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  • il y a 3 ans
Les informés de franceinfo du mardi 9 mai 2023

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News
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00:00 [Musique]
00:09 20h21, France Info, les informés, Jean-François Ackilly.
00:15 Bonsoir, la controverse autour de l'ultra droite peut-elle manifester oui ou non à la une des informés ?
00:21 Également la chasse à la fraude fiscale, les ultra riches sont-ils réellement ciblés ?
00:28 Poutine et son 9 mai au rabais, le drapeau européen sur le fronton des mairies en question,
00:35 les informés avec Audrey Goutard, journaliste, chef de service enquête et reportage à France Télévisions,
00:41 avec Victoria Coussa, journaliste au service politique de France Info, Albert Zenou, rédacteur en chef du service politique du Figaro,
00:49 Laurent Mouloud, rédacteur en chef adjoint à l'Humanité. Bonsoir à tous les quatre.
00:53 - Bonsoir. - Bienvenue, nous sommes ensemble comme tous les soirs jusqu'à 21h.
00:58 [Musique]
01:00 La polémique n'a cessé de monter depuis ce défilé des 600 militants de l'ultra droite des membres du comité du 9 mai, c'était samedi à Paris.
01:10 Gérald Darmanin demande au préfet d'interdire à l'avenir toutes les manifestations de ce type.
01:16 Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à Matignon, a dû monter au créneau à son tour, se disant choquée par les images de cette manifestation
01:27 qui a suscité de vives critiques, notamment à gauche, la Première ministre Elisabeth Borne.
01:32 Je peux vous confirmer que je trouve assez choquant les images qu'on a pu voir, mais voilà, c'est aussi notre démocratie de garantir le droit à manifester.
01:42 Il se trouve qu'il n'y avait pas de risque identifié, d'autant que cette manifestation a déjà eu lieu des années passées,
01:48 et qu'elle ne s'était pas traduite par des troubles à l'ordre public, donc il n'y avait pas de motif pour interdire cette manifestation.
01:55 Donc dans ce cas-là, c'est la liberté de manifester qui prévaut.
01:58 Victoria Koussa, pourquoi est-ce que c'est monté en épeinte cette affaire ? D'abord, les images sont effectivement spectaculaires.
02:04 C'est surtout les images avec, d'un côté, des manifestants juste avec quelques casseroles qui sont interdits de manifestation,
02:12 ou en tout cas interdits d'aller sur les lieux où se trouve le gouvernement, des membres du gouvernement ou le président.
02:19 Et d'un autre côté, ces militants de l'ultra-droite, parfois cagoulés, le visage dissimulé, les croix celtiques,
02:28 avec même ces groupuscules dissous qui se reforment à l'occasion d'une manifestation, l'image est assez terrible.
02:34 Donc on voit que le gouvernement tente d'éteindre la polémique, avec d'un côté Elisabeth Borne en conférence de presse,
02:40 puis derrière Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, qui finalement presque la contredit,
02:44 parce que lors de cette conférence de presse, Elisabeth Borne dit "il faut quand même garantir le droit de manifester",
02:50 et derrière Gérald Darmanin a ce geste politique assez fort de demander au préfet d'interdire toute manifestation de l'ultra-droite.
02:58 – En fait, bien de le souligner justement, Audrey Goutard, nous écoutons d'abord ce qu'a dit Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur,
03:02 c'était lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
03:05 – J'ai donné comme instruction au préfet de police que tous militants d'ultra-droite ou d'extrême-droite,
03:11 ou toute association ou collectif à Paris comme partout sur le territoire national,
03:16 qui déposera des manifestations dans ce sens que vous avez décrit,
03:20 les préfets prendront des arrêtés d'interdiction et nous laisserons donc les tribunaux juger,
03:24 de savoir si la jurisprudence permettra en effet de tenir ces manifestations.
03:29 – Audrey Goutard, vous diriez que le gouvernement a été rattrapé par cette polémique ?
03:33 – Oui, bien sûr, rattrapé par cette polémique, et alors le problème, si vous voulez,
03:36 c'est qu'il se retrouve face à une adéquation extrêmement complexe à résoudre,
03:40 puisque d'un côté il y a ce que Victor Lacoussa a expliqué très bien,
03:45 la symbolique de ces manifestations extrêmement choquantes de l'ultra-droite,
03:50 et puis d'un autre côté, effectivement, la loi.
03:53 La loi, elle dit très clairement, et Laurent Nunes, le préfet de police de Paris l'a rappelé,
03:57 elle dit que s'il n'y a pas de trouble à l'ordre public,
04:01 eh bien on doit laisser manifester qui le souhaite.
04:04 Donc la problématique elle est là, et je vous rappelle, Laurent Nunes d'ailleurs l'a rappelé,
04:09 il y a eu une manifestation en février dernier de l'ultra-droite,
04:13 Laurent Nunes avait demandé à ce que cette manifestation soit interdite,
04:18 il avait pris un arrêté d'interdiction, et il s'était fait retoquer par la justice,
04:23 parce que selon la justice, il n'y avait pas suffisamment un risque de trouble à l'ordre public,
04:27 et que les forces de l'ordre, effectivement, n'auraient pas pu, de toute façon,
04:30 gérer les débordements liés à une interdiction.
04:33 – Alors nous ne découvrons pas ce fameux comité du 9 mai,
04:37 il commémore chaque année depuis 1994 le décès d'un militant d'extrême droite
04:45 tombé à l'ordre du toit d'un immeuble à Paris en tentant de fuir la police après une manifestation,
04:50 ce C9M, comité du 9 mai, est aujourd'hui une émanation du GUD,
04:56 connu par sa violence coutumière, Laurent Mouloud,
05:01 les porteurs de casseroles interdits de manifester sont-ils ?
05:05 Je vous pose la question, plus dangereux pour l'ordre public
05:08 que les membres de l'ultra-droite qui ont défilé, cagoulé et tout de noir vêtu ?
05:12 – Évidemment Jean-François, évidemment, beaucoup plus dangereux,
05:14 non mais c'est justement une des problématiques de cette question,
05:17 c'est que le gouvernement a eu tendance ces derniers mois, ces derniers jours,
05:21 à mettre à équidistance, en renvoyant un peu dos à dos,
05:24 c'est ce qu'avait fait Laurent Nunes dans une première réaction,
05:27 l'ultra-gauche, entre guillemets, voir les manifestants avec les casserolades,
05:31 et une manifestation néo-nazie, mais je ne pense pas qu'on soit sur le même plan,
05:34 on parle de néo-nazis, c'est-à-dire on parle de personnes
05:37 qui ne défendent pas seulement des opinions qui s'opposent à une réforme des retraites,
05:41 on parle de personnes qui portent des délits en eux.
05:43 Le néo-nazisme porte non pas seulement une idéologie,
05:46 mais aussi des faits qui sont condamnés en France et qui sont répréhensibles.
05:49 Donc j'entends l'argument du trouble à l'ordre public, moi j'interroge,
05:53 est-ce que défendre ce type d'idées de manière ouverte dans les rues
05:56 n'est pas un trouble à l'ordre public et un trouble à notre démocratie ?
05:59 – Albert Zénoud, ces défilés, tes croix celtiques,
06:03 ils sont tous de noir vêtu, cagoulés, des chants du GUD,
06:07 ouais, on est clairement dans l'extrême-extrême droite là.
06:09 – Oui, on est dans la droite très radicale.
06:11 – Oui, très radicale.
06:12 – Oui, ça ne souffre aucune contestation, mais le gouvernement effectivement
06:19 est pris dans sa propre contradiction en voulant interdire…
06:24 – Ce que disait Victor Lacousse.
06:26 – Oui, des manifestants qui, avec des casseroles, font du bruit
06:30 et puis moquent le président, ou l'empêchent de parler,
06:33 ou les ministres les empêchent de parler,
06:35 et puis là, vous avez l'extrême droite qui est laissée.
06:39 Alors après, sans vouloir faire de polémiques de bas étage,
06:46 c'est bien de s'offusquer de manifestations de l'extrême droite,
06:51 et je serai le premier à le faire,
06:54 mais il y a aussi les manifestations d'extrême gauche.
06:57 Quand vous avez des élus de la République qui en appellent,
07:01 il n'y a pas de parallèle, je ne veux pas qu'il y ait polémique.
07:04 – Pensez à qui, Albert Zénot ?
07:06 – À M. Prud'homme, par exemple, qui appelle à quasiment refaire
07:11 ce qu'on a fait à Louis XVI, à le décapiter,
07:13 donc toute chose étant égale par ailleurs,
07:16 donc il y a aussi à remettre en perspective tout ça.
