- il y a 3 ans
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00 (Générique)
00:07 Bienvenue dans les informés du matin, on est ensemble jusqu'à 9h30 avec Jean-Jérôme Berthollus, bonjour.
00:12 Bonjour Laurent, bonjour à tous.
00:13 Éditorialiste politique, Nathalie Seugon, bonjour.
00:15 Bonjour.
00:16 Journaliste politique au journal l'Opinion, David Di Giacomo à nos côtés également, bonjour David.
00:20 Bonjour Laurent.
00:21 Service police justice de France Info, Renaud Delis, on va commencer justement par le premier débat de ces informés,
00:26 on va parler d'Annecy et on se pose la question d'où en est l'enquête.
00:30 On va revenir bien sûr sur ce drame hier matin à Annecy, ses cibles et ses graves dont 4 enfants âgés de 22 à 36 mois.
00:37 L'assaillant, on le sait, est de nationalité syrienne, il avait obtenu une demande d'asile en Suède depuis une dizaine d'années.
00:43 Il en avait formulé une autre qui avait été rejetée quelques jours avant en France.
00:48 Voici ce qu'en disait hier soir le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.
00:52 C'est effectivement une coïncidence troublante que dimanche dernier il connaît la réponse de l'administration française en 6 mois,
00:59 pas d'asile, puisque vous l'avez déjà en Suède et qu'il passe à l'acte dans cette crime absolument ignoble.
01:05 Ça fait 3 ans que je suis ministre de l'Intérieur, monsieur Boulot, j'ai vu beaucoup de choses très difficiles.
01:09 Je pense que c'est la pire journée pour les Français, parce que s'en prendre à des enfants de 2 ans,
01:15 donner des coups de couteau à des enfants de 2 ans, c'est innommable.
01:17 Alors évidemment l'enquête ne fait que commencer, mais que sait-on ce matin d'abord du parcours migratoire de cet individu,
01:25 et puis évidemment de son profil et de ses motivations qui ont conduit à un tel drame ?
01:30 David Di Giacomo, je me tourne d'abord vers vous, peut-être Olivier Véran a donné quelques nouvelles des blessés des victimes,
01:36 et notamment des très jeunes victimes ce matin.
01:38 Oui, en effet, avec 2 enfants qui sont toujours en urgence vitale, les 2 autres vont mieux, c'est ce qu'on a compris.
01:46 Et puis il y a également 2 adultes, 2 hommes de 70 et 78 ans qui ont été touchés, l'un d'eux plus gravement.
01:53 Mais voilà, la concentration ce matin, c'est sur ces 2 enfants qui sont toujours en urgence vitale.
01:58 Vous le disiez, des enfants qui ont entre 22 mois et 3 ans.
02:03 L'agresseur, lui, il est toujours en garde à vue ce matin, est-ce qu'il a pu être entendu par les forces de l'ordre ?
02:09 Et non, toujours pas, puisque depuis hier, en fait, ce qu'on nous explique, c'est qu'il est très agité.
02:14 Il se roule même par terre dans la cellule de garde à vue.
02:17 Résultat, eh bien, l'interrogatoire par les enquêteurs de la police judiciaire n'a pas pu démarrer.
02:22 Il va y avoir une expertise psychiatrique là, ce matin, pour savoir si enfin on peut l'entendre,
02:28 ou alors s'il faut l'hospitaliser d'office.
02:31 Ce sont les 2 options ce matin, mais en tout cas, on ne l'a pas entendu sur le fond,
02:35 donc ses motivations restent encore totalement mystérieuses.
02:39 On sait que pour le moment, il n'y a pas de mobile terroriste apparent pour reprendre les mots de la procureure d'Annecy.
02:45 Même s'il y a des vérifications d'usage du parquet national antiterroriste,
02:48 mais qui ne ont donc pas saisi de l'affaire à ce stade.
02:51 David Di Giacomo, on a entendu le ministre de l'Intérieur nous parler de cette coïncidence troublante.
02:55 Ce sont ses mots à propos du refus de sa demande de visa en France.
02:58 Est-ce qu'on a une idée du mobile ou pas du tout à ce stade ?
03:01 Justement, c'est vrai que ça peut être une piste.
