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  • il y a 14 minutes
Avec Bernard Cohen-Haddad, Président de la CPME Paris Ile-de-France, chef d’entreprise et président du Think Tank Etienne Marcel

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##INVITE_ECO_SAMEDI-2026-11-07##

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News
Transcription
00:03L'actualité qui se joue aussi sur Sud Radio ce matin, notre invité éco Bernard Cohen Haddad, le président du
00:10Sintank Etienne Marcel, président de la CPME Paris.
00:13Bonjour Bernard.
00:14Bonjour Frédéric.
00:15Bon, l'heure est grave, on l'a dit, nous avons reçu tout à l'heure Benjamin Baud, l'un
00:20des co-porte-parole des Gilets jaunes.
00:22Ils entendent mettre la pression. Vous, vous plaidez pour une mise en place d'urgence de dispositifs de soutien financier
00:29aux commerçants.
00:29Rien que ça.
00:30Oui, pour les commerçants, c'est plutôt la dépression, si vous me le permettez.
00:35Nous sommes complètement désœuvrés, démotivés et inquiets.
00:41Une inquiétude qui est lourde puisque, vous le savez Frédéric, c'est sur cette antenne, on parle beaucoup des commerçants,
00:47des artisans et des indépendants.
00:49Dans quelques semaines, il y a quand même les fêtes de Noël, les fêtes de fin d'année.
00:53Et pour beaucoup de nos commerçants, d'un certain nombre de métiers, métiers de bouche, de la décoration, chocolat, fleuriste,
01:02l'ensemble de l'aménagement de la maison et de l'habillement.
01:06Puisqu'on fait beaucoup de cadeaux à cette période, puisque c'est censé être une période festive.
01:10Ça se joue maintenant.
01:11L'horizon est sombre et ça se joue maintenant.
01:14Quel est le coût des destructions ? Vous avez déjà des idées ?
01:16Alors, il est difficile d'apprécier les coûts, puisqu'on est encore dans le recensement des dégâts et notamment les
01:22assureurs.
01:23Puisqu'il faut aussi le rappeler, beaucoup de commerçants n'ont pas reçu grand-chose.
01:28Puisque les expertises ont été faites, on a bien entendu calfeutrer les vitrines ou les immeubles saccagés.
01:38Rappelons des chiffres.
01:403 000, 3 000, 3 000 destructions et de commerces touchés.
01:45Et sur Paris, sur Paris, uniquement pour le 17 octobre, près de 500 boutiques, commerces, saccagés.
01:52Ce n'est pas acceptable et vous pouvez comprendre qu'on est parfois à 80% de perte de chiffre
01:58d'affaires sur ces périodes.
01:59Alors, de plus en plus, le mouvement est en train de se dessiner.
02:02Nous en parlions tout à l'heure avec le coporte-parole des Gilets jaunes, Benjamin Boll.
02:07On s'annonce vers la question de la vie chère.
02:11Tout le monde a conscience de votre souffrance.
02:14Vous pensez qu'il y a une prise de conscience maintenant de ne pas s'attaquer directement au commerce ?
02:21Il y a une évolution, il y a une manifestation, je dis.
02:24Écoutez, j'espère, puisque nous on fait quand même la grande différence entre la liberté de manifester
02:30et ceux qui passent leur temps à détruire, à piller et à casser.
02:35Nous sommes des démocrates, nous sommes des républicains,
02:38mais le monde de l'entreprise est inclus dans la ville, vous le savez, dans la cité.
02:42Donc nous faisons cette différence.
02:44Et moi, quand même, Frédéric Berndel, je suis extrêmement blessé.
02:49Mais quand je dis blessé, c'est peiné quand j'entends un certain nombre d'artistes,
02:52je ne veux pas citer de noms, qui disent que pour faire avancer les choses,
02:55il faut bien qu'on casse des boutiques.
02:57Je ne peux pas accepter ça.
02:59Alors si vous voulez que j'aille plus loin,
03:00je fais référence à un certain cinéaste qui l'a dit il y a encore quelques heures.
03:06On ne peut pas considérer que mettre des familles en danger,
03:10mettre des familles dans la difficulté financière,
03:13et parfois leurs collaborateurs, est grevé pour un certain nombre de mois,
03:17voire une année, une façon de vivre,
03:21avec des hommes et des femmes qui se trouvent avec des problèmes psychologiques.
03:26Parce que quand vous avez tout perdu, vous n'avez pas beaucoup d'espoir,
03:30on ne peut pas dire qu'il faut casser pour pouvoir faire avancer des revendications.
