00:00 La souveraineté alimentaire est un concept qui n'est pas récent, mais qui a certainement
00:09 évolué dans le temps.
00:10 Il a évolué notamment avec le contexte actuel.
00:12 Il est chance qu'il faut reposer une définition de la souveraineté dans le contexte actuel
00:16 qui met davantage en importance le rôle des États.
00:20 On l'a défini pour les besoins du travail qu'on a conduit à France Agrimaire comme
00:24 la capacité de détermination des États sur les systèmes alimentaires qui se déploient
00:29 sur leur territoire.
00:30 C'est en gros la capacité qu'ils ont à maîtriser à la fois l'acte productif, mais
00:33 aussi les éléments de consommation pour la nourriture des habitants du pays.
00:38 Il y a plein de dimensions à la souveraineté.
00:46 On va aller chercher à en illustrer quelques-unes à travers les indicateurs.
00:49 On a calculé trois indicateurs en particulier.
00:51 Le taux d'auto-approvisionnement, c'est-à-dire la partie de la consommation qui peut être
00:55 couverte par la production nationale.
00:57 Quand la production est supérieure à la consommation, on va considérer qu'on est
01:00 en situation apparente d'autosuffisance.
01:02 On a mesuré également la dépendance aux importations, c'est-à-dire la part de la
01:05 consommation qui est d'origine étrangère, que ce soit une européenne ou une paysitière.
01:09 On a distingué les deux origines parce que ce n'est pas les mêmes enjeux en termes
01:12 de souveraineté.
01:13 Et puis la capacité d'exportation qui est aussi une forme de dépendance aux paysitières
01:17 pour les exportations parce que c'est important pour l'équilibre des filières dans leur
01:21 équilibre économique.
01:22 Donc c'est en gros la part de la production qui est exportée là aussi, soit pour les
01:27 paysitières, soit pour le reste de l'Union européenne.
01:28 Alors il n'y a pas d'effondrement général de la situation, c'est ce qu'on montre assez
01:37 bien dans le travail.
01:38 Il y a plutôt une dégradation, il faut le reconnaître, on est plutôt sur une situation
01:41 qui se dégrade de l'ordre de 1-3% par an selon les indicateurs qu'on va regarder.
01:46 Donc ce n'est pas quelque chose de massif, ça fait sur 10 ans.
01:50 Par contre les situations sont très contrastées effectivement.
01:53 On a des produits pour lesquels la situation s'est très fortement dégradée, on a le
01:57 cas de la févrole, c'est une production beaucoup moins connue en France que d'autres,
01:59 mais pour laquelle la situation s'est très nettement dégradée, notamment à l'exportation.
02:03 Et puis on a des productions qui ont progressé, notamment des productions qui étaient en
02:06 situation assez défavorable.
02:08 C'est le cas du soja ces dernières années, c'est le cas aussi par exemple de la viande
02:11 aux vines pour lesquelles notre situation de dépendance aux importations s'est un
02:15 peu améliorée, même si on reste nettement importateur sur ces productions-là.
02:20 C'est assez difficile de situer, ce qu'il faut vraiment regarder c'est ce qu'il
02:28 y a, les réalités derrière chacun des chiffres et chacun des indicateurs.
02:31 Globalement ce qu'on voit à travers une comparaison notamment à partir des données
02:35 de la FAO, c'est que la France est très bien située en termes de production céréalière,
02:39 on est fait partie des pays qui contribuent à l'équilibre mondial en matière de céréales
02:43 et il n'y a pas de difficultés absolument aucunes sur les céréales.
02:47 Au passage c'est vrai d'ailleurs pour l'ensemble de l'Union Européenne, il faut le rappeler
02:50 aussi ce qu'il faut pour la France.
02:52 On n'est pas au mieux sur les oléagineux mais on n'est pas forcément les pires non
02:56 plus, il y a beaucoup de pays dans le monde qui sont dépendants sur les oléagineux.
02:59 Les producteurs mondiaux d'oléagineux, les exportateurs nets d'oléagineux sont assez
03:02 peu nombreux dans le monde.
03:03 En France et l'Europe aussi on est plutôt importateur.
03:06 La situation est quand même beaucoup moins favorable sur les fruits et légumes.
03:09 Là aussi il y a quand même beaucoup de pays qui sont dépendants des importations pour
03:11 les fruits et légumes.
03:12 Et puis elle n'est pas si mauvaise qu'on pourrait le penser en tout cas sur les viandes,
03:17 même si là aussi il faut regarder production par production et il faut venir compter les
03:20 dernières évolutions sur certaines d'entre elles, notamment avec les crises récentes.
03:24 Et puis sur le produit laitier, là pour nous c'est plutôt un point fort, encore une fois
03:29 ce n'est pas un scoop pour la France.
03:31 Alors en fait il faut être vigilant sur la filière blé-tendre parce que dans nos exportations
03:42 on est très très exportateur de blé-tendre au niveau national.
03:46 Mais le problème c'est que la plupart de nos exportations sont à destination des pays
03:52 tiers.
03:53 Notamment l'Algérie est notre premier client et pour un volume très très conséquent.
03:59 Et du coup les tensions géopolitiques et l'année 2022 en a été vraiment l'éclairage,
04:05 nos impacts nécessairement sur nos exportations vers les pays tiers au sens large.
04:11 Il faut rester vigilant par rapport à ça.
04:13 Il y a d'autres facteurs de vigilance, notre dépendance aux intrants, les engrais en particulier.
04:20 Pour produire du blé il faut y mettre des engrais et nous ne sommes pas souverains en
04:24 termes de production d'engrais en France.
04:27 Et donc il faut être tout à fait vigilant par rapport à ça.
04:30 Encore une fois les tensions géopolitiques là sont majeures par rapport au marché mondial
04:35 des engrais.
04:36 Et puis enfin en usage interne au niveau national français on est bien sûr le pays
04:42 de la baguette et du pain.
04:43 Mais malheureusement la consommation de pain diminue régulièrement depuis de nombreuses
04:48 années et moins on consomme de pain moins on utilise évidemment la farine produite
04:53 à partir du blé-tendre français.
04:56 [Musique]
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