- il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Philippe Bilger, Tom Connan, Jean-Michel Fauvergue et Didier Georges, secrétaire national du SNPDEN-Unsa (Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale).
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##LE_GRAND_DEBAT_DES_VRAIES_VOIX-2023-06-12##
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NewsTranscription
00:00 Les vraies voix sud radio, le grand débat du jour.
00:03 La lutte contre le harcèlement scolaire.
00:05 On estime que chaque année 700 000 enfants et adolescents sont victimes.
00:09 Les écoles ne font pas ce qu'il faut, ils n'écoutent pas les enfants.
00:12 Nous avons encore beaucoup de travail pour faire reculer
00:14 les situations de harcèlement à l'échelle du pays.
00:18 Une mesure de dernier recours contre le harcèlement scolaire.
00:21 Transférer l'élève harceleur dans un autre établissement et non l'élève harcelé.
00:26 Beaucoup d'enfants se ternent au silence pour protéger les parents.
00:30 Le ministre de l'éducation dans un mail au chef d'établissement rappelle
00:33 que face à un signalement de harcèlement, la réaction de tous les agents
00:37 doit être systématique et complète.
00:40 Et donc toute la semaine, Papendaye, le ministre de l'Éducation nationale,
00:44 a mis en place dans toutes les écoles une heure de sensibilisation
00:48 pour lutter contre le harcèlement sur les réseaux sociaux.
00:50 Dès demain, il va donc s'adresser par visio à 14 000 chefs d'établissement,
00:54 inspecteurs de l'éducation nationale et recteurs sur les procédures à suivre
00:57 et les moyens mis à disposition en cas de harcèlement.
01:00 Mais l'annonce laisse sceptique bon nombre de parents et d'enseignants
01:05 pour qui les annonces du gouvernement donnent l'impression d'une improvisation de la part du ministre.
01:10 D'ailleurs, cette heure de sensibilisation est déjà fréquemment mise en place
01:13 dans certains établissements, assurés entre autres d'ailleurs par des policiers.
01:17 Le ministre Papendaye sera une nouvelle fois jugé sur sa communication
01:22 sur la mise en place du dispositif anti-harcèlement.
01:24 Les chefs d'établissement doivent-ils être responsabilisés pour cette lutte sans merci
01:29 qui dépasse, reconnaissons-le de toute évidence, le cadre de leurs prérogatives ?
01:34 - Et pour en parler avec nous, Didier Georges, bonsoir, merci d'être en direct sur Sud Radio.
01:39 Vous êtes secrétaire national du SNPD-EN UNSA
01:43 et juste avant de revenir vers vous, Philippe Bilger,
01:46 tout à coup, cette information tombe encore une fois.
01:51 - Ça n'est pas de mon point de vue.
01:54 Entendons-nous qu'on découvre que le ministre de l'Éducation nationale
01:58 a été très mal choisi par Emmanuel Macron,
02:02 qui a cru faire un coup provocateur
02:04 et qui en réalité a choisi une personnalité aussi faite pour être ministre de l'Éducation nationale
02:11 que pour moi être, par exemple, dans la tièdeur.
02:14 Mais en réalité, c'est grave
02:18 parce que la méthode de ce ministre consiste toujours à arriver trop tard,
02:23 à répondre aux sollicitations qui lui sont faites
02:27 comme s'il lui-même était incapable d'inventer une politique propre.
02:32 Il a fallu les désastres, les suicides de Lucas et de Lincey
02:37 pour qu'il aboutisse à des propositions qui semblent tellement basiques, évidentes
02:43 qu'on se demande pourquoi elles arrivent si tard.
02:45 Moi je crois que malheureusement,
02:49 ce harcèlement ne va pas trouver avec ce ministre son remède.
02:54 - Tom Connally, c'est un point énorme quand même.
02:57 - Ce qui est sûr en tout cas, c'est que c'est un sujet sur lequel il ne faut pas improviser
03:00 parce que c'est bien ancré dans la société et dans une partie de la culture jeune,
03:04 évidemment pas la meilleure.
