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  • il y a 1 jour
Avec Jean-Pierre Obin, auteur de 'L'éducation en péril, quels enfants allons nous laisser à notre monde ?'



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##LE_CHOC_DES_IDEES-2026-03-08##

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News
Transcription
00:00Sud Radio, le choc des idées, Jean-Marie Bordry.
00:04Soyez tous et bienvenue dans le choc des idées, votre rendez-vous du dimanche sur Sud Radio,
00:08dans lequel on n'a pas peur d'affronter les idées qui dérangent.
00:12Toujours en compagnie de Stéphane Simon, bonjour à vous.
00:15Bonjour à tous.
00:16Ainsi que du directeur du magazine L'Incorrect, toujours dans vos kiosques d'ailleurs, Arthur Devatrigan.
00:22Bonjour.
00:22Bonjour.
00:23Je le précise, le dernier numéro de L'Incorrect dans nos kiosques,
00:26avec une très belle couverture d'Estaing Français, Marguerite Stern, Marion Maréchal et Alexandre Devecchio.
00:31Quels sont leurs points communs et leurs divergences ?
00:33C'est ce que vous racontez dans ce magazine.
00:35Aujourd'hui, avec vous deux, chers amis, dans le choc des idées, nous allons reparler de l'école.
00:41Est-il encore temps de sauver l'école publique ?
00:44Oui, l'école publique face parfois à la montée de l'insécurité, du communautarisme, mais pas seulement.
00:50Pourquoi de plus en plus de Français ne font plus confiance à l'école ?
00:53Tant et si bien que dans les dix années qui viennent, d'ici dix ans, les élèves de sixième seront
00:58plus nombreux dans le privé que dans le public.
00:59C'est une projection qui est parue cette semaine et qui a fait froid dans le dos à beaucoup de
01:03preuves.
01:03On va en parler notamment avec notre invité qu'on accueille avec plaisir.
01:08Jean-Pierre Aubin, bonjour.
01:09Bonjour.
01:09Et bienvenue sur Sud Radio.
01:11Merci.
01:11Vous avez publié de nombreux ouvrages, notamment Un cri d'alarme.
01:14Comment a-t-on laissé l'islamisme pénétrer l'école ?
01:18Comment on a laissé l'islamisme pénétrer l'école ?
01:20L'un des grands mots de cette école dont on va parler avec vous.
01:24Vous êtes ancien inspecteur général de l'éducation nationale, avec un parcours très riche et beaucoup d'alertes que vous
01:29avez données.
01:30Mais avant ça, si vous le permettez, je vous propose de laisser une carte blanche à notre ami Stéphane Simon.
01:35Ça parle aussi de l'école, malheureusement.
01:37Je voulais revenir sur le procès en appel des complices de l'assassin de Samuel Paty.
01:42Le délibéré a été rendu lundi soir par le tribunal de Paris.
01:45Et la justice est apparue alors, encore une fois, comme une vraie loterie.
01:49Elle est capable d'affirmer en première instance ce qu'elle infirme en appel.
01:54Sur l'essentiel, la cour d'assises antiterroriste a tenu bon et confirmé la réalité d'une fatwa numérique.
02:01C'est-à-dire que le fait de désigner une personne, de la cibler, de l'exposer à la vindicte
02:06sur les réseaux sociaux, relève bien d'un processus terroriste.
02:10Et ça, c'est sauvé.
02:11Mais le père de famille, Brahim Shinina, père de la petite menteuse qui est à l'origine de toute l
02:17'affaire Paty,
02:18ce parent d'élève qui a lancé la campagne de haine contre le professeur, a vu sa peine ramenée de
02:2413 à 10 ans.
02:26C'est pourtant lui qui a posté les vidéos appelant à manifester contre le professeur.
02:31C'est lui qui a donné l'identité du professeur et le lieu d'exercice de ce professeur d'histoire
02:36-géo.
02:37C'est lui encore qui se sera entretenu, je dis bien sera et pas serait,
02:42entretenu au téléphone avec l'assassin pendant 1 minute et 21 secondes,
02:46sans que l'on ne sache jamais le contenu de cette conversation.
02:50Et les deux copains de l'assassin, Naïm Boudaoud et Azim Espirkanov ?
02:56Eh bien, leur peine pour complicité de terrorisme est passée à association de malfaiteurs de droit commun.
03:02Par quelle magie ?
03:04Ce sont pourtant eux qui ont été chercher des armes avec l'assassin
03:08et l'ont déposé le 16 octobre devant le collège.
03:11Ils ont vu leur peine passer donc de 16 ans à 6 et 7 ans.
03:16C'est-à-dire qu'ils vont ressortir dans les jours qui viennent.
03:21Et c'est là que ça crispe.
03:23Parce que les magistrats ont estimé qu'ils ne savaient pas exactement
03:26à quoi allaient servir ces armes achetées ensemble.
03:29Et cet aveuglement, eh bien, n'est-il pas coupable ?
03:33La justice, par ce fait, n'incite-t-elle pas à l'irresponsabilité ?
03:37Seul le prédicateur de haine, Abdelhakim Seyfrioui, le faux imam,
03:42sans doute desservi par la plaidoirie de son avocat, maître Francis Villemin,
03:47a vu sa peine, elle, confirmée à 15 ans de réclusion.
03:51Les magistrats professionnels n'ont pas suivi cet avocat
03:53qui voulait faire de l'accusé une victime et de la victime un accusé d'islamophobie.
03:58Non, les magistrats ont estimé qu'au vu de l'enquête,
04:01Samuel Paty n'avait jamais discriminé et n'était pas l'auteur d'actes d'islamophobie.
04:07Maître Villemin, qui a irrité tout le monde par ses outrances et sa plaidoirie décousue,
04:11n'a jamais apporté le moindre début de preuve de ce qu'il affirmait
04:15et la justice ne lui a pas pardonné ses outrances et ses fake news.
04:19En colère après le délibéré,
04:22Bernadette Paty, la mère de Samuel, est sortie de sa réserve après 5 ans de silence.
04:27Elle s'exprimait pour la première fois et a dit
04:29« La cour a abandonné notre fils Samuel ».
04:33Puis, elle s'est consolée à l'évocation de la sortie du film
04:37qui va poursuivre l'œuvre de mémoire autour du preuve assassiné.
04:41Alors, parlons-en.
04:42C'est cette semaine que j'essaie à annoncer la sortie de ce film
04:45« Fidèle aux faits », écrit à la lumière des enquêtes et des procès,
04:49réalisé par un expert en la matière, Vincent Garlinck,
04:52avec les excellents acteurs Antoine Reinhardt et Emmanuel Berco.
04:56Et ce film, tourné l'été dernier, s'appelle « L'abandon ».
05:00Tiens, le titre était donc prémonitoire.
05:03Quand le film sortira,
05:04et puisqu'il se veut fidèle à l'histoire vraie des derniers jours de Samuel Paty,
05:08chacun pourra se faire alors une opinion.
05:11Et c'est au final ce que retiendra le tribunal populaire de l'histoire.
05:16Cela m'inspire une question pour vous, Jean-Pierre Aubin,
05:19vous qui vous êtes beaucoup ému de l'entrisme islamiste dans les écoles.
05:23Est-ce que c'est important pour vous de perpétuer le souvenir de Samuel Paty
05:27à travers une œuvre, un film de cinéma par exemple ?
05:31Est-ce que c'est peut-être plus important encore que les détails du verdict ?
05:35Oui, ça me semble extrêmement important.
05:37Alors je ne connais pas le film ni le synopsis,
05:39donc je ne me prononcerai pas sur le contenu du film.
05:43Mais l'idée même d'un film est quelque chose de remarquable,
05:48de nécessaire surtout.
05:51Trop de choses sont restées non dites,
05:54y compris dans les deux procès.
05:55Je vais dire mon sentiment sur le procès en appel.
06:01Pour moi, il y a une mauvaise et une bonne nouvelle dans ce verdict.
06:07La mauvaise nouvelle, c'est évidemment la diminution des peines,
06:11c'est-à-dire le fait que ça envoie à l'opinion publique,
06:14à la société française, un mauvais signal
06:16sur la détermination de la France,
06:20pouvoir judiciaire, pouvoir politique,
06:22à être solide sur un certain nombre de valeurs,
06:27dont la laïcité.
06:28Intraitable parce que la vie des professeurs en dépend.