03:34Il fut un temps, dans le passé, les héros étaient ceux qui prenaient aux riches pour donner aux pauvres.
03:38Là, on a l'impression qu'on vole aux pauvres pour...
03:40Oui, Frédéric, vous avez raison.
03:42Moi, j'ai le sentiment que nous, les commerçants, les indépendants,
03:46les professions libérales, les artisans,
03:47on est devenus les nouveaux pauvres.
03:49Parce que quand vous êtes indépendant et qu'on a cassé votre boutique
03:51ou votre entrepôt, ou tout ça,
03:54donc on a pillé votre commerce,
03:57vous n'avez pas le droit à grand-chose.
03:58Vous n'avez pas le droit à France Travail.
04:01Sans compter le personnel,
04:03parce qu'il y a des conséquences sociales pour l'emploi de vos collaborateurs
04:07dans les petites et moyennes entreprises.
04:08Oui, l'ensemble de l'activité est impacté.
04:12Le chômage partiel, le gouvernement l'a mis en place.
04:15C'était une bonne nouvelle.
04:16Mais ça ne règle pas la qualité de vie et l'envie de travailler.
04:21Vous savez, quand vous êtes indépendant,
04:23quand vous êtes commerçant, artisan,
04:25si vous avez choisi ce métier,
04:27c'est que vous avez envie de travailler.
04:29Vous avez envie de travailler plus.
04:31Vous êtes à votre compte.
04:32Vous avez envie de vous battre pour votre projet entrepreneurial.
04:34Vous avez envie de vous battre pour les collaborateurs et les salariés
04:38qui sont autour de vous,
04:39avec lesquels vous passez souvent plus de temps qu'avec votre famille.
04:42Puis vous avez aussi envie de vous battre pour les consommateurs,
04:44pour leur vendre des produits de qualité.
04:46Cette notion de qualité, de service des entreprises de proximité,
04:49vous le savez, dans toutes les villes,
04:51pas uniquement dans les grandes villes,
04:52on y est tous attachés aujourd'hui.
04:53Bernard Cohen-Haddad,
04:55alors outre votre titre de président de la CPME Paris,
04:58vous êtes aussi président de la commission du développement économique,
05:01du conseil économique, social et environnemental régional en Ile-de-France.
05:06J'en profite quand même pour élargir,
05:08parce qu'il y a cette crainte avec les mouvements sociaux
05:11qui, je le rappelle, se poursuivent aujourd'hui.
05:13Mais tout cela s'ajoute à une conjoncture économique
05:16qui est très anxiogène.
05:18Vous nous le confirmez ?
05:19Oui, moi je crois qu'on l'a bien vu ces dernières semaines.
05:23On était passé d'interrogation des Français,
05:28y compris donc nos entrepreneurs,
05:30qui était la sécurité, l'immigration,
05:33et après le pouvoir d'achat,
05:35à, comment dirais-je aujourd'hui,
05:37à un vrai problème qui est celui de la question sociale.
05:40Et ça, nous nous le vivons.
05:42J'évoquais tout à l'heure que beaucoup de nos entrepreneurs
05:44se considèrent comme les nouveaux pauvres,
05:46sous patronat, il faut quand même dire les choses.
05:48On ne demande pas toujours notre avis.
05:50Je vous remercie de m'avoir invité,
05:51puisque souvent nos entrepreneurs n'ont pas la voix qu'ils portent.
05:56Ce sont des métiers atomisés,
05:57mais nous vivons la même chose.
05:59Et c'est pour ça que nous sommes unis ensemble
06:01dans ce moment de grande solidarité.
06:03Donc il y a un vrai enjeu, cette question sociale,
06:05c'est comment le travail peut être plus ?
06:07Comment nos heures et les heures que nous faisons
06:10apportent une rémunération,
06:12un partage aussi de la valeur ?
06:14Et donc cette émotion collective,
06:16nous la vivons.
06:17Ce que nous ne pouvons pas comprendre,
06:19en revanche, Frédéric Brindel,
06:20c'est de considérer que nous sommes des nantis.
06:23Non, les commerçants, les artisans, les indépendants,
06:25surtout en ce moment, ne sont pas des nantis.
06:27Il va vite d'ailleurs se poser la question,
06:29dès lundi, il y a la conférence sociale
06:31organisée par le Premier ministre,
06:32la question de l'augmentation du SMIC.
