- il y a 2 ans
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00:26 Bonsoir. Il n'est plus évident de savoir si c'est un compliment ou un dénigrement
00:32 que d'entendre dire que le sport est une religion au Cameroun.
00:36 Singulièrement le football, sorte de 11e région après le crash des performances de la Camer,
00:44 devenue aujourd'hui Camerco.
00:47 Le compliment tient forcément au temps des Titans,
00:50 avec en tête Joseph Bessala, premier sportif camerounais,
00:54 à décrocher une médaille d'argent aux Jeux Olympiques d'été de Mexico 1968.
00:59 Martin Dungo et Banga sont dignes successeurs dans la discipline,
01:04 mais aussi l'épopée des lions indomptables du football,
01:07 jusqu'au pic du mondial d'Italie 1990, jamais réédité jusqu'à nos jours.
01:15 Nos jours sont justement entachés de dénigrements,
01:18 tenant aux questions comme les primes non payées,
01:21 l'indiscipline, les batailles d'ego, la crise des valeurs patriotiques,
01:25 éthiques, olympiques et toutic-antic.
01:29 Tant et si bien que le sport apparaît aujourd'hui
01:31 comme un jeu qui cause plus de mal que de bien au Cameroun.
01:36 Une affaire qui divise plus qu'elle ne rassemble les Camerounais,
01:40 désormais organisés en clans antagonistes qui se détestent et se le disent.
01:45 On en arrive à oublier la magie de 1972
01:49 et la première Coupe d'Afrique des Nations de football organisée par notre pays,
01:54 mais aussi les fascinations et dénigres des premiers jours du chef de l'État au Palais de l'Unité.
01:59 Il vous souvient qu'il avait donné une réception mémorable aux sportifs le 14 décembre 1982.
02:08 Que se passe-t-il donc aujourd'hui pour que le sport déchante et désenchante à ce point ?
02:14 Comment retrouver ces équipes camerounaises et ces noms qu'on craignait et qui rassemblaient ?
02:20 Questions inévitables au lendemain de la 11e journée du sport au service du développement et de la paix.
02:26 Avec nous sur la piste de départ de cet entretien,
02:30 une virtuose de l'athlétisme mondial et ancien handballeur de l'équipe nationale camerounaise,
02:37 Ahmad Kalkaba Malboum est arrivé ici au pas militaire puisqu'il est un colonel à la retraite.
02:43 C'est notre invité ce dimanche en sa double qualité de président du comité olympique et sportif du Cameroun
02:50 et de président de la Confédération africaine d'athlétisme.
02:55 Ahmad Kalkaba Malboum, bonsoir et bienvenue.
02:59 - Bonsoir Ahmed.
03:00 - Comment vous sentez-vous dans ce studio que vous connaissez par ailleurs ?
03:03 - Je me sens parfaitement à l'aise et je voudrais remercier la CRTV de me donner cette occasion de parler d'un sujet
03:10 au service duquel je suis depuis une quarantaine d'années.
03:14 Et le niveau d'accueil qui m'a été réservé, je le salue.
03:18 Je voudrais grandement remercier mon ami Charles Dongo, directeur général de la CRTV
03:23 qui s'est déplacé personnellement pour venir m'accueillir à la CRTV pour cette émission.
03:29 - Peut-on vraiment parler de retraite pour un officier supérieur comme vous ?
03:34 - Oui, retraite, mais l'officier, notamment un colonel, le grade est conféré à vie
03:42 et il quitte les activités militaires de tous les jours
03:46 mais il reste à la réserve de la République et à la disposition du chef des armées.
03:52 - Le week-end a été marqué en haute part par ces remises de récompenses aux acteurs du sport vendredi dernier
04:00 par le ministre des Sports et de l'Éducation Physique
04:03 mais aussi il y a eu ces obsèques du père de Samuel Etoffis où on vous a perçus.
04:09 Commençons par recueillir votre sentiment sur l'un et l'autre événement.
04:13 - Encourager l'excellence sportive, c'est une chose qui devrait être pérenne
04:21 parce qu'au bout de l'effort, il faudrait que la société récompense
04:27 ceux qui ont eu les meilleurs résultats, c'est-à-dire ceux qui ont atteint le niveau d'excellence.
04:31 C'est une manifestation que je salue et je voudrais remercier le ministre des Sports et de l'Éducation Physique
04:39 pour avoir organisé cette manifestation dont j'ai été derrière de l'OREA il y a quelques années
04:44 comme étant celui qui a la meilleure gouvernance sportive.
04:48 Donc c'est quelque chose qu'il faut encourager.
04:51 Bon maintenant, je suis allé partager ma douleur avec Samuel Etoffis,
04:57 le président de la Fédération Cambraise de Football
05:00 d'abord parce que Etoffis m'a toujours appelé mon père
05:05 et ça c'est quelque chose que j'apprécie énormément.
05:08 Il est président d'une fédération qui est membre du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun
05:15 parce que c'est une fédération qui a remporté une médaille d'or historique en 2000 à Sydney
05:20 et monsieur Etoffis était l'un des acteurs de cette victoire-là.
05:24 Ensuite, monsieur est au Mme du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun.
05:32 Il ne peut pas être dans ce moment de tristesse sans que nous puissions lui apporter le soutien moral dont il a besoin
05:39 pour faire face au fait que son père le quitte, son père qui a tout donné pour qu'il soit ce qu'il est aujourd'hui,
05:47 qu'il le quitte, c'est un moment de tristesse qu'il faut partager avec lui
05:51 et le consoler pour l'avenir parce que la mort arrive mais la vie continue après la mort.
05:58 Maintenant parlons du mouvement sportif national.
06:01 Pour vous qui avez un regard on va dire surplombant sur ce mouvement sportif national,
06:07 comment se porte-t-il de votre point de vue ?
06:10 Moi je pense que globalement le mouvement sportif Cameroun se porte bien.
06:15 Bien sûr comme dans toute activité humaine il y a des moments où on est en baisse, il y a des moments où on est en haut
06:22 mais vu de manière globale je suis satisfait de la façon dont le mouvement sportif se porte.
06:28 La récente participation du Cameroun aux Jeux Africains montre bien que nos athlètes,
06:35 nos compétiteurs peuvent rivaliser avec les autres compétiteurs africains.
06:41 Ils sont allés 15 fois en finale pour 8 disciplines que nous avons présentées.
06:46 Ça veut dire que notre sport est fort.
06:49 Comparé aux prestations précédentes, Accra n'était pas spécialement mémorable.
06:55 Vous savez on s'accroche juste au médaille d'or mais avoir 15 finales, on a remporté 3, on en a perdu 12
07:07 mais les médailles d'argent ont autant leur mérite puisqu'on a vu plusieurs fois le Cameroun, 30 fois le drapeau du Cameroun
07:14 monter à l'occasion des remises des récompenses.
07:17 Bon maintenant nous devons tirer les leçons de ce type de prestations de nos athlètes
07:22 pour les mettre encore dans de meilleures conditions de travail
07:26 et leur offrir ce qui manque, le petit clic qui manque pour qu'à la finale ce soit eux qui gagnent la médaille d'or.