06:33J'ai écrit un ouvrage qui s'appelle « Les profonds peurs »
06:35qui montre les ravages qu'a produit le traumatisme,
06:41qu'a produit l'assassinat de Samuel Paty
06:44sur le long terme chez les professeurs
06:46et en particulier chez les professeurs d'histoire-géographie.
06:49Et on n'est pas prêt de se guérir de ce traumatisme-là.
06:53Bon, la bonne nouvelle, si je puis dire,
06:56c'est la confirmation du verdict concernant ses frais.
07:00Le prédicateur.
07:01Le prédicateur.
07:02Pourquoi ?
07:03Parce que la défense de Maître Villemin, son avocat,
07:08était d'utiliser les déclarations
07:11et la conduite d'un certain nombre d'acteurs
07:14de l'institution de l'éducation nationale
07:16pour construire sa défense.
07:18C'est-à-dire que Samuel Paty
07:20avait été l'auteur de « Discrimination »,
07:25il était islamophobe, etc.
07:26Et ça, il pouvait s'appuyer sur des déclarations,
07:30sur des postures d'acteurs internes
07:33qui n'ont jamais été placés en face de leurs responsabilités
07:37jusqu'à présent.
07:39Si ce film peut les placer ouvertement
07:44devant leurs responsabilités,
07:46devant les responsabilités,
07:48enfin, devant les conséquences de leurs paroles
07:51et de leurs actes,
07:52je dirais tant mieux.
07:53Mais pour l'instant,
07:55bon, il y a tout un pan de l'affaire Paty
07:58qui est resté dans l'ombre.
08:00Et ce mot, d'ailleurs, l'abandon,
08:02quel titre de ce film qui sortira ?
08:03Est-ce que c'est un terme qui, pour vous,
08:05résume ce qui est arrivé à Samuel Paty ?
08:06Excellent, excellent.
08:09Bon, le symbole de cet abandon,
08:11c'est le marteau qu'on a trouvé dans son sac à dos
08:14le jour de l'assassinat.
08:15C'est terrible.
08:17Et je peux vous dire que...
08:19Pourquoi il avait ce marteau, Stéphane,
08:20dans son sac à dos ?
08:21C'est un marteau que son père lui avait offert
08:23quand il était étudiant
08:24et c'est parce qu'il se savait menacé
08:26par les...
08:26Il se disait qu'il pourrait s'en servir.
08:27Il pourrait s'en servir.
08:28On voit à quel point c'était dérisoire, évidemment.
08:31Et ça, cette histoire, ce symbole-là,
08:33il m'a été rappelé à plusieurs reprises
08:35dans les témoignages que j'ai recueillis
08:36auprès d'un seigneur.
08:38Exactement.
08:38Arthur de Vatrigan ?
08:39Le film n'est pas sorti,
08:41qu'il est déjà soumis à la critique.
08:43À partir d'une affiche,
08:44à partir d'une bande-annonce,
08:45on crée un débat.
08:47Alors, s'il y a un débat,
08:48ce n'est pas sur des qualités esthétiques
08:50ou artistiques,
08:50sauf à croire que,
08:51si on lisait une quatrième de coup,
08:53on pouvait faire une critique d'un bouquin.
08:55Donc, ça veut dire qu'il y a matière
08:56à un débat sur ce sujet.
08:57Et c'est ça, le problème.
08:58C'est d'où il y a un débat sur le sujet.
09:00Mais il y a un débat sur le sujet
09:01parce que ceux qui ont été mis en examen
09:02sont reconnus coupables.
09:04On a vu que,
09:04pour la majorité d'entre eux,
09:06le jugement a été rabaissé.
09:08Et il y a ceux
09:09qui n'ont jamais été poursuivis.
09:10Il y a l'éproviseur,
09:13le rectorat,
09:14le rectorat, Mme Avenel,
09:15je le rappelle,
09:15qui a un suicide sur les bras,
09:16quelques années après,
09:18et elle n'a toujours jamais été inquiétée,
09:19les parents d'élèves,
09:20les collègues,
09:21et tous ceux,
09:22et ils sont très nombreux,
09:24qui ont usé du terme
09:26de l'islamophobie
09:27comme jamais,
09:28terme qui, je rappelle,
09:29a été inventé
09:30pour armer les traits,
09:31pour rassurer les lâches
09:32et faire taire les autres,
09:33qui va de M. Mélenchon
09:34à Mme Pécresse,
09:36qui parlait de ce fléau
09:37de l'islamophobie qui montait.
09:38Donc, à partir du moment
09:39où même ceux
09:40qui sont condamnés
09:41sont condamnés à des petites peines
09:42et ceux qui ont participé
09:44et qui ont du sang sur les mains,
09:45parce que les paroles,
09:46ça peut se traduire ensuite
09:49par des meurtres,
09:49qui n'ont jamais été inquiétés,
09:50on comprend pourquoi
09:52il peut y avoir un débat
09:53sur un film
09:53que personne n'a vu,
09:54sur un sujet
09:55qui ne devrait jamais créer
09:56ni la polémique ni le débat.
09:58Et pourquoi ce débat
09:58est loin de ce clore ?
10:00Justement, revenons
10:00sur l'un de vos ouvrages,
10:02si vous le voulez bien,
10:03Jean-Pierre Aubin.
10:04Le dernier étoir,
10:05tristement d'ailleurs,
10:06comment on a laissé
10:07l'islamisme pénétrer l'école ?
10:08C'est publié chez Herman.
10:10Oui.
10:10Et puis, on va parler aujourd'hui
10:12de l'éducation en péril,
10:13sous titre
10:14« Quels enfants allons-nous laisser
10:15à notre monde ? »
10:16aux éditions Herman.
10:18C'est ce nouveau livre
10:19pour lequel vous venez nous voir,
10:21Jean-Pierre Aubin,
10:21qui voyage aux différentes époques
10:23de l'éducation
10:24et qui montre que l'école
10:25n'est pas seule
10:26dans ce processus
10:27et n'a pas toujours été
10:28ce qu'elle est devenue
10:29et qui diagnostique aujourd'hui
10:31ce livre
10:32une école en péril,
10:34une éducation en péril.
10:35En quelques mots,
10:36quels sont les fléaux
10:37qui rongent l'éducation
10:39qui est très abîmée
10:40aujourd'hui,
10:41Jean-Pierre Aubin ?
10:43Alors, bon,
10:45je vais essayer
10:46d'être simple
10:47et synthétique.
10:49Oui, s'il vous plaît.
10:50Aller à l'essentiel,
10:52l'école publique française,
10:54l'école française,
10:55pas seulement publique,
10:56avec sa division
10:57entre le privé
10:58et le public,
10:58justement,
10:59est une école
11:00qui, dans le monde,
11:01se distingue
11:02par quelques traits
11:04très singuliers.
11:06Le premier,
11:07c'est que c'est une école
11:08profondément injuste.
11:10C'est parmi
11:11toutes les écoles du monde,
11:12d'après les études
11:13de l'OCDE,
11:14et en particulier
11:16l'étude PISA,
11:17célèbre,
11:18c'est l'école
11:19qui présente
11:21les corrélations
11:23les plus importantes
11:24entre l'origine sociale
11:26ou socio-économique,
11:27plus précisément,
11:28des élèves
11:28et leurs résultats scolaires.
11:30Comme si,
11:31en France,
11:32on pouvait prévoir
11:33le résultat
11:34d'un élève
11:35qui rentre
11:36à l'école maternelle
11:36en sachant
11:37de quel milieu
11:38il est issu.
11:39Et ça,
11:40aucun autre pays
11:41au monde
11:42ne présente
11:43une telle
11:45caractéristique.
11:46Si prononcer
11:48ces études,
11:49je le rappelle
11:49quand même,
11:50font concourir
11:51plusieurs dizaines
11:53de pays,
11:5450 à 60 pays,
11:56et la France
11:56arrive en dernière position.
11:59Et on sait
12:00plus précisément
12:01comment ça se passe.
12:02C'est-à-dire
12:02qu'on regarde
12:03comment
12:04cette discrimination
12:06se construit
12:08au cours
12:08de la scolarité
12:09des élèves.
12:10À l'école maternelle,
12:11elle diminue.
12:12En CP,
12:13elle diminue.
12:13On va y revenir.
12:14Mais quels sont
12:14les autres fléaux ?
12:17Les autres fléaux,
12:18c'est en particulier
12:21ce que je dis
12:22sur l'éducation.
