- il y a 3 ans
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00:00 (Générique)
00:07 Bonjour Yannick Jadot.
00:08 Bonjour.
00:08 Emmanuel Macron a rendu public hier son plan eau qui était très attendu.
00:12 53 mesures pour mieux gérer cette ressource qui se fait de plus en plus rare en France.
00:16 Alors avant de revenir sur le détail de ces mesures,
00:19 qu'est-ce que vous vous êtes dit hier en écoutant le président présenter ce plan ?
00:23 C'est la fuite en avant.
00:26 En fait c'est pas un plan de sobriété pour l'eau,
00:29 c'est un plan qui maintient l'ébriété dans la consommation de l'eau dans notre pays.
00:35 On va faire avec l'eau comme on a fait avec l'énergie pour l'hiver dernier.
00:39 C'est-à-dire qu'à la fois on met beaucoup la pression sur les Françaises et les Français.
00:44 Tant mieux si chacun, chacune chez soi, on réduit notre consommation d'eau.
00:48 On a tous des efforts à faire et c'est tant mieux.
00:51 Mais tout ce qui touche à les grosses consommations d'eau,
00:55 notamment l'agriculture, est complètement laissé à part.
00:58 Et vous avez en même temps, c'est incroyable ce gouvernement et ce président de la République,
01:04 en même temps que le président de la République dit "il faut faire des efforts sur l'agriculture, on va rien demander",
01:11 mais on leur demandera quand même de faire des efforts sur les pesticides.
01:14 Vous avez le ministre de l'agriculture qui va à la FNSEA,
01:19 qui est le syndicat qui défend aussi une forte ébriété en eau,
01:23 une forte surconsommation d'eau,
01:25 et qui dit "on a gagné, vous n'aurez rien à faire,
01:29 vous consommez 60% de l'eau dans notre pays,
01:32 plus de 80% l'été, vous n'aurez rien à faire, et pire,
01:36 au moment où le président de la République dit "mais ils feront quand même des efforts sur les pesticides",
01:41 vous avez le ministre de l'agriculture qui dit un herbicide,
01:46 le S-métallochlor, peu importe,
01:51 qui aujourd'hui est une saloperie pour les nappes phréatiques,
01:55 considérée comme cancérigène.
01:57 Il dit "on va revenir sur la décision de l'Agence française de sécurité sanitaire et de l'environnement".
02:04 On va revenir sur l'agriculture dans le détail.
02:06 Donc c'est affligeant.
02:07 Mais Alix Ladeau, pour bien comprendre, vous ne faites pas partie de ceux qui disent "il y a une prise de conscience, on va dans le bon sens".
02:13 Il y a une prise de conscience des françaises et des français, qui est incontestable.
02:17 Mais pas d'Emmanuel Macron.
02:18 Ce que fait Emmanuel Macron, on l'a dit, sobriété énergétique.
02:23 Il a dit aux françaises et aux français "faites des économies chez vous, encore une fois on a tous des gestes à faire, tant mieux".
02:29 Mais globalement ils ont dit "faut des cols roulés, mettez des cols roulés".
02:32 En disant aussi à l'ensemble des secteurs, dans le cas de l'eau, on va faire comme sur l'énergie,
02:35 présentez-nous des propositions.
02:37 Ah mais voilà, c'est toujours les démarches volontaires.
02:39 Mais ça fait 30 ans que ce signal est envoyé.
02:42 Moi j'ai fait le Grenelle de l'environnement, vous vous souvenez,
02:45 cette grande messe sous Sarkozy en 2007.
02:48 L'accord avec toutes les forces vives du pays, y compris les agriculteurs,
02:55 les agriculteurs c'est de réduire de 50% l'utilisation des pesticides à l'horizon 2020.
03:01 On a augmenté de 20%.
03:04 Ces démarches volontaires, ça ne sert à rien.
03:06 On met des centaines de millions d'euros pour soutenir des démarches volontaires,
03:10 que les acteurs évitent, contournent, reportent.
03:14 On a 32 jours sans pluie cet hiver.
03:19 On a une vingtaine de départements qui sont déjà en vigilance sécheresse
03:25 à l'époque où toutes les nappes phréatiques devraient être rechargées.
03:29 On a des risques de sécheresse majeurs pour l'été prochain.
03:34 Et on a un président de la République qui dit aux agriculteurs,
03:37 vous pouvez continuer à surconsommer.
03:41 - On va revenir sur l'agriculture, mais vraiment en détail.
