- il y a 3 ans
Une troisième personne vient d'être déclarée guérie de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). C'est le sujet du Talk franceinfo. Tous les soirs à partir de 18 heures, Ludovic Pauchant et ses invités débattent avec les internautes de la chaîne Twitch de franceinfo.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00 Et en fait, après 8 à 10 années, en moyenne, ça dépend des gens, il y a des gens qui font des sida plus tôt, d'autres plus tard.
00:06 Mais après 8 à 10 années d'infection avec le VIH, là le système...
00:12 En fait le VIH quand il entre dans le corps, il se multiplie énormément pendant les premières semaines.
00:17 Et puis il fait des dégâts très importants au niveau du système immunitaire.
00:21 Il abaisse les cellules du système immunitaire, celles qui sont chargées de nous défendre.
00:25 Et puis elles remontent un peu, mais lentement, mais de toute façon elles restent bas.
00:30 Et puis à un moment donné, elles sont trop basses et elles submergent ce qui reste du système immunitaire.
00:35 Et là le système immunitaire, il n'est plus capable de tenir.
00:38 Et il y a des maladies qui arrivent qu'on appelle opportunistes.
00:40 Pourquoi ? Parce qu'elles attendent...
00:42 Enfin, ce ne sont pas des personnages, elles ne sont pas une intelligence, mais on peut faire cette métaphore.
00:47 Quand le système immunitaire est trop bas, ces maladies que normalement on est capable de gérer,
00:52 on rencontre les pathogènes tous les jours, il y en a sur la table, etc.
00:56 On n'a pas de soucis.
00:57 Et il y a des maladies, j'ai cité des gros mots, mais toxoplasmose, tuberculose, certains cancers, etc.
01:04 qui arrivent, qui normalement dans la population générale ne se développent pas.
01:08 Parce qu'on est en permanence en train de le combattre et on le combat très bien.
01:11 Sauf que quand il y a le sida, voilà, paf, elles arrivent, elles prennent le dessus et elles créent...
01:15 Quand on a une de ces maladies, on appelle ça le sida.
01:18 C'est un syndrome, ça veut dire que ça peut être plusieurs maladies différentes.
01:22 La différence entre un virus et un syndrome, c'est-à-dire un pool de maladies possibles.
01:28 Donc pourquoi je disais qu'on pouvait le guérir ?
01:30 Ça veut dire qu'une personne qui arrive avec un système immunitaire très détérioré,
01:35 qui a fait une tuberculose par exemple, c'est une des maladies qui arrive le plus aujourd'hui en France,
01:41 ou même dans le monde,
01:44 et bien à ce moment-là, elle apprend qu'elle a le VIH à l'occasion de sa...
01:48 On lui détecte d'abord en général une tuberculose.
01:50 C'est-à-dire qu'elle est prise en charge pour sa tuberculose, maladie pulmonaire, voilà.
01:53 Et puis à l'hôpital, il se rend compte, voilà.
01:55 - C'est plus compliqué à ce stade.
01:57 - Pour guérir sa tuberculose, alors il y a des médicaments pour la tuberculose,
02:01 mais le meilleur moyen c'est de lui remonter son système immunitaire.
02:04 Comment on fait ? On lui donne un traitement anti-VIH.
02:06 Le VIH va...
02:08 Le traitement anti-VIH va écraser la charge virale,
02:11 enfin la présence du VIH dans le corps.
02:13 Elle ne va pas disparaître, mais elle va l'écraser.
02:15 Les défenses immunitaires vont remonter,
02:18 et le sida va disparaître, parce que le sida, on le qualifie à partir d'un...
02:21 de ces maladies dont je vous ai parlé,
02:23 ou d'un nombre de cellules du système immunitaire.
02:26 C'est ça qui caractérise le sida.
02:28 Donc à ce moment-là, c'est pour ça que je dis qu'on le guérit,
02:30 parce qu'on retrouve,
02:32 même en étant infecté par le VIH,
02:34 on retrouve une capacité à se défendre à peu près soi-même.
02:37 - Florence, vous vouliez ajouter quelque chose ?
02:40 - Oui, c'est effectivement ce que décrit Franck.
02:43 Et parfois, alors évidemment,
02:45 c'est un peu comme les cas de guérison,
02:47 à l'inverse, on a heureusement très peu de cas,
02:49 mais aujourd'hui,
02:51 des personnes peuvent mourir du sida en France,
02:54 parce que justement, elles sont arrivées trop tard dans les soins.
02:57 Un donateur de Sida Action qui m'a effectivement raconté
03:02 que son frère était décédé du sida il y a deux ans,
03:05 à une cinquantaine d'années,
03:06 parce que finalement, il n'avait jamais fait de test.
03:08 Il avait eu quelques alertes,
03:12 mais qui n'ont pas été prises,
03:13 en tout cas comme un signe qui pouvait conduire à un dépistage.
03:16 Peut-être que lui n'a pas souhaité le faire non plus,
03:18 et en fait, avec une ménagerie de fourbroyante,
03:21 il est décédé.
03:22 Et c'est vrai que ces cas, qui heureusement,
03:24 sont maintenant très très prenombreux en France,
03:27 mais ça nous met en colère,
03:29 parce qu'on se dit,
03:30 mais à quel moment finalement,
03:31 cette personne, elle aurait pu finalement faire juste un test,
03:35 et pourquoi elle ne l'a pas fait ?
03:37 Et là, on revient sur la question aussi de discrimination,
03:40 d'avoir peur du résultat de médecins,
03:42 peut-être un moment qui oublie aussi
03:44 que potentiellement,
03:46 ce serait bien de pouvoir faire un test.
03:48 Donc c'est ce qui nous met en colère aujourd'hui,
03:51 c'est de se dire, des situations en tout cas en France,
03:53 qui sont vraiment évitables,
03:55 arrivent encore,
03:56 et même si c'est deux ou trois personnes,
03:57 c'est encore trop.