03:06 Et moi je pense qu'effectivement, c'est quelque chose qui doit être fait
03:08 même en lien avec les plateformes elles-mêmes
03:10 parce que souvent ce harcèlement se fait via des plateformes.
03:12 Donc c'est aussi des questions de modération de contenu,
03:14 des questions d'éducation par rapport aux familles, etc.
03:17 Donc en fait c'est un sujet qui est tellement vaste et tellement complexe
03:20 que ça ne se suppose absolument pas d'être improvisé.
03:23 Surtout que le problème existera toujours, même si on essaye de le traiter.
03:26 Donc autant prendre son temps, si j'ose dire.
03:29 - Jean-Michel Fauvergne.
03:31 - Oui, le moins qu'on puisse dire, c'est que le ministre a du retard à l'allumage dans ce domaine-là.
03:38 Et effectivement, il a mis du temps
03:43 et surtout après les drames qu'a cités Philippe
03:47 et après avoir reçu les parents de la jeune Nancy
03:52 qui ont été reçus aussi par la Première Dame, par Brigitte Macron.
03:58 - Et quel contraste entre la réaction après chacun des deux rendez-vous ?
04:01 - C'est exactement ce que j'allais dire.
04:05 C'est-à-dire qu'il y a eu plus de réactions de la part de la Première Dame
04:10 que du ministre en charge de ça.
04:12 Et ça, c'est un bon point pour la Première Dame, mais c'est un mauvais point pour ce ministre.
04:19 Et effectivement, on réagit sur le tard.
04:22 Mais je me pose aussi la question, pas seulement du ministre,
04:24 connaissant les institutions telles qu'on les connaît,
04:27 il est entouré, le ministre, il a des conseillers, il a des gens
04:31 qui sont conseillés pour sa communication, mais qui sont conseillés aussi
04:34 sur les problèmes de fond de ce type-là.
04:36 Ça c'est un problème de fond numéro un au ministère de l'Éducation nationale.
04:40 Et le ministre de la France est conseillé là.
04:42 Pourquoi n'a-t-il pas été poussé à intervenir beaucoup plus tôt ?
04:45 - Comment on peut dire à quelqu'un, en tant que ministre,
04:47 "on a essayé de vous appeler pendant deux semaines".
04:49 - C'est pas possible.
04:50 - Comment c'est possible de dire des trucs par la main ?
04:52 - Vous le dites à un patron de commissariat, ça serait intolérable.
04:55 Que la police ne réagisse pas sur des affaires comme ça, par exemple, c'est intolérable.
04:58 - Notre invité Didier Georges, merci en tout cas d'être là.
05:03 Cette annonce qui tombe un petit peu de l'arbre tout à coup,
05:07 avec cette possibilité de faire une heure dans chaque collège
05:11 pendant une semaine sur le harcèlement.
05:13 - Et ce qui existe déjà, Cécile, il faut le dire,
05:15 moi j'ai ma fille qui est en quatrième,
05:17 elle en a eu deux fois une heure en sixième et une fois une heure en cinquième.
05:20 - Mais est-ce que c'est suffisant ?
05:22 Est-ce que tout ça n'est pas un peu flou ?
05:25 - Pour répondre directement peut-être à votre interrogation,
05:28 ça fait des années et des années que dans les établissements scolaires,
05:31 collèges et lycées, on fait des interventions par diverses structures.
05:34 Alors on a des partenariats polices maintenant qui sont présents
05:37 sur l'ensemble du territoire national.
05:39 Donc ils viennent parler des comportements civiques,
05:42 mais aussi du harcèlement.
05:43 On travaille aujourd'hui avec des spécialistes en droit,
05:46 je pense en particulier à une association qui s'appelle Initiats Droits,
05:49 où des avocats viennent expliquer aux élèves les risques juridiques
05:55 qu'ils prennent quand ils sont harceleurs, etc.
