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  • il y a 2 ans
Mettez vous d'accord avec Najwa El Haite, docteur en droit public et auteur de « Laïcité et république » (L'Harmattan), Jean Baptiste Moreau, ancien député, ancien agriculteur, consultant indépendant, Régis de Castelnau, avocat (blog : « Vu du droit »), Auteur de « Une justice politique » (L'artilleur) et membre de la rédaction Front Populaire et Jean Christophe Gallien, politologue et conseiller en communication

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Transcription
00:00 Bonjour à ceux qui nous rejoignent pour les débats dans le 10h midi.
00:04 On est ensemble pour commenter l'actualité avec Christine Bouillaud.
00:08 Bonjour Christine.
00:09 Bonjour Valérie.
00:10 J'en profite pour vous remercier d'être là, d'être mon brillant joker quand je n'y suis pas.
00:16 Avec plaisir. On s'amuse beaucoup.
00:18 Journaliste à Sud Radio, correspondante à Toulouse, régisse de Castelnau, avocat.
00:22 Vous êtes avocat, vous avez un blog "Vu du droit".
00:25 On peut vous lire aux éditions L'Artilleur avec votre dernier livre "Une justice politique".
00:31 Vous êtes d'ailleurs sur votre blog, on peut lire un certain nombre de réactions sur certaines décisions de justice.
00:39 Et avec nous Jean-Baptiste Moreau, ancien député, ancien agriculteur, consultant indépendant.
00:44 Bonjour.
00:45 Et Najwa El Haïti, docteur en droit.
00:47 Et vous avez publié "Laïcité et République" aux éditions L'Arme attend, Le Remaniement, Tant attendu.
00:54 Tout ça pour ça, c'est un petit peu ce que certains disent ce matin.
00:57 On prend les mêmes, on recommence, on rajoute un peu de Béloubet.
01:00 Donc Madame Béloubet qui arrive à l'éducation nationale.
01:05 Drôle de profil pour l'éducation nationale.
01:07 François Bayrou, "Le Parquet fait appel".
01:10 J'ai trouvé quand même que dans la presse ce matin, il n'y avait personne pour dire du bien de François Bayrou.
01:17 Vous allez me dire que ce n'est peut-être pas étonnant.
01:19 Et puis "La semaine de quatre jours", bonne idée ou non.
01:21 Vos coups de coeur, vos coups de gueule.
01:24 Najwa, on peut commencer avec vous.
01:26 Et la fin de la civise, donc rappelez-nous.
01:31 Alors je vais vous rappeler ce que c'est que la civise.
01:34 La civise, c'est la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants.
01:39 Donc souvenez-vous que cette commission avait été lancée en mars 2021,
01:44 à la suite de la publication du livre de Camille Kouchner, "La familia grande",
01:49 qui révélait l'inceste commis par le politologue Olivier Duhamel sur son frère.
01:54 Souvenez-vous également que la sortie de cet ouvrage a été une onde de choc,
01:59 car il a mis en lumière une réalité crue, dérangeante.
02:04 Donc en France, les chiffres sont alarmants.
02:09 Chaque année, environ 160 000 enfants sont victimes d'inceste et d'agressions sexuelles.
02:16 La situation est alarmante.
02:19 Et moi, en tant qu'avocate, je tenais à souligner, c'est pour ça que je tenais à faire ce coup de gueule,
02:26 c'est qu'en tant qu'avocate, je suis amenée à traiter des dossiers en droit de la famille.
02:31 Et autant vous dire que je perçois ce fléau.
02:35 Et j'ai pu également découvrir un système français complètement défaillant,
02:42 à tous les étages où les enfants victimes ne sont pas du tout protégés de leur agresseur.
02:48 Et c'est pour cette raison que j'estime que la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants
02:55 pouvait jouer un rôle fondamental en écoutant les victimes,
03:00 en renforçant la culture de la prévention et de la protection de ces enfants dans les politiques publiques.
03:06 Donc un rôle essentiel.
03:08 Cette mission d'ailleurs a parfaitement été accomplie, et je tiens à le souligner par le magistrat M. Durand,
03:15 qui était à la tête de cette commission.
03:18 Et sa non-reconduction a précipité la civise dans une succession de crises,
03:23 puisque aujourd'hui on apprend que le président actuel de cette commission, Sébastien Bouel,
03:29 eh bien vient de démissionner.
03:31 J'ai envie de vous dire, mais quel gâchis !
03:33 Quel gâchis, parce qu'on attendait beaucoup, beaucoup de cette commission,
03:38 au regard du fléau actuel que représente...
03:42 - Mais qu'est-ce qui va se passer ? Ca veut dire que cette civise en fait n'existera plus ?
03:45 Ne va plus exister ? Ou on va renommer des gens ?
03:49 Enfin ceux qui ont été nommés étaient un peu controversés aussi, non ?
03:52 - Oui, notamment la vice-présidente de la civise, qui est médecin,
03:57 et qui fait aujourd'hui l'objet d'une plainte pour agression sexuelle.
04:03 Donc là, j'ai envie de vous dire, la justice fera son travail.
04:06 Il ne s'agit pas de la pointer du doigt, puisque la présomption d'innocence, il faut la respecter.
04:15 Mais vous avez, suite à la non-reconduction du juge Durand,
04:20 il y a eu onze démissions des membres de cette commission.
04:24 Et donc autant vous dire que cette commission est en crise.
04:26 D'après les dernières nouvelles, il semblerait que le gouvernement va réunir les associations, les magistrats,
04:36 tous ceux qui sont actifs dans ce domaine-là.
04:40 - Quand vous voyez l'état dans lequel est l'aide sociale à l'enfance, c'est une honte en France.
04:44 - C'est une honte aujourd'hui sur le fonctionnement d'un certain nombre d'organismes,
04:49 et en particulier l'aide sociale à l'enfance.
04:51 Est-ce que vous savez qui est en charge dans le nouveau gouvernement ?
04:54 - Je suppose que c'est Sarah El Haïry, puisqu'elle est en charge de la famille et de l'enfance et de la jeunesse.
05:00 - En espérant qu'elle agisse.
05:03 On va revenir sur la composition du gouvernement.
05:06 On a renommé des gens dont on n'avait jamais entendu parler, dont on ne connaît pas vraiment l'action.
05:10 Je vais acharner un peu sur elle, la secrétaire d'État aux personnes handicapées.
05:14 - Adila El Katabi.
05:17 - Elle est bonne ?
05:18 - Oui, elle était présidente de la commission des affaires sociales depuis 2022.
05:21 Elle est députée de Côte d'Or.
05:24 - Oui, mais on a eu des gens un petit peu plus visibles sur le sujet.
05:29 Pardonnez-moi, mais je rappelle ce que nous a révélé Thomas Alexandre lundi à propos du handicap, et je le redis.
05:39 Emmanuel Macron a promis de rembourser des fauteuils roulants à hauteur de 2800 euros.
05:44 Sauf que c'est 2800 euros, ce n'est pas 3200.
05:48 Si vous achetez un fauteuil roulant à 3200, vous ne touchez rien.
05:51 Et que cette promesse, qui sur le papier est formidable, ne correspond en rien aux attentes des personnes handicapées.
05:58 Puisqu'il y a des enfants, des adultes, des gens qui doivent en changer.
06:02 Ce sont certains de ses administrés qui l'ont alerté sur le sujet.
06:07 - C'est le problème entre les annonces et l'application sur le terrain.
06:09 C'est là tout l'enjeu.
06:10 Oui, mais ce n'est pas forcément uniquement la faute du président pour le coup.
06:13 Je ne sais pas exactement ce qu'il en est sur ce dossier.
06:16 Mais globalement, c'est un problème de la décision publique.
06:20 Pour avoir été législateur, entre ce que vous votez à l'Assemblée nationale et la façon dont c'est appliqué sur le terrain.
06:25 Vous avez parfois d'énormes surprises.
06:26 C'est bien tout l'enjeu, à mon avis, des années qui viennent.
06:29 C'est que les députés, notamment, aient le pouvoir de contrôler l'application des lois.
06:32 Qu'ils arrêtent de faire des lois à l'emporte-pièce toutes les semaines.
06:36 Et qu'ils aient le temps d'aller contrôler sur le terrain la façon dont elles sont appliquées.
06:39 Parce qu'on a vraiment des énormes surprises.
06:42 Des fois, c'est complètement à rebours de ce qu'on a voté, ce qui est appliqué sur le terrain.
06:46 Dans le cas de l'espèce, je ne sais pas ce qui s'est passé.
06:48 Peut-être qu'il y a eu aussi des problèmes en haut.
06:50 Mais je peux vous dire que, pour l'avoir vécu, c'est vraiment très compliqué.
06:55 Et le rôle du législateur, ce n'est pas que de faire des lois, c'est aussi de vérifier qu'elles sont appliquées.
07:00 On a parlé récemment avec les agriculteurs sur les galimes.
07:02 - Absolument. Christine ?
07:03 - Je voudrais revenir sur une histoire, rapidement.
07:05 On l'a traité cette semaine.
07:07 C'est l'histoire de l'aide sociale à l'enfance.
07:09 Une fille de 15 ans qui s'est suicidée dans un hôtel où elle avait été placée dans le puits de Dôme.
