00:00 Votre invité média Céline Baydarcourt nous offre un voyage au temps de la Renaissance
00:03 sur France 2.
00:04 Il est comédien, passionné d'histoire, présentateur avec Stéphane Bern de Laissez-vous guider.
00:08 C'est une émission historique et touristique dont le nouveau numéro sera diffusé demain
00:12 soir.
00:13 Bonjour Laurent Dutch.
00:14 Bonjour.
00:15 De Paris à la vallée de la Loire, on va croiser Léonard de Vinci, Henri IV, Catherine
00:18 de Médicis dans ce Laissez-vous guider consacré aux merveilles du 16ème siècle.
00:22 Des joyaux qui ont souvent disparu et c'est tout l'intérêt de votre émission que vous
00:26 reconstituez grâce à la magie de la 3D.
00:29 Ça donne des images époustouflantes.
00:30 Quelle construction allez-vous nous faire revivre demain soir ?
00:33 Il y en a à peu près 5 ou 6.
00:36 Les plus impressionnantes pour moi sont peut-être celles qui me touchent à cœur puisque j'habite
00:40 dans le Berry.
00:41 Vous savez que Romo-Rentin qui est en Sologne à côté a failli être la capitale de la
00:45 France sous François 1er.
00:46 Il a envisagé un château, les fondations ont été posées, on a commencé à construire
00:51 les terrasses et puis tout s'est arrêté puisque d'abord Léonard de Vinci est mort
00:54 avant d'achever son œuvre et puis François 1er ne pourra pas déplacer sa capitale à
00:59 Romo-Rentin mais il en reste les bases donc on va la faire réapparaître et ressurgir
01:02 pour la première fois pour le plus grand plaisir des Solognaux dont je fais partie.
01:06 Il y a aussi la pompe de la Samaritaine.
01:09 J'ignorais complètement son existence.
01:11 Elle était accolée au Pont-Neuf.
01:12 Oui, elle était sur une des petites alvéoles tout près de la Samaritaine, le grand magasin
01:14 aujourd'hui qui est sur la rive droite.
01:17 Il y avait cette pompe à eau.
01:19 Il y en avait plusieurs, il y en avait d'autres des pompes à eau.
01:22 C'était quelque chose d'assez normal, c'était un ouvrage habituel pour l'époque
01:26 mais il a disparu.
01:28 Il faisait quand même partie du paysage surtout au moment où le Pont-Neuf était le lieu
01:31 où tout Paris se déplaçait pour prendre la rumeur de la ville.
01:35 Donc c'était vraiment un point central.
01:36 C'était les Champs-Elysées du 17e siècle et on va faire réapparaître tout ça.
01:39 Le Pont-Neuf qui porte très mal son nom.
01:40 Oui, puisque c'est le plus ancien pont de Paris, en tout cas encore debout, en pierre
01:45 avec un tablier impressionnant qui faisait peur aux Parisiens parce qu'on est à un
01:48 endroit où la Seine a un énorme tirando.
01:50 Du jus à ce niveau-là.
01:51 Et la légende dit que c'est Louis XIII qui aurait réussi le premier à traverser
01:59 ce pont et ça aurait impressionné les Parisiens sur son cheval qui était blanc.
02:05 Bien sûr.
02:06 Mais pourquoi on l'appelle le Pont-Neuf alors puisque c'est le plus vieux pont ?
02:09 Parce qu'à l'époque c'est ce qu'on disait d'un nouveau pont.
02:11 Vous savez que Paris avait un problème de traversée pendant très longtemps, pendant
02:13 plus de 1000 ans.
02:14 Il n'y avait que deux ponts pour passer de la rive gauche à la rive droite.
02:16 Il y avait le petit pont et le grand pont.
02:18 Et il y a un moment on s'est dit qu'il fallait quand même qu'on double tout ça.
02:22 Et on a donc doublé les ponts.
02:24 Puis on a créé un nouveau pont qui connectait vers le Louvre et ensuite un nouveau quartier
02:28 aristocratique qui se construisait du côté de Saint-Germain-des-Prés.
02:30 Et on a appelé ça le Pont-Neuf parce que c'était plus simple.
