00:11Bonjour et bienvenue dans cet épisode de Business Africa. Je suis Ruth Lago au sommaire de cette édition.
00:18La Côte d'Ivoire a mobilisé plus de 80 milliards de dollars d'engagements internationaux pour financer son plan national
00:24de développement 2026-2030.
00:27Quels sont les facteurs qui expliquent un tel engouement ? Débailleur.
00:32La corruption recule en Afrique. Des pays comme le Rwanda et les Seychelles figurent parmi les meilleurs élèves, selon l
00:39'indice Mo Ibrahim.
00:42En Mauritanie, où le secteur de la pêche fait vivre plus de 300 000 personnes, les ressources halieutiques se raréfient.
00:50Sur la Côte-Nord, des Imraguen, peuples de pêcheurs au savoir-faire ancestral, s'efforcent de préserver leurs traditions.
00:59Avec une croissance de 6,5% en moyenne, la Côte d'Ivoire poursuit sa transformation économique en plaçant le
01:06secteur privé au cœur de sa stratégie de développement.
01:09La récente table ronde des bailleurs organisés à Abidjan témoigne de la confiance des investisseurs.
01:15Quels sont les atouts qui renforcent l'attractivité économique du pays ? Réponse dans ce sujet.
01:22Avec plus de 47 000 milliards de francs CFA, soit un peu plus de 80 milliards de dollars d'engagement
01:28annoncé par les bailleurs internationaux,
01:30Abidjan affiche son ambition de devenir un pays à revenus intermédiaires supérieurs.
01:35Selon le ministre du Plan, Souleymane Diyarassouba, ces résultats s'expliquent par les conditions créées pour attirer les investisseurs.
01:41Depuis 2011, il fallait pouvoir avoir la paix et la stabilité.
01:53Je pense que c'est la condition sine qua norme déjà pour donner envie aux opérateurs économiques d'investir dans
02:02le pays.
02:03Deuxièmement, il était important pour nous de mener des réformes au niveau de notre appareil judiciaire.
02:11C'est dans ce cadre que nous avons créé le tribunal de commerce d'Abidjan et ensuite la cour d
02:17'appel d'Abidjan
02:18et également différentes structures de médiation et d'arbitrage à l'effet que lorsque les hommes d'affaires ont du
02:26contentieux,
02:28ils puissent avoir des tribunaux spécialisés pour pouvoir régler leurs difficultés.
02:34Le coût total du Plan national de développement est estimé à 209 milliards de dollars,
02:39dont plus de 70% devraient provenir du secteur privé.
02:42Les fonds doivent notamment renforcer la sécurité, moderniser l'agriculture, soutenir les entreprises nationales
02:49et financer de grands projets d'infrastructures.
02:52En les structurant, en leur donnant les compétences.
02:54Ce PND aujourd'hui, on compte sur le secteur privé pour mobiliser 70% de ce PND.
03:02Et je crois que cette volonté n'est pas juste en termes de financement des infrastructures.
03:06Cibler le secteur privé, c'est parce que c'est ce secteur privé qu'il y a la capacité de
03:12changer le tissu économique.
03:15Des défis subsistent toutefois.
03:17Mieux répartir les investissements au-delà d'Abidjan,
03:20réduire la dépendance du pays aux matières premières comme le cacao et le pétrole
03:24et faire reculer la pauvreté.
03:29Dans cette dynamique de transformation économique, le secteur énergétique joue un rôle stratégique.
03:35Pétro-Ivoire illustre l'émergence d'acteurs nationaux.
03:39Nous sommes avec son directeur général, Sébastien Cadio-Morocro.
03:43Merci d'avoir accepté notre invitation.
03:46Pétro-Ivoire fait partie des acteurs principaux de la distribution des produits gaziers et pétroliers.
03:51Et quels sont les éléments qui expliquent cette longévité dans un marché aussi concurrentiel ?
03:57Nous avons déjà une bonne connaissance du terrain.
03:59Nous existons depuis 1994, donc depuis 32 ans.
04:04Nous sommes la première entreprise ivoirienne à avoir commencé cette activité-là,
04:10quand à l'époque il n'y avait que des multinationales.
04:12Et donc c'est peut-être justement ce challenge que nous avons dû relever,
04:17qui nous a donné une très bonne connaissance du terrain.
04:19Et puis nous avons une vision très claire,
04:22qui est une référence en fourniture d'énergie en Afrique.
04:27Et cette vision-là nous permet de nous driver tous les jours
04:30pour pouvoir faire mieux pour le bénéfice de nos clients et des consommateurs.
04:35Le développement des capacités de raffinage en Afrique est-il devenu un enjeu stratégique pour réduire les importations ?
04:42Oui, on parle beaucoup de souveraineté énergétique.
04:45Et c'est effectivement un paradoxe dans certains cas où nous voyons des grosses productions au niveau du pétrole
04:55et des importantes importations de produits raffinés pour servir le marché, les marchés domestiques.
05:03Et là, avec l'exemple même que nous avons vu avec la dernière crise,
05:07tous les pays qui n'étaient pas souverains sur ces points-là ont dû en tout cas avoir des impacts
05:14beaucoup plus importants que les autres.
05:16Donc il est important que nous puissions avoir suffisamment de raffinerie en Afrique,
05:22ou en tout cas des raffineries suffisamment grandes pour pouvoir assurer la souveraineté énergétique de nos États.
