00:00 - Le Grand Matin Sud Radio, 7h-8h30, Patrick Roger.
00:04 - Il est 8h23, n'appelez plus au standard 0826-300-300.
00:08 C'est Nabel de Beaupuy dans le Tarn-et-Garonne qui a gagné cette place offerte par Free,
00:13 notre partenaire pour Toulouse-Clairmont à 13h dimanche.
00:16 Mais rassurez-vous, ce soir à 19h avec Philippe David, vous pourrez aussi gagner des places pour Nice-Strasbourg.
00:21 Tiens, bah oui, c'est dimanche aussi à 17h.
00:24 Nous poursuivons notre débat avec Céline Pinard et Guillaume Migaud chaque vendredi désormais.
00:29 Dites-le franchement. Alors dites-le franchement, est-ce que ça a été un grand jour,
00:34 cette réunion entre Emmanuel Macron et les chefs de parti ?
00:37 Je vous vois sourire. Tout de même, Céline Pinard, ils se sont parlé, ils n'ont pas claqué la porte quand même, non ?
00:45 - Alors si on en arrive à se réjouir du fait qu'il ne se soit pas mis sur la gueule,
00:51 franchement, c'est qu'on n'est déjà plus vraiment en démocratie, c'est la moindre des choses.
00:55 En fait, c'est très très drôle parce que Olivier Véran est sorti de cette réunion en nous disant
01:00 "Quelque chose s'est passé hier qui pourrait marquer l'histoire de notre pays."
01:04 "12 heures de discussion entre des forces politiques qui d'habitude ne se parlent pas et ne s'écoutent pas."
01:09 "C'est cela aussi faire nation."
01:12 On a envie de lui dire "Bah écoute gars, t'as un parlement dont justement le rôle, c'est de discuter et de voter la loi"
01:18 "et qui est un lieu de discussion permanente entre des forces politiques en rentrant en désaccord"
01:23 "pour aboutir à une forme de consentement ou de consensus."
01:27 "Donc t'es juste en train de réinventer l'eau tiède."
01:30 - Oui, mais tout de même c'est avec les chefs de parti, donc c'est Emmanuel Macron qui s'adresse directement à eux cette fois-ci, non ?
01:38 - Mais c'est quand même... - Parce qu'il ne peut pas aller en plus, il ne va pas au parlement Emmanuel Macron.
01:41 - À la motion de censure, Patrick, ça ne vous a pas échappé, elle n'est pas passée très loin la dernière fois.
01:48 Donc la prochaine fois, elle pourrait passer.
01:50 Donc je pense que l'enjeu il est là, l'idée de vouloir, si vous voulez, et là il est parlé du référendum, du préférendum,
01:58 c'est-à-dire de demander au parti leur autorisation de faire des référendums, on est dans le monde à l'envers.
02:02 Je vous signale qu'à l'origine, le référendum pensé par le général De Gaulle, c'est un moyen pour le chef de l'État
02:08 de défendre la voix des Français majoritaires pour l'imposer au parti.
02:12 Et là, comme lui, il a une politique qui est minoritaire dans le pays, Emmanuel Macron,
02:17 il demande au parti de le protéger en quelque sorte des Français.
02:21 Donc voyons voir entre nous si nous ne pourrions pas faire un référendum pour neutraliser les Français.
02:25 Et alors, vous savez quoi ? Le consensus auquel on aboutit, vous êtes prêts là à entendre ?
02:29 C'est que les Français ne gagnent pas assez.
02:31 Mais ils auraient pu trouver un autre consensus, c'est qu'il faut guérir le cancer par exemple.
02:34 Ou ils auraient pu trouver un autre consensus, c'est que le soleil c'est mieux que la pluie.
02:37 Non mais il faut arrêter de se moquer du monde.
02:39 - Et puis là où ça devient franchement comique, c'est qu'en fait Emmanuel Macron est coutumier du pfé,
02:46 rappelez-vous, on a déjà eu le CNR.
02:49 Le CNR c'est quand même la référence à la conférence à la sortie de la guerre qui va créer la sécurité sociale.
02:55 Eh bien le CNR de Macron, il a accouché de rien du tout.
02:59 On a eu les conventions citoyennes, ça allait révolutionner la démocratie.
03:03 Je vous en cite deux, il n'y en a eu que deux.
03:05 - Le climat, le thalassie. - Le climat et la fin de vie.
03:07 Ça a donné quoi ? On n'en entend même plus parler.
03:10 Donc le nombre de fois où on a eu droit à des événements historiques qui n'ont même pas accouché de souris,
03:16 forcément on est franchement blasé.
03:18 - Aujourd'hui où la démocratie était un petit peu en crise,
03:22 est-ce qu'il ne faut pas tester un certain nombre de choses comme ça,
03:25 comme ces conventions citoyennes ?
03:26 Ça marche, ça marche pas, Conseil National de la Réformation,
03:29 là une rencontre directe où on s'enferme dans une salle, non Guillaume Bigot ?
03:33 - Si, bien sûr, le diagnostic du chef de l'État, on peut le partager,
03:37 on peut partager le diagnostic du chef de l'État et à mon avis tout le monde le partage.
03:40 C'est-à-dire qu'il y a un malaise dans la démocratie représentative.
03:43 La démocratie représentative, elle ne représente plus suffisamment.