07:14 Moi, je trouve ça absolument terrible.
07:18 Elle n'aurait jamais dû y être si les décrets d'application avaient été signés.
07:24 Et, comble de l'ironie, quand la question a été posée lors des questions au gouvernement,
07:29 ce décret a été signé mardi, en début d'après-midi, par Gabriel Attal,
07:35 pour interdire le placement des mineurs, seuls, qui sont placés par l'aide sociale à l'enfance,
07:40 dans des hôtels, donc totalement livrés eux-mêmes.
07:43 Voilà ce qui éloigne, chaque jour un peu plus, je pense,
07:48 la population de la décision et du choix des politiques.
07:53 Qui prennent des décisions.
07:55 Mais je vous rejoins, Mme Baptiste, c'est comment sont appliquées derrière tout ce qui est annoncé.
08:00 C'est ça, c'est la difficulté entre l'annonce et l'application.
08:03 Et ça, c'est dévastateur, je trouve, pour réconcilier le citoyen et l'action politique.
08:09 - Oui, je vois fin des sortissages de l'aide sociale à l'enfance.
08:12 La loi Taquet n'est toujours pas appliquée.
08:14 Et qu'il n'y a pas d'accompagnement, il n'y avait en tout cas pas d'accompagnement jusque-là.
08:19 Régis, un mot sur la civise et, effectivement, sur cette situation-là ?
08:27 - Je connais assez mal le problème de la civise.
08:30 Je suis désolé, je suis arrivé un peu en retard.
08:32 J'étais à l'heure, moi, mais c'est vous qui avez commencé un peu en avance, Valérie.
08:37 Moi, je peux répondre sur l'ASE.
08:41 L'ASE, c'est un désastre.
08:44 C'est un désastre, alors je ne vais parler que d'un des problèmes que je connais bien, sinon très bien.
08:50 C'est celui des mineurs non accompagnés.
08:52 C'est-à-dire qu'un certain nombre d'associations en France
08:55 ont transformé le fait que les mineurs non accompagnés doivent être pris en charge par les départements.
09:03 Les ASE, c'est une division des départements.
09:06 Ce n'est pas une entité qui a une personnalité morale.
09:09 Et donc, on a aujourd'hui de véritables trafics.
09:12 C'est-à-dire que 60% des MNA en France sont originaires de 3 ou 4 pays d'Afrique,
09:18 et puis d'autres ailleurs, bien sûr, et en général ne sont pas des mineurs.
09:23 Ce sont des majeurs.
09:24 Et donc, ça coûte environ, il y a eu une commission d'enquête parlementaire,
09:29 il y a eu des rapports qui ont été faits,
09:31 ça coûte entre 2 et 3 milliards d'euros par an au département.
09:36 C'est une catastrophe, parce que décret d'application, je veux bien,
09:41 mais il y a également la question des moyens.
09:43 Et la question des moyens, ces moyens sont obérés par un phénomène
09:47 qu'on refuse de prendre en charge ou de regarder en face,
09:50 qui est celui de ces filières d'immigration que sont devenues les MNA en France.
09:57 - Alors, on a un peu dévié du sujet de départ,
09:59 mais ça concerne effectivement l'enfance qui devrait être une priorité,
10:02 et effectivement la civisme qui était là,
10:05 cet organisme qui était là pour lutter contre l'inceste et les violences intrafamiliales.
10:12 - On ignore son avenir.
10:14 Et le gouvernement a annoncé des rencontres avec les spécialistes de la question
10:21 pour savoir ce que va devenir cette commission.
10:25 Ce jour, on n'en sait rien, puisqu'elle multiplie les crises.
10:29 - Oui, et elle avait commencé un travail sérieux en plus,
10:32 et qui était salué par les associations, par de nombreuses personnes.
10:36 Donc j'espère que, notamment Éric Dupond-Moretti,
10:38 va se ressaisir et va redynamiser, parce qu'elle est indispensable.
10:42 - Juste un mot sur la présomption d'innocence sur la vice-présidente.
10:46 Camille, une auditrice, me dit "j'ai été très choquée de lire ce qui avait été relaté".
10:50 Encore une fois, attention, on n'est pas dans le dossier.
10:53 - C'est un examen médical.
10:55 - C'est un examen médical, donc ça c'est quand même très particulier.
11:00 C'est une femme d'expérience, c'est une femme respectée dans son milieu.
11:05 Caroline Raissalmon, qui est une pédiatre,
11:08 une femme qui est à l'hôtel de l'URGENCE MÉDICO-LÉGAL.
11:13 Donc attention, attention.
11:15 - Oui, on a vu des gynéco attaqués aussi dans le même cadre.
11:19 - Donc attention à la façon dont on peut interpréter les choses.
11:24 Régis, vous vouliez parler de...
11:28 - Juste un dernier petit mot, pour essayer de compenser mon terrible retard,
11:34 concernant cette mise en cause de cette personne.
11:37 Effectivement, j'ai jeté un coup d'œil.
11:39 C'est assez terrible.
11:41 C'est la façon dont cet examen a été vécu,
11:44 qui a été fait par une personne manifestement d'expérience.
11:48 J'ai lu quelques détails, on ne va pas en parler ici.
11:51 Mais effectivement, on a une perception de quelque chose,
11:55 et c'est normal, qui doit être un peu traumatisant.
11:58 Et immédiatement, la presse s'en empare,
12:01 il y a un achat médiatique qui se déclenche.
12:04 C'est une période terrible.
12:06 Parce que lorsque ça vous arrive, c'est la mort sociale quasiment assurée.
12:10 Moi, mon coup de cœur,
12:13 mais non, c'est méchant ce que je vais faire,
12:15 mais mon coup de cœur, c'est ce pauvre Biden.
12:19 Biden a inventé une machine à voyager dans le temps.
12:22 Il l'a rencontré, émettément, à Londres.
12:25 Maintenant, il a rencontré Helmut Kohl.
12:29 Et il pense que le pays qui jouxte la zone de Gaza, c'est le Mexique.
12:34 Donc c'est terrible.
12:37 Je ne sais pas, en état, dis-moi, même pas...
12:40 - Pourtant, vous avez vu que cette nuit, il a démenti avoir quelques problèmes de mémoire, que ce soit.
12:45 - Oui, mais c'est justement en démentant qu'il a dit que Sisi était président du Mexique.
12:50 - Alors, les Républicains de la Chambre des représentants à 800 majoritaires
12:55 ont dit qu'il n'était plus en état.
12:57 Je pense qu'il suffit de regarder ces interventions pour le constater.
13:01 Attention, c'est qu'il a des moments de lucidité.
13:05 Rappelez-vous, ce qu'on disait, ce n'est pas pour le comparer, ce qu'on disait de Pétain,
13:09 c'était ses conseillers qui disaient qu'il avait 4 heures de lucidité par jour à 84 ans.
13:13 Mais là, c'est vraiment préoccupant.
13:16 Écoutez un discours de Biden, c'est gênant.
13:19 Alors, le problème, c'est que Trump continue à engranger les victoires dans les primaires,
13:27 que la candidature de Biden, on se pose beaucoup de questions.
13:32 Et pendant ce temps-là, le monde continue à tourner avec des crises extrêmement importantes,
13:38 c'est-à-dire des risques de guerre généralisés.
13:41 Et on peut se dire que, où en sommes-nous ?
13:45 Comment se fait-il que nous soyons arrivés à une telle situation ?
13:49 Et dans un monde globalisé, ce qui arrive aux Etats-Unis, tout le monde le voit.
13:55 Tout le monde le sait.
13:57 Et donc, je me dis, je trouve ça très inquiétant.
14:02 - C'est très inquiétant.
14:03 Juste avant de passer au journal, cette petite blague qui circule sur Internet,
14:07 c'est Biden au téléphone et qui dit "comment ça va Otto ?
14:10 Alors apparemment, tu as réussi à capturer Napoléon III à Sedan.
14:13 Allez, je te laisse, passe le bonjour à Madame Bismarck".
14:16 Voilà, effectivement, on en rit, mais c'est assez tragique.
14:21 Allez, à tout de suite, après le journal sur Sud Radio.
14:24 - Patrimoine historique, gastronomie renommée, quartiers animés,
14:27 festivités culturelles, bouchons lyonnais, sport et créativité.
14:31 Depuis le sommet de Fourvière, Sud Radio rayonne désormais à Lyon et le Grand Lyon sur 105.8.
14:36 Connectez-vous aussi avec l'appli Sud Radio et parlons vrai.
14:40 - Sud Radio, le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Expert.
14:46 - Et on est ensemble pour commenter l'actualité.
14:48 L'actualité, est-ce une actualité ?
14:50 Le remaniement, tout ça pour ça, un gouvernement complété,
14:54 donc hier avec un petit peu toujours les mêmes,
14:58 et certains arrivants qu'on ne connaît pas bien quand on n'est pas capé comme vous, Jean-Baptiste Moreau.
15:04 Nicole Belloubet à l'Education nationale, qu'en pensez-vous ?
15:07 François Bayrou, le parquet a fait appel.
15:10 Les réquisitions, je le rappelle, avaient été assez fortes, assez sévères,
15:15 et il avait été relaxé au bénéfice du doute.
15:18 - On pourra en parler avec vous, cher Régis de Castelnau, sur cette justice politique.
