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  • il y a 3 ans
Les Vraies Voix responsables avec Muriel Benitah, Présidente et co-fondatrice du Salon MedInTechs, Faustine Calvarin, co-fondatrice de Beesk et Sylvain Bersinger, auteur du livre “Entrepreneuses de légende- parties de rien, elles ont fondé un empire”
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##LES_VRAIES_VOIX_RESPONSABLES-2023-03-08##

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News
Transcription
00:00 Sud Radio, les vraies voies qui font bouger la France, 19h20, les vraies voies responsables.
00:06 On est ravis de vous retrouver, les vraies voies responsables spéciales,
00:10 femmes dirigeantes, aujourd'hui, avec au sommaire de cette émission.
00:14 La santé est un bien commun à l'heure où la crise de confiance dans le système de santé en France est à son paroxysme.
00:20 Medintech, le salon de l'innovation médicale, souhaite renouer le dialogue entre les citoyens et les professionnels de santé
00:27 pour mettre l'innovation et la technologie au cœur de la santé de demain.
00:30 Et c'est une entrepreneuse qui a pris cet énorme chantier à bras-le-corps, Muriel Benita.
00:35 Elle est avec nous, présidente et co-fondatrice de ce salon Medintech.
00:39 Elle sera avec nous dans quelques instants.
00:41 Et pour être en bonne santé, il faut bien se nourrir, mais surtout pouvoir se nourrir.
00:45 La France entière a été touchée par les files d'attente devant les banques alimentaires
00:49 ou la hausse de la fréquentation des restos du cœur.
00:52 Plus 20% dans le lot, plus 25% dans le doux, plus 30% dans le Jura.
00:56 Au total, 20% des Français ne s'alimentent pas correctement.
01:00 C'est encore une femme qui a pris le taureau par les cornes en créant la startup Bisc pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
01:07 Faustine Calvarin sera avec nous.
01:09 Et puis en cette journée internationale des droits des femmes, on rendra hommage à quelques entrepreneuses
01:14 illustres dans le monde entier.
01:16 Sylvain Bersinger est avec nous, auteur du livre "Entrepreneuses de légende".
01:19 Parti de rien, ils ont fondé un empire, publié chez Henrik B.
01:24 Et il sera avec nous aussi.
01:26 On vous souhaite la bienvenue. Ce sont les vraies voix responsables.
01:29 Et la population vieillit, le système de soins est en souffrance.
01:35 Renouer le dialogue entre les citoyens et les professionnels de santé,
01:38 c'est l'objectif de cette deuxième édition du Meditech.
01:40 Le salon de l'innovation médicale qui aura lieu à partir du 13 au 14 mars prochain au Parc floral de Paris.
01:47 Et c'est une femme qui a porté cette envie de démocratiser et de réhumaniser la santé.
01:52 Notre invité Muriel Benita est avec nous, présidente et cofondatrice du salon Meditech.
01:56 - Bonsoir. - Bonsoir.
01:58 - Est-ce qu'on a bien résumé ? - Mais superbement bien, j'ai plus rien à dire.
02:01 - Si vous avez plein de choses à dire. - On a encore quelques minutes d'émission.
02:03 - On va d'abord parler de votre carrière, puisque vous venez de la Société Générale,
02:11 à des postes de dirigeante déjà sur l'innovation, sur la communication.
02:15 Comment on passe de la banque à la santé ? Quel est le cheminement ?
02:18 D'abord du salariat et finalement à l'entreprenariat.
02:21 - Et pas du tout dans le même secteur. - Et pas du tout dans le même secteur,
02:24 puisque j'ai commencé par faire beaucoup de finances,
02:26 donc de la finance du marché, des finances mondiales, structurées, donc complexes,
02:29 un peu partout dans le monde, et j'ai enchaîné sur de l'innovation.
02:32 J'ai plongé dans le monde des nouvelles technologies pendant pas mal d'années.
02:36 Ensuite, quand j'ai rejoint la direction de l'innovation du groupe Société Générale en tant que directrice associée,
02:40 je me suis plus plongée encore dans le monde des startups et des liens entre les grands groupes et les startups.
02:46 Et j'ai pu appliquer mon goût pour les nouvelles technologies et l'innovation à fond.
02:51 Et donc j'ai fait une très belle carrière.
02:53 Et savez-vous que faire une très belle carrière, c'est fantastique,
02:56 mais savoir partir sous les applaudissements, c'est encore mieux.
03:01 - C'est très courageux, parce que finalement on est plutôt très à l'aise,
03:05 et on saute dans le grand bain, comme on dit.
03:08 - Exactement. Donc je me suis dit que, après quelques années bien réussies au sein du groupe,
03:14 j'avais envie de me lancer dans l'entreprenariat.
03:17 C'est ce que j'ai fait, notamment avec cette idée qui m'est venue comme une évidence
03:21 de travailler sur la santé, comme quelque chose d'essentiel.
03:24 - Pardon, c'est un domaine que vous connaissiez ou pas du tout ?
03:26 - Alors je le connais parce que je suis entourée de pas mal de monde dans la santé,
03:29 mais j'avais toujours refusé moi de m'y rendre.
03:31 Évidemment, ça m'a rattrapée.
03:33 - Faut pas dire "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau".
03:35 - Exactement, c'est ce dont je me suis rendue compte.
03:37 Mais non, parce que la santé finalement, on est tous concernés.
03:41 On ne peut plus être un simple patient, on doit devenir acteur de notre parcours de soins.
03:46 - Mais quand on a travaillé à la Société Générale,
03:48 on pense "grand groupe pharmaceutique", et on ne va pas les citer, mais il y en a énormément,
03:52 et vous, vous créez un salon. Comment est venue cette idée ?
03:56 - Alors, je suis quelqu'un qui déjà innove pas mal.
04:00 J'avais déjà organisé aussi pour le groupe Société Générale des gros événements,
04:03 qui ont rassemblé 6, puis 10, puis 16 000 personnes.
04:06 C'est là où je suis partie, sur les applaudissements.
04:08 Et c'est donc pour moi une suite logique de dire,
04:11 si on veut parler ensemble de la santé, il faut se rassembler dans un endroit commun.
