00:00Votre rendez-vous Sud Radio vous explique, parmi les grands sujets d'actualité internationale,
00:09la relation Israël-États-Unis qui est particulièrement agitée sur fond de guerre meurtrière dans la bande de Gaza.
00:15Vous l'avez entendu, il nous a rejoint Jean-Paul Chagnolo, professeur émérite des universités,
00:21président de l'Institut de recherche et des études méditerranéens au Moyen-Orient.
00:25Bonjour Jean-Paul Chagnolo.
00:26Bonjour.
00:27On voulait absolument à 7h47 faire le point avec vous parce qu'on a l'impression qu'il se passe finalement pas mal de choses.
00:34Pour la première fois les Etats-Unis pourraient sanctionner un bataillon de l'armée israélienne.
00:39C'est quoi aujourd'hui clairement le positionnement des Etats-Unis ?
00:43Toujours soutien à Israël, on est d'accord ?
00:45Je crois que c'est fondamentalement un pays qui soutient Israël complètement.
00:51Il y a eu depuis effectivement plusieurs semaines des accords assez profonds entre Joe Biden et Netanyahou,
00:59mais sur le fond en fait rien n'a changé.
01:02Quand il y a un vote au conseil de sécurité aussi important que celui du 25 mars,
01:08c'est-à-dire une résolution qui appelait un cessez-le-feu humanitaire immédiat,
01:12l'ambassadeur américain dit aussitôt que ce n'est pas une résolution contraignante
01:17alors qu'évidemment en termes de droit international une résolution du conseil de sécurité est contraignante.
01:23Elle est obligatoire à l'égard de tous les Etats.
01:25Ensuite si on prend d'autres points comme par exemple la livraison d'armes,
01:29eh bien il n'y a évidemment aucun changement et ça c'est fondamental car ce sont des actes.
01:34Et puis si on prend la situation aujourd'hui, la situation à Gaza et en particulier ce qui se prépare sur Rafah,
01:43les Etats-Unis ont dit à plusieurs reprises à Israël qu'il ne fallait pas entamer cette attaque,
01:48qu'il ne fallait pas attaquer Rafah pour plein de raisons,
01:51mais d'abord des raisons humanitaires et pourtant c'est ce qui se passe.
01:54Donc on est un peu dans un double langage.
01:56Il y a une volonté de dire attention aux Israéliens et puis en même temps rien n'est fait concrètement
02:01pour empêcher que ça se passe à l'encontre de ce que souhaitaient les Américains,
02:06sauf sur un point fondamental, il faut quand même le rappeler,
02:08au moment de la riposte contre l'Iran,
02:11c'est clair que les Etats-Unis ont dû dire aux Israéliens qu'il fallait que cette riposte soit extrêmement calibrée, comme l'on dit.
02:17Alors vous évoquez Rafah, rappelons-le, ville du sud de la bande de Gaza qui est à la frontière avec l'Egypte
02:23et il y a de gros enjeux.
02:24Nous avons bien compris votre explication Jean-Paul Chagnolo,
02:28les Etats-Unis soutiennent.
02:30Mais est-ce que Benjamin Netanyahou est finalement Etats-Unis dépendant
02:34et que si les Etats-Unis ont envie de le pondérer, il va les écouter forcément ?
02:40On n'a pas l'impression que ce soit le cas.
02:42Vous savez, je pense que Benjamin Netanyahou est un animal politique très intelligent,
02:49qui a une énorme expérience et qu'il sait qu'il est comme dans une bulle d'impunité
02:55à l'égard de ce qu'il peut faire à Gaza,
02:57car il fait beaucoup de choses qui sont contraires à mon avis aux droits internationals
03:01et pour autant les Occidentaux ne bougent pas et les Etats-Unis le soutiennent.
03:04Donc dans ces conditions, il est clair qu'il peut y avoir des désaccords
03:08et il y a des désaccords, sûrement importants.
03:10Antony Blinken l'a rappelé encore tout récemment,
03:14mais il n'empêche que ça n'infléchit en rien la position de Netanyahou.
03:19Par conséquent, on ne peut pas dire que les Etats-Unis lâchent l'Israël,
03:24bien au contraire, je pense que dans ce moment,
03:26qui est quand même un moment particulier,
03:28parce que ce ne sont pas des événements comme les autres,
03:30c'est un tournant dans l'histoire du conflit israélo-palestinien
03:33et probablement dans l'histoire du Moyen-Orient,
03:35sans parler des implications que ça peut avoir
03:37par rapport au fonctionnement des Nations Unies et du Conseil de sécurité,
03:40eh bien là, Joe Biden ne joue pas avec une vision politique
03:44au-delà de cette conjoncture très étroite dans laquelle il s'enferme.
03:48Et d'ailleurs, les contradictions qui sont les siennes
03:50vont sans doute lui poser beaucoup de problèmes en politique intérieure.
03:54Ça lui pose beaucoup de problèmes en politique intérieure,
03:56sans parler des conséquences éventuelles sur l'élection de novembre.
03:59Donc, à priori pour vous, risque de détérioration des relations
04:05à cause de cette fameuse unité, je la prononce mal, un EZA-Yéhouda,
04:09ou ça continuera à être fluide entre les États-Unis et Israël ?
04:14Non, je pense qu'il y a du fondamental.
04:16Il y a du fondamental et rien ne changera entre Israël et les États-Unis.
04:19Maintenant, effectivement, il y a des actions ponctuelles,
04:22par exemple le fait d'avoir décidé de prendre des sanctions
04:25contre certains colons qui étaient particulièrement violents en Cisjordanie.
04:30Mais ça ne touche rien, au fond, à ce qui se passe en profondeur avec la colonisation.
04:34Et puis le fait qu'un bataillon d'ultra-orthodoxes soit effectivement critiqué
04:39ne change rien, en fait, à ce que fait l'armée israélienne aujourd'hui à Gaza,
04:44et en particulier ce qu'elle est en train de faire à Rafah,
04:46à l'encontre de ce que souhaitait Biden.
04:48Donc, c'est clair que Biden ne peut pas infléchir Netanyahou de manière fondamentale.
04:54En tout cas, en ce qui concerne la guerre à Gaza.
04:56Merci pour ces éclairages, Jean-Paul Chagnelot, professeur émérite des universités,
05:00pour ces explications, parce que c'est vrai qu'on a besoin d'y voir un petit peu plus clair.
05:057h51, dans un instant, nous respirons.
05:08Est-ce qu'il va nous refaire le coup d'hier avec son aspirateur ?
05:12Vous savez, totalement fou.
05:14Guy Carlier arrive dans un instant, on va se détendre.
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