00:00 on parle de ceux qui ont besoin d'aide.
00:02 Et ceux qui ont besoin d'aide ce sont les sans-abri mais aussi ceux qui sont en situation de très grande précarité.
00:12 Ça fera bientôt...
00:14 Ça fera bientôt... Ce sera bientôt l'anniversaire de l'ouverture de la boutique des solidarités à Marseille. La première boutique des solidarités.
00:22 Elle aura bientôt 32 ans. On en parle avec Manuel Demerck. Bonjour à vous.
00:26 Bonjour. Bienvenue sur Sud Radio, directeur des études de la fondation AB Pierre. On approche de l'hiver
00:32 2023. Est-ce qu'il s'annonce difficile sur le terrain de la lutte contre la précarité ?
00:36 Ah oui, c'est le moins qu'on puisse dire. Il y a plusieurs facteurs qui nous font craindre un hiver
00:41 encore une fois difficile. C'est le contexte de précarité lié à l'inflation, la difficulté à trouver
00:47 une alimentation
00:49 abordable pour les ménages qui ont peu de moyens. Et puis du point de vue du logement c'est aussi assez catastrophique. Alors certes il y a la
00:55 trêve hivernale qui fait qu'on peut pas être expulsé de son logement pendant l'hiver. Il y a beaucoup de personnes qui n'ont pas de logement.
01:00 Beaucoup de personnes qui appellent le 115 pour avoir une place d'hébergement le soir même et qui sont refoulées. On est à des niveaux historiquement
01:07 qu'on n'a jamais connus. Chaque soir il y a 8000 personnes qui appellent le 115 sans solution dont
01:13 plus de 2500 enfants. Donc on est vraiment dans l'incapacité de trouver des solutions
01:20 y compris pour les plus vulnérables des vulnérables. Et ça c'est aussi le résultat de choix politiques ou de méchois politiques en tout cas
01:26 d'une politique du logement qui n'est pas à la hauteur pour le minimum du minimum
01:29 mettre à l'abri les gens la nuit.
01:32 Il y a plusieurs semaines un certain nombre d'associations de solidarité
01:36 ont lancé un appel à l'aide parce qu'effectivement à cause de la situation économique elles recevaient de moins en moins de dons.
01:41 Est-ce que c'est aussi le cas de la fondation Abbé Pierre ou la façon fondation Abbé Pierre s'en sort bien en ce moment ?
01:46 Non on n'a pas spécialement de chute des dons. Pour nous c'est pas une difficulté particulière.
01:51 Mais après l'inflation
01:53 fait que si vous avez le même montant de dons vous pouvez faire moins de choses avec.
01:57 Avec nos dons on soutient les associations sur le terrain et c'est vrai que ces associations souffrent parce que pour payer
02:04 leur énergie, leur alimentation, pour rémunérer évidemment leurs salariés etc
02:09 tous les coûts sont en hausse. Donc quand vous avez le même montant ça permet de financer moins l'action.
02:14 Donc ça c'est très inquiétant. Il y a beaucoup de structures associatives qui sont des petites structures
02:18 qui payent pas très bien d'aide à leurs salariés, qui sont assez précaires et quand elles ont 5 ou 10 % de hausse des coûts
02:26 elles sont en difficulté juste pour finir l'année et puis mener à bien leurs actions. Donc au final
02:30 en bout de course c'est les personnes qui bénéficient de ces actions qui sont fragilisées.
02:35 Alors justement parlons de choses concrètes. Concrètement c'est quoi la panoplie d'actions en gros déployées par la fondation Abbé Pierre ?
02:42 Alors nous on finance à peu près 900 projets associatifs chaque année grâce aux dons de nos donateurs
02:47 et il s'agit essentiellement de sorties de bidonvilles pour des personnes qui sont quasiment à la rue,
02:52 de résorption de l'habitat indigne, de sorties de précarité énergétique. Donc on finance aussi des travaux de
02:59 rénovation énergétique
03:02 ou travaux lourds pour des ménages
03:04 propriétaires qui auraient des très bas revenus et des logements très dégradés.