04:16 On va voir ensemble ce qu'il y a de plus extraordinaire,
04:18 ce sont les innovations en santé, tout ce que la santé a de meilleur à nous offrir.
04:22 - Et quand on n'est pas du serraille, puisque vous n'étiez pas du tout dans la santé,
04:27 vous êtes une femme, quel frein vous avez rencontré
04:29 lorsque vous avez décidé de passer le pas ?
04:32 Est-ce que le milieu de la santé vous a bien accueilli ?
04:36 Comment ça s'est passé ? - Pas du tout.
04:38 - D'accord.
04:39 - Donc déjà, quand... - Monsieur le radio, parlons vrai.
04:42 - Quand je suis arrivée, déjà, on m'a conseillé d'aller voir quelqu'un
04:46 qui allait me donner quelques conseils en matière de développement d'une startup,
04:49 enfin plutôt d'une innovation, telle qu'un salon.
04:53 Et donc, cette personne, en gros, m'a dit, moi je connais des ministres,
04:56 je suis là, je suis là, j'ai déjà tout fait, je connais tout dans la santé, etc.
05:00 Vous, vous connaissez rien, vous n'avez donc aucune chance d'y arriver.
05:02 Je vous le dis en toute bienveillance, mais vraiment, ne vous engagez pas.
05:05 Donc là, quelqu'un d'autre qui est proche de moi m'a dit,
05:09 écoute, je pense qu'au bout de sa vie, toi tu commences la tienne,
05:12 donc vas-y, fonce, et je pense que ce sont les soutiens familiaux
05:15 qui sont, pour moi, un des meilleurs atouts en la matière.
05:18 - Mais en général, on parle par exemple dans les hôpitaux,
05:20 c'est pas les pachas, c'est les grands patrons de services,
05:24 quand on ne vient pas du milieu médical, en général, on vous dit,
05:27 ils ont plutôt de la condescendance, parfois déjà pour ceux qui sont du milieu médical,
05:31 mais quand vous arrivez, femme, et pas issue du milieu médical,
05:33 ils n'ont pas été très sympas avec vous, mais est-ce qu'il n'y a pas eu aussi de la condescendance ?
05:37 - Peut-être, mais ça me met des gaffes.
05:39 Je ne suis pas en train de regarder les obstacles, moi je passe là-dessus.
05:42 Ce qui m'intéresse, c'est de valoriser ceux qui innovent,
05:44 donc les start-up déjà, qui sont ravis de nous voir arriver,
05:47 les écosystèmes qui hébergent les start-up,
05:50 qui elles aussi ont besoin de faire en sorte que tout ce qui est fait soit visible.
05:54 On n'avait pas d'endroit où montrer à tout le monde, à des milliers de personnes, ce qui est fait.
05:59 Donc on y a été reçus comme, ah bah oui, finalement c'est une idée que nous aurions dû avoir,
06:03 donc ça, ça peut susciter quelques réactions, pourquoi pas moi ?
06:06 Pourquoi l'autre ?
06:08 Et en plus, j'ai un avantage quand même, venant de la banque et ne venant pas de la santé,
06:11 l'avantage énorme que je vois, c'est que c'est un autre regard,
06:15 et j'ose entreprendre, et ça ne me dérange pas, moi, de parler d'investissement, ce type de sujet.
06:21 - Ce qui est intéressant du fait que vous ne veniez effectivement pas de la santé,
06:26 c'est ce lien que vous avez créé entre le citoyen,
06:29 qui lui, forcément, ne connaît de la santé que la sienne,
06:33 ou est encore très mal, et plutôt apeuré de ce qui se passe aujourd'hui,
06:38 on parle beaucoup d'innovation, d'objets connectés, de trucs,
06:41 et que vous puissiez, vous, à travers ça, d'abord démocratiser,
06:47 c'est ça que je voulais dire, et vulgariser, peut-être, un langage
06:51 qu'on ne comprend plus chez les médecins, ou en tout cas les personnels de santé.
06:55 - Voilà, en fait, l'innovation c'est formidable,
06:57 mais il faut qu'il y ait une adoption des usages,
07:01 et donc, ceux qui innovent, innover, par définition, souvent dans leur coin,
07:05 et c'est vrai dans tous les domaines.
07:07 Là, on dit, on ne peut plus innover sans mettre au centre, et dans notre réflexion,
07:12 la personne pour laquelle on innove.
07:14 C'est vrai, dans de nombreux domaines, dans la santé, c'est encore plus vrai.
07:17 Donc, les patients eux-mêmes n'ont plus envie qu'on leur pousse des choses,
07:22 ils ont envie d'être acteurs de leur santé.
07:24 Et on est arrivé, donc, avec une texte pour dire,
07:27 vous innovez, faites le savoir, faites surtout en sorte que les nouveaux usages soient adoptés.
07:32 - Oui, c'est ça.
07:33 - L'enjeu de tous ces sujets, c'est l'adoption des nouveaux usages,
07:36 et donc, pour adopter, il faut réussir à provoquer l'émotion.
07:40 Et comment on provoque l'émotion ?
07:42 Par, et le changement, en fait, c'est en montrant.
07:45 - Par des rencontres.
07:46 - L'émotion permet cette adoption, ces changements, qui doivent venir par ces rencontres.
07:51 - On dit souvent qu'il y a un problème de communication entre les médecins et les patients.
07:54 Est-ce que, quelque part, Made in Tech, c'est pas une manière de remettre du contact ?
07:58 - Exact. En fait, aujourd'hui, on ne réussira que tous ensemble, partout.
08:03 Et dans la santé, c'est encore plus vrai.
08:05 Un combat pour la vie, c'est pas du fait du seul médecin.
08:08 Le patient doit être impliqué aussi dans son combat pour vivre mieux, vivre plus longtemps, en bonne santé.
08:14 Et donc, le contact se fait par le fait que ceux qui innovent vont expliquer ce qu'ils font.
08:20 Ils sont ravis de le faire, dans des conférences, dans leurs ateliers, dans les villages que nous avons créés.
08:25 Ils sont ravis de le faire, ils sont ravis de créer ce lien que les récipendiaires de toutes ces actions
08:30 sont heureux d'avoir en direct et de pouvoir échanger avec des experts, les écouter.
08:35 Le savoir, c'est le pouvoir. On rend le pouvoir à tout le monde, comme ça.