15:22 - J'ai écrit sur le sujet.
15:23 - Oui, je sais, c'est ce que j'ai dit, mais vous n'étiez pas là quand je vous ai présenté.
15:26 Donc on est ensemble avec Régis de Castelnau, avocat.
15:29 On peut vous lire sur votre blog "Vu du droit" et votre livre "Une justice politique est parue aux éditions L'Artilleur".
15:35 Christine Bouillaud, journaliste à Sud Radio, correspondante à Toulouse.
15:38 Jean-Baptiste Moreau, ancien député, ancien agriculteur et consultant indépendant.
15:42 Et Najwa El Haïti, docteur en droit public et auteur de "Laïcité et République" aux éditions L'Armatant.
15:48 Alors, on continue notre tour de table avec vos coups de cœur et vos coups de gueule.
15:53 Jean-Baptiste, c'est un coup de gueule, je suppose ?
15:56 - Oui, comme d'habitude, je sais faire que ça, pratiquement.
15:59 Non, c'est une vidéo qui tourne depuis quelques jours, pas mal, sur Twitter,
16:03 sur François Bégaudot, qui participait à un débat dont le titre en dit long déjà
16:07 "L'école au cœur du projet raciste et réactionnaire".
16:09 - François qui, pardon ?
16:11 - Oui, je sais, je fais un peu exprès.
16:13 - Quand même, il a réalisé au moins...
16:15 - C'est-à-dire que si on écoute France Inter, on sait qui c'est.
16:17 - Il a réalisé au moins un bon film, c'était "Entre les murs" sur l'école rurale,
16:20 franchement qui m'avait beaucoup plu et c'était une ode à l'école rurale.
16:24 Et franchement, c'était plutôt un bon film.
16:26 Mais depuis, ses prises de position sont absolument ineptes et incompensibles.
16:31 Alors là, il est très fort, il dit quand même "L'école est quand même une instance d'humiliation des classes populaires"
16:36 et je ne suis pas loin de penser qu'elle a été conçue pour ça.
16:39 Là, on est dans sostoulemondedesvictimes.com
16:42 c'est d'expliquer que, en plus, c'est un mépris de classe, c'est un mépris social.
16:46 C'est-à-dire qu'à partir du moment où on est issu des classes populaires,
16:48 forcément, on est incapable de réussir à l'école
16:50 et même l'école fait exprès de vous faire échouer.
16:52 Moi, je viens d'une école rurale, j'ai eu de pères paysans,
16:55 j'ai eu plein de copains en classe qui ont réussi des parcours,
16:58 qui ont fait des écoles d'ingénieurs, qui ont réussi des superbes parcours
17:01 et qui se sont extraits, justement, de leurs conditions de départ,
17:04 qui ont fait complètement autre chose que ce à quoi ces gens-là les prédestinent.
17:08 Parce que finalement, ces gens-là, c'est la moraline d'extrême-gauche,
17:12 ce qu'ils visent, c'est l'assignation à résidence.
17:15 C'est-à-dire que les pauvres restent pauvres, les riches restent riches,
17:17 comme ça, ça leur permet d'entretenir leurs petits rêves de révolution et de grand soir.
17:23 Mais c'est du mépris, moi, ça me fout en rogne.
17:27 Alors, je suis d'accord que l'école a des imperfections
17:30 et que la méritocratie n'est pas suffisamment présente,
17:32 mais la faute à qui ? La faute à eux, justement.
17:35 La faute à leur logiciel idéologique qui veut que tout le monde est égal,
17:39 qu'il ne faut surtout pas mettre de notes aux enfants parce que ça les traumatise,
17:43 qu'il ne faut surtout pas...
17:44 Je veux dire, qu'ils préparent une dégénération de poules ou de plantes vertes
17:49 en essayant surtout pas de les élever, mais en les maintenant dans leurs conditions.
17:56 C'est ces gens-là qui sont responsables de cette situation-là.
17:59 L'école républicaine, depuis tout le temps, et encore à mon époque,
18:03 et je pense encore aujourd'hui dans beaucoup d'écoles,
18:05 elle permet justement de s'élever, d'aller vers l'autonomie,
18:10 d'aller vers l'envie de découvrir d'autres choses,
18:14 et c'est son rôle, et elle le joue parfaitement,
18:17 encore pour beaucoup, je pense, même si c'est largement perfectible,
18:22 et alors après on va nous restrainer, le manque de moyens et tout ça.
18:25 C'est pas ça le problème de...
18:27 Je veux dire, c'est cette idéologie le problème de l'école.
18:30 C'est pour moi pas grand-chose d'autre, hélas, et le niveau aujourd'hui,
18:34 et l'idéologie, le dogme dans lequel sont enfermés un certain nombre d'enseignants.
18:38 Mais je pense que le rôle de l'école, c'est justement,
18:41 et il n'y a absolument pas de projet pour l'école de maintenir un ordre social tel qu'il est,
18:46 c'est-à-dire les riches restent riches, les pauvres restent pauvres.
18:48 On est dans la limite du complotisme, c'est d'une bêtise insondable,
18:54 et franchement, moi ça me révolte, parce que justement,
18:57 si je suis là aujourd'hui, si j'étais député, c'est grâce à l'école républicaine,
18:59 grâce à ma classe unique, rurale, grâce à mon petit collège de 140 élèves,
19:04 et voilà, je suis sorti de la trajectoire où ces gens-là veulent assigner les gens.
19:11 - On pourra reparler de l'éducation nationale, évidemment, avec la nomination de Mme Belloubet.
19:15 Christine, vous aviez un A. Régis voulait réagir à ce que vous venez de dire avant.
19:20 - Oui, simplement, je suis en partie d'accord avec Jean-Baptiste Moreau,
19:28 c'est que, effectivement, l'école est un outil de reproduction, mon camarade Louis-Alec Dussert,
19:35 il y a fort longtemps, on parlait d'appareil biologique d'État,
19:39 mais aujourd'hui, j'ai vu, moi, Bélgodo,
19:42 Bélgodo, il est quand même assez connu dans les milieux germanopratins, mais au-delà,
19:46 mais c'est idiot, cette accusation est idiote,
19:50 parce qu'il ne faut quand même pas oublier que l'éducation a été une priorité,
19:55 y compris des pays socialistes, Emmanuel Todd parle d'obsession,
19:59 concernant l'éducation, et la République a fait un très beau travail.
20:05 Aujourd'hui, il y a un abaissement, sinon une catastrophe éducative,
20:11 ça c'est tout à fait réel, il faut en analyser les causes,
20:15 mais présenter l'école et l'accès au savoir comme un outil de domination
20:21 visant à reproduire un ordre social, c'est totalement sommaire,
20:25 parce que ce n'est pas vrai, c'est contradictoire,
20:28 bien évidemment, c'est contradictoire, l'histoire est dialectique, nous a dit Hegel,
20:32 mais l'école, c'est aussi ce que Jean-Baptiste décrivait.
20:37 Donc, je ne sais pas pourquoi il prend la pause comme ça,
20:41 en venant dire voilà, mais j'ai vu qu'il y avait derrière lui,
20:44 lors de cette émission, il y avait toute la bande des indigénistes,
20:49 et des décolonialistes, oui c'est comme ça qu'on les appelle,
20:54 avec Oria Boutelja au premier rang, c'était de la complaisance pure,
20:59 et je trouve ça assez nul, parce qu'il a dit des choses
21:01 qui étaient parfois intéressantes sur l'éducation.
21:03 - On passe à Christine, votre coup de gueule, c'est un sujet qu'on voulait traiter,
21:08 donc on va pouvoir en débattre, à propos des médecins et de la consultation.
21:12 - Oui, qui devrait, je dis bien devrait, parce que rien n'est encore écrit dans le marbre,
21:17 qui devrait donc passer la consultation chez notre médecin généraliste à 30 euros.
21:21 On est en passe d'avoir un accord entre l'assurance maladie
21:25 et les six représentants des syndicats de médecins généralistes,
21:29 mais ça serait, alors je dis serait, parce qu'il y a plusieurs contreparties
21:34 qui ont été posées par l'assurance maladie, à savoir réduire,
21:38 ce que les médecins s'engagent à faire réduire le nombre de médicaments
21:41 qui sont consommés par les français annuellement,
21:43 et augmenter également la présence de ces médecins généralistes
21:46 pour assurer, on va dire, les débuts de garde week-end,
21:49 pour soulager sans doute les services d'urgence.
21:52 Je rappelle que la moyenne d'une consultation chez un médecin généraliste,
21:57 je parle de la moyenne européenne, est à 47 euros.
22:00 - Oui.
22:01 - 26,50 euros aujourd'hui, c'est-à-dire qu'on octroie 4,50 euros d'augmentation
22:06 aux médecins généralistes en 3,50 euros, pardonnez-moi,
22:09 qui n'avaient pas bougé depuis 2017.
22:12 Beaucoup disent, le problème, un, il est effectivement dans la tarification,
22:18 mais c'est surtout dans l'attractivité du médecin généraliste,
22:21 du métier de médecin généraliste.