03:44 Pour commencer, je voulais qu'on s'arrête sur un point dans les grands volets de ce plan.
03:47 Il y a la sobriété, il y a la réutilisation des eaux en général, les eaux usées, les eaux de pluie.
03:52 - On peut rattraper nos voisins européens, on est très en retard.
03:57 - Et puis il y a la tarification progressive de l'eau.
04:00 Donc le principe c'est la consommation de base, les premiers litres d'eau à prix modéré,
04:04 et puis la consommation de confort pour ceux qui consomment beaucoup plus,
04:08 parce qu'ils ont une voiture à laver, un jardin éventuellement à arroser.
04:11 Et bien les mètres cubes supplémentaires coûtent beaucoup plus cher.
04:14 Vous, pendant la présidentielle, vous proposiez une tarification sociale, pas progressive.
04:20 Est-ce que c'est la même chose ou est-ce que c'est pas tout à fait la même chose ?
04:22 - Oui, bien sûr. En fait, c'est de dire, c'est ce que certaines villes font.
04:26 - Notamment des villes écologistes ?
04:28 - Des villes écologistes. Il y a Dunkerque qui fait ça depuis une dizaine d'années.
04:32 C'est-à-dire qu'en fait, sous 80 mètres cubes d'eau consommée, c'est un prix très bas.
04:41 Entre 80 mètres cubes et 200 mètres cubes, on parle d'une famille,
04:45 c'est un prix modéré et au-delà, vous payez plus cher.
04:49 Donc au fond, c'est d'abord une tarification sociale.
04:53 Parce que ce qui a marché à Dunkerque, notamment en matière de baisse de consommation de l'eau,
04:57 c'est parce que aussi la commune a envoyé à toutes les familles des économiseurs d'eau,
05:02 à installer chez soi. Donc qu'on fasse de la tarification sociale,
05:06 c'est ce que nous portons sur l'eau, sur l'énergie, sur un certain nombre de sujets
05:10 ou de besoins absolument essentiels pour les familles.
05:14 Mais ça n'est pas le facteur qui nous permettra de réduire profondément notre consommation d'eau.
05:22 Bien sûr, investir sur les fuites.
05:24 Ça fait longtemps que les réseaux, malheureusement, sont laissés à l'abandon.
05:28 Mais mettre de côté le secteur qui, l'été, consomme 80% de l'eau,
05:37 c'est quand même un déni absolu de réalité.
05:40 Vous parlez encore de l'agriculture.
05:43 Oui, parce que quand on parle de l'eau, l'été, là où ça va manquer le plus...
05:47 C'est le maïs qui a le plus besoin d'eau, effectivement.
05:49 C'est le maïs qui a le plus besoin d'eau.
05:51 Il faut rappeler, parce que moi, je suis absolument affligé par les discours du ministre de l'Agriculture.
05:57 Sur votre plateau, comme dans d'autres médias, il porte des discours de climato-sceptiques.
06:04 Quand il dit "cette sécheresse, elle est exceptionnelle", mais vous inquiétez pas,
06:08 ça reviendra pas ou ça reviendra pas aussi fort.
06:10 C'est le contraire de ce que disent tous les climatologues.
06:13 Pour vous, par exemple, quand le préfet Dardèche suspend la délivrance de permis de construire dans 22 communes du département
06:19 en disant "ça va mettre en difficulté les populations déjà présentes",
06:23 en acceptant que de nouvelles personnes arrivent et qu'il n'y ait plus assez d'eau à partager,
06:27 ça, c'est le sens de l'histoire. C'est-à-dire que c'est ça qui va nous arriver demain dans d'autres communes de France,
06:31 dans d'autres départements de France.
06:33 C'est ça qui est en train d'arriver.
06:35 Vous avez effectivement des régions qui sont en stress hydrique permanent
06:40 et qui sont obligées de suspendre tous les permis de construire
06:44 parce qu'ils ne peuvent plus assurer des quantités suffisantes d'eau potable.
06:49 Et donc, c'est pour ça qu'il faut agir.
06:52 Il faudrait arrêter de construire, par exemple, dans le Var ou dans les Alpes-Maritimes,
06:56 qui sont des départements qui attirent énormément de retraités, par exemple.
06:59 La difficulté dans ces départements, vous le savez, c'est que non seulement les gens arrivent,
07:05 mais en plus, ils construisent une piscine en même temps.
07:09 Donc, on a un vrai sujet de quantité d'eau potable.
07:12 Est-ce qu'il faut moratoire sur la construction de piscines, par exemple ?