05:57 On fait intervenir les associations.
05:59 Alors la réaction de notre ministre, parce qu'il faut,
06:02 évidemment il y a un drame, on compatit évidemment tous
06:05 à ce drame absolu qu'est de perdre un enfant,
06:08 et on a une pensée pour la famille de ces enfants
06:11 qui se sont suicidés bien évidemment,
06:13 mais la réaction du ministre, elle laisse à penser
06:15 que dans les établissements scolaires, il ne se passerait rien,
06:18 et il faut que son génie d'un seul coup s'exprime
06:20 en imposant une heure de discussion en éducation morale et civique
06:24 dans les collèges.
06:25 La réalité c'est qu'on travaille au quotidien là-dessus,
06:28 mais c'est un combat extrêmement difficile.
06:30 Un de vos chroniqueurs l'a dit, ça se passe sur les réseaux sociaux.
06:33 Quand est-ce qu'un collège aujourd'hui,
06:35 quel moyen disposerait un collège pour aller contrôler
06:40 et observer ce qui se passe sur les réseaux sociaux
06:42 quand on sait à quel point c'est devenu complexe,
06:44 à quel point c'est devenu quelque part sécurisé
06:47 pour que ceux qui n'y sont pas invités
06:49 ne puissent pas voir ce qui s'y passe.
06:51 Didier, Didier Georges, pardon de vous couper,
06:53 est-ce qu'à un moment donné, ce n'est pas aux parents
06:55 de venir faire des réunions aussi, plutôt que les enfants,
06:57 parce qu'ils ont des parents ces jeunes ?
06:59 Oui, oui, oui, je le partage avec vous.
07:02 Il est arrivé, je pourrais vous citer une situation très personnelle.
07:06 Il y a quelques années, j'étais principal d'un collège
07:08 et j'avais invité à des parents, avec un pédopsychiatre justement,
07:12 sur les risques numériques,
07:14 alors les risques des réseaux sociaux,
07:16 et puis les risques liés au harcèlement,
07:17 et puis les risques aux addictions aussi,
07:19 parce qu'il y a ce phénomène-là qui vient s'ajouter.
07:21 Et deux soirées en nocturne organisées
07:24 pour que les parents puissent y participer.
07:26 Si je vous annonçais le taux de participation,
07:28 vous seriez bien déçus.
07:30 C'est ça aussi, oui.
07:31 Beaucoup de parents ne s'intéressent pas à cette question,
07:32 c'est faux, les parents s'y intéressent,
07:34 mais c'est difficile, c'est techniquement parfois difficile pour eux,
07:37 parce qu'entre ce que savent leurs enfants des usages numériques aujourd'hui,
07:42 et puis ce qu'eux sont capables de faire,
07:44 il y a un monde, un monde générationnel,
07:47 et puis c'est techniquement parfois coûteux aussi, il faut le dire.
07:52 Bon, D.George, les vrais voix ont des questions,
07:55 je voudrais juste dire que notre consultation
07:57 est auprès des auditeurs de Sud Radio.
07:58 Pour l'instant, à la question "Faut-il donner aux chefs d'établissement
08:01 la responsabilité de mener la lutte contre le harcèlement en scolaire ?"
08:04 les auditeurs disent "oui" à 69%.
08:07 Philippe Bulger.
08:08 - Mais, Didier-George, est-ce que vous ne croyez pas
08:11 qu'au-delà des formations techniques et juridiques,
08:16 des risques que le harcèlement peut faire courir,
08:19 le grand drame dans l'éducation nationale,
08:22 c'est qu'on ne fait plus ce que j'appellerais l'éducation morale.
08:26 Au fond, est-ce qu'à l'égard de ces classes,
08:30 il y a quelqu'un, homme ou femme, qui vient rappeler
08:35 que moralement, il est inadmissible de procéder à des harcèlements ?
08:39 J'ai l'impression qu'on fuit l'éthique pour tomber dans le technique et le juridique.