07:33 Mais on ne peut pas non plus ne pas reconnaître le mérite de ces athlètes.
07:37 D'ailleurs nous avons été très heureux de recevoir une lettre de félicitation du chef de l'état pour cette performance.
07:45 On compare, on dit on a eu 5 médailles d'or là-bas, 10 médailles d'or là-bas mais nous avons eu 30 médailles.
07:54 15 fois nos athlètes sont arrivés à la finale et ils ont été exclus du podium 15 fois aussi du côté du bronze.
08:03 Je pense que c'est des résultats très encourageants.
08:06 Très bien, malgré ce tableau on va dire positif que vous venez de peindre,
08:14 une des dernières actualités fait mal tout de même, surtout pour l'ancien handballeur que vous êtes,
08:20 l'absence de l'équipe nationale de handball d'âme au tournoi pré-olympique en Hongrie, faute de visa.
08:28 Pour ce que vous en savez c'est la faute de l'organisation cameronaise ou alors c'est la trop grande rigidité de certaines chancelleries occidentales ?
08:41 Je crois que c'est plutôt la rigidité des chancelleries occidentales.
08:47 Le processus d'obtention de visa est devenu très compliqué.
08:53 Moi-même je n'ai pas pu assister il y a quelques temps au championnat du monde d'athlétisme que les Etats-Unis ont organisé à Eugene
09:04 parce que je n'ai pas pu avoir un visa alors que je suis membre du conseil d'administration de la Fédération internationale
09:10 qui a attribué ces championnats aux Etats-Unis.
09:13 Je suis président de l'Afrique et toute l'Afrique participait à ces championnats.
09:18 Et puis plusieurs athlètes de grand renom en Afrique n'ont même pas pu obtenir le visa pour être présents à ces championnats.
09:25 Je pense que ce n'est pas du domaine du sport, il faut que la diplomatie aussi s'intéresse à ce sujet
09:33 dans la mesure où les échanges entre les jeunes ça contribue aussi à la promotion de la paix dans le monde.
09:42 Évidemment le fait que notre équipe de handball ne puisse pas participer au tournoi qualificatif
09:48 à cause du refus de l'ambassade de la République fédérale d'Allemagne, c'est quelque chose qui me surprend
09:58 parce que l'Allemagne et le Cameroun ont un passé qui n'est pas d'aujourd'hui et qui entretient des relations tout à fait amicales.
10:07 Je ne comprends pas cette situation, nous sommes déçus de cette situation.
10:14 Et qu'on ne donne même pas la place du Cameroun à l'Afrique, on la donne à la Grande-Bretagne.
10:19 Tout ceci nous amène à réfléchir sur comment nous pouvons porter le plaidoyer dans les grandes conférences sur le sport.
10:27 Parlons maintenant de notre propre organisation, on a souvent l'impression que le Cameroun compte sur la chance et la prière
10:34 pour avoir des performances à l'international alors que les autres travaillent et mettent des moyens.
10:41 Du coup, nos athlètes préparent souvent des compétitions internationales dans des conditions assez rudimentaires et sans encadrement sérieux.
10:50 Que faites-vous depuis mars 2001 que vous êtes président du comité national olympique et sportif du Cameroun
10:58 pour préparer et encadrer les athlètes ?
11:02 Nous avons un programme de préparation de nos athlètes pour toutes les compétitions
11:07 qui débouchent sur la plus grande compétition internationale du sport, c'est les Jeux Olympiques.
11:13 Nous donnons des bourses, généralement entre 6 et 8 bourses aux athlètes, surtout les athlètes qui pratiquent le sport individuel.
11:24 Pendant 4 ans, ces athlètes s'entraînent dans des centres qui sont normalement reconnus par le mouvement olympique international.
11:34 Bon, maintenant la suite c'est du talent de l'athlète. Est-ce que le talent suit ? Est-ce que le talent n'est pas suffisamment fort pour arriver à la première marche du podium ?
11:45 C'est une chose. Mais depuis que je suis là, les résultats ne sont pas tout à fait dans le noir.
11:52 J'ai pris le comité olympique, j'ai accompagné l'équipe olympique du Cameroun à Sydney en 2000.
11:59 Nous avons obtenu là-bas la plus belle des médailles, la médaille d'or avec notre équipe de foot.
12:06 Ensuite en 2004-2008, Françoise Ndangwa a gagné sa médaille d'or en athlétisme.
12:14 Mais il faut dire que Françoise a été préparée aussi, découverte ici, envoyée à Dakar, puis à l'INSEP à Paris.
12:22 Et ensuite elle a eu un environnement qui lui a permis de développer son talent.
12:26 Donc ce n'est pas quelque chose qui tombe du ciel comme ça pour qu'elle soit sur le podium deux fois.
12:32 Et ensuite nous avons obtenu encore à Londres en 2012 une médaille de bronze en hauteur de fil.
12:40 Le Cameroun compte parmi les pays qui ont enregistré des résultats au niveau de la médaille d'or,
12:46 au niveau de la médaille d'argent et de la médaille de bronze.
12:49 Beaucoup d'autres pays, puisque nous sommes 206 pays,
12:52 beaucoup d'autres pays, peut-être la moitié de ce pays, le nombre que je viens d'énoncer,
12:57 n'ont jamais vu la couleur du podium.
13:00 Donc je ne pense pas que le Cameroun soit totalement arrêté.
13:03 Maintenant pour préparer, évidemment nous avons quelques difficultés.
13:07 Les difficultés liées à un problème de relation entre les intervenants dans ce système de préparation.
13:12 L'État donne l'argent, ça c'est clair, mais quelquefois il n'arrive pas au moment où nous en avons le plus besoin.
13:19 Quelquefois aussi cet argent peut prendre d'autres destinations.
13:22 Bon, je ne juge pas cela, mais quelquefois nous avons l'argent la veille de la compétition à laquelle nous participons.
13:29 Ce qui rend les choses véritablement difficiles.
13:32 De nombreuses réunions se sont tenues à ce sujet.
13:35 On a fait quelques fois les états généraux du sport, les états généraux même de certains sports.
13:43 Les conclusions de ces états généraux n'ont pas toujours aidé la stratégie qui doit se déployer en termes de financement
13:52 pour que nous arrivions aux meilleurs résultats.
13:55 Bon, ça c'est déplorable.
13:57 La tendance c'est que les fonctionnaires pensent que c'est eux l'État
14:02 et que les autres qui sont en face, qui animent les associations, ne le sont pas.
14:07 On nous parle toujours du rôle régalien de l'État.
14:11 L'État doit faire ceci, l'État doit faire cela.
14:14 Mais n'oublions pas que l'État c'est tout le monde.
14:17 C'est ceux qui contribuent à payer les impôts, ceux qui créent les associations, qui les financent.
14:22 C'est volontaires qui sont au service du bien commun qu'est le sport, donc doivent être aussi écoutés.
14:28 Il ne faut pas simplement qu'on se retracte sur le fait que l'État, c'est lui qui est le garant de la distribution des biens communs.