02:32 Vous savez que les gens avant de donner des noms pour faire plaisir à tel ou tel édile,
02:36 ils avaient une réflexion beaucoup plus terre-à-terre.
02:38 C'est-à-dire qu'on prenait un pont, on l'appelait le Pont-Neuf parce que tout simplement
02:41 il était neuf.
02:42 Alors nous téléspectateurs, on voit les reconstitutions mais pas vous.
02:46 Donc vous vous émerveillez alors qu'il n'y a rien devant vous.
02:49 Oui, moi je les vois quand même.
02:51 J'ai ce don incroyable, je remercie d'ailleurs tous les jours la Providence, qui fait que
02:54 un peu comme dans le film de Mike Manneman, je ne sais plus son nom, avec Bruce Willis,
02:58 vous voyez ce petit enfant qui le regarde et qui lui dit "je vois des gens qui sont
03:01 morts".
03:02 Moi c'est un peu pareil.
03:03 Vous voyez des bâtiments qui sont morts ?
03:04 Je vois des choses, je vois l'histoire qui apparaît sous les yeux comme un pop-up.
03:07 C'est ma curiosité qui me pousse à creuser.
03:08 Et du coup je vis dans une réalité augmentée.
03:10 Ma curiosité m'a donné cette chance incroyable d'agrémenter mon quotidien de tout un tas
03:15 d'aventures humaines puisque tout est histoire dans notre réalité.
03:18 Mais c'est vrai, vous l'imaginez mais vous la voyez quand même la reconstitution ?
03:21 Oui, on a des plans, on a des maquettes, on nous envoie des choses.
03:24 Oui, excusez-moi, ce n'est pas que poésie.
03:26 Il y a quand même quelque chose de très technique.
03:28 La 3D c'est aussi compliqué parce que je crois qu'il faut que la météo soit au
03:31 beau fixe pour pouvoir incruster l'image.
03:33 Il faut qu'il fasse beau, il faut qu'il y ait peu de perturbations avec des transports.
03:37 Donc on est obligé de chambouler un peu la circulation.
03:38 J'ai le souvenir d'avoir tourné Place de la Concorde avec Stéphane où on a dû
03:41 bloquer la place.
03:42 Donc c'était compliqué.
03:44 C'était vous donc merci pour les bouchons.
03:46 Oui, c'était nous.
03:47 Et du coup, on a un timing très étroit.
03:50 Donc il ne faut pas se tromper, on n'a presque qu'une seule possibilité, qu'une
03:53 seule prise.
03:54 Il y a une petite urgence qui fait qu'il faut bien connaître son texte.
03:58 Mais moi j'ai la chance de travailler avec quelqu'un qui est formidable et qui est
04:01 un tueur, un animateur.
04:03 On parlait de Stéphane Bern.
04:05 Non, bien sûr, c'est de vous dont je parle.
04:07 Stéphane est un peu à votre image.
04:08 Il a d'abord cette élégance de l'animateur qui sert un hôte.
04:13 Il est quelque part un peu à mon service.
04:15 Il est très complice de ce que je propose dans mes côtés surprenants.
04:18 Moi j'essaie de le surprendre, je suis un petit peu le chien mal coiffé.
04:20 Alors que lui c'est vraiment le métronome.
04:23 Il est au diapason, il est en contact avec la régie, avec la technique.
04:25 Justement quand on fait une reconstitution, c'est lui où on doit se placer pour ne pas
04:28 déborder sur la reconstitution.
04:30 Alors que moi j'ai tendance à courir partout.
04:31 Et bien il m'aide.
04:33 Et cette sûreté me donne encore plus de liberté.
04:36 Et c'est un peu grâce à lui si ça fonctionne aussi bien entre nous.
04:38 Mais c'est de l'improvisation que vous faites dans les textes ou pas ?
04:41 On a l'impression vraiment que c'est une discussion entre copains qui se baladent.
04:44 Il y a beaucoup d'improvisation, oui.
04:45 Parce qu'on essaie de se surprendre.
04:46 Il est très joueur Stéphane et il connaît tout.
04:49 Donc c'est très difficile de le surprendre.