07:14 Dans certaines régions, c'est ce qu'ils sont en train de faire. Ils ont raison.
07:17 Mais est-ce que ça doit être une décision prise de manière nationale, puisque le problème de la sécheresse...
07:20 Il faut s'adapter aux régions. Je veux dire, moi, je ne suis pas pour l'interdiction des piscines.
07:26 Pour beaucoup de familles...
07:27 Pour beaucoup de piscines, oui.
07:28 Non, non. Pour beaucoup de familles, c'est ce qui permet d'ailleurs parfois de compenser le fait de ne pas partir en vacances,
07:33 parce qu'on n'a plus les moyens de partir en vacances.
07:35 On va mettre une piscine qui s'installe, qui est gonflable,
07:38 ou qui permet aux enfants de jouer, y compris en période de canicule.
07:42 Donc, on a un sujet majeur, la disponibilité en eau.
07:47 La loi est très claire. C'est un, la priorité. Première priorité, l'eau potable.
07:53 Deuxième priorité, la nature, c'est-à-dire le maintien des milieux naturels.
07:59 Troisième priorité, les utilisations économiques.
08:03 Donc, ça va être les centrales nucléaires. Emmanuel Macron nous a inventé encore une nouvelle technologie.
08:09 Ça y est, des centrales de 40 ans vont avoir de l'eau en circuit fermé.
08:14 On ne sait pas combien ça va coûter.
08:15 J'explique tout de même, j'explique rapidement pour les centrales nucléaires,
08:18 parce qu'aujourd'hui, l'eau pour refroidir les réacteurs est prélevée dans les fleuves,
08:23 dans les points d'eau alentours, et elle est ensuite, une fois qu'elle a été utilisée pour refroidir les réacteurs,
08:27 rejetée à une température plus chaude, ce qui pose des questions sur la biodiversité notamment.
08:32 Pas seulement, ça pose des questions sur la production.
08:34 Parce que quand vous n'avez plus de débit, quand le niveau des rivières, des fleuves, baisse,
08:39 et que vous n'avez pas assez de débit du fait de la sécheresse,
08:43 vous pouvez pas refroidir vos réacteurs, donc vous les arrêtez.
08:47 Ça pose un problème d'approvisionnement.
08:48 C'est quasiment jamais arrivé pour l'instant d'arrêter des réacteurs à cause du débit.
08:52 A chaque fois que vous avez une sécheresse, il y a certains réacteurs que vous arrêtez.
08:55 C'est quasiment jamais arrivé l'été dernier.
08:57 Par exemple, il y a eu quelques dérogations même aux règles de pollution pour pouvoir rejeter de l'eau qui est plus chaude.
09:02 On ne parle pas des dérogations pour réchauffer, ce qui est déjà un peu scandaleux,
09:04 parce que c'est sorti de la loi.
09:05 Surtout arrêter les réacteurs, c'était les problèmes de corrosion.
09:07 Mais vous arrêtez…
09:08 Juste le temps du fil info, parce qu'il est déjà 8h42.
09:10 C'est vous qui me relancez, monsieur.
09:11 On a beaucoup de choses à discuter avec vous, eurodéputé Europe Écologie-Les Verts.
09:16 8h42, Maureen Suignard.
09:18 Est-ce un coup d'arrêt à la vie politique de Donald Trump ?
09:22 La justice décide de poursuivre au pénal l'ancien président américain, une première.
09:26 L'affaire remonte à 2016.
09:28 Il est soupçonné d'avoir payé une actrice porno pour lequel cache une supposée liaison entre deux.
09:33 100 euros pour les travailleurs modestes, une prime carburant que vous pouvez encore demander face à la flambée des prix de l'énergie.
09:39 Vous avez jusqu'à ce soir pour faire une demande sur le site des impôts.
09:44 80 CRS mobilisés ce matin pour évacuer l'université de Bordeaux-Victoire,
09:48 le site occupé depuis 10 jours par les opposants à la réforme des retraites.
09:53 Hier soir, ce sont des manifestants contre les violences policières qui ont défilé dans de nombreuses villes de France.
09:58 Après la mobilisation de Sainte-Sauline dans les Deux-Sèvres, l'un des deux manifestants gravement blessés la semaine dernière est sorti du coma.
10:06 Le ministre de la Santé va suivre l'avis de la Haute Autorité de Santé, la HAS,
10:10 favorable à la fin de l'obligation vaccinale des professionnels de santé contre le Covid.