03:58 - Alors que se faire dépister, c'est super simple,
04:00 c'est gratuit, on peut même s'auto-dépister.
04:02 - Oui, plein d'occasions aujourd'hui
04:04 d'aller vers le dépistage,
04:06 avec effectivement des autotests,
04:08 avec la possibilité maintenant d'aller
04:10 dans n'importe quel laboratoire sans ordonnance,
04:12 et d'avoir accès effectivement à un dépistage du VIH,
04:15 sans avoir à passer par son médecin,
04:17 ou on peut aussi passer par son médecin,
04:19 si on a besoin d'avoir confiance,
04:20 on peut aller dans un centre de dépistage.
04:24 - Ça c'est bien de le répéter,
04:28 on peut aller dans un centre de biologie,
04:31 sans ordonnance,
04:32 - En ville, sans ordonnance, gratuit, sans resta-charge.
04:34 - Et se faire dépister,
04:36 et on a le résultat, je crois, quasi instantané.
04:38 - Oui, assez rapidement,
04:40 je vais vous poser une colle tout d'un coup,
04:42 - Non pas immédiatement,
04:44 - Non pas immédiatement,
04:46 - Il y a des tests comme pour le diabète.
04:48 - Oui, vous avez aussi les autotests,
04:50 où là vous avez un premier résultat,
04:52 mais il faut toujours aller confirmer,
04:54 quelques seuls tests,
04:56 c'est fiable,
04:58 - C'est fiable dans le VIH,
05:00 alors il faut toujours faire un test de confirmation,
05:02 de toute façon, quand il y a un résultat positif,
05:04 ça c'est sûr,
05:06 mais c'est des tests assez fiables,
05:08 nous à Aide, on fait
05:10 beaucoup, ces dernières années,
05:12 on fait entre 15 000
05:14 et plus de 30 000
05:16 tests par an,
05:18 alors on teste aussi, c'est l'occasion
05:20 de tester d'autres pathogènes,
05:22 auxquels les populations
05:24 à quelles on s'adresse peuvent être exposées,
05:26 j'ai parlé tout à l'heure du virus de l'hépatite C,
05:28 qui peut créer des cancers du foie,
05:30 des fibroses, des cirrhoses,
05:32 le virus de l'hépatite B,
05:34 aussi,
05:36 voilà, puis il y a d'autres
05:38 infections sexuellement transmissibles qui arrivent,
05:40 donc on peut proposer une batterie de...
05:42 Il y a aussi des centres de santé sexuelle,
05:44 qui se sont développés
05:46 ces derniers temps,
05:48 il y a ce qu'on appelle des CIGID,
05:50 des centres de dépistage, qui peuvent aussi
05:52 faire des dépistages rapides
05:54 dans tous les départements,
05:56 il y a des centres de santé sexuelle
05:58 qui s'adressent à certaines
06:00 populations très exposées,
06:02 il y a vraiment une offre, vous avez parlé tout à l'heure
06:04 des labos de biologie médicale
06:06 en ville, labos d'analyse classiques,
06:08 sans ordonnance, sans
06:10 carte vitale forcément, sans reste à charge,
06:12 enfin, voilà,
06:14 on peut y aller, et puis
06:16 il y a des autotests en pharmacie,
06:18 mais aussi des associations,
06:20 qui distribuent, nous on distribue des autotests,
06:22 voilà, exactement,
06:24 donc il y a plein de moyens
06:26 de se dépister,
06:28 et le bon calcul,
06:30 c'est de se dépister, et j'ai envie de dire,
06:32 pour des populations qui sont plus exposées
06:34 aux risques, soit
06:36 qu'elles viennent de pays où le VIH est très présent,
06:38 soit qu'elles
06:40 sont dans
06:42 une, voilà,
06:44 sont dans une communauté
06:46 où le virus circule plus,
06:48 je pense aux hommes alliant des relations sexuelles avec des hommes,
06:50 par exemple, etc., bah les recommandations
06:52 de dépistage, c'est pas une fois dans la vie,
06:54 une fois dans la vie, c'est dans la population
06:56 générale, et encore, il vaudrait peut-être mieux le faire plusieurs fois,
06:58 mais... - Une fois tous les mois ou tous les deux mois ?
07:00 - Alors, c'est tous les trois mois,
07:02 quand on a une sexualité active,
07:04 parce qu'il y a plus de risques de
07:06 tomber sur le virus,
07:08 donc voilà, c'est important,
07:10 d'autres populations, ou les usagers
07:14 de drogues parvent intraveineuses, c'est une fois par an,
07:16 etc., donc il faut, le dépistage, c'est bien,
07:18 le dépistage d'autres pathologies,
07:20 ça peut être intéressant,
07:22 parce que voilà, on fait une batterie de tests,
07:24 le dépistage à la maison, c'est pas mal,
07:26 le dépistage gratuit en ville, c'est pas mal,
07:28 et...
07:30 ce qui est important, c'est d'avoir
07:32 plein de solutions, et de trouver
07:34 celles qui nous correspondent, et puis on peut passer
07:36 de l'une à l'autre, voilà, c'est pas gênant,
07:38 aussi, selon le moment où on est,
07:40 ce qu'on fait, enfin, voilà quoi.
07:42 - Alors, depuis longtemps, il existe le traitement post-exposition,
07:44 c'est-à-dire que vous avez une relation sexuelle
07:46 à risque, alors que faites-vous ?
07:48 - On va aux urgences,
07:50 dans les 48 heures.
07:52 Bon, le mieux, c'est plus... - On va faire un peu de pédagogie.
07:54 - Ouais, le mieux, c'est dans les... bon, voilà,
07:56 l'idéal, c'est dans les 4 heures, mais on peut aller jusqu'à 48,
07:58 voire 72 heures. Il faut aller
08:00 au service des urgences,
08:02 il faut pas lâcher le...