03:03 Pourquoi ? Parce qu'en fait, il était à Annecy depuis l'automne dernier.
03:07 Il a fait sa demande. Elle a été refusée puisqu'il a déjà ce statut de réfugié grâce à la Suède.
03:13 Il était en Suède depuis dix ans. Il est d'ailleurs père de famille.
03:16 Il a un enfant de trois ans. Il s'est séparé, puis est arrivé en France.
03:20 Et il a refait cette demande d'asile, mais qui, en fait, était inutile puisqu'il avait déjà ce statut de réfugié.
03:26 Il apprend donc ce refus par la France le 4 juin, dimanche dernier.
03:31 Et il y a ce passage à l'acte quatre jours après.
03:34 Donc en effet, c'est troublant, comme le dit Gérald Darmanin.
03:37 Et puis, ce qu'on a appris aussi de notre côté, c'est que plusieurs témoins qui le voyaient régulièrement disent
03:43 avoir perçu des changements dans son comportement ces derniers jours.
03:47 Voilà ce qu'on peut dire ce matin. On n'a pas plus d'éléments pour le moment.
03:50 Dernière précision, c'est donc un réfugié syrien de 31 ans qui a brandi une croix catholique au moment de son passage à l'acte.
03:58 Il a aussi crié au nom du Christ.
04:00 Sur une vidéo de l'attaque qui a été largement diffusée sur les réseaux sociaux.
04:04 En effet, il crie deux fois en anglais au nom de Jésus Christ.
04:07 On sait que sur lui, il a effectivement un pendentif avec cette croix.
04:11 Il a également des icônes chrétiennes et sur son dossier de demande d'asile, il s'est déclaré chrétien d'Orient.
04:18 David Di Giacomo, vous restez avec nous. Service Police Justice de France Info.
04:22 Nous sommes toujours avec Nathalie Seugon de l'Opinion, Jean-Jérôme Berthelus également et Renaud Delis, bien sûr.
04:26 Les informés reviennent juste après le Fil Info.
04:28 9h10, voici Sophie Echene.
04:30 Les prix de centaines de produits alimentaires baisseront dès le mois de juillet.
04:35 C'est Bruno Le Maire qui l'annonce ce matin.
04:37 La liste de ces produits sera communiquée au gouvernement la semaine prochaine.
04:40 Par ailleurs, le ministre de l'économie prévient, les industriels qui ne respecteront pas leur engagement s'exposeront à des sanctions financières.
04:47 On ne connaît toujours pas les raisons qui ont poussé un réfugié syrien à attaquer des enfants à l'arme blanche hier dans un parc d'Annecy.
04:53 Il n'a pas pu être entendu hier soir.
04:55 Le mobile terroriste n'est a priori pas retenu.
04:58 Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, souligne lui une coïncidence troublante quant à son passage à l'acte,
05:03 quatre jours après avoir été informé qu'il ne pouvait pas obtenir l'asile en France.
05:07 Malek, la petite fille de 8 ans disparue mercredi à Dunkerque, a été retrouvée saine et sauve en Italie hier.
05:13 Avec son père, suspecté de l'avoir enlevé, il a été interpellé.
05:16 Et puis Karim Benzema accueilli en grande pompe dans son nouveau club saoudien à l'Ittihad
05:21 60 000 spectateurs dans un stade bondé et des feux d'artifice.
05:25 L'ancien attaquant du Real Madrid a promis de conduire le club au plus haut niveau.
05:29 Toujours avec David Di Giacomo, au service Polyjustice de France Info,
05:43 Jean-Jérôme Berthollus, éditorialiste politique et Nathalie Seugon du journal L'Opinion.
05:47 Je me tourne vers vous Nathalie, on évoquait avec David Di Giacomo ce qu'on sait pour l'instant,
05:53 c'est-à-dire pas grand-chose en fait sur le mobile.
05:55 D'ailleurs, il ne faut pas exclure un acte insensé, a dit la procureure elle-même.
05:58 C'est un drame national, d'ailleurs le chef de l'État se rend sur place, Emmanuel Macron,
06:03 parce que ça touche des enfants et parce qu'on a du mal à l'expliquer aussi.
06:06 Tout ça est mélangé et ajoute à notre désarroi.
06:10 Bien sûr, c'est un drame national.