10:15 Le vaccin reste efficace pour les personnes fragiles et les soignants,
10:19 rappelle sur France Info Arnaud Robinet, le maire de Reims et président de la Fédération Hospitalière de France.
10:25 * Extrait de France Info *
10:34 Toujours avec Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie, les Verts j'y arrive.
10:39 Le volet agricole du plan Eau, on l'a déjà un peu abordé.
10:42 Effectivement, c'est sans doute celui sur lequel le gouvernement avance le plus prudemment.
10:46 Il y a ce qu'on cultive, comment on cultive...
10:47 Non, il n'avance pas.
10:48 C'est sur lequel il recule rapidement.
10:51 Pour vous, il n'y a aucune avancée dans ce qui a été annoncé hier ?
10:53 Écoutez, c'est clairement mis de côté.
10:55 Qu'est-ce que dit le président de la République ?
10:57 Il dit qu'il faut adapter nos cultures, par exemple.
11:00 Il dit que si on construit des bassines, il faut qu'il y ait des contreparties,
11:04 que les agriculteurs utilisent moins de pesticides et utilisent moins d'eau.
11:07 Et que l'eau bénéficie à plus de personnes.
11:08 On est dans un système qui est totalement dingue aujourd'hui.
11:11 Un, il faut rappeler que 94% de notre agriculture n'est pas irriguée.
11:17 C'est-à-dire que les agriculteurs, les agricultrices,
11:21 travaillent avec l'eau de pluie et le rechargement des nappes phréatiques.
11:25 Le rechargement des nappes phréatiques est mis en cause par la construction des bassines,
11:30 puisque ces bassines vont aller pomper l'eau dans les nappes phréatiques de régions qui sont en déficit d'eau.
11:37 On va en parler, mais l'idée c'est qu'elles en pompent l'hiver, au moment où il y a un trop plein d'eau.
11:41 Oui, mais elles ne rechargent pas.
11:42 Et qu'ensuite on utilise les...
11:43 C'est l'idée.
11:44 Et bien certes, dans ce programme qu'annonce le président Macron,
11:48 il met quelques dizaines, voire centaines de millions d'euros sur la table.
11:52 Il met moins que ce qu'il va mettre dans la construction des bassines,
11:55 parce que ces bassines sont financées à 70% par nos impôts.
12:00 On finance les bassines avec nos impôts.
12:03 Vous savez que sur votre facture d'eau, vous payez une redevance eau.
12:08 La redevance eau, c'est ce qui permet à l'eau d'arriver chez vous,
12:11 et c'est ce qui permet de la traiter.
12:13 70% de cette redevance est payée par les consommateurs privés, les familles,
12:18 qui en utilisent à peu près 20%.
12:20 Les agriculteurs, qui en utilisent 60%, payent 5% de la redevance eau.
12:26 Donc nous participons en permanence à travers nos impôts
12:30 à une agriculture et un système d'irrigation
12:33 qui est totalement incompatible avec le climat,
12:36 totalement incompatible avec la protection...
12:38 Mais alors il faudrait qu'ils payent plus les agriculteurs cette redevance eau ?
12:41 Non.
12:42 Ah bien ?
12:43 Ah bah écoutez, il y a un moment donné, si vous voulez agir,
12:46 c'est marrant de faire la tarification progressive pour les consommateurs,
12:50 mais de laisser ceux qui consomment le plus d'eau,
12:52 parfois de manière irresponsable,
12:55 sont les qui cotisent davantage, sont qui payent davantage.
12:58 Beaucoup d'irrigation est parfaitement acceptable.
13:03 Quand vous faites des légumes, vous avez besoin d'eau, beaucoup moins.
13:06 Mais continuez encore une fois à faire du maïs irrigué
13:11 sur quelques surfaces qui concernent quelques dizaines de producteurs
13:15 et d'accaparer l'eau au détriment des autres paysans,
13:19 au détriment de l'eau potable,
13:21 au détriment dans cette région du Marais-Poitvin,
13:23 au détriment des austriculteurs...
13:25 Vous parlez de sainte-seline dans les Deux-Sèvres en l'occurrence.
13:27 Donc on est dans un système encore une fois qui est aberrant.
13:29 Vous ne croyez pas, Emmanuel Macron,
13:30 quand il dit "elle sera mieux partagée cette ressource,
13:32 ce ne sera plus des bassines pour quelques agriculteurs",
13:34 il faudra penser à inclure plus de monde dans le partage de l'eau ?
13:36 Mais ça c'est du blabla ! Pardonnez-moi, mais c'est du blabla.
