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  • il y a 6 minutes
Moonshot 2026 : un appel à lever les freins au commerce intra-africain {Business Africa}

À Moonshot 2026, les experts appellent à lever les freins au commerce intra-africain. Face au retrait de la Silicon Valley, les start-up africaines prennent le relais numérique.

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00:02Musique
00:07Bienvenue dans Business Africa, je suis Afolaké ou Inloye.
00:12Harmoniser les réglementations et faciliter les paiements numériques pour dynamiser le commerce intra-africain, c'est l'appel du moonshot
00:192026.
00:23Les start-up africaines prennent le relais et façonnent elles-mêmes l'avenir numérique de l'Afrique.
00:32Le dernier indice, Mo Ibrahim, met en lumière un fossé entre performance économique et qualité de la gouvernance.
00:42Le commerce intra-africain représente moins de 17% des échanges commerciaux contre plus de 60% en Europe.
00:49Pourtant, la ZLECAF ambitionne de créer un marché de 3400 milliards de dollars.
00:53Mais les opérations de change et le coût des transferts entre pays freinent les entreprises africaines.
00:58Au moonshot 2026, plusieurs voix ont appelé à lever ses freins.
01:04L'expansion à l'international reste un parcours du combattant coûteux.
01:08Aux frais élevés de conversion monétaire, qui peuvent atteindre 10% via des systèmes de compensation tiers,
01:14s'ajoutent des systèmes technologiques incompatibles entre eux,
01:18obligeant les entreprises à revérifier les données clients sur chaque nouveau marché.
01:25L'objectif est d'assurer une fluidité totale, que les données des clients puissent voyager d'un marché à l
01:30'autre
01:30pour leur simplifier la gestion de leur vie personnelle et professionnelle.
01:39Pourtant, les données et la technologie ne suffisent pas à elles seules à résoudre le problème.
01:44Au cœur de la crise se trouve un véritable casse-tête réglementaire.
01:49Les entreprises doivent se réenregistrer, obtenir des licences
01:53et se conformer à des législations extrêmement différentes,
01:56dans la quasi-totalité des 54 pays du continent.
02:01Il s'agit donc de mettre en place un système réglementaire harmonisé,
02:05de veiller à ce que les gens puissent effectuer des transactions transfrontalières,
02:09tout en tenant compte des enjeux liés à l'inclusion, à l'accès et au marché
02:12qui ne disposent pas nécessairement de moyens nécessaires pour effectuer ce type de paiement transfrontalier.
02:23Pour se développer avec succès, dans le cadre du nouveau protocole,
02:27les entreprises ont besoin de paiements fluides, d'identités numériques unifiées
02:31et de systèmes de règlements interopérables comme le PAPS.
02:35L'harmonisation des politiques avec les technologies financières
02:39est le seul moyen de transformer 54 marchés distincts en un seul.
02:45Et pour en parler, je reçois Adetola Onaiemi, présidente de Norbiz,
02:50une plateforme qui accompagne et automatise le développement des entreprises sur différents marchés.
02:57Bienvenue.
02:58Dites-nous pourquoi les entreprises rencontrent-elles encore autant d'obstacles réglementaires et monétaires
03:03lorsqu'elles cherchent à se développer ?
03:05La réalité est que les traités sont signés dans les capitales,
03:09que les négociateurs s'assoient autour d'une même table et mènent toutes ces belles négociations.
03:13Mais dans les faits, les échanges commerciaux se déroulent aux frontières, dans les ports et dans les banques.
03:17Et bien souvent, ce sont les commerçants, les banquiers et tous les acteurs concernés
03:21qui doivent se dominer pour faire fonctionner ces accords.
03:24C'est précisément à ce niveau qu'ils se heurtent aux obstacles.
03:27Aujourd'hui, le problème réside donc souvent dans le décalage entre les politiques définies et leur mise en œuvre concrète.
03:34Le commerce intré-africain ne représente qu'environ 15% du commerce total de l'Afrique
03:39contre 60% environ dans les régions comme l'Asie ou l'Europe.
03:42Mais il faut des routes commerciales et des infrastructures adaptées
03:46pour soutenir ces accords commerciaux qui sont nécessaires pour développer les échanges.