14:36 Et puis pour dire que l'État doit faire ceci, doit faire cela, sans que cela ne serve véritablement les objectifs que nous nous sommes fixés.
14:43 Monsieur le Président, regardons maintenant comment s'est déroulée cette cérémonie de remise des awards et d'équipement.
14:51 C'est un hommage à un nombre d'acteurs et de personnalités du monde du sport.
14:58 C'était vendredi à Yaoundé, à l'occasion de la journée internationale du sport au service du développement et de la paix.
15:06 Cérémonie évidemment présidée par le ministre des sports, le professeur Narcis Mwelekombi.
15:12 Robert Bajek.
15:14 Tête couronnée et bras chargés de présence,
15:17 pour résumer la célébration de la 11e édition de la journée internationale du sport au service du développement et de la paix.
15:22 Le podium de 6 Constances installé dans l'enceinte du Palais des Sports de Yaoundé a ainsi vu se succéder des lauréats qui se sont distingués à faire rayonner le sport camerounais.
15:31 6 catégories primées avec quelques noms bien connus, comme le prix de la promotion du sport,
15:36 décernés au ministre Grégoire Oona, promoteur d'un parcours de golf, Angomet Zap ou encore Emmanuel Essemé,
15:42 et Junior Periclet Ndiabeyungadja, tous médaillés d'or aux récents Jeux Africains, Ghana 2023.
15:49 C'est une grande joie de savoir qu'on sait reconnaître des personnes qui accomplissent de grandes choses dans notre pays.
15:58 Je voudrais également adresser mes remerciements aux journalistes sportifs qui s'en connaissent le floorball.
16:06 On fait des recherches pour communiquer autour de cette nouvelle discipline sportive.
16:11 Un prix spécial de l'UNESCO a été remis à l'Association Nationale des Personnes de Petite Taille et au Cercle des Femmes Musulmanes, d'UNFUNZA.
16:19 De même que les prix de la communication sportive décernés à deux vaillants soldats de la CRTV,
16:24 le journaliste Didier Marius Etoundi et la réalisatrice Joséphine Mangfoutala.
16:29 Je remercie tous ceux qui sont autour de moi, mes collègues, les responsables de la CRTV en tête, le directeur général Charles Ndongo.
16:37 La journée internationale du sport au service du développement et de la paix se célèbre tous les ans le 6 avril à travers le monde
16:44 pour marquer l'impact et les bienfaits de la pratique sportive dans l'amélioration de la qualité de vie et la préservation d'un cadre harmonieux.
16:52 Au-delà des fonds alloués par les pouvoirs publics pour la participation du Cameroun aux compétitions de souveraineté,
17:00 d'où proviennent les hautes financements, d'où vient même l'argent du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun ?
17:09 Eh bien, ce que l'État met à nos dispositions, c'est une subvention et c'est là, c'est dans tous les pays du monde que les États soutiennent le mouvement associatif,
17:21 notamment les Comités Nationaux Olympiques.
17:23 Si vous allez en France, en Allemagne, aux États-Unis, il n'existe même pas de ministère de sport.
17:29 C'est le US Olympic Committee qui a tous les fonds publics.
17:34 Bon, maintenant ces fonds sont utilisés sous le contrôle, bien sûr, des organismes étatiques qui ont cette mission-là.
17:41 Dans notre pays, ça devient difficile parce que pendant longtemps, même pour la préparation de nos athlètes,
17:50 il n'existe pas un véritable fonds de développement de la compétition sportive.
17:55 Alors qu'il y a une direction du développement du sport de haut niveau au ministère du sport et de l'éducation physique, il n'existe pas.
18:03 On met l'argent, généralement, pour la participation aux compétitions.
18:09 Dans beaucoup de pays d'ailleurs, les fédérations sportives ont des subventions budgétaires pour toute une année,
18:16 pour qu'elles puissent mettre en place la stratégie arrêtée par son Assemblée générale pour le développement de chaque sport.
18:24 Malheureusement, ça ne marche pas bien dans notre pays pour le moment. Je ne sais pas quelle en est la raison.
18:31 Est-ce que ceux qui décident de mettre en place le budget, estiment que le développement du sport,
18:38 c'est-à-dire les talents détectés doivent être formés pour être conduits à la plus haute performance au plan mondial,
18:44 ne comprennent pas que cette phase est nécessaire ?
18:48 Donc moi, je suis tout un petit peu déçu par rapport à cette situation, je dois le dire honnêtement.
18:54 Mais les fonds du comité olympique proviennent de la répartition des fonds qui proviennent aussi des recettes des Jeux olympiques.
19:02 Mais le système au comité olympique, c'est des programmes, vous proposez un programme, plusieurs activités dans le programme,
19:11 et chaque programme est directement financé. Il n'y a pas un montant d'argent qu'on dépose dans un compte que le comité olympique gère.
19:20 Et je pense que c'est rationnel comme ça. Si on veut faire un stage de journaliste, il y a un fonds qui vient pour former les journalistes.
19:29 Si on veut faire un stage pour le médecin du sport, il y a un fonds qui arrive pour faire le médecin.
19:34 Pour les bourses olympiques, il y a un fonds pour les bourses olympiques.
19:37 Donc chaque activité est directement financée et les fonds viennent pour servir cette...
19:43 Si vous ne justifiez pas la dépense effectuée, on ne vous donne plus les fonds pour continuer à mettre en place votre programme.
19:52 Donc si le Cameroun souhaite adopter cette attitude, on peut également le faire.
19:57 Mais pour l'instant, on n'a reçu de l'argent que pour la participation aux compétitions.
20:03 Quand nous allions au Ghana, sincèrement, les fonds sont arrivés à 48 000 € avant notre départ.
20:11 Je pense que ce n'est pas la bonne façon de gérer le problème du sport camerounais.
20:18 Pour une compétition internationale comme les Jeux africains du Ghana, il est bon que les fonds soient mis à disposition à peu près combien de temps avant ?
20:26 Nous préparons peut-être 6 mois avant, parce qu'il faut non seulement assurer une préparation finale pour les athlètes,
20:36 mais il faut que toute la logistique accompagne cette préparation.
20:39 Les tenues, l'aspect médical, envoyer les athlètes dans des centres qui ont déjà fait leur preuve au niveau de la haute performance,
20:49 que nous n'avons pas souvent au Cameroun.
20:51 Donc il faut que l'argent soit mis à disposition avant.
20:56 Le processus est en cours. Il y a trop d'étapes, trop de bureaucratie, et au bout du compte, l'argent arrive quand il est déjà trop tard.
21:06 Le comité national olympique et sportif travaille avec les présidents des fédérations qui siègent donc au conseil d'administration.
21:15 Trois mois après le renouvellement des bureaux des fédérations, est-ce que le mouvement sportif national se porte mieux ?
21:24 Le mouvement sportif Cameroun est solide, il est sous ses pieds.
21:28 Il y a quelques déclats de voix, quelques situations malheureuses aussi que nous essayons de redresser, qui ne plaisent pas toujours à tout le monde.