13:39 La réalité, c'est qu'aujourd'hui, vous avez y compris,
13:43 ce gouvernement et l'État est en illégalité
13:48 puisque l'État...
13:50 Vous avez une dizaine de bassines
13:52 qui ont été arrêtées par les tribunaux,
13:55 justement parce qu'il y a un problème de dimensionnement,
13:58 il y a un problème de ressources en eau.
14:00 L'État laisse ces bassines continuer à être construites.
14:04 Vous avez des bassines interdites par la loi
14:08 en charante maritime,
14:10 elles fonctionnent aujourd'hui.
14:12 Vous avez vu la retenue d'eau,
14:14 Lac du Cossade, en Lautergaronne,
14:18 où vous avez...
14:20 C'est totalement interdit.
14:22 C'est totalement interdit.
14:24 Le président de la Chambre d'Agriculture a été condamné.
14:27 Vous avez notre secrétaire national qui va dans la région,
14:31 qui est menacé.
14:32 Le président de la Chambre d'Agriculture,
14:35 c'est une chambre consulaire,
14:37 c'est une délégation de services publics.
14:39 Et vous avez les autorités locales,
14:41 ils vous disent quoi ?
14:42 Vous ne devriez pas venir, vous savez,
14:44 il a tout pouvoir.
14:45 Bon là, on s'éloigne du sujet en l'occurrence.
14:47 Non, parce qu'en fait, la réalité,
14:50 c'est que vous avez beaucoup de paysannes et de paysans
14:53 qui sont dans des difficultés majeures,
14:56 qui ne vivent pas de leur métier.
14:59 Et qu'au lieu de soutenir ces paysannes et ces paysans
15:03 qui sont responsables,
15:05 qui voient bien que les pesticides,
15:07 ça tue la biodiversité,
15:08 qui ont envie de faire des produits de qualité
15:10 pour que nous puissions les manger.
15:13 Eh bien ces paysans-là sont mis de côté
15:15 au profit d'une toute petite, d'une minorité,
15:19 très petite minorité de nos agriculteurs
15:22 qui n'en ont rien à faire du climat,
15:24 rien à faire de l'eau, rien à faire...
15:26 Alors que la souveraineté alimentaire,
15:27 on ne convainc pas non plus,
15:28 ce qui est évoqué par le gouvernement en disant
15:29 c'est au nom de la souveraineté alimentaire aussi
15:31 parce qu'on a besoin de produire ce que l'on mange.
15:33 Mais c'est là, en plus, là aussi on aberrant,
15:36 ce maïs irrigué à coût de subvention,
15:40 encore une fois c'est notre argent qui paye l'irrigation.
15:42 Alors dans le cas du marais de Poitou-Vingt,
15:43 il n'y a pas que du maïs,
15:44 il me semble qu'il y a aussi d'autres types de céréales
15:47 qui sont cultivées dans ces rangs.
15:49 Non, non, non, on est sûr, le maïs irrigué,
15:52 encore une fois, c'est une...
15:54 Il y a des maïs qui ne sont pas irrigués.
15:56 Donc je rappelle le problème du maïs,
15:57 ça consomme en fait moins d'eau que le blé par exemple
16:00 ou évidemment le riz.
16:01 En revanche, ça demande de l'eau au pire moment,
16:03 c'est-à-dire en été.
16:04 Ce maïs-là, il faut être très clair,
16:05 on ne le met pas dans notre assiette.
16:07 Non, c'est du maïs qui a des conditions de selveur.
16:09 C'est du maïs pour l'élevage industriel
16:13 qui est nourri en partie avec ce maïs-là,
16:15 en partie avec le soja importé
16:17 qui participe de la déforestation en Amazonie.
16:20 À l'inverse,
16:22 voilà typiquement ce qu'on devrait arriver à faire.
16:24 On devrait arriver à dire,
16:26 plutôt que de faire du maïs
16:27 qui est totalement inadapté aujourd'hui
16:29 aux conditions de production de la Nouvelle-Aquitaine,
16:32 on fait par exemple de l'élevage en herbe.
16:35 Vous savez, une vache, ça pâture, ça mange de l'herbe.
16:38 Donc on contraindrait,
16:40 ou alors on donnerait de l'argent,
16:41 on subventionnerait un certain nombre de productions.
16:43 On accompagne, de toute façon, vous avez 400 millions d'euros.
16:45 On accompagne les agriculteurs
16:47 vers des systèmes qui, là, renforcent notre souveraineté,
16:50 là, permettent à des éleveurs de bien vivre
16:54 et évitent la dégradation.