07:21 – Vous dites quoi, qu'il y a des indignations à géométrie variable ?
07:23 – Toujours, toujours.
07:25 – On va rester sur ce sujet, rassurez-vous,
07:26 je sais que vous avez beaucoup de choses à dire,
07:27 notamment Audrey Goutard qui ferait mie à mes côtés.
07:29 20h10 sur France Info, tout d'abord le Fil info,
07:33 je vous ferai entendre la réaction de Marine Le Pen ce matin sur Sud Radio.
07:35 Le Fil info, il est signé Emmanuel Langlois.
07:38 [Musique]
07:39 – Et les Pyrénées-Orientales emploient une sécheresse historique,
07:42 la majorité du département passe en situation de crise,
07:45 le plus haut niveau d'alerte à compter de demain, mercredi,
07:49 ce qu'annonce la préfecture, seront notamment interdits
07:52 l'arrosage des espaces verts ainsi que le remplissage des piscines privées.
07:56 Par ailleurs, une cellule départementale de gestion de la crise sécheresse
08:00 sera installée demain en préfecture.
08:03 La métropole du Grand Lyon va elle à son tour expérimenter
08:06 à partir de septembre, la semaine de 4 jours,
08:09 le dispositif sera ouvert sur la base du volontariat
08:12 aux 9400 agents de la collectivité.
08:16 L'homme suspecté d'avoir dégradé un tableau dimanche
08:19 au Palais de Tokyo à Paris est sorti libre de sa gare d'avion aujourd'hui,
08:22 l'information judiciaire a toutefois été ouverte
08:25 pour la dégradation de cette œuvre d'art.
08:28 Et puis les États-Unis annoncent une nouvelle aide militaire à l'Ukraine
08:32 d'un montant d'un milliard 200 millions de dollars
08:35 afin notamment de renforcer la défense aérienne du pays face à la Russie.
08:40 Par ailleurs, un journaliste de l'AFP a été tué aujourd'hui
08:43 dans une frappe de roquette près de Barmoutes, dans l'Est de l'Ukraine.
08:47 Arman Soldi n'était coordinateur vidéo pour l'agence de presse française.
08:51 La France qui rappelle les obligations de protection des civils
08:55 et de respect du droit international humanitaire,
08:58 qui a un combat Israël après la mort de 15 Palestiniens.
09:01 Nouveau bilan, ils ont été tués dans des frappes aériennes israéliennes
09:04 sur la bande de Gaza.
09:06 Et puis au Soudan, les combats sanglants depuis la mi-avril
09:09 ont forcé, eux, plus de 700 000 personnes à fuir à l'intérieur même du pays.
09:14 C'est deux fois plus qu'il y a une semaine, affirme l'ONU.
09:18 [Musique]
09:20 France Info
09:22 20h, 21h, les informés. Jean-François Achilline.
09:27 – Audrey Goutard, c'est Albert Zénou qui souligne le fait
09:32 qu'il puisse y avoir des indignations à géométrie variable.
09:36 Est-ce que je traduis bien votre pensée ?
09:38 – Oui, oui, non mais effectivement, sans vouloir faire de parallèles,
09:43 mais on voit bien que derrière tout ça, il y a la volonté aussi
09:46 de mêler Marine Le Pen à…
09:48 – Alors, justement, on va y venir.
09:50 Vous voulez dire, préciser une chose tout de même Audrey Goutard, oui.
09:53 – Non, moi je voulais dire que ce qu'on pouvait reprocher peut-être
09:56 aux forces de police et aux forces de l'ordre et aux préfets,
10:00 c'est d'apporter une réponse qui est une réponse technique et opérationnelle
10:04 à des problématiques qui sont évidemment politiques.
10:07 Et là, en l'occurrence, lorsque il y a des arrêtés pris par les préfets,
10:12 c'est généralement parce qu'il y a une ligne rouge, selon eux,
10:15 qui est dépassée, c'est-à-dire celle de la défense, la protection
10:19 des bâtiments dits symboliques, par exemple lorsqu'ils prennent
10:22 des arrêtés contre des manifestations place de la Concorde,
10:25 c'est parce que l'Elysée n'est pas loin, c'est parce que l'Assemblée est à côté, etc.
10:28 Donc c'est vrai que c'est des réponses techniques qui ne sont pas en adéquation.
10:33 – Qui ne faut pas lire de façon trop politique.
10:35 – Trop politique, et c'est peut-être l'erreur d'ailleurs de l'exécutif,
10:38 de ne pas proposer une réponse technique alors que la problématique
10:42 est évidemment beaucoup plus symbolique et politique.
10:44 – Albert Zénoud évoque Marine Le Pen, justement la présidente,
10:47 enfin la chef de file du Rassemblement National à l'Assemblée
10:51 était l'invité ce matin de Sud Radio,
10:53 elle a tenu à se démarquer de ce défilé d'extrême droite.
10:57 – En République, on ne manifeste pas masqué et en uniforme, voilà.
11:02 Et je considère que ces provocations ne peuvent pas être tolérées,
11:06 quel que soit le camp dont ces provocations émanent, c'est inadmissible.
11:12 Il est interdit de manifester avec le visage caché.
11:18 Si le gouvernement faisait respecter la loi,
11:21 eh bien nous ne serions pas en train d'en parler ce matin.
11:23 – Victoria Koussa, la présidente du groupe RN
11:27 qui ne veut pas être assimilée à ces groupuscules d'extrême droite,
11:32 elle veut se détacher de l'ultra-droite.
11:34 – L'objectif de toute façon de Marine Le Pen,
11:37 c'est de tourner la page du FN, du Front National
11:40 et des heures sombres et des pas de côté de certains anciens du FN.
11:45 Donc effectivement, la gauche se sert de cette séquence
11:49 pour, et attaquer le gouvernement, notamment la gestion
11:53 de cette manifestation du côté du ministère de l'Intérieur,
11:56 mais aussi attaque le RN en disant,
11:59 dans cette manifestation, il y avait des anciens de chez vous,
12:02 ça ne l'oubliez pas, alors que Marine Le Pen est dans une démarche
12:05 de se rendre de plus en plus respectable, surtout à l'Assemblée
12:08 et essayer d'être la plus nette possible,
12:12 que le RN soit le plus clair possible.
12:15 – Oui, Laurent Molloud, nous sommes dans une séquence
12:17 où Gérald Darmanin s'en est pris à Jordan Bardella,
12:19 il y a une bataille entre eux, et en creux derrière,
12:22 c'est un peu la une du Figaro ce matin,
12:24 vous allez y venir d'Albert Zénoub, à propos des européennes,
12:27 il y a ce duel à distance, d'Emmanuel Macron versus Marine Le Pen,
12:33 il y a cette petite musique-là qui est jouée…
12:37 – C'est sûrement des arrières-pensées, Gérald Darmanin,
12:39 évidemment, dans sa réaction, c'est une évidence.
12:42 Après, moi je ne suis pas hostile à la décision qu'il a dite
12:46 de prendre pour les préfets, interdire, moi encore une fois,
12:50 je pense que des gens qui prônent un racisme systémique
12:54 comme le font les gens néo-nazis qui nous ont manifestés,
12:57 je rappelle que ces gens-là, pour bien voir à qui on a affaire,
13:00 ont organisé, c'est ce qu'a révélé Mediapart aujourd'hui,
13:03 ensuite, après ce défilé, ont été faire un concert à rien,
13:07 je pèse mes mots, dans une salle Saint-Cyr-l'École
13:09 qui s'appelle Simone Veil, un concert à rien,
13:12 je ne sais pas si ça choque beaucoup de monde ici,
13:14 mais ce ne sont quand même pas des choses, moi je me semble
13:16 que ça relève du trouble à l'ordre public aussi,
13:18 dans le sens où ce sont des gens qui profèrent de l'incitation
13:21 à la haine raciale, qui sont aussi des délits qui tombent
13:24 sous le coup de la loi, donc on n'est pas seulement
13:26 dans un relativisme en disant est-ce qu'ils vont être dangereux
13:28 pour la circulation routière ou à dégrader un bâtiment,
13:31 on est dans des gens qui profèrent aussi des propos
13:33 d'une gravité et au sens pénal du terme, qui sont extrêmes.
13:37 – Là-dessus, Albert Zénouf, vous l'évoquez à la une
13:40 du Figaro de ce matin, il y a en creux cette bataille
13:44 des européennes qui démarre de loin, mais qui dessine
13:48 ce duel revanche entre les finalistes de notre tour.