05:28Et l'exemple de la raffinerie de Dangote est un très bel exemple.
05:32Et d'autres projets du groupe Dangote sont en cours.
05:35Nous avons également la raffinerie de la Cire ici, qui est très performante également,
05:39et qui permet de pouvoir assurer déjà la souveraineté de la Côte d'Ivoire.
05:44Les tensions au Moyen-Orient peuvent-elles accélérer les investissements dans les infrastructures énergétiques en Afrique ?
05:50Oui, bien sûr. Dans tous les cas, toute crise peut en tout cas permettre de voir des opportunités ou bien
05:57d'ouvrir des réflexions.
05:59Et c'est souvent le cas.
06:00Quand il y a une crise, cela permet de pouvoir ouvrir certains sujets qui sont parfois éteints.
06:08Et donc je pense qu'effectivement, la situation que nous vivons nous permet de pouvoir nous poser les bonnes questions
06:14et de pouvoir peut-être réorienter certaines priorités.
06:19Notre ambition est déjà de pouvoir être un acteur régional à moyen terme,
06:26de diversifier également nos activités de fourniture d'énergie,
06:31d'être vraiment un acteur multi-énergie et non pas uniquement de carburant.
06:37Et bien entendu, sur le marché local, de pouvoir, vu que nous sommes troisième,
06:44cela veut dire qu'il y a encore deux places à prendre.
06:46Donc de pouvoir être également leader sur le marché.
06:49Merci à vous, M. Morokro.
06:51Merci pour l'invitation.
06:54Dans son dernier rapport sur la gouvernance en Afrique,
06:57la fondation Mo Ibrahim souligne les avancées enregistrées notamment dans le secteur privé.
07:03Le Rwanda conserve la première place du classement depuis 2016,
07:07tandis que les Seychelles et le Burkina Faso figurent également parmi les pays les plus performants
07:12en matière de lutte contre la corruption.
07:17Le Rwanda conserve la position de leader qu'il occupe depuis 2016,
07:21avec un score de 76,6 points en 2025, en progression de 2,6 points sur la décennie.
07:28Mais les Seychelles réalisent la meilleure performance du continent.
07:31L'archipel a progressé de 26,3 points et gagné 12 places au classement en 10 ans,
07:37rejoignant le Rwanda en tête à égalité de points.
07:42Derrière ce duo, l'île Maurice se classe troisième avec 65,7 points,
07:47devant le Sénégal quatrième avec 64 points,
07:49qui confirme sa place parmi les mieux notées d'Afrique de l'Ouest.
07:54Le Bénin complète le top 5 devant le Botswana et la Namibie.
07:58Le Burkina Faso se distingue parmi ses partenaires de l'Alliance des États du Sahel.
08:02Avec 55,6 points, le pays occupe la dixième place continentale.
08:09A l'échelle du continent, le score moyen progresse légèrement de 38,6 à 39,1 points entre 2016 et
08:172025,
08:18après un recalcule observé jusqu'en 2020.
08:21Cette amélioration globale masque toutefois de fortes disparités.
08:25Les performances se sont détériorées dans 28 pays,
08:28représentant près de 59% de la population africaine,
08:31quand seuls 26 pays ont progressé sur la période.
08:39C'est un paradis menacé par la surpêche et le changement climatique.
08:44Situé sur la côte nord de la Mauritanie,
08:46la baie du Bandarguen est l'endroit de jeu préféré des Imraguen,
08:50seule communauté autorisée à vivre au cœur de ce parc national classé.
08:54Ce peuple perpétue une technique de pêche ancestrale.
09:02Mahmoud fait partie de la communauté Imraguen,
09:05un peuple du désert qui, depuis des siècles,
09:08a développé des pratiques de pêche en harmonie avec la nature,
09:11à la frontière entre le Sahara et l'Atlantique.
09:17Depuis toujours, les Imraguen maîtrisent l'art de pêcher.
09:21Ils guident les poissons avec leur filet, avec douceur et précision.
09:26Aujourd'hui, cette tradition a disparu.
09:28N'importe qui peut prendre la mer, même sans être capitaine,
09:32y installer 15 filets et pêcher sans méthode.
09:35Les poissons effrayés fuient ces pratiques
09:38qui ne respectent pas leur habitat naturel.
09:41La pêche dans le parc est strictement réglementée,
09:45mais les effets combinés du changement climatique et de la surpêche,
09:49en dehors des zones, représentent une menace directe.
09:53Les quantités pêchées dans les zones Imraguen, maintenant,
09:57on peut dire qu'elles ne représentent pas ni 30% d'il y a 10 ans.
10:03Donc, oui, il y a une vraie pression sur la pêche.
10:09Côté femmes, elles continuent de s'occuper de la transformation.
10:14Séchage du poisson, extraction d'huile et fabrication de bijoux avec les arêtes.
10:22La vie Imraguen d'autrefois a presque disparu.
10:27Ce qui en subsiste est très rudimentaire.
10:32Il n'y a plus de poissons et les moyens financiers manquent.
10:42Le parc national du Bandarguen, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1989
10:49et situé sur la côte nord de la Mauritanie,
10:53abrite environ 4000 Imraguen, la seule population autorisée à vivre dans la réserve.
11:02C'est tout pour cet épisode de Business Africa.
11:05Merci de nous avoir suivis.
11:07A très vite sur African News et africanews.com.
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