08:04 lâcher le morceau, j'ai envie de dire, parce que le service des urgences, on peut attendre
08:06 parfois plusieurs heures,
08:08 donc,
08:10 il faut... voilà,
08:12 il faut pas louper l'opportunité, et en effet,
08:14 si le médecin d'urgence estime
08:16 qu'en effet... alors, il faut savoir qu'il y a
08:18 aussi des critères, bon, c'est-à-dire
08:20 qu'il faut être dans une population peut-être plus exposée,
08:22 etc. On peut aussi aller dans les
08:24 Cégides, C-E-G-I-2-D,
08:26 vous pouvez trouver les coordonnées
08:28 dans votre lieu de résidence, là où vous habitez,
08:30 sur Internet.
08:32 Il y en a dans... il y en a pas
08:34 mal en France, il y en a un peu partout.
08:36 Ou les centres de santé sexuelle, d'approche communautaire,
08:38 ceux de Haïde ou Montpellier,
08:40 voilà, à Paris, il y a le Checkpoint,
08:42 enfin voilà, à Paris, il y a pas mal d'offres.
08:44 C'est...
08:46 c'est important de pouvoir
08:48 faire ces traitements post-exposition, à la base
08:50 c'est aux urgences. Ça va
08:52 s'ouvrir un peu l'année prochaine,
08:54 normalement.
08:56 En France, il y a une stratégie nationale de santé sexuelle,
08:58 vous avez peut-être entendu parler des annonces
09:00 d'Emmanuel Macron il y a quelques semaines sur les préservatifs,
09:02 aussi, les préservatifs gratuits,
09:04 en pharmacie, il y a eu ça aussi.
09:06 Tout ça... - Comment ça arrivait en pharmacie ?
09:08 - Ouais, c'est ça. Comment ça arrivait ?
09:10 Certaines pharmacies l'avaient en janvier, d'autres...
09:12 - Ça a mis un peu de temps. - Voilà. C'est pas...
09:14 On a eu déjà un ou deux millions qui ont été distribués.
09:16 Donc ça marche, c'est bien.
09:18 Après, comme je l'ai dit tout à l'heure,
09:22 si on est un homme ayant des relations sexuelles
09:24 avec des hommes, il faut se questionner sur
09:26 est-ce que le préservatif tout seul est l'outil
09:28 le plus adapté pour moi ? Voilà, mais on peut en discuter avec son pharmacien,
09:30 avec l'UNASSO, voilà, peut-être qu'il y a la PrEP.
09:32 Ça peut être plus
09:34 sécure. - La PrEP, explique
09:36 peut-être, Franck, ce qu'on parle.
09:38 - Alors, la PrEP, j'en ai parlé un peu tout à l'heure,
09:40 c'est un acronyme... - C'est connu dans le milieu gay,
09:42 en général, dans le milieu hétéro, pas tellement.
09:44 - Ouais. - Même quasiment pas. - Ça veut dire
09:46 "prophylaxie", ça veut dire "prévention".
09:48 "Pré-exposition".
09:50 Alors, j'explique chaque mot.
09:52 "Prophylaxie", c'est "prévention".
09:54 C'est un médicament, c'est un cachet
09:56 bleu, pour l'instant.
09:58 Mais bientôt, il y aura peut-être
10:00 des injections qui dureront plusieurs mois.
10:02 Pour l'instant, c'est un comprimé
10:04 à prendre soit en continu,
10:06 un par jour,
10:08 un peu comme les personnes qui vivent avec le VIH,
10:10 c'est des médicaments communs,
10:12 soit autour d'un rapport
10:14 sexuel, c'est-à-dire 2 heures avant
10:16 et puis 24 heures après, 48 heures après,
10:18 voilà, autour d'un rapport sexuel.
10:20 C'est-à-dire un rapport sexuel de samedi, prenez un le vendredi
10:22 soir, voilà, samedi, dimanche.
10:24 Qui vous protège
10:26 quand bien même il n'y aurait pas de capote.
10:28 Ou que la
10:30 capote glisse, ou qu'elle craque.
10:32 Voilà, qui vous protège, c'est un
10:34 médicament, donc diffusion
10:36 dans le sang, dans les organes, voilà.
10:38 Et qui va empêcher,
10:40 s'il y a un virus VIH qui arrive,
10:42 voilà, dans une muqueuse, à un moment donné dans la relation,
10:44 l'empêcher de s'installer,
10:46 de se développer, et de, voilà,
10:48 protéger contre une infection.
10:50 - Est-ce que l'épidémie de Sida est contenue aujourd'hui ?
10:52 - Alors,
10:56 si on
10:58 en parle au niveau mondial,
11:00 non, hein, oui. On sait que
11:02 aujourd'hui on a encore, enfin aujourd'hui...
11:04 - Justement pour dépasser un peu la frontière occidentale.
11:06 - C'est important, et on a vu à quel point ces deux dernières
11:08 années, pardon, les épidémies pouvaient
11:10 ne pas être contenues.
11:12 Ce qu'il faut rappeler, c'est que
11:14 le Sida, en tout cas les Nations
11:16 Unies, avaient mis des objectifs très ambitieux
11:18 sur l'évolution de l'épidémie.
11:20 On prévoyait
11:22 en 2020 de passer en dessous
11:24 de 500 000 nouvelles infections.
11:26 Ça c'était les objectifs donnés par le Sida.
11:28 En 2020 on était plutôt à 1,5 million
11:30 nouvelles infections.
11:32 Donc, effectivement, l'idée d'une épidémie contenue, on voit
11:34 effectivement, on n'est pas du tout dans les objectifs.
11:36 Et ça c'était avant la période Covid.
11:38 C'est-à-dire que déjà, avant la période Covid,
11:40 on était sur des indicateurs qui n'étaient pas très bons
11:42 et qui montraient que, avec
11:44 par ailleurs, entre 600 000 et 700 000
11:46 morts du Sida par an.