13:52 – Oui, il y a un match autour qui est engagé entre Emmanuel Macron
13:58 et la Macronie en général et le Rassemblement national
14:01 et Marine Le Pen, avec en perspective l'élection présidentielle de 2027
14:05 puisque la course est déjà lancée pour 2027.
14:07 Et effectivement il y a cette volonté de réinstaller le match
14:11 entre ce qui forme l'ADN du camp Macroniste,
14:16 c'est-à-dire l'européanisme et puis le chaos généré
14:23 par une Marine Le Pen si jamais elle était élue.
14:26 Donc en fait il y a la volonté de revoir cette opposition,
14:29 ce clivage entre les pro-européens et les anti-européens, les populistes.
14:34 Et donc ce qui avait été gagnant en 2019 pour Emmanuel Macron
14:38 aux européennes puisqu'il avait fait un très bon score
14:40 et en 2022 qui lui a permis d'être élu face à Marine Le Pen.
14:44 Vous êtes d'accord avec ça, avec Thierry Acoussa,
14:46 il y a quand même des arrières-pensées politiques derrière.
14:48 Mais dans tous les sujets, les européennes, le pouvoir d'achat,
14:52 quand le gouvernement parle des classes moyennes,
14:54 on va en parler tout à l'heure, il y a aussi cette volonté
14:56 d'installer le match avec l'ERN.
14:59 L'ERN que la Macronie a finalement laissé tranquille
15:02 sur la séquence réforme des retraites, son principal opposant
15:05 était l'ANUP notamment à l'Assemblée.
15:07 Là tout est fait pour penser à la suite
15:11 et la suite ça va être le match contre l'ERN.
15:13 Pour le pouvoir d'achat, nous en parlons justement.
15:16 En creux, il y a l'assaut de la fraude fiscale,
15:20 cette bataille qui a été lancée par Gabriel Attal.
15:24 Depuis ce matin, les annonces du ministre délégué
15:27 chargé des Comptes publics sont d'ailleurs
15:29 depuis diversement commentées.
15:31 Il y a cette hausse de 25% des contrôles ciblés,
15:34 notamment sur les plus gros patrimoines,
15:37 la création d'une sanction d'indignité fiscale et civique.
15:42 Rien que ça, Gabriel Attal qui veut aussi mettre en place
15:45 une peine complémentaire de travaux d'intérêt général.
15:48 Le ministre des Comptes publics s'en est expliqué
15:50 en conférence de presse.
15:52 Je vois qu'il y a beaucoup de débats autour de cette mesure
15:55 qui a l'air de surprendre depuis ce matin.
15:57 Et je m'étonne qu'on considère que c'est quelque chose
16:00 de légitime et de normal pour "le petit délinquant de droit commun"
16:04 mais que quand il s'agit de fraude fiscale importante,
16:06 on trouve ça curieux de demander qu'il y ait des travaux d'intérêt général.
16:10 Excusez-moi, mais que le col blanc mette le bleu de travail
16:13 pour aller effectuer un travail d'intérêt général,
16:16 ça ne me choque pas du tout.
16:17 Laurent Mouloud, dans le discours public depuis ce matin,
16:20 c'est "arro sur les super riches" ou "quiette de l'humanité".
16:24 Je me suis réveillé, j'ai cru que j'étais sur une autre planète.
16:27 Ce n'est pas tellement le discours du gouvernement ces dernières années.
16:31 Je pense que là, il y a un plan de communication
16:33 assez savamment orchestré.
16:35 Il y a la volonté du gouvernement évidemment
16:37 de tourner la page de la séquence des retraites
16:39 où il a été évidemment très écorné
16:42 et avec une position où il a demandé beaucoup de sacrifices aux Français.
16:45 Et là, je pense qu'il veut un peu, je ne sais pas comment le dire,
16:48 mais rééquilibrer la balance des sacrifices
16:50 en essayant de pointer du doigt évidemment les plus riches,
16:54 ce qui est le discours un peu traditionnel de la gauche.
16:56 Maintenant, est-ce que Gabriel Attah, le gouvernement,
16:59 est crédible avec ces mesures ?
17:01 Je pense qu'on va en discuter.
17:02 Oui, on va en discuter.
17:04 On va en discuter.
17:05 Je pense qu'il y a beaucoup à redire là-dessus,
17:08 que ce soit en termes de crédibilité politique,
17:11 effectivement, et également sur les moyens qu'il va donner à cette lutte.
17:14 Absolument, nous allons en discuter.
17:16 Nous verrons si Albert Zénoud du Figaro est choqué par ces annonces
17:18 depuis ce matin.
17:19 Il est 20h20 sur France Info.
17:22 Le Fil Info, le retour avec vous, Emmanuel Langlois.
17:25 Face à la polémique, le gouvernement va désormais interdire
17:30 toutes les manifestations d'ultra-droite
17:32 après un défilé autorisé de 600 militants
17:36 samedi qui a suscité de vives critiques à gauche.
17:39 La première ministre Elisabeth Borne a jugé elle-même choquant ce défilé.
17:43 Dans les Yvelines, la mairie de Saint-Cyr-l'École,
17:45 elle signale à la justice qu'elle soupçonne la tenue
17:48 samedi soir dernier, le jour de cette manifestation
17:50 de l'ultra-droite à Paris, d'un concert de rock arien
17:54 dans la salle communale Simone Veil.
17:56 Elle s'est dit bernée par les organisateurs
17:58 lorsqu'elle a découvert les photos de la soirée
18:00 sur Twitter avec des saluts nazis.
18:03 Un vide immense que rien ni personne ne pourra jamais combler.
18:06 Le décès de l'avocat Georges Kijman à l'âge de 90 ans
18:09 suscite ce soir encore une pluie d'hommages
18:12 comme celui diffusé par son ex-confrère
18:14 et ministre de la Justice Eric Dupont-Moretti.
18:18 À l'étranger, 15 mois après le début de l'invasion russe de l'Ukraine,
18:21 Volodymyr Zelensky a reçu à Kiev aujourd'hui
18:24 la présidente de la Commission européenne.
18:26 Le président ukrainien qui exhorte l'Union
18:29 à se décider à ouvrir les négociations
18:31 sur l'adhésion de l'Ukraine à l'UE.
18:34 Des dizaines de milliers de personnes évacuées,
18:37 près de 400 000 hectares brûlés,
18:39 des installations pétrolières à l'arrêt,
18:41 deux jours après avoir déclaré l'état d'urgence.
18:43 La province canadienne de l'Alberta
18:45 demande désormais l'aide du gouvernement fédéral
18:48 pour lutter contre des incendies sans précédent.
18:51 Et puis en football, cette première demi-finale
18:54 allait de la Ligue des champions.
18:55 Ce soir, le Real Madrid reçoit Manchester City,
18:58 qui s'envoie à 21h.
18:59 En attendant, demain soir, le derby italien.
19:01 Là, c'est Milan face à l'Inter Milan.
19:04 20h, 21h, les informés.
19:12 Jean-François Achilli.
19:14 - Albert Zenou, les mesures annoncées pour,
19:17 on va dire, combattre la fraude fiscale massivement,
19:20 au plus haut niveau, elles vous paraissent crédibles ?
19:22 On peut commencer à les détailler si vous voulez.
19:24 - Crédible, en tous les cas, il y a une volonté affichée.
19:27 Est-ce qu'elle sera concrétisée dans les fêtes ?
19:30 Ça, c'est encore autre chose.
19:32 C'est toujours bien de combattre la fraude fiscale.
19:35 Alors quand on parle des super-riches,
19:37 effectivement, c'est un coin apporté
19:40 dans le camp de l'FI et de la gauche en général.
19:44 On parle de super-profits, mais on sait très bien
19:47 qu'en tous les cas, souvent, ça se finit
19:50 par descendre d'un cran, parce que les grandes entreprises,
19:54 les grands groupes, les super-riches,
19:58 ont les moyens de se payer des conseillers fiscaux.
20:01 Et on parle surtout d'optimisation fiscale,
20:04 et pas toujours de fraude.
20:06 Elle est estimée, selon le gouvernement,
20:08 aujourd'hui, d'être entre 35 et 100 milliards.
20:11 Et l'FI disait 80 milliards.
20:13 La poussette est très, très large.
20:15 Donc comment... Moi, je trouve qu'en termes de combat,
20:20 il y a une chose qui est importante.
20:22 C'est vrai que ça amènerait des fonds et de l'argent
20:28 que le gouvernement réclame,
20:30 puisque le budget de l'État n'est pas extensible
20:33 et que la dette est colossale.
20:35 Et je crois qu'il y a une chose qui est très importante,
20:38 c'est que là, aujourd'hui, n'a pas été évoqué
20:41 le problème des déficits, de la dette,
20:43 et comment résorber cette dette et ses déficits,
20:46 et notamment le train de vie de l'État.