03:51Quel rôle la technologie peut-elle jouer pour simplifier les démarches et réduire les coûts ?
03:56Aujourd'hui, si vous souhaitez exercer une activité commerciale dans différents pays africains,
04:01vous devez pratiquement créer une société dans chacun d'entre eux.
04:04Vous avez besoin de comptes bancaires et pour ouvrir un compte bancaire,
04:08vous devez avoir une société enregistrée dans le pays.
04:11Ensuite, vous devez également vous familiariser avec les procédures portuaires.
04:15Or, les formalités d'enregistrement des sociétés et les procédures administratives diffèrent d'un marché à l'autre.
04:20Il y a une question.
04:22À quoi ressemblerait un système dans lequel je pourrais créer une seule société
04:26et disposer d'un seul ensemble de documents acceptés sur différents marchés ?
04:30Ou, à défaut, pourrions-nous au moins commencer par harmoniser les documents exigés d'un marché à l'autre ?
04:35Aujourd'hui, il existe des situations dans lesquelles vous devez retourner dans certaines administrations centrales
04:41afin de faire traduire vos documents et de les faire authentifier par les autorités diplomatiques
04:46pour pouvoir exercer une activité commerciale dans certains pays.
04:50Les paiements numériques peuvent-ils, selon vous, véritablement réduire les frais de change et accélérer les transactions ?
04:58La question est, plutôt que d'essayer de concevoir tout un système de transfert d'argent
05:02passant par des créanciers externes,
05:04ne devrions-nous pas plutôt chercher à créer des passerelles entre les différents systèmes locaux qui existent déjà ?
05:09Pourquoi ne pas simplement les interconnecter ?
05:11Je pense que PAPES essaie justement d'aller dans cette direction
05:15afin de permettre les règlements locaux en Aïra.
05:18Mais je pense qu'il faudrait élargir davantage de dispositifs.
05:21Il faut mettre en place un cadre beaucoup plus large
05:24qui incite également les acteurs de la fintech,
05:27un peu comme ce que nous faisons avec Nibes au Nigeria,
05:30où les banques et les différents acteurs du secteur participent tous aux dispositifs.
05:35Il faut un système ouvert auquel chacun puisse choisir d'adhérer.
05:40Que faut-il pour que les entreprises puissent réellement considérer le continent comme un marché unique ?
05:46Nous ne pouvons pas attendre que tout soit parfait.
05:49Ces accords s'améliorent justement lorsqu'on commence à les utiliser.
05:52C'est exactement ainsi que les choses fonctionnent.
05:55Un accord est conclu.
05:56Il établit les règles commerciales et les régimes de différence tarifaire.
06:00Je décide de l'utiliser.
06:01Je rencontre des difficultés.
06:03Je les signale.
06:04Les négociateurs se réunissent et négocient ou corrigent certains points.
06:08Le gouvernement prend les mesures nécessaires.
06:10Si un gouvernement ne respecte pas ses engagements,
06:13nous devons le lui signaler et lui demander des comptes.
06:16C'est de cette manière que l'Union européenne est passée de son fonctionnement initial
06:20à un marché beaucoup plus intégré et performant.
06:22Selon la Banque mondiale, si nous parvenons à faire fonctionner cet accord,
06:27nous pourrons bénéficier d'une augmentation de revenus de 7%,
06:30soit près de 450 milliards de dollars.
06:32Cela pourrait permettre à 30 millions de personnes de sortir de l'extrême pauvreté.
06:46L'écosystème technologique africain semble annoncer la fin d'une époque.
06:50Il n'y a plus d'argent facile et la Silicon Valley réduit sa présence sur le continent.
06:55Dans ce reportage, nous cherchons à savoir si l'histoire de la tech africaine touche à sa fin
06:59ou si, au contraire, elle entre dans une nouvelle phase de maturité.
07:04En seulement une année, plusieurs géants internationaux de la tech ont réduit leur présence sur le continent africain.
07:10Microsoft a fermé son centre d'ingénierie à Lagos, Uber s'est retiré de certains marchés
07:15et Jumia a abandonné la livraison de repas.
07:19La dépréciation des monnaies locales et la chute des investissements dans les start-up,
07:23passées de 6 à 2,1 milliards de dollars, font partie des principales causes de ces retraits.
