00:00 Il est 7h47, Sud Radio vous explique que se passe-t-il dans certaines villes à cause des trafiquants de drogue.
00:07 Direction ce matin Grenoble, dans le quartier Saint-Bruno, tout près du centre-ville.
00:13 Ce week-end, il y a eu encore des échanges de coups de feu, il y a eu même des barricades entre deux bandes rivales
00:19 qui ont barré des rues pour leur règlement de compte.
00:22 Nous sommes avec un commerçant du côté de Grenoble, on a changé le prénom, on l'appellera Bruno.
00:29 Bonjour Bruno.
00:30 Bonjour.
00:31 Votre commerce est dans ce quartier justement, en plein centre.
00:36 La situation a dégénéré ces derniers jours ?
00:40 Oui, la situation est un peu plus tendue qu'à la normale, mais ça fait quand même quelques années que ça se dégrade vraiment vite.
00:49 Après des échanges entre bandes, il y en a tous les ans, il y a toujours un petit truc, il y a toujours quelque chose,
00:56 mais là c'est vrai qu'avec la présence des forces de l'ordre qui stationnent toute la journée sur la place Saint-Bruno,
01:03 oui c'est vrai que ça fait bizarre.
01:04 Oui, ça fait bizarre.
01:06 Les trafiquants de drogue sont dans ce quartier déjà, vous dites, depuis un petit bout de temps,
01:12 et ça monte de plus en plus au niveau de l'attention.
01:17 Qu'est-ce qui se passe alors ? Ça veut dire qu'ils sont là, y compris dans la journée, vous les voyez ?
01:21 En fait, ça a toujours existé, depuis que je suis dans ce quartier-là, ça a toujours existé.
01:27 Il y a 15-20 ans, c'était beaucoup plus caché, c'était une ou deux personnes qui restaient là le soir un peu, mais c'était pas grand-chose.
01:36 Là, ça fait un an et demi, deux ans, où ils sont installés avec des gaiters, avec du monde de 10h environ du matin jusqu'à minuit, 1h.
01:47 La nuit, il y a forcément plus de monde, c'est un commerce à ciel ouvert.
01:53 Oui, c'est ça.
01:55 Et les gaiters sont là, devant vos vitrines, dans la rue ?
01:58 Oui, et puis on est en face d'une école maternelle, il y a une bibliothèque derrière,
02:05 et il y a un parc pour enfants, à 5 minutes de centre-ville, à 5 minutes de la gare, c'est quand même particulier.
02:13 Et les habitants, comment ils vivent ça ?
02:14 Est-ce qu'ils vivent dans la peur, ou est-ce qu'ils s'habituent à une forme de cohabitation avec des dealers ?
02:21 Malheureusement, on s'y habitue.
02:24 Après, on n'a pas trop le choix, on ne va pas rester bloqué chez nous, on ne va pas rester enfermé chez nous, il faut qu'on vive quand même.
02:29 Donc non, il y a une certaine cohabitation qu'ils ont installée.
02:33 Alors c'est peut-être bizarre pour ceux qui n'ont pas l'habitude, mais c'est comme ça, on fait quand on veut.
02:39 Après, ça s'est dégradé, d'année en année.
02:43 D'année en année, quoi.
02:45 Certains disent que ça devient un petit Chicago, c'est ça ?
02:48 Non, il faut relativiser quand même.
02:50 Oui, oui, oui, moi ça fait 20 ans que j'y habite et que j'y suis,
02:56 j'ai jamais eu de soucis, enfin il y a des soucis comme plein d'autres quartiers, mais c'est pas...
03:00 Il faut relativiser quand même.
03:01 Vous avez alerté la municipalité, ainsi que les autorités qui disent qu'ils mènent des opérations,
03:08 est-ce que vous sentez qu'il y a quand même du résultat d'une manière ou d'une autre que vous êtes entendu ?
03:13 Non, pas du tout.
03:14 Non, non, pas du tout, on n'est pas du tout entendu.
03:16 Il y a deux ans, quand ils ont commencé à mettre leur système en place,
03:19 ils avaient des contrôles de policiers assez fréquents, mais ça n'allait jamais bien plus loin qu'en contrôle.
03:25 L'heure d'après, ils étaient là encore.
03:28 De temps en temps, ils font quelques coups, mais enfin,
03:31 ils y sont tous les jours, les vendeurs, donc c'est très peu par rapport à ce qu'ils font, quoi.
03:38 Oui, oui.
03:39 C'est pas du tout suffisant.
03:40 Alors là, du coup, ils sont postés là toute la journée, ça fait quatre jours.
03:44 Donc ça fait bizarre, mais ils ne vont pas rester indéfiniment là.
03:47 Donc ça va repartir comme dans un mois, en entendant plus parler, ça repartira comme avant.
03:51 Oui.
03:52 Merci en tout cas à Bruno.
03:53 C'est où on a décidé de vous appeler, Bruno, pour ne pas donner votre prénom de témoignage anonyme.
03:58 Vous êtes commerçant pour nous raconter ce qui se passe, cette situation dans ce quartier de Grenoble.
04:05 Merci à vous et bon courage et bonne journée.
04:07 Merci, bonne journée, au revoir.
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