16:55 Quand vous faites du bio,
16:57 quand vous faites de l'élevage,
16:58 vous protégez les terres
16:59 et vous protégez la ressource en eau.
17:01 Yannick Jadot, est-ce que vous cautionnez l'action radicale
17:04 en matière d'écologie ?
17:05 Je ne sais pas ce que ça veut dire l'action radicale.
17:07 Vous êtes volontairement ambigu.
17:09 Je condamne toutes les violences,
17:11 si c'est la question.
17:12 Est-ce que le jeu en valais, la chandelle, la cinte solide,
17:15 est-ce qu'il fallait défendre coûte que coûte,
17:17 essayer coûte que coûte de se rendre sur ce terrain,
17:19 cette bassine en construction,
17:21 face aux forces de l'ordre ?
17:23 Alors un, j'ai toujours,
17:24 et vous ne me prendrez jamais en défaut,
17:26 condamné toutes les violences.
17:27 Deuxièmement, je veux dire ma peine,
17:32 ma sympathie pour toutes les victimes des violences,
17:35 côté policier comme côté manifestant.
17:38 Troisièmement, dans ce pays,
17:40 on doit réaffirmer le droit de manifester.
17:42 Manifester n'est pas une menace.
17:45 Vous avez de la part de ceux...
17:46 Yannick Jadot, y compris quand on arrive avec des cocktails Molotov.
17:48 J'arrive, j'arrive, j'arrive.
17:49 Yannick Jadot, y compris quand on arrive avec des cocktails Molotov.
17:49 J'arrive, j'arrive, j'arrive.
17:49 Yannick Jadot, y compris quand on arrive avec des cocktails Molotov.
17:49 J'arrive, j'arrive, j'arrive.
17:49 Yannick Jadot, y compris quand on arrive avec des cocktails Molotov.
17:49 J'arrive, j'arrive, j'arrive.
17:54 Quand vous avez un gouvernement,
17:56 vous avez le président de la République.
17:58 Il a parlé de guerre hier.
18:00 Il a dit des milliers de gens étaient simplement venus pour faire la guerre,
18:02 il a parlé de guerre hier.
18:05 Dans différentes interventions,
18:07 quand il a fait son fameux 13 heures sur TF1 et France 2
18:12 pour parler du mouvement social,
18:14 il a parlé de factieux.
18:16 Il avait parlé avant de foule pour parler du mouvement social.
18:20 Vous avez un ministre de l'Intérieur qui parle de terroriste.
18:24 D'éco-terroriste.
18:26 D'éco-terroriste, en oubliant que notre pays a quand même été sérieusement victime du terrorisme,
18:31 ce qui est une insulte aux victimes du terrorisme.
18:33 Ce que je veux dire, c'est qu'il y a de la part de ce gouvernement,
18:37 la volonté, et c'est ce que dit le rapporteur des Nations Unies,
18:40 le rapporteur des Nations Unies qui se penche sur la France.
18:43 Il dit qu'il y a l'organisation par l'État,
18:47 par le gouvernement et le président de la République,
18:50 de contexte de violence.
18:52 Mais il n'y avait pas de factieux violents à Saint-Joly ?
18:55 Je les condamne.
18:57 Et comment on fait face aux factieux violents ?
18:59 Mais quand vous avez un trou,
19:01 c'est un terrain au milieu des champs avec un trou.
19:04 S'il n'y avait pas eu la volonté d'organiser l'affrontement par le ministre de l'Intérieur,
19:10 pendant une semaine, ça va être grave.
19:12 Ils auraient démonté les installations.
19:14 5 millions, l'opération de maintien de l'ordre,
19:18 avec des blessés et peut-être des morts demain.
19:21 Franchement, est-ce qu'on avait besoin de ça ?
19:24 Pour défendre des projets qui sont aberrants.
19:27 Je le répète, on a mis ces...
19:30 Moi, je n'en veux pas aux policiers.
19:32 Les policiers, ils agissent sur ordre.
19:34 Il y en a quelques-uns qu'il faut sanctionner.
19:36 Mais la grande majorité est mise en danger.
19:39 Et mise en danger parce que vous avez une chaîne de commandement,
19:43 avec à sa tête le président Macron et un ministre de l'Intérieur
19:47 qui veulent embraser notre pays.
19:50 Yannick Jadot, 8h50 de CELFI-LINFO, Maureen Suyniard.
