions décidé un parcours assez classique, à vrai dire.
05:20 Et puis, il y a une des pièces qu'on ne souhaitait pas spécialement ouvrir pour qu'il puisse rentrer à l'intérieur,
05:25 c'est la salle du sacre.
05:27 Et dans cette salle du sacre, nous avons un très, très grand tableau, un grand format,
05:30 qui est la bataille d'Abu Qiya,
05:32 où beaucoup de musulmans se font véritablement massacrer par l'armée napoléonienne.
05:39 Et ce n'était pas vraiment très intéressant de lui présenter, évidemment,
05:43 et voir même un sujet plus que sensible.
05:45 Et il a souhaité quand même découvrir ce tableau, découvrir ce lieu.
05:47 Et personnellement, comment ça s'est passé, le lien avec lui, les échanges ? Il était comment ?
05:52 Il était plutôt assez attentif, à vrai dire.
05:56 Et cette bataille d'Abu Qiya, d'ailleurs, ne l'a pas choqué.
05:58 Il nous a dit, écoutez, c'est l'histoire.
06:01 On s'est tous regardés, soulagés, et on est passés à un autre sujet.
06:05 Mais non, ça s'est foncièrement bien passé.
06:07 Le soulagement, finalement.
06:08 Merci beaucoup, Dominique Havard, d'avoir été avec nous ce matin.
06:11 Je rappelle que votre livre, Versailles intimes, le château comme vous ne l'avez jamais visité,
06:16 est publié chez Grasset et disponible en librairie.
06:19 Il est passionnant, votre livre.
06:20 Merci, Johanna.
06:21 Belle journée à vous.
06:22 Merci.
06:23 On va organiser une petite fête avec des copains, Samuel Olivier.
06:25 On vous appelle, on peut avoir...
06:26 Mais avec plaisir, on se dit toujours, vraiment, Thomas, vous venez à Versailles.
06:30 Venez, venez à Versailles.
06:31 On va inviter les téléspectateurs de Télématin à venir avec nous.
06:33 On va faire une grosse, grosse fête.
06:34 Merci beaucoup.
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