22:23 Donc les réponses ne sont pour l'instant pas à la hauteur,
22:26 d'après ce que nous disent les syndicats de médecins,
22:29 et on assiste aussi, et le revers de la médaille il est là pour les patients,
22:34 à de nombreux médecins généralistes qui aujourd'hui sortent du conventionnement
22:40 et appliquent la consultation à 50 euros.
22:44 Et donc au bout du bout, c'est encore une fois,
22:46 parce qu'on n'arrive pas à valoriser ce métier de médecin généraliste,
22:50 au bout du bout, c'est le patient qui en pâtit.
22:53 Voilà, je rappelle qu'un médecin généraliste qui va sortir dans les 5-6 prochaines années,
22:57 puisqu'on a enfin desserré un tout petit peu le numerus clausus,
23:01 il aura fait 10 ans, puisqu'on leur a rajouté une année supplémentaire de stage,
23:07 avant de pouvoir commencer à exercer, s'ils le souhaitent, en libéral.
23:11 Donc 10 ans à 30 euros, la consultation qui dure en moyenne entre 25 et une demi-heure,
23:17 c'est le minimum requis, je pense que c'est encore une fois le système de santé.
23:22 J'espère que le ou la nouvelle ministre, j'avoue je ne me souviens plus très bien du nom,
23:26 - C'est Frédéric Valthoux. - Frédéric Valthoux.
23:28 - Voilà, paraît-il très bon communicant,
23:31 pourra effectivement sortir ce dossier assez rapidement par le haut,
23:35 parce que dans les territoires, dans les villes,
23:39 la question du médecin référent devient aujourd'hui un vrai problème,
23:42 une vraie inquiétude pour les français.
23:44 - Oui, non mais vous avez raison, oui, il réagit.
23:47 - Valérie, je peux dire du bien de Frédéric Valthoux maintenant ou un peu plus tard ?
23:52 - Allez-y, allez-y. - C'est le seul bon communicant.
23:56 Non, il a été journaliste, c'est quelqu'un qui connaît très bien toute l'affaire publique,
24:02 son père était le dirigeant d'une des grandes banques des collectivités locales,
24:06 bon c'est un ami, je ne l'ai pas vu depuis très longtemps,
24:08 et puis politiquement on a des désaccords désormais,
24:11 mais c'est quelqu'un qui a une expérience sociale, une expérience politique,
24:16 qui connaît ces dossiers, donc se contenter de dire qu'il communique bien,
24:21 j'ai vu qu'on disait ça aujourd'hui, c'est peut-être un peu facile.
24:25 Quand je vois les castings de ces gouvernements,
24:28 où on a des gens sortis de nulle part, qui sont incompétents,
24:31 on vient de voir la catastrophe ou des hacks, etc.,
24:34 je vois arriver Frédéric Valthoux, je ne pense pas que ce soit une erreur de casting.
24:40 - Non, et puis il était président de la Fédération de l'hôpital public en plus,
24:43 donc en termes de santé, et ce que disait Christine Bouillaud,
24:47 l'année qui a été rajoutée de stages pour les médecines générales,
24:51 c'est pour aller en stage justement dans les zones sous-dotées,
24:54 et notamment dans les campagnes, pour sortir un peu de l'idée reçue du médecin.
24:57 - Non mais vous savez combien ils vont être payés après 9 ans d'études ?
25:00 - Oui, oui, non mais c'est un vrai problème.
25:02 - Je veux dire, aller faire un tour dans les facs de médecine,
25:04 et auprès des futurs médecins généralistes, ils vont un peu à la mère.
25:07 - C'est bien pour ça aussi que l'obligation...
25:10 - Non mais on n'a pas fait ça, pardonnez-moi, je suis obligée de rectifier,
25:13 on n'a pas fait ça pour les former encore un peu plus,
25:16 on a fait ça parce qu'on ne trouvait personne pour aller dans les zones sous-dotées.
25:19 - Oui, mais aussi pour leur faire découvrir que la médecine rurale
25:23 change un peu quand même aujourd'hui, et que ce n'est plus le médecin qui est corvéable à merci.
25:28 Enfin, non mais si, je vous fais un fond de la pose, je connais un peu la médecine générale.
25:32 Il y a aujourd'hui beaucoup de maisons de santé,
25:35 il y a beaucoup de choses qui sont mises en place,
25:37 et donc il y a des moyens de ne plus être corvéable et taillable à merci
25:40 avec la médecin qui passe à 21h30 voir les personnes âgées pour les renouvellements de médicaments,
25:45 ça on en sort un peu, heureusement, parce que de toute façon il n'y a que comme ça
25:48 qu'on arrivera à redonner de l'attractivité à ce métier,
25:51 effectivement, pas les faisant bosser tous les week-ends,
25:53 et tous les soirs jusqu'à 23h en visite et en consultation.
25:57 - Non mais ce que je veux dire Jean-Baptiste, c'est que cette année-là supplémentaire,
26:01 elle n'a pas été imposée aux autres.
26:03 C'est que cette année-là supplémentaire, ça peut être un repoussoir pour les étudiants
26:06 en médecine, quand ils doivent choisir leur spécialité.
26:09 Vous le savez très bien, il y a un tuyau qui est quand même compliqué.
26:12 Donc plus vous rajoutez, et rajoutez une année supplémentaire,
26:15 alors qu'ils sont déjà à Bac+9, qu'ils ont fait des stages dans tous les services,
26:18 ils ne choisissent pas les services dans lesquels ils sont.
26:21 Je rappelle quand même qu'ils font tourner les hôpitaux l'été.
26:23 Enfin, je veux dire, ces étudiants en médecine,
26:25 je vous espérais quand même qu'on est conscient de la somme de travail,
26:31 et que derrière, on rajoute la dixième année, et qu'on s'arrête à 30 euros la consultation,
26:36 je dis qu'on se tire encore une fois de Bac+9.
26:39 - Non mais il faut redonner de l'attractivité, évidemment il faut redonner de l'attractivité.
26:42 - Ça passe aussi par la rémunération de la consultation.
26:44 - Oui, oui, complètement, oui, c'est sûr.
26:46 - On se retrouve dans un tout petit instant, petite pause pub,
26:49 et on va parler de la composition du nouveau gouvernement.
26:52 A tout de suite.
26:53 - Sud Radio, votre attention est notre plus belle récompense.
26:56 - Merci Sud Radio de donner la parole aux cinq voix.
26:59 - Oui.
27:00 - Grâce à vous, on avale, c'est on avale.
27:02 - Sud Radio, parlons vrai.
27:04 - Bonjour, c'est...
27:06 - Sud Radio, le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Exper.
27:11 - Avec vous sur Sud Radio, pour commenter l'actualité,
27:14 ce nouveau gouvernement, à l'instant je vois sur X Twitter,
27:18 qu'on a payé un million d'euros, la mairie de Paris a payé un million d'euros
27:22 pour afficher ces espèces d'immondes cartons
27:25 pour promouvoir les Jeux Olympiques.
27:28 - Sur la façade.
27:29 - Sur la façade, c'est un truc absolument abominable,
27:31 des cartons bleus qui ressemblent à rien.
27:33 Et donc on a dépensé, on a dépensé ça.
27:35 Bon, bref.
27:36 - Mais elle n'est pas une mini de plus.
27:39 - Non, non, non.
27:40 - Et puis le déficit est tellement abyssal que de toute façon on n'est plus à un million près.
27:43 - Absolument.
27:44 Parlons donc de ce nouveau gouvernement,
27:47 enfin peut-on dire nouveau gouvernement vu le nombre de redoublants, on va dire.
27:54 - Ou de rattrapages.
27:56 - Ou de rattrapages.
27:57 - Ou alors ils ont eu un mois de vacances.
27:59 - On a envie de se demander, mais tous, je pense qu'ils ont été très stressés.
28:02 C'est ce que nous disait Fanta Berrettet hier,
28:04 c'est que c'est une situation quand même d'incertitude pendant presque un mois.
28:08 - C'est surtout une situation d'incertitude pour les collaborateurs qui ne sont pas payés.
28:11 - Oui, c'est ce dont on a évoqué hier, mais on a envie de dire tout ça pour ça.
28:18 C'est-à-dire de retrouver Agresti Roubage, de retrouver Patrice Vergriet,
28:22 de retrouver toujours les mêmes.
28:25 Non ?
28:27 Alors, la parole est à la défense.
28:31 Mais ça veut dire quoi ?
28:32 Que personne ne veut y aller ?
28:33 Qu'ils n'ont personne ?
28:34 Mettre Belloubet à l'éducation, on va en parler dans un instant.
28:37 - Belloubet, elle a été directrice de Limoges pour le coup.
28:39 - Oui, mais en fait, elle représente de quoi ?
28:41 - De Toulouse.
28:43 Depuis hier, on dit toujours Toulouse, mais on ne dit pas qu'elle était directrice de Limoges.
28:47 - Ah si, on dit les deux.
28:49 Mais elle représente tout ce qu'on ne veut plus voir en politique, quand même.
28:54 - Elle connaît les sujets d'éducation.
28:56 En tant que directrice, elle les connaît bien.
28:58 - Elle est très appréciée.
28:59 - Elle est plutôt appréciée.
29:00 Elle n'avait pas hésité à claquer la porte quand les décisions ne lui allaient pas en 2005.
29:04 Elle trouvait qu'il n'y avait pas de moyens suffisamment mis dans l'éducation nationale.