20:48 Donc c'est bien de vouloir combattre la fraude fiscale,
20:53 mais c'est aussi bien d'essayer de faire des économies
20:56 et de combattre la dette.
20:58 - Oui, d'être plus raisonnable en termes de dépenses publiques.
21:02 C'est le porte-parole d'Attaque France, Vincent Drezet,
21:07 qui expliquait sur France Info, à propos des créations de postes,
21:10 1 500 postes qui viennent s'additionner aux 10 000 existants.
21:13 Ce ne sont pas des créations d'emplois auxquelles nous allons assister,
21:16 mais un redéploiement. Il rappelle que la Direction générale
21:19 des finances publiques va perdre 3 000 emplois d'ici à 2027.
21:22 C'est ce que dit Vincent Drezet d'Attaque France.
21:25 Il y a, Audrey Goutard, ce contrôle qui devrait s'opérer
21:29 sur les 100 plus grandes capitalisations boursières
21:32 tous les deux ans, ce qui signifie en réalité
21:35 que ce contrôle n'existait pas forcément.
21:38 - Là, ça va être effectivement une obligation
21:41 sur les plus grandes entreprises tous les deux ans.
21:43 - Oui, mais comme il y a une ou deux personnes
21:45 qui sont là-dessus actuellement, il faudrait quoi ? 10, 15, 20 ?
21:48 - La problématique n'est pas... La boîte à idées, elle est là.
21:51 Les bonnes idées, elles sont là. C'est vrai que, par exemple,
21:53 la création d'une cellule de renseignement fiscal,
21:55 heureusement, il était temps, je peux vous le dire,
21:58 pour avoir enquêté justement auprès des policiers
22:01 qui travaillent sur les enquêtes fiscales,
22:03 j'avais fait un sujet là-dessus.
22:06 C'est vrai que je les ai suivis au quotidien.
22:08 Ils ne sont évidemment pas assez nombreux.
22:10 La volonté, elle est là. Les idées, elles sont là.
22:13 Le pouvoir de faire, il est là, mais il en faut plus, quoi.
22:16 Quand, très justement, on rappelait le chiffre
22:19 de 30 à 100 milliards de fraude fiscale,
22:22 vous imaginez que même 1 000 enquêteurs supplémentaires
22:25 ne suffiront pas à éponger, si vous voulez,
22:29 cette fraude massive.
22:31 Donc voilà, il faut plus de monde, plus de moyens.
22:35 Il n'y a pas de secret. C'est comme ça que ça marche.
22:37 Et puis des policiers bien formés ou des agents fiscaux bien formés.
22:41 - Il y a quelques 1 500 au niveau national.
22:44 C'est une goutte d'eau, si on veut se mettre à vérifier
22:47 tout ce que les entreprises peuvent produire.
22:49 - C'est une goutte d'eau, mais même la petite goutte d'eau
22:52 rapportera beaucoup d'argent. Je vous rappelle, par exemple,
22:54 pour les Panama Papers, où c'est ces fraudes massives
22:58 qui ont été décelées par des consortiums médiatiques.
23:02 Ce sont des journaux qui ont amené à Bercy des fraudes massives.
23:06 Ça a rapporté, parce que Bercy s'en est servi,
23:09 et ça a rapporté à Bercy 200 millions d'euros.
23:12 C'est-à-dire que dès que le renseignement est là,
23:15 dès que l'information est là, et dès que la possibilité d'enquêter est là,
23:18 ça rapporte de l'argent.
23:20 Donc ça permettra d'embaucher, j'imagine, de nouveaux agents.
23:23 C'est-à-dire que c'est un cercle vertueux.
23:25 - Je vous fais réécouter la réaction à cette annonce,
23:27 à ces annonces du ministre du Budget.
23:30 Réaction de Laurent Jacobelli, député RN de La Moselle,
23:34 porte-parole du Rassemblement national, invité du 18-20 France Info.
23:38 - C'est bien de voir un gouvernement diesel.
23:41 Au bout de 6 ans, il se met à démarrer.
23:43 Nous, on le dit depuis longtemps.
23:45 On demande toujours plus d'efforts aux Français honnêtes,
23:47 qui travaillent, qui se lèvent tôt.
23:49 Et puis il y a les profiteurs,
23:51 ceux qui font de la fraude sociale ou de la fraude fiscale,
23:53 qui, eux, vivent sur le dos de ceux qui bossent.
23:55 Si le gouvernement s'en rend compte, tant mieux.
23:57 Il y a quelques semaines, on nous expliquait qu'effectivement,
23:59 il y avait des détournements de l'aide sociale vers des pays étrangers.
24:03 C'était enfin admis, nous le disions depuis longtemps.
24:05 Aujourd'hui, on parle de la fraude fiscale massive.
24:07 Et bien tant mieux.
24:09 - Mais oui, parce qu'il y a eu M. Darmanin sur l'immigration.
24:11 Maintenant, il y a M. Attal sur la fraude fiscale,
24:13 qui est quand même, on va dire, un leitmotiv du Rassemblement national.
24:18 Je vous pose la question, Victoria Coussin.
24:20 À qui veut parler Emmanuel Macron ?
24:23 Est-ce à la gauche qui manifeste contre les retraites,
24:26 puisqu'il s'agit de s'adresser aux classes moyennes,
24:28 ou justement à ces classes moyennes qui votent Marine Le Pen ?
24:31 - Aux classes moyennes, donc d'où qu'elles viennent.
24:35 C'est intéressant, d'ailleurs, dans la façon qu'a Gabriel Attal de s'y prendre.
24:41 Il passe d'abord par ce plan contre la fraude sociale.
24:45 Donc il s'adresse en quelque sorte aux classes moyennes,
24:47 plutôt à gauche, qui ont manifesté,
24:50 qui s'en prennent aux ultra-riches et dénoncent cette forme d'injustice.
24:57 Et puis, il va, à la fin du mois, détailler son plan de lutte contre la fraude sociale.
25:02 Et là, il va s'adresser plutôt aux classes moyennes, à cet électorat gagné par ce sentiment d'injustice
25:07 et qui vote plutôt du côté du Rassemblement national.
25:10 Donc finalement, c'est toujours cette forme de, en même temps,
25:13 avec ce risque de frôler et d'aller toujours sur le terrain du Rassemblement national,
25:17 quand on parle notamment de fraude sociale.
25:19 - Mais oui, ça sent la campagne, même celle des européennes,
25:21 comme le soulignait Albert Zénou.
25:24 Albert, six ans après l'élection d'Emmanuel Macron,
25:27 enfin, il y a eu une réélection en tout temps,
25:29 soudain, nous découvrons qu'il y a de la fraude fiscale
25:32 et que les super-riches sont coupables de tricher.
25:35 - C'est la magie des annonces.
25:38 On découvre comme ça qu'il y avait des fraudes fiscales.
25:41 Alors, le président s'était fait une spécialité,
25:43 avant, dès avant son élection en 2017, c'était d'assurer une sécurité fiscale.
25:48 Il avait fait sauter une partie de l'impôt sur la fortune.
25:52 Il avait assuré qu'il n'y aurait pas d'augmentation.
25:55 Il a à peu près tenu sa promesse.
25:58 Il a allégé la fiscalité des entreprises sur l'IS,
26:01 sur la société.
26:03 Et donc, finalement, il découvre qu'il y a aussi une fraude fiscale.
26:08 Alors, je pense qu'il faut qu'il y ait les deux jambes.
26:12 Il faut effectivement lutter contre la fraude fiscale,
26:15 mais également la fraude sociale, qui a été estimée.
26:19 Alors, là aussi, c'est Charles Prats,
26:21 qui est un grand spécialiste, c'est un ancien magistrat.
26:24 Il l'estime à 45 milliards d'euros.
26:27 Les chiffres sont... On peut leur faire dire ce qu'on veut,
26:29 mais en tous les cas, il y a une masse des deux côtés.
26:31 Donc, il faut... Il ne faut pas oublier...
26:33 - Tout le monde s'implique de croire en Pierre Lé, qui casse un peu le message.
26:35 - C'est un peu le message, oui. - Si ça marche.
26:37 Laurent Mouloud, encore un mot. Le président des riches.
26:40 - Oui, président... - Il casse son image, là, avec ça.
26:43 - Il essaie de casser son image, mais ça ressemble quand même...
26:45 - C'est une citation entre guillemets. - Tout à fait, tout à fait.
26:47 Mais ça ressemble beaucoup à une tartufferie, quand même,
26:49 parce qu'on a pas bien évoqué... - Vous dites quoi, tartufferie ?