08:39 - En tout cas, il y a 6 villages, une trentaine de conférences, 6 villages avec des thématiques différentes.
08:45 Et ce que ça veut dire ? Alors, vous parlez effectivement d'échanges entre les uns et les autres.
08:51 Ce qui est important de dire aussi, c'est que la e-santé, aujourd'hui, va nous permettre, non pas de nous soigner,
08:57 mais aussi d'anticiper ce que nous pourrions éventuellement avoir.
09:01 - Oui, la prévention en santé est essentielle. Made in Texas, c'est aussi vouloir promouvoir la prévention.
09:08 On est pour une médecine préventive et non plus seulement curative.
09:12 Et de la télésurveillance, où quand on va suivre une personne et éviter qu'elle ait une rechute,
09:18 parce qu'on va identifier en amont, grâce aux aidants qui sont autour, la personne elle-même,
09:22 avec des questionnaires, avec un suivi qui n'est pas forcément uniquement lié au digital,
09:27 on va pouvoir anticiper des problèmes futurs et les éviter.
09:32 Et ça fait partie de la prévention. C'est vrai aussi en santé mentale.
09:36 - Oui, bien sûr. - Pouvoir suivre les comportements des individus.
09:39 - Avec l'intelligence artificielle, par exemple, pour la bipolarité.
09:42 - Oui, alors c'est ce que nous sommes en train de découvrir en ce moment.
09:46 Comment, grâce à l'intelligence artificielle, on peut agir et détecter...
09:51 - Et on va parler avec le professeur Gérard Finlander, d'ailleurs, dans une de nos conférences.
09:54 - Détecter et donc agir en amont de dégradations liées à la bipolarité,
10:01 en faisant en sorte que cette dégradation n'ait pas lieu et que l'on traite correctement,
10:05 qu'on accompagne correctement les personnes.
10:07 - Alors on est arrière. Regardez, on a vu aussi APNIL, par exemple,
10:10 dépistage de l'apnée du sommeil, des applications de suivi de l'évolution d'une maladie,
10:14 de la maladie de Parkinson. Ce sont des choses qui, aujourd'hui, peuvent sauver la vie de beaucoup de monde.
10:21 APNIL, ça permet, avec un simple smartphone, de suivre l'évolution du sommeil d'une personne,
10:26 de détecter si elle a de l'apnée ou pas. Et en cas d'apnée, si on ne traite pas,
10:31 il peut y avoir des accidents cardiovasculaires extrêmement graves.
10:34 Et il y a beaucoup de personnes qui font de l'apnée, qui ne le savent pas,
10:38 qui ne savent pas être à l'écoute de leur corps même, parfois,
10:41 qui se disent "j'ai une fatigue pour ci, pour ça, etc."
10:43 Donc on réapprend à être à l'écoute, et en en parlant, en partageant ces nouveaux moyens,
10:48 on va permettre à ces personnes-là de détecter des choses,
10:51 et d'éviter que ça ne s'empire et de les traiter.
10:54 Le but de Medintech, c'est aussi de faire des synergies dans le domaine de la santé,
10:57 par les rencontres qui se font lors du salon entre professionnels ?
11:00 Oui, il y a des startups, il y a des grands groupes, j'ai parlé de ces liens privilégiés qui doivent se créer,
11:04 des partenariats qui ont lieu. On a aussi une soirée spécifique B2B,
11:08 où les startups, les grands groupes, peuvent se rencontrer avec des corporate ventures aussi,
11:13 parler de financement. Donc ce sont des moments privilégiés pour créer ces synergies.
11:17 Pour faire en sorte que ceux qui innovent, échangent leurs innovations avec d'autres,
11:21 et s'enrichissent les uns les autres.
11:23 Un petit mot aussi sur le fait que vous soyez aujourd'hui, depuis 2021, je crois, labellisé ?
11:27 Alors on était déjà l'année dernière sous le patronage de M. Véran,
11:32 qui est assisté à Medintech, ça fait toute la conclusion, j'étais à ses côtés.
11:36 Et là, cette année, on est sous le haut patronage, pour l'année 2023,
11:40 donc le haut patronage du Président de la République.
11:42 Et nous aurons la présence, lundi, du ministre de la Santé et de la Prévention, M. François Brouhane.
11:48 Absolument, et vous allez décerner des trophées aux startups et aux personnalités méritantes,
11:52 dans la e-santé en tout cas. Merci mille fois d'avoir été avec nous.
11:56 Je rappelle que si vous voulez y aller, c'est du 13 au 14 mars prochain,
12:00 c'est au Parc Floral à Paris. L'entrée, on s'inscrit ? Comment ça se passe ?
12:04 L'entrée est gratuite, il suffit de s'inscrire sur notre site,
12:07 ou bien Medintechs.com, et là effectivement, l'entrée est gratuite pour tous.
12:11 Ça c'est une bonne idée. Vous restez avec nous ? Ne partez pas, vous allez profiter,
12:15 puisqu'on va vous apprendre que le gaspillage, aujourd'hui, est vraiment au cœur de nos sociétés.
12:23 On gaspille beaucoup trop, on va en parler avec une jeune femme qui a mis en place,
12:28 qui voulait que ça cesse, justement, l'anti-gaspillage,
12:32 et qui va vous expliquer comment elle a créé un écosystème, justement, pour réduire ses déchets.
12:36 Vous restez avec nous, ou pour mieux les exploiter ? On reste ensemble jusqu'à 20h, à tout de suite.
12:40 Sud Radio, les vraies voies qui font bouger la France. 19h20, les vraies voies responsables.
12:45 Et dans ces vraies voies responsables, on voulait donner la parole, comme on le fait assez régulièrement,
12:49 à des femmes entrepreneuses qui se battent, qui trouvent des idées,
12:52 et qui les développent, et qui les développent avec le brio.
12:56 Et on va vous parler des chiffres du gaspillage alimentaire, qui sont astronomiques.
13:01 10 tonnes à la minute, 1400 tonnes par jour, l'équivalent de 23 millions de repas quotidiens.
13:07 Et pour ce faire, la startup Bisc s'est lancée pour la lutte contre ce gaspillage.
13:12 Et à la tête de cette startup, c'est Faustine Calvaren qui est avec nous.