07:28Mais loin d'être un handicap, ces départs profitent aux acteurs locaux qui récupèrent ainsi des parts de marché
07:33et adaptent leurs services aux réalités économiques locales.
07:38Il faut dire sans détour que l'Afrique peut être un environnement difficile pour créer une entreprise.
07:42Mais ceux qui se lancent, réussissent et s'épanouissent pleinement, ont une excellente compréhension du contexte local.
07:48C'est pourquoi il est important que davantage de fondateurs originaires du continent créent ces entreprises d'envergure mondiale.
07:54Grey en est un exemple. Cette entreprise a vu le jour ici et est aujourd'hui présente dans au moins
07:5970 villes différentes à travers le monde.
08:02Je pense qu'il est important que nous traçons notre propre voie.
08:05Nous n'allons pas attendre que les géants mondiaux viennent s'implanter sur le continent.
08:08Nous créons des entreprises qui s'internationalisent.
08:12Alors que l'Afrique représente actuellement moins d'un pour cent du marché mondial de l'intelligence artificielle,
08:17son économie numérique au sens large devrait atteindre 700 milliards de dollars d'ici 2050.
08:22Sur les stands d'exposition, ce potentiel était déjà visible à travers des solutions concrètes développées localement.
08:31Je trouve vraiment encourageant de constater l'ampleur du secteur de l'IA
08:34et le nombre d'entreprises qui proposent des solutions très intéressantes dans ce domaine,
08:39notamment des applications innovantes dans les technologies de la santé, le bien-être, l'éducation et l'agriculture.
08:47Soutenue par des financements en monnaie locale plutôt que par une dette en dollars,
08:51particulièrement vulnérable aux fluctuations monétaires,
08:54la tech africaine démontre que si les capitaux de la Silicon Valley ont fait marche arrière,
08:59l'innovation locale est désormais en train de prendre pleinement son essor.
09:11Selon le dernier rapport de la Fondation Mo'Ibrahim,
09:14près de la moitié de la population du continent vit dans des pays où la gouvernance s'est dégradée au
09:19cours des dix dernières années.
09:21Des conclusions qui soulèvent des questions importantes sur la stabilité politique,
09:25la confiance des investisseurs et la croissance économique.
09:31Des chiffres impressionnants du PIB peuvent-ils masquer l'effondrement d'un système politique ?
09:35Selon l'indice Ibrahim de gouvernance en Afrique,
09:38près de la moitié de la population du continent vit dans des pays
09:40où la gouvernance globale s'est détériorée au cours de la dernière décennie,
09:44alors même que les économies étaient en expansion.
09:47Le Rwanda se classe 14e avec un score de 60 points affichant une croissance du PIB supérieure à 6%.
09:52La Tanzanie occupe la 21e place et l'Ouganda la 31e.
09:55Ces deux pays investissent des milliards dans les infrastructures pétrolières, énergétiques et de transport.
10:01Le contraste saisissant qui ressort de cet indice prouve que la gouvernance a un impact direct sur le risque économique.
10:07Les Seychelles arrivent en tête du continent avec 75,3 points suivis de Maurice et du Cap Vert.
10:13Ces leaders en matière de gouvernance bénéficient systématiquement de coûts d'emprunt plus bas
10:16et attirent les IDE par habitants les plus élevés d'Afrique.
10:19En bas du classement, le Soudan du Sud affiche un score de 18,5%.
10:22Pour les investisseurs et les décideurs politiques, ces données soulèvent une question cruciale.
10:27Une croissance économique fondée sur l'absence d'état de droit est-elle réellement durable ?
10:31Le rapport apporte une réponse claire.
10:33La taille du marché et l'ampleur démographique ne peuvent compenser l'érosion institutionnelle.
10:37Des gardes-fous juridiques solides et la stabilité politique ne sont pas des idéaux secondaires,
10:41mais constituent une infrastructure économique essentielle.
10:47C'est tout pour cette édition de Business Africa.
10:50Merci de nous avoir suivis pour retrouver toute l'actualité économique et nos analyses à travers le continent.
10:56Restez sur Africa News ou rendez-vous sur africanews.com.
10:59A très vite.
11:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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