06:12 Le président se rend sur place avec son épouse, ce qui là aussi a une signification.
06:16 Oui, comment dire autre chose ?
06:21 Ce n'est pas pour autant, on aurait pu penser qu'il y aurait pu y avoir une espèce de communion nationale,
06:27 hier, dès hier, en tout cas, ou seulement hier, mais au moment où on apprend les faits.
06:34 Il y a eu d'ailleurs une minute de silence à l'Assemblée, mais ça s'est arrêté là presque.
06:38 Et on observe pourtant Aurore Berger qui se précipite devant les micros pour dire,
06:43 pour accuser Liot de s'occuper de choses subalternes, en l'occurrence sa proposition de loi sur les retraites.
06:52 C'est la chef de file des députés Renaissance qui accuse donc l'opposition de continuer à parler de retraite alors qu'il y a un drame en cours.
06:57 Alors qu'un drame national vient de se dérouler.
06:59 Donc déjà, la communion, elle n'est pas là.
07:02 Je pense que sur le plan politique, on va voir très rapidement qu'il n'y en a pas, qu'il n'y a pas d'union.
07:07 C'est-à-dire que la polémique va... On est en pleine discussion sur le projet de loi immigration.
07:12 Gérald Darmanin est en train de consulter LR. Il déjeunait avec le président Larcher du Sénat mercredi à ce sujet.
07:19 Et là, on peut penser que ce qui n'est pour l'instant qu'un fait divers va accroître la pression sur à la fois le gouvernement et sur LR pour que ce projet de loi soit adopté.
07:32 Les Français, j'imagine, vont réclamer plus que jamais un durcissement des conditions du droit d'asile, de l'accueil des migrants, même s'il était en situation a priori régulière.
07:45 Il avait eu le statut de réfugié en Suède. Il est dans l'espace de Schengen. Il avait tout à fait le droit de se trouver en France.
07:51 Mais les amalgames vont, j'imagine, fleurir. Il est syrien et demandeur d'asile et dans l'esprit de beaucoup de Français.
08:00 Et là, ça veut dire qu'il faut encore plus contrôler les frontières.
08:05 – Et Jean-Jérôme Berthelus, sur ce contexte que rappelle Nathalie Seugon du journal "L'Opinion",
08:10 ce drame intervient effectivement en plein débat sur l'immigration en France.
08:14 – En plein débat, j'ai envie de dire que oui, en amont presque de ce débat.
08:19 – Oui, au moment où commence ce débat, oui.
08:22 – Oui, on voit bien la violence, sans doute, du débat quand il aura véritablement lieu.
08:30 Parce que Nathalie Seugon rappelait effectivement la prise de parole d'Aurore Berger.
08:35 On peut rappeler aussi celle d'Éric Ciotti, très très vite après…
08:39 – Le patron de République.
08:40 – Ce drame où il a parlé d'un acte terroriste.
08:42 Mais non, ce n'est pas à ce stade. Il faut rester très très prudent.
08:46 Un acte défini, enfin en tout cas le parquet national antiterroriste ne s'est pas saisi.
08:51 On a vu Olivier Marlex décrire un assaillant habillé de vert.
08:56 – Les couleurs de l'islam.
08:57 – Ça n'était pas le cas.
08:58 Donc on voit qu'il y a eu des prises de position d'Éric Zemmour, très très brutales, on va dire.
09:07 Un mot qu'il ne renirait pas d'ailleurs, puisqu'il disait que c'était normal d'être en colère.
09:11 Donc on voit effectivement que, comme ça vient d'être dit,
09:15 que pour l'instant ce fait divers, dramatique, insensé,
09:19 parce que vous disiez, oui, la France est saisie,
09:22 parce que cet homme visait d'abord des enfants, presque des nouveaux-nés.
09:28 – 22 mois, 23 ans.
09:30 – Ça aussi, on ignore la raison.
09:33 On voit effectivement que ce drame va trouver une résonance politique très rapidement.
09:38 – Oui, immédiatement à l'Assemblée nationale. Renaud Desbord.
09:41 – C'est effectivement ce qui est très frappant, me semble-t-il,
09:43 depuis ce drame absolument ignoble qui s'est produit hier.