26:51 - Oui, parce que la mise en oeuvre de ce combat demande...
26:55 C'est un combat beaucoup plus intense et beaucoup plus important
26:57 qu'il faudrait mener contre la fraude fiscale.
27:00 Je rappelle juste qu'il y a 3 000 emplois qui vont être supprimés
27:02 dans la direction générale des finances publiques d'ici à 2027,
27:05 ce qui est un peu contradictoire, effectivement, avec l'ambition qu'il a.
27:08 Et la deuxième chose, parce qu'on est pris par le temps,
27:10 mais c'est que la deuxième chose qu'il faut voir,
27:13 c'est la mise en place de ces mesures.
27:15 Il n'y a pas de projet de loi annoncé là-dessus.
27:17 Il n'y a pas un grand plan, on va dire,
27:20 contre la fraude fiscale qui permettrait, effectivement,
27:22 de passer par la voie législative, etc., par exemple,
27:25 pour combattre ces questions.
27:26 Ça ne sera que par la voie réglementaire, etc.
27:29 - Il y a un rendez-vous très important,
27:31 c'est le 8 juin, avec la loi Lyot,
27:33 sur l'avogation des voies de retraite.
27:35 On en parlera tout à l'heure, si vous voulez,
27:36 on prendra le temps d'y revenir.
27:37 - On sent en tout cas un sujet qui fait beaucoup de bruit
27:40 dans la communication, mais qui va se diluer lentement
27:42 avec le temps, et je ne pense pas qu'il y ait les effets
27:44 annoncés au bout du compte.
27:45 - Bon, dans un instant, nous irons à Moscou,
27:47 où nous retrouverons Sylvain Tranché,
27:50 pour évoquer le 9 mai de M. Poutine.
27:53 Nous évoquerons également l'Europe, à travers M. Zelensky,
27:58 son vœu de rejoindre plus vite l'Union européenne
28:01 et l'affaire du drapeau à l'Assemblée nationale, ce soir.
28:04 Il est 20h31, Minute sur France Info.
28:06 (Générique)
28:12 - Et l'Info, c'est avec vous. Bonsoir, Edouard Marguier.
28:14 - Bonsoir, Jean-François, bonsoir à tous.
28:16 L'agence France Presse annonce la mort d'un de ses journalistes
28:19 en Ukraine, Arman Soldin. Il succombe à une attaque
28:22 de roquettes dans le Donbass, près de Barmout,
28:25 zone visée quotidiennement par les forces russes.
28:28 Arman Soldin, français d'origine bosnienne, avait 32 ans.
28:31 Il était coordinateur vidéo pour l'agence France Presse.
28:34 Les quatre collègues qu'il accompagnait sont tous indemnes.
28:37 L'agence, dans son ensemble, est effondrée, réagit le PDG de l'AFP.
28:42 Barmout, où combat le groupe Wagner.
28:44 Les députés français votent à l'unanimité ce soir la résolution
28:47 pour inscrire cette société paramilitaire russe
28:50 sur la liste des groupes terroristes de l'Union européenne.
28:53 Le texte, sans valeur contraignante, invite le gouvernement français
28:56 à se mobiliser diplomatiquement pour que Bruxelles
28:59 prenne cette mesure en compte.
29:02 Suite à la nouvelle aide américaine à l'Ukraine,
29:04 Volodymyr Zelensky salue un signe de solidarité
29:07 lors d'un jour symbolique. Washington annonce une aide militaire
29:10 d'un milliard 200 millions de dollars.
29:13 Aujourd'hui, 9 mai, jour de commémoration aux Russies
29:16 de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
29:18 En France, les préfets devront interdire les manifestations
29:21 de l'extrême droite sur demande du ministre de l'Intérieur,
29:24 Gérald Darmanin, qui réagit ainsi à la polémique
29:27 déclenchée par le rassemblement à Paris.
29:30 Rassemblement qui était autorisé samedi.
29:32 Il dit vouloir laisser les tribunaux juger sur les futures interdictions prises.
29:37 Plus de restrictions en raison de la sécheresse dans les Pyrénées-Orientales.
29:40 La quasi-totalité du département passe en crise.
29:43 Le niveau d'alerte le plus haut.
29:45 Interdiction à partir de demain de remettre à niveau les piscines
29:48 ou d'utiliser des spas.
29:50 Les restrictions d'irrigation agricole sont également renforcées.
29:53 Objectif final de la Ligue des champions de football
29:56 dans une demi-heure, coup d'envoi de la première demi-finale
29:59 Real Madrid - Manchester City - Match Allé qui a lieu en Espagne.
30:05 France Info
30:08 20h21, France Info, les informés de Jean-François Achilli.
30:14 "Poutine et son 9 mai, nous allons l'évoquer avec Sylvain Tronchet depuis Moscou.
30:22 Nous évoquons également le tarapeau européen en question à l'Assemblée nationale.
30:28 C'est la journée de l'Europe aujourd'hui, faut-il le rappeler.
30:31 La deuxième partie des informés de France Info avec Audrey Goutard,
30:36 journaliste, chef de service enquête et reportage à France Télévisions.
30:39 Avec Victoria Koussa, journaliste au service politique de France Info.
30:44 Albert Zenou, rédacteur en chef du service politique du Figaro.
30:48 Et Laurent Molloud, rédacteur en chef adjoint à l'Humanité.
30:51 Je rappelle le journaliste de l'AFP en Ukraine, Armand Soldin, ça a été dit,
30:56 coordinateur vidéo de l'agence France Presse qui a été tué cet après-midi
31:01 lors d'une attaque de roquettes Grad dans l'est du pays à proximité de Barmoud.
31:07 C'est visé, faut-il le rappeler, quotidiennement par les forces russes.
31:12 France Info présente évidemment ses condoléances à sa famille, ses proches
31:15 et ses collègues de l'agence France Presse.
31:18 L'Union européenne ne doit pas être intimidée par la démonstration de force
31:23 organisée par Vladimir Poutine sur la place rouge à Moscou
31:26 et doit rester ferme dans son soutien à l'Ukraine.
31:29 Cette déclaration est signée.
31:31 Olaf Scholz, le chancelier allemand devant le Parlement européen à Strasbourg,
31:37 il faut dire que le président russe, dans son discours ce matin,
31:41 prononcé sur la place rouge, a une fois de plus désigné l'adversaire,
31:46 c'est-à-dire l'Occident, Vladimir Poutine.
31:49 Les ambitions exorbitantes, l'arrogance et la permissivité de l'Occident
31:55 se transforment inévitablement en tragédie.
31:58 C'est précisément pour cela que le peuple ukrainien traverse aujourd'hui une catastrophe.
32:02 Il est devenu l'otage du coup d'État et du régime criminel de ses maîtres occidentaux
32:07 qui s'est développé à ses dépens.
32:09 Le peuple ukrainien est une monnaie d'échange dans la mise en œuvre
32:12 de leurs plans cruels et égoïstes.
32:15 Voilà donc Vladimir Poutine ce matin sur la place rouge.
32:18 Bonsoir à vous Sylvain Tronchet.
32:20 Bonsoir Jean-François.
32:21 Correspondant de France Info et de Radio France à Moscou,
32:24 Sylvain Poutine a-t-il offert à son peuple, pardonnez-moi l'expression,
32:30 mais un 9 mai au rabais ?
32:33 Au rabais je ne sais pas, mais à minimum.
32:36 Mais clairement, dans la tradition poutinienne,
32:40 depuis que Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir,
32:42 les 9 mai doivent être des démonstrations de force.
32:45 Celui-là n'en était clairement pas une.
32:48 Les défilés militaires étaient réduits que d'habitude.
32:51 Il y avait une petite cinquantaine de véhicules qui défilaient,
32:53 alors qu'on en avait jusqu'à plus de 200.
32:55 Il n'y avait pas de défilé aérien.
32:57 Ces défilés militaires avaient dû être également actifs dans certaines villes,
33:02 parfois pour des raisons de sécurité, parfois pour des raisons de...
33:04 Sylvain Tronchet, je vais me permettre de vous interrompre.
33:06 ... le régiment est mortel cet après-midi dans les rues de Moscou,
33:09 qui est une tradition typiquement poutine.
33:11 Sylvain Tronchet, je me permets de vous interrompre,
33:13 parce que la liaison avec Moscou me paraît très difficile,
33:17 et malheureusement, nous ne pouvons pas entendre ce que vous avancez.
33:22 Ce que je vous propose, c'est de vous reconnecter,
33:26 comme on dit, pour avoir votre regard sur ce qui s'est produit ce matin sur la Place Rouge.