19:53 L'inflation ralentit au mois de mars 5,6% sur un an selon l'INSEE,
19:59 qui indique par ailleurs que les prises alimentaires continuent de grimper,
20:03 plus 15,8% sur un an au mois de mars.
20:07 Au lendemain de la présentation par le président du plan eau pour préserver la ressource,
20:11 l'eurodéputé Yannick Jadot dénonce une fuite en avant.
20:14 L'élu Europe Ecologie-Les Verts estime que la pression est mise sur les Français,
20:18 mais pas les professionnels, notamment les agriculteurs, gros consommateurs d'eau.
20:22 Washington se dit extrêmement préoccupé et juge ridicule les accusations de la Russie.
20:28 Un journaliste américain arrêté en Russie vient de passer sa première nuit en prison.
20:32 Il est accusé d'espionnage par Moscou.
20:35 Prudence dans les départements de la Manche et du Pas-de-Calais,
20:38 des rafales pouvant atteindre 120 km/h.
20:41 Vigilance orange au vent violent en cours aujourd'hui.
20:44 Plus de Françaises en Ligue des champions de football, le PSG éliminé par Wolfsburg.
20:49 Les tenantes du titre, les Lyonnaises, quittent aussi la compétition en 8e de finale.
20:53 Et ce soir à 21h en Ligue 1 chez les hommes,
20:56 l'OM affronte Montpellier et va tenter de rester le dauphin du Paris Saint-Germain.
21:01 France Info
21:04 Le 8/30 France Info, Néil Halatrous, Laurence Anechal.
21:09 Toujours avec Annick Jadot, eurodéputée Europe Ecologie et Vert.
21:12 On parlait des violences à Sainte-Sauline.
21:14 Vous avez accusé, juste avant le Fil Info, le gouvernement, la chaîne de commandement.
21:18 Est-ce que vous appelez Gérald Darmanin à démissionner ?
21:21 Oui, oui.
21:23 La stratégie d'affrontement, d'embrasement, elle est organisée au plus haut sommet de l'État.
21:31 C'est une volonté du président de la République.
21:34 De considérer qu'en fait, on est dans un moment de guerre civile
21:38 et qu'à un moment donné, il espère en récupérer le bénéfice politique
21:43 avec une logique de loi et d'ordre.
21:46 Et vous avez des syndicats de police qui disent...
21:48 Cyniquement du cynisme politique ?
21:50 Des syndicats de police qui disent aujourd'hui, ça n'est pas à nous,
21:54 par le maintien de l'ordre, de régler un problème politique et une crise sociale.
22:00 Et c'est le départ de Gérald Darmanin qui règle la situation ?
22:03 Vous avez une approche qui n'est plus républicaine dans notre pays, du maintien de l'ordre.
22:06 Mais donc le ministre de l'Intérieur est un exécutant de la volonté du président de la République.
22:11 Pourquoi ce n'est pas Emmanuel Macron qui est devenu démissionnaire ?
22:13 Mais quand vous avez un ministre de l'Intérieur qui ment ouvertement,
22:17 ouvertement devant les Françaises et les Français,
22:20 qui ment devant la représentation nationale, à l'Assemblée nationale et au Sénat,
22:25 on a un problème majeur de crédibilité et de légitimité politique.
22:29 Donc oui, Gérald Darmanin doit quitter ses fonctions
22:33 parce qu'il n'est pas à la hauteur de la crédibilité que doit avoir un ministre de l'Intérieur
22:39 pour garantir les libertés publiques dans notre pays, y compris le droit de manifester.
22:43 Vous dites qu'il a menti notamment sur l'usage de LBD sur les claves ?
22:45 Il a menti sur l'usage de LBD, il a menti sur les armes de guerre, il a menti sur la Bravem,
22:50 il vient de se faire reprendre par le Conseil d'État
22:53 parce qu'il avait annoncé que participer à une manifestation interdite était un délit.
22:57 C'est faux ! Donc il est dans le mensonge permanent.
23:01 C'est inacceptable en République.
23:03 Je précise qu'il sera auditionné mercredi par l'Assemblée nationale
23:06 sur les techniques de maintien de l'ordre et pour s'expliquer sur les contradictions et les mensonges,
23:11 dit-vous, dit-vous qu'il a mis là les plus complétants.
23:15 Tout le monde condamne la France aujourd'hui sur son maintien de l'ordre qui n'est plus républicain.
23:19 Yannick Jadot, je rappelle, vous êtes eurodéputé.