12:23L'éducation
12:24pris au sens strict,
12:26c'est-à-dire
12:26au sens où on dit
12:27un élève
12:28ou un enfant
12:28bien éduqué
12:29ou mal éduqué.
12:30Alors,
12:31du côté de l'éducation,
12:34on a aussi
12:35une position singulière.
12:37À l'école primaire,
12:38les instits,
12:39comme on dit,
12:41éduquent les enfants,
12:42ont la responsabilité
12:43de l'éducation.
12:44Et puis ensuite,
12:46les profs
12:48en sont déchargés.
12:49Et on a embauché
12:51au fur et à mesure
12:52que la violence
12:53augmentait
12:53chez les jeunes
12:54et en particulier
12:55à l'école,
12:56au rythme
12:57des différents plans
12:58successifs,
12:59on a embauché
13:00des dizaines
13:01de milliers
13:02de surveillants,
13:03on les appelle
13:04aujourd'hui
13:04les assistants
13:05d'éducation,
13:06qui,
13:07sans aucune formation,
13:09sont chargés
13:10de l'éducation
13:11des élèves.
13:11de pallier
13:12ce défaut.
13:14Bon,
13:15on peut se dire
13:16quand même
13:16que jusqu'à l'âge
13:17du collège,
13:18étonné ce qui se passe
13:18aujourd'hui
13:20en termes de violence.
13:21On n'est pas adapté.
13:22On n'est pas adapté.
13:23Et en tout cas,
13:24l'école n'est pas à la page.
13:25Restez avec nous,
13:25Jean-Pierre Aubin,
13:26si vous le voulez bien.
13:27On va se retrouver
13:28dans quelques instants
13:29sur Sud Radio,
13:29toujours en compagnie
13:30d'Arthur de Vatrigan
13:31et de Stéphane Simon
13:33pour parler
13:33de l'avenir
13:35de notre école
13:36et notamment
13:37ce qu'il faut faire
13:38face à la montée
13:38de la violence
13:39et de l'indiscipline
13:40de beaucoup d'élèves.
13:41On en parle dans un instant
13:42sur Sud Radio.
13:42A tout de suite.
13:44Sud Radio,
13:45le choc des idées,
13:46Jean-Marie Bordry.
13:48Le choc des idées
13:48sur Sud Radio
13:49avec Stéphane Simon,
13:50Arthur de Vatrigan.
13:51On est ensemble
13:52jusqu'à midi.
13:52On parle de l'école.
13:54L'éducation en péril.
13:56Quels enfants
13:56allons-nous laisser
13:57à notre monde ?
13:58C'est publié chez Hermann
13:58signé de notre invité
14:00Jean-Pierre Aubin.
14:01Qu'en remercie
14:01d'être parmi nous.
14:03Nous parlions à l'instant
14:04de la montée
14:04de la violence
14:05à l'école.
14:06La violence
14:07qui est souvent
14:08endémique à l'école
14:09quelles que soient
14:09d'ailleurs les disciplines
14:11ou quelles que soient
14:11plutôt les classes d'âge.
14:13Il y a quand même
14:15un point noir.
14:17C'est le collège.
14:18C'est l'âge du collège,
14:19l'âge de la adolescence.
14:20Ce n'est pas très étonnant.
14:21Alors dans votre ouvrage
14:22L'éducation en péril
14:23vous publiez des chiffres
14:25qui sont absolument stupéfiants.
14:26J'ai relu plusieurs fois
14:27en me demandant
14:29si ce n'était pas
14:29une coquille de votre éditeur.
14:31Je vous ai même appelé
14:32pour me confirmer ce chiffre.
14:34Vous parlez d'une étude
14:34de l'Inserm.
14:35Donc sérieuse.
14:36De 2005.
14:37Qui estime,
14:38tenez-vous bien,
14:39à 120 000 collégiens
14:41et lycéens
14:42qui ont frappé
14:43un de leurs professeurs
14:45dans l'année.
14:46Rappelons qu'il y a eu aussi
14:47durant les cinq dernières années
14:49quatre enseignants assassinés
14:51et vous appelez ça
14:52le continent noir
14:53de la violence.
14:54Oui.
14:55Ce n'est pas la seule forme
14:56de violence à l'école.
14:57Les violences entre élèves,
14:58violences sur les élèves
14:59de la part de certains professeurs.
15:01Ça a défrayé la chronique
15:02cette année.
15:03Notamment avec Bétharam.
15:04mais celui-là,
15:07c'est vraiment le continent noir.
15:08On n'en parle pas.
15:09Cette enquête de l'Inserm
15:10extrêmement sérieuse
15:12dont la principale auteure
15:14et autrice
15:15était
15:16Marie Choquet,
15:18qui est une grande
15:20épidémiologiste,
15:20directeur de recherche,
15:23a porté sur 16 000 élèves
15:24un échantillon
15:25tout ce qu'il y a de plus
15:27fourni.
15:28La méthodologie
15:29extrêmement sérieuse
15:30et à la question,
15:32parmi des dizaines d'autres
15:33de questions à la question,
15:34avez-vous frappé
15:36au moins une fois
15:37un de vos professeurs
15:39dans les 12 derniers mois ?
15:41Donc, il y a 2% des élèves
15:43de 6e au terminal
15:45qui répondent oui.
15:46Et 20% qui, parmi eux,
15:49disent
15:49j'ai frappé plusieurs fois.
15:51Donc, il est récidiviste.
15:53Ce qui se traduit
15:54en termes absolus
15:56en 120 000
15:57agressions physiques
15:59d'enseignants.
15:59Ce qui ne veut pas dire
16:01ce qui ne veut pas dire
16:02120 000 professeurs
16:03agressés.
16:05Parce qu'il peut y avoir
16:06des agressions en bande
16:08des professeurs
16:09qui ont...
16:10On est là.
16:10Voilà.
16:11En tout cas,
16:11ce que ça veut dire,
16:12c'est que 2% des élèves,
16:13ça fait 1 sur 50.
16:14On est à presque 1 par classe,
16:17quasiment.
16:18C'est énorme.
16:19Oui.
16:20Justement,
16:20on parle de ces élèves
16:22perturbateurs
16:23parce que c'est un phénomène
16:24en accroissement.
16:26C'est problématique
16:28dès le primaire.
16:29ces enfants sans limite
16:31qui ne supportent pas
16:32la frustration
16:33et commencent
16:34dès l'âge de 8 ans.
16:36Et là,
16:36depuis 30 ans,
16:37on apprend dans votre livre
16:38que les plans ministériels
16:39de lutte contre la violence
16:41à l'école
16:41se sont succédés
16:42et se sont révélés
16:44incapables de maîtriser
16:46ce phénomène
16:46d'élèves perturbateurs.
16:48Alors,
16:49il y a deux choses
16:50dans ce que vous dites.
16:51Il y a d'abord
16:51les enfants perturbateurs
16:53qui est un phénomène nouveau
16:55qui se développe
16:56à partir de 2011,
16:582012 à peu près.
16:59On n'en entend pas parler avant.
17:00Ce sont les enfants très jeunes
17:02qui se vocablent à court
17:04à l'école primaire uniquement
17:05et à l'école maternelle.
17:07Et donc,
17:07ce que disent
17:08les acteurs de terrain,
17:09dont une circulaire
17:11d'un inspecteur d'académie
17:12dont je fais état
17:13dans le livre,
17:14c'est que ces enfants
17:15apparaissent
17:15dès la petite section
17:17d'école maternelle.
17:18Des enfants très violents
17:20qu'on ne sait pas gérer
17:23et qu'on va déplacer
17:24d'école en école.
17:25D'ailleurs,
17:26j'ai un témoignage
17:27qui montre que
17:28dans le département
17:29en question,
17:30l'inspecteur d'académie
17:31va déplacer les élèves
17:33des écoles
17:34où il n'y a que des femmes
17:35pour des écoles
17:37où il y a quelques hommes
17:38comme instituteurs
17:40ou institutrices
17:41de façon à mieux maîtriser
17:43ces enfants perturbateurs
17:44qui sont essentiellement
17:45des garçons.
17:47Arthur Devatrigan ?
17:48Est-ce qu'on peut dégager
17:49des conclusions
17:50ou des grandes lignes
17:51de ces études-là
17:51sur la violence ?
17:52Est-ce que c'est parce que
17:53c'est l'enfant roi
17:54comme vous le racontez
17:56dans un de vos chapitres,
17:57donc le refus
17:58d'éduquer à la frustration ?