21:38 Mais la ligne directrice, elle est sur le bon rang.
21:43 Justement, il y a des grincements dedans ici et là, en partie du fait de certaines décisions de la chambre de conciliation et d'arbitrage du comité national olympique et sportif du Cameroun.
21:56 Ces décisions-là ne font pas l'unanimité.
21:59 Avant toute chose, à quoi sert réellement cette structure dans un état de droit comme le Cameroun, qui dispose par ailleurs du pouvoir judiciaire chargé entre autres choses, dédiant le droit ?
22:13 Le sport a décidé de traiter ces problèmes à l'intérieur de son système.
22:19 Le mouvement olympique a mis en place un tribunal arbitraire du sport qui se trouve à Lausanne pour traiter de tous les conflits qui mettent en difficulté les participants au mouvement sportif.
22:33 Donc, il nous a été demandé en 2001 de mettre au niveau national, dans chaque comité olympique, une structure nationale pour traiter les problèmes de conflits entre les intervenants du sport.
22:47 Et le Cameroun a mis en place donc la chambre de conciliation et d'arbitrage qui traite d'abord les problèmes au niveau national.
22:55 Et si les gens qui sont intéressés par cette... si par les décisions ils ne sont pas d'accord, ils saisissent en dernier ressort le tribunal arbitraire du sport qui est à Lausanne.
23:07 Ça a fonctionné toujours comme ça.
23:08 Et puis je voudrais vous dire qu'en matière de justice, quand il y a deux parties face à face, il y a une partie qui gagne, l'autre qui ne gagne pas n'est pas contente.
23:17 Donc on ne peut pas parler d'unanimité dans un jugement ou dans un arbitrage.
23:22 Il y a toujours une partie qui perd, une partie qui gagne et généralement la partie qui ne gagne pas n'est pas contente.
23:29 C'est ce qui arrive à la chambre de conciliation et d'arbitrage.
23:32 Je voudrais ajouter que la chambre de conciliation et d'arbitrage est composée de personnalités dont nous ne doutons pas de la moralité.
23:42 Ce sont de grands universitaires, des avocats réputés, des magistrats bien connus dans notre milieu.
23:48 Donc on ne peut pas dire qu'avec 10 000 francs on peut obtenir une décision de la chambre de conciliation et d'arbitrage en sa faveur.
23:56 Peut-être avec plus alors ?
23:58 Je ne sais pas. Je ne pense même pas que ça puisse être possible.
24:01 Cette chambre, M. le Président, est-elle au-dessus des juridictions de l'État comme les tribunaux ou même la Cour suprême, voire même au-delà ?
24:10 Non, le tribunal de l'État a son rôle. Mais le sport a choisi une autre voie pour régler ses problèmes.
24:17 Et ça c'est universellement connu. Tous les pays du monde suivent aussi cette voie-là.
24:23 Nous ne négligions pas la juridiction nationale. Mais le sport a choisi une façon de régler ses problèmes comme je vous l'explique.
24:30 Pas des structures qui lui sont internes et propres pour faire face au conflit qui met face à face les intervenants du sport.
24:42 Du cafon particulièrement jasé, il y a la FECA Volé dont le Président désavoué et sanctionné a eu gain de cause, à la Cour suprême notamment.
24:52 Et la Fédération de Nambudo dont la Présidente tombée sous le coup des sanctions a saisi également les tribunaux.
25:00 Est-ce qu'il faut toujours faire confiance en cette fameuse Chambre de conciliation ?
25:06 Pourquoi vous l'appelez fameuse Chambre ? La Chambre de conciliation et d'arbitrage, elle est composée de Camerounais.
25:15 Et comme les tribunaux sont composés de Camerounais, on n'est pas allé chercher des extraterrestres pour venir composer le tribunal de l'État ou la Chambre de conciliation et d'arbitrage.
25:29 Faut-il lui faire toujours confiance après les actes ?
25:31 Je pense qu'il faut lui faire confiance. Vous savez combien les arbitres sur le terrain du sport, ils prennent des décisions.
25:37 Est-ce que le tribunal civil peut venir annuler la décision de l'arbitre qui a sifflé un pénalty ? Non.
25:44 Le sport a ses règles, comme la religion a ses règles. Je pense qu'il faut respecter les règles du sport puisque nous avons adhéré à la mouvance internationale du sport.
25:55 Nous sommes membres du comité international olympique. Les décisions se prennent à l'échelle mondiale pour tous les comités nationaux olympiques.
26:02 Le Cameroun ne peut pas être différent de ce comité national olympique. Nous ne disons pas que le tribunal de l'État ne fonctionne pas.
26:10 Non, il fait son travail. Mais le tribunal de l'État ne peut pas nous empêcher aussi d'appliquer nos propres règles que nous avons choisies.
26:17 Dans le sens que le mouvement sportif, c'est un mouvement associatif, c'est des citoyens qui se mettent ensemble pour créer une activité sportive,
26:27 une association sportive, une compétition sportive. Ce n'est pas toujours l'État qui programme les compétitions sportives.
26:34 Mais l'État soutient parce qu'il s'agit du bien commun. Et l'État soutient le bien commun. Je pense que c'est normal.
26:41 Mais maintenant, il faudrait qu'on laisse chaque espace évoluer selon ses règles.
26:47 Si je vous ai bien compris, les décisions prises par la Chambre d'Arbitrage et de Conciliation à ce stade-ci sont irrévocables.
26:55 Non, on peut les attaquer au tribunal du sport, mais pas à la Cour suprême.
27:00 Donc vous encouragez la...
27:04 Je ne l'encourage pas. C'est ma responsabilité de faire en sorte que la règle qui s'applique au mouvement olympique s'applique véritablement à notre processus de décision et de prise de décision.
27:17 Parlez-nous un peu des relations entre le Comité national olympique et sportif du Cameroun et le ministère des Sports au regard de votre transversalité.
27:27 Est-ce que vous vous considérez comme un ministère des Sports bis ou alors vous faites équipe avec le ministère ?
27:35 Nous nous appelons Comité national olympique et sportif du Cameroun, reconnu par la législation camerounaise, reconnu par le Comité international olympique qui est notre hiérarchie à l'échelle internationale.
27:46 Nous coopérons avec le ministère des Sports et la Charte olympique dit d'ailleurs que nous devons avoir des relations saines, apaisées, une relation utile pour les deux parties.
28:00 Donc si chacun reste dans le cadre de ses missions, dévolue par les lois nationales et par les réglementations internationales, nous n'avons pas de conflit avec le ministère des Sports.
28:13 Nous sommes complémentaires dans notre action et c'est ce que nous essayons de faire parce que véritablement il n'y a pas de conflit ouvert entre le ministère des Sports et le Comité national olympique.
28:24 Et nous n'avons pas la prétention d'être un ministère. Nous sommes un comité olympique, une association sportive.
28:29 Nous reconnaissons notre statut vis-à-vis de la puissance publique mais le mouvement olympique international souhaite que la puissance publique prenne en compte l'autonomie des associations qui animent le mouvement sportif.
