- il y a 2 mois
Conférence de Karine Jacquemart, directrice générale de l’ONG foodwatch France, autrice de « Les Dangers de notre alimentation - Dérives et conséquences du système agroalimentaire sur nos vies » lors du 4ème Carrefour des Transitions à Ploneour-Lanvern (Finistère) en octobre 2025
Dénoncer, agir et résister : Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch France depuis bientôt 10 ans, a publié aux Editions Payot « Les dangers de notre alimentation : dérives et conséquences du système agroalimentaire sur nos vies ». Un essai qui livre un décryptage sans concession des dérives de notre système alimentaire et propose une invitation à l’action et à la résistance collectives, pour reprendre le pouvoir sur notre alimentation, et ainsi sur nos vies.
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00:00Bonjour à toutes et tous. Je suis ravie d'être avec vous. Il fait très beau,
00:19donc je mesure l'intérêt que vous avez porté au carrefour des transitions d'être là.
00:23Merci pour les transitions. Et je suis ravie de venir vous voir parce que rien ne se passerait,
00:34je vais en reparler, mais rien ne se passerait s'il ne se passait pas beaucoup de choses à l'échelle
00:39locale et à l'échelle humaine et des citoyennes et des citoyens. Et je vois que vous faites plein de
00:43choses. On va en parler parce que j'ai vraiment envie qu'on soit dans l'échange. Donc je vais
00:47commencer par vous parler de Foodwatch et du système agroalimentaire avec un triste constat,
00:54mais aussi plein d'espoir. Mais j'espère aussi qu'on peut échanger. D'abord à tout moment,
00:58n'hésitez pas à m'interrompre pour une clarification, enfin vraiment que ce soit interactif autant que
01:03possible. Et dans tous les cas, après qu'on laisse largement du temps à l'échange, à des questions,
01:08à des expériences et aussi à vous des idées de comment on peut résister et échanger les choses.
01:14Donc moi, je m'appelle Karine Jacquemart. Il se trouve que j'ai décidé il y a plus de 20 ans de
01:20partir dans l'humanitaire parce que je trouvais que les boulots, les autres boulots que je faisais
01:25n'étaient pas très intéressants. Et surtout parce que les injustices m'énervent et mon mécanisme de
01:30survie, c'est l'action. Voilà. Donc je suis partie avec Action contre la faim pendant plusieurs
01:34années. Et puis avec Greenpeace en Afrique, au moment où Greenpeace ouvrait des bureaux en Afrique,
01:40en 2009, très tard. Ça fait partie de ces ONG qui ne sont pas forcément assez implémentés dans les
01:48pays dits du Sud à l'époque. Et donc j'ai eu la chance d'aller ouvrir des bureaux au Congo, mais aussi au
01:54Cameroun, et de venir en soutien des communautés locales dans ces pays-là qui résistaient déjà.
02:00Elles n'attendent pas les ONG, mais c'est important que les ONG viennent en soutien, qui résistaient.
02:05Alors pour protéger les forêts du bassin du Congo, certes parce que c'est le deuxième poumon de la
02:10planète, mais aussi pour protéger les droits des populations contre l'accaparement des terres et pour
02:15leur sécurité alimentaire parce que, et c'est très important, je vois aujourd'hui avec plaisir qu'on le
02:21fait de plus en plus, mais pas encore systématiquement. Or ça doit être systématique parce qu'il n'y aura pas de
02:27justice sociale sans justice environnementale et vice versa. Donc tout est lié, et même, je vais aller plus
02:34loin sur tout est lié, tous les droits fondamentaux sont liés, mais commençons déjà par toujours lier
02:39effectivement la protection des droits humains, la justice sociale et économique et la protection de
02:45l'environnement pour la biodiversité, mais aussi parce que ce sont nos ressources naturelles, y compris
02:49nos ressources naturelles qui nous permettent de produire notre agriculture de demain, à condition de le
02:54faire de façon adaptée, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. On va en reparler. Alors Foodwatch,
03:02donc après tout ça, j'ai rejoint Foodwatch il y a dix ans, je développe donc depuis dix ans Foodwatch
03:06en France, mais aussi je contribue au développement de Foodwatch en Europe. L'histoire de Foodwatch,
03:13c'est que ça a été créé en Allemagne en 2002 par l'ancien directeur international de Greenpeace,
03:18Thilobod. Et en fait, au moment du scandale de la vache folle, début des années 2000, pour vous rappeler,
03:22il y a eu ce scandale, et puis il y a eu des morts même. Et en fait, il s'est dit, à juste titre,
03:27qu'il n'y avait pas d'ONG 100% indépendante comme Greenpeace, mais sur l'alimentation. Donc il a créé
03:33Foodwatch en Allemagne. Et puis rapidement, il s'est rendu compte que 90% de réglementations sur
03:39l'alimentation et l'agriculture, ça se fait à l'échelle européenne, ce qui est une bonne nouvelle,
03:43malgré les difficultés. On peut y revenir aussi. Donc ça ne servait à rien d'être qu'en Allemagne pour avoir
03:48une influence sur les décisions européennes. Donc du coup, il y a eu l'occasion d'ouvrir aux Pays-Bas
03:54en 2009. Il fallait ouvrir en France. Donc il y a 10 ans, du coup, le bureau a été lancé avec ma collègue
04:00Ingrid, qui est toujours dans l'équipe. Et moi, je suis venue pour développer l'équipe et l'association.
04:05Qui a entendu parler de Foodwatch déjà ? On fait du chemin ensemble. C'est normal que le nom,
04:16tout le monde ne le connaisse pas. Je pense que vous avez entendu parler des enquêtes. En fait,
04:20on milite vraiment pour le droit à une alimentation saine, choisie, durable, qui rémunère correctement
04:28les agriculteurs, agricultrices et qui soit abordable pour toutes et tous. Ça veut dire beaucoup de choses,
04:33à commencer par la question de l'alimentation et santé et aussi la question des pesticides et aussi
04:40la question de l'accès économique et de lutter contre la précarité alimentaire. Je vais vous raconter tout
04:44ça après parce que j'ai fini par en faire un livre dont je reverse les droits à l'association. Mais le but
04:49était justement, à force de faire des enquêtes et de publier des enquêtes et faire des campagnes
04:54avec Foodwatch, de montrer à quel point tout est lié et qui contrôle en fait ce système
05:00qui nous amène dans le mur. Je vais vous décrire ça juste après. Et du coup, Foodwatch,
05:04juste un instant pour finir, c'est un contre-pouvoir citoyen 100% indépendant. Donc on prend aucune
05:10subvention publique, aucun nom d'entreprise. C'est les citoyens et les citoyennes qui font des dons,
05:14ce qu'ils peuvent, ce qu'elles peuvent, qui nous permettent d'avoir les moyens d'agir.
05:19Aujourd'hui, on est 11, grosse équipe. J'ai pas envie qu'on soit trop nombreux parce qu'on a aussi
05:24l'agilité du coup d'être petit. Mais on fait des enquêtes. Vous avez entendu parler de, par exemple,
05:29la campagne pour faire interdire les additifs à base de nitrite et nitrate dans le jambon,
05:34le fameux jambon rose. C'est nous qui l'avons lancé. L'enquête sur la shrinkflation, vous savez,
05:38cette réduction de quantité des produits, mais sans baisser le prix, donc qui vous augmente le prix
05:44dans votre dos. C'est nous qui l'avons lancé. Voilà, etc. Et je vais vous raconter d'autres exemples
05:49de campagnes à travers le décryptage. Et encore une fois, dans le bouquin, je vous le dis,
05:55la raison pour laquelle j'ai fait ce bouquin et ce que vous allez y trouver, c'est un, vous réarmer,
06:00vous équiper avec de l'info, de l'info factuelle. Il y a toutes les sources pour justement pouvoir
06:05mener des débats et mener la guerre culturelle contre certains mensonges. Je vais y venir.
06:10Mensonges sur la souveraineté alimentaire. Mensonges sur qui est responsable de la malbouffe
06:15et des maladies qui vont avec. Et deuxièmement, pour vous redonner de l'espoir. Alors je sais,
06:19quand je décris le système au début, ça donne pas trop d'espoir ni de sourire. Mais restez avec moi.
06:25Ne vous inquiétez pas, le but du jeu, c'est que ce n'est pas une fatalité. On va changer tout ça.
06:29Mais pour pouvoir changer ce système, il faut qu'on commence par regarder en face à quoi il ressemble
06:32et qui est responsable de quoi. Ça va ? Toujours avec moi ? On y va ? Ok.
06:41Alors quand on regarde le système, c'est pas joli joli. Il y a ceux qui le vivent, qui le subissent
06:48en fait de plein fouet. Il y a ceux qui le pressentent. Mais en tout cas, factuellement, c'est pas joli.
06:53D'abord, à l'échelle mondiale. Moi, quand j'ai commencé avec Action contre la faim en 2002,
06:58il y avait quasiment 800 millions de personnes qui souffraient de faim dans le monde.
07:04Aujourd'hui, en 2025, il y a à peu près 800 millions de personnes qui souffrent de faim dans le monde.
07:10Donc on n'a rien résolu. Et déjà, de base, on sait depuis des années, c'est largement documenté,
07:16que c'est pas une fatalité. D'accord ? Donc déjà, c'est politique. La faim, c'est politique.
07:21La faim, c'est parce qu'il y a une mauvaise répartition de la production, des richesses, de tout.
07:26Je vais y revenir. Mais il y a encore pire que ça. C'est que non seulement on n'a pas répondu à la question de la faim,
07:32mais il y a une autre courbe qui l'a totalement dépassée et qui l'explose,
07:36et qui aujourd'hui est quasiment à trois fois plus que ce chiffre de la faim,
07:39c'est le surpoids et l'obésité. Ça veut dire qu'on est dans un système mondial
07:46où l'alimentation industrielle, en tout cas une partie, trop grosse partie de cette alimentation industrielle,
07:53crée des maladies chroniques. On sait que sur ce qu'on appelle les maladies chroniques,
07:58l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, parle d'une épidémie.
08:02On sait aussi que l'alimentation n'est pas la seule cause, bien sûr,
08:06mais on sait qu'elle est une des causes principales.
08:07Comment on en arrive là ?
08:10Alors ce que je vais faire, c'est vous amener avec moi sur un zoom sur ce qui se passe en France.
08:15En France, où en plus, on est quand même dans un des pays les plus riches du monde,
08:19quoi qu'on veuille nous faire croire, encore un mensonge,
08:22et on a largement les moyens de le faire autrement.
08:24Donc ce que je vais vous raconter sur la France illustre ce qui se passe aussi dans notre région.