03:47 Tout le monde est d'accord là-dessus, sauf que,
03:50 est-ce que pour régler le problème et pour renforcer la légitimité de la démocratie représentative,
03:55 pour renforcer la légitimité du Parlement,
03:57 il faut extraire les chefs de partis, les réunir entre eux dans un nouveau schmilblick ?
04:01 Est-ce qu'il faut tirer des citoyens au sort comme des panels marketing
04:05 et faire des espèces de réunions tupperware ?
04:08 C'est ça qui va redonner du souffle au parti et à la vie politique ?
04:11 - Ils ne s'entendaient pas quand il y avait les débats au Parlement,
04:14 c'était des vociférations au printemps dernier.
04:20 - Est-ce que ce n'est pas parce que les partis 1 d'opposition ne s'entendent pas et se détestent,
04:24 alors qu'ils ont plus entre eux de points communs qu'ils en ont à l'égard du Président,
04:28 c'est parce qu'ils ne s'entendent pas ?
04:29 - Ils ont des points communs.
04:30 Rassemblement national par exemple et LFI.
04:33 - C'est tout le paradoxe de la démocratie.
04:34 Entre LFI et le RN, il y a plus de points communs politiques
04:37 qu'entre le RN et LFI et le gouvernement.
04:39 Seulement ils se détestent davantage entre eux qu'ils détestent officiellement le gouvernement.
04:43 Ça c'est un gros problème, la division.
04:44 Et le deuxième problème évidemment c'est l'abstention,
04:46 mais ce n'est pas avec ces gadgets qu'on va le résoudre.
04:48 - Céline Pédard ?
04:49 - Mais surtout, le Président est confronté à un problème de majorité.
04:53 On ne résout pas un problème de majorité en faisant des grandes conférences.
04:57 On va cibler un projet,
04:59 essayer de créer une forme d'union nationale autour de ce projet,
05:03 et là on peut se recréditer en légitimité.
05:07 C'est exactement l'inverse qui est fait.
05:09 Là on a une instrumentalisation de l'opposition.
05:12 Pour la faire passer pour un fan club, ça ne peut qu'échouer.
05:15 Et ça ne peut qu'énerver les gens avec qui on discute.
05:18 - Bon. Donc quelle suite vous voyez à cette rencontre ?
05:22 - Comme d'habitude, rien.
05:24 - Il va y avoir quand même une conférence autour des carrières et des salaires.
05:28 - Oui, donc en fait, on a fait une conférence qui accouche une conférence.
05:34 C'est vraiment...
05:35 - Oui, c'est le coup d'éclat permanent, le verbe du Président va tout changer,
05:38 mais quelle suite au CNR ? Rien.
05:40 Quelle suite à la Convention citoyenne ? Rien.
05:41 Quelle suite au Grand Débat ? Rien.
05:43 Quelle suite à la visite au Liban du Président ? Rien.
05:45 - Ah voilà, vous avez 30 secondes chacun pour me dire ce que vous feriez, vous.
05:50 Céline Pina ?
05:52 - Eh bien, déjà...
05:53 - C'est un peu une colle, je vous pense.
05:55 - Non, mais justement, je mettrais au point un projet qui pourrait rassembler les gens.
06:00 Tiens, on a des problèmes d'approvisionnement de médicaments.
06:03 Comment on s'en sort concrètement ?
06:04 Est-ce qu'on doit changer des choses ?
06:06 Et on peut prendre des sujets extrêmement concrets,
06:09 qui pèsent sur la vie des Français,
06:11 et on montre là une vraie capacité d'union nationale,
06:14 et quelque part, plutôt que s'invectiver et désigner des coupables,
06:18 on trouve des solutions.
06:19 - Oui, Guillaume Bigot ?
06:20 - Je ne redonnerais pas la parole au peuple,
06:22 parce que je pense que le peuple n'a pas jamais vraiment eu définitivement la parole
06:26 sur un point clé de la démocratie,
06:28 c'est le pouvoir de proposer,
06:30 de mettre à l'ordre du jour des sujets.
06:32 C'est le référendum d'initiative citoyenne.
06:34 Ça me semble être le moyen de laver l'humiliation, vous savez, de 2005.
06:39 Les Français ont voté contre,
06:40 et puis finalement, les représentants de la nation
06:42 se sont mis d'accord entre eux
06:43 pour faire quelque chose contre la volonté des Français.
06:46 Il faut donner, rendre aux Français le pouvoir qu'ils n'ont jamais eu.
06:48 - Bon, merci Guillaume Bigot.
06:50 Céline Pinard, on vous retrouve la semaine prochaine.
06:52 Demain matin, la matinale, c'est avec Jean-Marie Bordry.
06:55 Tous les rendez-vous aussi qui arrivent.
06:57 Ne ratez pas justement, parlons-y-maux, de 9h15 à 10h,
06:59 sur une question fondamentale pour les Français.
07:01 Dans un instant,
07:02 Jean-Jacques Bourdin, qui a repris l'interview politique
07:05 de 8h30 à 9h,
07:06 et puis qui vous donnera la parole aussi tout à l'heure,
07:08 évidemment à 9h, sur tous les sujets d'actualité,
07:10 reçoit la voix montante du Rassemblement National.
07:14 C'est l'un des hommes forts, l'un des piliers aujourd'hui.
07:16 C'est Jean-Philippe Tanguy qui sera son invité.
07:19 Dans un instant.
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