28:45 Nous sommes dans cette logique là.
28:47 Monsieur le Président, on a le sentiment que l'esprit olympique qui encourage la tolérance, le fair play et même le pardon ne régule plus suffisamment et vraiment les relations entre les acteurs du sport au regard des tiraillements observés.
29:09 De votre point de vue, c'est quoi la cause de tous ces problèmes là ? C'est l'argent ou c'est d'autres considérations ?
29:16 D'abord je pense qu'il y en a qui arrivent au sport sans véritablement s'approprier les valeurs du sport.
29:23 Et ils arrivent au sport peut-être même pas pour le sport parce que le sport offre une visibilité médiatique dont les gens se servent pour faire d'autres choses, pour faire de la politique, pour avoir une considération sociale à partir de cette exposition médiatique.
29:43 Et ensuite il y a dans certains sports il y a de l'argent et les gens pensent qu'on peut trouver de l'argent là-dedans.
29:50 Et puis nous ne comprenons pas l'intérêt même, les valeurs même du sport.
29:54 Les valeurs du sport sont des valeurs très simples.
29:57 C'est le respect.
29:58 Si vous adhérez aux valeurs du respect, vous ne pouvez pas créer des conflits avec l'autre partenaire qui va dans le même sens que vous.
30:09 Il y a l'amitié, l'excellence, ce sont ces valeurs que le mouvement olympique essaie de promouvoir.
30:15 Mais au-delà on nous demande de faire preuve de tolérance, de compréhension mutuelle, des valeurs qui créent l'harmonie entre les parties présentes au mouvement sportif.
30:25 Il y en a qui arrivent parce qu'ils ont peut-être utilisé des méthodes pas très recommandées pour accéder à la fonction des dirigeants sportifs.
30:35 Leur comportement dépend un tout petit peu de comment ils sont arrivés à la fonction des dirigeants de sport.
30:41 Mais ceux qui arrivent par la bonne manière, en comprenant toutes les règles du sport, et les principes et les valeurs du sport, ne créent pas de conflits.
30:52 Peut-être l'argent influence, peut-être la médiatisation poussée des activités sportives et des dirigeants qui sont des acteurs du sport, amène des incompréhensions, des positions de radicalisation.
31:07 Ça se transforme en des conflits qu'on a du mal à contenir.
31:13 Mais jusqu'à présent, nous avons pu contenir ce type de vience, puisque les décisions que nous prenons, elles se fondent sur les principes et les valeurs du sport, pas en dehors.
31:25 Vous faites partie des patrons du sport, et je voudrais maintenant vous inviter à vous intéresser un peu aux patrons de l'économie.
31:33 Ils étaient en conclave cette semaine dans le cadre d'une assemblée générale qui a donc donné lieu à une nouvelle configuration du patronat,
31:45 à travers la désignation, le vote plus précisément, d'un nouveau bureau du groupement des entreprises du Cameroun.
31:54 C'est le tout premier bureau conduit par Célestin Tawamba, capitaine d'industrie.
32:00 Voici comment s'est déroulée l'élection et cette assemblée générale dans ce récit de Mélanie Bilor des Certifiés littorales.
32:10 Pour une fondation en béton, tel est le leitmotiv de la nouvelle équipe dirigeante du GECAM.
32:16 Des experts et entrepreneurs issus de tous les secteurs d'activité, dont l'agroalimentaire, l'énergie, l'artisanat, la télécommunication, la fiscalité et autres professions libérales,
32:28 se sont mises ensemble pour apporter des solutions aux problèmes rencontrés par près de 99% des entreprises privées au Cameroun.
32:36 C'est ainsi que les 18 membres du bureau, nouvellement élus, avec en tête Célestin Tawamba, ont mis en place un programme axé autour de cinq piliers.
32:46 Il s'agit notamment de la construction d'une relation solide avec le gouvernement, la réinvention de la structure, l'accompagnement des PME,
32:54 la consolidation des partenariats entre le GECAM et les organisations internationales, ainsi que la mise en place de mécanismes solides et durables de la centrale patronale.
33:04 Sur 560 votants, dont les promoteurs de PME et de petites entreprises, 550 ont répondu oui pour le tout premier bureau.
33:14 Ce nouvel exécutif du GECAM s'est donc fixé pour mission de mieux défendre, moderniser et innover les entreprises pour un Cameroun économiquement prospère.
33:24 Même si vous ne faites pas les affaires, souhaitez-vous commenter cette actualité ?
33:30 Non, le sport ne peut pas vivre sans l'économie. Le sport est un facteur de développement social.
33:38 Le sport fait la promotion du tourisme, fait la promotion du spectacle, qui mobilise les gens qui s'intéressent au sport.
33:49 Et puis c'est une source de développement. Donc l'économie, forcément, tous les événements sportifs ont besoin de sponsors.
33:57 Et les sponsors proviennent du monde économique. Donc le lien entre le sport et l'économie, c'est un lien fort et indispensable,
34:03 sans lequel le sport lui-même ne pourrait pas survivre.
34:08 Un sujet qui fâche un peu, il y a un football. Le nouvel entraîneur Marc Brice et son équipe qui marche sur les oeufs depuis leur nomination par le gouvernement.
34:18 La FECAFOOD n'applaudit pas des dumes ce staff. Pire, elle refuse de le reconnaître. Si cela continue, les résultats sont compromis.
34:27 Vous, au comité olympique, qu'est-ce que vous faites et que dites-vous pour apaiser la situation ?
34:39 La réalité dans nos pays, en Afrique notamment, montre bien que sans le soutien fort de l'État, le football ne peut pas se développer, se déployer et participer à toutes les grandes compétitions qui l'interpellent,
34:57 notamment la Coupe d'Afrique des Nations, la Coupe du Monde et d'autres compétitions.
35:03 Le fait que le financement vienne de l'État nous oblige à avoir de l'humilité dans la relation entre ce puissant public qui apporte le financement et nous-mêmes qui en avons besoin pour le développement de nos activités.
35:21 Dans le cas précis, je pense qu'on ne peut pas parler d'une opposition entre la FECAFOOD et l'État, puisque le chef de l'État, le président de la République, s'est adressé à la nation le 10 février.
35:36 Il a parlé des résultats de l'équipe nationale de football du Cameroun lors de la carne qui s'est déroulée en Côte d'Ivoire.
35:46 Il a bien dit que l'État met beaucoup d'argent dans le foot, il doit avoir un droit de regard sur ce qui se passe et il a à cet effet instruit le ministre du sport de voir cette situation-là.
36:00 Je pense que si finalement il y a eu un contrat entre l'État du Cameroun et l'entraîneur, c'est certainement avec l'étude menée par le ministère du sport qui a reçu des instructions.
36:17 Je ne connais pas la nature des instructions, mais quand le ministre étudie la question en prenant en compte les instructions qui lui viennent de la plus haute autorité de l'État,
36:27 il doit simplement faire des propositions à cette même haute autorité qui va sanctionner la proposition.