08:29Mais au moins on va regarder chez nous quelques chiffres pour y voir clair.
08:32Le constat en France, c'est qu'on a un agriculteur et une agricultrice sur six qui vit en dessous du seuil de pauvreté.
08:47A l'autre bout de la chaîne, on a plus de 10 millions de personnes qui sont confrontées à la précarité alimentaire.
08:54Je dis plus de 10 millions parce qu'ils ne sont même pas bien mesurés.
08:56Qui s'intéresse à mesurer les gens dans la précarité alimentaire ?
08:59C'est largement plus de 10 millions, d'après tous les chiffres et tous les indicateurs.
09:04C'est inacceptable.
09:05Et au milieu, on a quelques dizaines de multinationales de l'industrie agroalimentaire.
09:12Et on a cette grande distribution.
09:13La grande distribution, aujourd'hui, c'est 70% des achats alimentaires en France qui sont faits dans les supermarchés.
09:20Et 5 des plus grandes enseignes contrôlent 80% du marché.
09:24Ça veut dire quoi ?
09:26Ça veut dire qu'on a quelques entreprises qui décident, pour tout le monde, en tout cas pour 70% des achats alimentaires,
09:34qu'est-ce qui va être disponible ou pas dans les rayons, avec quelle qualité ou pas, à quel prix.
09:42C'est fou en fait.
09:44Parce que l'alimentation, on est d'accord, c'est la vie en fait, c'est vital.
09:48Eh bien, ça veut dire que ce sont quelques entreprises, sous le regard complices, c'est plus que complaisant là,
09:55c'est carrément complices de l'État, et je vais revenir sur pourquoi,
10:00décident en fait de ce qu'ils mènent dans les rayons.
10:02Donc 70% de produits être à transformer.
10:05Et quand on a, à chaque fois qu'on creuse, parce que je ne peux pas faire une étude systémique,
10:08mais d'ailleurs je les appelle, à chaque fois que je fais ce genre de démonstration,
10:12je les appelle de mes voeux à ce qu'on se rencontre, et qu'ils démontrent le contraire,
10:15ou qu'ils mettent en place des choses, d'ailleurs on a des pétitions pour ça,
10:19et en fait on se rend compte que ce sont eux, par leur choix économique,
10:24qui privent des millions de gens d'un droit fondamental, qui est l'accès à une alimentation saine.
10:30Pourquoi je dis ça ?
10:32Quatre exemples rapidement, mais on a un peu de temps aujourd'hui, donc si vous voulez bien, je vous amène.
10:36Premier exemple, fin 2023, vous vous rappelez, plus de 20% d'augmentation des prix alimentaires,
10:42une inflation vraiment exceptionnelle,
10:44et du coup des millions de gens qui ont de plus en plus de difficultés à s'alimenter,
10:49je ne parle même pas de qualité, enfin vraiment à s'alimenter,
10:52et encore plus grave d'un point de vue qualitatif.
10:56On soupçonnait des profiteurs de l'inflation.
11:00Vous vous rappelez, sur les plateaux télé, il y avait notre ami local,
11:04Michel Hédor Leclerc et ses congénères des autres d'intermarché supérieur et compagnie,
11:09qui étaient sur tous les plateaux télé pour dire, alors nous on ne profite pas de l'inflation,
11:12vraiment, nous on est des gentils, on est des alliés des consommateurs,
11:15en revanche, l'industrie agroalimentaire, c'est eux qui profitent.
11:18Et puis on avait l'ANIA, le lobby de l'industrie agroalimentaire,
11:22et quelques grandes marques, les Nestlé et compagnie,
11:25je pense que je vais prononcer le mot de Nestlé un certain nombre de fois aujourd'hui,
11:28vous ne serez pas surpris,
11:29qui, eux, étaient aussi sur les plateaux télé pour dire,
11:32alors nous vraiment, on ne profite pas de l'inflation, c'est la grande distribution.
11:36Et c'est un jeu de dupes en permanence, vous les voyez, en fait, ils n'arrêtent pas de faire ça.
11:40Donc ce qu'on a fait, c'est qu'on a creusé un peu,
11:42moi j'ai embauché une économiste pendant six mois,
11:45j'ai passé beaucoup de week-ends à essayer de comprendre ce qu'elle m'a raconté,
11:49parce que j'ai fait une école de commerce, mais enfin quand même, je ne suis pas économiste.
11:51Mais avant, je me suis accrochée pour vérifier avec d'autres économistes,
11:54parce que ce n'est pas facile d'aller trouver, en fait, à quel moment ils montent.
12:00Et en fait, ce qu'on a trouvé, vous pouvez le voir sur le site de foodwatch.fr,
12:04sur la rubrique presse, il y a toujours le communiqué de presse de novembre 2023,
12:08où on a mis toutes les sources.
12:10Et en fait, ce qu'on a trouvé, c'est que, un, il y a clairement un problème d'opacité
12:14sur les prix et les marges que prennent les uns et les autres.
12:18Donc on a lancé une pétition pour demander plus de transparence sur ces marges
12:22et un encadrement sur les marges et les prix des produits les plus fins.
12:26Et deux, à chaque fois qu'on checkait le peu d'informations disponibles,
12:31en fait, on a démontré assez facilement que,
12:33et l'industrie agroalimentaire, et la grande distribution, profiter de l'inflation.
12:36Quand je dis profiter, c'est qu'en fait, il y avait deux problèmes.
12:40Une tendance à augmenter les prix au-delà de l'augmentation des coûts de production,
12:45parce que, moi, je vous parle de trucs sérieux.
12:47Comme je leur dis toujours, on ne demande pas la Lune, et tout est vérifié.
12:51Donc, bien sûr qu'il faut le dire de façon lucide.
12:54À l'époque, il est vrai qu'il y avait une augmentation des coûts de production
12:57parce qu'une augmentation des coûts de l'énergie,
12:59parce que spéculation aussi sur certaines céréales, qui est un problème par ailleurs.
13:02Et donc, il est vrai qu'il y avait une augmentation des coûts de production.
13:06Ce n'est pas ça qu'on leur reprochait.
13:08Mais, en l'occurrence, il y avait une augmentation des prix
13:10au-delà de l'augmentation des coûts de production.
13:14Et ce n'est pas moi, avec mon économiste, qui avons démontré tout ça toute seule.
13:18Même la Banque Centrale Européenne,
13:19le FMI et la Cour des Comptes en France, avaient alerté.
13:26Alors, quand la Banque Centrale Européenne et la Cour des Comptes alertent,
13:29ce n'est pas des gros lanceurs d'alerte.
13:30On est d'accord ?
13:31Donc, ça veut dire quand même qu'il y a un vrai problème derrière.
13:35Sinon, en général, ils ne disent rien.
13:37Donc, un, profiteur de l'inflation.
13:40Deux, une tendance à surmarger sur les produits bio et sains.
13:45Et en fait, quand la grande distribution, aujourd'hui,
13:48vous bassine dans les pubs pour dire que c'est les alliés des consommateurs
13:53et que c'est grâce à eux que les consommateurs ont accès à des produits pas chers.
13:59Eh bien, avec Foodwatch, on a fait deux enquêtes ces derniers mois.
14:02Pareil, que vous pouvez trouver sur le site.
14:04La première, sur le sucre.
14:06On a enquêté sur 12 catégories de produits.
14:08Déjà, il y a trop de sucre ajouté partout.
14:10D'accord ?
14:11Et vous allez le trouver sous 30 noms différents dans la liste d'ingrédients.
14:14Donc, méfiance.
14:15Même dans les légumes.
14:17Même dans les boîtes de conserve de petits pois.
14:19Quand on est content de se dire,
14:20ah, je vais enfin acheter un peu de légumes.
14:23Il y a du sucre ajouté dans beaucoup de produits.
14:25Donc, surveiller, surveiller, surveiller.
14:26Ça, c'est pas normal.
14:27C'est une première bataille.
14:29Mais ensuite, on a regardé 12 catégories de produits.
14:32On a comparé la quantité moyenne de sucre des 5 produits les moins chers
14:36par rapport aux 5 produits les plus chers dans chaque catégorie.
14:39Eh bien, dans les 12 catégories,
14:41les produits les moins chers étaient plus sucrés que les produits les plus chers.
14:45Super.
14:46Autre enquête.
14:47On a regardé 1000 promotions en supermarché.
14:49Différentes enseignes.
14:51Sur les 1000 promotions,
14:52avec d'autres associations, on a fait ça.
14:53On a bien travaillé en collaboratif.
14:55Il faut qu'on se serre les coudes.
14:55Sur les 1000 promotions, 66%, les deux tiers,
15:00concernaient des produits contraires aux recommandations de santé publique.
15:04J'ai bien dit contraire.
15:06Parce qu'il existe un truc formidable qui s'appelle le PNNS,
15:09le Programme National Nutrition Santé,
15:12qui fait des recommandations de santé publique indépendantes,
15:14avec nos super scientifiques qui bossent de façon indépendante,
15:17et qui font trois recommandations.
15:20Les aliments à consommer davantage,
15:22les aliments vers lesquels aller,
15:25et ceux pour lesquels il faut réduire la consommation,
15:27parce que ça a un effet délétère sur la santé.
15:3066% des promotions sont des produits contraires à la santé publique.
15:35D'accord ?
15:36Tout ça, c'est des exemples pour vous dire,
15:38quand ils prétendent être les alliés des consommateurs,
15:41et en disant,
15:42ben voilà, on va vous donner accès à des produits pas chers,
15:44vous inquiétez pas.
15:44En fait, on n'a pas le choix dans les supermarchés
15:48que ce qu'il y a dans les rayons.
15:50Déjà, un, c'est le règne de la désinformation,
15:52c'est pour ça qu'on a une campagne qui s'appelle
15:53Arnaque sur l'étiquette.
15:54Autant vous dire qu'il suffit de se pencher dans les rayons
15:57pour en trouver.
15:58D'ailleurs, pareil, il y a plein d'exemples sur le site.
16:01Mais en plus, quand on a un budget limité,
16:05ben on a encore moins le choix.
16:07Et je vous donne un dernier exemple,
16:09nos fameux nitrites.
16:10Donc je vous raconte dans le bouquin
16:12la saga des nitrites,
16:13avec toutes les stratégies nitrites,
16:16nitriscore, glyphosate,
16:17je vous raconte toutes les stratégies des lobbies
16:18auxquelles on a été confrontés.
16:20Et la saga des nitrites,
16:21vous avez toutes et tous vu dans les supermarchés
16:23des fameux jambons sans nitrites.
16:26N'est-ce pas ?