33:33 Je rappelle les déclarations de monsieur Vladimir Poutine,
33:38 la civilisation à un tournant, la guerre déclenchée contre la patrie russe,
33:43 les élites mondialistes occidentales qui alimentent la russophobie
33:47 et répandent un nationalisme agressif,
33:49 le peuple ukrainien devenu l'otage d'un coup d'État et des ambitions de l'Occident.
33:52 Je me tourne vers vous, Audrey Goutard.
33:54 Cela fait plus d'un an que nous commentons de façon régulière, désormais, cette guerre en Ukraine.
34:02 On n'en sort pas.
34:03 Nous sommes toujours avec un Vladimir Poutine.
34:06 Il y a de nombreux reportages sur France Télévisions, sur France 2, qui le démontrent,
34:11 qui reste vatte en guerre et va poursuivre son offensive contre l'Ukraine.
34:18 Oui, on peut dire d'ailleurs que le discours qu'il a fait ressemble beaucoup à celui qu'il avait fait il y a un an.
34:25 La seule différence, c'est que le mot « guerre » maintenant est dit, est donné.
34:29 Monsieur Poutine évoque la guerre, ne parle plus d'opération spéciale.
34:35 Donc ça, c'est quand même un changement dans le discours.
34:39 Mais effectivement, on reste toujours sur un discours très anti-occidental et très virulent vis-à-vis à la fois de l'OTAN,
34:48 de l'Europe et de tout ce qui ressemblerait à une agression, selon lui, contre la Russie.
34:56 Donc effectivement, on est dans l'histoire russe.
34:58 Ce n'est pas la première fois que la Russie s'exprime de cette façon-là.
35:02 C'est quand même assez propre à ce pays d'exprimer effectivement ce sentiment d'être assiégé par le reste du monde
35:12 et par l'Europe en particulier. Et voilà, M. Poutine continue dans cette ligne-là.
35:16 Laurent Mouloud, un discours inchangé, mais de plus en plus violent à l'égard de l'Occident.
35:20 Je suis d'accord avec ce que dit Audrey. C'est-à-dire qu'il y a une évolution de son discours.
35:24 Il globalise beaucoup plus désormais. Il n'est plus dans le conflit russo-ukrainien
35:29 où il justifiait pendant des mois pourquoi il y allait, etc., les menaces de l'OTAN.
35:34 Là, il est dans un discours un peu bloc contre bloc, en tout cas logique contre logique.
35:38 Et effectivement, il fait de son pays un pays assiégé.
35:42 Et on sent bien aussi qu'il y a une volonté de convaincre aussi en interne sa population
35:48 et d'essayer de la regrouper autour de sa politique.
35:50 Nous vous retrouvons en direct de Moscou, Sylvain Tronchet.
35:54 La liaison a été rétablie. Sylvain, nous évoquions cette diatribe du président russe à l'égard de l'Occident.
36:03 Ces mots ne sont-ils pas de plus en plus durs ?
36:07 Je n'ai pas trouvé, personnellement. J'ai plutôt trouvé que si on avait eu une cérémonie à Minima,
36:13 on avait aussi plutôt dans une certaine mesure un discours à Minima,
36:16 qui au fond n'était qu'un condensé des thèmes de prédilection du chef du Kremlin
36:20 depuis maintenant près d'un an et demi, avec comme ça de façon très ramassée
36:25 une succession de concepts militaires sur la menace qui se profile contre le pays,
36:31 de concepts diplomatiques lorsqu'il parle de sécurité indivisible,
36:34 de concepts moraux lorsqu'il évoque les valeurs traditionnelles
36:38 que la Russie est censée représenter et défendre.
36:42 Et toute cette espèce de fourre-tout idéologique devant constituer à la fin
36:48 la base sur laquelle la Russie mènerait une guerre juste.
36:53 Le vrai souci du pouvoir russe aujourd'hui, c'est que le seul horizon qu'il a proposé à la population,
36:59 c'est la poursuite de la guerre. Parce que si Vladimir Poutine a une nouvelle fois appelé à la victoire,
37:04 il n'a même pas défini lui-même ce qu'étaient les objectifs de son armée.
37:08 Et donc on ne connaît pas les conditions dans lesquelles pourrait se décréter en quelque sorte cette victoire.
37:13 Restez avec nous en direct encore quelques instants, si vous le permettez, Sylvain Tronchet.
37:19 20h40 sur France Info, place tout d'abord au Fil info avec Emmanuel Langlois.
37:25 De nouvelles restrictions mises en oeuvre à partir de demain dans les Pyrénées-Orientales.
37:31 La quasi-totalité du département est désormais en situation de crise vis-à-vis de la sécheresse le plus haut.
37:37 Niveau d'alerte en raison de cette sécheresse historique.
37:40 Le préfet annonce le renforcement dès demain des restrictions d'irrigation agricole
37:45 et l'interdiction du remplissage des piscines privées notamment.
37:49 Les bourses scolaires, elles, seront attribuées automatiquement aux familles éligibles à partir de la rentrée 2024
37:55 sans qu'elles aient à faire la moindre démarche, annonce aujourd'hui le ministère de l'Éducation.
38:00 Ces bourses vont de 110 à 1000 euros selon la classe de l'élève et le revenu des parents, ainsi que le nombre d'enfants par foyer.
38:08 Il avait déjà annulé tous ses concerts jusqu'à la fin du mois pour raisons de santé.
38:12 Stromae annonce l'arrêt total de sa tournée qui devait durer jusqu'en décembre prochain.
38:17 Dans un communiqué, le chanteur belge déclare avoir besoin de repos.
38:22 Comme le 9 mai de chaque année, Vladimir Poutine a donc célébré l'anniversaire de la défaite nazie sur la place rouge à Moscou.
38:29 Défilé militaire à Minima, à peine 50 véhicules contre plus de 200 les autres années.
38:34 Le chef du Kremlin qui promet la victoire dans la guerre en Ukraine, traçant un parallèle avec la seconde guerre mondiale.
38:40 Et puis la famille du rugby et du sport français réunissent mardi à Tarbes pour un dernier hommage lors des obsèques du dirigeant Bernard Lapassé,
38:48 décédé dans la nuit du 2 au 3 mai dernier. Tous ont salué la mémoire d'un visionnaire.
38:54 Enfin, le cyclisme et Aurélien Paré, peintre, qui remporte la quatrième étape du Tour d'Italie cycliste.
38:59 Le français qui signe la première victoire d'étape tricolore sur l'Eugério, ainsi que sa première victoire personnelle.
39:06 Nous sommes toujours avec Sylvain Tronchet, notre correspondant de France Info en direct de Moscou.
39:20 Sylvain, l'avenir de la Russie dépend des soldats combattants dont l'Ukraine a déclaré le président russe.
39:26 La guerre donc continue, personne n'en doute. Son objectif se limite désormais à la défense du Donbass.
39:32 C'est ce qu'il faut traduire de ses mots ce matin.
39:35 C'est compliqué à savoir, puisque, comme je vous le disais tout à l'heure, c'est toute l'ambiguïté de ce conflit.
39:42 C'est que la Russie n'a jamais défini quel était l'objectif de l'opération militaire spéciale.
39:48 Pour reprendre son nom, si on peut imaginer qu'aujourd'hui, effectivement,
39:54 vu la taille du front à défendre et les problèmes logistiques que l'armée semble rencontrer,
39:59 la défense du Donbass semble déjà en soi un objectif suffisamment important.
40:06 On est malgré tout, on le voit bien, dans une grande phase d'incertitude,
40:10 où à la fois on attend la contre-offensive ukrainienne annoncée depuis des semaines,
40:15 et y compris côté russe. C'est évoqué ici de façon même assez claire dans les médias russes,
40:20 du côté de Moscou, et sans fanfaronnade, pour le coup.
40:24 On attend cela, mais les Ukrainiens ont-ils les moyens de lancer cette grande contre-offensive ?
40:30 Et dans le même temps, il y a tout un tas d'interrogations autour de l'armée russe qui existent.
40:36 C'est vraiment très compliqué à savoir.
40:39 - Le 9 mai, marqué par une grande incertitude. Merci à vous, Sylvain Tranché, en direct de Moscou,
40:45 pour toutes ces précisions. Pendant ce temps, Volodymyr Zelensky, le président de l'Ukraine,
40:50 a reçu la visite à Kiev d'Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.
40:55 Volodymyr Zelensky qui a exhorté l'Union à se décider à ouvrir les négociations sur la désordre de l'Ukraine.