17:59Est-ce que c'est une culture
18:01haute qui vient s'affronter
18:02avec une culture déjà présente
18:03et donc ça crée
18:04de la violence ?
18:06Est-ce que c'est une non-éducation ?
18:08Quelles sont les conclusions
18:10qu'on peut tirer ?
18:11Alors, moi je tire
18:12certaines conclusions.
18:13Je ne crois pas,
18:14je ne suis pas sûr
18:15que l'institution
18:16et les ministres
18:17aient réussi
18:19à jamais tirer
18:20la moindre conclusion.
18:20Ça tombe bien,
18:21c'est vous qu'on n'invite
18:21et pas justement.
18:23Donc,
18:24quelles conclusions
18:24peut-on trouver ?
18:25La conclusion,
18:26c'est que,
18:27bon,
18:27cette vague de violence
18:28qu'on voit démarrer
18:29dans les années 90,
18:30à peu près,
18:31à l'école,
18:32est une vague de violence
18:33qui est multifactorielle,
18:36en fait,
18:36qui a plusieurs causes.
18:37La première,
18:39c'est la crise
18:40de l'autorité.
18:41Sur la longue durée,
18:43il y a une crise
18:43de l'autorité
18:44qui fait que,
18:45voilà,
18:46les enfants,
18:47dans la famille
18:47ou à l'école,
18:49ne sont plus soumis
18:50à l'autorité des adultes.
18:51Donc, responsabilité première
18:52des profs
18:52et des parents
18:53dans les années 90.
18:54Des profs et des parents
18:55et d'une idéologie,
18:56l'éducation libérale.
18:58Donc,
18:58qu'est-ce qu'on a arrêté
18:59de faire dans les années 90
19:00qu'on faisait auparavant
19:01à l'école ?
19:02Ce qu'on a...
19:03Alors là,
19:04c'est des causes
19:05plus,
19:06je dirais,
19:07plus circonscrites,
19:08plus précises.
19:09Il y a eu,
19:10dans les années 90,
19:12le résultat
19:13du collège unique
19:14de 1975,
19:15de l'unification
19:15du collège,
19:17sur une base
19:18qui est la base
19:19de l'ouverture
19:21à l'université.
19:22Je vous rappelle
19:23qu'en 1975,
19:24il y avait deux types
19:25de collèges,
19:25le CEG et le CES.
19:27Le CEG,
19:28c'était les professeurs
19:29formés en école normale
19:30qui étaient des éducateurs
19:32qui avaient appris
19:33à gérer
19:34les comportements
19:35des élèves,
19:36non pas sur la base
19:37de la répression,
19:37sur la base
19:38de l'éducation.
19:39Et puis,
19:40il y avait
19:41les professeurs
19:42du CES secondaire,
19:43du CES,
19:44premier cycle de lycée,
19:45qui étaient formés
19:46à l'université,
19:47qui étaient des universitaires
19:49et qui se déchargeaient
19:50traditionnellement
19:51sur des surveillants,
19:53des surveillants généraux
19:54de la discipline.
19:56Ça veut dire quoi ?
19:57au pion,
19:58si je le dis vulgairement,
20:00pardon,
20:00en disant que c'était
20:01à eux de punir
20:02les élèves qui dérapaient
20:03parce qu'ils n'allaient pas
20:05s'abaisser à ça.
20:06Voilà,
20:06c'était des tâches
20:07subalternes.
20:08Et c'est ce qui se passe
20:08aujourd'hui, du coup ?
20:10Et des personnels
20:11subalternes.
20:11Et ce qui se passe
20:12aujourd'hui,
20:12c'est que dans les années 90,
20:14à la fin des années 90 précisément,
20:16je veux dire,
20:17entre 97 et 99,
20:19on a embauché,
20:20tenez-vous bien,
20:2060 000 aides éducateurs.
20:25C'est faux.
20:26Voilà.
20:26On a transformé ensuite
20:28en assistants d'éducation
20:29dans le jargon
20:30de l'éducation nationale,
20:31les AED.
20:32Alors,
20:32c'est dans ce contexte,
20:33en plus,
20:34que les relations entre l'école
20:35et les familles
20:36ne cessent de se détériorer.
20:38Il y a une majorité
20:38d'enseignants
20:40et 9 responsables scolaires
20:42sur 10
20:43qui aujourd'hui
20:44se plaignent
20:45de la montée de tensions
20:46avec les parents.
20:47Tout à fait.
20:48Donc,
20:49c'est un chiffre étonnant
20:50parce qu'il provient
20:51d'ailleurs de l'adresse,
20:52c'est-à-dire la direction
20:53des enquêtes statistiques
20:56du ministère du Travail.
20:58Et il montre que,
21:00effectivement,
21:0190% des chefs d'établissement
21:03et des directeurs
21:04d'écoles primaires
21:05se plaignent
21:05de cette montée de tensions.
21:07Et ça veut dire
21:09qu'ils sont 10 points
21:10au-dessus des forces de sécurité
21:11en termes de tensions
21:13avec le public.
21:14C'est fou.
21:15Oui, c'est fou.
21:16Ça veut dire
21:17qu'ils sont plus menacés,
21:19plus agressés,
21:20plus insultés
21:20que des policiers,
21:21par exemple,
21:21en intervention ?
21:22Alors, notamment,
21:24jusqu'à l'insulte,
21:26la mise en danger,
21:27etc.
21:28Mais surtout,
21:29dans les relations concrètes,
21:32c'est-à-dire
21:32les relations quotidiennes,
21:34le dialogue,
21:35voilà,
21:36se fait sur le mode
21:37de la récrimination,
21:38de l'accusation.
21:39Et on va tout de suite,
21:40il n'y a plus de témoignages
21:41dans mon livre là-dessus,
21:42on va tout de suite
21:43taper à l'échelle supérieure.
21:45Un professeur punit un élève,
21:48une punition tout à fait normale,
21:50il bavarde en classe.
21:51Eh bien,
21:52on ne va pas aller voir le professeur,
21:53on va aller voir le chef d'établissement.
21:54Pour dénoncer la punition
21:57infligée par le professeur
21:58à ses enfants.
21:58et demander la levée de la punition.
22:00Et d'un autre côté,
22:01il y a une logique à ça,
22:01puisque vous dites
22:02que ça commence à se dégrader
22:03à partir des années 90.
22:04Les parents d'aujourd'hui,
22:05souvent,
22:06en tout cas,
22:06étaient à l'école
22:07dans les années 90.
22:08Donc,
22:09il y a un effet
22:10poupé-gigone un petit peu,
22:11Stéphane.
22:12Absolument.
22:12c'est un effet cumulatif.
22:14Arthur de Vattriman.
22:15Mais il y a aussi,
22:16alors,
22:16évidemment qu'il y a ça qui existe,
22:18que de toute façon,
22:19chaque parent déteste
22:20voir son enfant être puni
22:22et qu'il faut toujours se forcer
22:24pour prendre de la hauteur
22:25et dire le prof a raison.
22:27Je suis d'accord,
22:28mais c'est toujours difficile
22:29pour un parent.
22:29Et évidemment qu'il y a des parents
22:31qui ont relu François Zolto
22:33et donc l'enfant est roi
22:34et l'enfant est un génie
22:35et que s'il a une punition,
22:37s'il a des mauvaises notes,
22:37c'est parce que le prof est un débile
22:39qui n'a pas compris
22:39le génie de son fils.
22:40Évidemment.
22:41Mais vous avez une troisième chose
22:42qui rentre
22:42et vous l'évoquez un peu
22:45de l'éducation
22:45qui rentre avec l'instruction.
22:47C'est-à-dire que moi,
22:47en tant que parent,
22:48j'ai vécu des profs
22:49qui veulent prendre la place
22:50de parent.
22:51Et ça, c'est aussi insupportable.
22:52C'est-à-dire qu'il y a le prof
22:53qui est là pour instruire,
22:54qui doit instruire
22:55et le prof qui éduque.
22:56Et c'est vrai que pour un parent,
22:58c'est très compliqué
22:59de voir un prof
23:00essayer de remplacer le parent
23:01et de faire de l'éducation.
23:05Oui, moi,
23:05je n'ai pas beaucoup d'exemples
23:06de profs
23:07qui prennent la place
23:10des parents sur l'éducation.
23:11J'ai plutôt...
23:12Le contraire.