16:27Mais vous avez aussi vu
16:29qu'il y a encore des jambons avec nitrites.
16:31Et en fait, on a lancé une pétition
16:34avec la Ligue contre le cancer et UCA fin 2019,
16:37qui a été signée par plus de 600 000 personnes en France.
16:40Donc autant vous dire qu'ils le sont passés dans les ministères.
16:42Ça, je le sais, je l'ai entendu dire.
16:44Mais il faut encore pousser.
16:45C'est nécessaire, mais pas suffisant.
16:47Parce que le lobby de la charcuterie
16:48a bloqué le projet de loi
16:50pour pouvoir interdire ces additifs,
16:52alors que les études scientifiques montrent
16:55que c'est dangereux pour la santé,
16:56et que l'industrie sait faire autrement.
16:59Et qu'est-ce qui s'est passé ?
17:01Il s'est passé en fait que
17:02ce lobby de la charcuterie
17:05préfère garder un marché à deux vitesses.
17:07Quand je vous dis que c'est eux
17:08qui font la pluie et le bouton
17:09et qui décident de ce qu'il y a dans les rayons,
17:11c'est-à-dire qu'en bloquant une loi,
17:14ça leur permet de vendre des produits sans nitrites,
17:17parce qu'ils ont bien compris qu'il y avait un problème
17:18et qu'il y avait des clients,
17:20mais souvent plus chers.
17:22Et si vous avez un budget limité,
17:24vous allez vous retrouver avec les produits
17:26toujours avec ces additifs,
17:27parce qu'ils ne sont toujours pas interdits,
17:29et du coup, avec un risque de cancer colorectal supérieur.
17:33Voilà.
17:34Donc ça, c'était juste pour dire,
17:36il faut absolument continuer à enquêter,
17:39à se mobiliser,
17:41à mettre le doigt sur les responsables de ce système.
17:44D'accord ?
17:45D'autant plus que,
17:46pourquoi j'ai commencé par eux ?
17:48Parce qu'il faut contrer,
17:49c'est une guerre culturelle quelque part,
17:51dans les débats avec tout le monde,
17:53dans la compréhension qu'on a des choses, etc.
17:55Il faut contrer le discours qui consiste à nous diviser pour mieux régner.
18:00Moi, je dis souvent en ce moment,
18:02il faut résister, réconcilier, réinventer.
18:05Je vous promets, je vais arriver à réinventer avec l'espoir après.
18:07Je n'ai pas oublié.
18:09Mais il faut aussi réconcilier.
18:11Pourquoi ?
18:12Vous l'avez entendu comme moi,
18:14cette petite musique de,
18:16les consommateurs, ce qu'ils veulent,
18:17c'est des produits pas chers.
18:17Et d'ailleurs, c'est quand même un peu leur faute.
18:21Si les agriculteurs sont mal rémunérés, non ?
18:24Parce que s'ils étaient prêts à payer un peu plus cher leur alimentation,
18:27les agriculteurs seraient mieux rémunérés.
18:30Alors ça, on arrête tout de suite.
18:31Vraiment, c'est insupportable.
18:33C'est-à-dire qu'on a des décideurs politiques
18:37qui refusent d'interdire les nitrites,
18:40qui refusent, alors qu'on se bat depuis des années,
18:42d'encadrer le marketing qui cible les enfants
18:44pour les produits trop gras, trop sucrés, trop salés.
18:46En gros, qui refusent de protéger la santé publique
18:49et les agriculteurs, on va y revenir.
18:52Tout ça pour faire quoi ?
18:53Tout ça pour protéger des entreprises
18:55à qui il ne faut surtout pas mettre de contraintes,
18:59mais juste se contenter d'engagement volontaire,
19:01ce qui ne sert à rien,
19:02puisqu'il n'y a pas de contrôle, pas de sanction,
19:04et qu'on ne peut pas s'y retrouver dans la jungle
19:05des engagements volontaires.
19:07Mais quand même, ce n'est pas eux qui sont responsables,
19:10c'est chacune d'entre vous, et moi.
19:12Parce que c'est les individus, quand même.
19:15Ben oui, si on fait attention à ce qu'on achète.
19:19Sauf qu'on ne nous laisse pas le choix,
19:21et très peu le choix.
19:22Et que quand je dis qu'il y a 70% des achats
19:24dans les supermarchés,
19:26ce n'est pas que les gens sont suffisamment,
19:29on va dire, irréfléchis
19:30pour ne pas vouloir aller aux petits producteurs locaux.
19:34C'est que même dans l'organisation du territoire
19:37et dans la suppression des petits commerces,
19:38il y a des endroits où il n'y a pas le choix.
19:41Donc en fait,
19:42le premier truc, c'est qu'on ne nous laisse pas assez le choix.
19:46Donc il faut remettre les responsabilités où elles sont
19:48et se battre pour récupérer du choix.
19:50Et c'est possible.
19:51C'est possible, parce que quand on fait des enquêtes,
19:54quand on dénonce, je vous ai dit,
19:56il y a des victoires qu'on n'a pas encore gagnées,
19:57comme les nitrites, mais on avance,
19:59mais il y a des victoires qu'on a gagnées.
20:01On a par exemple réussi à faire interdire le E171.
20:04Vous voyez ce que c'est le dioxyde de titane,
20:06cet additif dans l'alimentation ?
20:08Bon, je suis désolé, il n'est toujours pas interdit
20:10dans les médicaments,
20:11mais ça sera, j'espère, une étape d'après.
20:14N'empêche qu'il est interdit dans l'alimentation.
20:15Il a été interdit en France en 2020,
20:18et on n'a pas lâché avec les collègues européens
20:19et plein d'autres associations.
20:21On a réussi à le faire interdire
20:22dans toute l'Europe en 2022.
20:24Donc on va arriver à faire interdire les autres.
20:26Même sur les pesticides, on finira par y arriver.
20:28En revanche, on ne peut pas les laisser faire.
20:31Il faut qu'on agisse, il faut qu'on se serre les coudes,
20:33il faut vraiment qu'on fasse la digue
20:34et qu'on fasse la résistance.
20:35Parce que malheureusement,
20:36ce qui devrait être une évidence, ne l'est pas.
20:38Et on doit se battre contre ces aberrations
20:41et pour faire respecter la santé publique
20:46et le droit à cette alimentation saine et durable.
20:49C'est triste, mais la bonne nouvelle,
20:51c'est qu'on peut faire changer les choses.
20:53Et je vous donne un autre exemple.
20:54Et après, on fera une pause, si vous voulez, en échange.
20:57Et après, on peut reparler d'agriculture.
20:59Et après, on pourra reparler dans un troisième temps
21:00des alternatives, et notamment des alternatives locales.
21:05Je vous donne un autre exemple
21:06pour vous redonner de l'espoir
21:07et montrer qu'on peut casser les choses.
21:09Vous savez, moi, je crois que ce système,
21:11il va continuer à perdurer,
21:13d'autant plus qu'il reçoit des milliards
21:14de subventions de l'État.
21:17Je vous ai mis un chapitre sur le hold-up
21:18de l'argent public,
21:20pour dénoncer ça aussi
21:21et avoir les chiffres en tête.
21:23Le coût des produits, soit disant, pas cher,
21:26c'est un coût humain,
21:28c'est un coût de santé pour les gens,
21:30mais c'est aussi un coût public.
21:32La FAO, l'Organisation de l'Agriculture
21:35des Nations Unies, a estimé à 160 milliards d'euros
21:39par an en France le coût de ce système agroalimentaire,
21:42en coût caché, c'est-à-dire les coûts environnementaux
21:44et sociaux, dont 120 milliards pour la santé.
21:47Et après, on nous dit qu'il n'y a pas d'argent,
21:48et on veut nous couper les services publics,
21:51et l'accompagnement des personnes
21:52en maladie longue durée, d'ailleurs,
21:54comme si on les avait protégées en amont, non.
21:56Mais en plus, on va leur couper un peu d'aide après.
21:59C'est totalement scandaleux.
22:01Donc ce système, il a énormément d'argent public en plus.
22:04Et moi, je vous dis, les deux leviers,
22:06les deux choses qui font perdurer ce système,
22:08je pense, c'est l'opacité et l'impunité.
22:12Tant que l'industrie agroalimentaire,
22:16le lobby des pesticides et des nitrites et les autres,
22:19la grande distribution et les responsables politiques en place,
22:23pas tous, je ne fais pas de généralité,
22:24il y en a qui se battent.
22:25Mais n'empêche que ceux qui sont en train de prendre
22:26les décisions depuis quelques années,
22:28beaucoup d'années, ce n'est pas vraiment le cas.
22:30Voilà.
22:31Et donc, tant que ceux-là pensent qu'ils peuvent jouer à pas vu, pas pris.
22:36Faire des lois pour le petit copain du plomb.
22:40Dire dans les couloirs de l'Assemblée nationale,
22:42« T'as vu, j'ai dit du bien des pesticides. »
22:44Et que rien ne va se passer.
22:46Eh bien, rien ne va se passer,
22:48et ils vont continuer à aller toujours plus loin.
22:50OK ?
22:51Opacité et impunité.
22:52Donc, ce qu'on peut faire, collectivement,
22:55c'est ce que je fais à travers Foodwatch,
22:56mais il y a mille façons de le faire,
22:58et puis vous pouvez nous rejoindre.
22:59Il y a 500 000 abonnés à la newsletter en France,
23:02en 10 ans,
23:03parce que les gens ont envie d'agir.
23:05C'est gratuit, la newsletter.
23:06Et rejoignez-nous.
23:07Mais vous pouvez aussi agir à votre échelle.
23:10Mais il faut dénoncer les choses.
23:12Il y a aussi Splann,
23:13qui fait un boulot formidable dans la région,
23:15qui était là ce matin,
23:16je crois les journalistes qui mènent des enquêtes.
23:18Il faut enquêter et dénoncer les choses.
23:21Pourquoi ? Pour envoyer un coup de projecteur
23:23et dire « Mais on vous voit. »
23:25On vous voit.
23:28Arrêtez de penser que vous faites vos petites manigances,
23:30là, tout seuls dans votre coin.
23:32Il y a silence dans les champs aussi,
23:33j'ai vu sur la table des super bouquins, là-bas.
23:38Pareil, des témoignages incroyables de terrain,
23:41de gens qui sont sous pression,
23:42de gens de petits barons qui font les malins,
23:45en mode « Je vais pouvoir continuer à écraser tout le monde. »
23:47Non, en fait, on vous voit.
23:49Et si on commence par dire collectivement « On vous voit »,
23:53alors déjà, il y a moins de champs libres.
23:57Vous voyez ce que je veux dire pour des pratiques abusives ?
