00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10, Maxime Liedot.
00:05Et le sujet à la une à 8h17 sur Sud Radio, c'est évidemment cette défaite du 15 de France
00:10du côté de l'Ecosse hier.
00:12Bonjour Alexandre Priam.
00:14Bonjour la matinale, bonjour le grand matin, bonjour Maxime.
00:16Comment ça va ? Est-ce qu'après une telle défaite, on arrive encore à se réveiller comme il se
00:21doit un dimanche matin ?
00:23Ben oui, il n'y a pas trop de problèmes sur ce point-là.
00:25On n'était pas sur le terrain, on n'a pas été concassés par des Écossais, mais on a été
00:29concassés par la prestation des Bleus.
00:32Par contre, ça c'est vrai, cette grosse surprise qu'il y a eu du côté de Murrayfield hier, énorme
00:38surprise.
00:38Parce que franchement, effectivement, les Écossais nous ont eus et on est tombés dans ce piège-là que tout le
00:44monde pourtant avait dressé et rappelé au staff du 15 de France durant toute la semaine.
00:48Donc quels sont les mots, vous, que vous iriez employés pour qualifier ce qui s'est passé hier sur le
00:53terrain ?
00:53C'était quoi ? C'était un manque de préparation ? C'était en effet un dépassement vis-à-vis
00:57de l'équipe écossaise ?
00:58C'était tout simplement peut-être un mauvais jour ? Comment vous le qualifiez-vous ?
01:02Il n'y a pas de mauvais jour.
01:04De un, le match est une surprise.
01:06Parce que les Écossais ont joué au pied dans des zones nouvelles, non anticipées,
01:10et qu'on s'est totalement fait avoir en début de match, et puis on a été battus en mêlée.
01:14L'ampleur du score, là aussi, c'est une surprise.
01:16L'effondrement mental des bleus, aussi, est une surprise.
01:19On parle de... Il n'y a pas de mystère dans ce sport.
01:22Et quand on regarde le plan de jeu, la composition de Fabien Galtier, par exemple,
01:26de mettre en deuxième ligne Charles Olivon et Mickaël Guière, qui sont deux profils assez coureurs,
01:31au détriment, par exemple, de Thibaut Flamand et d'Emmanuel Méafou, un peu plus lourds,
01:35eh bien, on a voulu tout simplement combattre l'intensité courue, comme dit le staff du 15 de France.
01:39En gros, d'aller matcher les Écossais sur leurs points forts, sur la vitesse ballon en main,
01:44sur la vitesse aussi de déplacement entre les zones d'affrontement.
01:48Et en fait, en voulant battre les Écossais sur leurs points forts pour les détruire,
01:52on s'est fait avoir par des gens, par des joueurs qui étaient maîtres en la matière.
01:57On n'a pas joué notre jeu.
01:59L'équipe de France n'a pas été la véritable équipe de France que l'on a connue depuis le
02:03début du temps.
02:03Beaucoup de commentateurs sportifs, y compris dans la presse ce matin
02:06et dans les nombreux débriefs qu'a connus ce match hier,
02:09évoquaient tout d'un coup la rapidité, la subtilité, la singularité du jeu écossais.
02:14Est-ce que ça, ça peut être une raison sérieuse pour expliquer ce qui s'est passé hier sur le
02:18terrain ?
02:19Oui, parce que l'Écosse est une équipe qui est capable de proposer un énorme volume de jeu,
02:27c'est-à-dire beaucoup de courses ballon en main, beaucoup de passes, beaucoup de rucks.
02:30Vous savez, vous avez une collision, il y a une bataille au sol pour conserver la balle d'un côté
02:36pour l'équipe Kata
02:37qui a pu essayer de la récupérer pour celle qui défend, et ça ce sont des rucks.
02:40Il y a eu 128 rucks hier du côté écossais, et ils en ont gardé combien d'après vous Maxime
02:46?
02:47Aucune idée.
02:48128.
02:49C'est-à-dire que sur 128 rucks, ils ont gardé 128 ballons.
02:53Donc l'équipe de France n'a pas été capable à une seule reprise de récupérer un ballon au sol
02:59après une collision.
03:00C'est une statistique extrêmement rare, et ce qui montre à quel point l'équipe de France a eu tort
03:06sur toute la ligne.
03:07C'est-à-dire que quand on veut aller chercher les écossais sur leur point fort, sur le jeu de
03:12déplacement,
03:13il faut être là quand le ballon passe au sol, et on était toujours en retard.
03:17Salut Alexandre, Jules Boschiareni.
03:18On a aussi le sentiment qu'il nous a manqué, une capacité à réagir hier, voire à se révolter,
03:24chose que les écossais eux ont parfaitement su faire.
03:27Est-ce que c'est ça aussi qui a fait la différence ?
03:30Coup de massue.
03:30Ça a été un coup de massue quand même ce match.
03:32Je pense que l'équipe de France a été dominée dans des proportions qu'elle n'a jamais vécues sous
03:37Fabien Galtier.
03:38C'est la plus large défaite du 15 de France.