11:48 Et je pense que c'est important, on a vu
11:50 aujourd'hui que
11:52 voilà, que les épidémies
11:54 elles sont importantes à prendre au niveau
11:56 global et mondial. Se dire que
11:58 il y a 650 000, pardon,
12:00 personnes qui meurent du Sida aujourd'hui par an,
12:02 il ne faut surtout pas le voir comme quelque chose qui finalement se passe
12:04 ailleurs. Enfin, on est
12:06 de toute façon tous concernés. Il y a parfois
12:08 des résistances aussi qui se développent face
12:10 au traitement. On sait aujourd'hui,
12:12 comme le disait Franck tout à l'heure, qu'on aurait
12:14 des outils pour contenir cette épidémie.
12:16 Donc, on a encore
12:18 aujourd'hui près de 5 000 personnes qui découvrent
12:20 leur séropositivité en France. Donc, effectivement,
12:22 les chiffres sont différents, mais
12:24 on a des chiffres qui ont quand même du mal
12:26 à baisser. Et justement, parce que
12:28 comme le disait Franck, on a des outils
12:30 qui nous permettraient de rêver
12:32 à zéro nouvelle
12:34 infection, en supposant que ce soit atteignable.
12:36 On est encore à 5 000 personnes qui découvrent leur
12:38 séropositivité. Et en tout cas,
12:40 pour moi, non, j'estime que l'épidémie,
12:42 elle n'est pas contenue. On
12:44 tend vers, en tout cas,
12:46 le fait de pouvoir la contenir. Mais
12:48 2030 se rapproche
12:50 et qu'effectivement, si on ne met pas tous les moyens
12:52 pour atteindre ce
12:54 contrôle de l'épidémie,
12:56 on prend déjà du retard.
12:58 - Qu'est-ce qui manque actuellement ? Vous représentez tous les deux,
13:00 deux acteurs majeurs dans la lutte contre le SIDA.
13:02 Qu'est-ce qui manque à vos structures ?
13:04 Vous allez me dire de l'argent, peut-être ?
13:06 - J'allais dire au niveau mondial, peut-être, d'abord,
13:08 puis après on va parler des structures.
13:10 Justement, la volonté politique
13:12 très importante. La volonté politique, ça veut dire aussi...
13:14 - Alors parlons-en,
13:16 parce que, oui, vous touchez à un truc
13:18 qui est important. On a l'impression que
13:20 l'objet politique VIH/SIDA
13:22 intéresse beaucoup moins
13:24 la force de proposition politique.
13:26 C'est beaucoup moins dans le débat.
13:28 - Peut-être parce qu'il y a eu le COVID
13:30 et qu'il y a eu une réorientation de priorité
13:32 du SCOPE... - Mais en pire lurement au COVID, il me semble.
13:34 - Oui, tout à fait.
13:36 - Le COVID a mis un voile sur tout ça,
13:38 mais il a mis un voile sur plein d'autres choses, en réalité.
13:40 Cette invisibilisation, il me semble
13:42 qu'elle est antérieure à l'épidémie COVID.
13:44 - Oui. Alors, ce n'est pas tellement sur l'invisibilisation.
13:46 En tout cas, il y a deux éléments,
13:48 moi, qui me paraissent assez majeurs.
13:50 La volonté politique,
13:52 les discriminations, j'en avais parlé un peu
13:54 tout à l'heure, ça fait le lit
13:56 de l'épidémie,
13:58 et en général des épidémies, d'ailleurs. Toutes.
14:00 Quand on a des discriminations,
14:02 qu'est-ce que font les gens ?
14:04 Ils s'isolent, ils se cachent,
14:06 ils ne veulent pas se faire reconnaître,
14:08 faire dépister, etc. Et donc, ça les éloigne
14:10 du soin. Donc, la volonté politique,
14:12 ça veut dire aussi des lois,
14:14 dans beaucoup de pays,
14:16 des lois homophobes,
14:18 des lois sur
14:20 des personnes qui sont différentes, trans,
14:22 des personnes qui travaillent du sexe,
14:24 ou ils utilisent de la drogue, etc. - Le prêt de la religion, parfois.
14:26 - La religion, donc, il y a
14:28 la discrimination légale. Donc, la volonté politique,
14:30 c'est de faire reculer ces discriminations, qui font le lit
14:32 des épidémies, de beaucoup d'épidémies,
14:34 de beaucoup de problèmes de santé.
14:36 Il y a un autre aspect de la volonté politique,
14:38 c'est celle des moyens.
14:40 Il y a le Fonds mondial de lutte
14:42 contre le VIH, le paludisme,
14:44 la tuberculose.
14:46 La France est un contributeur,
14:48 contributrice,
14:50 et maintient un certain niveau,
14:52 mais ne progresse pas
14:54 assez pour atteindre ses objectifs.
14:56 Et c'est vrai qu'il ne faut pas
14:58 qu'on perde cette mobilisation des pays
15:00 riches, pour soutenir
15:02 aussi des pays qui ont peut-être moins de moyens,
15:04 pour mettre
15:06 en place le dépistage,
15:08 l'accès au traitement, etc. Donc, cette volonté politique,
15:10 elle est un peu à deux niveaux. Elle est sur
15:12 les moyens
15:14 pour la recherche, l'accès au dépistage,
15:16 l'accès au traitement, très important.
15:18 Et puis, il y a aussi
15:20 la volonté politique de ne pas
15:22 rajouter des barrières sociales
15:24 qui font le lit des épidémies,
15:26 les discriminations, les stigmatisations,
15:28 les questions d'accès aux soins. À mon avis,
15:30 il y a certainement d'autres choses, mais
15:32 ces deux éléments-là me paraissent importants.