29:07 Elle s'est démissionnée de son poste.
29:09 C'est une femme de caractère.
29:10 Moi, je la connais bien, parce que je l'ai connue en tant que garde des Sceaux quand j'étais député.
29:13 Mais ce n'est pas flashy, elle ne va pas enflammer les foules sur un débat, ça c'est certain.
29:18 Mais après, ce n'est pas forcément ce qu'on lui demande.
29:20 Elle connaît bien les sujets de l'éducation nationale.
29:23 Il faut des gens compétents.
29:25 Peu importe d'où ils viennent et leur parcours.
29:29 - Mais elle semble quand même assez loin, on entend ce matin dans les médias,
29:32 elle semble assez loin de la ligne Gabriel Attal.
29:34 - C'est plus le souci, ça.
29:36 - Oui, sur l'affaire Mila, où elle a estimé qu'il y avait blasphème.
29:42 En gros, c'était des fariboles que de vouloir mettre l'uniforme.
29:48 - Avec Najwa, on a un parcours un peu commun.
29:50 Et c'est vrai que sur tout ce qui est laïcité, respect de la laïcité,
29:55 ce n'est pas forcément celle qui a les convictions les plus acharnées,
29:58 effectivement, dans tous les ministres qu'on a eues.
30:00 - C'est un peu embêtant.
30:01 - Ce n'est pas Jean-Michel Blanquer.
30:02 - Vous en pensez quoi alors de ce... Oui, mais c'est ça.
30:04 - J'en pense quoi ? J'en pense qu'il y a un certain nombre de gens,
30:07 dont des amis qui sont retournés et qui le méritent.
30:11 Je pense à Roland Lescure, je pense à Agnès Pannier-Hunacher,
30:14 je pense à Olivia Grégoire.
30:16 Il y a un certain nombre d'amis qui ont été promus.
30:19 Je pense à Marie Lebec et Guillaume Casbarian,
30:22 qui sont tous ces profils que je viens de citer,
30:25 ce sont des gens qui travaillent énormément,
30:27 qui ne s'amusent pas dans les ministères où ils sont,
30:31 et qui ne s'amusaient déjà pas en tant que députés
30:34 et dans les responsabilités qu'ils ont eues.
30:35 Donc ce sont des gens qui sont bosseurs,
30:37 qui veulent faire bouger les lignes et qui veulent faire bouger les choses.
30:40 J'entends toute la LFI tomber sur Guillaume Casbarian depuis hier,
30:43 parce qu'il avait fait un projet de loi sur les squatteurs.
30:45 C'était juste pour éviter les squats et les spoliations des petits propriétaires notamment.
30:50 C'est la dérive habituelle de la gauche, bien pensante,
30:54 qui raconte absolument n'importe quoi sur toutes les thématiques.
30:58 - Quel est le bilan de Mme Agresti-Roubach ?
31:01 Quel est le bilan de Franck Riester ?
31:03 Quel est le bilan d'Hervé Bervin ?
31:06 - Moi je veux bien intervenir là-dessus.
31:08 - C'est ça la question.
31:09 - Je ne vais pas parler du bilan, mais en tous les cas...
31:12 - Bah si, parlons-en.
31:13 - À la petite enfance, je pense avoir quasiment tout dit,
31:17 mais en tous les cas, pointé du doigt les défaillances.
31:21 Mais c'est vrai qu'au bout de quatre semaines,
31:23 la réalité c'est qu'on s'attendait à un effet, je disais à Jean-Baptiste Moreau,
31:29 à un effet "Waouh".
31:31 Mais "Waouh" non pas par rapport aux compétences des ministres,
31:36 comme vous le disiez Jean-Baptiste.
31:40 Il y a des ministres qui sont bosseurs,
31:44 qui certes ne sont pas connus,
31:47 mais en tous les cas qui ont une légitimité dans certains domaines.
31:51 Et on pense notamment au logement.
31:54 Par contre, l'effet "Waouh", il n'est pas au rendez-vous,
31:57 notamment par rapport aux prises de guerre à droite,
31:59 hormis l'arrivée de Rachida Dati.
32:03 Et il n'y a pas de personnalité de gauche qui est rejointe le gouvernement.
32:09 Et c'est vrai qu'au bout de quatre semaines,
32:11 on s'est dit qu'il va y avoir un effet de surprise.
32:13 Et cet effet de surprise n'est pas au rendez-vous.
32:17 Alors vous avez la petite tension et les tiraillements avec François Bayrou,
32:22 qui ont fait l'objet de cette actualité, de ce remaniement.
32:26 Mais autant vous dire que le Modem va sentir quand même plutôt bien.
32:30 Il retrouve les quatre postes au sein de ce gouvernement,
32:36 donc agriculture, affaires européennes, numériques et familles.
32:40 Alors qu'on constate que du côté d'horizon, c'est moins bien,
32:45 avec deux postes à la transition écologique et à la santé.
32:49 Mais on reste quand même sur notre faim.
32:53 Alors je reviens à l'éducation nationale.
32:55 Quand même l'éducation nationale, qui est un portefeuille extrêmement important.
33:01 - On va en reparler, je voudrais faire un tour de table,
33:04 déjà sur la composition en soi du gouvernement,
33:06 qui fait un peu pchit, quand on parle d'effet Wahou.
33:09 Oui, on est dans ce qu'on dénonce, c'est-à-dire l'effet d'affichage.
33:13 Et on attendait peut-être un gouvernement un peu plus surprenant,
33:17 en termes de cap ou de compétence.
33:20 - Ou même d'incarnation, par rapport à des combats.
33:24 - Alors Christine, je vous entendais dire non, non, non.
33:27 - Pour moi, ça a été laborieux, c'est très laborieux cette nomination.
33:32 Voilà, pour arriver à ça justement.
33:34 C'est-à-dire que, depuis que Gabriel Attal a été nommé,
33:38 on a quand même vécu une crise agricole.
33:40 Enfin, un psychodrame avec la ministre de l'éducation nationale,
33:43 sur des propos qui ont ravivé d'un coup,
33:46 presque la guerre publique-privée dans l'éducation.
33:49 Il s'est tellement passé de choses qu'on se dit,
33:52 arrive un gouvernement avec des têtes qui étaient déjà là avant,
33:55 mais pourquoi alors à ce moment-là,
33:57 elles ne sont pas sorties tout de suite du chapeau,
33:59 il y a quatre semaines.
34:01 Donc ça, c'est première interrogation.
34:03 Après, sur le casting, je vais dire quelque chose
34:05 qui ne va pas plaire à Jean-Baptiste,
34:07 c'est que les Français sont usés, quoi.
34:09 Ils sont fatigués.
34:11 - Mais qu'ils s'en foutent, on est d'accord.
34:13 - Non mais ils sont plus que ça, Jean-Baptiste.
34:15 - Oui, c'est ça, je pense que c'est au-delà de ça.
34:17 - Parce que ça nous agite, ça nous intéresse,
34:20 ça nous permet de raconter des choses.
34:22 Je l'entends.
34:23 Je dirais que le site...
34:26 Madame Michu, qui va au marché ce matin,
34:28 je suis persuadée que si on...
34:30 - Ah oui, elle s'en colle, c'est pour ça qu'elle parle.
34:32 - Ah mais, total, Jean-Baptiste, je suis désolée de vous le dire,
34:34 que ce soit X ou Y, le casting,
34:36 les compétentes qui n'ont pas forcément tous les diplômes requis,
34:38 je n'en sais rien.
34:40 Mais toujours est-il que ça donne une image,
34:42 et je le redis par rapport à ce que je disais tout à l'heure,
34:44 de la politique qui est quand même relativement pas glorieuse.
34:47 Si vous rajoutez en plus le scud de, pardonnez-moi du terme,
34:51 de François Bayrou dans son communiqué à l'AFP
34:54 pour parler du style atal
34:56 et de la façon dont les affaires de l'État sont menées
34:59 au détriment,
35:01 il y a cette fracture aussi,
35:03 soi-disant, entre le Nord et le Sud,
35:05 le gouvernement trop parisien, très éloigné
35:07 de ce qui se passe au Sud de la Loire.
35:09 Bon, tout ça,
35:11 ça sent quand même
35:13 l'essoufflement d'une dynamique d'équipe.
35:16 Moi, j'aime bien les comparaisons avec le sport,
35:18 on ne sent pas le vent nouveau, le souffle nouveau,
35:20 pour dire "la deuxième partie de saison va mieux se passer".
35:23 - C'est l'effet Wahou évoqué par Najwa.
35:27 Régis, je vous donne la parole juste après la pub,
35:29 vous arrivez toujours au moment de la pub.
35:31 - Oui, d'accord, tout va bien.
35:33 - Je vous promets que vous aurez la parole au retour.
35:35 - Je suis paisible.
35:37 - Je suis paisible.
35:39 Mettez-vous d'accord, Valérie Exper.
35:41 La semaine prochaine,
35:43 à l'occasion de la Saint-Valentin,
35:45 écoutez le Grand Matin Sud Radio
35:47 et gagnez votre séjour d'exception.
35:49 Une nuit au somptueux hôtel Le Clair de la Plume,
35:52 ensuite avec les petits déjeuners
35:54 et votre dîner au bistrot à la ferme Chapouton.