09:47 Cette fameuse unité nationale n'a été qu'éphémère, elle n'a duré que quelques minutes.
09:52 On le voit, les positions va y revenir, effectivement, la droite et l'extrême droite.
09:57 Donc, se sont jetés en quelque sorte sur ce drame pour avancer leurs propositions,
10:02 pour réformer la législation sur la migration.
10:04 Situation évidemment qui met un peu en porte-à-faux le gouvernement.
10:07 Je vous propose justement d'écouter ce qu'en disait il y a quelques minutes,
10:10 sur ce plateau, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran,
10:13 selon lequel, justement, ce temps du débat politique n'est pas encore venu.
10:18 – Je considère qu'il y a un temps qui est le temps de l'émotion,
10:20 qu'il y a un temps qui est le temps de l'enquête,
10:22 et qu'il y a un temps qui est le temps des explications.
10:24 Et après viendra le temps politique, s'il y a un temps politique qui doit venir.
10:28 Je suis convaincu que ce n'est pas ce qu'attendent de nous aujourd'hui les gens,
10:32 que d'avoir des engueulades ou des discussions de comptoir autour de savoir si machin ou machin.
10:39 Je crois que ce n'est pas le moment, voilà.
10:41 – Ce n'est pas le moment, dit Olivier Véran,
10:43 sauf que le fait est que le gouvernement est rattrapé par cette polémique.
10:46 D'ailleurs, Olivier Véran s'est aussi exprimé sur un certain nombre de points
10:49 qui seront à l'ordre du jour du futur projet de loi sur l'immigration.
10:53 Rappelons, parmi toutes les prises de position hier,
10:55 de Reconquête, le parti d'Éric Zemmour,
10:57 tous les dirigeants quasiment de ce parti ont pris des positions extrêmement virulentes.
11:01 Et puis à droite, vous en avez cité quelques-unes, j'en citerai une autre,
11:04 le patron des députés LR, Olivier Marlex,
11:06 qui a lancé, je le cite, "l'immigration massive contre l'étude".
11:10 On le voit bien, ce sujet explosif sur le plan politique de l'immigration
11:15 semble décidément impossible à être abordé de façon à la fois lucide, bien sûr,
11:20 mais aussi sereine et apaisée dans le débat politique.
11:22 – Avant de débattre justement de l'immigration avec nos informés,
11:25 David Di Giacomo, je vais vous libérer dans quelques instants,
11:28 je veux juste qu'on revienne avec vous, Service Police Justice de France Info,
11:31 sur ce qui va se passer dans les prochaines heures.
11:33 Vous disiez tout à l'heure que l'agresseur est en garde à vue,
11:35 il attend maintenant son expertise psychiatrique, ça c'est la prochaine étape.
11:38 – Eh oui, puisqu'il est quand même en garde à vue depuis le milieu de la matinée d'hier
11:42 et il n'a toujours pas pu être entendu, preuve de son agitation extrême,
11:46 ce sont les informations qu'on a également, c'était toujours le cas tard hier soir,
11:50 je vous donnais un exemple où on nous expliquait qu'il se roulait même par terre
11:54 dans la cellule de garde à vue, donc impossible de l'entendre dans ces conditions.
11:57 Voilà pourquoi ce matin, une expertise psychiatrique va être menée
12:01 pour savoir si enfin la garde à vue peut se poursuivre avec des interrogatoires,
12:06 comme c'est le cas à chaque fois, ou s'il faut une hospitalisation d'office.
12:10 Donc là c'est vraiment la question qui va se poser aux enquêteurs de la police judiciaire,
12:13 comme vous le disiez, dans les heures qui viennent.
12:16 – Et ça justement, ce point qu'évoque à l'instant David Giacomo,
12:19 ça pourrait faire l'objet d'un grand débat national, voire d'une polémique,
12:23 si effectivement la situation psychiatrique de cet individu est sujette aux examens en question,
12:28 c'est-à-dire cette grande misère de la détection de la psychiatrie française
12:32 et de la détection des cas, puisque cet individu visiblement
12:36 traînait en quelque sorte sur place depuis des jours et des jours,
12:39 et que certains, donc visiblement vous le disiez,
12:41 avaient évoqué un changement de comportement.