08:45 Est-ce que ça n'est pas une démission, une défaite ?
08:48 - Alors, je vous réponds non tout de suite et sans ambiguïté, cher monsieur.
08:52 On fait ce travail-là, en éducation morale et civique,
08:55 toutes les semaines, dans les collèges, dans les écoles élémentaires aussi.
08:59 Et ça fait partie des programmes, évidemment.
09:01 Donc non, on n'a pas abandonné cet aspect moral.
09:04 Moi, quand j'évoquais l'aspect technique, c'est parce que c'est aussi un outil d'aide,
09:07 en particulier pour les réseaux sociaux.
09:09 Mais ça n'enlève en rien la nécessité de sensibiliser les élèves
09:13 à l'idée qu'on doit se respecter les uns les autres
09:15 et que l'autre est important pour soi, évidemment.
09:18 - D'accord.
09:19 - Hakim est avec nous au 0826 300 300.
09:22 Hakim, une réaction, forcément.
09:23 Vous êtes prof d'anglais quand vous entendez ça
09:25 et la proposition du ministre, les bras vous en tombent aussi ?
09:30 - Écoutez, si vous voulez, confier cette tâche,
09:35 la responsabilité seulement aux proviseurs, c'est un peu beaucoup.
09:38 Parce que les chefs d'établissement, il faut quand même le dire,
09:40 ils ont beaucoup beaucoup de boulot.
09:42 C'est très stressant comme travail, tout ça.
09:44 Je pense que c'est l'affaire de tous.
09:46 C'est l'affaire de toute la communauté éducative.
09:49 Et si vous voulez, aider parents.
09:51 Ça, c'est le premier point.
09:53 Le deuxième point, je suis assez d'accord
09:55 avec ce que j'allais dire avant que Didier et Georges, je crois, le disent.
09:58 Il y a déjà plein de dispositifs.
10:01 Ils existent. Le spectre, il est très large.
10:03 Ça va de, par exemple, de la pièce de théâtre jeunesse
10:06 pour les jeunes, sur le harcèlement,
10:09 jusqu'au conseil de discuter, en passant par la prévention,
10:11 les associations, la plateforme parlementaire,
10:13 tout ça existe.
10:14 Le problème, c'est la détection.
10:16 Le problème, c'est la formation.
10:18 C'est l'accompagnement.
10:19 On voit bien que dans l'affaire Lincey, par exemple,
10:21 elle a eu beau crier,
10:23 elle a eu beau parler de son problème,
10:25 elle n'est pas, si vous voulez, elle ne souffrait pas en silence dans son coin.
10:28 Elle a dit, elle l'a formulé.
10:30 Et il y a eu un dysfonctionnement.
10:32 Son harcèleur, je crois que c'est une jeune femme,
10:34 et en plus de ça, ça joue tous les problèmes,
10:37 si vous voulez, de téléphone portable.
10:39 Il faut quand même dire les choses franchement.
10:41 Tous ces parents qui laissent leurs enfants
10:43 avec ces applications Instagram,
10:45 des enfants de...
10:47 - Le téléphone, ça s'éteint le soir, ça peut se confisquer.
10:50 - Qu'est-ce qu'ils font sur ces applis le soir ?
10:53 Les parents sont peut-être tranquilles devant leur télé,
10:56 mais des enfants...
10:57 Moi, j'ai une petite fille qui est en 6e,
10:59 mais qui me raconte, c'est très simple,
11:01 ça commence sur le portable
11:03 et ça finit physiquement après.
11:05 Et là aussi, il faut intervenir.
11:07 Mais, je rassure nos amis auditeurs,
11:09 les dispositifs, ils existent et on travaille.
11:12 Alors, le ministre de l'Éducation nationale,
11:14 si vous voulez, dans l'urgence,
11:15 il a parlé avec ce qui vient d'arriver,
11:17 les drames qui viennent d'arriver,
11:18 qui nous ont tous mouvertés.
