00:00 Cette semaine je veux revenir sur l'affaire Tony Estanguet, le président du comité d'organisation des jeux.
00:06 Pas du tout sur l'opportunité ou pas d'ouvrir une information judiciaire, le parquet national financier, c'est pas mon sujet.
00:11 C'est sur les commentaires qui ont entouré cette annonce et qui sont, je pense, parfaitement exemplaires des blocages de notre vieux pays.
00:19 D'abord le montant. 270 000 euros bruts par an. Je laisse de côté l'ensemble des dispositifs d'intéressement.
00:27 C'est le salaire classique de n'importe quel cadre dirigeant d'une grande entreprise en France.
00:34 Et quelle grande entreprise en France aujourd'hui a une mission plus importante que le président du comité d'organisation des jeux olympiques dans les 6 mois qui viennent ?
00:43 Vous savez les anglais ils ont un adage "If you pay peanuts you get monkeys". Avec des cacahuètes vous n'attirez que des singes.
00:49 Si l'intérêt général, l'état, ne peut compter que sur des retraités vaillants ou des bénévoles un peu inventifs,
00:59 s'il ne peut pas s'aligner pour attirer les vrais talents du secteur privé, alors il va perdre pied définitivement.
01:07 Mais il y a plus. C'est pas en fait exactement 270 000 euros bruts.
01:13 Dans sa communication, le comité d'organisation des jeux, connaissant un petit peu la presse, a en fait transformé en salaire annuel
01:22 ce qui est une facture émise hors taxe un petit peu supérieure.
01:27 Il a bien fait parce que l'entreprise privée c'est le diable.
01:29 Tony Estanguet n'est pas salarié, quoi ? Il a créé sa propre société qui lui appartient, il envoie des factures hors taxe au comité d'organisation des jeux, mon dieu !
01:38 Et alors là vous lisez, c'est un risque permanent de conflit d'intérêts et d'atteinte à la probité.
01:44 Il n'y a rien qui ne vient à un testé, la liberté est suspecte.
01:47 Il y a une présomption de culpabilité qui accompagne systématiquement dans notre pays le travailleur indépendant, l'entrepreneur indépendant.
01:56 Les conditions de rémunération de Tony Estanguet n'ont rien d'étrange.
02:00 Elles concernent en France des millions de salariés et ils sont contrôlés.
02:03 J'ai pas fini. Le comité d'organisation des jeux olympiques c'est pas les perdreaux de l'année.
02:07 On va voir les URSAF. Les URSAF disent "vous faites comme ça".
02:09 On va voir la délégation générale des finances publiques, les impôts, le fisc.
02:13 Le fisc dit "vous faites comme ça". Signe ce qui s'appelle un rescript.
02:16 Vous n'êtes pas à l'abri d'une enquête.
02:18 Vous n'êtes pas à l'abri de titres de presse qui vont venir jeter la suspicion sur, alors en l'occurrence votre activité, votre nom.
02:27 Jetez un peu de boue sur vos médailles.
02:28 Et je veux rapprocher ça des maires que l'on met en examen pour tout et n'importe quoi.
02:35 Je veux rapprocher ça de l'inquisition patrimoniale invraisemblable qui vous entoure
02:41 dès qu'à un moment vous dites que vous allez vous mettre au service de l'intérêt général.
02:45 Et je me dis que dans ces conditions, il faut une sacrée dose d'inconscience pour se mettre au service de l'intérêt général.
02:53 Et ça les gars, c'est pas une bonne nouvelle.
02:55 [Musique]
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