12:43 Et ce sujet-là, il est très rarement, très peu, quasiment pas du tout
12:46 abordé par la responsable politique.
12:48 Ça c'est un vrai sujet aussi, qui devrait faire l'objet d'un débat politique,
12:51 et probablement de réformes et de moyens supplémentaires.
12:55 – J'ai un petit mot pour abonder dans le sens de Renaud Delis.
12:58 Ce qui est vrai, c'est que si tout, administrativement, on a l'impression, a été fait,
13:03 peut-être sans doute dans les règles, encore une fois,
13:06 on verra dans les prochains jours, recueil de la demande d'asile, etc.
13:11 En revanche, il y a quand même une grosse interrogation,
13:14 c'est que depuis plusieurs mois, cet homme était à la rue,
13:17 ce demandeur d'asile, puisqu'il avait cette qualification-là,
13:20 puisqu'il a demandé l'asile, même s'il l'avait déjà à l'offre-prat,
13:23 était à la rue, isolé, donc ça, ça pose quand même un gros point d'interrogation,
13:29 compte tenu éventuellement, effectivement, de cette interrogation psychiatrique.
13:35 – Nathalie Seugon de l'Opinion.
13:37 – Oui, Renaud parlait d'un grand débat apaisé qui serait souhaitable sur l'immigration,
13:42 et je rappelle que votre invité politique, qui était là précédemment, Olivier Véran,
13:47 propose depuis plusieurs mois, au sein du gouvernement,
13:51 l'organisation d'une convention citoyenne sur l'immigration,
13:55 pour ouvrir ce débat à tous, de façon apaisée, etc.
13:59 – Pour l'instant, il y a eu le refus de l'Elysée.
14:02 – Ça a été un refus de l'Elysée de Matignon, donc c'est compliqué.
14:06 C'est-à-dire que tout le monde a peur d'ouvrir quand même cette boîte de Pandore.
14:10 – Tout le monde a peur, vous avez raison, ou tout le monde veut l'instrumentaliser à ses fins,
14:13 à ses propres fins politiques et électorales, ce débat, vous avez raison.
14:15 – Renaud Delis, vous restez avec nous, Nathalie Seugon de l'Opinion,
14:17 Georges-Romain Reteulus aussi, on va libérer donc David Di Giacomo,
14:20 qui a beaucoup de travail, merci David.
14:22 Service Police Justice de France Info, 9h20, c'est le Fil Info avec Sophie Echelle.
14:26 – De jeunes enfants toujours en urgence absolue ce matin à Annecy,
14:29 au lendemain de l'attaque au couteau dans un parc, il y a 6 blessés au total.
14:33 Emmanuel Macron et son épouse se rendent à leur chevet aujourd'hui.
14:36 La centaine de pompiers français envoyés en renfort arrive aujourd'hui au Canada,
14:41 où les incendies sont toujours hors de contrôle.
14:43 À l'Est comme à l'Ouest, plus de 400 foyers toujours actifs en ce moment,
14:47 4 millions d'hectares de végétation environ ont brûlé depuis le début de l'année.
14:51 Peut-être un tournant enfin dans la lutte contre le Covid long,
14:54 un médicament contre le diabète, peu cher et largement disponible,
14:57 permet de réduire de 40% le risque de contracter cette forme de Covid toujours mystérieuse.
15:02 C'est le résultat d'une étude publiée aujourd'hui dans la revue Lancet.
15:06 Selon l'Organisation mondiale de la santé, 10% de la population souffre de Covid long.
15:11 À Roland-Garros, les demi-finales hommes aujourd'hui,
15:13 avec un duel très attendu entre le numéro 1 mondial Carlos Alcaraz et Novak Djokovic,
15:18 en quête d'un 3e titre, porte d'auteuil et d'un 23e en grand chelem.
15:21 L'autre demi-finale opposera le norvégien Kasper Rød à l'allemand Alexander Zverev.
15:26 Toujours avec Jean-Jérôme Berthollus, Nathalie Seugon du journal l'Opinion,
15:41 et avec Renaud Dely.
15:43 Avec ce débat sur l'immigration qui va naître de toute façon,
15:46 on est déjà à l'amorce de ce débat avec le futur projet de loi que prépare le gouvernement,
15:52 et en particulier Gérald Darmanin, on sait que les consultations ont commencé à cet effet.