13:17 Bonsoir. Bienvenue sur Sud Radio. Vous êtes donc la fondatrice.
13:22 C'est toujours la... Alors déjà, je tenais à vous féliciter, puisque vous êtes sélectionnée par Orange
13:27 parmi les 12 femmes entrepreneurs 2023. Donc ça c'est déjà incroyable.
13:33 Bravo. Merci. On parle d'un constat, quelque chose, d'une colère, de voir tout ce gâchis.
13:39 Comment commence votre histoire ? Est-ce que vous étiez déjà dans une autre entreprise ?
13:44 C'est la première. Comment ça commence ? Parce qu'il faut forcément tirer un fil.
13:50 En fait, je pense qu'il y a deux chemins, et ça se porte un peu avec les tripes.
13:54 Je pense qu'il y a le premier, qui est le chemin entrepreneurial,
13:56 où pour ma part, je suis un peu tombée dedans quand j'étais petite, pour rappeler une histoire.
14:02 Je suis sortie d'école, j'ai travaillé dans une start-up, et j'ai trouvé la fondatrice formidable.
14:08 Et il s'avère qu'à ce moment-là, j'ai un ami qui voulait lancer une entreprise,
14:13 et il m'a dit "Faustine, on y va". J'y suis allée, on a commencé dans le garage de ses parents,
14:17 et mes parents n'étaient pas du tout d'accord. L'aventure.
14:21 Et finalement, comme on en parlait tout à l'heure, ces histoires d'entrepreneurs,
14:25 on a toujours des difficultés, des échecs. J'ai eu une division d'associés,
14:29 donc j'ai arrêté, et je me suis dit "je n'y remettrai jamais les pieds".
14:32 Bien évidemment, j'y ai remis les pieds.
14:35 - On revient toujours à Fontaine, je ne boirai pas de ton goût.
14:38 - Exactement. Avec mon mari qui me dit "ça suffit", je lui ai dit "oui".
14:42 Et finalement, conviction personnelle, en 2018, je suis tombée enceinte.
14:48 Parce qu'il y a dans le parcours professionnel des femmes.
14:51 Et en fait, en 2018, j'ai eu deux bébés. J'ai accouché de ma fille, et j'ai créé Hibisque.
14:57 Avec mon associé Fabien. Je viens du milieu de l'agroalimentaire.
15:00 J'étais responsable qualité, j'ai fait des constats graves,
15:04 aussi dramatiques qu'ils sont, et l'enjeu aussi important.
15:09 Et un associé qui était dans le milieu aussi, et en fait on s'est rencontrés,
15:12 et on s'est dit "ok, il faut faire quelque chose".
15:15 - Et depuis 2018, vous avez déjà sauvé plus de 500 tonnes de dorés alimentaires,
15:20 tant de produits bruts que de produits finis.
15:22 Ça fait un paquet de repas, 500 tonnes. Racontez-nous.
15:25 - Complètement. 500 tonnes même annuelles.
15:27 - Oui, c'est ça.
15:28 - 500 tonnes annuelles. Mais effectivement, ça se construit,
15:32 aujourd'hui on a construit une filière alimentaire.
15:34 C'est vraiment de ça dont on parle.
15:36 Pour valoriser les produits qui sont aujourd'hui refusés par les circuits classiques
15:40 pour des petits défauts mineurs.
15:42 Et donc on va racheter ces produits, et les ramener à restauration collective,
15:46 dans une des marges qui est gagnant-gagnante, qui est durable, qui réduit le gaspillage.
15:50 - Alors, pardon, je reviens du début pour qu'on comprenne bien.
15:53 Ces produits, ils viennent des producteurs, généralement vers des supermarchés ou autres,
15:59 et c'est eux qui refusent certains produits, c'est ça ? Comment ça se passe ?
16:02 - Alors, on se situe nous à la racine, avec les producteurs et les industriels.
16:06 Aujourd'hui on ne travaille pas avec, je dirais, la grande distribution.
16:09 C'est vraiment du circuit court.
16:11 On va racheter des produits qui viennent d'être fabriqués,
16:14 mais qui ont un petit défaut, un petit peu trop petit,
16:17 un gramme de moins, un demi-centimètre de haut de différence d'un côté de l'autre.
16:22 Donc des petits défauts mineurs.
16:24 - Ils en faisaient quoi avant ? Avant ils jetaient ?
16:26 - Il y a des voies, dont alimentaire, méthanisation,
16:29 mais en fait des voies, malheureusement, qui tirent le produit vers le bas.
16:32 Nous, ce qu'on veut, c'est retirer le produit vers le haut.
16:34 Et comment on fait ? Eh bien, on le ramène dans la restauration,
16:36 pour que les chefs les cuisinent, et que les convives puissent le manger et s'engager.
16:40 Donc, concrètement, BISC, aujourd'hui, c'est le leader de la distribution alimentaire anti-gaspille,
16:45 dédiée à la restauration.
16:47 Donc, en fait, on travaille avec des crèches, des écoles, des maisons de retraite,
16:51 qui intègrent, qui choisissent d'intégrer ces produits qu'on pourrait appeler moches,
16:55 finalement, comme les fruits et légumes moches qu'on connaît tous,
16:58 d'intégrer ces produits moches dans leur cuisine, dans les repas, pour réduire ce gaspillage.
17:03 - Et c'est pas parce qu'un produit est moche qu'il est pas excellent gustativement, soit dit en passant.
17:06 - Complètement ! Et dans les assiettes, vous verrez qu'une fois que c'est cuisiné, vous ne le saurez même pas.
17:11 - Alors, ce qui est fou, c'est que quand on regarde, vous avez créé deux réseaux,
17:13 donc un de fournisseur, un de client, on va en parler.
17:15 On commence par les fournisseurs, vous avez de tout, et là, je suis tombé de l'armoire.
17:19 Même des producteurs de produits tarnés, viandes et charcuteries et de fromages,
17:23 j'imaginais pas qu'il y ait des jambons ou des fromages qui soient pas beaux. Expliquez-nous !
17:27 - Est-ce que vous avez déjà vu dans les rayons, par exemple, de grandes surfaces,
17:31 vous avez des paquets de jambons ?
17:33 - Oui. - Les tranches de jambon, elles sont toutes à la même taille.