06:35Vos confrères ne pourront pas tous assumer cela,
06:38sauf s'il y a une baisse des cotisations, etc.
06:41Voilà, vous avez le dit de mots.
06:42Moi j'entends beaucoup des grandes organisations syndicales
06:46nous dire qu'il faut augmenter le SMIC
06:47de 100 euros à 150 euros.
06:49Quand on augmente un SMIC de 100 euros ou de 150 euros,
06:53ça coûte environ 190 à 250 euros par salarié
06:58pour l'entreprise.
06:59Pour une entreprise petite de 5 salariés,
07:02c'est quand même un budget supplémentaire
07:04d'environ 5 000 euros par an.
07:06Et si derrière, vous gelez les allègements de charges,
07:10si vous n'allez pas vers une simplification de maîtrise,
07:13si vous ne permettez pas au TPPME
07:15de gagner un peu de marge,
07:17ce n'est pas possible, c'est la mort annoncée.
07:19Bon, Bernard Cohen, à date,
07:20vous êtes également à la tête de ce think tank,
07:23Étienne Marcel,
07:24qui d'ailleurs le 6 octobre prochain
07:25remettra le prix de l'entrepreneuriat responsable.
07:29On est en pleine RSE, je voulais le rappeler.
07:31Vous faites des propositions, très concrètement,
07:33notamment sur votre blog,
07:36stabiliser les dispositifs favorables à l'investissement.
07:38Ça, c'est le point de départ ?
07:39Oui, il faut bien entendu faire en sorte
07:41que nos entreprises aient accès à l'investissement,
07:46au crédit, c'est-à-dire capacité de se développer.
07:49Aujourd'hui, on le voit bien dans cette situation
07:51un peu anxiogène,
07:52les banques ont tendance à fermer le robinet des crédits
07:55et puis faire en sorte aussi
07:56qu'on puisse avoir un peu plus de liberté d'investir
08:00et un peu moins de taxation sur les investissements.
08:03Bon, l'instabilité permanente des règles aussi.
08:06Un dirigeant des PME ne peut pas repousser
08:08un investissement de trois mois
08:09parce qu'un arbitrage budgétaire est en discussion.
08:12Oui, là en ce moment, c'est le casus belli.
08:15Nous avons des impôts et des taxations supplémentaires.
08:19On le dit, près de 11 milliards et demi
08:20qui vont aller sur les entreprises.
08:22Vous voyez, quand on a, Frédéric Binder,
08:25plus de 7 766 défaillances d'entreprises
08:30sur les 12 derniers mois,
08:32on ne peut pas dire que l'avenir est ensoleillé
08:36pour nos entreprises de proximité.
08:39Qu'attendez-vous justement de cette conférence sociale de lundi ?
08:43Vous serez représenté ?
08:44Oui, bien entendu.
08:46Et déjà, il y a eu des échanges
08:47avec le cabinet du Premier ministre,
08:50nos grandes organisations.
08:51Ce qu'on attend, c'est un déblocage de la situation.
08:53C'est aussi la capacité de pouvoir se réunir enfin
08:58autour d'une table.
08:59Moi, je crois beaucoup au dialogue social.
09:01Je crois beaucoup au dialogue paritaire,
09:03dans l'entreprise, à la qualité de vie,
09:04ce qu'on appelle qualité de vie, condition de travail,
09:06mais aussi à la façon de se parler.
09:08On ne peut pas rester chacun du côté du Rubicon.
09:10Et cette situation n'est plus supportable.
09:13Elle n'est extrêmement anxiogène.
09:1582% des chefs d'entreprise
09:17pensent qu'ils ne termineront pas les 12 prochains mois.
09:20Merci beaucoup Bernard Cohen à date,
09:23président du Sintank Etienne Marcel, on l'a dit,
09:25mais président de la CPME Paris,
09:28et puis expert, expert de la question économique.
09:31Vous nous tiendrez au courant de votre échange
09:35avec le gouvernement,
09:36avec finalement l'ensemble des partenaires sociaux,
09:39parce que nous sommes au cœur
09:40de la grosse problématique d'aujourd'hui.
09:42Journée de mobilisation contre la vie chère.
09:44Ne l'oubliez pas,
09:45les commerçants aussi ont des difficultés financières.
09:49Merci beaucoup Bernard Cohen à date.
09:51Merci Frédéric Bainvel.
09:52Il est 8h56 dans un instant.
09:54L'actualité, puis ensuite le grand débat politique du matin.

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