36:35 Je pense que si on a un contrat aujourd'hui, ça veut dire que c'est avec l'accord du chef de l'État qui s'est intéressé à la question à un moment où il a écouté la jeunesse camerounaise, il a écouté la déception de son peuple.
36:50 Donc je pense que normalement, pour moi, il n'y a pas de problème. On fait avec cette personne qui a été désignée.
36:57 Au bout, on analysera si la décision était la meilleure ou pas, avec les résultats à son tour aussi, puisque quand on mettait mes gestes en place, on ne savait pas quels résultats on allait obtenir.
37:08 On pensait qu'en donnant la chance à un ancien capitaine de l'équipe du Cameroun, qui s'est formé comme entraîneur et le poste a été camerounaisé, on attendait des bons résultats.
37:21 Mais finalement, ça n'a pas été cela. Donc je pense que pour moi, le problème est clos, puisque le président a accepté, a approuvé les propositions du ministre des Sports,
37:31 qui a débouché donc sur la nomination de ce monsieur, et qui a été installé...
37:36 - Le président de la République. - Voilà, le président de la République.
37:39 J'ai vu pendant la préparation de cette émission que vous avez d'excellentes relations avec le président de l'Africa Foot, à qui vous parlez régulièrement au téléphone.
37:51 Est-ce que vous l'avez appelé, ou alors à l'inverse, est-ce qu'il vous a appelé ces derniers temps-ci pour parler de ce sujet ?
37:58 Il ne m'a pas appelé, mais moi je lui recommande, en tant que père, en tant que celui d'un organisme dont il est membre, comme il est membre du conseil d'administration, du comité olympique,
38:10 sa fédération est membre du comité olympique, nous devons regarder la vérité en face et faire en sorte que la décision de nos autorités au plus haut niveau ne puisse pas être remise en cause.
38:23 Pourquoi le football divise tant ?
38:28 Le football, c'est un sport d'abord très populaire, c'est un sport riche, et c'est un sport où tout le monde peut entrer.
38:38 C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin d'aller en faculté chercher une maîtrise, une licence pour s'intéresser au football.
38:46 Donc ça appelle tout le monde, dans tout le monde là, il y en a qui sont là pour des raisons autres que peut-être le sport lui-même, comme je l'ai déjà dit tantôt.
38:56 Parce qu'à votre époque, l'équipe nationale par exemple, cimentait pratiquement les relations entre tous les Camerounais.
39:04 Aujourd'hui, on a le sentiment que c'est l'inverse, elle divise.
39:09 Je pense que le sentiment d'unir la jeunesse Camerounaise, le peuple Camerounais autour du football, ce sentiment est toujours fort.
39:20 C'est pour ça que moi j'ai aussi été par exemple à la Coupe du Monde au Qatar.
39:28 Le fait qu'on ait battu l'équipe du Brésil, ça a donné beaucoup de fierté à tous les Camerounais partout dans le monde là où ils se trouvent.
39:37 Donc ce sentiment est toujours fort.
39:39 Bon maintenant, ceux qui sont chargés de mettre en oeuvre les différentes stratégies pour que notre football continue à être performant,
39:48 c'est à eux de faire une analyse objective, ne pas céder au populisme,
39:54 ne pas céder à des gens qui viennent autour d'eux pour davantage avoir du matériel ou de l'argent que l'esprit du sport lui-même.
40:04 Mais on peut servir le sport dans sa globalité sans négliger le fait qu'il y ait des attentes particulières.
40:11 Et je dis toujours, l'intérêt général c'est la somme des intérêts particuliers.
40:15 Il y a déjà trouvé des ordres au sein des équipes nationales et des fédérations.
40:20 Les gens semblent préoccupés par les égos et l'argent.
40:23 Même l'esprit olympique a foutu le camp et on le disait il y a un moment.
40:27 Vous, un militaire moulé dans la discipline et le patriotisme, on a le sentiment que vous laissez faire ou alors que vous n'êtes pas suffisamment écouté.
40:37 Moi je ne suis pas d'accord avec vous quand vous dites que l'esprit olympique a foutu son camp.
40:42 Je ne suis pas d'accord avec vous. L'esprit olympique il reste, il est maintenu.
40:47 Il y a quelques soubresauts par ici par là, comme dans n'importe quelle activité de la vie.
40:53 Si dans votre propre famille vous avez 2, 3, 4, 5 enfants à table, il y a du manioc et du ndolé.
41:02 Un enfant peut dire non moi j'aurais voulu avoir des pattes et non pas le ndolé que vous me donnez.
41:07 Ça ne veut pas dire que l'intégrité de la famille soit entamée.
41:11 Donc je pense que l'esprit olympique il est bien maintenu chez nous.
41:15 Les gens respectent les règles olympiques. On respecte l'arbitre sur le terrain.
41:19 On respecte le chronomètre de l'athlète qui court.
41:23 On respecte les résultats. Moi je pense que l'esprit olympique il existe chez nous.
41:29 Monsieur le Président, dans l'immédiat il y a les Jeux Olympiques de Paris,
41:33 les Championnats d'Afrique Senior d'athlétisme et peut-être les Jeux islamiques.
41:39 Comment nous y allons ? Comment nous nous préparons ? Est-ce que le Cameroun est prêt ?
41:47 Bien, je voudrais parler d'abord des Championnats d'Afrique d'athlétisme
41:52 puisque c'est avant les Jeux Olympiques que ces championnats vont se tenir au Cameroun en juin.
41:59 Au mois de juin de 19 au 23 juin de cette année, les Championnats d'Afrique d'athlétisme se tiendront à Douala.
42:10 Les autorités camerounaises ont approuvé, je pense, leur budget et les conditions d'organisation.
42:19 Nous-mêmes, à partir de lundi, le bureau exécutif de la Confédération africaine d'athlétisme s'est réuni à Yaoundé
42:27 pour voir avec les autorités camerounaises les différentes phases qui restent à mettre en place
42:33 pour que les championnats soient de grands championnats.
42:36 C'est la dernière étape pour les athlètes africains qui n'ont pas obtenu leur qualification de pouvoir se qualifier.
42:44 Pour les JO.
42:46 Pour les JO, puisque les dernières épreuves de qualification sont prévues pour le 30 juin.
42:52 Puisque, après ces clôts, les athlètes sont sélectionnés, les Jeux Olympiques peuvent se tenir avec les athlètes qualifiés.
43:00 Donc c'est quelque chose qui nous préoccupe, puisque l'Afrique, le seul sport qui donne beaucoup d'énergie,
43:09 beaucoup de force, beaucoup de résultats au continent africain, c'est quand même l'athlétisme.
43:15 Donc voilà, nous voulons aller à Paris avec des athlètes qui vont aller au-delà de ce qui a été fait jusqu'à présent
43:24 lors des précédents JO, notamment les JO de Tokyo.
43:29 Bon, pour ce qui concerne les JO eux-mêmes et la participation cambronnaise,
43:36 mon sentiment est que pour la première fois, nous allons avoir une délégation de petite taille.
43:43 Parce que, jusqu'à présent, deux ou trois athlètes seulement, en sport individuel, ont pu se qualifier.