03:08 On finance des associations qui ont de l'accès aux droits parce qu'il y a beaucoup de droits
03:11 des personnes mal logées qui sont peu connues, peu mises en oeuvre.
03:15 Donc pour éviter les expulsions locatives, pour faire des demandes de logements sociaux, le droit aux logements imposables etc.
03:22 On accompagne beaucoup de ménages dans ces conditions.
03:24 Et puis on finance beaucoup d'actions pour produire des logements, des logements très sociaux.
03:31 Évidemment on n'est pas les seuls à financer ça, souvent c'est des projets où il y a beaucoup de financeurs. Mais nous on amène
03:37 le petit plus qui permet de faire du logement vraiment très social.
03:41 Alors c'est quoi justement un logement vraiment très social pour qu'on se figure ?
03:45 C'est avec des très bas niveaux de loyers.
03:46 C'est souvent, c'est assez contre-intuitif, mais il y a du logement social qui est trop cher
03:51 pour les ménages à très bas revenus, grosso modo les ménages au RSA ou à la location adulte handicapé.
03:57 Donc en d'autres termes, la Fondation Abbé Pierre subventionne les loyers de certains de ces logements très sociaux, on est d'accord ?
04:05 Oui c'est ça, on fait des subventions, des aides à la pierre pour produire avec des loyers de sortie moins chers.
04:10 Si vous n'avez pas assez de subventions pour produire du logement social,
04:13 alors que le terrain est cher, etc, pour équilibrer votre opération, vous avez des loyers qui sont à 8 ou 9 euros du mètre carré
04:18 et quand vous êtes au RSA, c'est trop cher.
04:20 Oui, ça devient compliqué. Parlons d'une autre action parce que c'est important d'en parler, les boutiques solidarité.
04:25 L'ouverture de la première boutique solidarité à Marseille aura bientôt 32 ans jour pour jour, on approche de l'anniversaire.
04:31 Qu'est ce qu'on trouve dans ces boutiques solidarité ?
04:33 Alors ce sont des accueils de jour, c'est un accueil inconditionnel, donc tout le monde peut venir,
04:37 c'est beaucoup des personnes qui sont à la rue et qui donc
04:40 pendant la journée peuvent trouver là de la compagnie, des gens avec qui discuter, du café, de l'alimentation,
04:48 des conseils juridiques, sociaux, administratifs pour se sortir de leur situation.
04:53 Et donc ça ce sont des accueils de jour
04:57 inconditionnels, c'est important parce qu'il y a de moins en moins d'espaces comme ça où les gens peuvent venir sans rendez-vous,
05:03 sans avoir des papiers nécessairement, etc.
05:06 Donc c'est ça qu'on trouve dans ces accueils de jour, il y en a un peu partout sur le territoire,
05:11 c'est souvent la première pierre pour ensuite retrouver un logement, il faut au moins avoir quelqu'un qui parle.
05:16 C'est ça, commencer par avoir un interlocuteur pour se réinsérer en quelque sorte dans la société parce que c'est ça le plus difficile.
05:22 Oui tout à fait et même une fois qu'on a un logement,
05:26 les accueils de jour, les boutiques solidarité sont importantes parce que
05:29 il n'y a pas que les personnes à la rue qui viennent, il y a aussi des personnes qui ont été à la rue ou qui sont en situation de grand
05:34 isolement.
05:35 Peut-être que ces personnes peuvent avoir un logement, mais un logement de mauvaise qualité et ont besoin d'avoir
05:41 des gens à qui parler pendant la journée.
05:43 Donc ça sert aussi à ça, à créer du lien social pour des personnes qui souvent sont non seulement en précarité sociale, mais aussi dans une
05:50 forme de précarité relationnelle
05:52 avec beaucoup d'isolement.
05:53 Dans l'isolement tout simplement. On reparlera de la problématique du logement
05:56 comme tous les samedis matin à partir de 9h15 avec Sylvain Lévy-Valancy et toute l'équipe de Parlons Imo. Merci beaucoup
06:03 Manuel Domergue, directeur des études de la fondation AB Pierre. Vous écoutez Sud Radio, il est 7h15.
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