23:12Les profs qui ne veulent pas
23:16prendre la place des parents
23:17qui sont démissionnaires.
23:19Parce qu'il y a des parents
23:20qui éduquent leurs enfants.
23:21Mais pensez à tous ceux.
23:22Et le problème
23:23de la société française
23:25aujourd'hui,
23:25c'est justement
23:26tous ceux qui n'éduquent pas
23:27leurs enfants
23:28pour deux raisons.
23:33Une misère sociale.
23:35Je pense à toutes ces femmes
23:36qui élèvent seules leurs enfants
23:38et qui sont complètement perdues
23:40par rapport à l'éducation.
23:41et en particulier
23:42l'éducation de leurs garçons
23:44qui les naissent
23:48sur un terrain.
23:50Voilà.
23:51Abandon social,
23:53la délinquance,
23:53la drogue, etc.
23:55Et puis,
23:56le deuxième,
23:56c'est les parents
23:57qui abandonnent leurs enfants
23:59par conviction idéologique
24:01ou par eux-mêmes
24:05bon...
24:06Laissez-faire.
24:07Laissez-faire, par exemple.
24:09Ou démission.
24:09On va le dire comme ça.
24:10Voilà, c'est ça.
24:11Quelle différence
24:11entre l'instruction et l'éducation ?
24:13Il faut qu'on y revienne
24:13puisque la nuance sémantique
24:14est importante
24:15pour ceux qui nous écoutent.
24:16On va en parler dans un instant.
24:17On va aussi se demander
24:18à quoi elle sert fondamentalement
24:20l'école.
24:20Est-ce qu'elle sert à instruire,
24:21à éduquer
24:22ou à remettre tout le monde
24:23dans le droit chemin ?
24:23Pourquoi pas ?
24:24On en parle avec notre invité
24:26Jean-Pierre Robin
24:27sur Sud Radio
24:27en compagnie de Stéphane Simon
24:29et d'Arthur de Vatrigan.
24:30A tout de suite
24:30dans le choc des idées.
24:32Sud Radio,
24:33le choc des idées,
24:35Jean-Marie Bordry.
24:35Le choc des idées
24:37sur Sud Radio
24:37toujours en compagnie
24:38d'Arthur de Vatrigan,
24:39de Stéphane Simon
24:40et de notre invité
24:41Jean-Pierre Robin
24:42qui publie chez Hermann
24:43l'éducation en péril.
24:45Quels enfants
24:45allons-nous laisser
24:47à notre monde ?
24:48On a presque envie
24:49de dire
24:49lorsqu'on vous écoute
24:50Jean-Pierre Robin
24:51quels enfants
24:51a-t-on laissé déjà
24:52à notre monde
24:53puisqu'ils sont déjà
24:54à l'école
24:54et que parfois
24:55les chiffres de l'indiscipline
24:56sont tout à fait éloquents.
24:58Juste avant de vous redonner
24:58la parole,
24:59on faisait une nuance sémantique
25:00qui est importante
25:01justement avec
25:02Arthur de Vatrigan.
25:03La différence entre l'instruction
25:05et l'éducation.
25:06Qui doit faire quoi
25:07et que doit faire le prof ?
25:09Que doit faire le parent ?
25:10C'est quoi la différence
25:11pour le parent d'élève
25:11que vous êtes ?
25:12L'éducation et l'instruction ?
25:14L'éducation
25:15c'est le savoir vivant
25:17en société.
25:18En fait vous avez
25:18votre enfant
25:19et votre rôle de parent
25:20c'est dans le cercle familial
25:22lui apprendre
25:23à sortir du cercle familial
25:25pour vivre dans le monde.
25:26Ça c'est l'éducation.
25:27Et l'instruction
25:28c'est donner tous les moyens
25:29pour l'enfant
25:30d'être libre
25:30et donc de savoir réfléchir
25:32de savoir lire
25:32et de savoir compter
25:33parce que c'est les outils
25:34qui permettent à l'enfant
25:35d'être libre
25:35et ensuite de se développer.
25:37Et justement
25:37alors quel moyen
25:38pour que l'enfant
25:40devienne libre
25:40et dans quelle école surtout ?
25:41Une étude a fait grand bruit
25:43elle a été publiée cette semaine
25:44par l'Institut des politiques publiques
25:45elle concerne la capitale
25:46lieu de ségrégation sociale
25:48s'il en est évidemment.
25:50D'ici dix ans
25:51il y aura autant d'élèves
25:51en sixième à Paris
25:52dans le privé
25:54que dans le public
25:55et à la fin
25:55ça finira par se croiser.
25:57Cette étude
25:58vous a beaucoup inspiré
25:58d'ailleurs Stéphane Simon ?
25:59Oui
26:00au moment du choix de l'école
26:01il y a dans le désir
26:03de choisir l'établissement
26:05un désir de protéger l'enfant
26:06d'assurer sa sécurité
26:08qui va bien au-delà
26:09de la simple performance scolaire.
26:12Les parents attendent de l'école
26:14des formes de comportement
26:16qui soient inculquées
26:17des principes moraux
26:19et actuellement
26:21ils y trouvent de moins en moins
26:22leur compte
26:23je pense
26:24dans l'éducation nationale.
26:25Alors je demande à notre invité
26:26vous comprenez cela
26:28et ce point de vue
26:28comment vous interprétez
26:30cette part croissante
26:31du privé
26:32par rapport au public
26:33c'est quand même
26:34un sacré retour en arrière.
26:37Alors il faut distinguer
26:38la demande
26:40et l'offre
26:41de ce point de vue.
26:42Moi je ne suis pas
26:43tout à fait convaincu
26:44par l'étude
26:45qui est parue
26:45dans le journal
26:46que vous citiez
26:47sur Paris.
26:49Pourquoi ?
26:49Parce que
26:50le gouvernement
26:51en fait
26:52tient les clés
26:54budgétaires
26:54de cet affrontement
26:56entre le public
26:56et le privé.
26:57Tant qu'il maintient
26:58et parvient à maintenir
26:59le ratio 20%
27:01pour le privé
27:0280%
27:03pour le public
27:05en nombre
27:06de postes
27:07d'enseignants
27:08les choses
27:09sont figées.
27:12Il n'y aura pas
27:12de grand
27:14transfert d'élèves
27:15entre le privé
27:15et le public.