43:50 Vous avez vu que notre équipe de handball, qui aurait pu se qualifier, n'a pas eu le visa pour aller en Hongrie pour prendre part au tournoi qualificatif.
44:02 Donc il y a quelques sports comme l'haltérophilie, comme le judo, comme la lutte, qui vont encore chercher la qualification.
44:12 Mais notre handicap, c'est que nos meilleurs, à qui nous avons même donné des bourses, ont quitté le Cameroun.
44:20 Pourquoi ? A la suite de notre participation au jeu de Birmingham, les autorités anglaises ont donné un visa de six mois à chaque participant.
44:31 Ces athlètes sont rentrés, mais ils avaient un visa valable pour encore sortir.
44:37 Malheureusement, l'équipe qui nous a représentés en boxe en 2021 à Tokyo, toute cette équipe a disparu du pays.
44:46 Les équipes qui nous ont représentés en lutte, nous n'avons aucune nouvelle, puisque chacun est rentré dans sa famille.
44:53 Nous n'étions plus capables de contrôler sa position, s'il était au Cameroun ou pas.
44:57 Il y en a même qui sont en Australie en ce moment.
45:00 Bon, ça, c'est un handicap important pour notre délégation.
45:05 La délégation, avez-vous dit, va être une délégation modeste, légère.
45:11 Est-ce que c'est valable pour les accompagnateurs, qui en général, alors disent même...
45:17 Au Jeu Olympique, la taille des accompagnateurs est en fonction de la taille de la présence des athlètes.
45:26 Donc, s'il n'y a pas beaucoup d'athlètes, naturellement, il n'y aura pas beaucoup d'accompagnateurs.
45:31 Un mot peut-être sur les Jeux islamiques ?
45:36 Bien, les Jeux de la solidarité islamique, le Cameroun, souhaitait organiser ces Jeux en 2025.
45:44 Mais il y a eu une sorte de mauvais jeu de la part de nos partenaires de la Fédération sportive pour la solidarité islamique.
45:54 C'était à Konya.
45:56 Quand nous sommes allés à Konya, c'était pour revenir avec les standards de ces Jeux pour le Cameroun.
46:03 Donc, une Assemblée générale devait se tenir pour officiellement nous attribuer l'organisation de ces Jeux.
46:11 Après le passage du comité d'évaluation qui est arrivé au Cameroun,
46:16 bon, malheureusement, arrivé là-bas, le Président a plutôt convoqué une Assemblée extraordinaire,
46:22 avec un seul point à l'ordre du jour, la révision des statuts de la Fédération.
46:26 Donc, le sujet des Jeux de la solidarité islamique n'a pas été débattu à Konya.
46:32 Et nous sommes rentrés sans les standards pour l'organisation.
46:35 Et par la suite, quand nous sommes allés à une autre Assemblée générale en Arabie Saoudite,
46:41 l'Arabie Saoudite elle-même a voulu organiser les Jeux en 2025.
46:46 Donc, ainsi, le Cameroun ne pourra plus organiser les Jeux en 2025.
46:52 Mais les autorités cameroonaises ont continué à être intéressées par l'organisation de ces Jeux.
47:00 Mais la prochaine édition, après celle de 2025, aura lieu en 2029.
47:05 Donc, nous sommes encore candidats pour cette édition de 2029.
47:10 Pour en finir avec les sujets qui fâchent, il y a des pratiques contre nature
47:15 que les gens de votre génération n'ont pas spécialement fréquentées et connues,
47:20 et qui donnent lieu à des scandales de meurtre dans le mouvement sportif.
47:26 Ce sont des problèmes de harcèlement, d'homosexualité au sein des équipes nationales,
47:31 ou même des équipes locales, souvent révélés par la presse et les réseaux sociaux.
47:36 Comment est-ce que vous pouvez laisser prospérer de telles pratiques, M. le Président ?
47:41 Non, nous ne les sommes pas prospérées.
47:44 Nous avons le rôle pédagogique, le rôle d'éducation, dans le cadre de toutes les activités que nous menons.
47:51 Et chaque fédération doit pouvoir prolonger l'enseignement de ces valeurs
47:56 qui sont importantes pour le mouvement olympique.
47:59 Mais en même temps, quand les faits sont portés à notre connaissance,
48:02 notre comité d'éthique n'hésite pas à sanctionner.
48:05 Vous vous rappelez bien que tous les dirigeants de la fédération de karaté ont été sévèrement sanctionnés.
48:11 Lourdement sanctionnés.
48:13 Bon, c'est des exemples comme ça.
48:15 Mais la sanction n'est pas... n'est que... une décision qui n'est pas recommandée, d'ailleurs.
48:22 Ce qui est important, c'est que les gens aient l'éducation nécessaire
48:26 pour ne pas arriver à ce type de comportement.
48:30 Bon, malheureusement, la nature humaine est ce qu'elle est.
48:33 Et quand les gens ne respectent pas les règles ou les principes éthiques
48:38 qui gouvernent la vie en association sportive,
48:43 nous sommes obligés de prendre des décisions.
48:45 Comme il y a quelque temps, nous avons aussi sanctionné,
48:49 soit pour violation des principes éthiques dans le comportement,
48:53 soit pour tentative de corruption à l'occasion des élections.
48:58 Donc, nous ne pouvons pas être auprès de chaque dirigeant sportif.
49:04 Mais chaque dirigeant sportif doit savoir qu'il existe des règles qu'il ne faut pas violer.
49:09 Et que ces règles, si elles sont violées, il y a des conséquences en termes de sanctions.
49:14 Dites-moi un peu, Ahmad Kalkaba Malboum, quand vous étiez élève au lycée,
49:21 vos congés, vous les passiez souvent où ? Vous les occupiez à quoi ?
49:27 Quand j'étais en vacances, je rentrais au village
49:32 et je me mettais à la disposition de mon père pour faire des tâches qu'il voulait bien me confier.
49:39 Mais je me suis aussi intéressé beaucoup à la pratique du sport.
49:45 Parce que pendant les vacances, on organise des activités sportives dans plusieurs sports.
49:50 Et souvent, nous sommes interpellés pour faire partie des équipes
49:54 que les quartiers, les villages constituent pour faire des championnats.
49:58 Donc, comme les enfants d'aujourd'hui, hier aussi, nous faisions ces mêmes activités.
50:03 Très bien, je vous amène donc à replonger dans ce genre d'activités-là.
50:10 Nous sommes pratiquement dans les derniers jours de congés cette semaine, les congés du deuxième trimestre.
50:17 Et nous allons voir comment les jeunes en campagne au village s'occupent.
50:23 Nous allons dans un village de la Lekki en compagnie de Daniel Menanga.
50:27 « Nul n'entre ici s'il n'est génie. » Aristide est passionné de maçonnerie.
50:34 Dès que j'aurai le sable et le concou, je vais apprendre la maçonnerie.
50:39 Pierre préfère la pêche.
50:41 J'ai trouvé mes grands-frères étudiants qui faisaient la pêche. Et moi aussi, je n'ai pas essayé.