11:20 Il essaye de parer aux plus pressés.
11:22 Bon, s'il n'avait rien dit, on l'aurait engueulé.
11:25 - Vous restez avec nous, Akim,
11:26 une petite réaction, Tom, par exemple.
11:28 - Moi, ce qui me frappe, c'est qu'en la matière,
11:30 en réalité, j'ai l'impression que cette jeunesse-là,
11:32 en fait, ça se comprend aussi.
11:34 Elle ne croit pas à ce qui vient du vertical.
11:36 Donc, je ne sais pas, les parents,
11:38 les institutions, l'école, etc.
11:40 s'aiment souvent assez moqués et méprisés, malheureusement,
11:42 parce que justement, les cours d'éducation civique
11:44 voilà, on les prend pour ce que c'est,
11:46 c'est-à-dire à un âge où on se construit,
11:48 on veut être un peu contre la norme éventuellement,
11:50 en tout cas pour certains phénomènes
11:52 qui sont peut-être justement ceux qui, après,
11:54 vont se livrer à du potentiel harcèlement.
11:56 Donc, il faut quand même comprendre la sociologie
11:57 et la psychologie des gens qui font ça.
11:59 - Oui, mais comme Conan, vous êtes jeune,
12:00 il est tout à fait possible aujourd'hui d'interdire
12:02 un enfant d'être sur un réseau social.
12:04 - Oui, bien sûr, mais ce que je veux dire,
12:05 c'est qu'à un moment donné, il y a aussi,
12:06 il ne faut pas forcément raisonner de manière verticale.
12:08 Ça, c'est une vision quand même qui est très française,
12:10 très jacobine, il faut qu'il y ait une règle descendante
12:12 qui s'applique de manière uniforme
12:14 à l'ensemble des personnes.
12:15 À un moment donné, qu'est-ce qui regarde,
12:16 notamment la jeunesse, par exemple ?
12:18 C'est genre Hugo Décrypte, par exemple,
12:19 une personne qui leur ressemble.
12:20 Donc, les gens sont abonnés à Hugo Décrypte.
12:22 Je pense qu'on est beaucoup plus influencés positivement.
12:24 - Mais rien n'empêche de faire tout.
12:26 - Non, non, ça n'empêche pas, bien sûr,
12:27 mais beaucoup plus par Hugo Décrypte
12:28 que par la décision qui vient d'en haut, à mon avis.
12:30 - C'est sûr. Côté police, Jean-Michel Fauberg.
12:32 - Moi, je m'interroge par le rôle des autres,
12:38 de ceux qui sont à côté de nous.
12:40 Justement, côté police, vous le savez,
12:42 il y a un gros problème de suicide dans la police.
12:46 Et sur les polices et gendarmerie,
12:49 il y a des choses qui sont faites,
12:50 alors elles ne sont pas parfaites,
12:51 et il faut bien sûr progresser là-dessus.
12:53 Il y a en particulier ce qu'on appelle
12:54 les rôles des sentinelles.
12:55 C'est-à-dire que les gens qui sont autour de l'agent,
13:00 des agents, les gens eux-mêmes se regardent,
13:02 non pas se surveillent, mais se regardent,
13:04 voient si leurs collègues sont vigilants
13:07 par rapport à leurs collègues,
13:08 voient si ça ne va pas, etc.
13:10 Est-ce que, et c'est ma question à Didier Georges,
13:12 est-ce qu'au niveau des gamins,
13:14 on peut faire comme ça aussi ?
13:16 On peut avoir des gamins qui donnent l'éveil
13:17 et qui sont correctement entendus par le corps enseignant ?
13:21 - Un délégué ou un harcèlement, par exemple ?
13:22 - Pas forcément un délégué, tout le monde
13:24 qui essaye de voir s'il y a quelque chose
13:27 qui ne va pas avec les uns et avec les autres.
13:29 - C'est ce qu'a prévu le ministre, d'ailleurs,
13:31 le maître avec les parents.