17:36 - C'est vrai. - Très calibrées.
17:37 - Sauf que quand vous taillez un jambon, il y a l'entame.
17:39 - Oui. - Et à l'entame, quand vous taillez, ça fait des tranches plus petites.
17:42 Ou parfois, quand vous taillez, ça fait un petit trou dedans.
17:44 Eh bien, aujourd'hui, on a des cahiers des charges qui font qu'une tranche avec un petit trou, ça ne se vend plus.
17:50 Donc, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?
17:52 On demande aux producteurs de nous le mettre, de nous l'emballer,
17:55 et nous, on va ramener ce produit dans la restauration.
17:58 - Alors, c'est assez étonnant ce que vous dites, parce que je fais couper mon jambon, voilà,
18:04 et la plupart du temps, on m'en donne l'entame.
18:08 C'est-à-dire que c'est du jambon, mais on me l'offre comme si c'était quelque chose de pas...
18:12 - Un rebut ? - Oui, exactement.
18:14 Ce qui est dingue, et à chaque fois, ça me...
18:16 Alors, c'est très sympa, parce que je ne le paye pas,
18:18 mais ce qui prouve bien ce que vous dites,
18:21 c'est qu'on me le donne comme si c'était presque impropre à la consommation.
18:26 - C'est la vision qu'on a, en fait, de ces produits, aujourd'hui,
18:29 bis qu'au-delà de la distribution qu'on a,
18:31 on a une vraie activité de sensibilisation, de communication,
18:34 pour faire changer, en fait, la vision que l'on a de ces produits moches,
18:38 qui, en réalité, sont excellents, ce n'est pas...
18:41 C'est court, ils sont très bons, ce n'est pas plus de travail.
18:45 - Ils sont français ? - Ils sont français.
18:47 Aujourd'hui, on s'est dédiés au territoire français,
18:49 parce que notre filière alimentaire a besoin d'aide.
18:52 - Mais est-ce que ça veut dire que pour les entreprises
18:54 avec lesquelles vous travaillez, pour lesquelles vous rachetez,
18:57 elles gagnent de l'argent, en fait ? Elles perdent moins d'argent, aussi ?
19:01 - Alors, déjà, quand une entreprise, malheureusement, se jette,
19:05 ils payent. Donc, on paye pour des trucs.
19:07 Donc, déjà, il y a un premier point.
19:09 Effectivement, on a décidé, nous, d'aller racheter ces produits
19:12 à un prix qui est convenu ensemble,
19:14 pour que ça ne devienne plus, finalement, quelque chose qu'on paye,
19:16 mais quelque chose qui nous ramène un revenu complémentaire.
19:19 - Alors, c'est incroyable, parce que vous travaillez même...
19:22 Un jambon, c'est un produit naturel, quand même, quelque part,
19:25 comme un fruit ou un légume.
19:26 Vous travaillez même avec un fabricant de cookies,
19:29 moi, je n'imaginais pas qu'il puisse y avoir des cookies
19:31 qui ne soient pas vendables.
19:33 Ça peut se manger dans tous les cas de figure, toi, dit en passant.
19:36 - Cette histoire est géniale, parce qu'en fait,
19:38 les cookies qu'on fait à la maison,
19:40 ils ont le même problème.
19:41 Quand cette entreprise française cuit ses cookies,
19:45 il y en a toujours un qui est collé contre la plaque.
19:47 Ça vous fait un cookie qui n'est pas rond.
19:50 Et ce cookie pas rond, ça ne se vend plus.
19:52 Alors qu'on dirait les cookies de nos grands-mères.
19:54 Donc, finalement, ces cookies, ils nous les mettent de côté,
19:57 parce que nous, on les rachète, et on les ramène dans des écoles.
20:00 Et en plus, avec un intérêt économique.
20:02 Donc, finalement, on a des élèves qu'on sensibilise,
20:04 qui mangent un super cookie français.
20:06 Et en plus, dans ces démarches de réduction du gaspillage.
20:09 - Et avec quel type d'entreprise, aujourd'hui,
20:11 j'imagine que vous faites aujourd'hui, là,
20:14 le fait d'être sur ce radio, peut-être appel à des entreprises
20:16 qui pourraient vous proposer leurs produits ?
20:19 Vous les démarchez ? Comment vous vous organisez ?
20:21 - On a beaucoup d'agriculteurs qui nous écoutent.
20:23 On était, il y a une semaine, au Salon de l'agriculture.
20:25 On peut vous le confirmer.
20:26 - Je suis ravie de l'entendre.
20:27 - Et on les embrasse.
20:28 - Alors, BESK, B-E-S-K.
20:30 Non, ça ne s'écrit pas pareil.
20:33 Oui, effectivement, en fait.
20:35 Aujourd'hui, ça marche aux bouches à oreilles.
20:37 On a commencé en démarchant.
20:39 On commence toujours par là.
20:40 On appelle une entreprise.
20:41 Est-ce que vous avez des produits par hasard
20:43 que vous n'arrivez pas à placer ?
20:45 C'est rigolo parce que c'est tellement tabou qu'au début,
20:47 non, nous, on ne gaspille rien.
20:49 Je suis ravie pour vous.
20:51 Bon, on a peut-être une petite ligne.
20:52 Et quand la confiance est mise en place,
20:53 vous pouvez être sûr que, la semaine d'après,
20:55 on a un fichier avec une quinzaine de lignes.
20:58 Parce qu'il faut que la confiance s'installe
21:00 parce que c'est un sujet tabou,
21:01 qui, parfois, peut être tiré très dans le négatif.
21:03 Alors qu'en fait, il faut le ramener dans le positif.
21:06 Mais ça veut dire que les communes aussi,
21:07 puisque vous parliez de cantines,
21:08 ça veut dire que les communes sont aussi proactives avec vous
21:12 en disant, effectivement, on est dans un circuit court.
21:14 On fait travailler les entreprises locales
21:16 qui vendent aux cantines, qui vendent aux EHPAD.
21:20 Alors, effectivement, ce que je vais appeler
21:22 le marché public, les communes,
21:25 on a démarré avec la restauration collective privée.
