00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Benjamin Glaze.
00:04Et vous êtes bien sur Sud Radio, soyez libre avec Noémie Aloua aujourd'hui.
00:08Bonjour Noémie.
00:08Bonjour Benjamin, bonjour à tous.
00:10Bon, à l'heure où les casseurs occupent le devant de la scène,
00:12vous avez choisi ce matin de donner la parole à ceux qu'on n'entend jamais.
00:15Alors que nous sommes assaillis par l'écrit des révolutionnaires en carton
00:18et des passionnariats de la casse,
00:20je voulais ce matin rendre hommage à ceux que l'on n'entend jamais.
00:23Cette majorité silencieuse qui travaille, paie ses impôts,
00:26élève ses enfants, rembourse ses crédits,
00:29ses millions de français qui doivent subir la violence des rues
00:32depuis des semaines sans broncher.
00:35Gloire à ces français ordinaires qui n'ont pas de micro pour se faire entendre,
00:38qui ne font pas la révolution mais qui en payent les conséquences au quotidien.
00:43Ces éboueurs qui au lendemain des nuits de violence nettoient les rues
00:45et remettent les villes debout.
00:47Ces boulangers qui se lèvent à 5h du matin pour enfourner le pain
00:50quand bien même leur quartier a été transformé en champ de bataille.
00:53Ces commerçants qui couvrent leur devanture à chaque manifestation
00:56avec la boule au ventre de le retrouver ravagé.
00:59Ces salariés et professeurs qui doivent rallonger leur itinéraire le matin
01:02pour aller travailler parce que les transports publics sont bloqués.
01:05Tous ceux pour qui le quotidien en soi est déjà un combat
01:08mais qui désormais en plus sont épuisés
01:11d'être la variable d'ajustement de toutes les colères
01:13et de l'impuissance de l'État.
01:15Et alors vous nous dites Noémie que face à cette majorité silencieuse
01:18il y a une minorité active qui trouve des justifications assez violentes
01:23jusqu'à la défendre ouvertement, c'est ça ?
01:25Ils sont très nombreux, figurez-vous, ces petits bourgeois
01:28qui bien à l'abri des conséquences
01:30défendent la violence comme un moyen d'action politique.
01:33Hier encore sur un plateau,
01:35l'acteur Mathieu Kassovitz a lâché cette phrase
01:37« Les casseurs sont nécessaires, malheureusement,
01:40parce que les gouvernements ne comprennent que la force.
01:43Les gouvernements peut-être,
01:44mais vous croyez que ce sont eux qui payent ? »
01:46Hélas, cette indulgence pour la violence s'inscrit dans une vieille tradition
01:49de l'extrême-gauche française.
01:51Le goût du grand frisson,
01:52la fascination pour la force
01:54et parfois une étrange nostalgie de la terreur.
01:57Les références historiques sont d'ailleurs revendiquées.
01:59En juillet dernier,
02:00les élus insoumis du Nord ont organisé un hommage à Robespierre.
02:04Robespierre qui, rappelons-le,
02:05n'est pas seulement l'homme de la Révolution
02:07et de la Déclaration des Droits de l'Homme,
02:09c'est aussi l'homme de la terreur.
02:11Les arrestations, les procès exédutifs, expéditifs
02:14et les milliers d'exécutions sommaires.
02:16Jean-Luc Mélenchon lui-même revendique depuis longtemps
02:19une filiation avec cette figure de la Révolution.
02:21Et plus récemment,
02:22le maire de Saint-Denis,
02:23Balibayayoko,
02:23s'est aussi inscrit dans cette ligne.
02:26Ce qui frappe, au fond,
02:27c'est cette fascination pour la violence révolutionnaire
02:29chez ceux qui ne risquent guère de voir
02:31leur commerce incendié,
02:33leur voiture réduite en cendres
02:34ou leur outil de travail réduit à néant.
02:36Pour ceux qui rêvent de la Révolution,
02:38la casse est un faux problème.
02:40Pour ceux qui la subissent,
02:42c'est une malédiction.
02:43Merci à vous Noémie Aloua.
02:45On vous retrouve tout à l'heure pour les débats
02:47à partir de 9h.