23:59C'est-à-dire que faire des pratiques abusives
24:00quand on n'a pas de compte à rendre, c'est une chose.
24:03Quand on doit regarder les gens les yeux dans les yeux
24:05et qu'on a un coup de projecteur,
24:06mais « Ah, vous me voyez faire ! »
24:08Je vous assure que ça limite un peu les choses.
24:10Est-ce que c'est la solution radicale ?
24:12C'est pas ce que je dis.
24:13Je dis juste que ça, c'est un levier hyper important.
24:16Et contrer l'impunité.
24:17Les obliger à rendre des comptes.
24:20Je vous donne un exemple.
24:21Nestlé.
24:23Qui n'a pas entendu...
24:24Je vais le faire comme ça.
24:24Qui n'a pas entendu parler du scandale des eaux en bouteilles,
24:27filtrées illégalement ?
24:29En fait, c'était plus rigolo dans l'autre sens.
24:30Qui a entendu parler du scandale des eaux en bouteilles ?
24:33Merci !
24:34C'était beaucoup plus joyeux et dynamique.
24:37Merci d'avoir joué de jeu.
24:39En fait, même si on n'a pas de subvention publique,
24:42on a réussi à avoir l'agrément
24:44en tant qu'association de consommateurs officiels.
24:47Foodwatch.
24:48Ça permet quoi ?
24:48Ça permet d'attaquer en justice les méchants.
24:50C'est super.
24:52Donc on a en vrai...
24:53Du coup, ça nous a permis d'attaquer en justice
24:55l'actalis dans le scandale des laits contaminés aux salmonelles.
24:582018.
25:00Vous vous rappelez 2022 les pizzas butonies ?
25:03Eh bien, vous vous rappelez que c'est Nestlé aussi ?
25:05Oh, un récidiviste !
25:07Donc, pizza butonies,
25:09il y a eu des dizaines d'enfants malades,
25:12mais il y a même eu deux décès.
25:14Et à la même époque, 2022,
25:16vous vous rappelez des kinders à la salmonelle de Ferrero ?
25:20Ouais, donc Foodwatch a porté plainte dans les deux cas.
25:22Dans les deux cas, je fais juste un petit aparté
25:24avant d'arriver aux eaux en bouteille.
25:25Je profite, on a du temps.
25:26On passe l'après-midi ensemble.
25:28Dans les deux cas,
25:29pourquoi on a porté plainte ?
25:31Mais parce qu'en fait, ce qui s'est passé,
25:33c'est le contraire de ce qui devrait se passer,
25:35et c'est l'illustration de pas vu, pas pris.
25:37Il a fallu, dans les deux cas,
25:39et c'était en parallèle en plus,
25:40qu'on a découvert assez rapidement,
25:42il a fallu qu'il y ait des dizaines d'enfants et d'adultes,
25:46dans les deux cas, bref,
25:48mais surtout d'enfants,
25:48il a fallu qu'il y ait des dizaines d'enfants et d'adultes
25:50qui tombent malades,
25:51pour que ce nombre, en fait,
25:54sorte de la normale dans les stats médicales,
25:56et que ce soit les agences de santé,
25:59en France et dans d'autres pays concernés,
26:01qui se disent,
26:02wow, alerte,
26:04on a un nombre de cas,
26:06dans le premier cas,
26:07c'était avec des E. coli,
26:08puis des habitonis,
26:09dans l'autre cas, c'était des salmonelles,
26:11alerte,
26:11on a un nombre de cas de contamination
26:13totalement anormale,
26:14qu'est-ce qui se passe ?
26:16Et ce sont les agences de santé
26:17qui, dans les deux cas,
26:19ont dû remonter le fil et mener l'enquête
26:21auprès des familles
26:22qui avaient été victimes
26:24pour comprendre ce qu'ils avaient mangé,
26:26commencer à comprendre
26:27le lien commun, etc.,
26:29et qui sont remontées progressivement
26:31à l'usine de Butoni en France
26:34et à l'usine de Ferrero
26:35pour les kinders en Belgique.
26:37Mais c'est totalement fou !
26:39C'est-à-dire qu'en fait,
26:41on a une bonne nouvelle.
26:42Après le scandale de la vache folle,
26:44il y a une réglementation européenne
26:46qui a été ficelée
26:47et qui, sur le papier,
26:48est assez forte.
26:49Bon, OK, on ne sait pas
26:50pour faire interdire plus d'additifs,
26:52le glyphosate,
26:53et remplir des trous de la raquette.
26:55Néanmoins, la raquette,
26:56elle n'est pas inexistante.
26:57Elle parle du principe de précaution.
26:59Elle dit dans l'article 14
27:01du règlement de 2002
27:02qu'il est interdit de commercialiser
27:04des produits potentiellement dangereux
27:05pour la santé.
27:06Elle dit plein de choses chouettes
27:07qui devraient en fait protéger
27:09déjà en grande partie
27:10la santé publique,
27:11la biodiversité, les populations.
27:13Et notamment, elle dit aussi
27:14qu'il y a une obligation
27:16des entreprises de contrôle
27:18qui doivent faire des autocontrôles,
27:20ce qui est OK
27:20parce qu'on ne va pas avoir
27:22un gendarme public
27:23derrière chaque usine chaque jour.
27:25Donc, les entreprises
27:26ont l'obligation
27:27de faire des autocontrôles
27:28et ça marche tant que,
27:30et c'est là que nous,
27:31on pousse,
27:32des autorités publiques
27:33fassent aussi des contrôles
27:34en plus indépendants
27:35pour contrôler les contrôles
27:37quand même
27:37parce que sinon, évidemment,
27:38on est un peu jugé parti
27:39dans les entreprises.
27:40Donc, un,
27:41il n'y a pas assez de moyens
27:42pour les contrôleurs publics.
27:46Deux,
27:46les entreprises, du coup,
27:48elles se croient
27:48au-dessus des lois
27:49et donc,
27:51elles sont obligées
27:51normalement
27:52quand elles font
27:52leurs autocontrôles,
27:54dès qu'elles voient
27:54le moindre risque
27:55de contamination
27:56lié à la santé,
27:59d'alerter les autorités publiques
28:00et d'alerter
28:01les consommateurs consommatrices.
28:02Vous voyez régulièrement
28:03des rappels
28:04dans les supermarchés,
28:05c'est ça.
28:06Mais là,
28:06elles ont fait quoi ?
28:07Rien du tout.
28:08Et c'est en faisant
28:10les enquêtes après coup
28:11qu'on découvre que,
28:12ah ben si,
28:13des mois avant,
28:14voire des années avant,
28:15il y avait eu des indices.
28:16Elles auraient dû alerter
28:17mais elles n'ont pas alerté.
28:18Comme par hasard,
28:19les chocolats,
28:20ben,
28:20elles avaient eu des indices
28:21mais c'était avant Noël.
28:24Donc,
28:24elles ont préféré
28:25ne pas alerter.
28:26Et puis après,
28:26c'était avant Pâques.
28:28Donc,
28:28ça ne les arrangeait pas non plus.
28:30Mais en fait,
28:31à un moment donné,
28:31il faut dire,
28:32on porte plainte
28:33parce qu'il faut que
28:35toute la justice soit faite,
28:36qu'il y ait les sanctions
28:37des suasives
28:37et que vous arrêtiez de penser
28:39que vous êtes au-dessus des lois
28:40parce que vous vous appelez
28:41Nestlé ou Ferrero
28:42ou Lactalis.
28:43En fait,
28:43ce n'est pas OK.
28:44Et dans l'affaire
28:45des eaux en bouteille,
28:46il y a deux entreprises,
28:48il y a Source Alma
28:48mais il y a aussi Nestlé
28:49pour Vittel et par Perrier.
28:52Et ce qu'on a fait,
28:53c'est qu'on a tout de suite
28:54porté plainte
28:54dès qu'il y a eu l'enquête
28:55de Radio France
28:56et du Monde,
28:58Stéphane Foucard,
28:59qui est enquête
29:00qui est sortie
29:00tout début 2024.
29:02Le temps passe vite,
29:03donc j'ai réfléchi aux dettes.
29:04Tout début 2024.
29:05On a tout de suite porté plainte
29:07et on a porté plainte
29:08pour neuf infractions,
29:09notamment fraude massive,
29:12non-information aux consommateurs
29:14et puis risque pour la santé
29:16parce qu'il ne faut pas
29:17les écarter, etc.
29:18Voilà, neuf infractions.
29:19Encore une fois,
29:20toutes les infos,
29:21tous les communiqués de presse
29:21sont sur le site.
29:23Et ce qui s'est passé,
29:25c'est que notre plainte
29:25qu'on a déposée
29:27au pôle santé publique
29:29du parquet de Paris,
29:29elle a été délocalisée.
29:31Salut toi !
29:32Elle a été délocalisée
29:35à Epinal.
29:36Pourquoi Epinal ?
29:37Parce que là-bas,
29:38il y a un certain nombre
29:39des forages de Nestlé,
29:41de certaines marques de Nestlé.
29:43Ok, pourquoi pas ?
29:45On n'a rien dit,
29:45enfin, laisse faire la justice, quoi.
29:47Et puis un matin,
29:48il y a l'avocat
29:48qui nous appelle,
29:49j'étais avec Ingrid,
29:51donc l'enquêtrice
29:53qui est avec moi
29:53depuis le début,
29:55et qui nous dit,
29:56ben voilà,
29:57en fait,
29:58il y a une Cégip,
29:59c'est une sorte
30:00de transaction financière
30:01entre Nestlé
30:02et le tribunal
30:03et les partis civils.
30:05Et donc,
30:07ben on a reçu un courrier
30:08demandant
30:09à combien Foodwatch
30:10estime le préjudice.
30:17Bon ben j'en ai profité
30:18pour demander des millions, hein.
30:20Bien sûr que non !
30:21Du coup,
30:22je suis tombée de ma chaise,
30:23vraiment,
30:23mais alors pour le coup,
30:24par naïveté.
30:25Non mais c'est quoi ?
30:25Ben on refuse en fait,
30:27on n'a qu'à refuser.
30:27Écrivons au tribunal
30:30qu'on refuse.
30:30Et là,
30:31notre avocat nous explique
30:32qu'en fait,
30:32on ne peut pas refuser.
30:33Enfin,
30:34on peut refuser l'argent,
30:34ce qu'on a fait,
30:35mais on ne peut pas
30:36s'opposer à cette transaction.
30:38Bref,
30:39ce qu'on a fait,
30:39c'est qu'on a notifié
30:40que pour nous,
30:41le préjudice
30:42n'était en aucun cas financier.