15:56 Et on sait aussi d'ailleurs que le gouvernement recherchait toujours,
16:00 recherche toujours d'ailleurs peu ou prou, un compromis, un accord éventuel avec LR.
16:05 De son côté, on se souvient qu'il y a quelques semaines,
16:07 le trio dirigeant en quelque sorte des Républicains, Éric Ciotti, Olivier Marlex et Bruno Retailleau,
16:12 a présenté une série de mesures extrêmement rudes sur l'immigration.
16:18 Et on voit d'ailleurs que dès hier, ils ont commencé à en exhumer certaines
16:22 qui vont sûrement revenir au cœur du débat d'ailleurs dans les semaines à venir.
16:26 Il y a notamment la volonté de la droite d'instaurer en quelque sorte la primauté du droit français,
16:32 dans certaines circonstances, sur le droit européen.
16:35 Donc pour régir les flux migratoires, ce qui conduirait selon certains à une forme de Frexit migratoire.
16:42 En tout cas, ce sujet-là risque de devenir au devant de la scène.
16:45 On sait aussi que LR veut que les demandes d'asile en France soient désormais effectuées hors du territoire national.
16:52 Et puis, troisième point qui risque aussi de revenir assez rapidement dans le débat,
16:57 et même dans la polémique politique, évidemment, tout ce qui relève de la libre circulation en Europe,
17:01 au sein de l'espace Schengen, même si celui-ci a déjà été réformé ou aménagé pour partie.
17:06 On peut imaginer que ce sujet-là aussi devrait monter dans les semaines qui viennent.
17:10 Et Jean-Jean Berthelus ?
17:11 Oui, c'est l'ensemble du débat qui va devenir véritablement inflammable avec ce fait d'hiver,
17:19 même si on ne prend pas mesure par mesure. Pourquoi ?
17:22 Parce que déjà, dans la majorité, rappelez-vous, il y a quelques jours,
17:26 l'ancien Premier ministre, Édouard Philippe, expliquait que le projet de loi de Gérald Darmanin,
17:32 son ex-collègue, était nécessaire, mais pas suffisant.
17:36 Édouard Philippe parlait, par exemple, de l'embolie des services publics du fait d'une immigration massive.
17:43 Donc, il faisait en quelque sorte le pont entre, on va dire, les propositions dures de la droite
17:50 et celles de Gérald Darmanin, qui n'est pas non plus, effectivement, qui a lui-même des propositions assez fermes.
17:56 Donc, on voit bien que tout le débat va se tendre.
18:00 D'ores et déjà, avant ce drame hier, au sein de l'exécutif,
18:04 certains doutaient que Gérald Darmanin puisse arriver à un accord avec LR.
18:10 Et certains se disaient, finalement, notre planche de salut, ça va être l'Europe.
18:14 C'est-à-dire qu'on va de plus en plus indiquer que c'est l'Europe qui a les clés.
18:20 – C'est d'ailleurs ce qu'a fait Olivier Véran immédiatement ce matin,
18:23 en évoquant cet accord qui a été trouvé entre les États membres
18:26 de répartition de 30 000 demandeurs d'asile par an entre différents pays.
18:30 Je rappelle, pour rappeler la proportion,
18:32 que 130 000 demandes d'asile ont été enregistrées en France, rien qu'en France l'an dernier.
18:36 – Et un petit point sur l'Europe,
18:38 le fait qu'Olivier Véran rappelle effectivement cet accord au niveau européen,
18:44 ça n'est pas neutre.
18:45 Encore une fois, c'est une stratégie qui a l'air, pour l'instant, de fonctionner.
18:50 C'est une stratégie de la part d'un leader de la majorité
18:54 de dire "attends, déportons-nous véritablement sur l'Europe,
18:58 montrons que c'est l'Europe qui a les clés
19:00 et pas nécessairement nous, de manière isolée en France".
19:02 – Nathalie Seugon, mais c'est quoi un moyen de tuer dans l'œuf,
19:06 éventuellement, si aucun accord n'était trouvé,
19:09 de tuer dans l'œuf la contestation qui en est trait ?