35:57 Découvrez la carte co-signée par le célèbre chef Glenn Vielle.
36:01 Une expérience gastronomique incomparable
36:04 vous attend au pied du château de Grignan en Trône-Provençal,
36:08 au cœur de la première région productrice de truffes en France,
36:11 avec Sud Radio et l'hôtel Le Clair de la Plume.
36:14 Sud Radio, parlons vra Sud Radio.
36:17 Le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Exper.
36:21 - Alors, on est ensemble avec vous pour commenter l'actualité,
36:24 cette actualité gouvernementale, le nouveau gouvernement.
36:27 Alors Régis, on attend avec impatience votre sentence.
36:30 - Oui, je vais reprendre ce qu'a dit Christine,
36:35 parce que c'est vraiment, c'est moins la composition du gouvernement.
36:39 Moi, les trois quarts des gens, je ne les connais pas,
36:41 j'en ai pour certains jamais entendu parler.
36:43 Les Français sont... bon, je reste poli complètement, c'est tout à fait exact.
36:49 Moi, ce qui me frappe, c'est la façon dont ça s'est passé.
36:52 La façon dont ça s'est passé, ça fait deux mois
36:55 que ça tournicote dans tous les sens,
36:58 qu'on nous vend le premier ministre le plus jeune,
37:01 qu'on attend, il y a eu effectivement les agriculteurs,
37:07 ce qui est une crise importante, sinon une crise majeure.
37:10 Il y a ce qui se passe dans le monde, il y a la crise européenne.
37:13 Et donc là, on a l'impression d'une espèce de foutoir,
37:15 une espèce de bazar.
37:17 Alors, de deux choses l'une, soit ça sent la fin de règne,
37:21 c'est-à-dire qu'il n'y a plus de maîtrise,
37:23 parce que le principal responsable de l'impression qu'on a là,
37:27 c'est quand même Emmanuel Macron, c'est lui le patron.
37:30 Alors, de deux choses l'une, soit il ne maîtrise plus,
37:33 soit, ou il n'a plus les moyens de maîtriser,
37:36 soit véritablement le gouvernement tel qu'il est prévu dans la Constitution
37:42 qui détermine les conduits de la politique de la nation n'existe plus,
37:45 c'est-à-dire que tout a été rassemblé.
37:47 Attention, ses prédécesseurs l'ont fait déjà, mais pas à ce niveau-là.
37:50 Donc aujourd'hui, qui est le premier ministre et qui sont les ministres ?
37:53 Si on s'en moque, c'est peut-être aussi parce que ce n'est pas là que ça se décide.
37:58 Ils mettent parfois techniquement et administrativement en œuvre une politique,
38:05 mais que celle-ci est décidée à l'Élysée, avec le président de la République,
38:09 entourée par des conseillers qui tous doublent les ministères.
38:13 Oui, mais effectivement, on l'évoquait hors antenne, on est à combien ?
38:17 34 ministres ?
38:19 35, un gouvernement de 35, et secrétaire d'État,
38:23 donc ce n'est pas franchement resserré.
38:25 Précédemment, parce qu'il y en avait 40 quelques, je crois,
38:28 mais oui, ce n'est pas vraiment ce qu'on peut appeler hyper resserré.
38:31 Donc Mme Belloubet, on va parler de sa nomination au ministère de l'Éducation.
38:37 Là aussi, on se demande pourquoi elle ?
38:41 Alors oui, Christine, vous nous avez dit qu'elle était appréciée, qu'elle avait été rectrice.
38:46 Maintenant, quand on a eu Blanquer, quand on a eu Attal,
38:50 nommer Belloubet, ça paraît être...
38:52 C'est un autre style.
38:54 Ça sera un autre style.
38:56 Mais sans doute que sa nomination, déjà, elle vient de l'aile gauche en tous les cas.
38:59 C'est une ancienne socialiste, il ne faut pas l'oublier.
39:02 Elle était très proche ici, en Occitanie, avant qu'elle parte à Limoges, chez vous Jean-Baptiste,
39:08 dans l'Académie de Limoges, elle a fait, et effectivement à l'époque,
39:12 tout le personnel, alors ça n'empêchait pas des manifestations et des grèves,
39:16 mais disons en tant que rectrice, elle a été respectée et appréciée dans les discussions,
39:20 et pour, on va dire, sa faculté à aborder les sujets,
39:24 notamment en termes d'inclusion, en termes de moyens dans les quartiers défavorisés
39:30 ou dans les territoires un peu plus en difficulté.
39:33 Mais son passage comme garde des Sceaux a effectivement pas laissé la même impression
39:38 dans le monde de la justice, souvenez-vous.
39:40 Il y a plusieurs avocats autour de la table, c'est évident qu'elle n'a pas laissé la même impression.
39:46 Donc elle sera peut-être plus à l'aise sur les questions d'éducation.
39:50 La vraie question c'est, est-ce qu'elle aura le droit de se glisser
39:54 dans des sujets qui sont, on va dire, les grands axes de communication de Gabriel Attal,
40:02 c'est-à-dire le retour de l'uniforme, dont je dis, entre parenthèses,
40:06 qu'en ce moment les écoles qui étaient censées être candidates,
40:08 ont renoncé sous pression des parents qui n'en veulent pas.
40:12 Donc il n'y aura peut-être pas autant d'écoles que ça.
40:15 Et sur le choc des savoirs et le dédoublement, enfin pas le dédoublement,
40:20 les classes de niveau dans les collèges.
40:22 Donc c'est des sujets sur lesquels il va falloir qu'elle discute avec les organisations syndicales.
40:27 Et le côté positif qu'elle va avoir, c'est qu'elle connaît leur ADN,
40:33 elle n'ira pas en frontale comme a pu faire Jean-Michel Blanquer,
40:36 et certainement qu'elle n'ira pas en frontale non plus comme a pu faire Gabriel Attal
40:40 quand il est arrivé, qui a fait un discours plus à destination des familles
40:43 qu'à destination des enseignants.
40:45 - Peut-être qu'il faudrait quand même quelqu'un en frontale à un moment aussi.
40:48 - Oui, oui, non mais je ne dis pas, c'est dans le style que je fais la comparaison.
40:52 - Mais concernant Nicole Belloubet, Christine le rappelait,
40:55 elle a négativement marqué, quand elle était ministre...
41:02 - Garde des Sceaux.
41:03 - Oui, Garde des Sceaux, donc ministre de la Justice,
41:05 et c'est vrai que nous en tant qu'avocat, on a été particulièrement marqué
41:10 de sa mauvaise gestion quand il s'agissait de débattre en 2020
41:15 concernant la réforme des retraites, où elle souhaitait,
41:19 enfin en tous les cas elle défendait l'entrée des avocats dans le régime universel.
41:23 Je rappelle que les manifestations ont duré deux mois,
41:28 ce qui est historique au niveau des barreaux.
41:31 - Robert Banninter est décédé.
41:33 - Oui, oui, j'ai vu, mais on va en parler.
41:35 - Ah, j'ai pas entendu.
41:37 - Il vient d'apprendre le décès de Robert Banninter à l'âge de 95 ans.
41:40 - Emblématique Garde des Sceaux.
41:42 - Absolument, mais je voulais qu'on en parle juste après.
41:45 Je voulais juste terminer sur Nicole Belloubet.
41:47 - Donc elle a marqué, en tant que ministre de la Justice,
41:50 elle a été, enfin elle a mal géré les choses,
41:53 et notamment cette grève historique des barreaux.
41:58 Ensuite, j'ai envie de prendre de la hauteur et de vous dire,
42:01 moi, là où je suis inquiète, c'est par rapport au ministère de l'Éducation nationale.
42:06 Alors j'espère être positivement surprise,
42:09 mais on a quand même 5 ministres qui se sont succédés,
42:13 avec, on va dire, une idéologie différente en ce qui concerne l'école.
42:19 Alors on avait un ministre très attaché à la laïcité,
42:23 je pense notamment à Jean-Michel Blanquer,
42:26 un ministre, Jean-Michel Attal,
42:30 - Gabriel Attal, excusez-moi,
42:33 - Je vous fais des... - Gabriel Attal,
42:36 qui, et moi ça me plaisait,
42:38 qui manifestait une autorité,
42:40 qui a manifesté une autorité par rapport à l'école,
42:43 et on parlait de l'uniforme,
42:46 et je trouve que c'était trop court.
42:50 Et j'aurais aimé que ça s'inscrive dans la durée.
42:54 Et le ministre de l'Éducation,
42:56 enfin le ministère de l'Éducation nationale
42:58 est un ministère qu'on doit prendre très au sérieux
43:00 parce qu'il s'agit de l'avenir de nos enfants.
43:02 L'avenir de nos enfants dans un cadre où,
43:05 quand même, vous avez des enseignants
43:08 qui ont soif de sens,
43:11 et qui, à aujourd'hui, rencontrent un véritable malaise
43:16 parce qu'ils estiment que leur situation
43:18 se dégrade de plus en plus,
43:20 et puis, eh bien, on les valorise pas suffisamment.
43:24 Donc moi je suis très inquiète pour l'Éducation nationale,
43:28 et j'espère être surprise. Je l'espère.
43:31 - Jean-Baptiste Moreau.