30:43Le préjudice,
30:44c'est ce climat d'impunité.
30:46C'est ce climat
30:46qui fait que,
30:47pas vu pas prix,
30:47des multinationales
30:48peuvent croire
30:49qu'elles peuvent cacher
30:50une frotte sous le tapis
30:51pendant des années.
30:52Et puis tant qu'on y est,
30:53il peut y avoir
30:53des responsables de l'État
30:54qui sont complices
30:55et qui le cachent sous le tapis aussi.
30:57Et qu'on peut continuer
30:58pendant des années
30:59à vendre aux gens
31:00de l'eau en bouteille
31:02qui est censée être minérale,
31:04mais qui est 100 fois plus chère
31:05que l'eau du robinet
31:06et qui est filtrée tout pareil.
31:08Et que c'est OK,
31:09en fait,
31:09ça passe.
31:10Ça passe, non ?
31:11Pourquoi ça passerait pas ?
31:13Eh bien,
31:13ce qu'on a dit,
31:14c'est non,
31:14ça ne passe pas en fait.
31:15Et tant que ces gens
31:16pensent que ça passe,
31:19on a un problème.
31:20Donc,
31:21en fait,
31:21on a communiqué
31:22il a moins de jeu
31:25que moi le micro,
31:25je crois.
31:27Ça va ?
31:27Il est revenu ?
31:28Ouais.
31:32Un, deux, un, deux.
31:33Ouais.
31:34C'est pas un micro
31:35qui va m'arrêter.
31:37Et en fait,
31:38ce qu'on a fait,
31:39c'est qu'on a communiqué
31:40haut et fort
31:40que Foodwatch
31:41refusait l'argent de Nestlé
31:42et on a reporté plantes.
31:44Et c'est ce qu'on a fait.
31:46Et pourquoi je vous raconte ça ?
31:47Je vous raconte ça
31:48pour vous dire
31:48vraiment,
31:50on peut se mettre
31:51au milieu de la route
31:52et on peut,
31:53en tant que citoyenne,
31:54citoyen,
31:54de façon indépendante,
31:55dire stop.
31:57Donc,
31:57qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
31:59Ben, ça y est,
31:59il y a une enquête judiciaire
32:00qui est en cours.
32:01C'est même deux juges
32:02qui sont sur l'affaire.
32:03Et vous avez peut-être entendu
32:05parler cet été
32:06de perquisition judiciaire
32:08au siège de Nestlé
32:09en Ile-de-France.
32:10C'est suite à nos plaintes.
32:12Voilà.
32:12Alors,
32:12qu'est-ce qui va se passer ?
32:13J'en sais rien,
32:13je ne suis pas la justice.
32:15Mais ce qui est sûr,
32:16c'est que la justice
32:16suit son cours
32:17et qu'au moins,
32:18on a suffisamment communiqué
32:20au effort
32:21pour que Nestlé
32:22et les autres marques
32:23se disent maintenant,
32:24et c'est d'ailleurs
32:24ce que certaines marques
32:25nous renvoient,
32:26nous disent,
32:27se disent maintenant,
32:28on va faire un peu plus attention
32:30parce que cette fois,
32:32on sait que Foodwatch,
32:33les citoyens,
32:33les citoyennes
32:33peuvent nous tomber dessus.
32:36Voilà.
32:36Je veux juste vous dire
32:37que les efforts
32:37qu'on peut faire
32:38sont nécessaires
32:41et pas suffisants.
32:41Peut-être pas suffisants
32:42pour changer tout le système
32:43d'un coup,
32:44mais en tout cas,
32:44ils sont nécessaires
32:45et ils marchent
32:45pour envoyer un signal
32:47à cette petite poignée d'acteurs
32:48parce que c'est qu'une petite poignée d'acteurs,
32:50c'est ça aussi
32:51qu'il faut bien comprendre.
32:52C'est plus simple
32:52que ce qu'on veut nous faire croire
32:54et ce n'est pas
32:55la responsabilité individuelle,
32:56c'est la responsabilité
32:57avant tout
32:58de cette petite poignée d'acteurs
32:59qui contrôle notre marché
33:01et qui nous impose
33:02un système agroalimentaire
33:04qui creuse les inégalités,
33:05qui détruit le vivant
33:06et qui détruit la santé publique.
33:10Il n'y a pas de raison
33:11d'accepter ça,
33:12c'est totalement inacceptable
33:13parce que c'est évident
33:14qu'on peut faire autrement.
33:16On peut tellement faire autrement
33:17et je fais juste ça en transition
33:19pour parler agriculture
33:20davantage après si vous voulez,
33:22on peut tellement faire autrement
33:23qu'en réconciliant,
33:24on peut bien sûr
33:26trouver une transition
33:28pour permettre d'avoir
33:29cette alimentation
33:30saine, choisie, durable,
33:32abordable par toutes et tous
33:34et qui rémunère correctement
33:37nos paysans-paysannes.
33:40On ne doit pas les opposer,
33:41de même qu'on ne doit pas opposer
33:43ce qu'ils cherchent à faire
33:45dans leur petit discours dominant,
33:47production agricole
33:49et protection de l'environnement.
33:50Ça n'a aucune raison
33:51d'être opposé,
33:52c'est tout le contraire.
33:53Mais si on se réconcilie,
33:54si on réconcilie
33:56ces éléments de l'équation,
33:57on va être plus fort.
33:58Et ça, ça n'arrange pas
33:59la petite minorité
34:00qui préfère nous diviser
34:01pour mieux régner.
34:01Et moi, ce que je vous propose,
34:03c'est le contraire.
34:05Ils veulent nous diviser.
34:06On va s'allier.
34:08Et on va tenir tête.
34:09Et on va enquêter et dénoncer.
34:11Et on va résister.
34:12Et on va soutenir
34:12des initiatives locales
34:13comme vous le faites aussi
34:14aujourd'hui.
34:18On y va ?
34:19Sur les pesticides
34:20et l'agriculture, ouais ?
34:21OK.
34:25Je n'ai pas oublié
34:25le principe de précaution.
34:27Du coup, je vais l'inclure
34:28dans ce que je vais partager
34:29avec vous.
34:30Guerre culturelle,
34:33un autre mensonge
34:33à démonter ensemble.
34:35Et je dis ensemble
34:35parce que ce mode
34:36de guerre culturelle,
34:37je ne l'utilisais jamais.
34:40Bonjour.
34:42Je ne l'utilisais jamais
34:43jusqu'à ce que j'aille
34:45au lancement du bouquin
34:46de Salomé Sake,
34:47Résisté,
34:48que je vous recommande
34:48chaudement.
34:49Il est à 5 euros.
34:51Et vraiment,
34:51il n'est pas long.
34:52Et vraiment,
34:53moi, je l'achète par 10
34:54et je le distribue
34:55autour de moi
34:55parce qu'il a le mérite
34:58justement de remettre
34:59un peu les infos
35:00à leur place
35:01et de nous donner
35:03aussi des billes
35:03non seulement pour savoir nous
35:04mais pour en parler
35:05avec des gens
35:06parce qu'on a vraiment
35:06besoin de faire
35:07cette reconnexion
35:07et de discuter entre nous
35:10et de faire évoluer
35:11cette guerre culturelle
35:12parce que le message
35:14dominant des médias
35:15et des médias
35:16de plus en plus
35:16contrôlés en plus
35:17par les milliardaires,
35:18je ne fais pas le dessin,
35:19il y a vraiment besoin
35:20en fait d'échanger
35:21avec tous les gens
35:22qui nous entourent aussi
35:23pour ne pas laisser passer
35:25un discours dominant
35:26qui dit n'importe quoi
35:26le plus souvent,
35:28notamment cette histoire
35:29de souveraineté alimentaire.
35:31Et je vais revenir du coup
35:32sur les pesticides.
35:33Vous avez entendu ça ?
35:35Surtout après,
35:36depuis la guerre en Ukraine
35:37et tout ça,
35:38il faut quand même
35:39qu'on fasse attention
35:39à la souveraineté alimentaire.
35:41Ben oui,
35:42et donc,
35:42ce n'est pas le moment
35:43d'avoir des contraintes
35:44sur les pesticides et tout
35:45parce qu'il faut nourrir la planète
35:46et puis particulièrement
35:47chez nous quand même
35:47pour qu'on soit souverains.
35:50Donc,
35:50ce n'est pas le moment
35:51d'aller nous interdire
35:51des pesticides
35:52parce qu'il faut
35:53qu'on produise plus
35:54de façon plus intensive
35:55pour nourrir plus de gens.
35:57Enfin,
35:57voilà quoi.
35:59Ben oui,
36:00c'est la même chose
36:00que tout à l'heure.
36:01C'est quand même
36:01parce que c'est les gens
36:02qui veulent des produits pas chers
36:03que...
36:04Donc ça,
36:07il ne faut pas laisser passer
36:07en fait.
36:09Il y a un double mensonge
36:10là-dedans.
36:11Mensonge 1,
36:12la vraie définition
36:13de la souveraineté alimentaire,
36:15elle vient des Nations Unies
36:16et elle dit le contraire.
36:19Et c'est même une définition
36:19qu'il faudrait qu'on imprenne
36:20toutes et tous par cœur
36:21pour la faire advenir.
36:23C'est en fait le droit
36:24des populations
36:25à définir
36:26ce qu'elles veulent manger
36:27et comment elles le produisent.
36:30Waouh.
36:32Waouh.
36:33C'est de la démocratie alimentaire.
36:34Vous imaginez ?
36:35Si on pouvait choisir
36:36ce qu'on veut manger
36:37et comment on le produit,
36:39on n'en serait pas là,
36:39je crois.
36:39la transition agricole
36:41et alimentaire
36:42dont on a besoin,
36:43on serait en train
36:43de tout staffer
36:44pour dire
36:44alors voilà comment
36:45on s'y prend,
36:46voilà les étapes,
36:47voilà comment on aide
36:48les agriculteurs,
36:49agricultrices
36:50parce que oui,
36:50il faudra les aider,
36:51j'y viens.
36:53Donc c'est pas
36:53productivisme pesticidé,
36:57c'est faux.
36:58C'est le contraire.
37:00Deuxième mensonge,
37:01même s'il parle,
37:02parce qu'en fait
37:02c'est de ça
37:02quand il parle,
37:03d'autonomie alimentaire.
37:04Le système aujourd'hui
37:07agricole biberoné
37:09aux pesticides
37:09et hongrais de synthèse,
37:11il est dépendant
37:11d'importation.
37:12On importe la majorité
37:13des pesticides de synthèse
37:15et hongrais de synthèse.
37:16Elle est où l'autonomie ?