19:12 – Oui, c'est peut-être aussi un peu un moyen de se défausser,
19:15 de dire "ça doit être réglé au niveau européen",
19:17 comme souvent d'ailleurs sur beaucoup de sujets,
19:19 "ça doit être réglé au niveau européen et pas uniquement français",
19:24 ce qui est le cas, la libre circulation fait que ça doit être effectivement réglé comme ça.
19:31 Ce qui est dangereux là pour la majorité, c'est que d'ores et déjà,
19:38 elle était en train de se fracturer quand même sur ce projet de loi immigration,
19:42 on l'a vu cette semaine sur l'AMA, l'Aide médicale d'État,
19:47 une partie de la majorité serait pour restreindre cette aide,
19:52 pour que les personnes qui viennent en France
19:56 pour des opérations de chirurgie esthétique, ou je ne sais quoi,
20:01 ne soient plus remboursées, n'aient plus de titre de séjour, etc.
20:06 Et là, il y a une fracture qui était en train de se dessiner
20:10 au sein même du groupe Renaissance.
20:13 – Olivier Véran, qui est issu de l'aile gauche de la Macronie,
20:16 a rappelé qu'il estimait que l'Aide médicale d'État,
20:20 en fait, rapportait plus d'argent, ou en quelque sorte,
20:23 c'est un témoin qu'on le pensait, parce qu'elle évite
20:26 que des maladies prolifèrent en France.
20:29 – Même s'il a reconnu que, non pas le principe,
20:32 mais que le périmètre était éventuellement soumis à discussion.
20:36 Mais le risque, on le voit bien, c'est que tout et n'importe quoi
20:40 soit remis en cause par les conséquences de cette tragédie.
20:43 D'une part, qu'il y ait un débat sur l'immigration,
20:47 ça c'est un vrai problème d'ailleurs pour toute une frange de la gauche,
20:50 ça correspond évidemment à une réalité, à une nécessité,
20:53 au regard de la réalité qui concerne d'ailleurs l'ensemble de l'Europe.
20:56 Les flux migratoires, c'est un enjeu présent et un enjeu de demain aussi.
21:01 Donc c'est vrai qu'on voit qu'il y a toute une frange de la gauche
21:03 qui est très mal à l'aise simplement avec l'idée même
21:05 qu'il y ait un débat et une législation.
21:06 Mais en revanche, cette législation, effectivement,
21:08 ne doit pas porter sur tout et n'importe quoi.
21:09 On peut imaginer, par exemple, alors que ça n'a rien à voir
21:11 avec la situation du ressorti sans syrien en question,
21:15 que la proposition de mettre en place un nouveau titre de séjour
21:19 pour les métiers dits en tension et régulariser un centre de travailleurs
21:22 sans papiers dans des secteurs bien précis.
21:25 Cette proposition-là, le gouvernement risque d'avoir du mal
21:27 à la remettre très clairement en avant, alors qu'encore une fois,
21:31 ça n'a absolument aucun rapport avec la situation de ce ressortissant
21:34 qui, lui d'ailleurs, ne travaillait pas et était présent sur le territoire national
21:38 sans appartenir à cette catégorie potentielle.
21:42 Le mot de la fin, Jean-Jérôme Berthelus, rapidement.
21:44 Un petit mot très vite, du point de vue pratique, concret.
21:50 Ce qui va affleurer très vite, c'est les délais.
21:52 Quel délai pour avoir une réponse de l'offre-prin,
21:56 pour savoir si on est un réfugié ou pas ?
21:59 Quel délai pour un recours ?
22:01 Parce que oui, il a reçu dimanche dernier,
22:05 le fait que sa demande était irrecevable.
22:07 Il est allé la consulter lundi et il y avait un mois maintenant
22:11 pour qu'il fasse un recours.
22:13 Donc c'était quand même assez long.
22:15 Délais que veut réduire Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur.
22:17 On voit que ce sont des zones très sensibles.
22:19 Et c'est peut-être là qu'il y aura un consensus à droite, comme dans la majorité.
22:23 Jean-Jérôme Berthelus, merci beaucoup.
22:24 Merci beaucoup Nathalie Seugon du journal L'Opinion.
22:26 Et merci Renaud Delis.
22:27 Les informés reviennent ce soir 20h.
22:29 D'ici là, bonne journée.
22:31 [Musique]
Commentaires