41:02 - Nos valeurs, la sécurité, notre bien-être, la paix sur le continent, tout ça ne peut être réalisé à 100% pour l'Europe qu'avec l'Ukraine.
41:13 Nous nous attendons à ce qu'une évaluation intermédiaire positive de la Commission européenne
41:17 soit présentée en juin sur le progrès de l'Ukraine sur la voie de l'intégration européenne.
41:24 - Albert Zeno, le président Zelensky, ce n'est pas la première fois qu'il demande que les choses aillent plus vite.
41:30 - Ils ne peuvent pas aller plus vite en réalité. D'abord, il y a une guerre en cours et puis le processus...
41:34 - Est long, est très long. Mais c'est la stratégie maintenant de Zelensky depuis le début du conflit
41:43 de vouloir peser sur l'Europe pour rentrer dans l'Union européenne et offrir à la Russie une autre défense,
41:53 d'autres problèmes qu'un simple pays. L'Ukraine est déjà beaucoup aidée par les pays occidentaux.
42:03 Là, rentrer dans l'Europe, ce serait une véritable défense pour l'Ukraine. Maintenant, je pense que ce ne sera pas tout de suite,
42:12 ce ne sera pas facile, d'autant que dans l'Europe, tout le monde n'est pas d'accord pour que...
42:17 - Tout le monde n'est pas forcément d'accord. Audrey Goutard, il y a un calendrier qui est long,
42:21 qui est un processus qui demande des années parce que l'Ukraine, qui va sortir un jour de cette guerre,
42:27 mais quand, eh bien, devra se mettre au niveau des critères d'exigence européenne. C'est ça, en fait.
42:32 - Oui. Il faut se mettre au diapason, effectivement, des exigences européennes et notamment en matière de fonctionnement économique.
42:39 Je vous rappelle quand même que l'Ukraine, avant la guerre, il y avait des soupçons de corruption.
42:46 Il y a des oligarques qui trustent des pans entiers de l'économie. Bref, l'Ukraine, même avec un président moderne et pro-européen,
42:58 effectivement revenait de loin, comme on dit, c'est-à-dire qu'il y a du pain sur la planche avant de répondre totalement aux critères européens.
43:05 - Allez, c'est la journée de l'Europe, version polémique à l'Assemblée nationale.
43:09 David Occhion, on délire ce soir dans Les Informés. Faut-il rendre obligatoire, vous savez, cette question, les drapeaux français et européens sur la façade des mairies ?
43:17 Le débat s'ouvrait en fin de journée dans l'hémicycle. Débat vif autour de cette proposition, il faut le dire, aussi symbolique que symptomatique,
43:27 des divisions à un an des élections européennes. Je vous propose d'écouter ce qu'en a dit Laurence Boone, la secrétaire d'État chargée de l'Europe.
43:34 C'était sur France Info TV.
43:36 - En 2019, c'est Ciotti lui-même qui demande, Éric Ciotti, que le drapeau européen soit au fronton des collèges et des lycées.
43:43 Alors, revenons à des choses raisonnables. Manon Brie, sur votre antenne, qui dit c'est une forfaiture démocratique.
43:50 Mais je vais vous répondre comme Mélanie Vogel, sérieusement ? Un traité qui a été voté par 560 députés français ?
43:57 - Alors, je crois qu'on devrait être au contraire, au moment où il y a la guerre, où la commission est en Ukraine, se rassembler sur le fait que nous sommes des citoyens français et européens.
44:08 - Victoria Coussa, pourquoi ce débat est-il si compliqué au juste ?
44:12 - Il est compliqué parce qu'il divise les coalitions à l'Assemblée. D'un côté, il y a la majorité qui s'écharpe autour de l'utilité de cette proposition de loi
44:22 au moment où tout le monde parle pouvoir d'achat et réforme des retraites dans la rue.
44:27 - C'est le modem qui dit ça. Qu'est-ce que ça vient faire, maintenant ?
44:30 - C'est le modem qui s'est abstenu en commission sur le vote de cette proposition de loi.
44:34 Et ça divise aussi la gauche parce que LFI compte voter contre ce texte-là, alors que les socialistes vont voter pour,
44:44 même s'ils estiment que, pareil, que le modem ou Horizon, ce texte, n'a rien à faire dans le contexte.
44:50 En revanche, la position de Renaissance, c'est « Ok, peut-être que ça ne sert à rien dans l'immédiat, mais c'est un geste fort, c'est symbolique, c'est la journée de l'Europe aujourd'hui.
44:59 Il faut enfoncer le clou et il faut des actes politiques importants. »
45:05 - Laurent Molloud, vous trouvez le débat déplacé ? Après tout, effectivement, comme le rappelle Victoria à l'instant, c'est la journée de l'Europe.
45:12 Nous avons entendu le président Volodymyr Zelensky qui, à l'appel de ses voeux, a entré au sein de l'Union européenne.
45:18 À terme, il y a cette guerre qui menace l'équilibre de notre continent. Et là, ça renaxe, ça rechigne.
45:26 - Comme on le disait tout à l'heure à propos d'un autre sujet, il y a toujours des arrière-pensées politiques à toute chose.
45:31 Et je pense que la volonté d'imposer ce débat aujourd'hui sur le drapeau européen, évidemment, a plein d'arrière-pensées.
45:38 Il avait été retoqué en commission. Ils savent très bien que c'est un texte qui ne pourra pas passer.
45:43 Donc c'est vraiment purement symbolique et c'est aussi purement pour étaler des divisions, effectivement, comme vous le dites, à la fois à droite mais aussi à gauche.
45:50 Parce que de toute manière, s'il y a du débat et de la division, c'est parce qu'il y a des visions complètement différentes de l'Europe au sein des partis politiques français.
45:58 Il y a des visions fédéralistes, des visions souverainistes et qui traversent parfois des courants à gauche, des courants à droite.
46:04 Et je pense que le gouvernement et le chef de l'État saient très bien que ce sujet-là est un sujet de fracture pour ses opposants politiques.
46:10 Et je pense qu'il l'utilise aussi à bon escient, comme le disait tout à l'heure Albert Zénou à quelques encablures des élections européennes,
46:16 essayer de se positionner comme étant du camp de l'Europe face à tous les autres qui n'en voudraient pas, ou en tout cas pas de cette Europe-là.
46:26 Et effectivement, pour lui, c'est plutôt du bonus, quoi.
46:29 – Allez, on va rester là-dessus dans un instant.
46:31 – Oui, c'est un texte totalement inutile, puisque d'ores et déjà, les drapeaux européens fillont au fronton des Gébéries.
46:39 C'est obligatoire. Ceux qui veulent, toutes les mairies qui le souhaitent mettent le drapeau européen, et c'est leur droit le plus strict.
46:47 – Ça ne sert à rien, Audrey Goutin.
46:49 – Non mais je m'amusais, parce que pour ceux qui regardent la télévision, derrière vous, il y avait une mairie, son fronton, avec le drapeau européen, le drapeau français.
46:56 Donc c'est vrai que moi j'avais le sentiment, alors je suis peut-être une cruche, mais j'avais le sentiment que…
47:00 – Vous êtes contente ? – Non.
47:01 – J'avais le sentiment que c'était déjà la règle d'avoir le drapeau européen sur les frontons.
47:06 – La possibilité est offerte aux mairies.
47:08 – C'est un choix, mais j'ai l'impression quand même que dans toutes les communes de France, on voit le drapeau quelque part.
47:13 – Restons là-dessus, avec cette campagne qui arrive, et toutes ces arrières-pensées politiques peut-être,
47:20 derrière certaines propositions qui, après tout, pourraient paraître tout à fait légitimateurs.
47:25 À 50 minutes sur France Info, tout d'abord, retour du Fil Info avec vous, Emmanuel Langlois.
47:29 [Musique]
47:31 – Et les États-Unis qui annoncent une nouvelle aide militaire à l'Ukraine d'un montant d'un milliard de 100 millions de dollars,
47:37 notamment de renforcer la défense aérienne du pays face à la Russie.
47:41 Par ailleurs, un journaliste de l'AFP a été tué aujourd'hui dans une frappe de roquettes près de Barmoutes,
47:46 dans l'Est de l'Ukraine, Armand Soldin qui était coordinateur vidéo pour l'agence France Presse.
47:52 L'Assemblée en France adopte-t-elle à l'unanimité une résolution non contraignante
47:56 qui demande d'inscrire le groupe paramilitaire russe Wagner sur la liste de l'Union européenne des organisations terroristes.
48:04 Face à la polémique, le gouvernement lui va désormais interdire toutes les manifestations d'ultra-droite
48:10 après un défilé autorisé de 600 militants.