27:16En revanche
27:17si on regarde
27:18la demande des familles
27:19pour aller vers le privé
27:20et quitter le public
27:22mais qui ne rencontrent
27:24pas d'offres
27:25totales en face
27:26là on peut se poser
27:28des questions
27:28effectivement
27:29et j'en parle
27:29dans mon livre
27:30ces parents
27:31qui en particulier
27:33à l'entrée
27:33en 6ème
27:35veulent transférer
27:36leur enfant
27:37du public
27:38vers le privé
27:39au nom de
27:40au moins
27:41là on les éduque
27:43c'est à dire
27:44que en fait
27:44c'est pas parce
27:45qu'on n'éduque pas
27:46et qu'on voudrait
27:47se réserver
27:48le monopole
27:48de l'éducation
27:49c'est qu'on pense
27:50que l'éducation
27:51dans un établissement
27:52catholique
27:53car le privé
27:53c'est à 95%
27:55ou plus
27:55du catholique
27:57on pense
27:58que ça
27:59va rencontrer
28:00les mêmes
28:01principes
28:02que les principes
28:03familiaux
28:05et là dessus
28:06je crois
28:07qu'on se trompe
28:08un peu
28:08c'est à dire
28:08que
28:11comment dirais-je
28:14la compétence morale
28:15de l'enseignement
28:16catholique
28:16peut être mise
28:17en question
28:17mais ce que je pense
28:19c'est intéressant
28:19ce que vous dites
28:20c'est que les parents
28:20pensent qu'ils vont
28:21recevoir une éducation
28:22comme eux
28:23donc en fait
28:23on parle d'une culture
28:24commune
28:25et ça veut dire
28:25que s'ils quittent
28:26le privé
28:26c'est pas forcément
28:27pour le niveau
28:27pardon
28:28le public
28:29qui veulent quitter
28:29le public
28:30c'est pas forcément
28:30pour le niveau
28:31même si ça joue
28:32ou pour la qualité
28:33de l'enseignement
28:34c'est parce qu'en fait
28:35ils veulent retrouver
28:35une culture commune
28:36qu'ils ont perdue
28:37dans le public
28:38et donc là en fait
28:39on arrive au point
28:40important
28:41qui est souvent
28:41oublié volontairement
28:43par les ministres
28:44successifs
28:45de l'éducation nationale
28:45ça s'appelle
28:46l'immigration
28:47tout simplement
28:48et peut-être
28:49qu'on peut arriver
28:50avec le lien
28:50que vous faites
28:51parce que vous avez sorti
28:51tout le monde s'en rappelle
28:52en 2004
28:53le rapport
28:53le fameux rapport
28:54sur l'islamisme
28:55alors moi j'avais une question
28:56c'est qu'est-ce qui s'est passé
28:57depuis 2004
28:58est-ce que ça empirait
28:58ou pas
28:59et pourquoi à chaque fois
29:01on met de côté
29:02le sujet de l'immigration
29:03qui est
29:04cette étude le prouve
29:05c'est que les gens
29:05quittent le public
29:06parce qu'ils veulent retrouver
29:07une culture commune
29:08qu'ils ont perdue
29:08et l'islamisme
29:09est naturellement lié
29:10à l'immigration
29:11étant donné que l'islamisme
29:11a priori n'est pas lié
29:12en Auvergne
29:13ou dans l'Allier
29:14on peut peut-être
29:15juste rappeler les chiffres
29:1635 000 agressions
29:18vous nous disiez
29:18tout à l'heure
29:19au Rantenne
29:1935 000 agressions
29:21liées à des motifs
29:22religieux
29:23par an
29:24par an
29:25et religieux
29:25c'est pas des bouddhistes
29:26oui d'accord
29:27Jean-Pierre Robin
29:28oui alors là dessus
29:31la question que vous posez
29:32sur la montée de l'islamisme
29:33depuis mon rapport
29:34de 2004
29:35bon c'est dans un livre
29:37précédent que je développe
29:39qui date de 2020
29:40et qui est d'ailleurs
29:42comment a-t-on laissé
29:43l'islamisme pénétrer
29:45le col
29:45qui est paru en librairie
29:48un mois avant
29:49l'assassinat de Samuel Paty
29:50et où je montre
29:52que ce qu'on avait
29:55observé
29:56nous
29:56l'inspection générale
29:58on était 10
29:58à aller dans
29:59l'établissement scolaire
30:00dans un nombre limité
30:02d'établissements
30:02c'est diffusé maintenant
30:04sur l'ensemble du territoire
30:05mais les formes
30:07d'incidents
30:09plus ou moins violents
30:10qui se déroulent
30:11dans les classes
30:12et dans l'établissement scolaire
30:13pour des motifs religieux
30:14et essentiellement
30:16vous avez raison
30:18d'élèves
30:19qui se réclament
30:20de l'islam
30:21pour interrompre un cours
30:23pour agresser un professeur
30:24etc.
30:25pour demander
30:26des droits particuliers
30:27dans la vie scolaire
30:28et bien
30:29se généralise
30:33maintenant
30:33non seulement
30:34sur tous les territoires
30:36mais
30:38y compris
30:39dans l'enseignement
30:40privé
30:41y compris
30:42dans l'enseignement privé
30:43et
30:44les chiffres
30:46sont
30:46très très éloquents
30:47le nombre
30:49d'incidents
30:51les professeurs
30:52qui ont connu
30:52un incident
30:53pour des raisons religieuses
30:54sont maintenant
30:558 sur 10
30:56qui ont peur
30:58de ces incidents
30:59en tout cas
31:00et
31:02la moitié d'entre eux
31:04s'en sortent
31:07en s'auto-censurant
31:08c'est à dire
31:10en refusant
31:10par exemple
31:11ou en renonçant
31:12plutôt
31:12de faire un cours
31:13sur pourquoi pas
31:14la théorie de l'évolution
31:15ou alors
31:15si on parle des sciences
31:16ou alors
31:17sur l'histoire
31:18de la colonisation
31:19sur la guerre d'Algérie
31:20sur le génocide arménien
31:21oui
31:22là dessus
31:23on a
31:24toute une série
31:25d'enquêtes de l'IFOP
31:26qui sont très parlantes
31:27parce qu'on voit
31:28l'évolution du phénomène
31:29et
31:30ce qui est intéressant
31:31c'est de voir
31:32que
31:35la majorité
31:35des incidents
31:36n'ont pas lieu
31:37dans les enseignements
31:39disciplinaires
31:39c'est à dire
31:40dans les enseignements
31:42qui portent
31:42sur des valeurs
31:44c'est à dire
31:44la laïcité
31:45la mixité
31:46l'égalité
31:47homme-femme
31:48l'homophobie
31:51les choses comme ça
31:53c'est là que ça se passe
31:54c'est là que ça se passe
31:54ah oui
31:55c'est là que ça se passe
31:55alors que
31:57par exemple
31:58si vous prenez
31:58la théorie de l'évolution
31:59c'est très intéressant
32:01depuis longtemps
32:01enfin depuis longtemps
32:02depuis 2015
32:03une enquête
32:05du CNRS
32:05montre que
32:07les collégiens musulmans
32:10enfin
32:10qui se déclarent musulmans
32:13ne pensent
32:14pensent
32:14très très majoritairement
32:16que c'est Dieu
32:17qui a créé
32:17les espèces vivantes
32:18telles qu'elles sont aujourd'hui
32:20et que
32:206% d'entre eux
32:21je dis bien 6%
32:23pensent que c'est le professeur
32:24qui a raison
32:25en enseignant la théorie
32:25de l'évolution
32:26c'est à dire que
32:27ces êtres
32:29ces créatures
32:30sont
32:31le résultat
32:32d'une évolution
32:33bon
32:34mais ça ne provoque pas
32:35d'incident dans les classes
32:36pourquoi
32:37parce que
32:38lorsqu'on interroge
32:39les élèves
32:39sur cette question
32:40le professeur
32:42interroge les élèves
32:43ils répondent
32:44vous pensez ça
32:45moi je pense autrement
32:46bon
32:47il y a la science
32:48il y a la religion
32:49chacun son truc
32:50c'est pas une raison
32:52pour s'affronter
32:53en revanche
32:54lorsqu'on enseigne
32:56des choses
32:56qui font partie
32:57je dirais
32:58de la culture intime
32:59en particulier
33:00de la culture familiale
33:01qui remettent en cause
33:03des modes de vie
33:04importants
33:05comme par exemple
33:06les relations de l'homme
33:07et de la femme
33:08du père
33:09et de la mère
33:10ou des couples
33:10de même sexe
33:11par exemple
33:12là on s'en prend
33:13à des choses
33:13qui apparaissent
33:14pour eux
33:15vitales
33:15sur lesquelles
33:16on va aller
33:16jusqu'à pouvoir
33:17agresser
33:18un enseignant
33:19donc c'est là
33:19que ça dérape
33:20c'est là
33:21que ça dérape
33:21alors ensuite
33:22il y a des sujets
33:23d'histoire géographique
33:24qui sont particulièrement
33:25sensibles
33:25il y a le Proche-Orient
33:26mais il y a aussi