50:46 Pour Francis, le temps, c'est de l'argent.
50:49 On cherche un petit job pour avoir l'argent de la moto.
50:54 Je viens de défricher mon champ de cacao.
50:57 Donc j'ai mes 40 000 la semaine.
51:01 Dès qu'ils rentrent à 10 heures, je gâte un peu le calme.
51:05 Avantage, en zone rurale, il y a un vaste champ des possibles.
51:11 Normal, c'est nos parents qui devraient définir le programme de l'enfant.
51:16 On lui dit le matin à 7 ou 8 heures, on va faire telle ou telle tâche.
51:22 Un colloban dans la Léquié, terre promise pour les Noas, venus de Yaoundé pour les congés.
51:29 Au village, on se sent mieux.
51:31 Il y a les mandarines, les prunes, les mangués.
51:36 Tout ça, c'est aux alentours de la maison.
51:38 En ville, comme on achète un peu de tout, ce n'est pas facile de gêner les deux.
51:41 Quand nous sommes en ville, le mieux c'est de venir au village pour venir mettre le manioc.
51:47 Trêve scolaire de Pâques ne rime pas toujours avec évasion, même au village.
51:53 Il y a les répétitions, les cours de vacances.
51:57 On aide aussi les parents après, les clés.
52:00 S'instruire, gagner en maturité dans la vie, la nature et la tranquillité de la vie au village
52:08 sont des garanties pour réussir.
52:12 Terminons par vous-même, M. le Président.
52:15 Vous êtes à la tête du Comité national olympique et sportif du Cameroun depuis au moins 23 ans.
52:21 Après les Jeux olympiques de Paris, il y aura, me semblait-il, des élections.
52:27 Vous serez candidat ou alors vous souhaitez passer la main ?
52:31 Je me prononcerai le moment venu, après avoir titré leçon de mes 23 ans de présence
52:36 à la tête du Comité national olympique et sportif du Cameroun.
52:40 Et ça dépend également de mon état physique à ce moment-là.
52:46 Si vous êtes en bon état physique, vous vous lancez dans la bataille ?
52:51 Je ne le dis pas maintenant, mais rien ne m'empêche d'être encore à la tête du Comité national olympique et sportif du Cameroun
52:59 si j'en ai la force et la volonté des membres de pouvoir me faire à nouveau confiance.
53:06 En général, les militaires ne se mêlent pas de politique.
53:10 Peut-on dire autant des militaires à la retraite, notamment dans votre cas ?
53:15 Non, je ne suis pas politicien maintenant,
53:19 mais d'autres militaires qui sont à la retraite et qui sont sortis de la réserve mobilisable font la politique.
53:25 Il y en a qui sont des conseillers régionaux, d'autres même ont été députés.
53:30 Donc normalement, la loi du Cameroun, la loi, le statut des officiers,
53:36 permet à des militaires qui ne sont plus dans la streinte de la réserve mobilisable de pouvoir faire de la politique.
53:43 Mais dans mon cas, je ne suis détenteur d'aucune carte de militant, d'aucun parti.
53:49 Mon seul soutien...
53:50 Même pas du RDPC ?
53:51 Non, mon seul soutien, c'est le chef des armées.
53:54 Parce qu'il m'a rendu de très grands services.
53:57 Il m'a apporté son soutien pendant toute la carrière que j'ai passée au sein du mouvement sportif à l'international,
54:03 chez les militaires comme chez les civils.
54:05 Donc, en retour, je dois lui apporter tout le soutien.
54:11 Si j'ai un soutien à lui apporter, je n'hésiterai pas un seul instant à lui donner la totalité de mon énergie en soutien.
54:18 Dernière question, vous avez exercé le pouvoir militaire, mais aussi le pouvoir sportif,
54:24 à la fois comme athlète, puis comme dirigeant du sport civil et militaire.
54:28 Aujourd'hui, est-ce que vous n'êtes pas tenté par le pouvoir politique, et disons même le pouvoir suprême ?
54:37 Je suis vieux maintenant.
54:39 Puisque la jeunesse réclame le rajeunissement de l'exercice du pouvoir.
54:44 Je ne veux pas aller dans mon village et commencer à faire de la compétition contre mes petits-enfants.
54:50 Je ne pense pas que ce soit nécessaire pour moi d'aspirer à une carrière politique, quelle qu'elle soit.
54:58 Même pas au plus haut niveau ?
55:00 Non, soit au Parlement, soit dans une commune. Non, au plus haut niveau, la place n'est pas donnée à tout le monde.
55:08 Je connais mes limites humaines.
55:10 Vous ne souhaitez pas sortir de votre...
55:15 Volontairement, j'ai fait le choix de ne pas aller en politique.
55:18 Je pense que ça résume, n'est-ce pas ? Ça répond à toutes vos questions.
55:22 J'ai choisi de ne pas aller en politique.
55:25 Très bien, M. le Président, peut-être un dernier mot, une sagesse pour tous ces jeunes
55:32 qui animent le mouvement sportif national, peut-être même qui veulent l'intégrer,
55:38 du haut de votre sagesse et de votre expérience, qu'est-ce que vous leur dites ?
55:42 J'ai leur dit d'être persévérant, de travailler, de s'entraîner pour aspirer à la haute performance
55:49 et pour représenter dignement le Cameroun sur la scène internationale,
55:53 mais d'abord eux-mêmes, en tant que sportifs, d'avoir l'ambition d'aller au plus haut possible dans la performance sportive.
56:03 Mais aussi, j'ai choisi l'occasion que vous me donnez pour dire que moi je suis membre du Conseil d'administration
56:11 de l'Académie nationale de football que le Président de la République lui-même a appelé de tous ses voeux
56:18 pour que cette Académie puisse alimenter en talents de footballeur l'équipe nationale du Cameroun.
56:26 Mais je suis au regret un tout petit peu de dire que cette Académie ne marche pas comme nous l'aurions souhaité
56:35 et que le Président ne peut pas créer une structure qui ne marche pas dans toute sa plénitude.
56:42 Je souhaite vraiment, je souhaite vraiment que l'État du Cameroun accompagne véritablement l'existence de cette Académie,
56:52 lui donne les moyens dont il a besoin pour que les nombreux talents de footballeurs dont le Cameroun dispose
57:01 puissent avoir leur expression là-dedans et comme ça alimenter de manière judicieuse notre équipe nationale
57:08 qui a la plupart de ses athlètes hors du Cameroun.
57:12 Colonel Ahmad Kalkaba Malboum, Président du Comité national olympique et sportif du Cameroun, merci d'avoir accepté l'invitation de la CRTV.
57:22 C'est une épreuve difficile, je vous remercie de m'avoir donné la possibilité de dire réellement ce que je pense
57:29 de la marche du mouvement sportif au Cameroun.
57:33 Mesdames et Messieurs, tout passe et nous passons, mais le pays reste et restera toujours.
57:39 Prenons donc grand soin du berceau de nos ancêtres, le Cameroun. Bonsoir.
57:45 [Silence]
58:12 [Bruit d'eau]
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