15:34 - Laurence, vous voulez régler ? - Oui, et on a vu
15:36 dans l'histoire
15:38 à quel point, effectivement,
15:40 les droits des
15:42 personnes, quand ils sont bafoués,
15:44 font le lit de l'épidémie,
15:46 comme tu le disais. Je donne un exemple,
15:48 quand on parle de volonté politique,
15:50 il y a quelques années, Donald Trump
15:52 a décidé d'arrêter le financement
15:54 aux centres de planning familiaux
15:56 qui mettaient en œuvre
15:58 l'avortement, notamment en Afrique.
16:00 Ces centres de planning familial
16:02 faisaient aussi
16:04 de la prévention du VIH.
16:06 Donc, ils ont dû fermer. C'était aussi un
16:08 obstacle. Et on voit bien, au fur et à mesure
16:10 que les droits des femmes se rétrécissent,
16:12 finalement, leur droit
16:14 à une sexualité épanouie,
16:16 à consentir, et avec les moyens
16:18 de prévention adéquates, se rétrécir
16:20 aussi. En Afrique,
16:22 parmi les jeunes,
16:24 notamment les jeunes adolescents,
16:26 c'est quatre jeunes filles
16:28 sur cinq nouvelles infections
16:30 qui sont contaminées.
16:32 Donc, on a aussi un poids important
16:34 sur les jeunes filles, mais aussi sur
16:36 des pays comme la Russie
16:38 qui va criminaliser l'usage de drogues,
16:40 d'autres pays qui vont criminaliser l'homosexualité.
16:42 Et forcément, quand vous vous sentez
16:44 discriminés
16:46 parce que vous êtes
16:48 travaillé du sexe ou autre,
16:50 vous n'allez pas en priorité
16:52 vers les soins.
16:54 Et puis, on a aussi
16:56 clairement, à certains égards,
16:58 quand je parlais
17:00 tout à l'heure de
17:02 non-application de l'éducation à la sexualité
17:04 dans les écoles, si on avait une volonté
17:06 politique pour le faire
17:08 vraiment et l'appliquer,
17:10 je pense qu'on pourrait aussi sérieusement
17:12 avancer.
17:14 - Alors j'ai une question
17:16 qui dit "Je suis un donateur"
17:18 une question très précise,
17:20 mais vous allez pouvoir répondre très précisément.
17:22 "Je suis un donateur depuis des années, mais avec les salaires qui ne suivent pas
17:24 l'inflation, c'est difficile de maintenir les dons.
17:26 Est-ce qu'on a une vision sur l'augmentation
17:28 ou la baisse des dons vers Aids ?"
17:30 C'est un monsieur qui donne plutôt à Aids.
17:32 - Alors moi, je travaille pas
17:34 à la collecte.
17:36 - C'est une bonne manière de s'en sortir.
17:38 - Je veux comprendre.
17:40 - La question c'est quelle place du don par rapport à des gens
17:42 qui auront plus de mal à donner.
17:44 Et comment vous allez pouvoir aussi,
17:46 en deuxième perspective, comment vous allez...
17:48 - C'est hyper important. Une part de nos financements
17:50 vient de
17:52 ressources publiques,
17:54 que ce soit au niveau du ministère de la Santé,
17:56 des agences régionales de santé pour mener
17:58 les actions, etc. Mais pour
18:00 beaucoup d'actions très innovantes,
18:02 par exemple les autotests,
18:04 on en parlait tout à l'heure,
18:06 aujourd'hui, il faut qu'on
18:08 se débrouille. Et l'argent des donateurs
18:10 est très utile pour ça.
18:12 Pour démontrer
18:14 quelque chose, expérimenter
18:16 quelque chose, innover.
18:18 Et puis ensuite, quand ça fait ses preuves,
18:20 que l'argent public peut
18:22 éventuellement venir. Voilà ce que je peux dire.
18:24 Donc le merci d'abord
18:26 à la personne qui s'exprime.
18:28 Donner, c'est aussi
18:30 en fonction de ses moyens, quand on peut.
18:34 Peut-être que j'espère que
18:36 l'inflation c'est bientôt fini, mais à mon avis, c'est pas
18:38 le sujet de l'émission.
18:40 J'espère que ce moment
18:42 difficile va passer pour tout le monde, au-delà de la
18:44 question du don d'ailleurs.
18:46 - La question du don, elle est importante
18:48 et elle...
18:50 A Cide Action, elle constitue 85%
18:52 de notre budget, puisque
18:54 pour le coup, effectivement, avec ces dons,
18:56 on finance des associations et la recherche.
18:58 Et on voit à quel point
19:00 fin mars, on a le
19:02 nouveau week-end du Cide Action.
19:04 Malgré le
19:06 contexte, malgré l'actualité, même l'année dernière,
19:08 quand il y a eu l'Ukraine, le déclenchement
19:10 en tout cas de la guerre, bien sûr, les gens se sont
19:12 beaucoup mobilisés, évidemment, sur
19:14 le conflit en Ukraine. Nous, on a eu
19:16 une baisse de dons un peu après, parce que
19:18 notre émission arrivait juste après. Mais malgré tout,
19:20 les donateurs étaient là.
19:22 Et que les personnes donnent 5 euros par mois
19:24 ou plus, moi je suis assez
19:26 voilà, assez
19:28 épatée
19:30 devant, malgré tout, la mobilisation des personnes.
19:32 Parce que même si elles ne vont pas se mobiliser
19:34 sur la question
19:36 du VIH, elles vont aussi se mobiliser sur la question
19:38 de précarité. Et tout
19:40 ça, d'avoir encore des gens aujourd'hui,
19:42 jeunes et moins jeunes, qui se mobilisent
19:44 et qui donnent 5 euros ou 100 ou 150,
19:46 malgré les efforts derrière
19:48 qu'ils doivent faire pour mettre
19:50 le plein d'essence ou faire
19:52 leur course, moi j'ai envie de rester sur une vision
19:54 optimiste, parce que
19:56 je pense que les personnes en France
19:58 se mobilisent sur plein de causes.