33:27la guerre d'Algérie
33:28qui est un sujet
33:29difficile à enseigner
33:30et qui vous parle
33:30d'ailleurs
33:31aussi à vous
33:32du fait de votre parcours
33:33ce serait intéressant
33:34d'y revenir
33:35Jean-Pierre Robin
33:36moi je voudrais parler
33:37mais on va peut-être
33:38être un peu long
33:39je voudrais parler
33:40de ces deux
33:40parce que
33:41en fait
33:41ce qui est très intéressant
33:42dans votre livre
33:43c'est ce voyage
33:44que vous faites
33:44à travers l'éducation
33:45et on s'aperçoit
33:46qu'il y a deux forces
33:48antagonistes
33:49dans l'éducation
33:50depuis longtemps
33:50et que finalement
33:52derrière chaque pratique éducative
33:54il y a une théorie
33:55si vous voulez
33:56donc il y a eu
33:57pendant très longtemps
33:58une école
33:59qui était là
33:59pour canaliser
34:00ce qu'on pensait
34:00être la nature perverse
34:02de l'enfant
34:02ça ça a duré
34:03et on peut dire
34:05que ça a duré longtemps
34:06et puis
34:06à partir de la fin
34:07du 19ème siècle
34:08on commence à être
34:10bousculé
34:11par un penseur
34:13qui s'appelle
34:13Jean-Jacques Rousseau
34:14qui a lui
34:15retourné le paradigme
34:16et qui estime
34:17désormais
34:17que l'enfant
34:18naît innocent
34:19et naturellement bon
34:20et que c'est la société
34:21qui le corrompt
34:21alors après
34:22il y a Maria Montessori
34:23début du 20ème siècle
34:25qui reprend
34:25la stratégie éducative
34:26de Rousseau
34:27explique que
34:28l'intervention directe
34:29de l'adulte
34:29est intempestive
34:30et l'éducation
34:32est un processus
34:32naturel
34:33chez l'enfant
34:33ça va donner
34:34plus tard
34:35l'éducation libérale
34:36qui devient franchement
34:37libertaire
34:38avec l'expérience
34:39radicale allemande
34:40etc
34:40et ce qui est intéressant
34:42c'est que vous faites
34:42un peu la synthèse
34:43de tout ça
34:44dans ce livre
34:45et vous expliquez
34:46que finalement
34:46l'éducation doit être
34:48conservatrice
34:49pour que l'enfant
34:50qui est naturellement
34:52révolutionnaire
34:53entre guillemets
34:54puisse dépasser
34:55ce qu'il a appris
34:57oui mais ça
34:58c'est pas moi
34:59qui le fais
34:59c'est Anne Arendt
35:00bien sûr
35:01je ne suis que son
35:02modeste traducteur
35:03absolument
35:04et oui
35:06il y a eu deux révolutions
35:08dans l'histoire
35:08de l'éducation
35:09la première
35:10c'est Rousseau
35:10effectivement
35:12de l'enfant
35:14naturellement mauvais
35:15pervers
35:16jusqu'à Freud
35:17pervers polymorphe
35:18dit-il
35:20et puis
35:21Rousseau
35:22qui en fait
35:23un être
35:24naturellement bon
35:27la première phrase
35:29de l'Émile
35:29est tout à fait
35:30significative
35:32il y a eu
35:33cette révolution
35:34en 1961
35:35d'un texte
35:36très court
35:36très synthétique
35:38un peu difficile
35:39à appréhender
35:41qui est
35:41la crise de l'éducation
35:43ce texte
35:43de Anne Arendt
35:44où elle balaie
35:45d'un revers de main
35:46les deux conceptions
35:48précédentes
35:49de l'éducation
35:49non
35:51l'enfant
35:51n'est pas un être
35:52qui
35:53n'est pas
35:56naturellement bon
35:57naturellement
35:58une nature
35:59qu'il faut
36:00maîtriser
36:02contraindre
36:02corriger
36:04ni un être
36:05naturellement bon
36:06une nature
36:07qu'il faut épanouir
36:08il n'y a pas
36:08de nature humaine
36:09ce qui fait l'homme
36:11c'est pas sa nature
36:12c'est sa culture
36:13c'est-à-dire
36:13le monde humain
36:14c'est ça qui fait
36:16l'humanité
36:16chez l'homme
36:17et c'est ça
36:18qu'il faut transmettre
36:18d'où une conception
36:20un peu complexe
36:21de l'éducation
36:22l'éducation a deux objets
36:24pour Anne Arendt
36:25l'enfant
36:26il faut lui apprendre
36:28la vie
36:28il faut aider
36:31son développement
36:32vital
36:32et puis
36:33le monde humain
36:35qu'il faut préserver
36:36dans la succession
36:37des générations
36:38et tout éducateur
36:39ne devrait pas
36:40se préoccuper
36:40uniquement de l'enfant
36:42mais aussi du monde
36:43absolument
36:44voilà
36:45et ça
36:46c'est absolument
36:47révolutionnaire
36:47on va en reparler
36:48dans quelques instants
36:49avec vous
36:50toujours Jean-Pierre Robin
36:51et Stéphane Simon
36:52et Arthur
36:52de Vatrigan
36:53comment reconstruire
36:55l'école
36:56pour qu'une bonne partie
36:57des mots
36:57qu'on a cités
36:57depuis le début
36:58de cette émission
36:58dans le choc des idées
37:00disparaissent
37:00ou en tout cas
37:01que l'école reprenne son rôle
37:02on en parle dans un instant
37:03à tout de suite
37:04sur Sud Radio
37:05Sud Radio
37:06le choc des idées
37:07Jean-Marie Bordry
37:09avec Arthur
37:09de Vatrigan
37:10directeur du magazine
37:11L'Incorrect
37:11avec Stéphane Simon
37:12et notre invité
37:13Jean-Pierre Robin
37:14auteur notamment
37:15chez Herman
37:16de l'éducation en péril
37:18quels enfants
37:19allons-nous laisser
37:20à notre monde
37:21comment reconstruire
37:23cette école
37:23que de plus en plus
37:24de parents tentent
37:25de fuir en tout cas
37:26pour leurs enfants
37:27c'est un peu la question
37:28qu'on pourrait se poser
37:29avec vous Stéphane Simon
37:29oui l'école
37:30c'est aujourd'hui
37:31surtout à la lecture
37:32de votre livre
37:33on s'aperçoit
37:34que c'est une organisation
37:35éducative
37:36qui est incohérente
37:37l'école primaire
37:38reste un modèle
37:39simple
37:40clair
37:41en revanche
37:42le secondaire
37:42et en particulier
37:44le lycée
37:44sont à revoir
37:46on le voit bien
37:46alors est-ce que
37:47tout simplement
37:48Jean-Pierre Robin
37:49il faudrait un big bang
37:51aujourd'hui de l'école
37:53j'y crois pas
37:55c'est quelque chose
37:57qui est inconcevable
37:58il n'y aura pas
37:58de big bang
37:59de l'école
38:00peut-être hélas
38:01mais en tout cas
38:02c'est une institution
38:05tellement lourde
38:07tellement pesante
38:09un mammouth
38:10comme avait dit
38:10feu l'un de ses anciens ministres
38:11un pétrolier
38:13qui a du mal
38:14à prendre
38:16des virages
38:17qu'il faut
38:19raisonner
38:20d'une manière
38:20sur le long terme
38:23et en tout cas
38:24d'une manière plus raisonnable
38:26je pense que
38:27enfin le pétrolier
38:28pardonnez-moi
38:29mais pour l'instant
38:29il commence à prendre l'eau
38:31ça va de moins en moins bien
38:33mais lentement
38:34oui
38:35mais sûrement
38:36peut-être
38:37mais lentement
38:39je pense qu'il faut
38:40raisonner
38:41sur des
38:41sur des
38:43réformes
38:44ou en tout cas
38:45des directions
38:47plus
38:48plus raisonnables
38:49moi je vois
38:49trois directions
38:50pour sortir
38:51de
38:52de l'ornière
38:53de l'ornière
38:54oui
38:54dans lequel
38:56s'embourbe
38:57le char
38:58de l'éducation nationale
39:00la première
39:01c'est
39:02sur le plan
39:03de l'éducation
39:04c'est de sortir
39:07vraiment
39:07des deux conceptions
39:08erronées
39:09de l'éducation
39:10qui
39:14rapprochez-vous bien
39:15de votre micro
39:15Jean-Pierre Robin
39:16quelles sont les deux conceptions
39:17les deux conceptions
39:18de l'éducation
39:18qui ont dominé
39:19jusqu'à présent
39:20alors la première
39:20c'est l'éducation
39:21traditionnelle
39:22l'enfant
39:23est un être
39:24qu'il faut maîtriser
39:26corriger
39:26etc
39:26on en sort
39:30modestement
39:31en tout cas lentement
39:32plus lentement
39:32que vous le pensez
39:33puisque je vous rappelle
39:34que la cour de cassation
39:36il y a un mois
39:38a définitivement
39:40envoyé au cimetière
39:42le fameux droit
39:43de correction
39:44qui était
39:45bon
39:46qui était utilisé
39:47par certains juges
39:49pour absoudre
39:50le châtiment corporel
39:51y compris
39:52très sévère