23:21 Un compromis a été trouvé cette semaine entre la Commission européenne et l'Allemagne
23:24 sur l'interdiction de vendre des voitures neuves équipées de moteurs thermiques à partir de 2035.
23:30 Ce compromis, c'est qu'il y aura finalement une dérogation pour les e-carburants, les carburants de synthèse.
23:34 Est-ce que ça vous convient ?
23:36 Est-ce que finalement ça ne remet pas en cause la fin du moteur thermique
23:38 ou en tout cas l'objectif d'avoir des véhicules qui émettent moins de gaz à épaisseur ?
23:42 On va se battre contre cette dérogation parce que, un, c'est une dérogation,
23:47 ce n'est pas pour les automobilistes normaux, c'est Porsche qui demande ça et Ferrari.
23:54 Donc c'est des gens qui sont prêts à payer 5, 10 fois le prix du carburant pour conserver un moteur thermique.
24:00 Mais ça remet en cause tout ? Parce que les autres constructeurs disent nous de toute façon on est engagés sur l'électrique.
24:05 Heureusement, le signal est envoyé, il est clair.
24:09 Ce que ça remet en cause, c'est que ces carburants de synthèse fonctionnent dans des moteurs thermiques classiques.
24:16 Donc ça peut, au fond, ils pourront aussi utiliser du diesel, ces moteurs thermiques.
24:21 Donc pour une petite minorité de privilégiés, on maintient la perspective du moteur thermique.
24:27 Mais vous savez, je viens d'être désigné rapporteur du Parlement européen sur le CO2 et la pollution des camions.
24:34 On va se battre aussi pour que nos camions, nos bus, nos cars passent au tout électrique, qu'on sorte des carburants fossiles.
24:43 C'est aussi la survie de l'humanité qui en dépend.
24:46 Yannick Jadot, Emmanuel Macron avait promis pendant la présidentielle des voitures électriques en leasing,
24:50 donc en location à 100 euros par mois.
24:52 Ça prend du temps, parce qu'il faut d'abord s'assurer qu'il y a bien une filière industrielle européenne et française,
24:58 dit Pascal Canfin, ancien écologiste, aujourd'hui Renaissance.
25:01 Vous comprenez qu'il faille un temps pour favoriser la filière française ?
25:05 C'est moi qui défends au Parlement européen ce qu'on appelle la préférence géographique pour nos marchés publics.
25:10 Les Américains, vous avez vu, avec leur grand plan de relance, ils vont mettre 370 milliards de dollars dans la transition climatique.
25:17 Ils sont en retard sur nous, sur le climat.
25:19 Mais ils veulent gagner la bataille économique autour de la transition climatique.
25:23 Je n'accepte pas ça.
25:25 Moi, je veux que dans nos marchés publics, on favorise les boîtes européennes.
25:29 C'est ce que demande aussi le gouvernement.
25:31 Non, je suis désolé, il ne le fait pas à Bruxelles.
25:34 Il ne le fait pas à Bruxelles.
25:36 D'ailleurs, le patron du groupe Renaissance au Parlement européen, c'était fin de ses journées,
25:41 n'a pas voté l'amendement que j'avais posé sur le plan de relance européen
25:45 pour qu'on favorise les entreprises européennes sur nos marchés publics.
25:49 En Europe, c'est 1 800 milliards d'euros.
25:52 C'est un levier extraordinaire pour réindustrialiser, relocaliser,
25:57 créer de l'emploi dans notre pays.
25:59 Mais encore une fois, si on mettait en place le leasing maintenant,
26:01 ce seraient des entreprises chinoises qui pourraient en bénéficier.
26:03 Mais justement, favorisons sur nos marchés publics.
26:06 C'est ce que dit le gouvernement.
26:08 Non, mais il ne le fait pas.
26:09 Sauf qu'il ne le défend pas à Bruxelles.
26:11 Il le dit sur votre plateau, mais il ne le défend pas à Bruxelles.
26:14 Donc, il faut le faire rapidement.
26:16 Il faut que nos constructeurs automobiles soient soutenus.
26:19 Parce qu'en Europe, on fait de la réglementation,
26:23 mais on ne fait pas de budget et on ne privilégie pas notre industrie.
26:27 C'est une faute.
26:28 Aujourd'hui, nous allons perdre la bataille économique face aux États-Unis et aux Chines
26:31 si on ne change pas ça.
26:32 Yannick Jadot, merci beaucoup.
26:33 Invité du 8-30.
26:34 Bonne journée à vous.
26:35 Merci.
26:36 [Musique]
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