04:50 Il est très rarement pris en défaut ou mal à l'aise parce qu'il a vraiment une connaissance
04:55 incroyable de l'histoire.
04:56 Mais j'essaie quand même des fois de lui pousser quelque chose, de lui souffler quelque
05:00 chose et de le surprendre.
05:01 Il adore ça.
05:02 Il est très très joueur, il adore ça.
05:03 Et puis de toute façon c'est comme un chat, il retombe toujours sur ses pattes.
05:05 Vous êtes deux animateurs sur la même longueur d'onde historique.
05:10 Monarchistes tous les deux.
05:12 Ce ne serait pas plus intéressant d'avoir deux regards différents pour une émission
05:15 comme celle-là ?
05:16 Je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire monarchiste.
05:20 En tout cas c'est sûr que j'ai des sympathies pour la monarchie parce qu'en tant que démocrate,
05:24 je constate et d'ailleurs toutes les études d'opinion le confirment, que là où le peuple
05:28 s'exprime et en tout cas est le plus souverain, ce sont dans les démocraties du Nord qui
05:33 sont des monarchies parlementaires comme la Suède, la Norvège, le Danemark, la Hollande.
05:36 Donc je me dis, si ça marche aussi bien chez eux, peut-être que ça pourrait marcher mieux
05:40 chez nous parce qu'on voit que chez nous, je ne suis pas un expert ni un homme politique,
05:44 mais je constate de nombreux blocages.
05:46 Surtout en ce moment, on a la sensation que ça n'avance pas, que ça patine.
05:48 Et en même temps, on m'a expliqué quelque chose de simple, si dans un match de foot,
05:52 l'arbitre fait partie de l'équipe adverse, il aura du mal à écouter l'autre équipe.
05:56 La Belgique par exemple est une monarchie et le système politique est assez souvent
06:01 bloqué.
06:02 Mais elle existe encore.
06:03 Et je peux vous garantir que s'il n'y avait pas de roi, peut-être qu'entre les Flamands
06:05 et les Wallons, ça aurait explosé depuis des décennies.
06:08 Vous vous vulgarisez, vous divertissez, et ça, ça passe forcément par des raccourcis
06:13 ou pas ? Parce que c'est ce qu'on vous reproche des fois, des historiens.
06:16 Le vulgariser est devenu un mot vulgaire.
06:18 Mais la langue que j'emploie est une langue vulgaire.
06:20 Le français que j'emploie, qui nous a permis de faire connaissance, qui nous a permis de
06:23 nous regrouper, de nous réunir, de nous métisser dans cette aventure incroyable qu'a été
06:27 la langue française, qui pour moi d'ailleurs est notre identité.
06:29 L'identité d'un français, ce n'est pas autre chose que la langue qu'il parle,
06:31 puisque c'est son ADN, avec tous les gens qu'il a croisés, et toutes les influences
06:34 qu'il a reçues, toutes les promesses, tous les espoirs.
06:36 Et je pense que cette langue française, elle est le fruit d'une vulgarisation aussi.
06:41 C'est du latin qui a dégénéré.
06:42 Donc quand on raconte des histoires qui sont parfois un peu trop synthétiques, qui sont
06:46 accélérées, qui ne sont pas approximatives, je n'aime pas ce mot-là, mais en tout cas
06:49 qui sont rapides pour essayer de piquer la curiosité, eh bien on ne fait pas autre chose
06:53 que d'essayer de convaincre quelqu'un à une matière qu'il ne connaît pas de venir
06:56 s'y intéresser.
06:57 C'est ça la vulgarisation, de se mettre, pas au niveau, mais en tout cas de se mettre
07:00 à la hauteur de celui qu'il ne connaît pas, pour lui donner envie de l'en connaître
07:03 un peu plus.
07:04 Et ça marche en tout cas, puisque les téléspectateurs à chaque fois répondent présent.
07:06 Merci d'être venu, merci Laurent Dutch.
07:08 Et je rappelle, laissez-vous guider au fil des merveilles de la Renaissance.
07:11 C'est donc demain, 21h10, sur France 2.
07:14 Merci Laurent Dutch et merci à vous Céline Baydar-Kour.
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