43:33 - Je partage aussi un peu les inquiétudes de Najwa,
43:36 parce qu'on a combattu ensemble sur la laïcité,
43:40 et en point de se faire traiter d'une entreprise de laïcards
43:44 par certains de nos amis politiques.
43:46 Effectivement, entre la ligne Jean-Michel Blanquer
43:50 et celle esquissée par Gabriel Attal,
43:53 et la ligne Papendia et Nicole Belloubet,
43:55 c'est effectivement pas du tout la même ligne
43:58 sur l'école de la République et la laïcité.
44:01 Donc on verra un peu ce que va faire
44:04 Nicole Belloubet à l'Éducation nationale.
44:06 Maintenant, il faut garder à l'esprit aussi
44:08 que le Premier ministre Gabriel Attal avait dit
44:11 qu'il gardait aussi un œil très vigilant
44:13 sur l'Éducation nationale.
44:15 Il y a un certain nombre d'annonces
44:16 dans son discours de politique général sur le sujet.
44:18 Donc espérons que les petits comptes
44:20 ne nous fassent pas encore un zigzag.
44:22 - Vous savez ce que c'est que d'être Premier ministre ?
44:24 Aussi on peut pas tout gérer.
44:27 - Oui, on peut pas tout gérer,
44:28 mais on supervise quand même les actions de ses ministres.
44:31 C'est quand même la base de l'Éducation nationale.
44:33 - Robert Badinter est mort.
44:35 Alors Régis, oui, on va évidemment en parler dans un instant.
44:40 Régis, vous vouliez juste peut-être dire un mot
44:42 sur Mme Belloubet.
44:43 - Oui, juste dire un mot.
44:44 Elle a été un mauvais garde des Sceaux, ça c'est clair.
44:46 Elle n'est pas la seule.
44:47 Son successeur n'est pas terrible non plus,
44:49 ça c'est mon opinion.
44:50 Le problème, c'est que l'Éducation nationale est par terre.
44:55 C'est actuellement, dans beaucoup d'aspects,
44:59 une véritable catastrophe.
45:01 Et qu'est-ce que je constate ?
45:03 Qu'après Blanquer, grosse déception parmi ceux qui attendaient
45:09 retour à l'autorité, à l'ordre, etc.
45:12 Et après on a Pape Diaye, un échec.
45:15 - Oui, c'est ça.
45:16 - Gabriel Attal, une dizaine de minutes
45:19 à la tête de ce grand ministère.
45:22 Oudéa Castellas, une catastrophe.
45:26 Et maintenant, on a, ce n'est pas une comparaison,
45:30 un cheval de retour qui est Nicole Belloubet,
45:34 après une carrière très longue.
45:36 Elle a été membre du Conseil constitutionnel aussi.
45:39 Donc, ça témoigne bien de la réalité d'une crise.
45:44 Depuis le départ de Blanquer, on a vit gavu.
45:50 - Jean-Michel était resté quand même 5 ans.
45:53 - Oui, il est quand même resté assez longtemps.
45:56 Robert Badinter est mort à l'âge de 95 ans.
45:59 Confirmation de l'agence France Presse.
46:03 Passer vers les avocats que je vais me tourner.
46:06 Ça représentait, évidemment, quelqu'un à l'abolition de la peine de mort.
46:10 Un grand avocat.
46:12 Un militant.
46:14 Il était né en 1928, effectivement.
46:17 Et il a traversé le siècle.
46:20 Peut-être vous, Régis, qui êtes plus ancien.
46:22 - Oui, plus ancien et qu'il est connu comme avocat.
46:26 Avant qu'il devienne garde des Sceaux
46:29 et ensuite président du Conseil constitutionnel.
46:31 Alors, pour moi, il y a deux parties dans Robert Badinter.
46:36 C'est le combat pour la peine de mort.
46:39 Certains disent que c'était une volonté de François Mitterrand.
46:43 Non, c'était, oui, une volonté de François Mitterrand.
46:46 Mais avant, en tant qu'avocat, il a mené un combat extrêmement courageux.
46:50 Il avait été complètement traumatisé par la décapitation de Buffet.
46:55 Donc, il était l'avocat à laquelle il avait assisté.
46:58 Et après, il a mené un combat personnel.
47:00 Il a été sauvé Patrick Henry.
47:02 Alors que devant la même cour d'assises que celle qui avait condamné Buffet.
47:06 Et il a sorti de dessous le couteau.
47:09 Non, non, ça, magnifique.
47:11 Il a sorti plein de gens.
47:13 Il a prononcé plein de décisions qui renonçaient à la peine de mort.
47:18 Et ensuite, il l'a porté devant l'Assemblée nationale.
47:20 Mais ça, c'était plutôt symbolique, cette dimension-là.
47:23 Après, en tant que garde des Sceaux, en tant que président du Conseil constitutionnel,
47:27 il a accentué ce que je considère comme une évolution négative
47:32 sur les compétences, l'élargissement des compétences du Conseil constitutionnel.
47:36 Là, je serai plus réservé.
47:37 Mais là, c'est directement politique.
47:39 Mais en tant que combatant de cette cause, il a été magnifique.
47:43 Oui, oui, c'est...
47:45 Pour le coup, on parlait de nos politiques.
47:48 Là, on avait affaire à quelqu'un d'autre.
47:51 Je parlais de charisme et d'incarnation.
47:54 Robert Badinter représentait un combat.
47:59 Et mon confrère le rappelait, en faveur de l'abolition de la peine de mort.
48:06 C'est une source d'inspiration pour de nombreux avocats.
48:09 C'est vrai qu'on se souvient de son magnifique discours,
48:13 très puissant à l'Assemblée nationale sur cette question.
48:18 C'est vrai que c'est ce type d'hommes, d'hommes politiques,
48:22 qui nous manquent aujourd'hui.
48:24 Il faut le reconnaître.
48:26 On parlait, je me répète un peu, d'incarnation.
48:29 Mais c'est des hommes politiques comme ça qui font qu'on se bat,
48:34 on se mobilise sur des causes nobles.
48:37 Et c'est ce qui manque à la classe politique aujourd'hui.
48:41 - Jean-Baptiste ? - Oui, c'est un de ceux qui m'a
48:45 plus profondément marqué dans mon enfance et mon adolescence.
48:48 Et qui m'a donné envie de m'engager en politique.
48:51 J'ai eu la chance de le croiser...
48:53 - Sans son épouse, Elisabeth Badinter, effectivement.
48:57 - A quelques reprises.
48:59 On ne peut être qu'impressionné par cet homme.
49:02 Il y a eu effectivement son combat sur la peine de mort,
49:05 il y a eu son parcours pendant la Deuxième Guerre mondiale.
49:09 Et puis il y a eu, je me souviens aussi,
49:11 qui m'avait fortement marqué, c'était sa colère aux Veldives
49:14 sur les sifflets à l'encontre de François Mitterrand.
49:17 C'était quelque chose de puissant, c'était un homme de conviction,
49:20 c'était un homme engagé, qui n'avait pas sa langue dans sa poche,
49:23 qui ne pratiquait pas les éléments de langage en boucle,
49:26 comme certains le font aujourd'hui,
49:28 et qui était vraiment un homme de conviction,
49:30 qui a exprimé, même ses désaccords, avec son propre camp,
49:33 c'était un homme admirable,
49:35 et évidemment on ne peut que saluer sa mémoire
49:38 et regretter qu'on n'ait pas beaucoup d'héritiers aujourd'hui de Robert Badinter.
49:42 - Christine ?
49:44 - Je rappelle, 144 pays au monde ont aboli la peine de mort aujourd'hui.
49:49 Le combat n'est pas terminé,
49:51 mais il y a parfois aussi,
49:53 et je me souviens d'interventions de Robert Badinter,
49:57 même s'il était vieillissant ces derniers temps,
50:00 qu'il s'inquiétait de certains sondages
50:03 où les Français n'étaient pas contre le retour de la peine de mort
50:06 pour certains crimes.
50:08 Donc on voit bien que ce combat-là,
50:11 il le portait certes en tant que garde des soeux à l'époque,
50:14 mais qu'il reste d'actualité,
50:16 donc sa mémoire aujourd'hui,
50:18 elle va être importante
50:20 de rappeler ce que finalement notre démocratie lui doit.
50:26 Voilà, c'est important.
50:28 - Effectivement, que sa voix, sa mémoire, sa sagesse
50:31 continuent à imprimer et à se faire entendre
50:36 encore aujourd'hui.
50:38 Je pense beaucoup d'hommages évidemment à venir.
50:41 On continue dans un instant,
50:43 on va revenir sur une actualité plus proche,
50:47 enfin plus proche pardon, sur une autre actualité.
50:49 Je voulais vous entendre, Régis De Castelnau,
50:52 sur l'appel du parquet dans l'affaire Bayrou.
50:55 A tout de suite.
50:56 - Et on est ensemble jusqu'à midi.
51:08 Alors Régis, vous avez publié, je le rappelle,
51:11 un livre qui s'appelle "Une justice",
51:13 qui s'intitule "Une justice politique".
51:15 François Bayrou avait été relaxé au bénéfice du doute,
51:20 je le précise, ce qui n'était pas déjà très glorieux.
51:23 Et le parquet de Paris a fait appel,
51:29 François Bayrou lui dénonce un acharnement.