20:00 On ne peut pas toujours se mobiliser sur toutes les causes.
20:02 Et que ces causes-là, je pense
20:04 qu'elles se nourrissent aussi.
20:06 Et tant mieux si
20:08 les personnes donnent pour six actions, pour aide,
20:10 pour aller contre le cancer. Je pense que c'est aussi
20:12 important de favoriser aussi le don de manière générale.
20:14 - Je voudrais ajouter que,
20:16 j'en ai parlé un peu tout à l'heure, mais c'est vrai
20:18 que nous on a une association de lutte contre le VIH,
20:20 historiquement. Mais notre objet social
20:22 a évolué aussi. Il y a aussi
20:24 le fait d'être exposé
20:26 au risque VIH, mais exposé
20:28 aussi à d'autres pathogènes. J'ai parlé
20:30 des infections sexuellement transmissibles, de l'hépatite C,
20:32 de l'hépatite B.
20:34 - Ce sont des portes d'entrée.
20:36 - Il y a quelques mois, on a eu l'épidémie
20:38 de Monkeypox,
20:40 qui peuvent toucher aussi des personnes,
20:42 un peu les mêmes personnes. - Alors justement, à ce propos,
20:44 dans le chat,
20:46 Kyle qui disait
20:48 "En même temps,
20:50 quand on voit le traitement politique de la variole du singe,
20:52 je comprends que pour le VIH, les gens se sentent
20:54 discriminés". - Oui,
20:56 parce que peut-être ça a touché
20:58 plus certaines populations que d'autres.
21:00 - Ça a touché une communauté spécifique, c'est une communauté
21:02 - Tout à fait liée au mode de vie,
21:04 à la sociabilité, aux pratiques.
21:06 Donc c'est vrai qu'il n'y a pas que le risque
21:08 VIH. D'ailleurs, tout à l'heure, quand j'ai parlé de la PrEP,
21:10 j'ai dit "c'est un cachet". C'est un peu résumer les choses.
21:12 En fait, c'est une sorte de package,
21:14 il y a un suivi médical avec des dépistages
21:16 tous les trois mois, des vaccinations
21:18 contre le papillomavirus,
21:20 contre l'hépatite A, contre l'hépatite B.
21:22 Aussi, de
21:24 vérifier tout ça.
21:26 Donc, il y a un package.
21:28 Nous, c'est
21:30 un peu pareil. On s'intéresse historiquement au VIH,
21:32 mais aussi à d'autres problèmes
21:34 de santé qu'on peut prévenir par des vaccinations,
21:36 qu'on peut accompagner. On s'est beaucoup
21:38 investi sur la question du monkeypox,
21:40 notamment sur l'accès à la vaccination,
21:42 son déploiement, etc. Les associations
21:44 LGBTQI+,
21:46 les associations de lutte contre le SIDA,
21:48 ont été en première ligne
21:50 à côté des pouvoirs publics
21:52 pour adapter la réponse
21:54 qui a été mise en place.
21:56 - J'aimerais bien que vous répondiez l'un ou l'autre,
21:58 à Volka, à Schoulle, ceux qui disent
22:00 - on parlait tout à l'heure des dépistages -
22:02 "les urgences vont nous regarder d'un oeil mauvais,
22:04 ça peut se comprendre".
22:06 Volka, non. Les urgences
22:08 ne vont pas vous regarder d'un mauvais oeil.
22:10 Vous allez peut-être pouvoir lui réexpliquer.
22:12 Allez vous faire dépister, c'est bien.
22:14 C'est un message qu'on peut peut-être rappeler à Volka.
22:16 - C'est dur, les urgences.
22:18 Je ne rejette pas la pierre. Quand j'ai dit "on va attendre",
22:20 c'est dans la plupart des cas.
22:22 Je ne sais pas si vous connaissez les services d'urgence d'hôpitaux
22:24 où on passe en un quart d'heure.
22:26 Mais je n'ai pas du tout jeté l'eau propre
22:30 sur les personnes qui travaillent dans les urgences.
22:32 On se connaît la situation de l'hôpital public.
22:34 - Non, non, on a Volka qui dit "en gros, je vais me pointer aux urgences
22:36 pour un dépistage et on va mal me regarder".
22:38 C'est ça qu'elle dit. Ou qu'il dit, pardon.
22:40 - Alors, peut-être, il peut aller au Cégide.
22:42 J'ai dit tout à l'heure, regardez le Cégide
22:44 qui est à côté de...
22:46 à côté.
22:48 Et puis, voilà, c'est parfois même plus, on va dire, convivial
22:52 que d'aller dans un hôpital, peut-être moins impressionnant.
22:54 - Il ne doit pas être un frein au dépistage.
22:56 - Non, mais elle pourra aussi parler plus largement
23:00 si elle le souhaite d'autres...
23:02 Voilà, si elle a d'autres questions sur la sexualité, ce sera plus...
23:04 Alors que les urgences vont traiter la question
23:08 de traitement d'urgence, comme une urgence,
23:10 mais elles ne vont pas avoir une prise en charge globale.
23:12 Ensuite, elles vont renvoyer vers le service d'infectiologie, etc.
23:14 Donc, si la personne a des questions,
23:16 et puis peut-être que si on est exposé à un TPE,
23:18 enfin, si on prend un TPE,
23:20 c'est que peut-être on aurait intérêt à prendre la PrEP,
23:22 très probablement.
23:24 - DG Romanov qui dit "c'est vrai qu'il y a un vrai sujet
23:26 de sérophobie chez certains personnels de santé".
23:28 Alors, ce n'est pas tout à fait faux.
23:30 Ce n'est pas général non plus.
23:32 Ça existe, cependant.