21:28 Et là, aujourd'hui, on s'attaque au marché public,
21:31 aux territoires, aux communes,
21:33 pour, effectivement, leur apporter une solution territoriale
21:36 ou pourquoi pas même, à un moment, sourcer en local
21:39 pour leur apporter du local anti-gaspi.
21:41 Mais de toute façon, ce sujet doit être pris en main
21:44 par, je dirais, les communautés,
21:46 puisqu'il est extrêmement important.
21:47 - Vous travaillez avec les restaurants,
21:48 vous faites même des animations,
21:50 vous avez même créé le panier BISC.
21:52 - Oui.
21:53 - Comme on dit en occitan, "quesaco".
21:54 - En fait, c'est qu'aujourd'hui,
21:56 notre clientèle est la restauration collective,
21:58 mais il faut toucher le conviv' et le grand public,
22:00 parce que c'est eux qui feront changer aussi
22:02 les mentalités, notre façon de fonctionner.
22:04 Donc, finalement, ce panier BISC,
22:05 c'est une façon, dans son restaurant d'entreprise,
22:08 de pouvoir aller chercher un petit panier de fruits et légumes
22:10 bio, anti-gaspi, avec un prix très intéressant,
22:13 et de pouvoir rentrer, en fait, chez soi
22:16 avec ce petit panier.
22:17 Donc, c'est, en fait, engager le conviv' aussi,
22:19 lui faire comprendre l'engagement qu'a son restaurant,
22:22 et surtout, lui faire comprendre ce qui se passe,
22:23 en fait, en amont de la filière.
22:24 - Est-ce que ça passe par les enfants, visiblement ?
22:26 Vous parlez des cantines, qui, eux, vont peut-être
22:29 créer cette pédagogie des parents,
22:31 parce que c'est toujours un peu eux qui achètent,
22:33 finalement, une finée.
22:34 - Nos meilleures animations.
22:35 Dans les collèges, en fait, les jeunes sont
22:38 extrêmement sensibles à ce sujet,
22:40 beaucoup plus qu'on ne le pense,
22:42 et en plus, on s'attaque aussi aux lycées hôteliers,
22:44 qui sont en train de former les chefs de demain,
22:47 et donc, on travaille avec des lycées hôteliers
22:49 qui, finalement, rajoutent cette donnée anti-gaspi
22:52 dans les cours, et en plus, on leur apporte
22:54 des produits, les cuisines, et du coup,
22:56 ces futurs chefs savent très bien de quoi ils parlent.
22:58 - Faustine, quand on fait une projection en avant,
23:01 là, on est en 2024, les projections de dire
23:03 qu'on peut réduire le gaspi de combien,
23:06 et dans combien d'années ?
23:07 Si on va, j'imagine que vous avez fait des projections,
23:10 si on va sur votre ligne ?
23:12 - Alors, c'est toujours très difficile à répondre,
23:15 parce que les volumes sont tellement, tellement importants,
23:18 que si on amenait l'anti-gaspi,
23:21 et qu'on prenait 10% du marché
23:23 de la restauration collective française,
23:25 on réduirait à peine 2% du gaspillage français.
23:28 - Mais non !
23:29 - C'est une réalité, et en même temps,
23:31 ces 2% représentent tellement qu'il faut y aller.
23:34 - Oui, il n'y a pas de sujet.
23:36 - Je vais faire une confidence, je suis prêt à lutter
23:38 activement contre le gaspi des cookies,
23:40 mais qu'ils soient ronds, carrés, troncs,
23:42 il n'y a aucun problème, je mettrai ma pierre à l'aiguille.
23:44 - Et pourquoi BISC ? Ça veut dire quoi ?
23:46 - BISC, c'est pour la BISC de Homard,
23:48 qui est un plat presque gastronomique,
23:52 qui est fait à base de morceaux de pain chaud.
23:55 - De porc chelou.
23:56 - Exactement, de produits qu'on ne consommerait pas.
23:58 - En tout cas, ça s'appelle BISC,
24:00 allez voir sur le site internet,
24:02 Faustine Calvara était avec nous, confondatrice de BISC,
24:05 et vous transmettrez nos amitiés à vos associés.
24:08 - Merci beaucoup.
24:09 - Maintenant que vous vous entendez bien avec eux,
24:11 vous restez avec nous,
24:13 Sylvain Bersinger est avec nous,
24:15 et on parlera des entrepreneuses de légende
24:17 dans quelques instants.
24:18 A tout de suite.
24:19 Les vraies voix responsables avec des vraies entrepreneuses,
24:23 et on aime ça, en tout cas, on les a gardées avec nous.
24:26 Muriel Benita est toujours avec nous,
24:28 présidente et confondatrice du salon Made in Tech,
24:30 je le rappelle quand même, du 13 au 14 mars,
24:33 au Parc floral à Paris.
24:35 Et puis, on a gardé aussi Faustine,
24:37 parce que c'est important,
24:38 Faustine Calvara est toujours avec nous,
24:40 confondatrice de BISC,
24:42 qui lutte contre le gaspillage alimentaire,
24:44 et ça c'est une très bonne idée,
24:45 vous pouvez aussi aller voir sur leur site.
24:47 Et puis, un garçon.
24:49 On s'est dit que pour aider Philippe David,
24:51 on allait inviter un garçon,
24:52 on s'est tourné "International des droits des femmes".
24:54 On va conclure avec Sylvain Bersinger,
24:57 qui est avec nous,
24:58 auteur de ce livre "Entrepreneuses de légende,
25:01 parties de rien,
25:02 elles ont fondé un empire publié"
25:04 chez Henrik B.
25:06 On dit bien Henrik B.
25:07 - Oui, c'est ça.
25:08 - En tout cas, on vous souhaite la bienvenue.
25:09 Alors, ce qui est intéressant,
25:11 parce que quand on regarde les livres que vous avez écrits,
25:13 pourquoi ce livre, tout à coup ?
25:15 Qu'est-ce qui a généré chez vous
25:16 l'envie de parler de ces entrepreneuses ?
25:18 - Eh bien, en fait, avec mon éditeur,
25:20 Henrik Barbillon,
25:21 le fondateur de Henrik B,
25:22 on avait déjà publié plusieurs livres
25:24 sur des profils d'entrepreneurs.
25:25 En fait, c'est une série,
25:26 c'est le sixième tome de la série.