37:18C'est même pas vrai en fait.
37:20C'est même pas,
37:21j'ai raison t'attard,
37:22c'est factuellement faux.
37:26Et en plus,
37:27il est bien évident
37:27que le système actuel
37:29d'agriculture chimique
37:31et toxique
37:32qui contamine l'eau,
37:34tiens c'est marrant,
37:34les eaux souterraines
37:36de Nestlé
37:36qui sont censées être
37:37les plus profondes,
37:38les plus naturelles,
37:39les plus minérales,
37:40elles étaient contaminées
37:41aux matières fécales.
37:44Mais aussi aux pifaces,
37:46les polluants éternels
37:47et aux résidus de pesticides.
37:50Donc on en est
37:50dans un système
37:51où ce système-là
37:52de pesticides de synthèse,
37:54d'engrais de synthèse,
37:54d'agriculture toxique
37:56et chimique,
37:58en fait,
37:58contamine nos eaux
37:59jusqu'aux plus profonds.
38:01Il y a eau et rivières
38:02de Bretagne,
38:02chez vous,
38:03qui font un super boulot
38:03par exemple,
38:05contaminent les sols,
38:07détruisent les sols,
38:08etc.
38:09Mais ça veut dire quoi ?
38:10Ça veut dire que même
38:10en termes d'autonomie alimentaire,
38:12on va faire comment
38:12pour produire demain
38:13si on détruit
38:14notre outil de production ?
38:16Je n'ai même pas parlé
38:16de biodiversité,
38:17là,
38:17ou de protection
38:18de l'environnement.
38:19Même si je veux réfléchir
38:20en termes d'autonomie alimentaire,
38:21ça ne marche pas.
38:23Ça ne marche pas.
38:25Donc,
38:25pourquoi on nous impose ça ?
38:28Et malheureusement,
38:29avant même de parler
38:29des vaccins,
38:31les pesticides,
38:32c'est pas vrai qu'aujourd'hui,
38:33avoir cette connaissance
38:34scientifique suffit,
38:35parce que malheureusement,
38:36même quand on a
38:37la connaissance scientifique,
38:38le principe de précaution
38:39n'est pas respecté,
38:40et c'est bien là
38:41que le bas blesse,
38:42c'est que ce principe
38:43de précaution,
38:44il est dans les traités européens,
38:46il est dans le règlement
38:47178-2002
38:49sur l'alimentation
38:50dont je vous parlais,
38:51il est même
38:51dans la Constitution française,
38:53mais on a deux problèmes,
38:55c'est quand les choses
38:56ne sont pas encore
38:56dans la loi,
38:57c'est pour ça qu'il faut
38:58faire évoluer les lois,
38:59mais après,
39:00il faut les faire respecter.
39:01Et il y a beaucoup
39:02trop de cas,
39:03c'est bien pour ça
39:03qu'on porte plainte,
39:04mais qu'il faut le faire
39:05toutes et tous partout,
39:06en fait,
39:07il y a beaucoup trop de cas
39:08dans lesquels
39:08les lois ne sont pas respectées,
39:10à commencer par le principe
39:10de précaution.
39:11Si le principe de précaution
39:13était respecté,
39:14il y aurait des additifs
39:15dangereux pour la santé
39:16qui seraient interdits,
39:17il y aurait des pesticides
39:17qui sont interdits,
39:19qui seraient davantage interdits,
39:20regardez la saga
39:21du glyphosate,
39:22ils nous en ont remis
39:22pour 10 ans,
39:23on va continuer à se battre,
39:25mais c'est totalement
39:25scandaleux,
39:27et malheureusement,
39:27ça n'est pas suffisamment
39:28respecté.
39:30A tel point qu'aujourd'hui,
39:32c'est même des victimes.
39:34Vous avez vu
39:35cancer colère
39:35quand on s'est battu
39:36contre la loi du plomb,
39:37et on n'a pas fini
39:37de se battre contre la loi du plomb,
39:38on va se battre
39:39pour la faire abranger.
39:40J'ai passé une partie
39:40de mon été
39:41avec plein de gens
39:45plus de 2 millions
39:46de signatures citoyennes
39:48de cette pétition,
39:49ça sert à quelque chose,
39:50parce que croyez-moi,
39:51même si on ne voit pas
39:52encore le résultat,
39:53ça pèse au niveau politique,
39:55et nous on s'en sert derrière
39:56pour faire des gros leviers.
39:58Mais on en est au stade
39:59où les scientifiques
40:00eux-mêmes se mettent
40:01en rébellion,
40:02vous avez vu ça,
40:02scientifiques en rébellion,
40:03parce qu'avant on avait
40:04extinction en rébellion
40:05comme ONG,
40:06maintenant on a
40:07scientifiques en rébellion,
40:09c'est-à-dire que les scientifiques,
40:10c'est vraiment pas le boulot
40:11d'être activiste,
40:12mais déjà de faire
40:13leur boulot scientifique
40:14et c'est très utile,
40:16ils sont tellement inquiets
40:17de voir que
40:18leurs études scientifiques
40:19ne sont pas prises en compte
40:20dans les décisions politiques
40:21qu'il y a des scientifiques
40:23en rébellion,
40:24qui en renvoient
40:25tout mon soutien
40:25et solidarité,
40:27que ce sont des victimes,
40:28cancer-colère,
40:29mais aussi phyto-victimes,
40:30qui est une association
40:31de victimes des pesticides,
40:33qui se mettent en activisme
40:34pour dire
40:35« mais en fait,
40:36c'est pas possible,
40:36ça suffit ».
40:38Que moi, souvent,
40:39quand je fais ce genre
40:39d'échanges et de conférences,
40:41il y a des médecins
40:41qui viennent me voir
40:42et qui me disent
40:43« merci pour ce que vous faites ».
40:44Je dis « oh, ça,
40:45ça m'inquiète vraiment beaucoup ».
40:46C'est-à-dire que
40:47pour que ce soit des médecins
40:48qui soient inquiets
40:49parce qu'effectivement,
40:50il n'y a pas suffisamment
40:51de prévention
40:52et d'alertes
40:54qui sont lancées en amont
40:55pour protéger la santé.
40:56Donc là où il y a
40:58en plus encore moins
40:59de science,
41:00je ne connais pas ce dossier,
41:01donc je ne me prononce pas
41:01sur ce dossier en particulier,
41:02mais je vous entends.
41:03C'est-à-dire que là où
41:04en plus il y a encore moins
41:05de science,
41:06on a encore moins de recul,
41:07etc.,
41:08bien sûr qu'on est encore
41:09plus loin d'une décision
41:10politique de prévention
41:12et de protection.
41:13Et donc il faut continuer
41:14à alerter,
41:15à rassembler,
41:16à faire du bruit,
41:18en fait,
41:18pour que les décideurs
41:19politiques s'en emparent.
41:21Quant au bio,
41:22le bio,
41:23c'est un cahier des charges.
41:24Donc le bio,
41:26il est ni plus ni moins
41:27que son cahier des charges.
41:28C'est-à-dire que sur
41:29beaucoup de sujets,
41:30il est vraiment mieux,
41:31mieux, mieux, mieux,
41:31mieux, à commencer
41:32par le fait qu'il n'y a
41:33pas de pesticides de synthèse,
41:35pas de pesticides chimiques,
41:36quoi.
41:37Donc vraiment,
41:38c'est mieux.
41:38Après,
41:39son cahier des charges,
41:41il doit continuer à évoluer
41:42en fonction des études scientifiques
41:44et en fonction des choses.
41:45Par exemple,
41:46et je le dis avec beaucoup
41:47d'avance pour le bio
41:47que je soutiens
41:48parce qu'encore une fois,
41:49c'est mieux,
41:50mais pas aveuglément
41:51dans le sens
41:51où il faut qu'il évolue,
41:52additifs,
41:54il y en a 330
41:54autorisés dans l'alimentation
41:56industrielle en Europe.
41:58C'est beaucoup trop.
41:58Par ailleurs,
41:59les toxicologues alertent
42:00sur les effets cocktail
42:01de ces mélanges
42:02d'additifs,
42:03de résidus de pesticides
42:04et tout ça.
42:05Et il y en a
42:06une cinquantaine
42:07dans le bio.
42:08Donc c'est beaucoup mieux
42:09parce qu'il y a
42:10beaucoup moins de risques.
42:11Néanmoins,
42:12les nitrites
42:12sont toujours autorisés
42:13dans le bio.
42:14Alors Biocop
42:15vend 100 nitrites
42:16donc ils essaient
42:16de faire un effort
42:17mais c'est le cahier des charges
42:18qui devrait avancer.
42:20C'est pas grave,
42:20rien n'est parfait
42:21mais c'est déjà
42:22beaucoup mieux
42:23et il faut continuer
42:24à pousser
42:24pour que ça soit
42:26de mieux en mieux.
42:27Mais là où déjà
42:28on doit se battre
42:29c'est sur le B.A.B.
42:31En effet,
42:31là où il y a
42:32des études scientifiques
42:33qui montrent déjà
42:33des risques pour la santé
42:34sur les pesticides
42:35et tout
42:35et les additifs
42:36et qu'on les interdit pas
42:37c'est scandaleux.
42:39Maintenant les agriculteurs
42:40je disais
42:40il faut les accompagner.
42:41Il ne faut pas se tromper
42:42sur le discours là aussi.
42:44Vous savez le discours
42:45qui est de dire
42:45quand même les agriculteurs
42:47ils sont en colère
42:48parce qu'il y a trop
42:49de normes environnementales.
42:51Un autre mensonge
42:55une autre guerre culturelle
42:56à mener.
42:57Bien sûr que c'est pas vrai.
42:59La première volonté
43:01des agriculteurs
43:02et agricultrices
43:02c'est de vivre
43:03dignement de leur production.
43:05Ça veut dire déjà
43:05d'être rémunérés correctement
43:07donc bonjour
43:08l'opacité sur les marges
43:09et sur la construction
43:10des prix
43:10dont on parlait tout à l'heure
43:11et les lois égalines
43:12n'ont pas suffi.
43:13Ça veut dire aussi
43:14dignement
43:15que bien sûr
43:16que personne ne se réveille
43:17le matin en se disant
43:18ah trop bien
43:18je vais asperger
43:19mon champ de pesticides
43:20dangereux pour la santé.
43:22Non en fait.
43:23Sauf qu'on a enfermé
43:24agriculteurs et agricultrices
43:26beaucoup dans ce modèle.
43:28Je vous invite à lire
43:29toujours pareil
43:29sur le petit rayon à côté
43:30je ne les connais pas tous
43:31désolé mais je vous parle
43:32de ceux en tout cas
43:33de ceux dont je
43:34vraiment je les ai trouvés
43:35hyper utiles
43:35je les ai lus récemment.