23:34 - Voilà, on y est confrontés.
23:36 Et beaucoup de personnes
23:38 vivant avec le VIH, effectivement,
23:40 ont des situations en tête
23:42 où elles l'ont vécu, je l'ai vécu.
23:44 C'est vrai qu'on parle du personnel de santé
23:46 parce que finalement,
23:48 c'est de leur part qu'on attend
23:50 le moins de discrimination.
23:52 C'est vrai que c'est toujours surprenant,
23:54 effectivement, dans un milieu de santé,
23:56 on se dit "bon voilà, là je peux parler du VIH,
23:58 je n'ai pas de risque d'être discriminé".
24:00 Donc, je pense que c'est pour ça aussi qu'on en parle.
24:02 Parce qu'on se dit "zut, ça devrait être le lieu
24:04 où on ne devrait pas subir de discrimination".
24:06 Après, on découvre aussi
24:08 d'autres situations.
24:10 On parlait tout à l'heure du fait de vivre
24:12 avec le VIH.
24:14 Aujourd'hui, on constate,
24:16 on reçoit des témoignages de personnes
24:18 qui sont dans des EHPAD,
24:20 où là aussi, de nouveau, il faut reprendre à la base
24:22 pour expliquer que non,
24:24 ce n'est pas parce que la personne est séropositive
24:26 que ça représente un risque pour les personnes,
24:28 pour les aides-soignants,
24:30 pour les personnes médicales.
24:32 On voit à quel point, dans tous les milieux,
24:34 on doit à chaque fois rappeler
24:36 le même message.
24:38 Les personnes vivant avec le VIH ne représentent
24:40 pas de danger, sous quelque forme que ce soit.
24:42 Et surtout, quand elles
24:44 savent qu'elles sont séropositives, parce qu'elles sont
24:46 sous traitement et parce qu'il n'y a aucun risque de contamination.
24:48 - On ne se transmet pas
24:50 le VIH quand on s'embrasse,
24:52 quand on partage un verre d'eau, quand on partage une douche,
24:54 quand on fait la vaisselle. - Mais quand on fait l'amour.
24:56 - Pas le moustique. - On est sous traitement,
24:58 et le traitement
25:00 est efficace aujourd'hui en France.
25:02 Il n'y a pas de risque de transmission. C'est vraiment important
25:04 à répéter comme un mantra.
25:06 Et parfois, c'est une réalité
25:08 pour les personnes.
25:10 Et en même temps, c'est aussi
25:12 de se dire que si aujourd'hui, j'apprends
25:14 que j'ai le VIH, certes,
25:16 ce n'est pas une bonne nouvelle,
25:18 mais vraiment, on peut continuer à vivre.
25:20 - Il y a Wendigo qui pose une question qui est intéressante,
25:22 qui demande, lors d'un don du sang,
25:24 est-ce qu'il y a un test de VIH ?
25:26 - Ah oui.
25:28 - Oui, après, oui. - Il y a un questionnaire,
25:30 il y a un test, ensuite il y a un chauffage des lots.
25:32 Il y a plusieurs opérations successives
25:34 qui permettent de garantir la sécurité
25:36 des lots de transfusion.
25:38 - Je crois que la question sous-jacente, c'est
25:40 va-t-on rappeler la personne qui a donné son sang
25:42 pour lui dire qu'elle est infectée ou non, je crois.
25:44 - Je ne sais pas.
25:48 Bonne question.
25:50 Je ne sais pas si... En tout cas, il n'y a pas de test
25:52 préalable. Quand on va donner son sang,
25:54 on a toutes ces questions.
25:56 Mais voilà.
25:58 - Il y a un test sur les lots, pour la sécurité
26:00 transfusionnelle.
26:02 - Oui, l'affaire du sang contaminé.
26:04 - Tout à fait.
26:06 - Une dernière question, peut-être.
26:08 On a des Géromaneufs qui disent "c'est encore compliqué
26:10 d'accéder à un dentiste", pour certains, notamment.
26:12 - On a fait un testing qui avait montré
26:14 ça. Alors, il ne faut pas jeter l'oprop sur tout le monde.
26:16 - Expliquez un petit peu ce que c'est qu'un testing.
26:18 - Un testing, ça a été fait
26:20 à l'entrée des boîtes de nuit,
26:22 pour voir s'il n'y avait pas du racisme.
26:24 - Si on se pointe de manière anonie. - Ou à l'emploi.
26:26 Les CV, si on porte
26:28 un nom qui n'est pas à consonnance très
26:30 français, ça a été fait dans pas mal de
26:32 domaines, pour mettre en
26:34 évidence des discriminations.
26:36 Sans pointer nominativement
26:38 une personne, c'est
26:40 comme une recherche.
26:42 Pour mettre en évidence des phénomènes
26:44 que certains pourraient avoir tendance à minimiser.
26:46 "Mais non, ça n'existe pas, c'est une
26:48 personne, il y a un dysfonctionnement."
26:50 Donc là, c'est pour dire, quand il y a des phénomènes
26:52 qui ont une certaine ampleur,
26:54 ça permet de manière
26:56 assez, si ce n'est scientifique,
26:58 du moins, argumenter, prouver,
27:00 de le mettre en évidence.
27:02 Et c'est vrai qu'il y a peut-être
27:04 encore trop de
27:06 discrimination chez certains soignants.
27:08 Après, il y a aussi, l'histoire du VIH
27:10 a montré un engagement incroyable
27:12 de tout un tas de soignants, pour le dire aussi.