25:28 L'idée, à chaque fois,
25:29 c'est d'avoir des sortes de recueils
25:31 de biographies d'entrepreneurs.
25:32 Parce que l'idée est venue un peu spontanément,
25:35 je ne vais pas vous faire tout le film,
25:36 mais j'ai toujours un peu une frustration
25:37 quand je lis une biographie de 500 pages,
25:39 d'avoir l'histoire de la vieille tante
25:41 qui faisait les confitus, etc.
25:43 et le chien qui est mort
25:44 quand il avait 5 ans, etc.
25:45 Enfin, je caricature un peu,
25:46 mais c'est un peu ça.
25:47 - On va droit au but.
25:49 - Voilà, aller droit au but.
25:50 Et là, l'idée, c'est d'avoir, en fait,
25:52 le parcours des plus grands entrepreneurs
25:54 en une quinzaine de pages
25:56 avec vraiment les points essentiels.
25:57 - Vous les divisez donc en quatre thématiques.
25:59 Les entrepreneuses de comestic, de la mode,
26:01 sont les deux premières
26:02 avec des noms mondialement connus.
26:03 Elles ont commencé à rien.
26:04 - Cosmétique, pas comestique.
26:05 - Oui, cosmétique, pardon.
26:06 - Je viens de voir de quoi parle le thésa.
26:08 - Elena Rubinstein, Estée Lauder,
26:11 Elisabeth Arden, Jeanne Lanvin,
26:13 Gabrielle Chanel ou encore Sonia Riquel.
26:15 Alors, on dit que les cosmétiques,
26:17 et là, je l'ai bien prononcé, la beauté,
26:19 c'est peut-être les aspects
26:21 les plus féminins de l'économie.
26:22 C'est le domaine dans lequel
26:23 les femmes ont le mieux réussi ?
26:24 - Alors, oui, c'est vrai que ce qu'on voit
26:26 dans ce livre, c'est qu'en fait,
26:28 il y a quand même beaucoup d'entrepreneuses
26:30 dans les cosmétiques, la beauté,
26:31 la parfumerie, des domaines, en fait,
26:33 assez féminins, quoi.
26:34 On attendrait plutôt des femmes.
26:36 Alors, la manière dont on a choisi
26:38 avec mon éditeur, les entrepreneuses
26:40 dont on a parlé, c'est pas forcément
26:42 une manière très scientifique.
26:43 On a regardé un peu sur Internet,
26:45 on s'est dit, alors quels sont les parcours
26:47 qui nous tapent à l'œil, dont on pense
26:49 qu'ils sont vraiment emblématiques,
26:50 qu'on a envie de raconter.
26:51 Donc, c'est vrai que là, on a une forte
26:53 représentation des femmes dans des secteurs,
26:55 disons, traditionnellement étiquetés
26:56 comme féminins, mais je pense que
26:59 c'est une réalité, c'est-à-dire que
27:00 effectivement, la plupart des entrepreneuses
27:03 qu'on a trouvées étaient dans ces secteurs.
27:04 Ils n'avaient pas dans l'industrie lourde,
27:05 dans l'armement, ou dans des secteurs
27:07 qui sont plus traditionnellement masculins.
27:09 - Est-ce que vous parliez des échecs tout à l'heure ?
27:11 Est-ce qu'il y a beaucoup d'échecs,
27:12 finalement, dans leur parcours, ces femmes ?
27:14 Ou finalement, c'est un démarrage
27:17 et c'était peut-être plus facile avant ?
27:19 - Alors, je pense pas que c'était plus facile avant.
27:22 Non, il y en a qui ont eu des échecs,
27:24 ou en tout cas, des hauts et des bas, disons.
27:27 C'est rarement des trajectoires rectilignes
27:30 où on commence petit et on fait que grandir.
27:32 Il y a souvent des cassures, des difficultés.
27:35 Par exemple, The Body Shop,
27:37 qui a été fondée par Anita Rodic,
27:38 elle avait commencé avec un restaurant,
27:40 avec son mari, un hôtel-restaurant,
27:42 qui n'a pas marché.
27:43 Puis après, un peu par hasard,
27:44 elle s'est mise à faire des cosmétiques bio.
27:46 Oui, on parlait tout à l'heure des rebondisseurs,
27:47 il y a aussi des rebondisseuses.
27:49 Je ne sais pas si le terme existe.
27:51 - Mais ce qui est extraordinaire,
27:52 c'est que ces femmes ont investi,
27:53 sont devenues des entrepreneuses mondialement connues,
27:55 alors qu'en France, une femme a eu le droit
27:57 d'avoir un chéquier à son nom en 1965 seulement.
28:00 Et Gabrielle Chanel ou Jeanne Lanvin
28:02 ont commencé bien avant.
28:03 Expliquez-nous ça, c'est extraordinaire.
28:05 - Oui, Jeanne Lanvin, avant Chanel,
28:08 c'est peut-être un de mes profils préférés du livre,
28:10 parce qu'elle est assez peu connue.
28:12 On connaît la maison Lanvin,
28:13 mais on connaît peu le parcours de Jeanne Lanvin,
28:14 qui a vraiment commencé dans les milieux
28:16 très populaires de Paris,
28:17 qui a commencé dans les maisons de couture,
28:19 vraiment tout en bas de l'échelle,
28:20 avec la petite main qui courait partout
28:22 et qui était un peu la bonne à tout faire, pratiquement.
28:25 Qui a commencé en faisant le ménage et les livraisons,
28:27 et qui petit à petit, très obstinée,
28:29 extrêmement travailleuse,
28:30 qui a réussi à monter les échelons d'abord
28:32 des maisons de couture,
28:33 ensuite de fonder sa propre maison.
28:36 Et c'est vrai que, comme vous le disiez,
28:38 le droit de vote des femmes en France,
28:40 c'est en 1944 ou 1945, je ne sais plus,
28:42 jusqu'à les années 1950,
28:44 pour travailler, pour voter un compte en banque,
28:46 faire l'autorisation du mari, etc.
28:48 Et là, on a des parcours de femmes
28:50 qui ont réussi dans des conditions,
28:53 des environnements sociaux qui peuvent être très difficiles.
28:56 On peut penser à Madame Cécile J. Walker,
28:58 qui est née en Etats-Unis d'ailleurs.