43:37Champs de bataille
43:37Inès Léraud
43:38sur le remembrement.
43:40Incroyable.
43:40Et moi si je vous fais
43:43l'histoire en deux mots
43:45on sait qu'après
43:47la seconde guerre mondiale
43:48effectivement il y a eu
43:49une industrialisation
43:50de notre agriculture
43:50au point où il y a eu
43:51ce remembrement
43:52avec des témoignages
43:53incroyables dans l'enquête
43:54d'Inès Léraud.
43:55Quoi qu'il en soit
43:56il fallait nourrir la population
43:57après la seconde guerre mondiale.
43:59Pourquoi pas ?
44:00En tout cas pourquoi pas
44:01une forme d'industrialisation.
44:03Quoi qu'il en soit
44:04ce truc s'est emballé
44:05et aujourd'hui est imposé.
44:07D'accord ?
44:07Ça veut dire que
44:08chez les agriculteurs
44:09si je dois vraiment simplifier
44:11moi je trouve qu'il y a
44:12à peu près trois catégories.
44:13Il y a celles et ceux
44:15qui sont déjà en bio
44:16d'accord ?
44:17En agroécologie
44:18et voilà
44:19qui se débattent
44:20parce que pas suffisamment soutenus
44:21mais qui sont déjà porteurs
44:23de la transition
44:24dont on a besoin.
44:25Il y a la petite minorité
44:26qui profite du système actuel
44:28et qui le bloque
44:29d'accord ?
44:30Donc là dessus
44:30je vais vous donner un chiffre
44:31la politique agricole commune
44:33tout le monde voit ce que c'est
44:34la politique du coup européenne
44:36qui soutient à coup de grosses subventions
44:38l'agriculture
44:40en Europe
44:41mais malheureusement
44:41qui n'est pas du tout conditionnée
44:43elle avait commencé
44:44à l'être un petit peu
44:45sur le côté environnemental
44:46et puis bien évidemment
44:47ils sont revenus en arrière
44:48ces deux dernières années
44:49puisqu'il y a eu un gros retour
44:51de politique environnementale
44:52donc elle n'est pas du tout conditionnée
44:54à la protection de l'environnement
44:56au contraire
44:57une grosse partie des subventions
44:58est proportionnelle
44:59à la surface
45:00que vous exploitez.
45:02Alors autant vous dire
45:03que ça va plutôt dans le sens
45:04de ceux qui ont des grandes surfaces
45:06et qui font de la monoculture
45:07le truc c'est que
45:10la PAC
45:11c'est environ
45:12c'est plus de 53 milliards d'euros
45:13par an
45:14distribués dans toute l'Europe
45:15la France est le premier bénéficiaire
45:189 milliards d'euros par an
45:19en France
45:2020% des agriculteurs
45:22mettent la main
45:23sur 50%
45:24des 9 milliards
45:25tout est sourcé
45:27tout est dans le bouquin
45:27c'est imprenable
45:2920%
45:311 sur 5
45:32mais
45:32la main
45:33sur 50% du gâteau
45:35ceux-là
45:36c'est ceux
45:37c'est les petits copains
45:38du plomb
45:39c'est ceux
45:40qui est
45:40d'Arnaud Rousseau
45:41qui est donc
45:41pas un paysan
45:42mais le président
45:43de la FNSEA
45:44qui est PDG
45:45d'Avril
45:46qui est un gros groupe
45:47agro-industriel
45:48d'accord
45:49qui défendent
45:50les intérêts
45:50de l'agro-industrie
45:51biberonnés
45:53à coups de subventions
45:54et de pesticides
45:54de synthèse
45:55c'est eux
45:56qui bloquent le système
45:57qui ne veulent pas
45:57qu'on en sorte
45:58donc c'est eux
45:59qu'il faut qu'on dénonce
45:59pour qu'on change les choses
46:01et au milieu
46:02il y a la majorité
46:03en fait
46:04des agriculteurs
46:04agricultrices
46:05qui subissent
46:06certains sont certainement
46:08dans le déni
46:08franchement je les comprends
46:09je ne juge pas du tout
46:10parce qu'on les a mis
46:12dans un système
46:13où on les a obligés
46:13à s'endetter
46:14à être dans un système
46:16justement
46:16qui dépend des pesticides
46:17on ne les accompagne pas
46:19pour faire autrement
46:20il n'y a aucun incentive
46:21financier
46:22pour faire autrement
46:23mais en fait
46:23ils sont bloqués
46:25mais ce n'est pas leur faute
46:26donc c'est là
46:27qu'il faut arrêter
46:28les mensonges
46:29sur la souveraineté alimentaire
46:30arrêter les mensonges
46:31sur le fait
46:32qu'on ne sait pas faire autrement
46:33en revanche
46:34il faut reconnaître
46:34que oui
46:35il y a besoin
46:36d'accompagnement
46:37il y a besoin
46:38d'une vision
46:38de sortie
46:40de cette agriculture
46:40chimique
46:41pour une vraie transition
46:43c'est pas du jour au lendemain
46:44personne ne dit ça
46:45en revanche
46:46la décision
46:47d'aller vers ça
46:48la décision
46:49d'interdire le glyphosate
46:50la décision
46:51de ne pas réautoriser
46:52l'acétamipride
46:53toutes ces décisions
46:55ont besoin d'être prises
46:56avec un plan d'accompagnement
46:58voilà
46:58seulement c'est bloqué
46:59par une petite minorité
47:00opacité
47:01impunité
47:02c'est pour ça
47:03que dire leur nom
47:03et faire avancer
47:04les choses
47:05est essentiel
47:05sur la question
47:07de la France
47:07est-ce que la France
47:08est plus
47:09permissive
47:10en termes de pesticides
47:11pas vraiment
47:12en fait
47:12je ne saurais pas
47:13vous dire pourquoi
47:14la France
47:14est à ce niveau là
47:15en revanche
47:16ce que je peux dire
47:16pour revenir sur la loi du plomb
47:18en Europe
47:20on a plutôt d'ailleurs
47:21plus de pesticides
47:23interdits qu'ailleurs
47:24et là où on est
47:26par ailleurs
47:27assez
47:28maltraitant
47:30je dirais
47:30pas en tant que citoyen
47:31mais on a des décisions européennes
47:33c'est qu'on se bat
47:34collectivement
47:34avec plein d'associations
47:35contre ce qu'on appelle
47:36les pesticides boomerangs
47:37il y a plein de pesticides
47:39qui sont interdits
47:40d'usage finalement
47:40en Europe
47:41on n'a pas réussi
47:42à tous les faire interdire
47:43mais un certain nombre
47:43mais qui sont encore
47:45produits et exportés
47:46dans d'autres régions du monde
47:47donc en fait
47:48c'est plutôt
47:49en tout cas
47:49les agriculteurs
47:50agricultrices
47:51des autres régions du monde
47:51qui sont plus exposés encore
47:53parce qu'ils l'utilisent encore
47:54par exemple au Canada
47:55ils utilisent encore
47:57plus de 40 substances
47:58de pesticides
47:59qu'on n'utilise plus chez nous
48:00en revanche
48:01je vous rassure
48:02on n'est pas totalement protégé
48:03puisque non seulement
48:04on expose les autres
48:05à ces pesticides
48:06mais en plus
48:07on importe des produits alimentaires
48:09avec les résidus
48:09de ces mêmes pesticides
48:10qui sont interdits chez nous
48:11non vous ne rêvez pas
48:13il y a aussi une pétition là dessus
48:14et surtout
48:16ce que ça veut dire
48:17par rapport à la loi du plan
48:18c'est quoi ?