13:32 - Le maître, un infirmier, un conseiller principal d'éducation, tout ça.
13:34 - Là, je parle de...
13:36 - Des enfants, des élèves.
13:37 - Des gosses, des gosses entre eux.
13:39 - Oui, oui, bien sûr.
13:40 - Ils vont porter le message.
13:41 - Alors la question à Didier Georges, qui vous répond ?
13:43 - Alors, plein de réponses à tout cela, excusez-moi.
13:45 On va d'abord recréer un énième référent.
13:47 On a des référents pour tout,
13:48 et ça n'a pas réglé en tout cas tous les problèmes.
13:51 Maintenant, une forme de, j'allais dire,
13:53 de médiation par les pairs, pourquoi pas ?
13:56 L'idée me semble tout à fait intéressante.
13:59 Attention toutefois à des conditions d'anonymat
14:02 qui doivent rester extrêmement importantes,
14:05 parce que, juste pour que vous compreniez bien,
14:08 sur les situations de harcèlement avérés,
14:10 et des fois, on nous en signale,
14:12 la difficulté aujourd'hui, c'est qu'un établissement scolaire,
14:15 on n'est pas officier de police judiciaire.
14:17 On ne peut pas conduire une enquête comme le ferait un OPJ.
14:19 On n'est pas la brigade de protection des familles.
14:22 Donc nous, on fait remonter une information,
14:24 et eux, je parle en général de la police,
14:27 ils sont souvent en sous-effectif.
14:29 Donc c'est très compliqué,
14:30 les affaires sont traitées dans un ordre de priorité,
14:32 et parfois, je ne sais pas si je ne veux pas parler pour eux,
14:35 il est sans doute possible
14:37 que la situation de harcèlement sur les réseaux sociaux du collège Lambda
14:42 passe après la situation de la femme maltraitée, par exemple.
14:47 – Mais est-ce que vos confrères ont peur des pressions aussi,
14:50 peut-être, Didier Georges ?
14:51 – Non, mais nous, on a peur de rien, si vous voulez.
14:54 On a des formulaires pour faire remonter,
14:56 on appelle ça un RIM, c'est un rapport d'incident au milieu scolaire,
14:59 ou une fiche d'information préoccupante,
15:01 et tout ça, on peut le faire.
15:02 – Mais vous avez des retours, en combien de temps,
15:04 vous avez des retours quand vous envoyez une information ?
15:07 – On peut avoir un retour très rapide, des fois, c'est dans l'heure,
15:09 et puis des fois, il faut attendre quelques heures, quelques jours même.
15:11 Ça dépend encore une fois de la situation locale,
15:13 du commissariat et des interlocuteurs que nous avons.
15:16 Et il faut le dire, dans certains lieux du territoire national,
15:19 on n'a pas assez d'interlocuteurs, c'est indiscutable.
15:22 Ce que j'aimerais quand même préciser, si vous me le permettez,
15:25 il y a un programme qui s'appelle "Programme Phare",
15:27 au téléphone, votre interlocuteur vient d'en parler.
15:29 C'est un programme formidable, il s'appuie sur tout,
15:31 la science et toutes les expérimentations qui ont été conduites
15:35 à l'échelle européenne, ça a prouvé son efficacité.
15:38 On n'a pas besoin, je sais bien que si les parents de l'INSEM entendent,
15:42 ils vont penser le contraire, mais la réalité statistique,
15:45 c'est qu'on n'a pas besoin de réinventer l'eau tiède.
15:48 Ça existe déjà et on a un programme qui est salué par tout le monde.
15:53 - Restez avec nous Didier Georges, parce qu'on a encore une auditrice
15:56 et Jean-Michel Fauvergne, une petite...
15:58 - Oui, non mais je m'excuse Didier Georges,
16:00 mais moi ça ne me va pas la réponse que vous faites.
16:02 Vous dites "on signale et on signale à la police et la police est débordée".