28:59 Netflix en a fait une mini-série
29:01 qui était une fille d'esclave à la fin du 19e siècle,
29:03 qui est née vraiment dans un milieu extrêmement pauvre,
29:05 et qui a fondé sa marque de cosmétiques.
29:07 Donc, qui était une femme noire dans le sud des Etats-Unis,
29:10 qui est confortée de la guerre de sécession.
29:12 Donc, c'était vraiment extrêmement raciste.
29:14 - Mais la série est incroyable.
29:16 - Oui, la série est très intéressante,
29:18 mais je crois que je raconte mieux quand même dans mon livre.
29:20 Le parcours est incroyable.
29:22 Donc, il s'y prête très bien.
29:24 - La poupée Barbie, par exemple.
29:26 - La poupée Barbie, c'est un couple en fait,
29:31 plus qu'une femme seule.
29:33 Il y a dans le livre certains parcours qui en fait sont des couples.
29:36 Par exemple, Zara.
29:37 Zara est confondée par un couple.
29:39 Et Le Bon Marché, les Boussiques...
29:41 - Amancio Ortega et Rosalia Mera, c'est ça.
29:43 - Voilà, sa femme, Rosalia Mera.
29:44 La poupée Barbie, c'est...
29:46 A la base, c'était le mari qui avait une entreprise de plastique,
29:49 qui faisait des objets en plastique,
29:50 et qui avait des chutes de plastique.
29:52 Et sa femme...
29:53 - Antigaspillage.
29:54 - Voilà, c'est un peu ça.
29:55 - C'est un peu le bis quasi-plastique.
29:57 - C'est un peu l'idée.
29:58 Et donc, sa femme a eu l'idée
30:01 qu'elle était plutôt femme au foyer.
30:03 Le mari gagnait tout assez bien sa vie avec sa grosse PME dans le plastique.
30:06 Et d'utiliser ses chutes de plastique pour faire des poupées.
30:09 Des poupées Barbie.
30:10 Et avec l'idée de faire des...
30:11 Alors, ce qui est un peu l'image de la Barbie,
30:13 des femmes sexy.
30:14 Puisqu'avant, les poupées, c'était un peu des gros bébés, un peu chouflus.
30:17 - Oui, les poupards.
30:18 - Et elle s'est dit "Je vais faire une femme sexy",
30:20 qui est d'ailleurs devenue un peu critiquée par les féministes aujourd'hui,
30:22 comme étant un symbole, un peu du modèle que la femme doit suivre.
30:26 Et personne n'y croyait.
30:27 Son mari n'y croyait pas du tout.
30:29 Et elle s'est obstinée.
30:30 Elle s'inspira d'un magazine allemand
30:33 qui avait créé une poupée très sexy
30:37 que les hommes s'offraient, notamment de ville garçon, etc.
30:41 Elle a repris cette idée.
30:42 Et donc, son mari n'y croyait pas, les associés n'y croyaient pas,
30:44 personne n'y croyait.
30:45 Et elle a fini par lancer, avec son mari,
30:48 parce que c'était plutôt l'entreprise de son mari,
30:50 elle a fini par lancer cette poupée aux formes qu'on connaît très sexy.
30:54 Et ça a été là, pour le coup, un carton d'emblée.
30:56 - Oui, c'est incroyable.
30:57 Oui, vous voulez dire un mot ?
30:58 - J'ai une petite question.
30:59 Est-ce qu'à l'époque, il y avait toujours finalement un mari
31:01 derrière une femme entrepreneuse ?
31:03 Est-ce que ça a évolué ou est-ce que pas du tout ?
31:06 - Non, non.
31:07 Il y a beaucoup de profils.
31:08 Il y a certains profils où effectivement c'est des couples.
31:09 - En 40 secondes !
31:10 - Non, non.
31:11 La plupart des profils, c'est des femmes seules.
31:13 Ou des fois, c'est leur mari qui est ensuite à rejoindre le bateau.
31:16 C'était vraiment des aventures féminines.
31:18 - Quand on voit Oprah Winfrey, par exemple, à la télévision,
31:21 qui est quand même l'une des personnalités les plus riches presque des États-Unis,
31:26 c'est un success story incroyable.
31:31 - Oui, qui a commencé d'ailleurs comme journaliste
31:34 et qui ensuite a décliné sa notoriété en une marque, en fait.
31:38 Puisqu'après, elle a fait des émissions, des livres, des magazines.
31:41 Donc, c'est un parcours un petit peu différent.
31:44 - C'est autour d'elle.
31:46 - C'est autour d'elle.
31:47 En fait, elle est devenue sa propre marque et sa propre entreprise.
31:50 Donc, elle a capitalisé sur son succès médiatique
31:53 pour devenir ensuite une entrepreneuse à succès.
31:56 - En tout cas, ça s'appelle "Les entrepreneuses de légendes parties de rien".
32:00 Elles ont fondé des empires.
32:02 Sylvain Bersingette est avec nous.
32:04 Aux éditions Enrique et Bé, on est ravis en tout cas de l'avoir reçu.
32:07 - Un très bon bouquin.
32:08 - Oui, c'est vraiment bien.
32:09 On va le mettre sur les réseaux sociaux parce que c'est vraiment intéressant.
32:12 Et puis, franchement, quand on vous écoute, que ce soit de nos invités ou ces femmes,
32:18 vous êtes très inspirants et ça fait du bien.
32:21 - Dans la suite, il y aura Muriel Benita et Faucine Calvarin.
32:24 - Absolument.
32:25 Moi, j'aime plus le mot.
32:26 - Petite entreprise, c'est vous, Philippe David.
32:28 - Non, mais moi, je ne suis pas une femme.
32:30 - Je ne sais pas ce que je vais faire de vous.
32:32 Je vais vous mettre en tête de gondole et on verra ce qu'on fera de vous.
32:35 Allez, vous restez avec nous en Sud Radio dans un instant.
32:39 C'est Yvon Cujus.
32:40 - Oui, qui reçoit Clara Morgan.
32:41 - Ah, très bien.
32:42 - Et en attendant, conseil de famille Stéphane Moller.
32:45 A demain 17h, Cécile.
32:46 - Salut, à demain.
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