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  • il y a 6 heures
Avec Marie-Laure PERETTI, psychothérapeute et sexologue. Docteure en psychopathologie fondamentale et
psychanalyse, elle exerce également en tant que zoothérapeute et pratique la médiation
animale

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##NOEPISODE##
Transcription
00:00Quentin est avec nous, bonjour, bonjour Quentin.
00:03Oui, bonjour Brigitte, bonjour Marie-Laure.
00:05Bonjour Quentin.
00:06Enfin un homme quand même, parce que sinon on aurait cru que les chiens n'étaient que...
00:14Effectivement.
00:15Oui, alors moi je voulais intervenir, mon chien, moi il a vraiment été un support émotionnel,
00:21surtout là dernièrement, pendant ma période de divorce.
00:24Ça a vraiment été un atout pour moi, parce que voilà, j'avais l'impression qu'elle ressentait ce que
00:34je ressentais moi.
00:35Mais c'était votre chien ou c'était le chien du couple ?
00:38C'était le chien du couple, mais du coup c'est moi qui l'ai gardé.
00:43Donc comme un accord j'imagine ?
00:45Oui, oui, oui, bien sûr.
00:47Parce que ça crêpe, il y a des cas de divorce où le chien est un problème, parce que les
00:52deux veulent garder le chien.
00:55Oui, oui, mais là, non, elle n'a pas souhaité garder le chien, et du coup moi c'est assez
01:01naturellement mon chien.
01:04Et du coup voilà, donc ce que je vous disais, c'est qu'elle a vraiment été un support pour
01:10moi,
01:11parce que le coup de blouse du dimanche soir, une fois qu'on a ramené les enfants chez leur mère
01:16et qu'on rentre et que la maison est désespérément vide,
01:20ou c'est la période où on peut craquer, ben voilà, le chien nous regarde et on l'a juste
01:24à s'asseoir et elle vient directement sur nous.
01:27Et j'en avais besoin, j'ai asserré contre moi et je ne cherchais pas à partir.
01:31J'avais vraiment l'impression qu'elle était là pour me consorcer, pour me consoler.
01:35C'est très fort, très très fort les chiens, ils sont très forts.
01:39Ah oui, oui, question de ça, je veux dire, on voyait, elle le sentait, j'étais à peine rentré, je
01:45me suis dans le canapé, elle sortait de son panier, elle venait directement sur moi.
01:50Elle remplace le vide, c'est vraiment ça, c'est vraiment, tout d'un coup vous vous sentez un peu
01:57vide, et là tout d'un coup, la place est prise.
02:01Direct, parce que, évidemment, le chien arrive, chaleur, immédiatement, vous vous rendez compte ?
02:07Donc du coup, le vide, la chaleur transforme tout.
02:11Oui, à un moment-là, le vide est plus ou moins complet.
02:12Ben sûr, bien sûr, bien sûr.
02:15Et du coup, ça a vraiment été...
02:17Et d'ailleurs, je conseille, je ne sais pas si vous l'avez fait Quentin, mais je conseille dans ces
02:21cas-là,
02:22ne pas hésiter, même s'il ne comprend pas les paroles, à parler à son chien.
02:28Et justement, si j'avais l'impression peut-être de paraître pour un fou, c'est ce que j'allais
02:32vous demander.
02:33Parce que, ben voilà, je parlais à mon chien, en leur disant, ben écoute, oui, ça va aller.
02:36Bon, ben les enfants, ils ne sont pas là cette semaine, on va s'en trouver qu'à deux.
02:40Ben, c'était vraiment...
02:42Ouais, voilà, j'avais une discussion avec mon chien, mais au moins, je pouvais parler, je ne parlais pas tout
02:47seul,
02:47je parlais avec mon chien, et je n'avais pas l'impression d'être solitaire à ce moment-là.
02:51Je rassure, vous n'étiez pas fou, et ça vous a fait du bien, et ça a fait du bien
02:56aux chiens aussi.
02:57Parce que le chien, il ressent votre souffrance, votre tristesse,
03:04et le fait que vous parliez, il sent que tout doucement, vous vous apaisez.
03:09Et donc, ça lui fait du bien, vous voyez ?
03:12D'accord, oui, oui.
03:13Vous êtes d'accord, Marie-Laure ?
03:14Je suis complètement d'accord, mais vous voyez, ça me fait même penser à quelque chose.
03:18C'est que quand on est... Vous venez de le décrire très très bien, je trouve, avec vos mots,
03:23et vraiment très bien par rapport à votre chienne, qui, quand vous étiez en détresse, finalement,
03:28vous lui parliez, et elle était là.
03:33Quand on est triste...
03:34C'est ça, elle avait l'oreille attentive, oui.
03:35Exactement.
03:36Quand on est triste, avec ses enfants, ben, il faut faire pareil.