48:19ce qu'ils sont en train de faire
48:20en ce moment
48:20j'ai mis un article
48:21il y a 10 jours
48:22sur le site
48:23pour expliquer tout ça
48:23puis surtout on est dans le collectif
48:24Stop Mercosur
48:25Stop CETA
48:26vous savez ces accords de commerce
48:27ce que la France
48:29est en train de faire
48:30en ce moment
48:31et Emmanuel Macron en particulier
48:32c'est contrairement à ce qu'il avait promis
48:34de stopper l'accord UE Mercosur
48:36il est en train de laisser passer
48:37cet accord par la fenêtre
48:39qui est en train d'être adopté
48:40au niveau européen
48:41il doit y avoir un vote
48:42des états membres
48:43le 6 décembre
48:45et ensuite au parlement européen
48:46début 2026
48:47on peut encore le bloquer
48:48donc on se mobilise
48:49on le fait
48:51autant qu'on peut
48:51j'ai vu sur la route là
48:52Stop Mercosur
48:53partout
48:54c'est très bien
48:54continuez
48:55donc on peut encore se mobiliser
48:57n'empêche que
48:58qu'est-ce qui se passe
48:58avec cet accord
48:59entre autres
49:00problèmes et risques
49:01on va autoriser
49:03puisque c'est un accord
49:04bétail contre nourriture
49:06pardon
49:07bétail contre voiture
49:08j'étais trop sur mon alimentation
49:09bétail contre voiture
49:10en fait notamment les allemands
49:12veulent exporter plus de bagnoles
49:13et on va autoriser
49:15encore plus d'importation
49:16des pays du Mercosur
49:17donc Brésil, Uruguay, Paraguay
49:18et Argentine
49:19de produits alimentaires
49:22et de bétail
49:23qui sont en fait
49:25élevés et produits
49:26avec des normes
49:27qui sont moins
49:28restrictives que nous
49:29antibiotiques
49:31activateurs de croissance
49:32toujours autorisés là-bas
49:33alors que c'est interdit
49:34chez nous
49:35je n'ai pas dit
49:35boeuf aux hormones
49:36ça c'est interdit d'importation
49:37ça restera interdit d'importation
49:39je peux vous raconter la saga là-dessus
49:41mais antibiotiques
49:42activateurs de croissance
49:43sont toujours utilisés là-bas
49:44et on importe la viande après
49:46des pesticides
49:47OGM
49:48vous savez les tourteaux
49:50les fameux tourteaux de soja
49:51aussi qu'on importe
49:51pour l'alimentation
49:53de notre bétail ici
49:54bref
49:55donc en fait
49:56on est en train de laisser passer
49:58cet accord par la fenêtre
49:59qui va créer encore plus
50:01de concurrence déloyale
50:02pour nos agriculteurs
50:03agricultrices
50:04par des produits
50:05dont les quotas d'importation
50:07vont augmenter
50:07produits pas avec les mêmes normes
50:09et après on va nous dire quoi
50:10parce que les sénateurs du plan
50:12c'est pas autre chose qui dit
50:13après on va nous dire
50:14hé
50:14on peut pas laisser
50:16nos agriculteurs
50:17agricultrices
50:18face à cette concurrence déloyale
50:19donc on doit réautoriser
50:21ce que les autres
50:22ils utilisent ailleurs
50:23sinon c'est pas du jeu
50:24ok super
50:27donc double peine
50:28en fait
50:28double peine
50:28harmonisation par le bas
50:30on les voit faire
50:31parce qu'en plus
50:32je répète que
50:33Arnaud Rousseau
50:34étant un PDG
50:35de l'industrie agroalimentaire
50:36basé sur l'exportation
50:38en grande partie
50:38ça les intéresse
50:41beaucoup
50:41ce genre d'accords
50:42donc d'un côté
50:42ils disent
50:43on est contre les accords
50:44de libre-change
50:45de l'autre côté
50:46je vois pas
50:47beaucoup de gens
50:48les stopper vraiment
50:48dans la vraie vie
50:49en fait
50:50parce que dans la vraie vie
50:51tous ceux qui sont basés
50:52sur une agriculture
50:53d'exportation
50:54ils gagnent
50:55à ces accords
50:55qui créent
50:57une concurrence déloyale
50:58et qui n'arrangent pas
50:59les populations
51:00là-bas non plus
51:00d'ailleurs
51:01eux-mêmes résistent
51:02contre ces accords
51:03mais derrière
51:04on va nous faire quoi
51:04on va nous faire
51:05une harmonisation
51:05par le bas
51:06donc en fait
51:07là c'est pareil
51:07ce que je suis en train
51:08de vous dire
51:09et ce qu'on peut dire
51:10haut et fort
51:11ensemble
51:11c'est on vous voit
51:12on vous voit
51:14et c'est non en fait
51:15ça n'est pas
51:16ok
51:17est-ce qu'on veut
51:18protéger
51:19notre agriculture
51:20de concurrence déloyale
51:22oui
51:22mais est-ce que
51:24c'est la seule façon
51:25de faire
51:25bien sûr que non
51:26bien sûr que non
51:28on peut arrêter des choses
51:29comme on l'a fait
51:30avec le dimetowat
51:31par exemple
51:31pour traiter les cerises
51:33on peut interdire
51:34les choses en France
51:35et puis on peut
51:36élargir cette interdiction
51:37à l'échelle européenne
51:38et on peut même
51:40continuer à se battre
51:41pour que les autres
51:42populations
51:42en dehors de l'Europe
51:43soient aussi protégées
51:44de ces pesticides dangereux
51:45en tout cas
51:46il y en a marre
51:47de ce discours dominant
51:48qui veut nous bloquer
51:49dans ce système
51:50et nous faire croire
51:51qu'il n'y a pas
51:51d'alternative
51:52vous vous rappelez
51:54ce truc des années 80
51:55avec Thatcher et Reagan
51:56je parle aux plus anciens
51:57there is no alternative
52:00Tina
52:00ça va
52:01ils nous font ça
52:02depuis combien là
52:0350 ans maintenant
52:03on a compris
52:04donc on vous voit
52:05on a compris
52:05c'est non en fait
52:06c'est non
52:08et on peut dire non
52:11à l'échelle locale
52:12à l'échelle nationale
52:13à l'échelle européenne
52:15et il n'y a pas que
52:16Karine et Foudwatch
52:16on est à chaque fois
52:18avec des dizaines d'associations
52:19y compris à l'échelle européenne
52:21des centaines de milliers
52:22de citoyens
52:23de citoyennes
52:24et c'est ça que je veux
52:25venir vous apporter aussi
52:26et vous connecter
52:27pour dire
52:28on peut ensemble
52:29faire bouger les choses
52:30voilà
52:31ça c'est parce que
52:32c'est ce gros système
52:33qui cherche
52:34vraiment
52:35à nous enfermer
52:36dans ces risques
52:38pour la santé
52:39et pour l'environnement
52:40à côté de ça
52:42ça c'est la partie résister
52:43à côté de ça
52:45il y a réinventer
52:46et ce que je veux aussi
52:48du coup partager avec vous
52:49aujourd'hui
52:49puis vous entendre
52:50si vous avez envie
52:51et ce que je raconte
52:52dans la troisième partie
52:53c'est
52:54quand on voit ça
52:55quand on voit ce système
52:57de domination
52:57ces discriminations
52:58c'est scandaleux
53:00ça m'est en colère
53:01moi je me suis surprise
53:02moi-même
53:03déjà je me suis surprise
53:04à me dire
53:04bon je vais finir
53:05par écrire un bouquin
53:06pour mettre toutes ces infos
53:07bout à bout
53:07mais surtout
53:09la première phrase
53:09que j'ai mise
53:11et je l'ai laissée comme ça
53:11c'est je suis en colère
53:12franchement ça m'a étonnée
53:14parce que
53:15c'est plutôt un sentiment
53:16que j'essaye d'éviter
53:17puis toujours
53:17en me disant
53:18bon c'est pas très malin
53:18d'être en colère
53:19on va essayer de dépasser ça
53:21je sais pas quoi
53:22non mais en fait
53:23moi je suis en colère
53:24et vous avez raison
53:26d'être en colère
53:26pour celles et ceux
53:27qui le sont
53:27et j'ai eu aussi
53:29envie de l'écrire
53:29après la dissolution
53:30quand on a tous vu
53:32que tout est tous vu
53:33qu'il y avait beaucoup
53:34de votes
53:35et de plus en plus
53:36vers l'extrême droite
53:36et je me suis dit
53:38mais en fait
53:40il faut faire quelque chose
53:41aller reconnecter
53:41avec les gens
53:42revoir aussi
53:43comment on peut utiliser
53:44en tout cas cette colère
53:45c'est pas là qu'elle doit aller
53:46ça va rien résoudre
53:46ça va aggraver les choses
53:47et donc qu'est-ce qu'on peut en faire
53:49et bien
53:50il y a plein d'initiatives
53:51qui moi me donnent du bon cœur
53:53et plein d'espoir
53:53sur l'alimentation
53:55sur la démocratie alimentaire
53:56j'aime bien parler
53:57des expérimentations
53:58de sécurité sociale
53:59de l'alimentation
54:00par exemple
54:01mais aussi bien sûr
54:02des AMAP
54:03des épiceries sociales
54:04et solidaires
54:04j'ai entendu parler
54:06de tiers lieux
54:07j'ai vu pas mal
54:08de stands intéressants
54:08ça m'intéresse de savoir
54:09et peut-être que vous partagez
54:10aussi avec l'Assemblée
54:11quelles initiatives
54:12vous connaissez
54:14vous
54:14auxquelles vous participez
54:16ici
54:16et puis au-delà
54:17de l'alimentation
54:18déjà
54:19toute résistance
54:21aujourd'hui
54:22est franchement bonne
54:23pour tenir la digue
54:24et il y en a besoin
54:24quand on voit
54:25comment les choses
54:25vont vite
54:26et il n'y a qu'à regarder
54:28les Etats-Unis
54:28pour se dire
54:29qu'on n'a vraiment pas envie
54:30d'en arriver là
54:31mais attention
54:31ça va vite
54:32mais aussi se rappeler
54:34que même si des fois
54:35on a l'impression
54:36d'être face à une montagne
54:37moi souvent je fais
54:38David contre Goliath
54:39il faudrait vraiment
54:39que je trouve un parallèle
54:40féminin à David contre Goliath
54:42si quelqu'un a vraiment
54:43une référence
54:43chipreneuse
54:44parce que voilà
54:45ça changerait
54:45je ne l'ai pas en tête
54:47mais vraiment chipreneuse
54:48de toute idée
54:48en attendant
54:50je fais David contre Goliath
54:51et parfois
54:53ça semble une montagne
54:54et j'ai eu envie
54:54de me rappeler pour moi
54:55et donc de partager
54:56avec vous
54:57le fait que
54:57toutes les mobilisations sociales
55:00tous les conquis
55:01qu'on a
55:02non pas acquis
55:03mais conquis sociaux
55:04en France
55:05ailleurs
55:05le droit de vote des femmes
55:07les droits civiques
55:08aux Etats-Unis
55:09tout a toujours semblé
55:12au départ
55:12totalement impossible
55:13en finir avec l'apartheid
55:16enfin que sais-je
55:16tout a toujours
55:18au départ
55:19semblé impossible
55:20et en tout cas
55:21moi je suis sûre
55:22d'un truc
55:22et c'est ce qui me tient
55:23tous les matins
55:24c'est que
55:26on ne peut pas laisser faire
55:28sans rien dire
55:28ce qui est en train de se passer
55:29et en plus
55:31faisons-le
55:32tant qu'on a encore
55:33un peu d'espace démocratique
55:34je sais que ce n'est pas évident
55:35tous les jours en ce moment
55:35mais n'empêche
55:36qu'on en a encore un peu
55:37parce qu'il y a plusieurs pays
55:39autour de nous
55:39où ce sont les fascistes
55:41en fait
55:41qui sont arrivés au pouvoir
55:42et une fois que c'est trop tard
55:43on a encore moins d'espace
55:45pour agir
55:45donc moi j'ai vraiment envie
55:47de vous inviter
55:47à dire
55:48on a plus de pouvoir
55:50que ce qu'on veut
55:51nous faire croire
55:52on n'est pas obligé
55:54d'accepter l'inacceptable
55:55on ne va pas laisser faire
55:57sans rien dire
55:58et ensemble
55:59on peut changer les choses
56:00et réinventer
56:01du lien social
56:02de la solidarité
56:04de la démocratie
56:05de l'accès à l'alimentation
56:07saine
56:08une agriculture joyeuse
56:10et durable
56:10et tout ce qui va
56:11dans notre société
56:12aussi contre
56:13les discriminations
56:14qu'on voit beaucoup trop
56:15aujourd'hui
56:16et tout est lié
56:17et pourquoi moi je parle
56:19d'alimentation
56:19parce qu'il me semble
56:20que c'est au coeur
56:22des enjeux
56:22de santé publique
56:24de société
56:25de liens sociaux
56:26environnementaux
56:27économiques
56:28tout
56:28mais ce dont j'ai vraiment
56:29envie de vous parler
56:30à travers l'alimentation
56:31c'est de nous
56:32comment on a envie
56:33de vivre ensemble
56:34et comment on a envie
56:35de foutre dehors
56:36ces lobbies
56:37et ces quelques décideurs
56:38qui nous imposent
56:39un système
56:40qui est totalement délétère
56:41applaudissements
56:43applaudissements
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