03:4250 points qui séparent le 15 de France n'étaient pas arrivés depuis une tournée en Nouvelle-Zélande en 2018,
03:47et dans le tournoi de destination depuis le match face à l'Angleterre en 2015.
03:52Donc l'ampleur du score, parce que là on parle de 50 à 40 au coup de sifflet final,
03:56mais il y a eu quand même près de 30 points d'écart à un moment dans la partie.
04:00Je pense que l'ampleur du score, la surprise, encore une fois je reviens sur ce mot-là,
04:05l'échec dans tous les compartiments de jeu, ce coaching,
04:09ces remplacements qui sont toujours programmés, qui ont été cette fois-ci déprogrammés par Fabien Galtier,
04:15anticipés plus que jamais, ça a amené du chaos.
04:19Et dans le chaos, l'équipe de France n'a pas réussi à réagir,
04:22elle a tout simplement perdu ses moyens, perdu ses repères.
04:25Il a fallu les dix dernières minutes, avec un petit peu de fierté et de courage,
04:29pour aller chercher le bonus offensif, dont quatre essais marqués.
04:32Mais c'est vrai que la façon dont l'équipe de France s'est écroulée hier,
04:38nous rappelle des moments pré-Galtier, mais pas du mandat Galtier de 8 ans.
04:44Et puis il y a les leaders aussi, qui se sont passés à côté de leur match,
04:48on pense à Antoine Dupont, Charles Olivon, Julien Marchand, ou encore Moéphana.
04:53Pas qu'un peu, Moéphana.
04:55Sept plaquages manqués, c'est un spécialiste, il aurait dû être remplacé.
04:59Le problème, c'est que Nicolas Deporter s'est blessé à l'épaule,
05:02donc il n'y avait plus qu'un seul centre sur le banc, Pierre-Louis Barrassi.
05:05Il est rentré à la place de Nicolas Deporter,
05:08mais évidemment, Yoram Moéphana est passé totalement à compter de son match.
05:10François Croce n'a pas régné sur les rucks.
05:12Antoine Dupont est humain aussi, c'est-à-dire que quand on n'a pas de ballon propre,
05:17voire que des ballons pourris, on redevient humain.
05:20C'est ça aussi qui est beau dans le rugby.
05:21C'est un sport d'humilité qui nous ramène à l'humilité.
05:24Et puis, j'ai même envie d'aller plus loin que ça, Jules.
05:27Il y a quelque chose qui, même au-delà du mauvais match,
05:30il y a aussi la bêtise.
05:31C'est-à-dire que, je ne sais pas si vous avez vu,
05:33mais Oscar Gégou est suspecté d'avoir fait une fourchette
05:36dans les yeux d'un écossais.
05:39Je ne sais pas exactement où on en est.
05:42Je ne sais pas si le 15 du Chardon, par exemple,
05:45portait réclamation sur ce geste-là.
05:47Mais au-delà de la défaite, on pourrait en plus passer pour des agresseurs.
05:51Et Oscar Gégou connaît le mot, en plus.
05:53Donc, au-delà de la défaite, il y a aussi peut-être le risque de honte.
05:57Mais dernière question, Alexandre Priam.
05:58Il faut peut-être accessoirement croiser les doigts,
06:01parce que malgré cette défaite, la France peut toujours remporter le tournoi.
06:05De quoi dépend ce scénario ?
06:08Déjà, ce qui est trop bien,
06:09et ce qui est quand même une très bonne nouvelle,
06:11c'est que les Bleus seront fixés quoi qu'il arrive
06:13avant le match face à l'Angleterre,
06:15puisqu'on va clôturer le tournoi à destination avec le crunch.
06:17Donc, on saura, par exemple, s'il y a l'Irlande ou l'Écosse s'est imposée.
06:22Il faut savoir qu'en cas d'égalité,
06:24c'est la différence générale qui compte,
06:26et non pas la différence particulière.
06:28Et il y a une très grosse différence,
06:30actuellement, entre la France et l'Écosse, par exemple.
06:33Donc, les Bleus sont tout de même en position favorable.
06:35On est toujours leader de ce tournoi.
06:37Le Grand Chlem nous a échappés,
06:39mais le Grand Chlem, ça a été à 10 reprises dans notre histoire,
06:41en 115 ans de tournoi à destination.
06:42Donc, la victoire finale, elle, est toujours possible.
06:46Mais il faudra, de toute façon, s'imposer face à l'Angleterre.
06:48Et si possible, en marquant 4 essais,
06:50en récupérant le bonus offensif.
06:52À partir de là, le titre sera quasiment dans nos mains.
06:56Donc, on a encore un peu le droit d'y croire.
06:58Et puis, ce match face à l'Angleterre.
07:00On est l'équipe la mieux placée pour aller le chercher.
07:02Et donc, ce sera à suivre, forcément, sur Sud Radio, la radio du rugby.
07:05Merci beaucoup, Alexandre Priam, d'avoir été avec nous ce matin,
07:07journaliste rugby sur Sud Radio.
07:09Évidemment, on aura le plaisir de vous retrouver le week-end prochain
07:11pour espérer assister à la victoire, à la grande victoire de la France.
07:15Et ce sera, bien sûr, à vivre sur Sud Radio.
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