48:13 C'était samedi à Paris qui a suscité de vives critiques, notamment à gauche,
48:17 la Première ministre Elisabeth Borne a jugé elle-même choquant ce défilé.
48:22 Après la CGT, la CFDT, la CFECGC ou encore la CFTC, Force ouvrière annonce à son tour ce soir
48:29 et se rendra bien à Matignon la semaine prochaine, le 16 ou le 17 mai, à l'invitation de la Première ministre Elisabeth Borne.
48:36 Des entretiens bilatéraux sans ordre du jour précis et qui interviennent après la promulgation
48:42 de la réforme des retraites et les importantes manifestations du 1er mai.
48:47 Des dizaines de milliers de personnes évacuées, près de 400 000 hectares brûlés,
48:51 des installations pétrolières à l'arrêt, deux jours après avoir déclaré l'état d'urgence.
48:55 La province de l'Alberta au Canada demande désormais l'aide du gouvernement fédéral
49:00 pour lutter contre des incendies sans précédent.
49:03 Et puis le football avec la première demi-finale ce soir, allée de la Ligue des champions.
49:08 Le Real Madrid reçoit Manchester City, le coup d'envoi à 21h.
49:12 En attendant demain, la deuxième demi-finale, le derby italien et même milanais,
49:17 la Ceylon face à l'Inter Milan.
49:24 20h, 21h, les informés, Jean-François Achilline.
49:28 Victoria Croussat, le modem lui-même s'est, on va dire, démarqué de cette proposition
49:35 du fait de pavoiser les mairies de façon obligatoire avec le drapeau européen.
49:40 Ce matin, c'est Jean-Louis Bourlange qui préside la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale
49:45 qui expliquait sur France Info qu'au fond, ce n'était pas la priorité aujourd'hui.
49:49 Cela signifie donc qu'au sein même de la famille de la majorité,
49:52 de ceux qui soutiennent le président Emmanuel Macron, il y a un peu de, on va dire, de tangage.
49:57 Ils n'avaient pas besoin de ça après la séquence réforme des retraites
50:00 qui a fragilisé cette maison commune entre le modem, Horizons et Renaissance.
50:07 Et même avant cet épisode-là, quelques députés Horizons avec qui j'ai parlé
50:13 dénonçaient une forme de persévérance d'Aurore Berger qui tient le groupe Renaissance à l'Assemblée
50:21 comme si elle n'en faisait qu'à sa tête et ne discutait pas avec ses partenaires pour imposer des choses,
50:25 notamment sur le symbolique.
50:27 Donc oui, il y a cette cacophonie au sein de la majorité dans le camp présidentiel.
50:33 Et c'est un débat qui n'a rien à faire d'après eux dans ce contexte.
50:39 Albert Zellouf, cela préfigure déjà, c'est ce que titre, j'insiste là-dessus, le Figaro aujourd'hui,
50:45 ce titre assez surprenant, sur une sorte de bagarre qui serait déjà en place
50:51 et qui soutendrait à peu près tous les thèmes que nous développons.
50:55 Il y a quelque chose de l'ordre de la mise en route d'une bagarre, d'une bataille politique autour des Européennes qui arrivent.
51:02 Oui, puisque si on fait état des propositions de réformes institutionnelles,
51:07 il y a la volonté, ce qu'a rappelé Elbron Pivet, la présidente de l'Assemblée, d'avoir des mid-term.
51:11 Des élections à mi-mandat.
51:15 Il se trouve que les élections européennes en 2024 seront à peu près à mi-mandat.
51:21 Donc c'est la volonté de peser à ce moment-là et de voir l'état des forces.
51:28 On sait très bien que les élections européennes, ça parle beaucoup de politique nationale et très peu d'Europe en fait.
51:34 Les électeurs qui se déplacent, le thème principal ne sont pas les questions européennes,
51:39 même si elles y figurent.
51:42 Et donc effectivement, il y a beaucoup de choses qui se mettent en place en fonction,
51:46 pour être présents en juin, enfin a priori en juin 2024, lors de ces élections.
51:51 Et aussi bien du côté de la Macronie que du côté du Rassemblement national, que des autres parties,
51:58 il y a une volonté de rejouer le match et de faire quelque chose.
52:02 Et je finis avec ça, mais c'est le danger, je trouve que c'est le danger que fait planer Emmanuel Macron
52:09 et toute la Macronie de voir refaire ce match.
52:12 Parce que c'est réinstaller Marine Le Pen comme l'opposant principal.
52:16 C'est toujours pareil, ça devient l'alternative.
52:18 Emmanuel Macron avait fait ça dans son premier mandat, "favoriser" entre guillemets,
52:23 l'émergence, le renforcement du Rassemblement national,
52:29 pour l'avoir face à lui au deuxième tour de l'élection présidentielle.
52:32 Il l'a réussi et il l'a remporté.
52:34 Et là, l'impression que ça... On remet un peu le couvercle là-dessus.
52:38 – Vous êtes d'accord avec ça, Laurent Mouloud, que ce soit le débat autour des retraites,
52:42 vous savez, le Rassemblement national qui marque des points pendant ce temps,
52:46 que ce soit l'immigration, que ce soit cette bagarre sur la fraude fiscale
52:50 qui vient de jaillir, là, depuis ce matin.
52:53 Il y a cette arrière-pensée de désignation de l'adversaire,
52:57 cette tentative de politiser à outrance parce qu'il y a ces élections mid-terme,
53:02 comme le dit Albert Zénon.
53:03 – Oui, mais il y a une certaine logique politique à ça.
53:05 C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron a été élu président de la République
53:08 non pas sur un vote d'adhésion massif à sa candidature,
53:11 il a été élu en second tour sur un vote de rejet de Marine Le Pen.
53:15 Et il n'a pas une assise électorale, et encore moins depuis la séquence des retraites,
53:20 extrêmement solide, et même elle est plutôt très affaiblie.
53:23 Donc il sait très bien que d'ici un an, son assise électorale,
53:26 bon, sauf miracle, elle va être encore très très faible.
53:28 Il n'a pas tellement d'autres choix, en fait, que de rejouer effectivement
53:31 cette carte du "soit c'est elle, soit c'est moi",
53:35 qui est une facilité quelque part et un danger démocratique à mon sens.
53:38 Parce que derrière ça, c'est le débat autour de l'Europe
53:42 qui ne va pas se faire au niveau où il devrait se faire,
53:44 parce qu'il va être un petit peu phagocyté,
53:46 ou en tout cas avec l'ombre toujours de la menace de l'extrême droite.
53:50 Et du coup, le débat sur quelle Europe on pourrait avoir
53:53 risque d'être un peu sous l'étouffoir.
53:55 – Vous êtes d'accord avec ça pour conclure, Victoria Koussa,
53:58 cette stratégie-là est pensée au plus haut niveau ?
54:02 On dessine des lignes politiques parce qu'une bataille se...
54:06 – Oui, c'est l'avant-match, c'est ce qu'on dit,
54:08 c'est l'avant-match des européennes avec le camp présidentiel
54:12 qui va tenter de pousser les deux extrêmes finalement dans leur retranchement.
54:19 Et aussi, ça risque de fracturer au passage une gauche
54:22 qui fête son premier anniversaire, la nube qui fête son premier anniversaire
54:26 et qui n'a pas besoin de ça parce qu'il s'écharpe beaucoup,
54:28 notamment au sujet des européennes.
54:30 – Allez, il est temps de conclure avec la une de vos journaux respectifs.
54:33 Je commence par vous, Laurent Mouloud, la une de l'Humanité.
54:36 – Eh bien, nous sommes sur la fraude fiscale.
54:38 – Ah, la fraude fiscale.
54:39 – On révèle, on va dire, l'intox fiscale du gouvernement
54:42 dans les pages de l'Humanité.
54:43 – Vous dites intox fiscale pour la fraude fiscale,
54:46 demain à la une de l'Humanité.
54:48 La une du Figaro avec vous, Albert.
54:51 – Nous aussi on est sur la fraude fiscale.
54:54 Le projet qui veut faire tourner la page des retraites.
54:58 – Ah, le projet fraude fiscale qui veut faire oublier, c'est ça, les retraites.
55:02 Merci Audrey Goutard et merci Victoria, ma complice du mardi,
55:06 et merci Victoria Coussa du service politique de France Info,
55:10 vous êtes toujours les bienvenues.
55:12 Les informes, elles reviennent demain matin
55:14 avec Renaud Delis et Marc Fauvel à 9h.
55:18 Et restez avec nous dans notre compagnie sur France Info,
55:21 bien évidemment, bonne soirée.
55:23 [Musique]
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