03:42Parce que les enfants, ils savent, ils sentent, eux aussi, quand on est triste.
03:48Alors, évidemment, il ne s'agit pas de tout déballer, mais il s'agit aussi de dire,
03:55papa ou maman est un peu triste ce soir, tu sais, on est juste tous les trois,
04:01alors qu'avant, on était tous les quatre, et ça me manque.
04:03Voilà, des choses comme ça.
04:04Parce que de la même façon que le chien, la chienne vous a capté,
04:08mais alors, cinq sur cinq, les enfants aussi.
04:11Et si on ne leur dit pas, et qu'on garde pour soi,
04:14ben, l'enfant, il a toujours tendance à se dire,
04:17est-ce que je n'ai pas fait quelque chose de mal ?
04:19Ah, d'accord.
04:20On s'est peut-être plus pensé à les préserver,
04:23et pas leur dire que ça n'allait pas,
04:25et leur dire, justement, que tout va bien, vous inquiétez pas.
04:28Tout va bien, ne vous inquiétez pas.
04:30À votre avis, qu'est-ce qu'ils entendent ?
04:32Inquiète-toi.
04:33Ouais, inquiète-toi, ouais, peut-être.
04:35Ben oui, ils voient bien que vous n'êtes pas...
04:36Si votre chien le voit, les enfants aussi, ils le voient.
04:40Ouais, peut-être.
04:40C'est vrai que sur le moment, là, nous, on essaie de protéger plus ou moins les enfants aussi.
04:45Déjà, qu'ils vivent, ils prennent en pleine face à la séparation,
04:48on n'a pas envie de leur imprimer non plus.
04:51Non, mais il n'est pas question de dire autre chose que,
04:56simplement, vous êtes un peu malheureux,
04:58parce que vous aimiez mieux quand vous étiez tous les quatre.
05:03Ben voilà.
05:04Et ce qui est vrai, d'ailleurs, et les enfants seront d'accord avec vous.
05:08Ben oui, complètement.
05:09Vous voyez ?
05:09Oui, oui, oui.
05:10Oui, oui.
05:12Vous, en fait, vous imaginez un truc un peu catastrophiste.
05:15C'est pour ça que vous n'osez pas le dire.
05:18Ben c'est vrai que si on dit, ah, ça va pas avec cette voix-là...
05:21Ben c'est sûr, je comprends.
05:23Mais si vous vous dites simplement, ben oui, c'est un peu dur, là, en ce moment...
05:28Ben, comme vous avez dit, Brigitte, ben je préférais quand on était quatre.
05:31Voilà, c'est tout.
05:31Vous voyez ? Juste des choses simples.
05:33Évidemment, vous n'allez pas commencer à dire,
05:35votre maman, c'est une vilaine femme, elle m'a quittée,
05:38elle me rend malheureuse, c'est à cause d'elle.
05:40Ça, c'est nul.
05:41On est d'accord.
05:42Mais c'est pas ça.
05:43Non, non, non.
05:43On ne peut pas les mêler à cette histoire, les mettre autre chose.
05:45Mais voilà, absolument.
05:47Mais juste des mots simples.
05:49Franchement, elle a raison.
05:50D'ailleurs, ce que vous avez dit à votre chienne, c'est assez sobre
05:53quand vous lui disiez que vous étiez tous les deux,
05:56que les enfants étaient repartis chez leur mère.
05:58C'était sobre ce que vous lui disiez.
06:01Et d'ailleurs, votre réflexion, Brigitte, c'est de dire que
06:04finalement, votre chienne, elle se rendait compte
06:06que vous alliez de mieux en mieux
06:09par les mots que vous pouviez lui dire.
06:12Oui, c'est-à-dire la tendation de la voix
06:13ou le fait que vous m'en avez parlé.
06:16Et si vous dites à vos enfants
06:17la même chose que ce que vous pouvez dire
06:20à votre chienne,
06:21eux aussi vont sentir que vous vous apaisez
06:24et que finalement, ça va, quoi.
06:26D'accord.
06:27Alors que si vous faites semblant que ça va,
06:30et que vous leur dites, non, non, tout va bien,
06:31alors qu'ils viennent de vous voir avec une larme à l'œil,
06:34ils vont se dire,
06:36il y a quelque chose qui ne va pas.
06:37C'est là qu'il risque de racièter.
06:39Il nous manque des choses comme ça.
06:40Bien sûr, bien sûr.
06:41Les enfants, ils ressentent aussi.
06:44On a dit tout à l'heure
06:45que les chiens étaient des éponges,
06:46les enfants aussi.
06:48Oui, c'est vrai.
06:50Eh bien, merci, Quentin.
06:52Oui, oui.
06:52J'ai un témoignage.
06:53Très chouette.
06:55Beaucoup.
06:56Non, c'est nous.
06:56Merci, Quentin.
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