27:14 Je veux dire,
27:16 la création des consultations du soir,
27:18 etc. Ils ont tout inventé
27:20 aussi, pour répondre quand ils n'avaient pas
27:22 de traitement, et que le seul moyen
27:24 c'était de suivre les gens, de les accompagner,
27:26 etc. Donc, il faut mettre en regard,
27:28 il ne s'agit pas d'être trop caricatural
27:30 là-dessus, mais c'est vrai que nous, on se bat
27:32 aujourd'hui pour qu'il n'y ait pas de discrimination,
27:34 notamment dans le
27:36 système de soins. Ça paraît encore plus
27:38 incroyable, on va dire, que
27:40 dans la vie courante, même si tout
27:42 est choquant, d'un certain point de vue, mais dans le système de soins, on se dit
27:44 "Ah bon, on imaginait qu'il y en a à zéro."
27:46 Bah non, ce n'est pas le cas.
27:48 Donc, il faut aussi qu'on discute
27:50 de ça avec les ordres professionnels,
27:52 avec les représentants
27:54 et mettre en place
27:56 des... Voilà, il faut
27:58 informer. La discrimination,
28:00 elle vient aussi souvent de l'ignorance.
28:02 La haine à l'état pur,
28:04 je ne sais pas
28:06 si c'est ça qui est majoritaire, à mon avis,
28:08 non. C'est souvent de l'ignorance et de la peur.
28:10 Et voilà,
28:12 donc refuser une
28:14 personne qui a besoin d'un soin dentaire
28:16 parce qu'on a peur,
28:18 au moins, il faut l'orienter, il faut lui proposer
28:20 un confrère, si vraiment.
28:22 Vous voyez, dans le cas...
28:24 On ne ferme pas la porte
28:26 quand on est un soignant, un serment d'hypocrate,
28:28 etc., on ne ferme pas la porte à quelqu'un qui vient
28:30 chercher une aide médicale. Enfin, il me semble,
28:32 c'est la base de la dentologie médicale.
28:34 Donc, il faut trouver un moyen. Bon, normalement,
28:36 les dentistes, ils n'ont aucun risque, mais
28:38 surtout avec des séropos sous traitement, en plus.
28:40 Et j'ai envie de dire que c'est presque l'inverse,
28:42 c'est-à-dire que le si risque qu'il y avait,
28:44 ça serait plutôt avec les personnes qui ne le savent pas
28:46 qu'elles ont un séropos. Mais les personnes
28:48 séropositives sous traitement,
28:50 doublement aucun risque si le
28:52 dentiste prend les mesures d'hygiène
28:54 universelle recommandées par son
28:56 ordre professionnel, par les
28:58 recommandations médicales. S'il fait bien son boulot, quoi, en gros.
29:00 - Je vois qu'on dépasse un petit peu l'heure.
29:02 Je vous laisse à tous les deux le mot de la fin.
29:04 Qu'est-ce que vous souhaiteriez ajouter
29:06 pour clore l'émission ?
29:08 On peut déborder de quelques minutes, sans problème.
29:10 - Je ne sais pas, dépistons-nous, prépons-nous.
29:12 - C'est vraiment très ramassé.
29:14 - Oui, je pense qu'on a aujourd'hui
29:16 le luxe d'être
29:18 dans un pays où
29:20 on a une diversité
29:22 de moyens de prévention.
29:24 Un peu comme
29:26 les femmes dans la contraception,
29:28 certaines se sentent plus
29:30 à l'aise avec une pilule, d'autres avec
29:32 un stérilet, etc. Aujourd'hui, on peut
29:34 se dire que des personnes vont se sentir
29:36 plus à l'aise avec un préservatif, d'autres
29:38 en utilisant la PrEP. Et le principal, c'est d'utiliser
29:40 un outil de prévention.
29:42 Et que, voilà, quand on est
29:44 sous traitement, on
29:46 reste en bonne santé et on ne transmet plus.
29:48 C'est vrai que je le répète et je le répète encore, mais ça c'est
29:50 important. - C'est bien de le répéter. - Oui, oui, c'est important
29:52 de le répéter et
29:54 de se dire qu'aujourd'hui,
29:56 des personnes devraient pouvoir vivre
29:58 effectivement sereinement avec le VIH.
30:00 - Vous vous rends compte du mot de la fin ?
30:02 - Je l'ai dit, je crois.
30:04 Je suis d'accord avec ce que vient de dire Florence.
30:06 - Alors, chers amis, il est retourné,
30:08 le temps passé, il est l'heure pour moi de libérer
30:10 nos deux invités, que je remercie infiniment
30:12 pour leur réponse et le temps passé avec nous.
30:14 Merci Florence Thune, merci
30:16 Franck Barbier, revenez bien sûr quand vous voulez.
30:18 Merci à Joé, à la programmation,
30:20 merci à Sébastien, à la rédaction en chef,
30:22 merci à Cyril, à la régie,
30:24 bien sûr, merci à vous sur le chat,
30:26 vous qui nous regardez, qui nous interpellez,
30:28 parfois qui nous râlez dessus, souvent,
30:30 mais vous aussi qui posez plein de questions, plein de questions
30:32 intéressantes. On a essayé de répondre à peu près
30:34 à tout, mais on n'a évidemment pas répondu à tout.
30:36 Pardon, vous étiez très très nombreux ce soir.
30:38 Merci pour votre intérêt, merci pour vos questions,
30:40 continuez à les poser.
30:42 Je vous prétends que c'est aussi le vôtre.
30:44 Si vous l'aviez manqué, l'émission de ce soir est déjà disponible
30:46 à la réécoute sur Twitch, bah oui, on va vite.
30:48 Et si vous préférez la réécouter, le podcast
30:50 est dispo sur le site de France Info.
30:52 Le site de France Info, c'est france.tvinfo.fr
30:54 Demain, on va parler de la sécheresse,
30:56 de l'eau qui manque un peu partout en France et qui commence à
30:58 inquiéter les autorités et puis surtout les agriculteurs.
31:00 Ce sera à 18h,
31:02 même endroit, même heure.
31:04 Bonne soirée à toutes et tous, c'est à demain,
31:06 et sortez couverts.
31:08 [Musique]
Commentaires