51:31 Alors est-ce qu'il y a du politique là-dedans ?
51:33 - Oh là là là là là !
51:35 Bon, j'ai écrit un livre, mais j'ai écrit sur cette affaire,
51:39 j'ai écrit un article il y a quelques jours.
51:41 Tout le monde doit filer vers mon blog, "Vu du droit".
51:44 Bon, non, simplement, première observation,
51:46 la relax de François Bayrou est une plaisanterie.
51:51 Elle a fait rire tout le monde dans les couloirs du Palais,
51:54 parce qu'on est venu nous dire qu'il y avait une espèce de système
52:00 qui permettait de payer des emplois directement politiques
52:05 avec les attachés parlementaires du Parlement européen,
52:09 mais que François Bayrou, le chef de ce parti,
52:13 qui était présenté, si vous voulez, quasiment comme l'organisateur de tout ça,
52:19 puisqu'il était le patron par Corine Lepage dans son livre de 2015,
52:23 qui fait tout démarrer.
52:25 Donc après ça a pris du temps,
52:27 dire qu'il n'était pas au courant, ça n'est pas sérieux.
52:30 Juste un exemple, juste un exemple.
52:33 Sa secrétaire personnelle, qu'il voyait donc tous les jours ou presque,
52:38 pendant cinq ans, était payée par le Parlement européen
52:43 pour être à ses côtés.
52:45 Bon, moi je veux bien tout ça, il n'était pas parlementaire européen.
52:47 Donc tout ça n'est pas très sérieux.
52:50 Et cette décision était une décision que l'on a considérée de complaisance.
52:56 Venir dire qu'il y avait un système,
52:59 tous les autres ou presque ont été condamnés,
53:01 et venir dire "mais le patron ne savait pas",
53:03 je veux bien, mais c'est un peu se moquer du monde.
53:06 Le problème, c'est qu'à cause du parquet,
53:09 j'ai perdu, j'en avais pas fait le pari,
53:13 mais moi je disais que le parquet n'allait pas faire appel.
53:16 J'ai dit "ma prévision c'est qu'ils ne vont pas faire appel".
53:19 Or, il y avait des réquisitions qui étaient sévères initialement,
53:22 du parquet, lors de l'audience, c'était assez sévère,
53:25 et surprise pour moi, le parquet fait appel.
53:28 Alors qu'est-ce que ça veut dire ?
53:29 Dans une initiative et une affaire comme celle-là,
53:31 il y a toujours un commanditaire pour une telle démarche judiciaire.
53:35 La seule question, alors je ne sais pas,
53:37 je ne sais pas pourquoi il y a eu un appel,
53:41 je ne sais pas ce qui s'est produit...
53:43 - Le parquet n'est pas indépendant ?
53:45 - Pardon ?
53:47 - Le parquet n'est pas indépendant ?
53:49 - Non, non, non, le parquet,
53:51 non, non, mais même indépendant ou pas,
53:53 heureusement, il est soumis à l'exécutif,
53:57 ce qui est tout à fait logique.
53:59 Non, mais c'est peut-être le patron du parquet qui a décidé de...
54:03 Je ne sais pas pourquoi il y a eu cet appel.
54:07 La seule question que je me pose maintenant,
54:09 c'est l'attitude de François Béroud,
54:12 qui a dédié le modem étant au gouvernement,
54:16 au contraire du soutien sans participation,
54:20 mais maintenant les participations sans soutien.
54:22 Je trouve ça assez joli comme version.
54:25 Est-ce que François Béroud,
54:27 sachant qu'il y aurait cet appel,
54:29 puisqu'il s'était présenté comme une victime affreuse le premier jour,
54:33 et qu'il avait subi quasiment un lynchage,
54:37 est-ce que son attitude vis-à-vis du macronisme
54:44 et du pouvoir macroniste aujourd'hui
54:46 est la conséquence de cette très mauvaise surprise pour lui ?
54:50 Je ne sais pas.
54:51 Je ne sais pas, ça je ne peux pas le dire.
54:52 Christine ?
54:53 Juste, Régis, le parquet a communiqué en disant
54:56 que les faits caractérisent des infractions reprochées
54:59 et les preuves de ces délits sont réunies contre tous les prévenus,
55:03 parce qu'ils sont trois.
55:04 Et relax, François Béroud joue sur les mots,
55:07 parce que relax lui dit "j'ai été blanchi, je le serai une seconde fois",
55:11 ce n'est pas un blanchiment, c'est une relax,
55:12 parce que pas suffisamment d'éléments probants...
55:14 Oui, c'est ça, au bénéfice du doute.
55:15 Au bénéfice du doute, effectivement.
55:17 Oui, mais le résultat est le même, Christine.
55:19 Le résultat est le même, il est innocent pour l'instant,
55:22 d'abord présentation d'innocence...
55:24 Oui, mais ce que je veux dire, c'est qu'il va y avoir une bataille à nouveau judiciaire
55:28 autour de ça et autour de qui savait quoi et comment c'est fait.
55:31 Mais le parquet dit clairement, c'est aussi son rôle,
55:34 le parquet, de dire qu'il est fait sans caractériser
55:37 et que les preuves de ses délits sont réunies.
55:40 Voilà, c'est pour ça qu'ils font appel.
55:42 Oui, mais ça c'est la motivation judiciaire.
55:46 Mais il y a une motivation politique évidente, ça on ne pourra pas...
55:50 Est-ce qu'il y a effectivement vengeance du gouvernement, comme le dit un auditeur ?
55:55 Quand vous lisez les réseaux sociaux, c'est ce qui est sous-entendu,
55:59 mais en tous les cas, moi je n'irai pas dans cette voie-là,
56:03 même si le parquet n'est pas indépendant.
56:05 D'ailleurs, vous aviez un arrêt de la Cour de justice de l'Union Européenne
56:09 qui évoquait cette absence d'indépendance du parquet, je ferme la parenthèse.
56:14 Mais en tous les cas, force est de constater, et Régis le rappelait,
56:18 les réquisitions du parquet étaient très sévères, sont très sévères.
56:22 Et donc, je ne suis pas non plus étonnée que le parquet fasse appel.
56:27 Et ça me rappelle aussi une affaire récente qui concerne Olivier Dussopt.
56:34 Il est dans la même situation que Monsieur Bayrou, c'est-à-dire qu'il a été relaxé,
56:41 et le parquet a fait appel.
56:43 Et quand vous lisez les réquisitions du parquet,
56:46 elles sont toutes aussi sévères vis-à-vis d'Olivier Dussopt.
56:49 Et bien là, pourtant, Olivier Dussopt, et là je parle sous le contrôle de Jean-Baptiste,
56:56 Jean-Baptiste est le chouchou du président.
56:59 Il est toujours le chouchou du président.
57:01 - Il n'est plus au gouvernement.
57:02 - Non, il n'est plus en tous les cas au gouvernement,
57:04 mais il était le chouchou du président.
57:06 Et pourtant, ça n'a pas empêché le parquet de faire appel.
57:09 - Absolument.
57:10 - Oui, oui, Jean-Baptiste sur cette affaire.
57:12 - Honnêtement, je parle devant des avocats, donc je vais être assez humble,
57:16 mais théoriquement, on va dire, le garde des Sceaux n'a pas le droit
57:20 de donner d'instruction sur des affaires particulières.
57:23 Il donne des instructions générales, mais il n'a pas à donner
57:26 quelques instructions que ce soit au parquet sur telle ou telle affaire,
57:30 quelle qu'elle soit.
57:31 Donc, voilà, je ne sais pas exactement ce qu'il en est.
57:34 C'est vrai que, je dois le rappeler, il y a eu appel aussi à Olivier Dussopt,
57:39 ce qui ne peut pas dire que c'est une manigance de l'exécutif.
57:42 Donc, je pense que le parquet est suffisamment indépendant.
57:44 Et effectivement, moi, j'avais les réquisitions, y compris vis-à-vis de François Bayrou,
57:48 étaient très sévères du parquet.
57:49 Donc, ce n'est pas tellement surprenant qu'il s'oppose à la relaxe pure et simple,
57:54 vu la teneur des réquisitions.
57:56 Pas vraiment une surprise.
57:57 Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment lié aux expressions de François Bayrou,
58:02 hier, dans les médias, pour plus d'incompréhension.
58:05 - Non, mais qui peuvent en être la conséquence.
58:07 - Oui.
58:08 - C'est-à-dire que, moi, je me demande si ce n'est pas le fait,
58:12 parce qu'il l'a appris avant, le fait qu'il y ait cet appel,
58:15 qui fait que François Bayrou est très fâché et a commencé à grogner.
58:19 Je me demande si ce n'est pas l'inversion.
58:22 - Bah, écoutez, on va en tout cas suivre cela.
58:26 Et on va laisser travailler ce gouvernement, comme on dit.
58:32 Merci à tous les quatre.
58:33 Et on se retrouve lundi.
58:35 Très bon week-end.
58:36 Et tout de suite, c'est Alexis Poulin qui est avec vous.
58:38 - Sud Radio, parlons vrai, arrive dans le joyau de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
58:43 Depuis le sommet de Fourvière, Sud Radio rayonne désormais à Lyon et Le Grand Lion sur...
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