39:53de certains maîtres
39:54et de certains parents
39:55ça c'est interdit
39:56maintenant
39:56ça y est
39:58les tribunaux
39:59ne pourront plus
40:00utiliser ce droit
40:01de correction
40:02et
40:03l'autre côté
40:05c'est l'éducation
40:05libérale
40:06l'éducation libérale
40:07mais qui continue
40:09encore
40:09de faire
40:10beaucoup de ravages
40:11donc sortir
40:13de cette
40:15double
40:16conception
40:18de conception
40:19erronée
40:20pour adopter
40:21la conception
40:21de Hannah Arendt
40:22c'est à dire
40:23que
40:23l'éducation
40:25au sens large
40:26du terme
40:27là j'y inclue
40:29l'instruction
40:29c'est la transmission
40:32d'un patrimoine
40:33culturel
40:34et moral
40:35et là on peut
40:36faire la distinction
40:37entre l'instruction
40:38capitale culturelle
40:40et
40:41l'éducation
40:42capitale morale
40:43les valeurs
40:45les comportements
40:46etc
40:47et
40:48ce double héritage
40:50doit être
40:52transmis
40:53avec ses ombres
40:54et ses lumières
40:55dans son intégralité
40:56selon Hannah Arendt
40:57pourquoi
40:58parce que
40:59sinon
41:01si on dit aux enfants
41:03soit
41:04il faut faire comme avant
41:05les traditionnalistes
41:06ou
41:07il faut changer le monde
41:09les révolutionnaires
41:11on les met dans une injonction
41:13voilà ce que tu dois faire plus tard
41:15et seule
41:16l'éducation
41:19telle que le conçoit
41:20Hannah Arendt
41:21l'éducation conservatrice
41:23celle qui enseigne le monde
41:24tel qu'il est
41:26permet la liberté
41:28aux enfants
41:28d'accéder à la liberté
41:29de faire quelque chose
41:30que les adultes
41:31n'auront pas imaginé pour lui
41:33transmettre le réel
41:34finalement
41:35ça pourrait être
41:35résumé comme ça
41:36transmettre le réel
41:37transmettre le réel
41:38dans son épaisseur
41:39et dans sa complexité
41:41et c'est pourquoi
41:43le paradoxe
41:44de Hannah Arendt
41:45c'est
41:46seule
41:46l'éducation
41:48conservatrice
41:49elle permet
41:52à ce qu'il y ait
41:53de réellement
41:54révolutionnaire
41:55chez les enfants
41:55d'émerger
41:57qui est un révolutionnaire
41:58du nom d'Arthur
41:58de Latrigan
42:00contre révolutionnaire
42:01à la limite
42:01c'est une provocation
42:03j'ai bien compris
42:04Hannah Arendt
42:05j'aime beaucoup
42:05le réel aussi
42:06mais le réel
42:06d'Hannah Arendt
42:07est absolument plus le même
42:08que celui d'aujourd'hui
42:09parce qu'il y a un truc
42:10très simple
42:10c'est qu'il n'y a plus de commun
42:12à l'école
42:13il n'y a plus de commun
42:14vous avez des gens
42:15qui viennent d'horizons différents
42:16qui ne partagent pas
42:17les choses
42:17ni la vie d'histoire
42:18ni même la langue
42:19encore moins les croyances
42:20et parfois ça se percute
42:21dans les familles
42:22c'est pareil
42:23et puis il y en a
42:23qui ne savent même pas
42:24que le commun existe
42:24donc comment on fait
42:25déjà pour reconstruire
42:26un commun
42:26ou un collectif
42:27parce que sans commun
42:28sans collectif
42:28il n'y a pas d'éducation
42:30il n'y a pas de corps social
42:31il n'y a pas de société
42:31alors je viens
42:32à mon troisième point
42:34merci de la transition
42:37le deuxième point
42:38c'est
42:39il faut donner clairement
42:40une mission éducative
42:41aux professeurs
42:41voilà
42:42et en particulier
42:43aux professeurs de collège
42:44qui est une continuité
42:45entre la maternelle
42:47le primaire
42:47et le collège
42:48avec des enseignants
42:49qui ne se désintéressent pas
42:51de l'éducation des enfants
42:53et là vous allez me dire
42:54oui mais quelle éducation
42:55il n'y a pas de commun
42:57et là
42:58c'est le problème de l'état
42:59c'est le problème
43:00de la formation des professeurs
43:01tout simplement
43:02c'est à dire qu'il faut
43:03que les professeurs
43:04aient une formation
43:06qui leur permette
43:08d'aborder
43:09sans crainte
43:10la dimension éducative
43:12chez les enfants
43:13et cette conception
43:15vous allez me dire
43:16mais quelle est-elle
43:17la conception de Hannah Arendt
43:19tout simplement
43:19c'est à dire que
43:21il y a à enseigner
43:23notre héritage
43:24il y a un héritage
43:25à transmettre
43:26et cet héritage
43:28et bien
43:30il permet
43:31une fois devenu adulte
43:33aux enfants
43:34de faire quelque chose
43:35que nous n'avons pas pu
43:36imaginer pour eux
43:37voilà
43:38quel est votre troisième point
43:40puisque vous
43:40le troisième point
43:41je le dis
43:41c'est la formation
43:43voilà
43:43il y a une étude
43:44de l'OCDE
43:46qui est Thalys
43:47que j'utilise abondamment
43:48dans le livre
43:50auprès des professeurs
43:51de 50
43:52entre 50 et 60 pays
43:54du monde
43:55qui montre
43:56qu'en matière de formation
43:58la France
43:58est vraiment
43:59dernière
43:59c'est important
44:00qu'on s'y arrête
44:01les profs français
44:02sont moins bien formés
44:03que les autres
44:03on a les profs
44:04les plus mal formés
44:06du monde
44:07si je cite cette étude
44:08absolument
44:08c'est ça
44:08formés en quoi ?
44:10alors formés
44:10il y a toute une série
44:11une catégorie dans l'enquête
44:13Thalys
44:13alors formation
44:15dans la discipline
44:17enseignée
44:18ou les disciplines
44:19enseignées
44:19formation
44:21à enseigner
44:22en milieu
44:23multiculturel
44:25c'est à dire
44:25aux immigrés
44:26aux enfants d'immigrés
44:28on est moins bon
44:29en classe hétérogène
44:30voilà
44:32numérique
44:33aux outils numériques
44:34à gérer les comportements
44:36dans la classe
44:36etc.
44:37il y a 6 ou 7 catégories
44:39où on est
44:40systématiquement
44:41dans les 3 derniers
44:42du monde
44:43et comment on en arrive là
44:44alors même qu'on a
44:44un des ministères
44:45de l'éducation nationale
44:46les plus fournis
44:48en nombre
44:48d'enseignants
44:50et en membres
44:51du personnel
44:51du monde
44:52et en budget
44:52et en budget
44:53on en arrive là
44:55je vais être
44:56très direct
44:59à cause
45:01notamment
45:02de la réforme
45:04des années 90
45:05c'est à dire
45:06le passage
45:08la fermeture
45:09des écoles normales
45:10des écoles normales
45:10d'apprentissage
45:11et la formation
45:12de tous les enseignants
45:13à l'université
45:15dans des instituts
45:16universitaires
45:16et donc là
45:19on est passé
45:20d'un monde
45:21où l'enseignant
45:22s'occupait
45:23des comportements
45:24des élèves
45:24avait des choses
45:25à leur dire
45:27moi j'ai des choses
45:28à te dire
45:28voilà ce que dit
45:29l'éducateur
45:30il se décharge pas
45:32de responsabilité
45:34et malheureusement
45:34c'est ce qu'il a fait
45:35c'est ce qui fait
45:35que l'école
45:35est devenue
45:36ce que vous déplorez
45:38mais alors on espère
45:38qu'il y aura encore
45:39des solutions
45:39on y reviendra peut-être
45:41avec vous
45:41pourquoi pas Jean-Pierre Robin
45:42dans un prochain ouvrage
45:43je rappelle en tout cas
45:44le dernier
45:45l'éducation en péril
45:46quels enfants
45:47allons-nous laisser
45:47à notre monde
45:48c'est publié
45:49chez Arman
45:50merci beaucoup
45:51d'être venu sur Sud Radio
45:52Jean-Pierre Robin
45:53c'est moi qui vous remercie
45:54merci à vous
45:55Stéphane Simon
45:56Arthur de Latrigan
45:57je rappelle qu'on peut lire
45:57votre magazine
45:58l'incorrect
45:59dans les kiosques
46:00je vous laisse
46:01en compagnie
46:02en la compagnie
46:03pardon
46:04de Laurent Permas
46:05juste après les informations
46:06de midi
46:07place à la vie
46:08devant nous
46:08oui quand on est bien élevé
46:10autant en profiter
46:10jusqu'au bout
46:11ce sera juste après les infos
46:13bon dimanche
46:13et bon déjeuner
46:14bon déjeuner
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