16:07 Non, mais avant de signaler à la police sur des actions de harcèlement
16:12 qui ne sont pas arrivées à des faits, qui sont des faits de délinquance avérée
16:17 ou des infractions pénales, il peut y avoir une intervention
16:23 que la chose soit signalée par les pères, par les gosses entre eux,
16:29 et une intervention des enseignants qui font stopper ça.
16:32 Je suis persuadé qu'il y a des dizaines d'affaires
16:35 qui doivent être stoppées tous les jours par des enseignants.
16:37 - C'est la détection.
16:39 - 0826 300 300, Gabriel est avec nous de Toulouse.
16:43 Gabriel, bonsoir.
16:44 - Bonsoir.
16:45 - Et bienvenue, une réaction.
16:47 - Oui, en fait, il y a beaucoup de choses très intéressantes
16:50 sur lesquelles je voudrais rebondir, et en particulier l'éducation morale
16:54 dont je ne sais plus qui a parlé.
16:56 - Philippe Bulger.
16:57 - Voilà, exactement.
16:58 Et en fait, si vous voulez, moi je suis animatrice auprès des enfants
17:01 dans une école élémentaire et je travaille aussi auprès d'adolescents.
17:04 Et en fait, on se rend compte qu'il y a juste l'évolution normale
17:08 de l'enfant et de l'adolescent.
17:10 Je pense que toutes ces mesures, elles ne doivent pas être prises au collège,
17:12 elles doivent être prises bien avant.
17:14 Et apprendre le respect et la bienveillance.
17:16 Tout simplement, se respecter.
17:18 J'essaye d'aller très vite parce que je sais qu'on manque de temps,
17:21 mais c'est vrai que nous, on avait travaillé sur des coin-cosettes, en fait,
17:24 où on donnait la parole aux enfants, où on leur apprenait le partage,
17:27 le respect, la bienveillance.
17:29 Et je peux vous assurer, ces enfants, quand ils passaient au collège,
17:31 et bien pour eux, c'était tout à fait normal.
17:33 Ensuite, on a été arrêtés parce qu'on manque de moyens, en fait,
17:36 en école élémentaire, mais comme tout, parce que l'humain passe après
17:39 tant de choses dans notre société actuellement,
17:42 et bien aujourd'hui, on voit des enfants, effectivement,
17:44 il y a une grande violence dans les écoles.
17:46 Il y a aussi l'abandon des parents,
17:48 on ne met pas des gamins avec des réseaux sociaux,
17:50 tout seuls dans leur chambre,
17:52 c'est un vrai danger, c'est un vrai, vrai, vrai, vrai, vrai danger.
17:56 Et tout part de là, en fait.
17:58 Donc après, on arrive avec des adolescents,
18:00 qui n'ont pas de repères, de repères et de respect,
18:03 et voilà, on attend des situations dramatiques
18:07 pour s'intéresser aux problèmes,
18:09 mais on abandonne nos enfants très tôt, en fait,
18:11 par un manque de moyens de vrais professionnels qui sont formés.
18:15 Merci beaucoup, merci beaucoup, Gabriel, d'avoir été avec nous.
18:18 Ça amène à notre débat.
18:19 Merci beaucoup, Didier Georges, secrétaire nationale du SNPDEN,
18:22 une SA, merci beaucoup, en tout cas,
18:24 on continuera, on vous rappellera d'ailleurs pour voir la suite,
18:28 et puis faire un bilan de ce qu'a fait Papendaye,
18:31 et de la visio.
18:33 Les auditeurs de Sud Radio disent oui, donc à 68%,
18:35 la question faut-il donner au chef d'établissement,
18:38 plus de responsabilité, etc., etc.
18:40 Merci Didier Georges, on aura l'occasion d'en reparler avec vous,
18:43 parce que la suite arrive, Cécile.
18:46 Tout de suite, le quiz de lecture.
18:48 Restez avec nous et bienvenue à ceux qui viennent de nous rejoindre.
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